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Rapport Gallois sur la compétitivité des entreprises : qu'en penser ?

Des réactions contrastées suite à la remise du rapport Gallois, mais pas gauche contre droite. Il s'agit plutôt d'un enthousiasme au milieu et d'un rejet par les extrêmes : un enthousiasme convergent venant des rangs de l'UMP et de l'UDI, du PS et du MoDem d'un côté, et un rejet de la part des partis plus extrêmes, au Front de Gauche gauche Jean-Luc Mélenchon exprimant que "tout est à jeter dans ce rapport" qui vise à avantager le capital et les entreprises aux détriment des ménages, à l'extrême droite le Front National fustigeant un rapport qui n'aborde pas les méfaits de la mondialisation et de l'Europe, en appelant au protectionnisme.

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Laurent Mauduit prend le parti de Jean-Luc Mélenchon dans un article très virulent de Mediapart intitulé "Compétitivité : Gallois plagie le patronat avec l'aide de l'UMP". Je ne suis pas d'accord avec cette vision paranoïaque des entreprises, comme s'il s'agissait d'un complot des capitalistes pour asservir le pauvre peuple. Je regrette que l'article de laurent Mauduit ait pris cette posture d'attaque personnelle de Louis Gallois et même d'un de ses collaborateurs étiqueté UMP, de même que désignant un plagiat de propositions déjà faites par des patrons, des "officines". Il aurait été plus constructif de réfléchir vraiment au diagnostic exprimé sur la dégradation de notre industrie et sur les mesures à prendre, ainsi que leur financement, sans nier l'effort à faire par tous.

Il faut être plus nuancé et regarder la réalité dans faire de déni, de même qu'il ne faut pas gober de faux arguments visant à nous faire avaler des couleuvres.

J'ai lu le rapport et le trouve de très bonne qualité, clairement exprimé, avec un bon diagnostic, des chiffres clés, parlant de "coopération" (en visant le bien commun, l'intérêt du pays, de nos emplois et non simplement de compétition, bien que manquant de quelques arguments pédagogiques et de quelques chiffres en annexe, pour expliquer :

- que le coût du travail est de même niveau qu'en Allemagne et n'explique pas la dégradation de compétitivité, qui s'explique plus par les facteurs hors-coût ;

- qu'il y a bien néanmoins un problème de faiblesse des marges de nos entreprises françaises (le rapport rappelle bien p.10 qu'elles ont baissé, passant de 30% à 21% en 11 ans tandis qu'en Allemagne elles ont augmenté de 7 points, se répercutant sur la capacité d'autofinancement des entreprises (passant de 85% à 64% en France contre près de 100% en moyenne en zone euro et même légèrement plus en Allemagne).

- Or l'investissement en R&D et en appareil productif dépend de cette capacité d'autofinancement, donc la France prend du retard et a plus de mal à monter en gamme, en qualité supérieure, en produits innovants. Par ailleurs les entreprises dépendent plus des banques pour se financer à une période où il y a des restriction de crédit, où les normes de Bâle sont plus contraignantes pour les banques, leur demandant plus de fonds propres et plus d'exigence en liquidité, ce qui fragilise nos entreprises.

- à coût du travail égal, les Allemand fabriquent du plus haut de gamme et des produits à plus forte spécialité, notamment en machines-outils qui équipent les pays émergents. Grâce à cela, ces produits sont vendus plus chers que les nôtres, d'où les meilleures marges. Ils ont une meilleure stratégie, n'ont pas hésité à délocaliser de productions simples notamment dans l'Europe de l'Est (qui parle allemand, ce qui facilite la sous-traitance) tout en gardant chez eux l'assemblage et le travail spécialisé à valeur ajouté et le savoir-faire. Ils ont un meilleur dialogue social, les syndicats arrivent mieux à discuter avec les patrons en coopérant, alors que les nôtres restent sur des postures politiques face à des patrons aussi moins conciliants. Ainsi les Allemands ont rapidement décidé des mesures de chômage partiel pour passer la crise de 2009 puis ont repris leur production en ayant gardé les compétences, alors que des entreprises françaises ont dû fermer ou n'ont pas pu reconstituer leurs compétences une fois la crise passée.

- ainsi, la proposition de Gallois de quand-même baisser le coût du travail dans ces conditions pour que les entreprises puissent reconstituer leurs marges  ou baisser leur prix à l'export, est une solution de court terme, en attendant de pouvoir plus investir en innovation pour monter en gamme, ce qui prend quelques années. Mais irrémédiablement, ce transfert vers la CSG (2 points) touche le pouvoir d'achat des salariés, des retraités, des épargnants. Si on augmente les salaires pour compenser la perte tout en imposant plus les retraités et les épargnants, cela veut dire que les retraités et les épargnants subissent le coût de ces dispositions (il faut alors réhausser le minimum vieillesse, les petites retraites). Si le transfert se fait vers la TVA, ce sont les consommateurs ... On peut éviter la TVA à taux réduits (alimentaire notamment) mais cela touchera forcément les populations fragiles, défavorisées, les pauvres et aussi les classes moyennes.

- le gouvernement est gêné par cette proposition et a proposé de la contourner avec l'idée du crédit d'impôt de 20 mds, mais tout cela est toujours du transfert de charge qui in fine se traduira par une dégradation du pouvoir d'achat des ménages, ou alors une réduction complémentaire de la dépenses publique. De plus il s'agit encore d'une "usine à gaz", d'une sorte de niche fiscale, ce qui complique les choses, comme l'ont critiqué François Bayrou et Gilles Carrez de même que Thomas Piketty. Il aurait fallu à mon avis comme l'a proposé A.Montebourg concentrer ces mesures en ciblant des secteurs d'activité et des types d'entreprises (PME innovantes et ETI exportatrices) en exigeant une contrepartie (investissement de l'entreprise et préservation des emplois). 

