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Après le « rêve américain », le « mythe allemand »

Il y avait « le rêve américain » (American dream), un mythe fait de l’idéalisation du « self-made man », de la réussite à la portée de tous, d’un succès dont les symboles sont essentiellement ceux de l’avoir et du paraître, la richesse matérielle, la fortune et aussi la notoriété, le vedettariat (Star system, pipolisation). Un modèle qui justifie les inégalités car elles sont supposées répondre logiquement à une sélection darwinienne de la loi du plus fort, les pauvres ne récoltant que ce qu’ils méritent. Un modèle où on fait la charité aux pauvres, par le bon vouloir des riches qui s’achètent une image de bienfaiteur de l’humanité, plutôt que par redistribution républicaine par l’impôt. Un mythe, car les espoirs et les croyances en ce modèle sont nourris d’illusions, comme je l’ai démontré dans une précédente analyse en février 2009, reprenant l’étude OCDE de fin 2008 et l’analyse de Jacques Mistral publié dans son livre « La troisième révolution américaine » en Août 2008 (avant la faillite de Lehmann Brother qui a enchaîné la grave crise financière) : Le Modèle Américain.

Je disais en conclusion :

« Le modèle américain, dans sa configuration actuelle en tout cas, basé sur la recherche du profit et sur l’illusion de la croissance pour tous et sur le mensonge de l’égalité des chances, est bel et bien générateur d’inégalités et a même accru la pauvreté, bien plus que dans les pays européens à niveau de vie similaire, pourtant dans le même contexte de mondialisation. Les politiques publiques à l’égard de l’enseignement et de la fiscalité, ainsi que la privatisation croissante du système de santé et de retraite, sont la cause de l’accroissement de ces inégalités.

Nicolas Sarkozy nous conduit progressivement au modèle américain qu’il admire tant, la France risque donc de reproduire ce creusement d’inégalités et de pauvreté. C’est la traduction malheureusement de sa politique actuelle : bouclier fiscal, suppression de droits de succession, franchises médicales et report des frais de santé de plus en plus vers des assurances privées, financement du RSA par les classes moyennes et pas les plus aisées, suppression de la carte scolaire (encore plus ghéttoïsante, néfaste pour l’égalité des chances)… »

 

Nous avons vu les folies du système américain, responsable à la fois des causes profondes du dysfonctionnement d’un modèle de financiarisation de l’économie, de plus en plus déconnectée de l’économie réelle, et du déclenchement de la crise financière, qui a contaminé la planète dans le contexte de globalisation financière et de mondialisation économique. Nous avons vu aussi ses conséquences sociales, notamment sur les classes moyennes et défavorisées, surtout du fait de ses faibles « amortisseurs sociaux ». Nicolas Sarkozy, qui enviait le modèle américain et nous avait vanté en avril 2007 le système américain des crédits hypothécaires rechargeables, gagés sur le bien immobilier acheté (autrement dit des subprimes), évite à présent d’en parler … Je signale que parmi les candidats à la présidentielle 2007, seul François Bayrou avait alerté sur les dangers de ce modèle, qui est en contradiction avec notre modèle républicain français. Il avait opposé les valeurs prônées ou sous-entendues par Nicolas Sarkozy dans son projet présidentiel aux valeurs humanistes, républicaines et démocrates qui sont les siennes. François Bayrou avait même justifié qu’il ne voterait pas Nicolas Sarkozy au second tour précisément pour ces raisons.

 

Maintenant nous entrons dans une nouvelle étape : celle du mythe allemand. Nicolas Sarkozy nous montre le succès économique allemand comme un modèle à suivre :

- sur le coût du travail, la durée du travail, les retraites,

- sur la fiscalité,

- cela commence aussi sur l’éducation (rythmes scolaires réduits)

 

Il est vrai que les Allemands se sont serrés la ceinture pendant les dix dernières années, sans augmenter leurs salaires. Il est vrai que le taux de prélèvements obligatoires (impôts +charges sociales contraintes) est bien moindre en Allemagne (37% en 2007) qu’en France (43%), la moyenne de l’UE se situant à 40%[1], notamment moindre sur les charges sociales patronales, supposées expliquer une meilleure compétitivité des entreprises allemandes, notamment à l’exportation. Il est vrai que les Allemands ont mis en place une « TVA sociale », reportant une partie des charges sociales patronales en 2007 sur la TVA, en l’augmentant de 3% (une partie seulement de ces 3% était du report de charges), ayant pour effet de renchérir le coût des importations et d’opérer une « dévaluation compétitive » baissant le coût des exportations (mais leur TVA est passée de 15 à 19%, donc s’est alignée quasiment à la France et à la moyenne de l’UE).

 

Cependant, Nicolas Sarkozy avait justifié le bouclier fiscal (le seuil passant de 60% sous le gouvernement précédent à 50%) en citant l’Allemagne, qui l’avait mis en place, mesure censée retenir les riches créateurs d’emplois sur le territoire. Vérification faite (par la Cour des Comptes notamment), ceci s’avère faux. Ce bouclier fiscal n’existe pas en Allemagne, de même que s’avère faux la croyance que la mesure allait faire revenir les riches expatriés ou empêcher le départ des riches, ce qui a été prouvé. Faux également de prétendre que le critère de résidence des riches est déterminant pour la localisation des emplois, car les actionnaires peuvent investir dans des entreprises situées en dehors de leur pays de résidence ! Loin de se déjuger, Nicolas pousse l’audace et l’aplomb jusqu’à justifier maintenant l’abandon programmé du bouclier fiscal, sous la pression populaire et politique y compris dans ses propres rangs, en nous disant que les Allemands eux-mêmes y ont renoncé (ce qui prouve par là son précédent mensonge !).

 

Maintenant attachons-nous à la réalité, aux chiffres, sur le coût du travail. Dénonçons les fausses idées circulent sur le coût du travail, la productivité et la compétitivité comparés entre la France et l'Allemagne.

Voici une étude chiffrée récente (résumée sur 4 pages) comparant La France et l'Allemagne (ainsi que d'autres pays de l'OCDE) en coût de main d'oeuvre et de prélèvements obligatoires, charges sociales et impôts. Il s'agit d'un rapport à la Commission des comptes de la Sécurité sociale qui date de juin 2010 :
http://www.securite-sociale.fr/comprendre/dossiers/comptes/2010/ccss201006_fic-07-1.pdf
Les salaires bruts sont 34% en moyenne plus élevés en Allemagne qu'en France. En net de charges et d'impôt sur le revenu, l'écart se réduit car les prélèvements sont plus élevés en % en France, mais restent encore 6% supérieurs. La réduction de l'écart tient à l'importance relative plus grande des prélèvements patronaux en France et de l'impôt sur le revenu en Allemagne. Au final, le niveau supérieur du salaire moyen et du coût annuel du travail en Allemagne ne semble pas justifié par une productivité supérieure du travail et n'est que partiellement lié au nombre d'heures travaillées (d'après l'OCDE, le PIB par heure travaillée est plus élevé en France qu'en Allemagne (96,2% du niveau des Etats-Unis pour la France contre 91,4% pour l'Allemagne).
L'article comprend un passage intéressant sur la politique allemande de compétitivité et la dévaluation compétitive opérée par le transfert d'une partie des charges sociales sur la TVA en 2007 (+3%). Ce coût a été transféré des entreprises vers les ménages, ponctionnant donc leur pouvoir d'achat. Mais l'Allemagne partait d'un taux de TVA beaucoup moins élevé que le nôtre (16%) et arrive maintenant à 19%.

