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May

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Bilan financier mondial et leçons de la crise

L’analyse des causes de la grave crise financière déclenchée en 2008 révèle que c’est le fonctionnement même du système capitaliste néolibéral qui porte en lui génétiquement le cancer qui a répandu ses métastases dans tout le corps de l’économie, du fait de la financiarisation de l’économie, la recherche du profit à court terme entretenue par la spéculation et de plus en plus déconnectée des objectifs de développement de l’économie réelle. Cette « financiarisation » s’est traduite par une dérive de l’économie financière dite aussi « virtuelle » comparée à l économie « réelle » qu’elle est sensée à la fois financer et représenter en termes de valeur. La bulle des produits toxiques dits « subprime » ne fut en fait qu’un catalyseur, un déclencheur de la maladie dont le système est intrinsèquement porteur.

Dérive de l’économie financière virtuelle comparée à l’économie réelle Résumé de la réaction « nucléaire » en chaîne de la crise financière :La crise a commencé par une crise financière générée par une bulle immobilière aux Etats-Unis, causée par le crédit immobilier facile auprès de populations fragiles à faible capacité de remboursement, gagé sur le patrimoine emprunté dont le prix ne cessait d’augmenter notamment par l’effet de demande sur l’immobilier que cette politique favorisait. Ces créances dites subprime se sont avérées pourries, surtout à l’amorce de la baisse de l’immobilier quand les défaillances de remboursement augmentèrent. Revendues dans des fonds et à des banques grâce à la technique de titrisation, doublée d’une autre technique d’instrument dit « dérivé » d’assurance de risque de crédit appelée CDS (Crédit Default Swap) négocié de gré à gré entre acteurs financiers sans centralisation des positions nettes (contrairement aux produits dérivés de futures négociés et compensés sur les marchés organisés). Les banques et les fonds croyaient avoir assuré leurs risques alors qu’ils ne l’étaient point (les agences de notation ayant été négligentes et complaisantes à l’égard des titres gagés sur les subprime), ils durent convenir de pertes non seulement directes sur les actifs pourris détenus, mais aussi sur leurs engagements (titres, prêts et engagements hors bilan) à l’égard d’acteurs soupçonnés eux-mêmes de détenir des actifs pourris et des engagements sur des acteurs détenant des actifs pourris … Réaction en chaîne dont les pertes sont largement démultipliées comparée à la perte de valeur initiale des subprime. La valeur de marché des titres bancaires étant largement plus dépréciée par l’anticipation pessimiste des investisseurs, la défiance, que ce qu’elle aurait dû être en réalité.

Avec deux conséquences :

- Cette perte de confiance entre banques a bloqué le marché interbancaire, nécessaire à l’ajustement des liquidités pour répondre au financement de l’économie,

- Les pertes enregistrées par les banques, dues à la dépréciation de leurs engagements en portefeuille (évalués selon la récente norme comptable IFRS au prix du marché) ont ponctionné leur fonds propres. En même temps, les risques accrus sur leurs engagements en cours ont augmenté leur exigence en fonds propre pour faire face à ces risques (évalués selon la récente norme Bâle 2, qui a remplacé le ratio Cooke qui faisait une simple pondération en fonction des types d’engagement). Justifiant ainsi l’aide des Etats venant au secours des banques par apport direct de capitaux propres.

Bilan financier :La valeur totale des actifs dits toxiques (subprime) est estimée à environ 800 milliards de dollars et les pertes induites des banques entre 2200 et 3600 milliards de dollars dans le monde (comme le décrit un article récent du Figaro). Alors que la capitalisation boursière mondiale a chuté de presque 50% en 2008, passant de 62 747 Mds de $ fin 2007 à 32 575 Mds de $ à fin 2008 (voir chiffres de la FIBV), soit une perte de 30 000 milliards de $, plus de 30 fois plus que la perte d’origine qui a causé la réaction en chaîne. C’est dire le prix de la confiance, ou plutôt le coût de la défiance, dû aux anticipations du marché, comparé à la valeur réelle des choses. D’autant plus que du côté de l’économie réelle, il n’y a pas eu de destruction de valeur de l’appareil de production ni des clients potentiels des entreprises (citons l’exemple des compagnies aériennes dont la valeur boursière est tombée en dessous de la valeur des actifs correspondant aux avions en leur possession). Simplement le marché anticipe par méfiance et pessimisme des pertes futures qu’il chiffre au présent, en valeur actuelle nette, via le cours de bourse.

Pour illustration voici l’évolution des indices boursiers, retombant au niveau de 1997, 11 ans avant :

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Regardons maintenant l’évolution de la capitalisation boursière mondiale depuis 17 ans et comparons la à l’évolution du PIB mondiale (en $ courants) :

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Et en taux de croissance annuel :2089310606.JPGSur l’ensemble de la période, la capitalisation boursière mondiale s’est accrue de 147% sur les 10 dernières années tandis que le PIB mondial lui augmentait de 81%, soit un rapport de presque 2, la capitalisation boursière reflétant une croissance double de celle du PIB. En moyenne annuelle, le rapport est de 2,1 (2,4 sur 17 ans) et même de 3,1 (3,6 sur 17 ans) si on raisonne en croissance réelle, hors inflation.Or, l’accroissement de la valeur boursière d’une société devrait refléter l’anticipation de l’accroissement futur de valeur engendrée, traduite par l’anticipation des dividendes versés ou de la valeur de l’entreprise accrue par ses bénéfices mis en réserve et utilisés pour investir et développer son activité. Globalement dans le monde et sur le long terme, il devrait y avoir une équivalence entre l’évolution de la valeur des bourses (appelée capitalisation boursière) et l’évolution de la production globale, c'est-à-dire du PIB. Certes il serait plus exact de faire cette comparaison a posteriori avec un décalage dans le temps (croissance année n de la capitalisation boursière comparée à croissance exprimée en valeur actuelle des 10 années futures du PIB), et aussi pour être exact prendre en compte une croissance de capitalisation boursière hors nouvelles introductions en bourse dans l’année, qui ont un impact inflationniste sur le taux de croissance de la valeur boursière des entreprises. Il serait également plus juste de raisonner sur une valeur d’ensemble des entreprises, y compris celles qui ne sont pas cotées en bourse. Cependant, en comparant les taux d’évolution entre la valeur des entreprises cotées et celle de l’économie, de l’accroissement des richesses globales, il et logique de s’attendre à une convergence. Je laisse aux économistes puristes le soin de préciser le calcul. Mais la tendance est claire : vu rétrospectivement, nous étions dans une bulle générale. La crise des subprime ne fut qu’une bulle de l’immense marmite bouillonnante entretenue par la chaudière des marchés financiers, dont l’éclatement a été un catalyseur de la réaction en chaîne de type thermonucléaire. Conséquences financières de la crise

· La perte boursière globale (30 000 Mds $ au niveau mondial) a touché directement d’une part les particuliers, riches propriétaires de grosses fortunes mais aussi de modestes épargnants, notamment les retraités (au travers des fonds de pensions et institutionnels), très fortement aux Etats-Unis qui fonctionnent avec le système de retraites par capitalisation (même si une partie est en obligations, environ 30% de perte en patrimoine et idem, voire 50% en revenus mensuels basés sur ce patrimoine). D’autre part elle a touché les banques, qui ont subi des pertes d’actifs sur les titres dans leur bilan.· Du fait des pertes qu’elles ont subi ainsi que des risques accrus sur les engagements en cours, les banques ont dû augmenter leurs fonds propres. En effet, les pertes sèches doivent être couvertes directement par les fonds propres apportés par les actionnaires, sinon par l’Etat en substitution d’actionnaires privés. Par ailleurs, les banques sont réglementairement obligées de respecter un ratio de solvabilité (fonds propres/crédits consentis) de l’ordre de 8 à 10%. La nouvelle norme en vigueur dite Bâle2 évalue ce dénominateur en fonction du risque client. Comme les risques de défaillance ont augmenté avec la crise, ce dénominateur a fortement crû, donc l’exigence en fonds propres aussi. · Les plans de relance décidés par les gouvernements ne peuvent être financés que par l’impôt ou par de la dette publique (qui se traduira en impôts futurs avec un décalage). Pour ne pas grever la consommation qui accélèrerait la récession, les Etats ont tous décidé d’émettre de la dette publique. En tout, ils ont déclarés (Le Monde du 20 février 2009) plus de 2800 milliards de dollars (2190 milliards d’euros) sur 2 ans dont :
Etats-Unis : 800 Mds $ (et en plus 700 Mds $ de soutien aux banques, initialement plan Paulson, augmenté récemment à 1000 Mds par le gouvernement Obama)
Europe : 200 Mds €= 260 Mds $ (et en plus 300 Mds € de soutien aux banques mais ne distinguant pas l’apport en capital des garanties sur financements)
Chine : 460 Mds €= 600 Mds $

· L’émission massive de dette publique va ponctionner des liquidités sur les marchés financiers. Les fonds souverains ne pourront pas l’absorber, ayant eux-mêmes subi des pertes. De plus la Chine, sur ses 2 000 milliards de dollars de réserves de devises, a elle-même annoncé un plan de 600 Mds de $, autant en moins à dépenser en épargne, en achat de bons du Trésor américains ou même européens ! Rappelons que la Chine est le premier créancier des Etats-Unis, avec 696,2 milliards de dollars (525 milliards d'euros) en bons du Trésor en décembre 2008 (Le Monde du 28 mars 2009).
Les bons du Trésor et obligations d’Etat vont donc être achetés par des acteurs investisseurs, particuliers et banques (en partie via des fonds) à la recherche d’investissements sûrs, en remplacements d’actifs moins sûrs, d’actions et d’obligations privées. Cette vente d’actifs privés sur les marchés boursiers peut provoquer une chute des cours et rendre impossible ou à coût prohibitif les nouvelles émissions de capital ou d’obligations des entreprises sur les marchés financiers, ainsi que tendre les taux obligataires. Les entreprises vont donc être obligées de revenir auprès des banques pour trouver des sources de financement. Mais comme les banques sont tenues par leur ratio de solvabilité, il leur faudra à nouveau de l’apport complémentaire en fonds propres pour pouvoir faire de nouveaux crédits. Les Etats vont y contribuer en fournissant cet apport en capital, financé par la dette publique. Ces nouveaux crédits vont se traduire en création monétaire. Rappelons en effet que l’émission de nouveaux crédits bancaires diminuée des remboursements de crédits correspond à une création monétaire nette ; si cette dernière est accompagnée d’une hausse équivalente de la production de richesse, la valeur de la monnaie et le niveau des prix reste à l’équilibre, sinon si elle la dépasse, cela crée de l’inflation. En gros, par l’effet de substitution, le montant global de l’augmentation nette de crédits bancaires devrait être peu ou prou équivalent à l’émission des dettes publiques des plans de relance.

