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Les dupes du bonheur

Défendre la cause d'une certaine prostitution (volontaire et libre, je précise pour les suspicieux(ses)), aux yeux de certains, c'est passer pour un malade, un fou, un réactionnaire, j'en passe et des meilleurs. Et sur ce catalogue de qualificatifs agressifs plane une forte suspicion de méconnaissance, d'ignorance, voire de quelque compromission inavouable en la matière. Forcément, vous ne savez pas de quoi il en retourne, vous êtes stupide ou du côté des exploiteurs. Ou dupe. Mais dupe de quoi ?

Que tout est loin d'être simple et rose, même dans l'escorting ?

Que l'essentiel de la prostitution est mafieuse donc absolument et obligatoirement condamnable ?

Que la prostitution qui se passe dans les rues et les appartements miteux de certains quartiers est innommable ?

Qu'un grand nombre d'escorts-girls (je n'ai pas pu le vérifier chez les escorts-boys) trichent sur leur apparence pour se vendre (entre la photo ou les photos mises en ligne et la réalité, il y a parfois un monde) ?

Que nombre d'escorts-girls font ça sans aucun sens du plaisir et parfois incapables d'en donner avec plaisir ? Pourquoi le font-elles me suis-je demandé ?

Combien de femmes et d'hommes se dirigent vers la prostitution uniquement car elles/ils sont dans la dèche, parfois avec des dettes jusqu'au cou (comme cette infirmière de profession), parce que c'est de l'argent « facile » à gagner en comparaison du travail à la chaîne ou en supermarché, par exemple ?

La pauvreté ne conduit pas obligatoirement à la prostitution mais elle peut y contribuer. Comme on ne se prostitue pas nécessairement parce qu'on aime faire l'amour, qu'on a une libido puissante, qu'on aime jouir et changer de partenaire régulièrement, ai-je appris durant l'expérience m'ayant conduit à l'écriture de Je veux faire l'amour.

Certaines femmes m'ont donné le sentiment de travailler à contrecœur ; fréquemment, celles-ci partaient avant l'heure (c'étaient généralement ces dernières qui trichaient aussi sur leur apparence photogénique). Ça n'en reste pas moins un choix de leur part, personne ne les forçait, en tout cas pas celles que j'ai rencontrées ; pour la plupart, c'était un travail occasionnel, en complément d'une profession « honnête ».

On me rétorquera que mon expérience est bien mince en la matière. Peut-être. Quoique. Ma compagne étant escort-girl et assistante sexuelle, je vis quotidiennement son travail de l'intérieur. Chaque jour, elle me confirme qu'être travailleuse du sexe relève d'un travail social, quand elles n'ont pas à faire à des tarés plus ou moins dangereux. Chose méconnue et largement mésestimée, quand ce n'est pas carrément étouffé par les opposants. Comme je découvre un machisme affligeant et désolant, ainsi qu'une dépravation beaucoup plus importante que je ne l'aurais imaginée.

Par parenthèse, à entendre pas mal de personnes (voire la majorité peut-être), on ne peut pas être amoureux d'une prostituée, ce n'est pas normal, il y a forcément anguille sous roche. Soit, c'est parce que j'aime savoir ma compagne jouir avec d'autres mecs (le pervers). Soit, du fait de mon handicap, c'est faute de mieux (le pitoyable). Soit, je profite de ses charmes (le salaud). En tous les cas, il y a quelque chose de tordu ou de pas catholique là derrière, dans cet « amour » douteux. Que ce soit simplement de l'amour semblait impensable. Idem pour elle. Trop jeune et trop belle pour s'enticher d'un vieil handicapé (vieux à la rigueur, ce n'est pas exceptionnel, mais en plus handicapé, très, très handicapé ; ou elle a un grain… ou elle a un grain). Je n'adhère pas à son choix mais je le respecte et je l'accepte par amour. Si je ne l'acceptais pas, si j'essayais de la convertir, ce ne serait plus de l'amour ; car aimer c'est accepter l'autre comme il est, non comme on aimerait qu'il soit. Je ne suis pas plus pour l'idée de se prostituer que d'avorter, par exemple, mais je respecte la liberté de chacun(e), le libre choix, tant que cela se fait dans le respect de son prochain ; or, dans la prostitution, si c'est fait volontairement, où est le non-respect ?