- la population acceptera mieux cet effort, ce sacrifice, si en même temps on agit positivement sur son pouvoir d'achat, par exemple sur le logement. A coût du travail égal et donc à revenus en moyenne égaux, avec même niveau de prestations sociales (même si la part des assurances privées est plus forte en Allemagne), les Allemands vivent mieux car leur logement (en location ou à l'achat) est 2 à 3 fois moins cher ! Du fait de la cherté du foncier en France et d'une moindre répartition de l'urbanisation sur le territoire français.

- la population accepterait aussi mieux l'effort si les grands patrons montraient l'exemple, au lieu de s'augmenter de 38% comme l'an dernier. Celà donne une mauvaise image des patrons et des entreprises, alors que la plupart des entreprises sont des PME avec des patrons qui n'ont pas ces revenus là.

Remarquons que beaucoup de propositions de ce rapport avaient été déjà faites par François Bayrou dans sa campagne présidentielle et dans son livre "Etat d'urgence", propositions auxquelles j'adhère (Small Business Act, plus de souplesse dans le droit du travail, le contrat CDI et la durée légale du temps de travail , mise en réseau des entreprises, stabilité fiscale et maintien du crédit impôt-recherche,doublement des postes en apprentissage,accord de chômage partiel en cas de baisse d'activité momentanée, rapprochement des entreprises et des organismes de formation et universités, salariés au CA des entreprises, ...).

Ajout le 7 novembre 2012 :

Il manque un autre éclairage au rapport Gallois, que nous rappelle Guillaume Balas, président du groupe PS à la région Île-de-France, dans un article publié sur Mediapart, "Compétitivité: ce n’est pas le coût du travail qui est élevé, mais le coût du capital !".

Il dit : "L’idée que les entreprises ne sont plus en mesure d’investir en raison d’un coût du travail trop élevé ne résiste pas à l’analyse : dans la même période, c’est la rémunération des actionnaires qui a bondi. Les dividendes ont atteint leur niveau le plus élevé depuis l’après-guerre, avec 9% de la valeur ajoutée contre 2.5% au début des années 1990 !"

Même si le diagnostic du rapport Gallois est juste et que les marges des entreprises se sont réduites fortement, ainsi que la capacité d'autofinancement et donc d'innovation, d'investissement en R&D, il manque l'éclairage sur la décomposition de l'EBE et la part distribuée aux actionnaires (en distinguant aussi les grandes entreprises et les PME). 

C'est aussi rappelé dans un autre article de Mediapart :

[si le coût du travail est un thème récurrent, en revanche le coût du capital n’est jamais évoqué. Pourtant, la part dévolue aux actionnaires a crû dans des proportions considérables en France ces douze dernières années : les revenus nets distribués représentent aujourd’hui 9 % de la valeur ajoutée des sociétés non financières, niveau historique record depuis la Seconde Guerre mondiale, contre 5,6 % en 1999. Dans un avis rendu en 2011, le Conseil économique, social et environnemental notait que les dividendes étaient en France « plus élevés que la moyenne européenne » : « Pour la période 2006-2009, si le résultat après impôt de nos sociétés non financières se trouve – avec 37,5 % de l’excédent brut d’exploitation (EBE) en 2009 – sensiblement dans la moyenne des autres pays européens, les ‘dividendes et autres revenus distribués’ (24,7 % en 2009) sont parmi les plus élevés de l’Union européenne »[5]. L’autofinancement disponible pour les investissements productifs s’en est trouvé réduit d’autant : il se situe en France parmi les plus bas d’Europe. La complainte patronale sur le coût du travail passe sous silence le fait que la part de plus en plus lourde que les entreprises choisissent de distribuer aux propriétaires du capital affaiblit leur capacité à faire face à tous les aspects de la compétitivité, notamment la modernisation et l’intégration des nouvelles technologies.]

Mais au delà de cet éclairage sur la Valeur Ajoutée, il faut regarder l'EBE (l'Exécent Brut d'Exploitation) qui est après paiement des salaires et des impôts : L'EBE permet à la fois de rémunérer sur le court terme les apporteurs de capitaux (banquiers et actionnaires), en leur versant les dividendes et les intérêts bancaires de l'année, et aussi de développer l'entreprise en investissant.

J'ajouterai que l'évolution des dividendes en valeur absolue et aussi en part de la valeur ajoutée ne veut rien dire si on ne rapporte pas ces dernier aux fonds propres de l'entreprise. Si les dividendes doublent à fonds propres constants, la rentabilité de l'action double. En revanche si l'entreprise s'est recapitalisée, à doublé ses fonds propres pour faire face à la croissance ou pour solidifier l'entreprise, pour maintenir une rentabilité constante pour l'actionnaire elle devra verser deux fois plus de dividendes en valeur absolue. Ce peut être l'explication de cette augmentation de la part de la rémunération du capital dans la valeur ajoutée, surtout si l'entreprise s'est désendettée et a préféré faire appel aux capitaux.

Le rapport aurait dû aussi parler de l'attrait de la France pour les investisseurs étrangers (notre coût du travail ne les effraie pas) : voir cet article : 
Compétitivité: Ces entreprises étrangères qui choisissent la France"
"En 2011, les étrangers ont décidé 700 nouveaux projets en France, selon l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII). L’Hexagone est même le pays d’Europe qui attire le plus d’implantations industrielles. " 

Voir cette intéressante analyse : http://resultat-exploitations.blogs.liberation.fr/finances/2010/10/dividendes.html

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Source : INSEE

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 Source : INSEE ; part des dividendes, des intérêts et de l'impôt sur les sociétés dans la valeur ajoutée des sociétés françaises.

On observe que la part des dividendes dans la Valeur Ajoutée a augmenté en même temps que la part des intérêts a fortement chuté. En revanche la part des salaires dans la Valeur Ajoutée est restée stable depuis 1984. En valeur absolue, les versements annuels de dividendes en France sont passés de 55 Mds€ annuels en 1990 à 120 Mds€ en 2000 puis 230 Mds€ environ sur 2007/2008/2009. En même temps les entreprises se sont désendettées après s'être fortement endettées à taux élevés à partir du choc pétrolier jusqu'en 1983 (pic d'endettement).