· Les dépenses des Etats en plan de relance représentent selon les Etats 1,5% à 3% de leur PIB annuel, 2% pour l’Europe, beaucoup plus pour les Etats-Unis (5,5%). Les 26 milliards d’euro annoncés par le gouvernement français (1,4% du PIB) font piètre figure comparé à ces chiffres, d’autant que seulement 5 milliards (0,3% du PIB) correspondent à des investissements supplémentaires, le reste correspondant uniquement à des avances de trésorerie de l’Etat aux entreprises ou à des projets déjà engagés. En simplifiant, pour rentabiliser les plans de relance, ces dépenses d’investissement devraient être compensées dans les années suivantes par des revenus fiscaux générés par la croissance que ces investissements sont supposés engendrer. Si seulement ces dépenses d’investissement apportaient au moins l’équivalent en point de croissance ! Mais ce sera loin d’être le cas. Elles vont au mieux freiner la baisse du PIB et contenir une hausse insupportable du chômage. A titre d’illustration, lorsque fin octobre 2008 le taux de croissance prévu en 2009 était revu à la baisse (0,2% au lieu de 1% prévu au PLF 2009), le président PS de la commission des Finances Didier Migaud a estimé que les pertes de recettes "pourraient représenter jusqu'à 8,5 milliards d'euros" par rapport à l'estimation du budget 2009. Ce qui donne un rapport de 10,6 milliards pour 1% de croissance, soit 0,5% du PIB de la France (qui s’élève à 1900 milliards d’euros). En gros il faut pour générer la recette fiscale supplémentaire de x% (pour rembourser la dépense publique) générer une croissance du PIB double.

· Nous assistons dans un premier temps de la crise à une baisse des taux, favorisée par les banques centrales, au risque de provoquer comme l’a connu le Japon dans la décennie 1990 une « trappe à liquidité » (la notion de trappe à liquidité apparaît avec Keynes et désigne une situation où la politique monétaire n’est d’aucun recours pour stimuler l’économie). Puis au fur et à mesure des émissions massives d’emprunts d’Etat (bons du Trésor et obligations d’Etat) et du phénomène de tension sur les taux bancaires et obligataires du fait de la demande des entreprises en financement, ainsi que de la concurrence entre les différents emprunts publics, les Etats vont devoir émettre de nouveaux emprunts à des taux plus élevés, ce qui risque de dégrader sur le marché secondaire la valeur boursière de la dette publique déjà émise à des taux plus faibles, obligeant les banques centrales à soutenir ces dernières en achetant des bons du Trésor et obligations d’Etat (c’est d’ailleurs ce que vient d’annoncer la Fed). Ce qui revient à de la pure création monétaire, s’ajoutant à celle induite par la hausse des encours de crédits bancaires. On risque alors, après une première période de déflation, d’entrer dans une période d’inflation et même d’hyper-inflation, qui du reste serait une manière de déprécier la dette des Etats, leur permettant de la rembourser plus facilement plutôt qu’en augmentant les impôts. Une idée …Une intransigeance à l’égard des paradis fiscaux, menée de concert au niveau international, à commencer par les Etats-Unis et l’Europe, pourrait permettre de récupérer des impôts qui échappent aujourd’hui aux rentrées fiscales. Comme le résume Le Point : La fraude fiscale au niveau mondial du fait de l'existence des paradis fiscaux est évaluée entre 350 et 500 milliards, selon une étude Banque mondiale/Cnuced, dont 100 milliards de perte de recettes fiscales pour le Trésor américain, entre 20 et 25 milliards d'euros de perte de recettes fiscales pour l'Allemagne et entre 15 et 20 milliards de perte de recettes fiscales pour la France (soit le déficit budgétaire de la Sécurité sociale en 2009).
La récupération de ces impôts permettrait de financer une partie des plans de relance. Si de surcroît on applique une rétroactivité (redressement fiscal sur les dernières années), on arrivera à récupérer plus. Les Etats-Unis l’ont chiffré l’espérance de gain obtenu grâce à la chasse à l’évasion fiscale à 210 milliards d’Euros (plus de deux fois l’évaluation annuelle). Si le monde entier fait de même, il peut donc espérer entre 750 et 1000 milliards de dollars, soit environ un tiers des plans de relance ! Ce qui diminuerait la création monétaire et l’inflation engendrée dans les conditions décrites ci-dessus, tout en moralisant le contexte économique, faisant (en partie) payer aux riches malhonnêtes le coût de la crise, alors qu’ils ont engrangé pendant des années des bénéfices sur ce système.


 

 

Un espoir …Un retour de confiance des acteurs économiques permettrait de revenir à des valeurs boursières plus proche de l’économie réelle. Comme nous l’avons vu, la valeur des bourses, des marchés, est plus une valeur de confiance, de bénéfice espéré dans le futur, de rêve, qu’une valeur intrinsèque réelle. Les prix sont tombés très bas, parfois en dessous de la valeur des actifs des entreprises. La baisse brutale en 2008 de 50% de la capitalisation boursière mondiale nous ramène à la valeur boursière d’il y a 10 ans en 1999, année justement où la valeur de la capitalisation boursière a atteint celle du PIB mondialement. Pendant ces 10 années, l’économie réelle augmentait en valeur courante de 75%. On peut donc espérer que la capitalisation boursière reprenne l’équivalent de cette valeur, se situant alors à un niveau équivalent au PIB mondial (54000 Mds $). Potentiellement, elle pourrait reprendre 66% de valeur à partir de son niveau actuel si on considérait une croissance en ligne avec l’économie réelle depuis 10 ans ! A partir du moment où les Etats prennent de fermes décisions à la fois pour faire repartir l’économie, tout en protégeant les faibles et en assurant la solidarité, en prenant aussi de fermes décisions pour que les dérives ne se reproduisent plus, et que des signes de reprise se manifestent, la confiance peut revenir. A ces conditions seulement.

Mais il faut aller plus loin …Mais cette confiance reviendra dans un autre modèle de société. Il aura été prouvé que le système néolibéral de capitalisme financier porte des germes de faillite, d’autodestruction, que la retraite par capitalisation est beaucoup trop dangereuse et volatile pour les retraités, que les sociétés qui bénéficient d’une protection sociale et d’une régulation financière forte, comme la France et l’Europe plus généralement, résistent mieux à une crise et génèrent plus de confiance, que la loi du plus fort et la recherche avant tout du profit individuel mènent à l’échec et sont vides de sens social, de projet humain. Il faut évoluer vers d’autres modes de gouvernance de la société et des entreprises, pour respecter des objectifs de développement en priorité sur la recherche du profit à court terme. Enfin, qu’il ne faut pas oublier les crises climatique, énergétique, démographique et alimentaire, qui nous menacent et que cette crise financière a momentanément occultées.

Cette crise est en quelque sorte salutaire car agit comme un électrochoc pour une prise de conscience, une réinitialisation de nos sociétés, et de surcroît obligeant à la cohésion et l’unité des nations pour établir un nouvel ordre mondial, une nouvelle gouvernance, un nouveau projet de civilisation. L’Europe doit en être le fer de lance et porter un nouveau projet de société juste, humaniste, social, durable, créatif, pas seulement économique. C’est pourquoi ces prochaines élections européennes sont capitales ! Références chiffrées sur les plans de relance et la croissance :Chiffres globaux des plans de relance dans le monde :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2009/02/09/comment-faire-redemarrer-l-economie-des-efforts-heteroclites-pour-des-effets-incertains_1152619_3234.html Plan de relance chinois : http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/03/06/pas-de-rallonge-pour-le-plan-de-relance-chinois_1164487_1101386.html

 

Plans de soutien aux banques (recapitalisation par les Etats) :http://www.easybourse.com/bourse-information/actualite/10200-etats-unis-plan-d-aide-pour-les-banques-devoile

Etats-Unis (250 Mds $) : http://www.agefi.fr/articles/Une-nouvelle-aide-pour-les-banques-americaines-1062192.html

Europe de l’Est (besoin de 150 Mds € en capital et 200 Mds € en refinancement) http://www.francesoir.fr/economie/2009/02/28/europe-25-milliards-d-euros-pour-les-banques.html

Russie (20,4 Mds €) : http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/economie/200906/russie-nouvelle-aide-pour-les-banques_184876.htmlNorvège (11,4 Mds €) : http://www.lesechos.fr/info/inter/300328078.htm?xtor=RSS-2053

Grande Bretagne (37 Mds £, soit 41 Mds €, en recapitalisation puis 50 Mds £, soit 56 Mds €, en rachat d’actifs toxiques) : http://www.lesechos.fr/info/finance/300323566.htm

 

Une excellente étude (27p.) de JF Jamet et F.Lirzin sur les plans de relance en Europe face à la récession, l'endettement des Etats membres public et aussi privé, la nécessité de faire preuve de solidarité en coupant court à la tentation de repli sur soi :

http://www.robert-schuman.eu/doc/questions_europe/qe-130-fr.pdf

 

 

Article de l'Agefi sur l'émission de dette publique française (et indication d'un chiffre global au niveau européen) :

http://www.agefi.fr/articles/imprimer.aspx?id=1062551&fil_info=0

Mesures des banques centrales/avis de Christine Lagarde :

http://www.lesechos.fr/info/france/300334948.htm

Evaluation des pertes des banques et chute des indices boursiers :

http://www.lefigaro.fr/marches/2009/03/03/04003-20090303ARTFIG00252-les-banques-font-plonger-les-bourses-.php

Evolution de la capitalisation boursière mondiale :

Statistiques sur le site de la Fédération Internationale des Bourses de Valeurs : http://www.world-exchanges.org/statistics/time-series/market-capitalization

Evolution du PIB mondial :

Base statistique de la Banque Mondiale :

http://ddp-ext.worldbank.org/ext/DDPQQ/member.do?method=getMembers&userid=1&queryId=135 Critique de la politique économique de la France :Débat entre Jacques Mistral (IFRI) et Xavier Timbeau (OFCE) :

http://www.slate.fr/story/debat-economique

Paradis fiscaux :

article du Point:

http://www.lepoint.fr/actualites-economie/l-argent-cache-des-paradis-fiscaux/916/0/320907

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Une foule d'infos à fouiller quand j'aurai un peu plus de temps. . En ce qui concerne la Chine, j'ai lu avant-hier dans un journal allemand qu'elle souhaitait remettre en cause le dollar comme monnaie d'échange internationale. Elle va en parler au G20. . http://www.saarbruecker-zeitung.de/sz-berichte/standpunkt/;art10796,2844815,0 . Le ministre américain des finances Timothy Geithner n'a pas rejeté cette idée, ce qui a jeté un certain trouble sur les marchés des devises: http://www.sol.de/news/welt/wirtschaft/Waehrung-China-USA;art7335,2921285,0 . A suivre, car c'est très important selon moi, ce qui se passe à ce niveau.

Très important, en effet. Moi-même, j'ai lu cette info sur Mediapart.

