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Peut-on supprimer la spéculation ?

Face à la crise financière devenue économique, le diagnostic qui en est fait a posteriori par les professionnels, les économistes comme par les sociologues et les politiques, converge à la fois sur ses causes conjoncturelles (déclenchement par l’éclatement de la bulle financière spéculative des crédits immobiliers subprime américains, avec amplification grâce à la titrisation, négligence ou complicité des agences de notation, déficience de régulation, …) et sur ses causes structurelles (financiarisation de l’économie, culte du profit, spéculation à court terme, économie de marché non suffisamment régulée dans la mondialisation, diktat des marchés et des traders au détriment de l’économie réelle, …).

Nous sommes à présent dans la phase des propositions, des recherches d’alternatives. Si le capitalisme perverti par la financiarisation de l’économie, appelé « néocapitalisme », est fortement critiqué et offre à la gauche un grand boulevard par retour brutal de balancier, personne ne propose cependant de revenir à un système communiste. Parmi les penseurs et économistes dits « de gauche » sont de plus en plus évoquées la suppression de la spéculation et la nationalisation des banques (Frédéric Lordon souhaite ardemment leur nationalisation à coût zéro lorsque leurs valeurs se seront effondrées suite au dénouement inéluctablement catastrophique de la crise des dettes publiques des Etats). Certains comme Paul Jorion prônent la suppression des « paris sur les prix » (ce qui signifie en langage financier les opérations à terme, les ventes à découvert, mais aussi les contrats de futures et d’options, de change, de taux ou d’actions, que les contrats soient réalisés en gré à gré ou sur marchés organisés, ainsi que les CDS, contrats d’assurance sur les risques de défaillance d’entreprises). Voir le très intéressant débat animé par Jean-François Kahn le 28 juin 2010 avec notamment ces protagonistes, sur le thème de la réforme du système financier international (environ 2 heures par tranches de 20 mn).

Pour répondre à la question « peut-on supprimer la spéculation », il convient de définir ce qu’est la spéculation, en quoi elle est utile ou nuisible, et sur ses aspects nuisibles comment elle peut être contenue, faut-il agir sur les spéculateurs, sur les produits financiers utilisés par les spéculateurs, sur les outils du marché (la bourse) ou encore sur les entités comme les banques, les hedge funds, où sont logées des activités spéculatives ? Comment le faire sans empêcher l’économie de fonctionner, sans nuire aux clients finaux qui utilisent la bourse et les produits financiers à des fins non spéculatives, mais pour se financer et couvrir des risques ? Ne vaut-il pas mieux décourager la spéculation par la fiscalité, en taxant les opérations spéculatives, les profits financiers et les bonus des traders ?

Qu’est-ce que la spéculation financière ?On parle d’une opération financière ou commerciale « spéculative » lorsque cette opération a pour objectif de réaliser un gain d'argent en pariant sur la fluctuation des cours du marché. En fait c’est surtout l’intention de parier sur un prix et non la nature de l’opération qui importe, car une même opération peut être réalisée dans une autre intention, celle de couvrir un risque : par exemple un agriculteur qui veut garantir par avance le prix de vente de sa récolte de grain sans savoir quels seront les prix dans six mois, sans savoir quels seront les aléas climatiques. Face à lui, il trouve sur le marché un acheteur de grain qui souhaite aussi se prémunir de variations de prix, afin de garantir une stabilité de prix au consommateur final. De même une entreprise qui s’est financée à taux variable et souhaite se couvrir contre le risque de hausse des taux, pourra avoir recours à un contrat de future ou d’option de taux.Supprimer les « paris sur taux ou sur prix » reviendrait à priver les clients finaux de ces avantages de couverture de risque. Il est donc préférable si on souhaite limiter la spéculation, d’autoriser ces clients à pouvoir utiliser ces instruments pour se couvrir. Il est possible en revanche de limiter les interventions des acteurs sur les marchés, s’ils n’ont pas un objectif de couverture, mais le dispositif de validation et de contrôle risque d’être complexe, lourd et coûteux.