En conclusion :
- le coût du travail est plus élevé en Allemagne, en brut commet en net,
- les charges sociales patronales sont plus élevées en France mais les charges sociales salariales sont plus élevées en Allemagne et donc au final les salaires allemands sont plus élevés en moyenne pour permettre aux salariés de payer leur couverture sociale, avec aussi plus de recours à des complémentaires privées santé et retraite,
- les prélèvements obligatoires sont plus élevés en France en % du PIB mais la part des prélèvements sociaux et de l'impôt sur le revenu dans le coût du travail est supérieure en Allemagne (52% contre 49,3%),
- la productivité (PIB/heure travaillée) est en moyenne meilleure en France qu'en Allemagne,

- ajoutons que malgré le succès économique de l’Allemagne en termes de croissance et d’exportations qui soutiennent cette croissance, les chiffres du chômage ne sont pas bons (7,3% en 2008, au 20ème rang, contre 7,8% pour la France).

- ce qui justifie le succès incontestable des entreprises allemandes à l’exportation, surtout vers les pays émergents dans le secteur spécialisé des machines outils, ceci malgré le renchérissement de l’Euro face au dollar et au Yuan, donc malgré la cherté relative des marchandises, c’est une expertise industrielle, c’est la haute qualité des produits, peu sensibles à la concurrence.

 

Dans la mesure où Nicolas Sarkozy veut faire baisser les charges sociales au motif que nos entreprises sont moins compétitives que les entreprises allemandes de ce fait, je pense que ces chiffres sont très éclairants et qu'il faut d'abord combattre les fausses idées !

Là aussi François Bayrou nous a avertis sur ces fausses idées au sujet de l’Allemagne, dans son discours au Congrès du Mouvement Démocrate du 12 décembre 2010, que je vous invite à lire ou à écouter. Il nous dit :

« Il y a une campagne en cours qui objecte que les Allemands réputés vertueux n'ont pas augmenté leur coût du travail depuis 10 ans, alors que chez nous, c'est près de 30 pour cent d'augmentation du coût du travail que nous avons eu depuis 10 ans. Je prends ces chiffres avec précaution, car je crois, comme disait Disraéli qu'il y a trois degrés dans le mensonge : le mensonge, le satané mensonge et les statistiques !
Mais il y a une campagne en cours. Avant-hier, il y avait pas moins de trois articles de fond sur ce sujet dans les journaux économiques qui disaient cela avec des courbes qui montraient le gouffre qui était en train de se creuser. On expliquait que c'était pour cela que l'on perdait tout.
En réalité, quand on fouille, et je vous propose de vérifier cette objection, on s'aperçoit que le coût du travail français reste du même niveau ou légèrement inférieur à celui du travail allemand. Il est vrai que, en France, les cotisations patronales sont supérieures à ce qu'elles sont en Allemagne, mais le salaire direct, celui que perçoit réellement le salarié est inférieur chez nous. Au total, le coût d'une heure de travail est donc plus bas en France qu'en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, au Danemark, en Suède et au Luxembourg. Et la productivité est supérieure chez nous puisque nous avons, à l'heure de travail, la plus haute productivité du monde !
 »

 

Maintenant examinons la fiscalité allemande comparée à la France.

Il y un mois, Nicolas Sarkozy expliquait aux Français qu’il fallait copier la fiscalité allemande. Avec ce but : rester compétitif et éviter les délocalisations. François Fillon a constitué un groupe de réflexion sur ce thème.Le 8 décembre sur France Inter, au 5/7 avec Audrey Pulvar, Romain Gubert, journaliste au Point, revient d'Allemagne et fait part des fausses idées de N.Sarkozy sur la fiscalité allemande et de l'étonnement des Allemands. Voici le lien sur sa chronique : Le modèle de la fiscalité allemande, pour le meilleur et pour le pire.

 

Romain Gubert nous dit que les Allemands étaient très étonnés des déclarations de Nicolas Sarkozy vantant la fiscalité allemande. Leur système est très compliqué, la déclaration d’impôt que remplissent chaque année ses concitoyens fait 24 pages. « Chaque land, chaque commune, peut faire à peu près ce qu’il veut en matière fiscale. Savez vous que les propriétaires de chien en Allemagne payent une taxe ? Savez vous qu’à chaque fois que vous buvez une bière, c’est une taxe spéciale ? Et le tout à l’avenant. D’ailleurs, un Allemand sur deux utilise les services d’un « conseiller fiscal » pour l’aider à s’y retrouver. C’est dire ! ».

« - Mais tout de même, il n’y a pas d’ISF en Allemagne, ni de bouclier fiscal. Et c’est pour cette raison que Nicolas Sarkozy regarde vers l’Allemagne.

C’est exact. Les Allemands n’ont ni ISF, ni bouclier fiscal depuis une dizaine d’années. Et d’ici le mois de juin, Nicolas Sarkozy rêve de se débarrasser de ces deux boulets politiques en créant une taxation supplémentaire sur les revenus du capital.

Problème : les impôts français sont, avant la réforme, plus élevés ici qu’Outre-Rhin. Nos prélèvements obligatoires sont supérieurs. Notre TVA est plus élevée. En fait, de leur coté, nos amis allemands n’ont aucune envie d’harmoniser leur fiscalité avec la nôtre. Ils ne veulent pas entendre parler de convergence. Comme si finalement, le rêve de Nicolas Sarkozy était à sens unique. »

J’en viens maintenant à l’éducation, surtout après la parution de l’étude PISA le 7 décembre dernier qui montre que la France est située au 22ème rang et a nettement rétrogradée depuis l’an 2000 (voir cet article du Monde). En compréhension de la lecture, les élèves français chutent de 9 points et de 6 places, passant de la 12e à la 18e places en dix ans. La France est en chute sur les mathématiques. L’école ne joue plus son rôle d’ascenseur social. L'Allemagne, derrière nous il y a dix ans, s'est ressaisie et nous passe devant en lecture, en sciences et aussi en mathématiques. J’ai lu la semaine dernière que Luc Chatel voulait s’inspirer de l’Allemagne en progression, remarquant notamment que leur rythme scolaire est très différent, les Allemands consacrant la matinée aux cours et l’après-midi aux sports, aux arts, aux activités culturelles et aux loisirs. Il se trouve que au même moment, les Allemands veulent se rapprocher du modèle français, car ils se sont rendu compte que ce rythme nuisait à l’égalité des chances et à l’ascenseur social : alors que les familles modestes envoient leurs enfants faire du foot l’après-midi, les familles aisées profite du temps libre pour faire donner à leur enfants des cours de soutien scolaire, qui sont onéreux. Il s’ensuit une différence notable de niveau des enfants selon leur origine sociale.

Sur l’éducation, l’Allemagne n’est donc pas forcément le meilleur modèle, même s’il est indéniable que nos rythmes scolaires trop chargés, trop soutenus, saturent les esprits de nos enfants et sont peu propices à l’épanouissement personnel et culturel…

 

Cependant, ces observations n’ont pas pour but de dénigrer le modèle allemand, car certains aspects de ce modèle sont à leur envier. Le dynamisme de leurs entreprises, le tissus industriel de leurs nombreuses PME qui maillent le territoire, la décentralisation territoriale et l’équilibre des régions, la puissance des syndicats et de la négociation entre le patronat et les partenaires sociaux, l’importance des corps intermédiaires et enfin leur modèle politique bien plus démocratique qu’en France en termes de représentation des partis (50% de proportionnelle pour les élections des députés pour les partis ayant obtenus plus de 5% des voix). Le capitalisme rhénan est aussi intéressant et assez proche de notre modèle français (sauf sur l’aspect syndical). Il se caractérise par (cf Wikipedia) :

  • un rôle important des grandes banques et une relativisation du rôle de la bourse dans le financement des entreprises,
  • une vision à long terme appuyée sur ce mode de financement et sur un système de partenariat avec les clients, fournisseurs et employés,
  • un partenariat entre de puissants syndicats patronaux et salariaux qui limite aussi bien les conflits du travail que les interventions directes de l'État dans la vie des entreprises,
  • un système de protection sociale très développé,
  • une politique de stabilité monétaire gérée indépendamment des gouvernements.