Moi aussi j'avais lu cette information très importante, pour ce qu'elle signifie aussi pour le futur, (Ne jamais prendre les Chinois pour des billes, et se souvenir que le pays est toujours gouverné par un parti communiste... et "les Américains sont des tigres de PAPIER".)

Oui, et ça fait des décennies que cette affaire est engagée. Quelques uns le disaient déjà en 68, on les a traité de fous. C'est vrai qu'il y avait pas mal de bruit autour. En 67 même, relisez Debord. C'est vraiment pas un problème de subprimes et de crise financière. Ce ne sont que des symptômes, c'est beaucoup plus profond. Et vous voulez faire revenir la confiance ? avec ces plans de relances dérisoires ? Mais il n'y a rien à relancer, c'est un monde de truands, de gougniafiers et votre Bayrou, il y a trempé, comme les autres. Leur bilan c'est du tout vu. Maintenant, ce qui arrive, par leur faute, c'est la misère pour une bonne partie d'entre nous, et plus vite qu'on ne croit, et puis se seront les affrontements, la répression, la désignation de boucs émissaires et en avant, pour faire s'entretuer les pauvres. Hardi petit! Cest quoi encore vos stratégies électoraliste à 2 balles ? le nez dans le guidon. On va aller où avec ça ? Un projet social, humaniste, durable et créatif, mais encore ? c'est quoi ce truc ? un lapin qui sort du chapeau tout d'un coup ? juste là pil poil quand y en a besoin ? qu'on le gardait en réserve au cas ou ? Non mais, Marie-Anne, faudrait atterrir, le bilan, il va être dur, très dur. Ce ne seront pas des jolies images avec des courbes et des graphiques, et des belles phrases pleines d'explications. Ce seront des exclusions, des drames personnels, des drames familiaux, des désepoirs et des violences, comme en subissent déjà et depuis bien trop longtemps beaucoup trop de gens dans ce système qui n'a pas changé. Il s'est juste un peu emballé. Toujours par la faute des mêmes, de leur cynisme et de leur cupidité et ils se débrouillerons encore une fois pour ne pas payer la note. Bonne nuit quand même. Mais ne rêvez pas trop.

En fait, vous faites une erreur d'analyse fondamentale. Ce n'est pas la financiarisation de l'économie qui est la cause de la crise. Ce sont les dérives de l'économie réelle qui ont entrainées les dérives de l'économie financière. Vous ne poussez pas assez loin l'analyse des subprimes. Ces subprimes ne sont pas nées de rien. Pourquoi les a-t-on créé? En répondant à ses questions, vous commencerez à toucher les raisons de la crise.

Yesss !

Profondeur ! Quel gros mot Alain et Jean-Claude, voyons !
On aura comprit depuis longtemps l'étranglement des métadiscours communicants qui se nourrissent de leur propres aveux toxiques, de l'ivresse de la surface.
Yes !

(Edité le lendemain pour correction typo) Je ne comprends décidément pas l'hostilité systématique que les propos de Marie-Anne Kraft déclenchent chez certains de mes commentateurs préférés. Son analyse ci-dessus me paraît limpide et juste (à ceci près que je l'engage à renoncer à cette appellation vicieuse déficit de la Sécurité sociale, entretenant ainsi un mythe particulièrement pervers). Alain Godefroy lui reproche à juste titre de s'arrêter en route. Mais plutôt que de l'engueuler, si on essayait d'en parler tranquillement ? D'expliquer, par exemple, que si les subprimes sont en effet la cause déclenchante de cette crise-ci, elles ne sont pas tombée du ciel. Il ne s'agit pas d'une simple voyouterie de banquiers, mais du résultat d'une politique (conforme à la vulgate "néo-libérale") de bas salaires qui propose aux faibles revenus de s'endetter, en guise de compensation, pour arriver quand même à assurer leurs dépenses de vie (pour combien de temps !). Et avec les crédits extrêmement douteux engendrés par cette arnaque (subprimes immobilières, crédit auto, crédits étudiants, cartes de crédit !) on a fabriqué des produit dérivés si compliqués que rapidement leurs créateurs eux-mêmes n'y ont plus compris grand chose alors qu'ils les présentaient comme l'introuvable martingale : risque quasi nul et rentabilité extravagante. C'est donc bien la financiarisation débridée qui a entraîné la catastrophe, même si en amont il y a cette politique tout à fait délibérée et criminogène de bas salaires pour le plus grand profit des actionnaires. Si je trouvais dans les documents officiels du PS une analyse aussi claire et aussi juste que celle de Marie-Anne, je pourrais recommencer à espérer en ce parti, ce qui me rajeunirait beaucoup ! Je trouve donc que lui tomber dessus à bras raccourcis est à la fois injuste, inélégant et nuisible au débat dont nous avons tous besoin (sauf bien sûr ceux qui savent tout et que je prie de trouver ici l' admirative expression de mon humble respect. Ouaf).

Cher Virgil, Je ne vois pas en quoi j'engueule MAK. Je pense qu'elle s'arrête en route dans son analyse, et donc n'identifie pas la cause de la crise. Je le lui dis. Point. Il me semble que cela fait partie d'un débat argumenté et serein. Je ne l'ai pas taxée d'incompétence, ni sommé de se taire...Que cela tombe dans un contexte où elle a été attaqué sur d'autres points, je n'y puis rien, quoi que j'en pense par ailleurs. Je commente ce billet au moment où je l'ai lu. Point. Comme je le répète souvent ces derniers temps, il me semble que l'on confond souvent ici critique et dénigrement. Vous poursuivez d'ailleurs vous même l'analyse dans le bon sens: bas salaires. J'ajouterai bien sur délocalisations, démolition des systèmes sociaux, notamment de retraites.

Alain Godefroy Vous n'avez pas tort, il y a parfois un effet de contamination par accumulation et on finit par arriver à une certaine confusion, c'est ce qui m'est arrivé en l'occurrence. Vos commentaires sont parfois abrupts mais retiennent mon attention. Je vous reproche un peu de souvent critiquer avec justesse telle ou telle affirmation mais de ne pas assez développer. Comme ci-dessus justement. Je ne pense pas que la casse sociale soit à l'origine de la crise mais elle procède de la même idéologie déshumanisante et désocialisantede la marchandisation générale et de la concurrence débridée, que je propose d'appeler concurrence sans conscience, en jouant sur le double sens du mot conscience. .

Cher Virgil, J'entends, j'entends très bien. Mais bon, la superficialité des analyses et l'ignorance volontaire des réalités d'ores et déjà dramatiques (et depuis longtemps) de l'ineptie du système qui nous est implicitement présenté comme indépassble, ne sont plus supportables et le sont d'autant moins quand elles servent une stratégie ridicule ici même, de propagande partisane. Un minimum de respect s'impose, au moins pour l'ambition posée par les initiateurs du lieu, et à plus forte raison de la part de ceux qui affichent en étendard leurs appartenances aux officines qui ne sauraient s'exonérer de quelques complicités, c'est le moins en l'occurrence que l'on puisse dire. Et si j'ai bien compris, nous sommes un certains nombre à être dans ce cas, où un minimum d'humilité partisane s'impose, mais qui n'exclu pas l'expression la plus libre, à titre personnel. Cordialement.

Virgil, Je ne développe pas toujours en effet pour 2 raisons: 1) J'aime essayer d'amener mes interlocuteurs par eux-mêmes vers mes propres opinions, provoquer un peu de réflexion plutot que d'assener un avis même argumenté. Cela a parfois le désavantage d'apparaitre comme un peu professoral. 2) Je suis parfois un peu feignant ou je n'ai pas toujours le temps. Entre activités professionnelles, militantes, la famille, les loisirs, il faut faire des arbitrages. Sur la casse sociale, je pense qu'elle participe quand même à la baisse des revenus, pas forcément beaucoup encore en France, car nous défendons nos protections sociales becs et ongles, mais dans certains pays comme la Grande-Bretage. Il y a 3 ans, je travaillais quelques mois en Angleterre, et il y avait eu à plusieurs reprises à Londres des manifestations de retraités nus. Nus pour symboliser le fait qu'ils avaient perdu complètement leur retraite: les bienfaits de la capitalisation!

Cher Alain Godefroy Votre 1) je m'en doutais, maintenant j'en suis sûr. Votre 2) me raconte ma propre vie. Pour le reste on est d'accord, je parlais seulement de la grosse crise dernière en date qui a failli tout emporter, les maîtres, les apprentis sorciers, magnifique ! et…nous avec. Il y a des généalogies avec toutes sortes d'arborescences et de boucles mortifères, avec aussi de nombreuses gradations et quelques contradictions, ce qui rend les analyses pas forcément évidentes et qui facilite les opérations de diversion. Je ne suis pas certain que le Modem et ses militants fervents du type MAK sont des chevaux de Troie et participent de la diversion en question. Comme je l'ai dit ailleurs (j'ai oublié où) cette droite là me convient tout à fait comme partenaire contradictoire dans un cadre démocratique et comme allié contractuel dans la période présente contre les forces mortifères et antidémocratiques qui sont à l'œuvre. Je m'afflige de voir qu'on se trompe d'adversaire. Comme je l'avais dit à Arquius et Velveth, qui n'ont pas bien compris, je suis un réformiste radical. Rien à voir avec l'eau tiède arnaco-mitterrando-jospino-aubryste…

je suis un réformiste radical. Tiens, il se trouve que moi aussi :-)

Oh je suis prêt à débattre avec beaucoup de monde et je pense que les militants du Modem (et même son leader) sont sincères. Cela dit, ils ne remettent pas en cause les racines du système.

Non seulement Bayrou ne remet pas en cause le système mais il le cautionne. Ainsi, en approuvant le traité sarkozien de Lisbonne, il se plie aux désideratas des marchés financiers: dérégulations, dérèglementations, ruines des services publics, privatisations en cascade. Certes, la crise mondiale de "leur système" (le capitalisme) les entraîne, ceux de droite et du centre -droit (MODEM) à édulcorer leurs discours et leurs pratiques à court terme. Ainsi, dimanche dernier, Bayrou s'est même inspiré de formules répétées par Besancenot depuis des années... Ils sont prêts à tout quitte à faire l'inverse le lendemain. A tout, sauf à augmenter les bas salaires... Il faut bien sauver le CAC 40 !

@Virgil "C'est donc bien la financiarisation débridée qui a entraîné la catastrophe, même si en amont il y a cette politique tout à fait délibérée et criminogène de bas salaires pour le plus grand profit des actionnaires." Virgil, il me semble que dans cette phrase vous exprimez le contraire de ce que vous prétendez. À mon sens, nous n'avons pas besoin de "leçons" et si nous devons entamer une généalogie nous devons chercher dans les profondeurs philosophiques et politiques de notre société et non dans l'opérationnel qui n'est que l'option éventuelle, l'acte symptomatique des profondeurs. Le symptôme signale, mais nous ne pouvons en rester au signe, on aura beau s'en glorifier dans des discours qui ne font que reproduire l'efficience manifeste de sa brillance, nous n'avancerons pas pour autant, on ne fera que polir la surface.
À propos de la logique des bas salaires, un billet très éclairant de Farid : http://www.mediapart.fr/club/blog/farid/280309/je-de-pense-donc-je-fuis
Cordialement.