Faut-il supprimer les bourses ? Quelle est la différence entre les opérations de gré à gré et les opérations réalisées en bourse ou sur marchés organisés ?Il y a deux façons de pouvoir recourir à ces instruments à des fins de couverture ou de spéculation :

- faire une opération de gré à gré (OTC, Over The Counter, en anglais) avec une contrepartie, avec une banque (contrat entre deux contreparties garantissant un prix ou un taux convenu d’avance). Les swaps de change et de taux, les FRA (Forward Rate Agreements), les options, les CDS peuvent être conclus en bilatéral de gré à gré. L’inconvénient de ces contrats est d’une part la prise de risque par la contrepartie du client (la banque), qui elle-même doit se couvrir pour neutraliser le risque qu’elle prend, d’autre part l’opacité, la non transparence des positions prises (les régulateurs et les acteurs de marché, les banques elles-mêmes, étaient lors de la crise fin 2008 dans l’impossibilité de mesurer toutes les positions des CDS chez les banques et les risques pris par ces dernières entre elles, ce qui a accéléré la crise de confiance et donc de liquidité, les banques n’osant plus se prêter entre elles) ; les risques de ce types de contrats peuvent être éventuellement limités par des dépôts de garantie (collatéral) ;

- faire une opération sur un marché organisé, une bourse d’échange de contrats où un acheteur. Ce type de marché (par exemple le CME, CBOT, le Liffe,…) a été d’abord créé pour les matières premières, les denrées alimentaires et agricoles, les métaux précieux, puis a été étendu aux devises (futures et options de change) et aux produits financiers d’actions, d’obligations, de bons du trésor. Chaque intervenant sur ce marché doit faire un dépôt de garantie, une avance de trésorerie, afin de payer les pertes éventuelles réalisées entre la valeur à laquelle il a traitée de contrat et la valeur quotidienne du marché (en sens inverse le compte est au contraire crédité). Si l’acteur ne peut plus continuer à payer, il est obligé de solder sa position et ne peut plus continuer à jouer. Tous les intervenants sont garantis de fait du risque de défaillance d’un autre intervenant de ce marché. De plus, toutes les positions des uns et des autres sont enregistrées, peuvent être connues des régulateurs. Pour traiter sur un tel marché, un client doit détenir un compte chez un compensateur (courtier, banque) qui lui-même détient un compte auprès de la chambre de compensation.

Pour les puristes, nous distinguons le terme de « bourse » et le terme de « clearing house » (chambre de compensation sur « marché organisé »). La bourse fait référence à la plate-forme sur laquelle se fait la négociation, la prise d’ordre à un prix entre un acheteur et un vendeur (front-office). Alors que la compensation est l’étape dite « post-marché » (back-office) qui réalise l’appariement des ordres pour valider l’échange entre le titre et le cash par exemple entre deux contreparties et enfin la comptabilisation en compte jusqu’au clearer, banque ou broker. Les dépôts de garantie (deposits) et les appels de marge quotidiens ( tab-stops: list 36.0pt">1- Ils accélèrent la hausse ou la baisse de prix ou de taux en aggravant une situation (dette publique grecque par exemple). Les marchés sont moutonniers. Ce qui importe pour un spéculateur, ce n’est pas le prix réel économique du bien, c’est anticiper le prix que le marché attend. Il a tendance à suivre la tendance haussière ou baissière. Mais en vendant une valeur en baisse en vue de la racheter moins chère plus tard, il accélère sa baisse … Ce phénomène a été lourdement aggravé par la mise en place des trackers, des automates informatiques ;

2- S’ils pèsent de façon importante sur le marché et ont traité en gré à gré avec des contreparties, des banques, une défaillance de ces acteurs met ces contreparties en risques (effet de domino, réaction en chaîne). Il est donc fortement déconseillé de permettre à une banque d’investir dans un fonds spéculatif et même de prêter à un fond spéculatif. Elle se met non seulement en risque sur ses fonds propres, mais également ses autres contreparties par effet de contagion, engendrant un risque systémique. Il faut dénoncer les situations déviantes où des banques ont prêté des fonds à des hedge funds qui en contreparties apportaient des fonds propres à ces banques créancières, sachant l’effet de levier important réalisé (la banque peut prêter en gros en moyenne 12 fois ses fonds propres pour respecter un ratio FP/engagements de 8%) !