 

Après ces observations sur le rêve américain et le mythe allemand, je vous propose de revenir au modèle républicain français et aussi de regarder attentivement le modèle social nordique, combinant lien social, civisme et performance économique, comme l’atteste l’intéressante étude ODIS, qui vient de paraître(voir cet article de LaCroix), le rapport sur «l’état social de la France», comparé aux pays de l’UE et aussi entre régions françaises, et qui sera l’objet de mon prochain billet.


[1] voir ce rapport du Sénat qui doit dater de 2007 et aussi extrait du rapport fait dans le cadre de la PLF2010 : http://www.performance-publique.gouv.fr/fileadmin/medias/documents/ressources/PLF2010/RPO2010.pdf

Tous les commentaires

Merci pour ce billet, qui a le mérite de nous donner des références sur des infos que nous connaissons plus ou moins, et qui montre bien que Nicolas Sarkozy cherche toujours ses modèles à l'étranger, dans l'unique but de mentir plus facilement aux français.

 

Merci Marie-Anne d'avoir pris le temps de lister certaines réalités.

Je n'ai pas le temps de revenir aujourd'hui en détail sur les différents points, mais en résumé, vu d'Allemagne où je vis depuis 1973, je trouve que beaucoup d'arguments viennent de médias francophones qui ont le défaut de regarder le pays voisin de l'extérieur sans réellement comprendre les causes profondes de ces différences qui sont - à mon avis et selon les observations comparatives que j'y ai faites de l'intérieur - dues au système d'EDUCATION qui n'est pas à l'avantage de la France, comme le montrent toutes les études récentes. L'Education en France est centralisée et politisée, notamment celles de l'Histoire, de la Géographie et des Sciences.

C'est un peu le syndrome de ce que décrit Hamed Abdel-Samad, égyptien de naissance, dans son dernier livre "Der Untergang der islamischen Welt"... malheureusement non publié en français.

J'y reviendrai un jour où j'aurai davantage de temps.

Un seul graphique issu de la citation de la sécurité sociale française qui montre les réalités hors des polémiques stupides:

 

Coûts salariaux Allemagne - France. EvolutionCoûts salariaux Allemagne - France. Evolution© Sécurité sociale France

On y voit que les citoyens allemands gagnent plus que les Français - je constate ces faits depuis plus de 40 ans - que la part patronale et salariale est égale en Allemagne, depuis toujours, alors que la part patronale est beaucoup plus forte en France, ce qui est au détriment de la compétititivité des entreprises et surtout des PME au niveau mondial et enfin que l'impôt en France est ridiculement bas, pour "épargner" les grandes fortunes... qui vont de toutes façons se mettre à l'abri à l'étranger.

Enfin une dernière remarque, on parle de la compétitivité du travail en France en se basant sur le nombre d'heures au travail / PIB !!!

Pour avoir vécu et travaillé dans les 2 pays, je vois bien comment les Français brassent beaucoup d'air pendant les heures de travail, rentrent totalement crevés, tard, le soir chez eux, parce que leur journée de travail est très mal répartie... alors que du côté allemand, pour le même nombre d'heures au boulot, les gens sont bien moins crevés lorsqu'ils quittent leur boulot vers 16h - 17h et ils ont toute la soirée pour profiter de leur famille et de leurs activités associatives, sportive, culturelle, musicale ou autre.

C'est une énorme différence. Et travailler beaucoup ne signifie pas être compétitif, cela se saurait sur les marchés internationaux où la France ne brille pas particulièrement.

La situation est d'ailleurs encore bien pire pour les acteurs de l'EDUCATION, totalement méprisés et sous-payés en France, on voit d'ailleurs à ces faits la valeur de l'ENFANT dans la société française, futur adulte de demain.

J'en ai parlé en commentaire de cet article:

Voici les deux tableaux comparatifs.

Pour la partie française:

Remuneration_enseignants_en_France.jpg

 

Pour la partie allemande, voici les tarifs officiels pour 2010, les enseignants démarrant à A13.

Au cours de leur carrières, ils peuvent passer à A14 (Oberstudienrat) ou A15 (Studiendirektor)

 

Remunerations_enseignants_Allemagne_2010

 

A ces rémunérations s'ajoutent les primes pour enfants, logement, lieu de résidence, la pièce tenant lieu de bureau est déductible des impôts sur le revenu, ainsi que le chauffage, l'électricité, le téléphone, etc...

 

Les enseignants allemands gagnent plus en début de carrière que les enseignants français en fin de carrière.

Tout est dit par ces simples chiffres...

Le chômage des jeunes en France est parmi les plus élevés d'Europe.

 

C'est en Allemagne, en Autriche et au Luxembourg qu'il est le plus bas. C'est triste de commencer sa vie professionnelle par le chômage. Ceci devrait faire réfléchir...

 

Jugendarbeitslosigkeit_in_Europa.jpeg

 

Voilà un peu de matériel pour poursuivre la discussion...

Mises à part les classes dirigeantes et leurs affidés de droite, du centre et d'une gauche en perdition, qui a parlé de modèle américain ou de miracle allemand ?

Personne dans ma famille politique - au sens large du terme.

Ne cherchent des modèles que ceux qui tentent d'importer les insincérités d'ailleurs.

Ce fut vrai pour le stalinisme comme cela l'est pour le néo-libéralisme.

Velveth,

d'accord avec vous.


Personnellement, je n'ai JAMAIS parlé de "modèle", je trouve stupide de la part des politiques cet engouement soudain pour ce qu'ils découvrent tout à coup. J'ai entendu N. Morano parler de l'apprentissage après son séjour à Berlin... comme si elle découvrait le fil à couper le beurre, alors que ce système existe en Allemagne depuis plus de 40 ans...

Voir aussi cet article ...

C'est comme récemment, j'ai lu un internaute suite à un article sur la protection de la nature et l'écologie demander si les Allemands en avaient des "notions" !!! Alors qu'on vit l'écologie dans la vie de tous les jours depuis plus de 30 ans et qu'elle fait partie de l'éducation dès la maternelle depuis autant de temps... que les sacs en plastiques ont été remplacés par des sacs en coton après la guerre du pétrole de 1973. Du ridicule fini !!! Ils pensent qu'ils ont "inventé"... alors qu'ils ne font que copier.

 

Non, j'essaie juste de montrer un peu ce que les médias français, dont les journalistes ne parlent pas les langues étrangères, ou très mal, transmettent au public d'article en article... souvent des insanités basées sur l'inculture, en particulier en ce qui concerne le pays voisin !!!

Ils mélangent tout, parlent de pays "anglo-saxons", ne savent pas du tout ce qui se passe dans le pays voisin et jugent juste quelques extraits hors de leur contexte sociologique, éducatif, professionnel et économique... selon les modes ambiantes.

 

Mais chacun est libre de prendre pour "bible" ce que des journalistes incultes écrivent...

Nous nous retrouvons sur ces "modes de modèles" (il y eut aussi, dans une certaine gauche, le modèle suédois, bien démonté, d'ailleurs, par la saga Millénium !)

Je viens de constater que le Ministère de l'Education avait supprimé le lien que je citais plus haut sur la rémunération des enseignants.

J'ai retrouvé le nouveau lien intitulé: "Carrière et rémunération du professeur certifié", voici donc les chiffres tout frais pour 2010:

© Ministère de l'Education

 

A vous de voir le respect que la nation apporte à ceux qui forment les générations futures.

Tout est dit...

 

C'est édifiant.

A Etoile: vous êtes sûre que vous n'oubliez pas dans votre calcul le Lohnsteuer ? (impôts sur les revenus, bien plus élevés en Allemagne, ce qu'explique Marie-Anne Kraft... et ce qui rend très compliquées les comparaisons).