@Stéphane Léger Là où vous voyez une contradiction il y a en fait une tentative de clarification. Si vous croyez que je donne une leçon, interrogez vos propres profondeurs. Sans l'affaire des subprimes la financiarisation débridée alliée à sa grande copine la concurrence dérégulée aurait abouti quand même, à la première occasion, à ce genre de crise. Sans la financiarisation etc. la politique des bas salaires éhontément exploiteurs aurait débouché sur je ne sais quoi (peut-être sur rien, hélas, en tout cas pas si vite) mais pas sur ce type de crise au fond assez rigolote si seuls les artificiers avaient les moustaches cramées. Ne me faites pas dire que la finance est une cause profonde. Pour moi la cause profonde réside dans l'impasse quasi anthropologique où nous nous trouvons…

Virgil, ma remarque sur la "leçon" ne vous était pas adressée, elle faisait référence au titre du billet. Désolé que vous l'ayez prise pour vous. Je ne vous attaque pas.
Mes profondeurs vont très mal mais j'en prends soin.
Pour le reste, je vous rejoins sauf sur les bas salaire. Les bas salaires sont une des clefs du système. Il faut que les gens aient besoin de faire du crédit pour que le système fonctionne, associé au fait qu'on leur fait croire que la raison vitale est de consommer et pour cela on entreprend toute sorte de processus alimentant ces croyances et en créant la croyance des besoins au-delà du minimum vital. Voir jusqu'à utiliser la culpabilité, si l'économie va mal, c'est parce qu'on ne consomme pas assez. Le but ultime étant ici la nébuleuse "économie" ou le spectre "marché".
Va pour l'anthropologie, c'est même une bonne approche je trouve.
Pour l'option de dialogue avec le MoDem ou quiconque s'en référant, je n'ai rien contre a priori, je ne suis pour ma part inscrit à aucun parti, mais certaines formes de discours me semblent incompatibles au dialogue comme je l'ai déjà mentionné. Et dans ce cas, je m'autorise simplement le droit d'en démonter le processus.
Bonne journée.

Oups, je deviens parano, vite un tour en forêt ! Pardon. Ce qu'il y a, avec les profondeurs, c'est qu'elles sont…profondes et la lumière est indécise. Bas salaires/ crédit c'est un peu poule/œuf. J'ai quand même l'impression que ça va dans le sens bas salaires pour améliorer les dividendes >>> crédit pour que ça tienne le coup (?!) c'est à dire un "système" complètement branque. Quant aux formes de discours, oui, certes. Ayons cette même exigence avec tous. Comme ça on se retrouvera entre nous. Dans une cabine téléphonique. A moins qu'une fois de plus j'aie compris de travers ?

"c'est à dire un "système" complètement branque." C'est ça, complètement ça, et j'ajouterai un système complètement "Banque". Ce que vendent les banques aux particuliers et aux entreprises. Ce que l'on appelle "l'endettement". L'endettement est au cœur du fonctionnement à mon sens, c'est-à-dire la dépendance.
"A moins qu'une fois de plus j'aie compris de travers ?" Oui, mais on va y arriver. ;-) Il ne s'agit de parler de la même manière, ou de penser la même chose. Il s'agit de vraiment parler, penser et pas de reproduire en forme de "compile" (merci Serval !) un métalangage qui relève de processus de communication, corporate et marketing dont on ne peut discuter le contenu, mais simplement y adhérer ou ne pas y adhérer.
Bonne nuit Virgil.

Stéphane "Il s'agit de vraiment parler, penser et pas de reproduire en forme de "compile" (merci Serval !) un métalangage qui relève de processus de communication, corporate et marketing dont on ne peut discuter le contenu, mais simplement y adhérer ou ne pas y adhérer." OK Comme ça c'est clair. J'ai fini par comprendre. Tout arrive ! Sur le fond (de la forme) : ben oui. Comment j'irais penser le contraire ? Ce serait renoncer à penser. Tentation répandue…

Pour ma part, Virgil et Stéphane, puisque vous évoquez la dimension anthropologique, je trouve que nous n'avons pas quitté l'ère du néolithique. C'est à cette époque (il y a environ 12 mille-10 mille ans) que (presque tous) les hommes ont quitté leur vie de "chasseurs-cueilleurs" (pratiques respectueuses de l'environnement biologique) pour entrer dans l'économie de "production", "produire plus" que ce dont ils avaient besoin pour vivre ; à bien y regarder, les origines de la production des gaz à effets de serre par production de CO2 y plongent-elles leurs racines. Dans cette perspective, les limites supportables par la nature et les hommes de ce "train d'enfer" sont-elles atteintes ; on peut y déceler les indices de la fin de cette "civilisation"...

Chère Corinne, j'ai comme un doute.

Cher Virgil, un doute sur cette hypothèse ? sans doute y-a-t-il matière à la discuter, mais j'ai des arguments ! J'ai en tête de faire un billet suite à un dossier que j'ai lu sur les "Peuples Premiers", il en reste encore un petit nombre, et l'étude de leur vie quotidienne et sociale me paraît riche d'enseignements dont on pourrait tirer le plus grand profit... ou, tout au moins, en discuter davantage. (sourire)

D'accord la Corinne, c'est intéressant, on ira voir ton billet, ça me va…

c'est saisissant, cet exposé est le programme de Sarkozy, et puis celui de Minc, et d'Attali aussi, de Messier, de Marseille, ils disent tous la même chose. Supprimer les paradis fiscaux, rétablir la confiance. Cette crise est providentielle car elle permet un électrochoc ... l'Europe.... Et puis ? Il ne manquait plus que Bayrou ... Unus inter pares ... Voici des propositions novatrices : renverser ce régime, chasser les élites pourries, ineligibilité à vie de ceux qui ont déjà exercé un mandat, même chose pour les mandats de gestion des entreprises du CAC 40. Moratoire général sur toutes les dettes non hypothécaires des particuliers, abbrogation des lois scélérates, confiscation des biens des profiteurs et loi d'exception pour ramener le délai de prescription des délis pénaux des affaires et forfaitures de fonctionnaires à 15 ans avec effet rétroactif d'autant. Plafonnement des rémunérations, taxations maximale de certains profits, Relèvement de tous les salaires de 500 € mini par mois. Voilà des mesures pour rétablir la confiance ... Ca c'est tout de suite dans l'immédiat pour commencer.

"Relèvement de tous les salaires de 500 € mini par mois ! " Une question : votre genereuse proposition s'arrete au frontieres de l'hexagone ? Parce que juste pour info, le salaire ouvrier moyen est de 100 euros par mois au Tchad... 400 en Roumanie, 900 en Espagne...

CQFD

Une idée! Ramener le salaire ouvrier moyen à 50 euros par mois. Ce serait génial, hein, ACNM! Comme ça, les autres pays l'aurait dans l'baba! Y pensent donc à rien ces libéraux... Dites, au passage, le revenu moyen d'un gros actionnaire du CACa à rentes, c'est combien? Parce que juste pour info aux Etats -Unis c'est beaucoup plus!

Notre cher arquius, à force de faire dans la nuance il en deviendrait évanescent…

BRAVO Marie-Anne pour cette analyse! La Tribune de Genève le publie en direct dans un instant, Bye, Fred : "Bilan financier mondial et leçons de la crise" Voici le lien: http://fredob.blog.tdg.ch/archive/2009/03/29/en-direct-sur-mediapart.html

Quelle analyse ? C'est le catalogue des 3 suisses ce texte. C'est pour ca qu'l passe dans la tribune de Genève ?

"La Tribune de Genéve le publie en direct": merci Fred Oberson, vous avez tout résumé... Les financiers vont pouvoir nourrir une réflexion profonde... en attendant de relire Kierkegaard. Allez, hop! Un petit coup de Marx: les crises ne sont pas des accidents du capitalisme, elles en sont le substrat et la substance. Un système fondé sur la spéculation ne peut vivre que de crises, jusqu'à la dernière. (On peut quand même rappeler aussi qu'à chaque "crise" certains s'enrichissent considérablement tandis que d'autre s'appauvrissent définitivement. Cela est "humain, trop humain")

Pierre, connaissez-vous le travail d'analyse de Naomi Klein sur la "stratégie du choc" ? Au cas où non : http://www.mediapart.fr/journal/international/040508/naomi-klein-la-strategie-du-choc-extraits-et-debat http://www.mouvements.info/spip.php?article311 édité pour rajout d'un lien : http://www.france.attac.org/spip.php?article8964 : "Le temps est venu de résister à la Doctrine du Choc de Wall Street"

A noter que les termes des écarts restent eux presque absolument inchangés : et ils sont globalement toujours de 1 à 10 : En 1710 en France : 1,2 milliards de dettes et 90 à 110 millions de déficits courants annuels En 2009 en France : 1300 milliards de dettes et 104 (disons 115 en affinés final exercice 2009) milliards de déficits courants annuels. Donc, avec chambre de compensation "aurifère" ou non, le système fonctionne toujours en maintenant les mêmes écarts de contrainte. Seule paramètre qui change c'est la levée de contrainte de ladite chambre de compensation en 1971 par Nixon, qui permet la création d'un étage supplémentaire au capitalisme, étage qui étrangement lui aussi conserve le même terme dans ses écarts. Marché économie réelle monde : 60 000 milliards ; Marché économie virtuelle dérivé monde : 600 000 milliards. @ +NEO-

Et toujours ce même écart de 1 à 10 entre les Etats du monde : 200 Etats (environ) ; 20 Etats au G20 (décideurs économiques finaux). @ +NEO-

Il faut comprendre par Marché économie monde le PIB mondial qui est d'environ 54 à 60 000 milliards de USD. Désolé. @ +NEO-

Voilà une tentative de synthèse intéressante, mais peut parler de "bilan" pour le moment...? Quelques remarques: - "Un retour de confiance des acteurs économiques permettrait de revenir à des valeurs boursières plus proche de l’économie réelle." Certainement, mais intervient une autre crise environnementale qui devrait modifier les habitudes de production/consommation, proposer de nouvelles logiques industrielles, or la technologie n'est pas encore là (ou très chère), ni les systèmes industriels, ni les formations (insuffisantes en France). Là aussi, il y aurait de gros besoins de capitaux et de coordinations... ce qui crééé une hypothèque sur l'avenir dans un système très instable. - "Cette crise est en quelque sorte salutaire car agit comme un électrochoc pour une prise de conscience, une réinitialisation de nos sociétés, et de surcroît obligeant à la cohésion et l’unité des nations pour établir un nouvel ordre mondial"...Salutaire pour qui? Certainement pas pour les catégories les plus fragiles des pays du Sud voire du nord qui vont payer plein pot les pots cassés... çà fait beaucoup de crises à gérer simultanément, un peu trop...! "obligeant à la cohésion entre nations", c'est vite écrit... qu'est-ce que vous en savez? Après de la déflation, de l'inflation, de l'hyperinflation dans quel état seront les collectifs pour coopérer?... la rivalité mimétique, attaquer un bouc-émissaire çà marche très bien aussi, tout celà peut se jouer vraiment sur le fil du rasoir... Enfin, comme il a été mentionné dans les commentaires, une défiance, une contestation vis à vis du dollars semble s'installer, de la part de la Chine, Russie, Brésil, Inde...cette remise en cause ou pas du dollars comme monnaie mondiale semble une variable importante. Et puis, autre point l'affaire est-elle définitivement tranchée entre pouvoir politique et pouvoir financier? Le pouvoir politique a t-il le pouvoir de réguler un pouvoir financier forcément multinational qui peut faire basculer des centaines de millards d'un paradis fiscal à un autre d'un coup de clic... à moins d'envoyer des canonières et... de prendre le risque de manquer de financement pour les élections suivantes.... Bref, un système globalement hyperinstable et dont les "boucles" interagissent les unes avec les autres de manière négative... en l'absence de coordination mondiale et de priorités claires...