Cela étant, je suis pleinement conscient d'une certaine réalité prostitutionnelle, de l'ambiguïté dont ce milieu n'est pas exempt, et d'une conscience professionnelle parfois très chétive. Pourquoi serait-il davantage exempt d'une certaine ambiguïté que d'autres milieux professionnels ? Mais, autant je ne sais de la prostitution mafieuse que ce que j'en ai lu, autant en matière d'escorting et d'accompagnement sexuel, ma petite expérience me conforte dans le fait que ces hommes et ces femmes exercent effectivement librement leur profession, du moins toutes celles que j'ai rencontrées, quels qu'en soient les motifs. Donc, il n'y a aucune raison valable de remettre en cause et en question leur choix ; au contraire, il faut les protéger au mieux afin que ces professionnels puissent exercer avec un maximum de sécurité et en bénéficiant d'une couverture sociale, au même titre que tout travailleur. D'autant que, dans le cas de problèmes essentiellement d'ordre financier, ce ne sont ni l'État ni les collectivités locales qui leur viendront en aide, faute de moyens (avérés ou non) ou de volonté affichée.

Comme je suis conscient de la perversion et des projections, parfois hallucinantes ou désespérantes pour un néophyte, auxquelles sont confrontés ces hommes et ces femmes pratiquement chaque jour, autant de la part des clients « valides » que « handicapés ». C'est à une cour des miracles très frustrée et/ou libidineuse qu'ils/elles ont affaire, à un manque affectif profond ou à des « infidélités » chroniques (fréquemment par manque de courage ou par matérialisme, j'ai l'impression).

Pour les meilleur(e)s d'entre eux/elles, je suis conscient que ce travail nécessite des qualités humaines et des compétences « psychologiques » indubitables. Il en faut pour apporter un peu de mieux-être et du réconfort aux « rebuts » de la société, aux marginalisés d'une société pour délit d'apparence. Comme il en faut pour se donner à certains fantasmes masculins sur pattes.

Mais ces êtres à l'empathie exceptionnellement grande ne sont pas majoritaires. Cependant, ils existent, n'en déplaise aux moralistes et autres croisés du sexe. Ils/elles sont même parfois heureux de pratiquer le travail du sexe.

Heureux ? Comment peut-on dire cela ! Pourtant, je le dis et je l'affirme : même minoritaire ces escorts des deux sexes sont heureux(ses) et le revendiquent.

Désolé pour les esprits chagrins et à la courte vue.

Je sais bien que les prostitué(e)s, toutes et tous les prostitué(e)s sans distinction, sont censé(e)s être de pitoyables créatures qui ne savent pas ce qu'elles font. Ni ce qu'elles disent. Car c'est impossible qu'elles soient heureuses, qu'elles puissent être heureuses, ces créatures. C'est inadmissible, totalement inenvisageable. Ce n'est même pas entendable pour certains mouvements et certaines associations très « charismatiques ». Pourtant c'est ainsi.

 

Le bonheur, on dirait que ça entre dans des cases prédéfinies, ça répond à des critères marginalisants et à une morale très particulière, très discriminante. Le bonheur, c'est pas pour tout le monde semblent penser certaines gens. Mais qu'en savent-elles ?

En effet, comment voulez-vous que quelqu'un qui se prostitue soit heureux ? C'est forcément une hérésie, un aveuglement, un égarement, une erreur d'appréciation, un refus de voir la réalité en face. C'est tout sauf possible. D'où la croisade sans distinction pour sortir ces pauvres brebis de l'enfer qu'elles vivent au quotidien dans leur corps et dans leur esprit, sans même s'en rendre compte car aveuglées par la souffrance.

Il faut donc ramener les Marie-Madeleine à la raison, dans le droit chemin, les pauvres. Leur parole est d'autant plus niée qu'elle est minoritaire. En plus, vous n'imaginez quand même pas qu'on va reconnaître une parole aussi hérétique, alors qu'elle risque de conduire à la légalisation d'une certaine prostitution. Il y a des bonheurs qui sont des fautes de goût ou de parcours…

Le plus croquignolesque, c'est qu'il en va de même pour les personnes dites handicapées, surtout lorsque le handicap est particulièrement stigmatisant. À les entendre, comment voulez-vous que quelqu'un qui est perclus de stigmates et privé de mouvement soit heureux ?

Ainsi, depuis plus de 50 ans, les gens qui ne me connaissent pas sont convaincus que je ne suis pas heureux, que je ne peux pas être heureux « dans cet état » ! C'est tout bonnement impossible. J'ai beau essayer, et mon entourage aussi, de faire comprendre que c'est une erreur de penser cela, en énumérant tout ce que je fais et tout ce que j'ai déjà vécu sur le plan professionnel, affectif et sexuel, rien n'y fait. Un scepticisme dubitatif persiste. Tel cet homme qui estimait qu'il fallait me piquer, car lui voudrait être piqué dans ma situation ! Le brave homme ne faisait qu'exprimer ouvertement ce que pensent d'innombrables personnes ignorantes de ma vie.