2volution du partage de la Valeur Ajoutée

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Screenshot - 23_10_2010 , 17_53_10

Source : INSEE 

Graphique associé

Voir Taux de marge et taux d'investissement des sociétés non financières en 2011 (INSEE)

Voir Principaux ratios des entreprises non financières en 2010

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Voir également :

 Pacte Ayrault: ces mesures qui sont passées inaperçues (La Tribune)

 Le crédit d’impôt aux entreprises, une usine à gaz ? (Libération)

 Crédit d'impôt, TVA..., la nouvelle donne fiscale pour les entreprises (L'Express)

""En contrepartie du crédit d'impôt accordé, le gouvernement souhaite que les entreprises s'engagent à utiliser ce bonus fiscal pour investir, former, améliorer la qualité de leurs produits et services, embaucher et augmenter leurs dépenses de R & D. Un suivi de l'utilisation de ces fonds sera assuré par les représentants des salariés dans les conseils d'administration et par les comités d'entreprise qui rendront un avis."

Tous les commentaires

06/11/2012, 14:54 | Par Mithra-Nomadeblues_

J'aurais tendance à rejoindre Jean-Luc Mélenchon qui veut taxer le capital. Mais je recommande votre billet pour l'intérêt du débat.

Jean-Luc Mélenchon, ce matin (6 novembre) sur France-Info :

Mélenchon jette le rapport Gallois "à la poubelle" 

06/11/2012, 15:55 | Par Marie-Anne Kraft en réponse au commentaire de Mithra-Nomadeblues_ le 06/11/2012 à 14:54

Merci Mithra pour votre soutien démocratique !Sourire

En effet, cela manque un peu de débat sur Mediapart, de plus en plus pensée unique, dommage ...

06/11/2012, 16:44 | Par Lechiffre

1) Le rapport ne propose rien de nouveau, mais il est de bon sens. Comme vous je regrette qu'on cree l'usine a gaz du credit d'impot, mais la raison est clairement politique: le gouvrenement veut absolument concevoir une mesure qui se demarque de celle mise en place par Sarkozy et qu'il s'est empresse d'abroger pendant l'ete. 

De plus on etale le fameux "choc" sur 3 ans donc ce n'est plus un choc.

Enfin, apres avoir claironne qu'il fallait voir au-dela de la question du cout du travail, il repousse l'idee de rouvrir la question de l'exploration du gaz de schiste, ce qui est une folie. Il faut travailler sur ces procedes d'avenir, c'est aussi une question de competitivite.

2) L'article de M. Mauduit

Il faut en faire un sujet, car de plus en plus ce journaliste fait dans la subversion, et pas dans l'information (dans sa culture politique ca doit etre la meme chose). Il fait des tracts et non des analyses, et pour aggraver les choses les attaques ad hominem deviennent preponderantes: il demande a mots couverts une epuration, il jette en pature les revenus d'untel pour tenter de le decredibiliser, il fait des amalgames foireux pour essayer de denoncer un "scandale" par semaine et donne un porte-voix complaisante a ceux qui fouillent les corbeilles pour des raisons peu claires...cela sans apporter, de mon point de vue, de valeur ajoutee en termes de comprehension de ce qui se passe. Il est le plus prolifique de la redaction sur l'economie, et tire vers le bas la redaction du journal qui est, par ailleurs, d'une grande qualite. Il doit pouvoir rectifier le tir.

06/11/2012, 16:49 | Par Cybergazouille en réponse au commentaire de Lechiffre le 06/11/2012 à 16:44

n'importe quoi. Mauduit ne fonctionne pas dans la "servitude volontaire" , c'est tout.

06/11/2012, 17:15 | Par Lechiffre en réponse au commentaire de Cybergazouille le 06/11/2012 à 16:49

Mauduit ne fonctionne pas du tout.

06/11/2012, 18:30 | Par GUY BERTRAND en réponse au commentaire de Lechiffre le 06/11/2012 à 17:15

EN tout état de cause Le CHIFFRE ,lui, fonctionne à la drogue néolibérale à plein pot !!! UN sevrage est nécessaire ,pour cet illuminé,qui se prend pour un expert,,qui à réponse à tout ,comme les habituels guignols médiatiques qui se répandent partout ,et comme ces prédicateurs allumés,qui vont porter ;la "bonne parole", du MEDEF, du FMI, Goldman SACHS et consorts!!!

06/11/2012, 16:50 | Par BobLobLaw

http://www.atlantico.fr/decryptage/vaine-lubie-pourquoi-competitivite-est-concept-qui-interesse-que-ignorants-et-incoherents-534975.html

3 arguments essentiels à la compréhension de ce sujet. A ajouter au débat, la baisse des charges augmentant les marges des entreprises ne correspondra pas à une baisse du chomage dans un contexte de dépression économique: 20 milliards qui partiront pour l'essentiel en dividendes selon moi.

06/11/2012, 17:13 | Par Lechiffre en réponse au commentaire de BobLobLaw le 06/11/2012 à 16:50

Cet article, que j'avais lu, est amusant mais n'a pas d'interet sur le fond. Le type se fait plaisir.

06/11/2012, 18:36 | Par GUY BERTRAND en réponse au commentaire de Lechiffre le 06/11/2012 à 17:13

ET toi ,le cador ,tu fait quoi , tu te regardes écrire,ta prose inepte, comme un petit thuriféraire ,zélé, des banksters!!!!

06/11/2012, 18:39 | Par BobLobLaw en réponse au commentaire de GUY BERTRAND le 06/11/2012 à 18:36

Le plus drole Guy, et c'est dire à quel point il n'y a plus aucune frontière entre gauche et droite, c'est qu'un commentateur sur un site de gauchiste donne un point de vue digne d'un plouc de droite concernant un article considéré comme gauchiste sur un site de droite.