Pour moi la différence la plus importante vient du niveau démocratique... le niveau de corruption que l'on connait en France doit expliquer une sacrée partie de la différence de compétitivité et de croissance.

Cher Olivier,

Merci de votre remarque.

Le "Lohnsteuer", l'impôt sur le salaire, est prélevé à la source en Allemagne. C'est-à-dire que lorsqu'une personne reçoit son bulletin de salaire, cet impôt est déjà prélevé et transféré par informatique au fisc.

Il apparaît donc dans le schéma ci-dessus à la partie "impôts".

 

Le calcul se fait tout simplement en fonction de la "Lohnsteuerkarte" qui porte une des cinq classes d'imposition en fonction de la situation sociale de la personne. La comptabilité de l'employeur reçoit cette carte de l'employé qui l'a lui-même reçue de l'administration auprès de laquelle il s'est inscrit en venant habiter dans une ville ou un village.

Cette administration envoie la Lohnsteuerkarte à tout salarié par courrier á son adresse. Le salarié la vérifie et s'il est d'accord avec les mentions, la donne au service comptabilité de son entreprise. Tout le reste est automatisé.

En début de l'année suivante, l'employé peut faire sa déclaration d'impôt en demandant le remboursement du trop payé, généralement parce qu'il a eu des frais de formation, de déplacements professionnels, pour les enseignants, ils peuvent déduire le prorata de leur pièce qui leur sert de bureau, sa partie de loyer, de chauffage, d'électricité et son téléphone. Toutes les professions qui ont besoin d'un bureau équipé pour travailler ont cette possibilité de déduction. Lors de la première demande, il faut fournir le plan de la pièce par rapport à la maison, et indiquer comment elle est meublée, car il y a des critères clairs concernant cette pièce à déduire des impôts.

L'administration au niveau national a décidé que cette carte n'existerait plus à partir de janvier 2011. Elle sera remplacée par une transaction électronique, gain de temps, économie de papier et de paperasserie.

 

Pour le reste, il existe des "Steuerberater" qui ont pour mission d'aider les entreprises et particuliers à faire leur déclarations d'impôts et surtout de défendre leurs mandants face à l'administration. Ce sont des experts-comptables et avocats fiscalistes en une personne, ils plaident devant le tribunal fiscal pour défendre leurs mandants face à l'administration fiscale.

Pour les particuliers qui ont recours à un "Steuerberater", le montant n'est pas très élevé et il est déductible des impôts. Pour les entreprises, il est au prorata du chiffre d'affaires.

 

En ce qui concerne la corruption en France, elle est connue.

Je vous invite à écouter l'excellente émission sur France Culture de ce samedi 18 décembre: La Suite dans les idées

Favoritisme et corruption à la française

En compagnie de Pierre Lascoume, directeur de recherche CNRS au Centre d'études européennes, Sciences Po.

"Les «affaires» se succèdent, devenant parfois des scandales, laminant toujours un peu plus la confiance des citoyens à l'égard de leurs élus et des institutions politiques. Quand 65 % des Français considèrent les hommes politiques comme «plutôt corrompus», on pourrait penser que la cote d'alerte est atteinte. Paradoxe de la démocratie française, ce n'est pas le cas. Beaucoup s'indignent des «affaires», considérant la probité des gouvernants comme l'un des fondements de la démocratie. Mais lorsque certains dirigeants se jouent des règles et les orientent à leur profit, les citoyens, souvent complaisants avec le favoritisme et les diverses formes d'arrangement, les sanctionnent finalement peu.
Pour comprendre cette situation pour le moins contradictoire, cet ouvrage aborde sous différents angles l'ambiguïté qui domine dans les attitudes à l'égard de la «corruption». Il montre, en combinant diverses enquêtes (monographies locales, expérimentations, sondages), la multiplicité des critères de jugement sur la corruption. La politique n'est pas seulement affaire de morale, mais aussi d'efficacité et de confiance dans les institutions. C'est l'arbitrage complexe et mouvant entre ces trois dimensions qui explique l'ambivalence du comportement des électeurs et leur tolérance de fait."

J'ai maintes fois entendu cet "argument" face à la corruption: "Pourquoi ne pas le faire, tout le monde le fait?" Par exemple mettre un billet dans un livre offert à un maire pour obtenir une "faveur"... la débrouille, le système D, "graisser la patte"...

C'est normal pour beaucoup de Français et cette étude le démontre.


Si vous faites la même enquête en Europe du Nord, les résultats seront totalement différents...

 

Franchement, je ne vois toujours pas dans votre fameux tableau des salaires de la fonction publique allemande où se trouve la partie impôts. Les montants du tableau sont-ils nets ou bruts?? Est-ce que vous parlez des "stufe" ? Alors pourquoi y en a-t-il 8 alors que vous parlez de 5 classes d'impositions (je suis dans la 3, couple avec un enfant). Au passage, quand on pense que faire sa déclaration de revenus en France est compliqué, alors il vaut mieux ne pas avoir à faire se "lohnsteuererklärung". Horrible. Tout ça pour gagner 3 clopinettes.

Pour la corruption, je voulais juste dire que l'on s'escrime souvent à expliquer la différence de croissance enter la France et l'Allemagne, et je pense que la corruption en France est une raison majeure de sous performance.

???

Merci surtout à Etoile66 de vos commentaires très intéressants qui complètent l'article !

@ Marie-Anne,

Je reviens sur l'article avec un peu plus de temps...

 

"on s'aperçoit que le coût du travail français reste du même niveau ou légèrement inférieur à celui du travail allemand. Il est vrai que, en France, les cotisations patronales sont supérieures à ce qu'elles sont en Allemagne, mais le salaire direct, celui que perçoit réellement le salarié est inférieur chez nous. Au total, le coût d'une heure de travail est donc plus bas en France qu'en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, au Danemark, en Suède et au Luxembourg. Et la productivité est supérieure chez nous puisque nous avons, à l'heure de travail, la plus haute productivité du monde! "

 

Il y a plusieurs choses dans ce simple §.

 

Le coût du travail français n'est pas égal à celui en Allemagne comme le montre le graphique ci-dessus extrait du document de la sécurité sociale.

 

Une personne employée en Allemagne gagne net plus qu'en France pour le même travail, et en brut, la part que paie l'employeur est beaucoup plus élevée en France.

 

En 2007, j'avais eu en mains un document qui montrait les différences énormes pour les transfrontaliers, qui eux, peuvent comparer les deux de manière très nette (il ne me reste que le scan assez mauvais, j'ai perdu l'original:

 

Structure salariale à la frontière franco-germano-luxembourgeoiseStructure salariale à la frontière franco-germano-luxembourgeoise

 

 

On voit qu'en Allemagne les charges sur les salaires se répartissent à égalité entre les salariés et les employeurs - ce que personnellement je trouve beaucoup plus correct. Ces charges plus importantes freinent la compétitivit des entreprises françaises sur les marchés internationaux.

On voit aussi qu'à tâche égale, le Français gagne beaucoup moins en net.

 

On voit aussi que le salaire total - charges comprises - que paie l'employeur pour le même produit est plus haut en Allemagne, même après les modérations salariales des dernières années, dont se gausse la presse française et la ministre Lagarde, ce qui fait bondir certains en Allemagne, où elle n'est pas du tout prise au sérieux.