Qu'on se le dise, le bonheur est réservé à certaines gens ! Le bonheur, ce n'est pas pour tout le monde et surtout pas pour ceux qui sont irrémédiablement classés et mis au ban de la société.

Dommage. Car on passe à côté de la vie. De la vraie vie. De celle qui vient de l'intérieur de n'importe quel corps et de n'importe quel esprit en marche. De n'importe quel être qui assume ses choix et son existence, quelle qu'elle soit. De n'importe quel individu qui a trouvé du sens à sa vie ; qu'il soit travailleur du sexe ou qu'il ait un handicap. C'est ça l'ironie de la vie. C'est ce qui en fait le sel et le charme.

Mais c'est quoi le bonheur au juste ? Dans Wikipédia, on peut lire : « Le bonheur est un état durable de plénitude et de satisfaction, état agréable et équilibré de l'esprit et du corps, d'où la souffrance, le stress, l'inquiétude et le trouble sont absents » (ce qui nous correspond tout à fait) et, précision importante : dans « la tradition philosophique occidentale [pour] les optimistes, […] le bonheur comme "état de satisfaction totale" est possible (Spinoza, Montaigne, Diderot) […]. D'autres, comme Kant, opposent la recherche du bonheur et la réalisation de la loi morale (on ne peut pas chercher à être heureux en suivant la loi morale ; néanmoins, on ne peut pas parler d'une condamnation de la recherche du bonheur). […]. »

Tout est dit chez Kant : on ne peut pas chercher à être heureux en suivant la loi morale. Cette loi-là est une règle pour nous. En refusant tout diktat fataliste, tout enfermement, toute réduction moraliste.

Cela dit, je n'ai pas besoin qu'on reconnaisse mon bonheur pour être heureux. Heureusement. Il me suffit de le vivre. Il en est de même pour ma compagne « escort-girl et assistante sexuelle ». À en croire ces esprits affligés, apitoyés et dépités par notre bonheur illusoire, nous formons un couple ignorant qu'il est « normalement » malheureux. Quelle désolation ! Mais une désolation heureuse !

En fait, nous contrarions désagréablement les redresseurs de tort ; puisque c'est un tort de se dire heureux alors qu'on est en plein délit d'apparence et de déchéance. C'est un tort d'oser affirmer son bonheur de façon aussi ostentatoire et épanouie. Bien que le bonheur soit une question de sens : à partir du moment où l'on trouve du sens à son existence, il est à portée de main, de corps, de cœur et d'esprit, de chacun d'entre nous.

Il n'empêche, c'est ridicule de se dire que nous sommes heureux contre et non avec, du fait de tous ces tristes sires péremptoires. Que même le bonheur ne va pas de soi dans notre société percluse de dogmes sentencieux et de préjugés arthritiques. Après on s'étonne qu'un pays aille mal. Si les trois quarts de la population préfèrent voir le verre à demi vide, difficile d'engendrer une énergie positive.

C'est à se demander si le bonheur ne dérange pas la tranquillité d'esprit des gens de pouvoir ou en quête de pouvoir ? Parce que, contrairement à la tristesse et à l'angoisse, il est ingérable, donc dangereux.

Tout compte fait, le bonheur ne serait-il pas libertin et libertaire ? Car comment l'imaginer bridé et réservé à certains ? Impossible.

C'est du reste ce qui transparaît dans le portrait que Libé vient de me consacrer (http://next.liberation.fr/sexe/2013/01/04/marcel-nuss-touchable_871738). Un bel hommage et un grand honneur. Le fruit d'une vie d'engagements résolument tournés vers le respect de la liberté et le changement du regard sur l'autre, le semblable (trop) différent.

Tous les commentaires

06/01/2013, 21:06 | Par Boris Carrier

En effet il y a certainement de grandes personnes (au sens noble) dans ce métier si décrié par les manichéens. Meilleurs voeux pour cette année et votre combat. 

06/01/2013, 22:02 | Par Marcel Nuss en réponse au commentaire de Boris Carrier le 06/01/2013 à 21:06

Très bonne année à vous également, qu'elle soit fructueuse et pleine de joies, et de libertés. Cordialement

07/01/2013, 13:32 | Par ALVAROD

Merci pour votre article.