 

06/11/2012, 18:41 | Par BobLobLaw en réponse au commentaire de Lechiffre le 06/11/2012 à 17:13

Pourtant, la compétitivité réelle, pas celle dont on parle dans les média, est composée de plusieurs agrégats fondamentaux:

- le cout à la production (qui n'est pas seulement composée du salaire puisqu'on ne parle que de cela)

- la productivité, et il serait intéressant de l'analyser par secteur et non plus de prendre des moyennes globales de zones économiques au niveau nationale

- la monnaie qui, dans un cas où à la fois l'euro est surévalué (pour tout pays hors allemagne) et le yuan sous évalué (puisqu'on nous agite souvent la chine pour justifier la boucherie), donne un débat forcément biaisé si on ne parle que de salaires en mettant en parallèle le déficit commercial avec la chine.

C'est ce qui est détaillé dans ce article qui remet bien l'église au centre du village. Il anticipe même le coup d'après qu'est l'Europe fédérale, conséquence inélectuable et certainement vouée à l'échec, de la stratégie non coopérative mise en place depuis 2008 à l'échelle européene. Dommage que par vous n'y voyez aucun fond mais j'attends avec impatience de savoir pourquoi. Cool

06/11/2012, 22:54 | Par Lechiffre en réponse au commentaire de BobLobLaw le 06/11/2012 à 18:41

Alors ca c'est le plouc de gauche, si je comprends bien, s'exprimant sans risques sur un site de gauche?

07/11/2012, 12:58 | Par BobLobLaw en réponse au commentaire de Lechiffre le 06/11/2012 à 22:54

non tu n'as rien compris malheureusement

06/11/2012, 18:07 | Par Cybergazouille

"A coût du travail égal et donc à revenus en moyenne égaux", le revenu "en moyenne" est un attrape- nigaud:

seul le médian compte: le médian était supérieur de 300 euros; je ne sais pas si c'est toujours le cas avec l'explosion des bas salaires et de la pauvreté. (en Allemagne, moins de 848 Euros par personne , ce qui devrait donner un médian à 1696 euros si ce seuil est calculé à 50% du médian; parfois c'est à 60%; le français étant à 1 500 brut ); 22% des habitants de Berlin sont en dessous . 13.09.2012Statistik Die Armut steigt in Deutschland (la pauvreté s'accroit en Allemagne)  http://www.news.de/gesellschaft/855347758/statistik-die-armut-steigt-in-deutschland/1/

 avec même niveau de prestations sociales (même si la part des assurances pricées est plus forte en Allemagne),

  • les remboursements de sécu du régime général sont de 100% pour TOUS en Allemagne; les mutuelles n'existent pas; les hauts revenus peuvent sortir du régime général et prendre une assurance privée, (vaut mieux alors être jeune et en bonne santé, les vieux malades essaient de réintégrer le régime général car ils ne peuvent plus payer) 

les Allemands vivent mieux car leur logement (en location ou à l'achat) est 2 à 3 fois moins cher !

  • les prix de l'immobilier sont reglementés et, en outre,  après 1989, on a construit massivement pour faire face à l'afflux des habitants de l' Est en Allemagne de l'Ouest pour détendre le marché . Il manque des logements depuis trente ans en france, rien n'a été fait par calcul politique (favoriser la rente)

Du fait de la cherté du foncier en France et d'une moindre répartition de l'urbanisation sur le territoire français.

  • etd'une moindre répartition du tissu économique , donc du travail;

06/11/2012, 17:14 | Par ujamaa

M-A K vous dîtes : - qu'il y a bien néanmoins un problème de faiblesse des marges de nos entreprises françaises (le rapport rappelle bien p.10 qu'elles ont baissé, passant de 30% à 21% en 11 ans tandis qu'en Allemagne elles ont augmenté de 7 points. 

Gallois n'analyse pas ce point spécifique dans son rapport. La réponse : il n'y a pas de marge quand on veut fabriquer moins cher que moins cher. Quand on n'a que le prix à  vendre... l'entreprise est proche de sa fin.

La marge par un prix plus élevé ne peut se dégager qu'avec des avantages produits ou services  en plus. Un produit ne se vend pas sur les qualités inhérentes mais sur les différences. En disant cela j'ai l'impression de faire un cours dans une école maternelle.

06/11/2012, 17:22 | Par Lechiffre en réponse au commentaire de ujamaa le 06/11/2012 à 17:14

La logique du rapport et des reformes preconisees n'est pas celle-la. elle est de redonner un marge de manoeuvre aux entreprises francaises pour qu'elles  investissent dans les differents domaines-innovation, marketing, techniques-afin justement de ne pas avoir a se battre sur les prix seulement. "idee n'est pas tant de baisser les prix que de faire remonter les marges. 

07/11/2012, 22:33 | Par ujamaa en réponse au commentaire de Lechiffre le 06/11/2012 à 17:22

Je vous recommande pour votre réponse à côté de la plaque. Lisez mon commentaire et sur quel point précis.

06/11/2012, 17:30 | Par Cybergazouille en réponse au commentaire de ujamaa le 06/11/2012 à 17:14

à coût du travail égal, les Allemand fabriquent du plus haut de gamme et des produits à plus forte spécialité, notamment en machines-outils qui équipent les pays émergents

  1. entendu ce matin même sur bfm: nombre de robots-machines achetés en 2011 : France 2 500/ Allemagne 20 000

06/11/2012, 17:52 | Par Cybergazouille en réponse au commentaire de ujamaa le 06/11/2012 à 17:14

La compétitivité hors-prix est une forme de compétitivité moins visible que le prix de vente, mais qui joue un rôle important dans la rentabilité d'une entreprise.

la compétitivité hors prix, c'est:

  • capacité d 'innovation (la france n'est que 13ème au classement ocde malgré les autogratulations)
  • amélioration constante de la productivité et de la qualité, et non intérim  et harcèlement des travailleur-ses)
  • permet un meilleur prix de vente du bien ou service; donc un taux de marge supérieur sauf lorsqu'on vit sur ses rentes
  • L'innovation nécessite des coûts de recherche (et non des fermetures des labos R&D pour "rationaliser" )
  • enfin, le taux de change joue un rôle majeur sur lequel nos gouvernements ont abandonné leur pouvoir dans les traités

tout ça dépend donc:
1 des patrons, ce sont eux qui définissent les stratégies; ce sont eux qui ont failli; (sauf pour leurs salaires, dividendes et stock options et défiscalisation)
2 des banques, qui ne prêtent qu'aux riches et ne réclament qu'aux pauvres (renflouées par les contribuables)
3 et de la BCE, pour le taux de change que Goldmann Sachs dirige avec la bénédiction sarkomerkhollandiste   

06/11/2012, 19:06 | Par BobLobLaw en réponse au commentaire de Cybergazouille le 06/11/2012 à 17:52

A mes yeux, ce que vous définissez comme compétitivité hors coûts représente la compétitivité tout court, puisque le monde capitaliste est régit par la parité du pouvoir d'achat indexant les salaires par zones économiques en fonction des agrégats que vous présentez, ce qui devrait mettre la question du salaire de coté dans un premier temps. Si problème de compétitivité il y a, c'est qu'il existe un déséquilibre économique soit sur la monnaie, soit sur la productivité ou soit sur l'innovation.