 

Donc, pour les exportations, les Français, avec la même monnaie, devraient faire des prix plus bas et mieux exporter. Ce qu'ils ne font pas et se plaignent que les Allemands exportent trop. C'est toute la culture des PME et la tradition allemande de ne faire que de la qualité car ils savent que les consommateurs préfèrent la qualité, même si elle est plus chère, sur le long terme. L'histoire du "made in germany" l'a démontré sans conteste :

"Made in Germany est un label (informel à l'origine) appliqué dans les années 1890 par les autorités britanniques sur les articles importés d'Allemagne pour inciter les consommateurs à « acheter anglais ». Cette étiquette a été apposée sur les biens d'importation à partir de 1887 au Royaume-Uni suite à une loi protectionniste, le Merchandise Marks Act 1887 : sous couleur d'information du consommateur, il s'agissait d'inciter les ménages à soutenir l'industrie nationale par un comportement civique, en préférant l'achat de produits du Commonwealth. Les autorités britanniques remarquaient en effet depuis une décennie la pénétration croissante des biens d'importation allemands sur le marché intérieur britannique, et la pression exercée sur les producteurs du Commonwealth, particulièrement dans le domaine des biens manufacturés. Pourtant, en 1894, une commission du Reichstag rapportait qu'après un fléchissement initial, ce label, loin de nuire aux industriels allemands, avait tourné à leur avantage, tant la qualité des produits allemands était appréciée des consommateurs britanniques eux-mêmes. Ces conclusions encouragèrent les exportateurs à appliquer d'eux-mêmes la mention sur leurs produits, et même les mesures d'ostracisme adoptées au cours de la Première Guerre mondiale (l'étiquetage était obligatoire pour permettre l'application du boycott des exportations) n'entamèrent pas la réputation des produits made in Germany."

 

Cela rappelle un peu les "appels " de Christine Lagarde à "moins exporter" et les furies de certains "experts" sur les médias. Ils n'ont apparemment rien appris des Anglais...

 

A la frontière, il existe une migration importante vers l'Allemagne et le Luxembourg, les gens ne sont pas idiots, ils voient bien qu'ils peuvent gagner davantage en franchissant la frontière tous les jours.

 

Voici l'état des "migrations transfrontalières quotidiennes" les chiffres sont de 2009 et concernent 2008:

Flux frontalier Luxembourg, Moselle, Sarre, Rheinland-Pfalz, WallonieFlux frontalier Luxembourg, Moselle, Sarre, Rheinland-Pfalz, Wallonie© La Grande Région

 

On y voit que

  • - 68.605 Français vont travailler tous les jours au Luxembourg, contre 200 Luxembourgeois qui viennent en France (peu qualifiés, restauration et services).
  • 25.635 Français vont travailler en Allemagne, contre 1.120 Allemands qui viennent en France (surtout dans les entreprises allemandes de production ayant installé une filiale en Moselle, comme par exemple dans la sous-traitance automobile)
  • le solde entre la France et la Belgique est à peu près égal

 

C'est une illustration claire et nette de la situation à plus grande échelle.

 

L'article poursuit:

" Le capitalisme rhénan est aussi intéressant et assez proche de notre modèle français (sauf sur l’aspect syndical). Il se caractérise par (cf Wikipedia) :
* un rôle important des grandes banques et une relativisation du rôle de la bourse dans le financement des entreprises,
* une vision à long terme appuyée sur ce mode de financement et sur un système de partenariat avec les clients, fournisseurs et employés,
* un partenariat entre de puissants syndicats patronaux et salariaux qui limite aussi bien les conflits du travail que les interventions directes de l'État dans la vie des entreprises,
* un système de protection sociale très développé,
* une politique de stabilité monétaire gérée indépendamment des gouvernements.
"

 

Je ne trouve pas du tout que le "capitalisme rhénan" soit similaire à ce qui se fait en France depuis 1945... pas du tout même.

 

Je reprends donc point par point:

un rôle important des grandes banques et une relativisation du rôle de la bourse dans le financement des entreprises

Certes pour les grandes entreprises, il peut y avoir des similitudes, mais au niveau des PME - dont j'ai fait un article il y a 2 ans - ce n'est pas exact. Les PME allemandes à structure familiale ont leurs fonds propres, depuis des générations pour la plupart, d'autres depuis leur fondation, et ne sont PAS dépendantes des banques - ni de la bourse - pour leurs investissements.

 

Il y a tout le système des FONDATIONS, qui n'est pas du tout pris en considération dans cette description.

 

Elles gèrent, à elles seules, la moitié du budget de l'Etat de la France, sans faire AUCUNE DETTE...

Alors que la l'Etat français emprunte pour dispenser ses bienfaits tous azimuts, ce qui signifie que ce sont les contribuables qui les paient.

 

On ne discute pas du tout de ces réalités dans les médias français. On attend tout d'un Etat super-papa, on le critique quand il n'agit pas assez vite, mais en fait, c'est chaque contribuable qui paie tout ce que l'Etat accorde comme "bienfaits".

Et cet Etat s'oppose avec véhémence à ce que des Fondations puissent se créer en France. Voir d'ailleurs l'excellent commentaire de Jean-Charles à ce sujet.

C'est une puissance financière énorme, dont personne ne parle en France lorsqu'on compare les deux pays.

 

Sur les syndicats, c'est une évidence, la France est le pays d'Europe avec le taux de syndicalisation le plus bas et surtout, la structure des syndicats français est archaïque, non démocratique et leur financement est douteux et obscur ce qui n'incite pas la confiance des salariés.

 

"une vision à long terme appuyée sur ce mode de financement et sur un système de partenariat avec les clients, fournisseurs et employés,"

 

Je n'ai jamais vu une vision à long terme - dans l'ensemble - parmi les entreprises françaises plutôt connues pour "faire des coups"... ce que disent d'ailleurs souvent les commerciaux sur le terrain et ce que confirmait certains observateurs (douanes, UBIFRANCE):

« Nous observons que les positions acquises par les exportateurs français sont difficiles à tenir. Il y a beaucoup d'entrées, mais aussi beaucoup de sorties, de nombreux échecs », soulignait récemment, dans un rapport du Conseil d'analyse économique, Lionel Fontagné, économiste au Cepii. « Ceci fait toute la différence avec l'Allemagne, dont les positions une fois acquises sont inexpugnables. » Une analyse recoupée, pour 2008, par les Douanes : « Si les effectifs d'entreprises «régulières» restent approximativement stables, le nombre d'entreprises sortantes est en hausse, tandis que les entreprises entrantes sont moins nombreuses », analysent-elles. Le directeur d'Ubifrance aux Etats-Unis, Hervé Ochsenbein : « 75 % des entreprises qui exportent aux Etats-Unis une année ne le font plus l'année suivante. Les entreprises font des «coups»

 

Quant au partenariat avec les clients et fournisseurs, il n'est absolument pas comparable. Le fait de "faire des coups" n'exprime pas du tout le respect ni des clients, ni des fournisseurs.

Dans une PME que j'ai recontrée, je citais un extrait d'un des panneaux dans la salle de réunion:

Qui sont nos "partenaires" ?
Clients- Collaborateurs - Associés - Fournisseurs - Banques - Administrations - Média - Associations - Voisins - Conjoint et Famille
Quel est le but de notre entreprise ?
Faire de tous nos partenaires des ambassadeurs

 

En France, on en rit, on parle de haut de... "paternalisme"...Comme dit le proverbe: "rira bien qui rira le dernier"...

 

Pendant ce temps, ces PME meurent lentement en France...

 

90% des entreprises françaises ont moins de 10 salariés. Impossible d'exporter avec une telle "force de frappe". Voici les chiffres cités par l'INSEE:

 

Taille et activité des entreprises françaisesTaille et activité des entreprises françaises© INSEE

 

Il y a en tout 3.107.578 entreprises en France en 2009.

2.906.684 emploient moins de 10 salariés.

Si on ajoute celles de moins de 50 salariés - qui elles non plus n'ont pas la force d'exporter, on arrive à 3.072.139 entreprises de moins de 50 salariés en France.

C'est plus que catastrophique pour le pays...

Et elles n'ont nullement la culture du RESPECT du client et du fournisseur, à part quelques exceptions qui réussissent...