Tous mes voeux de bonheur pour cette nouvelle année.

Vous avez raison, les "étiquettes" sont trop simplistes. Le bonheur ne s'impose pas, il est personnel même s'il est partagé, en relation avec celui des autres.

07/01/2013, 18:56 | Par Cécile La Gravière

"il faut les protéger au mieux afin que ces professionnels puissent exercer avec un maximum de sécurité et en bénéficiant d'une couverture sociale, au même titre que tout travailleur."

Voilà bien une évidence qui ne contrarient que les hypocrite et les coincés.

Merci pour ce beau billet qui célèbre la Vie avant tout.

07/01/2013, 20:06 | Par Jean TRAMUSET

Que peut-on dire face à un tel billet ? Que peut-on dire sinon que ce qu'il dit de la prostitution féminine, c'est un homme qui le dit. C'est là où, immédiatement, je pense à Simone de Beauvoir (décidément, elle est indépassable). Ce qu'elle disait ? Eh bien que lorsque les hommes parlent des femmes, c'est toujours un sujet qui parle d'un objet. 

08/01/2013, 00:06 | Par Cécile La Gravière en réponse au commentaire de Jean TRAMUSET le 07/01/2013 à 20:06

Pas d'accord. J'entends aussi très très souvent des nanas parler des mecs comme s'ils étaient des objets.

De toute façon, dans les deux cas, quand on parle d'autrui (qu'il soit du sexe opposé ou non) comme s'il s'agissait une chose, c'est qu'on est con et déshumanisé. Basta.

08/01/2013, 10:43 | Par Jean TRAMUSET en réponse au commentaire de Cécile La Gravière le 08/01/2013 à 00:06

Excusez-moi, chère Cécile, mais que ''des nanas parlent des mecs comme s'ils étaient des objets'' n'est pas exactement (très loin de là !) la réciproque du fait que, lorsque les hommes parlent des femmes, on est emblématiquement (et encore mieux : ontologiquement) dans la configuration où un sujet s'exprime sur un objet. Pourquoi ? Eh bien parce que cette objectivation des hommes par les femmes à laquelle vous faites allusion intervient dans une société dont le fondement est la sujétion des femmes. Vous en doutez ? Mais, à bon droit, les femmes ne disent-elles pas (entre autres !) ''à travail égal et compétences égales, salaire égal'' ; et je ne parle pas de tout ce qu'il y a à dire sur la question de ''la parité'' !

Il est donc faux de laisser entendre (ce que vous faites) qu'aujourd'hui, la ''solution'' soit de laisser les ''cons'' et les ''déshumanisés'' à leur trite sort. Non ! la solution est de révolutionner nos sociétés, c'est à dire de révolutionner le ''capitalisme'' (à cet égard -de la révolution de nos sociétés à la révolution du capitalisme, voyez donc ''L'origine de la famille de la propriété privée et de l'état'').

Sachant qu'en vérité, il y a bien plus à faire. A ce sujet, et si vous alliez voir du côté de l'un de mes récents billets : ''Du genre à l'altérité : pour en finir avec l'assujettissement des femmes''.

Bonne lecture ?

Jean Tramuset 

 

08/01/2013, 17:13 | Par Cécile La Gravière en réponse au commentaire de Jean TRAMUSET le 08/01/2013 à 10:43

Tant que les femmes ne seront considérées QUE comme des femmes, tant qu'elles-mêmes ne se considérerons QUE comme telles, rien ne changera. Les femmes sont des êtres humains et n'arrivent même pas elles-mêmes, bien souvent, à en prendre conscience, toutes contentes qu'elles sont de plaire via leur féminité, toutes charmées qu'elles sont quand un mâle galent leur tient la porte…

La guerre des genres est une guerre stérile. Il faut la dépasser.

08/01/2013, 23:25 | Par Jean TRAMUSET en réponse au commentaire de Cécile La Gravière le 08/01/2013 à 17:13

''La guerre des genres est une guerre stérile. Il faut la dépasser''. Cette fois, chère Cécile, oui, je suis d'accord avec vous.

20/01/2013, 21:01 | Par Leucothoé en réponse au commentaire de Cécile La Gravière le 08/01/2013 à 17:13

Votre message est un peu condescendant à l'égard des femmes...

On peut être et se considérer pleinement comme un être humain ET être contente de plaire et d'être ou non féminine (selon les envies de chacune)!