Tout à fait d'accord avec Frank. La complexité et les incidentes internationales sont, d'une manière générale, soit trop souvent ignorées, soit sous évaluées dans nos échanges. Et que dire de la crise environnementale qui interfère pourtant avec l'ensemble des termes.

Si je peux me permettre une petite critique; pour moi qui suis habituée à lire les blogs de philosophie financière de quelques personnages haut placés, je trouve ce texte difficilement lisible car trop long. S'il s'agit vraiment de la pierre de rosette de la finance mondiale, de l'explication parfaite, merci d'étayer davantage. Disons que moi, j'aurai apprécié une présentation plus claire, des sous-titres parlants, des références compréhensibles et solides. Se répandre en idées, c'est bien, mais penser à ses lecteurs aussi, c'est mieux à mon avis.

Allez y SVP et lancez-vous, vous m'intéressez grandement là. Enfin un courageux, allez au taf maintenant, car il n'est point que de le dire, le prétendre, le contraindre ou le défendre encore faut-il pouvoir l'écrire..... Merci d'avance à vous Cher Remarque. A vous lire bien vite. @ +NEO-

Que la Chine remette en cause le dollar comme monnaie d'échange internationale se serait un événement particulièrement important. Déja cela aurait pu arriver si dans le commerce du pétrole l'euro avait remplacé le dollar. Sadam Hussein avait commencé à le faire et cette décision n'était pas étrangère à la guerre menée contre lui, les USA étant menacé de faillite. En temps ordinaire le capitalisme crée la maladie pour vendre le remède, mais en ce jour, il y a panne de remède.

Ne pas perdre de vue tout de même le rapport "Créancier/Débiteur" qui exite entre USA et Chine. Le plus fort militairement est le débiteur ; le plus faible militairement est le créancier dans cette affaire. Si les Chinois veulent se faire payer à pic de valeur les obligations du Trésor US qu'ils détiennent en masse, ils ont plutôt intérêt à ce que le US$ remonte au plus tôt. Les USA n'ont jamais rien dû à Saddam, qui n'était qu'un pion strictement Français, dans la Géo-Stratégie du Golfe Persique, du moins au tout début. Les USA ne font jamais faillite, vu qu'ils impriment à discrétion des liquidités, sans que personne n'y trouve jamais rien à redire. @ +NEO-

Le préchi-précha sur la confiance n'attire de la défiance, alors assez de bla-bla-bla : il faut faire payer le prix des politiques de relance par l'argent planqué dans les paradis fiscaux. Cornegidouille ! quelle est bonne cette idée !

Exhaustif certes et truffé de lieux communs de l'introduction à la conclusion. Ca n'apporte rien que l'on ne saches déjà. Déçu. Chez les disquaires on appelle cela une compil Chez les libraires on appelle cela un résumé. . Vous travailler pour Universal ou pour le Reader's Digest ?

L'analyse des causes de la crise financière est une suite de considérations superficielles et inexactes. Le problème des subprimes n'est qu'un épiphénomène, une manifestation de la crise et non sa cause. Les crédits "subprimes" ne sont qu'un des types d'actifs qui ont été ensuite qualifiés de "toxiques" . Ils ne se sont pas avérés pourris, dès le départ ils étaient considérés comme pourris, mais prétendument les techniques de rehaussement de crédit les aseptisaient. Ces crédits n'étaient pas "revendus à des banques" , qui au contraire se défaisaient de ces actifs. Ils étaient conditionnés dans des portefeuilles d'actifs qui étaient transformés en produits financiers et placés sur le marché Il y a un salmigondis de jargon technique manifestement non maitrisé. Par exemple un CDS n'est pas une "assurance crédit" , ce n'est pas une assurance, c'est un instrument financier. Il ne s'agit pas d'une "centralisation des positions nettes" , mais de savoir si ces CDS devraient passer en chambre de compensation, "produits dérivés de futures" ne veut rien dire (les futures sont des produits dérivés). Le problème de liquidités entre banques est du au fait que les banques ont réalisé que les techniques de rehaussement de crédit (en particulier les "assurances monolignes" et de protection de crédit (en particulier les CDS) étaient illusoires en raison en particulier du risque de contrepartie [absence de solvabilité suffisante] ( et non que les risques n'étaient pas assurés). Les banques avaient par ailleurs prêté avec d'énormes effets de levier aux investisseurs achetant ces actifs "toxiques". La démultiplication provient de cet effet de levier. En ce qui concerne les titres bancaires il ne s'agit pas une "anticipation pessimiste" excessive par rapport à la réalité, mais au contraire de la réalisation que les valorisations boursières n'étaient pas justifiées et résultaient d'anticipations utopiques par rapport à la réalité et de profits correspondant à des activités qui devraient disparaitre car elles étaient des techniques financières abusives sinon frauduleuses. Les techniques de rehaussement de crédit et les produits dérivés avaient été utilisées pour contourner les règles prudentielles. Le rapport entre la baisse de la capitalisation boursière et la perte des banques n'est pas le prix de la confiance, c'est la traduction d'une part de l'effet de levier qui multiplie les pertes comme il le faisait pour les profits, c'est aussi le ratio de capitalisation des profits anticipés qui disparaissent. En ce qui concerne "l'économie réelle" il y a eu réalisation de l'excès de valorisation résultant du dopage de l'économie d'une part et d'autre part de "valeur actionnariale" qui était une saignée potentiellement mortelle (dans les LBO's en particulier) des entreprises. La disparition de la bulle devait tout naturellement dégonfler les valorisations, on n'est pas encore à des valeurs rationnelles, puisque l'on est à des PER de plus de 20, alors que les PER devraient être inférieurs à 10. Il ne s'agit pas d'une "perte boursière" mais de la disparition de "gains boursiers" qui étaient artificiels et fictifs. Il est économiquement absurde de penser que l'on pourra financer par l'impôt le rétablissement d'une "richesse privée" qui était artificielle, avec des particuliers et des entreprises dont les revenus et les profits sont en chute libre. La dette publique ne peut que créer une inflation qui en fait détruit l'épargne, il devrait donc être évident à tout esprit de bon sens qu'elle ne peut reconstituer une épargne qui était fictive. L'idée d'une "intransigeance à l'égard des paradis fiscaux" est une idée qui est agitée comme un leurre pour prétendre qu'il y a une source potentielle de financement partiel des plans de relance. Les mesures concernant les paradis fiscaux ne remettent en aucune manière les paradis fiscaux, il s'agit simplement de quelques mesures de transparence pour prétendre lutter contre la fraude fiscale. Ces mesures, qui n'affecteront efficacement que quelques centaines de personnes, se réduisent à la levée du secret bancaire concernant la fraude fiscale, elles n'affecteront en rien la fraude fiscale organisée, avec multiplications de sociétés écrans, qui reposent sur l'anonymat des actionnariats de sociétés et le secret professionnel des avocats. L'évasion fiscale organisée, qui résulte de toutes les mesures fiscales concernant en particulier les déductions d'intérêt au profit d'investisseurs dans des places off shore, n'est en rien menacée. L'expression d'un "espoir" par un retour de confiance démontre parfaitement que l'analyse se situe dans le cadre de la tromperie entretenue par les milieux financiers et politiques qui prétend que l"'économie réelle" s'est améliorée depuis trente ans. La valeur intrinsèque des entreprises occidentales n'a en aucune manière augmentée depuis trente ans. Elles ont perdu au contraire leur valeur car elles ont largement perdu leurs actifs réels , qu'il s'agisse de leurs outils industriels, qui sont maintenant largement délocalisés, ou même de leurs outils de recherche et d'innovation, qui sont de plus en plus eux aussi délocalisés. Le capitalisme occidental est devenu un capitalisme financier qui a perdu ses forces vives, le capitalisme industriel et même le capitalisme de services est maintenant dans les pays émergents. Le capitalisme financier est devenu un capitalisme d'extraction de la valeur de l'entreprise, qui est saigné comme les réserves de la planète en ressources, que ce soit les ressources fossiles ou les ressources naturelles (ressources de la mer par exemple). Le problème n'est pas celui du "profit individuel", car le profit des individus, salariés ou autres, est en fait sacrifié dans le seul intérêt des dirigeants . Les mécanismes de rémunération de ces dirigeants sont ajustés de façon à ce qu'ils gèrent dans l'intérêt de ceux qui se parent du statut d'actionnaires, alors qu'ils ne sont que des investisseurs temporaires se procurant les droits de vote . Ces dirigeants ont de plus l'impudence de se prétendre les défenseurs de principes de gouvernance qui ne sont qu'une couverture, souvent associée à leur origine technocratique présentée comme une formation à la défense de l'intérêt général, pour la rapacité et la cupidité d'une caste de dirigeants d'entreprises et de banquiers. Ce n'est pas une "nouvelle gouvernance" qui est nécessaire, c'est de se débarrasser de tous ceux qui parlent de principes de gouvernance pour les bafouer de façon éhontée. Ce qu'il faut c'est éliminer de la tête des entreprises tous ceux qui se disent "les meilleurs" et qui ont démontré qu'ils étaient uniquement des illusionnistes, brillants comme l'or des fous, arrogants et sans compétence, qui ont manipulé la valorisation des entreprises pour s'enrichir, saignant les entreprises, détruisant les outils industriels et la force de travail. Il faut constater que la prétendue amélioration de l'économie réelle est démentie par la prolétarisation des classes moyennes et la multiplication des SDF. La France est une économie en voie de sous développement . Elle ne sera pas redressée par ceux qui ont participé à cette évolution.

@ Georges :"La France est une économie en voie de sous développement . Elle ne sera pas redressée par ceux qui ont participé à cette évolution.", J'ai même la désagréable impression que "ceux" que vous évoquez continuent de plus belle à vider les "caisses"...