 

* un partenariat entre de puissants syndicats patronaux et salariaux qui limite aussi bien les conflits du travail que les interventions directes de l'État dans la vie des entreprises,

C'est toute la culture du dialogue, qui s'apprend dès l'école maternelle. J'en avais touché quelques mots sur divers articles et notamment sur celui intitulé: Apprentissage de la démocratie à l'Ecole ?

"Ils apprennent dans la classe comment défendre leur point de vue de manière objective et comment ils peuvent sortir d’un conflit d’intérêts en étant plus forts, s’ils ont contribué à le résoudre de manière constructive. Chacun doit voir qu’il n’est aucunement obligé de mettre ses intérêts en retrait, mais apprendre à négocier les marges de manœuvre pour la réalisation de ses intérêts propres de manière socialement supportable dans une communauté."

Cet exercice commence dès la maternelle par le RESPECT de la parole de l'autre.

Celui qui parle dans le "Stuhlkreis" du matin, tient un coussin, ceux qui n'ont pas le coussin écoutent... et le demandent lorsqu'ils souhaitent s'exprimer...

 

stuhlkreis.jpg

 

Et cela se retrouve dans l'art de la négociation et du consensus, tant raillé en France et appelé "mou".

 

Il y a souvent des retransmissions en direct à la TV, pendant des heures et des jours, de négociations, de débats sur des sujets auxquels s'intéresse toute la population.

Il y a eu récemment la médiation sur le problème de la gare de Stuttgart. Plus de 9 millions de citoyens ont regardé les discussions en direct, plus d'un million par jour pendant plus d'une heure, les autres se les sont envoyées par youtube, elles sont en ligne.

 

Les parties en conflit ont fait appel à un personnage original de 80 ans pour faire la médiation.

 

C'est autre chose que ces guerres de tranchées que l'on connaît en France où chaque partie pense avoir raison contre les autres... et pense devoir "se battre" pour ses intérêts. C'est une tout autre vision de la société et de sa cohésion.

 

* un système de protection sociale très développé,

Le système de santé "très développé" était en vigueur en Allemagne avant 1870, il a été pendant longtemps partie intégrante des territoires Alsace-Moselle qui l'ont gardé après leur retour dans le giron français, sous le concept de "droit local" qui règle de nombreuses parties de la vie sociale et qui est bien plus favorable aux assurés que le système en vigueur dans le reste de la France:


"Aujourd'hui encore, le taux de couverture base de la sécurité sociale alsacienne-mosellane est de 90 % (80 % pour les médicaments remboursées à 35 % ailleurs en France) et de 100 % pour l'hospitalisation (pas de forfait journalier). Ce régime complémentaire est équilibré et payé uniquement par une cotisation sociale supplémentaire des salariés alsaciens et mosellans (1,8 % du salaire brut au 1.1.2006). En contrepartie, les mutuelles facultatives sont moins chères que dans le reste de la France."

J'entendais déjà parler du fameux "trou de la Sécu" avant de partir en Allemagne en 1973... En Alsace-Moselle, ce fameux "trou" n'existe pas, ce régime est équilibré.

 

Il existe de nombreux autres avantages sociaux qui datent de cette époque et qui ont été pensés par l'Allemagne et repris par la France (ce que taisent systématiquement les journalistes).

 

Par exemple pour la "faillite personnelle". La faillite civile est issue d'une loi allemande du 10.02.1877 étendue aux trois départements français annexés. Cette faillite civile n'a été possible sur le reste du territoire français qu'en 2003 avec l’instauration d’une procédure de liquidation des biens du débiteur dite procédure de "rétablissement personnel" inspirée de la faillite civile en vigueur en Alsace Moselle.

 

On a entendu le gouvernement louer cette "invention" de sa part en 2003, sans bien sûr dire que cette disposition existait en Alsace-Moselle depuis 1877 !

 

De même pour les assurances "Les dispositions locales sont plus favorables à l'assuré en matières de règlement de sinistres en incendie où elles intègrent les frais de déblais dans leur totalité."

Etc. etc. etc...

Essayez de supprimer ce "droit local" en Alsace-Moselle, vous vous heurterez de front aux gens qui habitent ces territoires et qui refuseront d'adopter un système social français moins évolué que le leur.

 

* une politique de stabilité monétaire gérée indépendamment des gouvernements.

Cela n'a JAMAIS été le cas en France.

La Banque de France a toujours été soumise aux pouvoirs politiques qui ont fait joujou avec la monnaie, la dévaluant pour avoir plus de popularité au lieu de résoudre les problèmes qui se présentaient par le dialogue avec la population.

La Bundesbank par contre, a toujours été indépendante du pouvoir politique, laissant la gestion de la monnaie à ceux qui sont spécialisés, ce qui a conduit à un D-Mark fort, qui servait de monnaie d'échange à côté du dollar dans tous les Balkans, en Europe de l'Est et au Proche-Orient par exemple. On ne faisait par contre pas du tout confiance au Franc, considéré comme "peu stable"...

La discussion qu'on lit dans les médias français sur l'indépendance de la BCE est incompréhensible en Allemagne qui a toujours fonctionné avec une banque centrale indépendante du pouvoir politique. Cela a toujours fort bien fonctionné. Question de respect du travail de chacun.

 

"Romain Gubert nous dit que les Allemands étaient très étonnés des déclarations de Nicolas Sarkozy vantant la fiscalité allemande. Leur système est très compliqué, la déclaration d’impôt que remplissent chaque année ses concitoyens fait 24 pages. « Chaque land, chaque commune, peut faire à peu près ce qu’il veut en matière fiscale. Savez vous que les propriétaires de chien en Allemagne payent une taxe ? Savez vous qu’à chaque fois que vous buvez une bière, c’est une taxe spéciale ? Et le tout à l’avenant. D’ailleurs, un Allemand sur deux utilise les services d’un «conseiller fiscal » pour l’aider à s’y retrouver. C’est dire ! ».

 

C'est trop amusant de lire ce texte !!!

Cela me rappelle les Persans arrivant en France chez Montesquieu.

 

"Chaque land, chaque commune, peut faire à peu près ce qu’il veut en matière fiscale"

C'est heureux !

En France, l'Etat donne de plus en plus de responsabilités aux régions, sans l'argent qui va avec pour les assumer. Elles sont totalement sous perfusion (dotations) et n'ont aucune marge de manoeuvre. En Allemagne, elles gèrent près des citoyens et non de loin.

 

Sauf que chaque Land ne peut pas du tout faire "ce qu'il veut"! Chaque Land a une Constitution avec ses règles clairement fixées.

 

Savez vous que les propriétaires de chien en Allemagne payent une taxe ? Savez vous qu’à chaque fois que vous buvez une bière, c’est une taxe spéciale ?

 

Trop amusant. L'hôpital qui se fout de la charité !!!

Où est le problème de payer une taxe sur les chiens ? Combien de tonnes de crottes les employés municipaux enlèvent gratuitement en France tous les jours ? Mais les impôts locaux sont bien plus importants en France, car RIEN n'est gratuit. Alors je préfère que ce soient les gens qui ont des chiens qui paient et non la collectivité et donc ceux qui n'en ont point.

 

Quant à la taxe sur la bière, ce pauvre monsieur oublie les taxes sur les alcools en France...

Et il oublie aussi qu'en France on paie une taxe pour ne pas habiter sous les ponts, la taxe d'habitation !!!

C'est une taxe que je trouve totalement ridicule et profondément injuste.

Quant aux taxes foncières, elles sont beaucoup plus élevées en France. Un exemple simple, je payais 171 € par an pour un appartement de 53 m2 situé en plein centre ville avec tout le confort.

 

"Nos prélèvements obligatoires sont supérieurs. Notre TVA est plus élevée."

C'est exact.