Présenter le problème sous l'angle unique du cout salarial relève de la manipulation puisque celui ci représente déjà une part minime du cout global. Si on suit votre présentation compétitivité cout et hors cout, concernant celle des couts:

Que ce soit les sur-évaluations d'actifs de ces 2 dernières décénies dans le but d'influer sur le cours de bourses ou les régulations européenes dans les secteurs économiques clés qui entrainent un renchérissement du coût de l'énergie, des telecoms et des transports, ces postes de coûts sont bien plus importants que le salaire des employés ayant échappé aux saignées de ces dernières décénies. (entre 5 et 15% la part salariale de mémoire, sauf dans le foot ou ca dépasse 100% du CA parfois)

Concernant celle hors couts:

Les entraves à l'innovation (services), les manipulations monétaires en cours (export) ou les baisses de productivité dans certains secteurs , dues à un sous investissement chronique afin de procurer un dividende maximum (industries d'infrastructure), sont les premières causes évidentes, selon moi, des problèmes de compétitivité. 

Après, si nos entreprises vendent moins, c'est également à cause de la crise s'accélérant depuis la fin de l'endettement infinie de tous les agents économiques (subprimes) et surtout, depuis la mise en place d'une stratégie non coopérative de déflation à l'échelle européene. On a crée l'Europe et ses millions de régulations économiques pour justement éviter cette exacte situation, quel désastre d'en arriver la.

06/11/2012, 19:17 | Par BobLobLaw en réponse au commentaire de BobLobLaw le 06/11/2012 à 19:06

Je rajouterais également qu'il faudrait repenser également au protectionnisme européen, ne serait que par une question de comptabilité... Je prends deux exemples de métier à très forte valeur ajoutée.

Informatique: remplacement de bac+5 par des indiens "binomes" (24/24! un ici un en inde:) ne connaissant rien au secteur et aux programmes maisons. Tout le monde sait (au sein de la boite qui prend cette décision) que cela coute plus cher d'externaliser des services au coeur d'une entreprise, surtout en informatique. 

Ingénieur télécoms: avec l'émergence de Huawei et de ZTC, les ingénieurs qui gèrent le déploiement du réseau viennent... de chine. Non pas qu'ils sont meilleurs ou moins chers nécessairement que nokia siemens ou alcatel.

Pourtant, un salarié est comptabilisé différement qu'un prestataire de services, ce dernier étant en gros comptabilisé comme une ressource plutôt qu'un employé. La manière dont est présentée un bilan financier d'une entreprise fait que ce détail à toute son importance, en particulier si celle ci est cotée en bourse.

07/11/2012, 22:37 | Par ujamaa en réponse au commentaire de Cybergazouille le 06/11/2012 à 17:52

Vous avez raison, mais cette génération de patron n'a pas été éduquée avec la culture du design (mot à prendre dans toute son extension - forme/fonction/signe/ éthique - aujourd'hui sans limites). Pas une fois le mot "design" est écrit dans le rapport Gallois.... Tout est dit. Gallois c'est le patron d'il y a trente ans.

06/11/2012, 17:16 | Par Annie Stasse

… et bien moi j'aime de plus en plus Mauduit, enfin un qui commence à voir clair sur ce Médiapart qui avait une nette tendance à faire la propagande pour le vote PS durant la campagne.

06/11/2012, 17:23 | Par Lechiffre en réponse au commentaire de Annie Stasse le 06/11/2012 à 17:16

Merci de me conforter: la propagande Mauduit repond a l'autre, donc.

Ce n'est toujours pas de l'info.

06/11/2012, 18:30 | Par Annie Stasse en réponse au commentaire de Lechiffre le 06/11/2012 à 17:23

Lechiffre pour vous le raisonnement logique serait de la propagande… ah vous êtes Pécresse, sortez de ce corps… nous n'avons pas la même logique : vous préférez la rente, je préfère les salariés…

06/11/2012, 22:55 | Par Lechiffre en réponse au commentaire de Annie Stasse le 06/11/2012 à 18:30

La rente? J'aimerais bien!

06/11/2012, 17:59 | Par Cybergazouille

Pourquoi ?

"Sous le fallacieux prétexte de dégager de la trésorerie pour leurs entreprises, le lobby patronal milite pour une réduction conséquente des charges patronales (et des salaires évidemment),
1. Qu’il faudra bien faire payer par quelqu’un, non ? qui donc se dévouera pour payer l’ardoise patronale ? pas eux, donc les autres, c.-à-d., nous -vous.

2. sauf que le fric dégagé –suite aux réductions de charges patronales–, n’a jamais été réinvesti par les entreprises, du moins comme il était prévu initialement, c.-à-d., dans la production (les carnets de commandes étant désespérément vides, suite à une demande intérieure ou extérieure atone, due en grande partie à un pouvoir d’achat très largement amputé par les (nombreux) plans d’austérité successifs, et aussi à cause d’idées si "géniales" que celles sorties tout droit du chapeau du sieur Gallois, très certainement soufflées par le Medef et encartés umpistes réunis ?!),

et (le fric dégagé) fut mobilisé à tout-autre-chose… à l’achat massif d’actions émises par lesdites entreprises elles-mêmes…, qui trouvaient plus pertinent de consolider leur trésorerie en se positionnant sur les marchés financiers, et attendre des jours meilleurs….