Cher Georges, merci de ce long commentaire argumenté qui déblaie pas mal de choses et remet quelques pendules à l'heure, notamment : - sur les dirigeants impudents qui se prétendent défenseurs de principes de gouvernance qui ne sont qu'une couverture, - sur la solution radicale: se débarrasser de tous ceux qui parlent de principes de gouvernance pour les bafouer de façon éhontée, ceux que vous appelez les illusionnistes, qui se sont enrichis en affaiblissant les entreprises et en détruisant les outils de la force de travail. La corruption financière a infiltré tous les secteurs sociaux et politiques. Il faut s'atteler à la dénoncer et à la combattre. Et non à l'aménager et à la camoufler en nous prenant tous pour des imbéciles.

Bravo Georges. Voila l'article qu'aurait pu écrire effectivement Marianne Kraft si comme elle le prétend elle travaille dans le milieu de la finance. Au lieu de ça elle nous a fait la compil de la presse et assaisonné le tout de ses solutions. . Je suis parfaitement d'accord avec toi sur : "La dette publique ne peut que créer une inflation qui en fait détruit l'épargne, il devrait donc être évident à tout esprit de bon sens qu'elle ne peut reconstituer une épargne qui était fictive". On jusqu'ici évité la déflation. Mais gare à la reprise (qui interviendra tôt ou tard). Elle risque fort de s'accompagner d'une inflation à 2 chiffres. Il faut savoir qu'au dela de la dette publique les grandes entreprises émettent des oblig corporate dont le taux se situe entre 2 et 4 points au dessus de celui des OAT et à horizon 2014 seulement. Ce n'est pas si loin... . Je suis un peu moins d'accord sur ceci : "La valeur intrinsèque des entreprises occidentales n'a en aucune manière augmentée depuis trente ans. Elles ont perdu au contraire leur valeur car elles ont largement perdu leurs actifs réels , qu'il s'agisse de leurs outils industriels, qui sont maintenant largement délocalisés, ou même de leurs outils de recherche et d'innovation, qui sont de plus en plus eux aussi délocalisés". A mon sens , (mais le débat est ouvert bien sur) l'important c'est l'actif, pas sa localisation. La valeur des entreprises à bien augmenté en 30 ans. MAIS la ou le bat blesse, c'est que le PNB généré s'est lui délocalisé ne nous laissant que des milliers de chômeurs sur le carreau et une précarité accentuée. . Question : Est que certains pays émergent à la surface de l'eau ou est ce que c'est nous qui nous en rapprochons dangereusement ?

@Serval Je suis d'accord que l'important c'est l'actif, quel que soit sa localisation, mais ceci n'est le cas que si l'actif est détenu par l'entreprise. Dans la délocalisation en Chine ou en Inde par exemple, les actifs industriels sont la propriété des capitalistes publics et/ou privés locaux. On constate que les entreprises chinoises, après avoir fabriqué pour les entreprises occidentales, viennent d'ailleurs directement vendre en Europe ou aux Etats Unis. Pour prendre l'exemple de l'informatique, Lenovo est maintenant un constructeur informatique à part entière, ce que n'est plus IBM dans le secteur des PC. Quant à la réponse à la question, pour moi c'est que certains pays émergent à la surface de l'eau, que nous étions sur une grande bouée gonflée d'air et que des trous ont été percés dans la bouée.

Ok je comprend mieux ton analyse. J'en étais effectivement resté a l'actif détenu par l'entreprise seulement.

@Georges de Furfande Le nez dans le guidon. Ceci est une critique "interne" qui ne remet nullement en cause l'ensemble du système et me semble participer à l'enfumage général. Elle a bon dos, la rapacité et la cupidité d'une caste de dirigeants d'entreprises et de banquiers.. Ah bon, le problème c'est juste qu'il y a eu un certain nombre de gens peu vertueux ? Ce ne serait pas par hasard que le système de la concurrence et de la financiarisation débridées toutes les deux rendait la vertu impossible ? Le financier vertueux qui aurait voulu se tenir à l'écart des produits structurés (Il y en avait quelques uns qui se rendaient compte que ça puait et que nombre de AAA étaient de la note de singe) se serait retrouvé sans clients et aurait fait faillite avant les autres, ne pouvant rivaliser avec les rendements délirants des crédits titrisés. Et le manager qui se serait mêlé d'avoir une politique d'entreprise inscrite dans le long terme, dans l'intérêt de l'entreprise, débarqué ! Il fallait faire cracher la bête à court terme, tant pis si elle en crevait. Ça, vous l'admettez mais vous vous gardez bien de dire que c'est inscrit dans les gènes d'un système déréglementé à outrance que vous défendez en fait en détournant l'attention des causes véritables au profit d'une croisade pour la vertu. Ne nous prenez pas pour des billes.

@Virgil Brill En fait je ne suis pas sur que vous n'êtes pas le plus coupable d'enfumage ! Il ne s'agit pas pour moi de dire que le problème est simplement le manque de vertu d'un certain nombre de gens [qui ne sont pas simplement les dirigeants d'entreprise et les banquiers (v. http://www.mediapart.fr/club/blog/georges-de-furfande/220309/a-propos-des-bonus-des-banquiers) . Il faut rechercher la responsabilité de ces gens (v.http://www.mediapart.fr/club/edition/inside-banking/article/060209/de-la-crise-et-des-responsabilites)] mais j'ai souligné aussi qu'il y a avait des aspects structurels à ce défaut de vertu, tout en soulignant que ce ne sont pas ceux qui ont manqué de vertu qui doivent donner des leçons de moralité. La vertu n'était pas impossible, mais il est parfaitement exact qu'en particulier pour les sociétés cotées, elle posait des problèmes : l'analyse montre que les systèmes de rémunération en particulier était un facteur d'alignement des intérêts des dirigeants sur ceux des investisseurs, exposant les dirigeants à être révoqués de leurs postes de dirigeants (ou à l'origine à ne pas être désignés) s'ils ne géraient pas conformément aux désirs de ces investisseurs (v. http://www.mediapart.fr/club/blog/georges-de-furfande/270309/crier-avec-les-loups) Le financier ne serait pas tombé en faillite ( et sa société encore moins) s'il s'était tenu à l'écart des produits structurés, il aurait eu moins de rémunération ou aurait perdu son poste dans ce type de banque, mais il y avait un tas d'autres postes et fonctions, et c'est par cupidité et rapacité qu'il s'est conformé à ce système. Des managers ont une politique d'entreprise dans le long terme, si éventuellement dans les sociétés cotées ils sont débarqués, c'est d'ailleurs parce qu'il y en a trop qui sont prêts à conduire cette politique spoliatrice, et par ailleurs il n'y a pas que les sociétés cotée. En ce qui concerne l'influence de la financiarisation, elle est soulignée dans l'analyse présentée sur mon blog (v. http://www.mediapart.fr/club/blog/georges-de-furfande/281208/les-sources-de-la-crise) , avec la dénonciation du capitalisme financier (v. http://www.mediapart.fr/club/blog/georges-de-furfande/281208/les-raisons-de-l-explosion-de-la-crise) et de la "valeur actionnariale" (v. http://www.mediapart.fr/club/blog/georges-de-furfande/281208/la-nature-de-la-crise). Ce n'est pas en revanche un problème de "système de concurrence", dans le sens en tout cas de la réglementation de la concurrence. Ce n'est pas non plus un problème de "système déréglementé", mais au contraire de mauvaise régulation (v. http://www.mediapart.fr/club/blog/georges-de-furfande/281208/l-accoutumance-aux-crises-et-aux-derapages-financiers) . Il convient d'abord de rappeler que c'est la COB qui dans sa régulation pronait comme guide des dirigeants la "valeur actionnariale" : c'est le régulateur qui était pousse au crime. Par ailleurs il est clair que ce sont les régulateur, les autorités bancaires, les autorités financières, qui ont développé une régulation pour le développement des produits structurés (alors que leur validité juridique était et reste parfaitement discutable) , que ce sont les organes de place qui ont essayé de sauver l'assurance monoligne, qui ont mis en place des règles pour développer la titrisation. De façon générale ce n'est pas la déréglementation qui a été le pire problème, mais au contraire la réglementation (v. http://www.mediapart.fr/club/blog/georges-de-furfande/281208/la-crise-annoncee) En ce qui concerne ce que vous appelez les "notes de singe", il ne s'agit pas d'une déréglementation, mais la encore d'une réglementation qui impose à diverses catégories d'investisseurs de se conformer à la notation comme critère d'investissement, d'autorités de régulation qui ont accepté les produits dérivés comme moyen de contourner la régulation prudentielle. La croisade contre la déréglementation, alors que le problème est la réglementation et l'absence de vertu des régulateurs, comme des dirgeants d'entreprise et de banquiers, est le pire des enfumages, car elle fait croire qu'il suffit d'édicter des règles pour résoudre les problèmes (sur les solutions à la crise v. http://www.mediapart.fr/club/blog/georges-de-furfande/281208/les-solutions-a-la-crise). C'est vraiment être une bille que de croire cela, il suffit de constater que ce sont ceux qui ont élaboré des codes de bonne gouvernance qui ont le plus violé les principes de bonne gouvernance.

Georges de Furfande Ne jouons pas sur les mots. Déréglementation et règlementation alibi, évitant soigneusement de s'attaquer aux problèmes (voire les amplifiant y compris par l'action délétère d'institutions de "régulation" bidon comme vous le rappelez à juste titre alors que j'avais à tort négligé de le préciser) c'est du pareil au même. C'est même pire puisqu'on laise croire qu'on s'occupe sérieusement du bébé. D'une façon générale, je crois qu'il serait injuste de mettre en cause votre bonne foi ou votre compétence technique. Mais j'ai le sentiment que vous avez une zone aveugle (la tête dans le guidon ?). Il me semble que le modèle "économique" qui repose sur une concurrence débridée et une financiarisation tout aussi débridée est en fait un modèle politique qui instaure la guerre économique et plus largement la guerre de tous contre tous (le Bellum omnium contra omnes de Hobbes), ce qui me paraît un choix anthropologique inquiétant et une régression du processus d'humanisation.

@ Georges de Furfande et Virgil Votre conclusion est séduisante Georges à ceci près toutefois qu’elle ne vaut me semble-t-il qu’au titre du cadre de l’analyse des modalités de fonctionnement du système financier dans laquelle elle se situe. Par définition me direz-vous puisqu’elle en est la conclusion. Dont acte. Mais là est justement la question que soulevait à mon avis Virgil et qui procède de l’autonomisation de la sphère financière, non pas seulement de l’économie réelle (je ne suis pas vraiment compétent pour en juger) mais en fait, de la société dans son entier, à la fois en tant que société civile et corps politique souverain qui devrait en être l’expression régulatrice. Autrement dit, si votre conclusion me paraît assez juste, il faut en tirer me semble-t-il toutes les conséquences : les réglementation mises en place par les autorités financières ne sont elles mêmes en effet que les artifices visant à donner le change (ou enfumer) et masquer la désuétude dans laquelle sont tombées de fait (comme par disqualification), les règles et valeurs, je dirais en béotien, « de droit commun », qui charpentaient jusqu’à présent le « vivre ensemble ». A ce titre, vous avez raison il y a bien lieu de démanteler ces règlementations enfumeuses. Mais il alors faut rejoindre l’analyse proposée par Pierre DARDOT et Christian LAVAL dans « Nous n’en avons pas fini avec le néolibéralisme » et cette autre qu’expose Geneviève AZAM dans la conférence dont je propose la vidéo sur mon blog « Du processus de Bologne à la loi LRU, une catastrophe annoncée », et déconstruire en effet les artifices et enfumages que vous dénoncez, mais bien pour retrouver le fil du sens de l’histoire à inscrire dans le droit, plutôt que dans le non droit qui prévaut actuellement.