07/01/2013, 22:48 | Par denis bourgois

Je ne sais pas quel est le titre français de ce magnifique film qui traite du sujet presque tabou de la sexualité des handicapés et du travail des assistantes sexuelles. The sessions avec Helen Hunt n'a rien de larmoyant ni de voyeur. Il est même emprunt d'humour et d'amour. Je le conseille vivement, il est sorti récemment. 

10/01/2013, 19:42 | Par Marcel Nuss en réponse au commentaire de denis bourgois le 07/01/2013 à 22:48

Je trouve ce débat passionnant. Mais s'il vous plaît qu'on cesse de parler « des handicapés », c'est réducteur et stigmatisant, donc exclusif. Si nous voulons aller vers l'insertion, il va falloir travailler sur la sémantique, j'en suis persuadé. Les mots enferment voire tuent (dans tous les sens du terme : un jour une femme m'a dit « il faut le tuer » et plus tard un homme « il faut le piquer ». Les mots peuvent entretenir les maux, s'ils sont mal employés

08/01/2013, 02:23 | Par Naja

Je souhaite une bonne année à toutes les femmes qui m'ont donné du plaisir pendant quelques années, à Châteauroux (France). Et particulièrement à celles qui m'ont apporté quelques instants de bonheur. Contre quelques francs et quatre baisers qui n'étaient pas de pacotille.

Merci, et bonheur à toutes

08/01/2013, 09:39 | Par Christophe67

Merci pour ce billet.

Etant complètement étranger, à la fois au handicap (je connais bien entendu quelques presonnes handicapées, mais ce ne sont que des connaissances et je ne suis pas handicapé moi même) et à la prostitution (ni acteur, ni consommateur),  il m'apporte un point de vue assez rarement entendu, sur des sujets où je n'ai pas vraiment d'opinion personnelle.

08/01/2013, 11:02 | Par Viviane Micaud

Personnellement, je pense que chaque personne est libre d'utiliser sa sexualité comme elle veut y compris en vendant des prestations, y compris quand il s'agit de construire un équilibre dans son couple. L'important est le d'avoir véritablement le droit de dire Non.

Il y a une aliénation dans tout travail. Il y a une aliénation à avoir un acte sexuel avec une personne qui ne respecte pas son partenaire, y compris quand il n'y a pas d'argent.

 

08/01/2013, 17:10 | Par Cécile La Gravière en réponse au commentaire de Viviane Micaud le 08/01/2013 à 11:02

Merci à vous d'avoir utilisé le mot "personne". Voilà qui élargit l'horizon Sourire

08/01/2013, 21:33 | Par vivette chomat

Quel est l'intérêt de cet article ? Nous dire que vous et votre compagne êtes heureux ensemble ?  J'en suis ravie pour vous. Continuez. Mais que je sache, cela n'apporte rien au débat sur le droits à recourir à des aidants sexuels quand on est handicapés, et donc, à pouvoir exercer ce métier que par ailleurs on appelle la prostitution. Votre compagne n'est pas en situation professionnelle avec vous, ni vous en situation de client.

Maintenant, je ne crois pas que l'on puisse réduire la question de la prostitution au choix de la personne qui l'exerce. C'est comme les questions de gestation pour autrui ou de don d'organe, il faut regarder tout ce qui se passe autour, tous les impacts que cela peut avoir pour la personne qui fait le choix (quand elle le fait) et pour le reste de la société. Il faut tenir compte également de tous les effets d'aubaine, de marché et d'exploitation que cela produit.

 

10/01/2013, 19:50 | Par Marcel Nuss en réponse au commentaire de vivette chomat le 08/01/2013 à 21:33

Quel intérêt ? Bonne question. En fait, pourquoi cet article ? Pour montrer une réalité reposant sur un vécu, pour amener un débat sur un changement de regard et plus de tolérance. Cela dit, chacun pense comme il veut et comprend ce qu'il veut, ça fait partie du dialogue. J'ai plus de doute que des certitudes à propos de la société dans laquelle je vis. Donc autant provoquer le départ quand c'est possible et en s'impliquant directement. On théorise beaucoup trop en France, à beaucoup. Pour éviter d'agir ou par peur d'agir ?

20/01/2013, 20:49 | Par Leucothoé en réponse au commentaire de vivette chomat le 08/01/2013 à 21:33

Un des intérêts de ce très intéressant article est d'apporter un point de vue un peu moins "manichéen" que ceux qu'on nous sert à toutes les sauces dans les médias. Il faudrait que certaines associations féministes lisent ce billet, vraiment, ça leur éviterait de dire trop de "conneries" à ce sujet qu'elles ne connaissent pas si bien qu'elles le prétendent...

 

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