Voilà ce qu’on ose nous-vous proposer comme "nouveauté"… génial non ?!"

Sergio http://www.legrandsoir.info/le-mythe-du-reveur-qui-revait-selon-la-legende-a-notre-univers.html

06/11/2012, 19:44 | Par Pierro Juillot

Bonsoir Marie-Anne Kraft,

Je suis venu voir votre billet par curiosité pour connaître la position d'une personne du centre de l"échiquier politique... Je veux avoir une approche sans a priori donc...! Mais pardon d'être brusque dans le commentaire qui suit..., car il vient d'un sentiment d'incompréhension devant de fausses évidences que soulève ce rapport Gallois et que vous défendez quand même.

21 % de marge et il faudrait les plaindre...? rappelez tout de même que ce chiffre est une moyenne. De fait en temps que moyenne, il doit y avoir de sacré distorsion entre les valeurs supérieures n'embauchant pas et les valeurs inférieures ne pouvant embaucher

Après le sauvetage des banques et autres institutes financières de leurs pertes aussi folles qu'irresponsables..., laissons les tranquille pour qu'elles continuent à s'engraisser copieusement...? Dans les propositions 17, 18 et 19 de ce rapport, ou sont les chiffres de leurs santés financières qui vous permettent de dire cela..? Nul part dans ce rapport "parfait" selon vous n’apparaît une telle mise en perspective pour mesurer l'ampleur des distorsions entre les crédits avant et après crise. Est ce honnête intellectuellement de prétendre sans preuve de telle vérités d'opinions...?

L'irresponsabilité de ces financiers n'est elle pas dans le fait que les même personnes et pratiques sont encore bien en place dans certaines institutions sans qu'aucune enquêtes ou remise en cause soit proféré de la part des politiques se devant de défendre l'intérêt général du peuple devant payer les 1700 milliards de dettes publiques....? N'est ce pas ce silence gravitant autour de cette affaire de la "compétitivité" qui est révélateur d'une certaine omerta intellectuelle sur tous les facteurs économiques de cette problématiques...?

Et que pensez vous du trou de plus de 15 milliards dans le financement paritaire de l'UNEDIC, devant verser les prestations chômage aux demandeurs d'emploi croissant..., tant dans ce climat de crise ou l'on demande des sacrifices à des gens qui aimeraient avoir quand à eux-elles ces 21% ou 38% de leur revenus dans leurs poches, que dans ce climat ou l'argent paye et légitime tout les lobbying même les plus grossier et grotesque...?

 

 

 

06/11/2012, 20:09 | Par Marie-Anne Kraft en réponse au commentaire de Pierro Juillot le 06/11/2012 à 19:44

La marge est exprimée en EBE (excédent brut d'exploitation) rapporté à la valeur ajoutée (et non sur le chiffre d'affaire qui lui est plus élevé).

L'EBE doit rémunérer l'actionnaire (dividendes) et les mises en réserves pour augmenter les fonds propres et sert aussi à amortir les investissements passés. Il doit servir aussi à payer l'impôt sur les sociétés.

Donc ce n'est pas si élevé que cela, 21%.

06/11/2012, 20:34 | Par Pierro Juillot en réponse au commentaire de Marie-Anne Kraft le 06/11/2012 à 20:09

Ça l'est encore moins pour les presque 50% de foyers fiscaux ne payant pas l'impôt dans un pays se prétendant être la 5ième puissance mondiale...!

Ces "seulement 21%", qu'il soit pour amortir, payer l'impôt, mettre en réserve, payer grassement des actionnaires en demandant toujours plus..., cette somme n'est même pas un rêve pour ces familles citées plus haut...! Parce qu'ainsi est faite une société dite démocratique et civilisée, évoluée...? Mais ou est cette conscience "humaniste" derrière une gestion sociétale non pas des êtres vivants la composant..., mais que de chiffres et autres statistiques comptables, économiques, etc...?

Pardonner ma virulence derrière mon insistance..., mais vous ne répondez qu'a une seule question. Ils existent des désespérances dans notre pays et ailleurs, dont la prise de conscience de leur somme risque très bientôt de ce réveiller au regard de ces gestions calamiteuses et de ces enfumages et mensonges permanent... Je parle des pauvres européens par exemple absent de ce rapport parlant de compétition sans dire un mot du dumping fiscal et social et de ces concurrences déloyales. Ne pas en prendre connaissance, feinter l’ignorance, en allant jusqu’à les stigmatiser tant en  les catégorisant d'ignares incultes que de fainéant et autres qualificatifs aussi disgracieux et méprisant que "l’assistanat", c'est se rendre coupable des potentielles explosions sociales qu'ils-elles pourraient mettre en mouvement. Les autres questions vous gênent elles...?

06/11/2012, 21:45 | Par Annie Stasse en réponse au commentaire de Pierro Juillot le 06/11/2012 à 20:34

@ Pierro Juillot je rêve que vous ayez raisons sur les explosions à venir… mais dans quel sens ? cela pourrait bien être du "mauvais côté". sinon bien évidemment je suis d'accord avec votre raisonnement sur le fond.

07/11/2012, 11:34 | Par Pierro Juillot en réponse au commentaire de Annie Stasse le 06/11/2012 à 21:45

Le sens de cette explosion sera que celle que nous et vous aurez envie de lui donner. Pour ma part je milite au sein du MNCP qui prépare avec d'autres collectifs et mouvements la grèves générale européenne soutenue par des manifestations dans toutes les grandes villes européennes. il y aura aussi le 1 décembre une autre manifestation pour lutter contre la pauvreté, et les précarisations des emploie que ce gouvernement de l'alternance d'égocentrique, comme le dernier d'ailleurs, mettent en place. C'est une austérité déguisée sous la sémantique subtile et lâche de rigueur, que ces socialistes libéraux sont en train de programmer. De nouveaux cadeaux fiscaux aux entreprises, et conséquents ceux la, sur le dos des employés-es et des chômeurs comme des pauvres en diminuant leurs seul moyens de subsistance et le seul moyen existant pour faire des recettes pour notre démocratie, pour pérenniser nos protections sociales, est un non sens politique.