Ainsi que je l'ai exposé dans un billet, dont je ne retrouve pas immédiatement la trace, un problème fondamental est le type de réglementation, à l'anglo-saxonne, par règles et non par principes. Les réglementations sont construits ainsi comme des pièges à contourner, en exploitant les lacunes des règles "de cuisine", les "loopholes". Les réglementations sont ainsi "enfumeuses" parce qu'elles cachent tous les espaces faits pour le détournement et le contournement des règles. Dans une large mesure on pourrait ainsi dire que le "néo-libéralisme" repose sur des régulations qui sont construites de façon à pouvoir être tournées et à aboutir à un laissez faire qui n'est pas dans l'essence d'un vrai libéralisme. Ce qu'il faut rétablir dans le droit c'est d'une part la méthode normative et d'autre part faire revenir dans le droit ce qui y était et que les tribunaux appliquaient, des principes tels que la bonne foi, la sanction des abus, de la fraude, etc. Des principes qui traduisent des valeurs humaines, qui sont dans les codes en particulier, et qui étaient appliqués par les tribunaux. Une remarque sur la tentation qu'il y a pour beaucoup de considérer que le "marché" est synonyme de laissez faire, ce qui est une aberration historique et conceptuelle. Le "marché" est en effet régi par des règles fondamentales de transparence et de loyauté. Le "marché" s'est développé avec des règles contraignantes : règles sur les poids et mesures (avec des condamnations capitales pour les fraudeurs) , sur la monnaie (on faisait bouillir les faux monnayeurs qui opéraient sur les marchés) , respect de la "qualité marchande", de la loyauté des transactions, etc; Le "marché" n'est pas un lieu de "concurrence débridée" pour utiliser le terme de V irgil Brill. Il est typique par exemple que le "marché boursier" , pour assurer la juste valorisation , s'accompagnait du monopole des agents de change et l'interdiction des transactions hors marché. Le problème est l'assimilation au "marché" ce qui est appelé le "marché libre" et des transactions de gré à gré (OTC), qui ne sont en aucune manière des "marchés". On parle ainsi d''économie de marché" en ayant perdu (ou voulu perdre) le concept fondamental d'organisation et de fonctionnement des marchés. Il faut retrouver ce qui était inscrit dans le droit , et mettre fin à un système où les juristes concoivent leur rôle comme celui de tourner le droit, où les juges non seulement tolèrent mais même favorisent cette fraude à la norme juridique, cette fraude à la loi.

Cher Georges de Furfande, Peut-on parler d'un "marché boursier" dès lors que l'ajustement par les prix entre l'offre et la demande semble parfois y obéir à des lois propres? En effet, la demande peut y être une fonction croissante du prix et l'offre une fonction décroissante du prix. Quelle régulation après ce constat (si vous le partagez) et une dérégulation ne ferait-elle pas qu'amplifier ces comportements mimétiques incompatibles avec un équilibre à peu près stable? Très cordialement

Autre question, mais pas seulement à Georges, à tous. Dans l’un des chapitres de mon petit essai pour un diagnostic, je reprends l’hypothèse (empruntée à diverses sources) que l’une des caractéristiques de notre temps et de sa culture (inféodée au négoce – là, la source est précisément M. Weber), est la substitution progressive du contrat de droit privé, à la règle de droit public, comme régression, au regard des avancées symbolisées par la Déclaration des Droits … qui instaurèrent, progressivement à partir des lumières le principe de primauté du contrat social (ou de la délibération publique). L'un des exemples les plus frappants étant la reconnaissance de principe, du droit au travail, et cependant la soumission de l'exercice de ce droit aux aléas du marché du travail. En l'occurrence, la négation d'un droit d'essence publique auquel est substitué le contrat de travail, d'ordre privé. Que vous-en dit-il ?

Cher Jean-Claude, Droit au travail, ou droit au travail rémunéré, et alors à quel taux? Le droit au travail existe, le problème c'est la rémunération. Or, sauf système communiste pur et dur, ou chaque tâche est barêmisée et effectuée qu'elle soit utile ou non, je ne vois absolument pas comment pourrait exister une règle de droit public portant sur le travail rémunéré. A qui pourrait-on opposer un tel droit? Personnellement je verrais plutôt une solution mixte basée d'une part sur un revenu d'existence, garanti, et d'autre part sur un marché du travail de droit privé (autement dit, l'offre et la demande) auquel chacun accède en fonction de ses compétences et de ses motivations.

OK Vincent, je n'ai pas d'objection particulière, mon intention est simplement de parvenir à élucider autant que faire ce peut les questions de fond qui se cachent derrière les apparences de la complexité économico-financière. Là, vous franchissez une étape en posant une hypothèse de réponse, et soulevez au passage, et à juste titre, l'écueil d'une interprétation, je dirais, purement fonctionnelle des droits. Ceci dit, je suis assez d'accord avec la piste que vous ouvrez. De toute façon et d'une manière générale, c'est bien la question qui est en effet posée aujourd'hui d'imaginer les voies et moyens d'une transition, si on veut éviter le n'importe quoi de tous les populismes. Encore faut-il que cette transition indique et s'inscrive dans une direction, dans quel sens veut-on aller ? Et c'est là, à mon avis qu'il y a lieu de ne pas en garder sous la pédale, de ne pas hésiter à accomplir toutes les révoluions nécessaire, au plan des fondements culturels (ou philosophiques). Si non, on repartira pour un tour en rond.

"Encore faut-il que cette transition indique et s'inscrive dans une direction, dans quel sens veut-on aller ?" That is the question. Le problème du sens, c'est qu'il est rarement unique, et quand il l'est c'est toujours dans le mauvais sens. Prenons l'exemple de l'Aïkidoka, capable d'éviter le conflit frontal car toujours dans un mode de transition, adaptant sa posture à l'attaque pour réduire celle-ci à néant, sans pour autant attaquer lui-même. A un niveau très idéalisé, le meilleur système serait pour moi celui qui n'élimine à priori aucune direction possible, tout en étant capable de résister par nature à ce qui veut le faire tomber. Une sorte de transition perpétuelle, on ne sait pas tout à fait ou on va mais on sait très bien ce que l'on ne peut accepter.

Toujours Ok, et ce que l'on ne peut pas accepter est à mons avis tout ce qui va à l'encontre de l'exercice concret toujours un peu plus accompli, des droits fondamentaux, interprétés indissociablement les uns des autres. C'est un peu me semble-t-il ce que j'avais essayé de formuler à propos de la question "Qu'est-ce qu'être de gauche ?" sur le blog de Farid. L'Aïkidoka en l'occurrence ce sont les droits, au plutôt, les citoyens adossés aux droits.

@Jean Claude Charrié J'avoue ne pas très bien comprendre votre argumentation, qui me parait intéressante mais fondée sur une analyse discutable. Je pense que vous partez du "contrat social" comme étant une base essentielle. Le "contrat social" me parait différent de la délibération publique. La délibération publique est une norme de démocratie, c'est un choix de mode de décision, qui relève du "contrat social" mais qui ne s'identifie pas au "contrat social". Vous semblez considérer que le "contrat social" est une norme de droit public. J'hésiterai sur le plan de la philosophie des normes à vous suivre. Dans une analyse de type kelsénienne, à laquelle j'adhère personnellement, le "contrat social" va être la norme fondamentale, en fait dans un pays comme la France ce sera la constitution. Le droit constitutionnel ne me parait ni de droit public, ni de droit privé, il est supérieur, il définit d'ailleurs ce qui est droit public et ce qui est droit privé dans un pays comme la France qui distingue entre les deux types de droit. Lorsque l'on parle de "contrat social" on est, comme dirait Monsieur de la Palice, dans une optique contractuelle, s'il y a contrat c'est qu'il y a autonomie de la volonté, et en fait on se rapprocherait plus du droit privé. La notion de "contrat social" est dérivée de l'idée que l'homme est libre, qu'il ne peut s'assujettir qu'aux lois qu'il décide de s'imposer, c'est la force obligatoire du contrat, qui fait "la loi entre les parties", on voit en fait dans la théorie du "contrat social" une notion de la loi qui finalement "privatise" la loi, ce qui vous surprendra probablement. Je ne suis pas sur que vous ne glissiez pas du "contrat social" au "droit social" pour affirmer une nature de droit public au droit social, pour considérer que le contrat de travail serait un droit d'essence publique. Ceci n'a jamais été la conception du droit français, ni à ma connaissance d'aucun droit. La question qui est posée est de savoir si le contrat de travail est de nature contractuelle ou de nature institutionnelle (ce qui ne veut pas dire de droit public : il s'agit de la création d'une organisation institutionnelle comme il peut résulter du contrat de société). Le curseur qui allait dans le sens de la nature institutionnelle est revenu dans le sens du contrat, mais ceci en fait résulte d'une volonté de protection du salarié, en "figeant" le socle contractuel du contrat de travail pour le faire échapper au pouvoir de décision de l'employeur qui résulte de l'aspect institutionnel. Je ne sais pas exactement ce que vous voulez dire par "les aléas du marché du travail", je suppose que vous voulez évoquer justement les difficultés de l'entreprise et leurs répercussions sur le contrat de travail (avec le pouvoir de décision que je viens d'évoquer qui correspond aux choix de gestion de l'entreprise) mais ainsi que je viens de l'indiquer l'aspect contractuel est devenu le facteur protecteur du salarié : je ne doute pas que ceci vous surprendra. En tous cas je pense que mes éléments de réponse à votre question animeront le débat.