3- Autant un pays peut interdire les fonds spéculatifs chez lui, il ne pourra pas les interdire ailleurs et ces derniers pourront à leur gré réaliser des opérations dans le pays ou sur des produits financiers concernant le pays qui peuvent perturber ses marchés ou des entreprises du pays (spéculation sur la dette grecque, les CDS, etc). Il est possible néanmoins d’interdire aux banques du pays de traiter avec des fonds spéculatifs, de même qu’avec les paradis fiscaux, les Etats dits « non coopératifs ».

Faut-il nationaliser des banques ? La nationalisation des banques est-elle une solution contre la spéculation ?Le raisonnement sous-jacent à la théorie de ceux qui prônent la nationalisation des banques est la suivante : la spéculation financière est la cause du développement et de l’éclatement des bulles financières, ainsi qu’un facteur aggravant des crises. La spéculation financière est exercée par les banques, encouragée par la recherche effrénée du profit, par les traders dont c’est l’objectif, ainsi que par les actionnaires dont l’objectif est celui d’une rentabilité financière maximale à court terme. Si les actionnaires étaient l’Etat, ce dernier serait mandaté pour avant tout satisfaire un objectif de service public d’intérêt général, qui est de fournir à des clients de la liquidité, des financements, des opérations de change, des produits de placements, à un prix raisonnable. Mais pas pour faire du profit.

Le problème, c’est que ce raisonnement, partiellement exact, ne tient pas sur plusieurs aspects :

1- Le point qui peut valider cette théorie est que l’Etat va interdire à son établissement de spéculer pour son compte. Ce n’est pas sa vocation de spéculer. Il ne cherche pas à prendre des risques au-delà de ceux nécessaires pour rendre service aux clients. Cependant, cette interdiction de spéculer pourrait très bien être faite à des banques sous capitaux privés, au travers de la réglementation, sans les obliger à être sous capitaux publics;

2- la prise de risque exercée par un établissement bancaire qui prête à un client, qui s’engage financièrement vis-à-vis de ce client (cela peut-être aussi sur des opérations de couverture de change ou de taux), exige une rémunération répondant à une logique d’assurance, basée sur des statistiques, basées sur la connaissance du client. Si l’Etat cherche à favoriser tel secteur de l’économie, tel acteur, au mépris des critères de risque et de rentabilité, il y a réel danger que d’une part il y ait confusion ou collusion entre les intérêts politiques et l’intérêt de la clientèle, du favoritisme (soutien d’entreprises ou de personnes qui elles-mêmes soutiennent le parti au pouvoir, ou satisfaisant des élus locaux) et une déresponsabilisation en termes de prise de risques. C’est en fait ce qui s’est passé avec le Crédit Lyonnais, les participations que la banque avait prises directement ou au travers de Altus Finance, une filiale spécialisée, avec l’incitation de son président de l’époque, Jean-Yves Haberer, qui était en ligne directe avec le ministre des finances Pierre Bérégovoy. Le gouvernement, grâce à son outil financier, s’est lancé dans la « banque-industrie », insistait pour soutenir certaines entreprises, certains secteurs. Cette politique a mené au désastre qui a coûté environ 100 milliards de francs (15 milliards d’euros, 8 en net après prise en compte des recouvrements et de la privatisation) au contribuable. Ce n’est pas en soi la spéculation qui a mené la banque à la faillite, mais des investissements risqués et mal gérés … Nous avons déjà vécu l’expérience du système bancaire nationalisé et ce n’est pas la panacée. Dans les pays qui ont nationalisé des banques de manière quasi forcée, quand l’Etat est venu à leur secours pour les recapitaliser, en Finlande dans les années 1990 comme récemment en Grande Bretagne, c’était plutôt considéré comme une situation provisoire. L’Etat peut en tant que régulateur imposer aux banques des contraintes, limiter leur activité spéculative, la taxer. N’est-ce pas suffisant sans en arriver à un système collectiviste d’économie étatisée ?