 

Sur l'Education, je ne reviendrai pas, j'ai écrit de nombreux articles à ce sujet sur mon blog. Il est évident pour moi que les jeunes Allemands apprennent à penser et à réfléchir sur des sujets complexes tandis qu'ils apprennent par coeur en France, ils apprennent la démocratie dès la maternelle, alors qu'ils apprennent à "respecter l'autorité" en France (il y a même une appréciation dans le bulletin de notes en CM1 sur cet "acquis" !), ils apprennent à jouer d'un instrument dans la plupart des écoles, il y a très souvent des orchestres soit de classe, soit d'école. Le sport et la proximité de la nature font partie de la vie quotidienne des enfants, etc, etc... Les résultats PISA ne sont que le faible miroir de cette énorme différence.

En France et en Allemagne, ce sont surtout les médias qui parlent de l'école l'après-midi ou non, les parents voient bien les avantages de la pratique allemande, une tête bien faite dans un corps sain. En France, on s'adresse à l'intellect et oublie que l'enfant a un corps et un esprit qui demande autre chose que de l'intellect, de la musique, de l'art, de la sociabilité, etc...

Tout est structuré l'après-midi pour que les enfants "ne traînent pas" comme on le lit dans les médias français, il y a des associations pour tout, à des prix très modiques ou même gratuites pour les enfants, on y fait du sport, de l'art, de la musique, etc...

 

 

Enfin, sur la productivité, les médias français ne présentent pas les choses de manière objective. Ils poussent des "cocorico" sur un sujet qu'ils analysent peu sur le plan humain.

"Au final, le niveau supérieur du salaire moyen et du coût annuel du travail en Allemagne ne semble pas justifié par une productivité supérieure du travail et n'est que partiellement lié au nombre d'heures travaillées (d'après l'OCDE, le PIB par heure travaillée est plus élevé en France qu'en Allemagne (96,2% du niveau des Etats-Unis pour la France contre 91,4% pour l'Allemagne).
- la productivité (PIB/heure travaillée) est en moyenne meilleure en France qu'en Allemagne
"

Ce cocorico productiviste me fait penser stakhanovisme !!!

Si on regarde bien les choses en vivant dans les deux pays, on s'aperçoit que les fameuses 35h on poussé les entreprises à l'époque de leur introduction - ce que beaucoup ont déjà oublié - à augmenter le rythme de travail pour le faire par le même nombre de personnes en un temps plus réduit.

Beaucoup d'entreprises n'ont pas embauché, ce que le PS avait espéré, mais la vis a été serrée et les gens ont dû produire autant dans un temps plus court. Ce sont les salariés qui ont trinqué en fait en qualité de vie.

 

Je les voyais le soir rentrer dans le RER ou les trains de banlieue. Une grande partie somnolait, rentrait tard. Le matin, les femmes couraient porter leurs gosses chez la nounou ou à la crèche et filaient au boulot pour venir les reprendre vers 19h...

 

La vie est beaucoup plus "cool" en Allemagne, on sort du boulot vers 16h et on a du temps pour la famille, les activités sportives et culturelles, etc... Le rythme de vie est tout à fait différent. J'entendais souvent des Français râler parce qu'ils ne joignaient plus personne au téléphone à partir de 16 h en Allemagne... pensant qu'ils étaient des fainéants...

 

Je me souviens lorsque je travaillais à Paris en 2000 - 2002, les gens avaient une gestion du temps catastrophique, se plaignaient du stress et passaient beaucoup plus de temps au boulot que les Allemands qui n'avaient pas les 35h.

J'ai été frappée par ce phénomène. Il provient sûrement d'une gestion du temps assez fouillis, cela me fait penser à la mouche du coche...

Après les gens sont épuisés, pas étonnant à ce rythme...

 

A lire certains médias repris par cet article, on pourrait avoir la sensation de voir les Persans s'étonnant de tout, comme le type sur la taxe sur les chiens sans voir que la taxe d'habitation et de nombreuses autres sont une aberration anti-sociale.

 

Dans les lettres persanes, "le lecteur lisant ce roman épistolaire se moque du Persan faisant preuve d'une naïveté à l'égard des modes occidentales. Mais il ne rit pas longtemps, car en continuant sa lecture il se rend compte que c'est de lui que l'on se moque."

 

J'ai souvent l'impression, en lisant les médias français, de vivre ces "lettres persanes"...

Vous faites le concours du plus long commentaire de l'histoire de Médiapart ou quoi??

Deux Bayrousiennes qui s'envoient des fleurs, comme c'est mignon.

Olivier,

Tout d'abord je ne suis en rien "bayrousienne", je pense par moi-même, merci.

Ensuite j'écris comme je l'entends, et fais ainsi usage de ma liberté d'expression sans insulter qui que ce soit.

Vous n'êtes pas obligé de lire si vous êtes habitué au style des textos...

Si vous lisez plutôt des livres scientifiques et fouillés, un petit commentaire d'une ou deux pages ne devrait pas vous géner.

Je sais bien qu'à l'heure du people décervelé, on n'est plus habitué à penser, mais tout de même...

 

Oui, enfin comme vous faites beaucoup de recyclage de vos articles et commentaires précédents... c'est sans doute l'habitude du comportement öko.. et du Nachhaltigkeit...

Clin d'oeil

Mes textes et ceux que j'ai trouvés pertinents et étayés sont classés par thèmes sur mon PC.

Je n'aime pas les affirmations en l'air sans les étayer par des faits vérifiables.

Certains récitent sur mediapart des idéologies apprises par coeur après lecture d'articles journalistiques douteux car peu étayés et tendancieux. Ce sont toujours les mêmes slogans, sans preuves, ce n'est pas ainsi que je conçois le journalisme.

"Nachhaltigkeit" est un joli mot à la mode... j'y préfère "argumentation" sur ce site. Clin d'oeil
Je vous souhaite de bonnes fêtes de Noel.

Ici nous sommes sous un très épais manteau de neige, comme j'aime l'hiver. Il neige sans discontinuer. J'adore...

Oui, la neige est la même en France comme en Allemagne. A Nancy (où je vais aujourd'hui) comme à Frankfurt, d'où je pars.

Dans mon Sud-Ouest natal, il n'a vraiment neigé qu'en 1957... alors j'adore passer Noel en Allemagne... c'est plus "gemütlich". 

Bonne route !!!

 

J'observe que vous parlez de plus en plus le français avec des tournures utilisées en allemand Clin d'oeil... est-ce bon signe ?

 

Je ne sais pas si c'est bon signe, mais il commence par m'arriver ce que j'avais constaté après deux ans aux USA : je doute de certaines tournures de phrases en français.

Au fait, un article passionnant sur l'apprentissage des langues à tous les âges, qui devrait vous plaire (je voulais même en faire un billet, mais pas le temps) :

http://www.zeit.de/zeit-wissen/2010/06/fremdsprache-lernen-alter

 

Au fait, vous connaissez ce dictionnaire en ligne (celui des frères Grimm). Fabuleux.

http://urts55.uni-trier.de:8080/Projekte/WBB2009/DWB/wbgui_py?lemid=GA00001

Merci Olivier pour ces 2 liens fort intéressants. Je vais les regarder plus en détail... Je ne connaissais pas le dico des frères Grimm.

Mais je sais que ce sont eux et Luther qui ont contribué à former le Hochdeutsch, ils ont traversé toutes les contrées germaniques et ont noté les mots qui étaient compris par la plupart des gens... ce qui est devenu au fil du temps le Hochdeutsch. Les régions, elles, ont gardé leur langue locale, ce que je trouve excellent, car on peut y exprimer encore bien davantage de détails, elles sont beaucoup plus riches.

Ils ont écrit des contes et sont connus pour ceux-ci mais ils étaient d'excellents linguistes.

Je discutais justement au sujet des langues avec mon fils qui en parle 5, il venait de déblayer la neige autour de la maison. Il parle français avec sa fille de 14 mois et essayait de trouver le mot français pour "Eiszapfen".

Le français utilise là: "stalactite de glace". Pas de mot.