Merci Georges pour cette réponse qui susciterait en effet peut-être plus de relances que celles qu’elle m’inspire personnellement et que voici : 1. Je comprends votre insistance à distinguer « contrat social » et délibération publique, ou citoyenne, ou disons, politique (c’est le terme qui me convient le mieux). Mais je ne suis pas d’accord (pour l’instant). Et ce pour plusieurs motifs : - D’une part les principes ou normes déductibles du « contrat social » ne valent que par le respect qu’ils inspirent ; en creux, toute marque de respect à leur endroit n’est donc rien d’autres que l’expression d’une délibération implicite et implicitement renouvelée par laquelle est en permanence confirmée la légitimité de la « loi suprême », expression comme vous le dite du « contrat social ». A l’opposé, et nous en avons des exemples actuels, mais il y a pléthore dans la durée historique, toute forme de désobéissance civile n’est signifiante qu’en tant que forme de remise en cause, et expression d’une délibération implicite et parfois explicite à l’encontre, non pas de la règle directement enfreinte, mais bien de l’ordre immédiatement supérieur du droit, qui la justifie, ou auquel elle est adossée. - La constitution, comme transcription, ou formalisation du « contrat social » procède bien de la délibération du souverain, que ce soit par adoption référendaire (en tout ou partie, par ex. l’élection au suffrage universel du président de notre chère République), ou par voie parlementaire « constituante ». 2. Vous introduisez ensuite un motif de distinction entre droit public et droit privé, que je saisi mal. La forme « contractuelle » n’infère en rien pour moi, que nous soyons dans tel ou tel domaine. Seuls, l’objet du contrat, son socle de légitimité et l’autorité en charge de veiller au respect de son application, peuvent être signifiants, conjointement et indissociablement, de son appartenance au domaine public ou au domaine privé. Ainsi, relèvent, ou devraient relever, du droit privé, les seuls contrats liant les transactions entre personnes physiques ou morales privées, légitimés par le seul exercice de leurs volontés et appliqués sous contrôle des juridictions judiciaires. 3. Enfin, la question particulière du « contrat de travail » est en effet intéressante et particulièrement illustrative, s’agissant d’un contrat entre personnes privées, dont le défaut constitue en soi une entorse à une « loi » sensément supérieure, puisque de droit public (un droit universel, légitimé par l’adhésion du corps social en son entier, mais dont bizarrement l’application ne relèvent du contrôle d’aucune autorité si ce n’est celle du marché du travail). En l’occurrence, la fonction protectrice du contrat de travail pour le salarié, ne vaut donc qu’au regard de conditions qui échappent au contrôle du détenteur du droit qu’il est sensé traduire dans les faits. Il y a bien là, pour le moins un déséquilibre, une anomalie, ou une incohérence, qui justifierait, soit le retrait du droit au travail, de la Déclaration Universelle des Droits … (article 23) soit, la réinterprétation du travail en tant que valeur (question posée par Thierry Ternisien sur son blog mais qui reste à traiter, Vincent ouvre une piste ci-dessous). Dès lors, la volonté de protection du salarié que vous invoquez, n’est en réalité qu’une des modalités de son assujettissement dans les faits mais surtout culturel à la loi du négoce. Il se fait un peu tard et je ne serais de retour que Jeudi, toutes mes excuses pour l’expression vraisemblablement approximative de cette relance. A très bientôt j’espère. Cordialement

Cher Jean-Claude, Pour moi, vous déplaceriez le débat du droit, en tant que science humaine, à son cadre d'expression, la société. Mais vos remarques me semblent très juste, dans votre première intervention, à ce niveau, celui du droit. Cependant, je verrais plutôt le contrat social comme garant d'une libre expression des droits de chacun, dans la mesure de ceux des autres, et dans un cadre non seulement règlementaire, mais aussi éthique. Une société, avec des fondements culturels, établit des injonctions légales, et morales.Elles naissent dans la fondamentale éthique. L'éthique n'est pas définie, mais admise. On la retrouverait inscrite dans la loi par la notion commune de bon père de famille, par exemple. Donc le contrat social consacre un équilibre, et une paix sociale. Ainsi une société esclavagiste vit très bien l'esclavage, une révolte à la spartacus devenant une rupture du contrat social, et devant de ce fait être réprimée. L'éthique est vivante, elle se développe, plus ou moins en rapport des conditions du droit. Spartacus finit par avoir raison. On a donc des bouleversements sociaux qui vont faire se coïncider plus ou moins bien, et plus ou moins vite, l'éthique du temps, et son cadre légal, d'où un modèle social dans lequel elle pourra s'exprimer souplement. La caractéristique principale de notre temps est une inflation du droit. elle correspond précisément à une déflation du partage d'une éthique commune. Nous sommes entrés dans un modèle désordonné. C'est à dire que les cadres légaux, et leur fondement éthique ne sont plus reconnus par les acteurs de la société. C'est le mieux reconnaissable dans le fait que le droit particulier ne cherche pas à établir la validité du contrat,mais à en déceler les failles. Objectivement, nous sommes dans le règne de la malhonnêteté, mais du point de vue d'une éthique aujourd'hui dépassée. D'où d'ailleurs l'ensemble de la situation à laquelle nous sommes confrontés. Ce n'est pas aux solutions que nous sommes conduits, mais à l'exacerbation du désir suicidaire de la poursuite d'intérêts personnels, et même plus celui de catégories. La meilleure approche que nous pourrions mener est psychologique. Nous sommes au point où le règne de l'individu commence, à son degré zéro, puisqu'il n'est pas encore capable de voir à quel point sa propre importance, qu'il ne réalise pas bien, est complémentaire autant que tributaire de celle des autres. Notre raisonnement ne s'adapte pas encore au vécu, et si nous sommes conscients de nous même, ce qui est normal, nous ne le sommes plus du reste. La séparation mérite d'être affinée, avec une meilleure prise en compte de ce qui n'est pas nous. Je n'ai personnellement aucun doute sur l'avenir. C'est le sens de trouver finalement les points de contacts d'un nouvel équilibre. Seulement, et en attendant, les frictions risquent d'être très pénibles, pour lisser la nouvelle mécanique.

Je sui assez d'accord sur l'idée que l'inflation du droit masque en réalité une négation du droit. En fait, cela rejoint assez les considérations de Georges de Furfande à propos du débat sur la régulation (en faut-il plus ou moins ?) des transactions financières. J'avais déjà essayé d'aborder cette question, me semble-t-il sur le blog de Farid et son billet "Qu'est-ce qu'être de gauche ?", pour souligner la contradiction, que je perçois sans pouvoir bien la formaliser, dans la notion "d'Etat de droit" traditionnellement associée dans la vulgate de gauche à celle de "progrès" et à la fonction protectrice du droit. Le contrat de travail, n'est-il pas aussi l'acte par lequel le salarié vend sa liberté en échange de sa sécurité ? Une reprise de l'hommage rendu par le vassal à son suzerain ?

Dites donc, georges, vous venez de vous faire un fan: "Le capitalisme financier est devenu un capitalisme d'extraction de la valeur de l'entreprise, qui est saigné comme les réserves de la planète en ressources, que ce soit les ressources fossiles ou les ressources naturelles (ressources de la mer par exemple). Le problème n'est pas celui du "profit individuel", car le profit des individus, salariés ou autres, est en fait sacrifié dans le seul intérêt des dirigeants . Les mécanismes de rémunération de ces dirigeants sont ajustés de façon à ce qu'ils gèrent dans l'intérêt de ceux qui se parent du statut d'actionnaires, alors qu'ils ne sont que des investisseurs temporaires se procurant les droits de vote . Ces dirigeants ont de plus l'impudence de se prétendre les défenseurs de principes de gouvernance qui ne sont qu'une couverture, souvent associée à leur origine technocratique présentée comme une formation à la défense de l'intérêt général, pour la rapacité et la cupidité d'une caste de dirigeants d'entreprises et de banquiers. Ce n'est pas une "nouvelle gouvernance" qui est nécessaire, c'est de se débarrasser de tous ceux qui parlent de principes de gouvernance pour les bafouer de façon éhontée. Ce qu'il faut c'est éliminer de la tête des entreprises tous ceux qui se disent "les meilleurs" et qui ont démontré qu'ils étaient uniquement des illusionnistes, brillants comme l'or des fous, arrogants et sans compétence, qui ont manipulé la valorisation des entreprises pour s'enrichir, saignant les entreprises, détruisant les outils industriels et la force de travail. Il faut constater que la prétendue amélioration de l'économie réelle est démentie par la prolétarisation des classes moyennes et la multiplication des SDF. La France est une économie en voie de sous développement . Elle ne sera pas redressée par ceux qui ont participé à cette évolution." Chapeau!

Ben oui l'occident est malade de ses élites, le système lui même est presque un problème accessoire. Et je sais pas pour vous mais je suis frappé de leur volonté de tout changer sauf eux !!! Ces hommes se feraient communistes en un instant s'ils étaient sûr de conserver leur privilèges.J'attends avec impatience d'entendre Copé et Péberau faire l'éloge du capitalisme d'Etat avec une petite étoile rouge au revers de la veste.

Je partage l'avis de M Furfande, la confiance ne veut rien dire, on constate ou pas que son travail a une valeur ou pas, idem pour les actifs.Plutôt que perte de confiance je préfère les termes prise de conscience.

@Corinne Il est particulièrement exaspérant de voir que non seulement ils continuent à vider les caisses, mais de plus ils se prétendent les grands défenseurs de la morale : comment utiliser l'humanisme pour cacher les vices humains.

Eh oui, les "bienfaits" de la propagande, inventée à l'occasion de la première guerre mondiale par le neveu de Freud, Edward Bernays http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1300

Ce fil commence à devenir "enrichissant" ... heu... pardon, instructif , oui c'est cela instructif.

Je dirais même plus: ce fil vaut de l'or! Reste à en extraire la substantifique moelle. Nous avons devant nous plusieurs éléments: 1) Une structure économique et monétaire qui pousse au crime, car elle permet une forme de création de valeur financière certes virtuelle mais dont les bonus sont bien réels. Appelons cela la partition. 2) Une élite, hyperminoritaire mais avec un pouvoir énorme, qui tirent les ficelles ayant permis à ce système d'apparaître puis de fonctionner essentiellement à leur avantage. Appelons cela le compositeur chef d'orchestre. 3) Des opérateurs qui jouent la partition, par exemple les dirigeants de grosses sociétés cotées en bourse, qui jouent le rôle qu'on leur donne: maximiser la valeur boursière à court terme. Appelons les, bien sur, les musiciens de notre orchestre. 4) Un public averti, qui écoute béatement cette musique qui monte au ciel, comme les arbres. 5) Des incultes en matière musicale, qui trouvent cette partition nulle à chier et les places de spectacle beaucoup trop chères, et qui voudraient bien virer l'orchestre afin de pouvoir écouter autre chose. Nous, en gros.
Ceci posé, reste à mettre la main sur la partition actuelle pour la mettre au bac (pas simple), puis écrire la nouvelle partition, et à monter un nouvel orchestre. Ce qui ne dit pas grand chose sur la substantifique moelle en question, mais bon, c'est déjà bien de savoir à quel os on parle.

Nous n'avons pas besoin de référence à l'Humanisme utilisé ici comme un logo compensatoir. Ce qu'il nous faut, c'est remettre véritablement la question humaine au cœur des paroles et des actions qui s'échangent, et plus que jamais aussi sur la généalogie de ces faits économiques.

3ème ligne: "capitaliste néolibéral". Tout est dit, ite missa est...

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