3- La nationalisation du système bancaire serait de plus extrêmement coûteuse, si l’Etat devait racheter les actions des banques à leur prix actuel. Attendre que leur prix baisse en souhaitant la ruine des banques comme le fait Frédéric Lordon me paraît sinon illusoire, irresponsable.

Il faut aussi remettre l’activité financière et bancaire dans son contexte global mondialisé. Toute décision fiscale ou réglementaire peut inciter des acteurs à s’installer ailleurs pour exercer ses activités, de même que les clients peuvent recourir à des services bancaires off-shore, de même que traiter sur des bourses ou marchés étrangers. Comme pour traiter le problème des paradis fiscaux, ces questions de régulation financière et de fiscalité de ces activités devraient être abordée par la communauté internationale. Malheureusement, même si le G20 a multiplié les annonces, les intentions, il n’a pas été très efficace.

Certains pays ont pris l’initiative : Angela Merkel a interdit en Allemagne les ventes à découvert. Barack Obama et son équipe ont réussi à faire voter au Congrès une réforme financière aux USA qui limite l’activité pour compte propre des banques en les obligeant à loger certaines activités (swaps sur matières premières, CDS) dans des filiales séparées et capitalisées, limitation de la participation des banques dans les fonds spéculatifs, obligation à passer les opérations dérivées de gré à gré sur des chambres de compensation,…). L’Union européenne à la peine est en retard mais va probablement aller dans le sens des mesures américaines qui, même si elles présentent des « trous d’air », sont une avancée pour non pas supprimer, mais au moins contenir la spéculation financière et limiter les risques.

Conclusion :Il n’est pas raisonnable et illusoire de penser que l’on puisse supprimer complètement la spéculation. La spéculation n’est pas nuisible si elle est limitée, contenue, par la réglementation, par une redéfinition du rôle des banques, en interdisant aux banque commerciales ou de dépôt non pas de faire des opérations de marchés avec leur clients mais en limitant l’activité de trading en compte propre sur ces instruments et en se couvrant auprès des marchés organisés qu’il faut étendre en termes d’instruments, notamment concernant les CDS. Il faut leur interdire aux banques de prêter aux fonds spéculatifs, de faire avec ces derniers des opérations de gré à gré de même que prendre des participations à leur capital. Pour tous les acteurs, l’interdiction des ventes nues à découvert, décidée par l’Allemagne est une bonne mesure également pour limiter la spéculation nocive. Par ailleurs, une fiscalité spécifique sur les activités spéculative, sur les profits de marché ou sur le trading compte propre, peut aussi être un facteur dissuasif à la spéculation. Une taxation de type « taxe Tobin » sur les transactions financières est un « grain de sable » qui peut rendre moins attrayant les opérations spéculatives à petits gains (sur les automates notamment) qui multipliées en grand nombre accélèrent les effet haussiers et baissiers des marchés, donc leur volatilité et leur instabilité. Cette taxe peut en même temps être une ressources utilisée comme fonds d’assurance risque ou à d’autre fins.

Tous les commentaires

Merci pour cet article recapitulatif. Je prendrai le temps de le lire un peu plus tard.

Même commentaire qu'Oliv92 :)

L'article m'apparait clair et inventorie de façon (me semble-t-il) pédagogique un ensemble de mécanismes que je ne maîtrise pas bien (je ne suis pas du tout un économiste).

Une remarque, toutefois, qui apparaitrât probablement au moins naïve voire imbécile. Mais j'y tiens un peu quand même.