Nous parlions par exemple du terme "krabbeln" ou en anglais "crawl" utilisé pour les enfants qui "marchent à quatre pattes".

Là aussi le français n'a pas de mot.

Il me donnait des tas d'exemples, l'anglais et l'allemand sont des langues pratiques, qui permettent de pratiquement tout exprimer au niveau technique, pratique, en donnant des noms aux choses, alors que le français a des tas de mots synonymes pour désigner des concepts abstraits, littéraires, qui touchent aux sentiments. Je me souviens avoir lu avec mes étudiants une nouvelle de Maupassant, "La peur". Nous avons relevé les termes français pour exprimer la peur, il y en avait un grand nombre qui n'avaient aucune corrélation en allemand.

C'est une des raisons pour lesquelles la perception de la technique, de la science est beaucoup plus faible en France que dans les pays anglo-saxons et en Allemagne. Il manque tout simplement des MOTS pour dire la modernité, le côté pratique des choses, la technicité.

L'étude PISA montre d'ailleurs que les enfants français de 15 ans ont d'énormes difficultés à "comprendre" le monde qui nous entoure au niveau scientifique.

Cela rejoint ce que disait Philippe Even dans L'état de la Recherche en France et dans le monde - Philippe Even dans le Nouvel Obs

 

C'est une évolution culturelle qui a mis des siècles et que l'on retrouve dans la langue d'aujourd'hui. C'est pourquoi le français n'est plus du tout la langue de la modernité, mais celle du passé littéraire, philosophique, etc...

C'est un peu ce que disaient les invités de France Culture évoqués dans l'article Comment réconcilier les sciences et la culture ? La France en 57ème position sur 57 pays pour la relation pratique/ théorie

 

Car tout se tient, la langue, la pensée, la compréhension du monde dans lequel nous vivons, la cohésion sociale, l'éducation, etc. etc...

Bonnes fêtes de fin d'année depuis les magnifiques paysages saupoudrés de neige...

"Je ne sais pas si c'est bon signe, mais il commence par m'arriver ce que j'avais constaté après deux ans aux USA: je doute de certaines tournures de phrases en français."

 

Mmm, plutôt bon signe, je dirais.

Ça me rappelle la joie que j'éprouvai, les premières fois où je commençai à rêver dans une autre langue que ma langue maternelle le français.

En tout cas, l'Allemagne a sur la France une écrasante supériorité au moins dans deux domaines:

1) l'hymne national (je préfère Haydn, un Hongrois d'ailleurs, à Rouget de Lisle)

2) les saucisses de Francfort.

Moi, ce que j'aime en Allemagne à Noël, ce sont les Zimtsterne et la Weinachtstolle!

@Joël et Etoile

Wir könnten zusammeln auf Deutsch reden,und eine deutsche Mediapartblogversion aufbilden !

 

Billet très intéressant, merci.

Le modèle reste allemand qu'on le veuille ou non. Ils nous font la pige : sur 11 mois en 2010 le déficit extérieur français atteint 41,33 milliards d'euros, alors que l'Allemagne enregistre un excédent de 140 milliards. Pour l'Allemagne le déficit budgétaire devrait être aux alentours de 3,5 % et frôler les 8% pour la France.

Jusqu'à présent ce sont encore les ventes et non les déclarations d'intentions qui donnent du travail. Les expressions "expertise industrielle" et "haute qualité des produits, peu sensibles à la concurrence" demanderaient plus d'explication quant à leurs contenus. Car le vrai sujet est là.

A verser au débat, une interview d'Emmanuel Todd dans le dernier Marianne:

http://www.marianne2.fr/E-Todd-Cessons-de-nous-agenouiller-devant-l-Allemagne_a200829.html

d...evant l'Allemangne (titre complet)

Excusez, Joel, vous avez si joliment écrit sur Mayence et le "chou rouge" qui donne une belle voix (!)... mais là, je ne peux vous suivre. Cette interview de E. Todd est typique du personnage.

Il a un véritable problème avec l'Allemagne qui l'aveugle gravement.

Il a écrit un jour : "les jeunes Allemands qui tuent les femmes turques". Comme généralisation, c'est assez fort. Et lui ôte par là-même toute compétence pour parler du pays qu'il s'imagine plus qu'il ne le connaît vraiment.

Dans Marianne il parle doctement d'une Allemagne qu'il n'aime pas sans vraiment la connaître... Terrible ce qu'il peut dire comme conneries.

Non, cet article dans Marianne est une horreur de pensée unique ambiante.

 

Todd est d'un défaitisme absolu. Voilà un penseur qui ne laisse pas sa chance à l'imagination. Sa trouvaille: le protectionnisme. À 140 milliards d'excédent, l'Allemagne n'a surtout pas besoin de protectionnisme. Penseurs, experts du fenestron TV passent à côté des vraies questions. Je répète les mots de Marie-Anne Kraft: "expertise industrielle" "haute qualité des produits peu sensibles à la concurrence".

- Et comment fait-on Mr. Todd pour y arriver ?

- ...

- Et comment fait-on Mr. le Ministre de l'Industrie pour y arriver ?

- ...

- Que veut dire "expertise industrielle" ?

- ...

- Quels concepts entrent dans le mot "haute qualité" et pourquoi celle-ci est-elle si peu sensible à la concurrence ?

- ...

- Quel programme proposez-vous justement pour une renaissance industrielle ? Comment allez-vous procéder ?

- ... J'en ai assez que vous me demandiez COMMENT !

- Voilà, on y est, vous commencez à comprendre.

Bonnes questions à poser aux intéressés.

... Ils n'auront pas la réponse. On le saurait depuis longtemps. Cela leur passe complètement par-dessus la tête. Mais complètement !

Le blabla politique c'est toujours d'augmenter les budgets de recherche, de nouvelles aides, etc. Mais ce n'est pas pour ça qu'on acquiert une "expertise industrielle" et un "haut niveau de qualité".

La renaissance industrielle française sera culturelle. Cette nouvelle culture qui reste à apprendre pour la majorité des politiques, chefs d'entreprises, étudiants, lycéens et écoliers, intègrera le facteur humain car c'est lui qui fait la différence.

"Ils n'auront pas la réponse. On le saurait depuis longtemps. Cela leur passe complètement par-dessus la tête. Mais complètement !"

"Ils" attendent peut-être de bénéficier de votre incommensurable compétence...

 

Ne croyez pas que je vous prenne de haut... mais je vois que cela vous passe au-dessus de la tête aussi... Ce n'est pas agréable, j'en conviens.

Les faits sont là. Nous ne vendons plus et nous perdons des emplois. Il y a bien quelque chose qui cloche, non ? Alors soit on se vexe, soit on se bouge les fesses.

Que nos "experts" prennent leur canne et leur chapeau pour apprendre COMMENT les Allemands mais aussi les Néerlandais et les Suisses transforment matériellement leurs idées et intentions en produits qui se vendent.

Et cela n'a rien à voir avec le dieu marketing mais avec une culture industrielle, devenue une tradition, née avec le Deutscher Werkbund en 1907. Son fondateur était Hermann von Muthesius, qui fut lui-même inspiré par le mouvement anglais Arts and Crafts (dont les leaders Ruskin et Morris étaient traités de socialistes utopiques).

 

Ce qui me passe au dessus de la tête, Ujumaa, c'est votre condescendance et vos certitudes.

Quiconque ne partage pas vos brillantes analyses n'est pas forcément un demeuré.

Vous me faites penser à ces sélectionneurs en charentaises de l'équipe de foot nationale qui connaissent les noms de tous les footballeurs, Herman von Machin etc.

Faukonyaka.

Un peu de modestie ne vous ferait pas de mal.

 

Ne vous sentez pas visé par le sujet.

 

 

Je vous conseille le dernier billet que je m'apprête à poster dans 5 minutes !

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