Ce devrait être vous et moi dans toutes les grandes villes qui devrions réunir tant les employés-es diverses du public et privé que les chômeuses-eurs, précaires et pauvres, dans le but d'annoncer notre et votre détermination à refuser cette austérité du pouvoir d'achat et des services et protections sociales, programmée pour 2014, en engraissant certains patrons sans aucune contrepartie qu'un "choc de confiance".

Mais ma lucidité me fait pas oublier certaines personnes mal intentionnées, droitisées et/ou extrémistes de droite, en embuscades sur les réseaux sociaux, prêtes à récupérer toutes les idées et courant de pensés mobilisateur. La vigilance est aussi de mise dans ce sens.

07/11/2012, 11:06 | Par Marie-Anne Kraft en réponse au commentaire de Pierro Juillot le 06/11/2012 à 20:34

@Pierre Juillot

Le rapport Gallois est ciblé sur la compétitivité des entreprises françaises (relativement à nos partenaires européens, notamment l'Allemagne), sur les solutions pour endiguer le décrochage de notre industrie dans le but de stopper l'hémoragie de nos emplois et même en créer de nouveaux. Le rapport n'a pas traité les questions de pauvreté, de pouvoir d'achat, de même que de dumping fiscal ou monétaire des autres pays qui sont des formes de concurrence déloyales. Ce qui ne veut pas dire que ces problèmes sont niés. Simplement le rapport répond à une commande sur une question donnée et je pense y a répondu. Je ne vois pas non plus pourquoi vous dites "en allant jusqu’à les stigmatiser tant en  les catégorisant d'ignares incultes que de fainéant et autres qualificatifs aussi disgracieux et méprisant que "l’assistanat". Ni le rapport ni moi dans mon article n'ont dit de telles choses.

Je précise aussi que personnellement je ne stigmatise pas le coût du travail et n'a jamais préconisé de le baisser en reportant sa charge sur les ménages (ni François Bayrou du reste, dont les propositions étaient concentrées sur la compétitivité hors-coût). Vous pouvez lire mes billets précédents à ce sujet.

De plus, je suis engagée dans une association qui milite contre la pauvreté, Le comité Pauvreté et Politique. Nous intervenons auprès des élus et des responsables politiques, y compris au niveau européen et international, ainsi qu'auprès d'autres ONG (ONU, Transparency International etc.) pour soumettre des propositions argumentée et aussi vérifier l'application des lois et promesses faites sur la diminution de la pauvreté de manière à mettre les élus publiquement devant leurs responsabilités.

Mais il ne faut pas confondre l'objectif "diminuer ou endiguer la pauvreté" et "punir les riches ou les entreprises". La réduction de la pauvreté passe par la réduction du chômage, qui passe par la création d'emplois productifs (qui créent de la valeur), qui permettront aussi de diminuer les déficits sociaux et d'augmenter nos recettes fiscales. Il ne faut pas avoir une posture de défiance vis à vis de nos entreprises mais les soutenir. Et s'il y a eu des abus de rémunération de grands patrons de multinationales et des évictions fiscales ou délocalisations de la part de certaines de ces entreprises, cela n'est pas le cas de la plupart de nos PME, qui aujourd'hui créent 80% de nos emplois.

07/11/2012, 11:25 | Par Pierro Juillot en réponse au commentaire de Marie-Anne Kraft le 07/11/2012 à 11:06

Je connais vos billets, même si je n'interviens sur chacun d'entre eux. Je connais aussi votre position bienveillante au sujet du TSCG et de cette Europe monétisée à l'extrême. En cela nous divergeons complètement.

Quand à la problématique de ce rapport que vous renvoyez en terme de responsabilité dans le questionnement de ces difficultés de "compétitivité", vous voyant défendre ce rapport, je ne comprends pas trop votre dé-faussement sur le gouvernement l'ayant commandité...! Vous semblez condamner la question en approuvant le rapport étrange non...? De ce fait vous vous exonérez d'apporter des réponses claires et précises sur la problématique de la construction de cette Eurogroupe, qui prône avant tout, la concurrence libre et non faussée, qui conduit de manière inévitable aux difficultés que l'on connaît aujourd'hui avec les pays membres du sud. Vous ne semblez pas voir de rapport entre les plus de 47% de foyers fiscaux ne payant pas d'impôts (donc manque de recette pour l’État, voir certaines dépenses pour maintenir un certain pouvoir d'achat), la pauvreté (donc des dépenses exorbitantes pour l’État, notre démocratie) et la "compétitivité" réclamée et obtenue (donc baisse de recettes transformées potentiellement en dépenses en cas de récession, pour l’État, soit nos protections sociales) par un certain patronat encensé par les médias et autres petits patrons les prenant en exemple....? Le rapport est pourtant simple. Pour ces trois cas de figure, qui sont aussi déterminant lorsqu'on veut aborder la "compétitivité" et ses leviers potentiels, en mettant les banques de cotés comme vous semblez le faire, qui aussi sont tous situés dans une Europe légiférant les trois quart des lois diverses mais surtout du commerce et du travail dans le programme 2020, l'on voit que les conséquences des décisions prises sont des baisses massives et progressives des recettes de l’État et donc des protections et services sociaux, non pas au profit du budget européen, des baisses de pouvoir d'achat d'une population entretenue légèrement au dessus du seuil de pauvreté, et une augmentation progressive et dans la continuité du gouvernement précédent des aides, subventions, niches fiscales et autres systèmes d’optimisations fiscales aux profits que des entreprises. Ces entreprises sont des propriétés privées, on l'a assez entendu ces temps ci. Dans le contexte économique actuel tant Européen que mondial le niveau de croissance et largement impacté par les crises de 2008, après des dépenses faramineuses des États pour sauver de leurs folies certaines personnes irresponsables et encore en place. Les financiers certes, sont les premiers visés. Mais combien de grands patrons, très fortunés se sont vu sauver leur pécules dans la fusion des dettes publiques aux dettes bancaires privées...? Ces même icônes entrepreneuriales font maintenant un lobbying acharné, les mains et poches pleines du denier public, et la bouche pleine des aides publiques pour les exonérer des cotisations sociales sur les bas salaires, ceux et celles non imposés-es... Et plus que ces sommes colossales leur revenant avec l'aide du politique..., ils préconisent maintenant que l’État baisse ces dépenses qui permettent de nous former nos protections sociales et de contribuer à notre épanouissement sociétale (santé, éducation transport, etc...) avec nos services publics. Ce tout ce veut être fait pour les aider à créer des emplois..., selon leur dire. Quels emplois....? Payés combien...? Ces exonérations sont elles provisoires...? Est ce qu'eux et les politiques peuvent aujourd'hui répondre aujourd'hui à ces questions...?

07/11/2012, 12:54 | Par Marie-Anne Kraft en réponse au commentaire de Pierro Juillot le 07/11/2012 à 11:25

Je ne comprends pas bien ce que vous dites, en quoi je me contredis, me défausse sur le gouvernement, m'exonère d'apporter des réponses claires et précises sur l'Eurogroupe ...

J'ai essayé d'expliquer en quoi j'approuve ce rapport et le point sur lequel il manque des explications sur le coût du travail, qui en fait est équivalent (en moyenne, sur l'industrie manufacturière, justement soumise à la concurrence étrangère) à celui en Allemagne, alors que l'Allemagne s'en sort mieux grâce à un meilleur positionnement de ses produits, de meilleure qualité, vendus plus chers, d'où leurs meilleurs marges permettant d'investir en R&D et en productivité et à créer des emplois même si la productivité s'améliore (en France on a un bon niveau de productivité et elle s'est améliorée mais à un rythme moindre que l'augmentation des salaires et on n'a pas réussi à créer autant d'emplois industriels que ceux supprimés grâce à la productivité, du même ordre de grandeur que ceux supprimés du fait de la dégradation de nos échanges extérieurs, de la baisse de nos exportations. De plus les Allemands, à revenus égaux en moyenne (et même pour ceux qui ont des revenus plus faibles en Allemagne pour les bas revenus), ont un meilleur niveau de vie grâce au coût du logement 2 fois moindre, ce qui pèse énormément dans le budget des ménages.

Le rapport explique bien qu'il faut donc monter en gamme et jouer sur la compétitivité hors-coût (mais cela prend plusieurs années), mais il dit aussi qu'un petit coup de pouce sur le coût du travail nous rendrait plus compétitif quand-même sur le bas de gamme qui est sensible aux prix (sur lequel nous somme plutôt en concurrence avec les pays du Sud plutôt que l'Allemagne). Or un transfert de charges sociales vers l'impôt des ménages revient à baisser leur pouvoir d'achat. Je disais que si l'on voulait vraiment cela (proposition que je n'approuve pas personnellement), il faudrait préserver au moins les personnes les plus fragiles. Le gouvernement y a pensé en baissant de 0.5 point le TVA à taux réduit et en répartissant la charge sur une assiette plus large que les salaires, notamment sur le capital, par la CSG. C'est d'ailleurs un point qui avait été proposé par Thomas Piketty.

Concernant ma position sur le TSCG, le libre-échange en Europe, la volonté de viser un équilibre sain des finances publiques (ne pas reporter sur nos enfants nos propres déficits de fonctionnement, ce qui est séparé des dépenses d'investissement), j'assume parfaitement même si vous n'êtes pas d'accord. Simplement, je ne suis pas pour un néo-libéralisme sans garde-fou, je suis pour qu'on s'attaque fermement aux paradis fiscaux, pour une préservation des services publics, pour une harmonisation fiscale en Europe (TVA et entreprises au moins), pour une concurrence loyale avec les pays émergents (réciprocité sur les marchés publics, application des normes sociales, sanitaires, environnementales à tous les produits vendus en Europe, qu'il soient fabriqués sur notre sol ou importés), pour un système monétaire mondial juste sans dumping monétaire et mise en place d'une monnaie de référence mondiale, pour la garantie d'une autosuffisance alimentaire régionale, pour une politique commune de l'énergie et de la défense, ...

Je ne suis pas d'accord avec la vision trop libérale de la compétition à tout prix de la Commission Européenne qui n'a pas assez défendu nos fleurons européen, qui a empêché des fusions d'entreprises européennes en préférant laisser des entreprises de pays non européens racheter nos entreprises (ALCAN/Péchinay, même notre bourse Euronext par NYSE,...). Je ne suis pas d'accord avec la façon dont ont été nommés des molassons à la tête de l'Europe et aux affaires étrangères. Je suis pour le libre-échange mais avec des contrôles, une régulation, des échanges loyaux, une justice sociale. Mais n'oublions pas que c'est la démocratie, les élections par le peuple des dirigeants européens et des parlementaires européens, les martis majoritaires PPE et PSE, qui ont créé une majorité qui a laisser faire cette politique.

Et enfin, concernant les banques, je n'évite aucunement le sujet et vous pouvez lire mes billets, mais ce n'était pas ici le sujet sauf marginalement pour l'accès au crédit par les entreprises. On dit beaucoup de choses fausses : que l'Etat leur a donné des subsides (en France l'Etat leur a prêté à taux élevé, 8%, pendant la crise et elles l'ont remboursé) et que leurs actionnaires continuent à s'enrichir (c'est faux, depuis 2007 leur cours a drastiquement chuté et les dividendes rapporté au capital investi ou au cours de l'action ont été très modérés, entre 0 et 5%/an), les banques ont maintenu et même augmenté leurs encours de prêts aux particuliers et aux entreprises, malgré les exigences plus fortes en fonds propres et en liquidité, elles ont réduits leurs activités de marchés et pour la plupart supprimé les activités de trading pour compte propre. Ce n'est pas parce qu'il y a eu des dérives et de mauvais comportements comme avec Goldman Sachs que toute la profession bancaire est à bannir.

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