Je retiens de cette lecture rapide que, dans tous les cas de figure, il s'agit de "se garantir" ou de "gérer un risque" de telle sorte que ceux qui "font un choix" (de placement, d'investissement) soient payés en retour de leur capacité à faire ce choix. Payés en espéces sonnantes et trébuchantes du travail effectué par des gens qui, eux, travaillent, mais ne bénéficient jamais de dividendes liés au fait qu'ils puissent travailler "plus" ou "mieux". A priori, que le bénéficiaire soit un état (dont l'honnêteté ne m'apparaît pas nécessairement évidente de prime abord) ou une "personne morale" (c'est vrai que l'expression, ici, est presque ironique) m'est indifférent. Il y a prise de bénéfice en s'appuyant sur le travail d'Autrui et sans contribution à une quelconque amélioration de quoi que ce soit.

Mais, me direz-vous sans doute, il faut bien des régulations financières à l'échelle de mécanismes macro-économiques.

D'accord.

Une seule Bourse mondiale, et sous statut SCOP.

C'est le principe de la valorisation économique d'un risque pris sans travailler, que je conteste.

Mais bon, je ne me fais aucune illusion Sourire

@Samines

En effet la rémunération du risque n'a rien à voir avec la rémunération du travail. La rémunération du capital est justifiée par une prise de risque de la part de celui qui accepte de prêter ou d'investir dans une entreprise et je ne pense pas que ce soit répréhensible, surtout si c'est pour financer un bon projet, pas uniquement pour gagner de l'argent. Le joueur qui accepte de miser au casino ou au loto fait aussi un choix risqué et l'accepte.

Ce qui n'est pas normal, c'est l'économie de rente, celle où celui qui a la chance d'être riche, de posséder par héritage et non pas forcément par ce qu'il a gagné à la sueur de son front, est assuré de revenus substantiel sans rien faire et même s'il prend certains risques, en moyenne assuré d'un revenu sûr.

De plus, considérer de l'argent gagné par le travail en parlant d'affairistes comme Bernard Tapie, qui a pris de risques mais tout en gagnant grâce à ses appuis, politiques et financiers, en misant de l'argent qu'il ne possédait même pas d'ailleurs (principe des LBO avec effet de levier), c'est immoral. Quand N.SArkozy décore Stéphane Richard de la légion d'honneur car grâce à son opportunisme il a fait des bonnes affaires immobilières dans le privé également avec les LBO, car lui a réussi, il est riche, il "fait" de l'argent, c'est aussi immoral.

Je suis tout a fait d'accord avec l'idée de structure coopérative pour la Bourse. C'est ce qu'il faudrait faire pour une bourse européenne, les banques et institutions financières pourraient être actionnaires ensemble d'une telle structure. De même que j'approuve les structures mutualistes pour les banques et les sociétés d'assurances, dont les clients doivent reprendre le pouvoir et seront les mieux placés pour décider de stratégies interdisant la spéculation et maximisant l'intérêt général. La banque, la gestion de la monnaie, est un service public. Beaucoup de services publics peuvent être gérés comme des SCOP.

Beaucoup de services publics peuvent être gérés comme des SCOP.

C'est exactement mon avis.

De plus, il existe des organisations statutairement définies qui permettraient dès aujourd'hui une re-répartition à la fois des rôles, des responsabilités...et des richesses créées : ce sont les Société Civiles d'Investissement Collectif (SCIC) qui autorisent un co-investissement (public / privé, Personne physique/personne morale/personne publique) de toute forme de moyen à l'échelle locale, et sans autre obligation que des statuts (certes un peu lourds).

Je propose de dénationaliser la holding "Pôle-Emploi-Assedic" et d'en faire une SCIC par bassin d'emploi associant employeurs et acteurs institutionnels, avec un fond de péréquation géré à l'échelle nationale par tous les partenaires sociaux pour s'assurer que les moyens mis en oeuvre vis à vis de chaque bassin d'emploi sont indépendants du "PIB local" mais dépendants d'indicateurs sociaux intra-entreprise et sociétaux.

Et Charpy va me nominer pour la légion d'horreur...

Sourire

Je ne sens pas bien l'évolution du Pôle Emploi en SCIC car le pôle emploi n'est pas financé par des investissements mais par des cotisations chômage. Il s'agit d'une assurance ...

Mais merci en tout cas Samines de participer au débat !

Tout d'abord quelques excuses, Marie-Anne Kraft : ma proposition relevait plus d'un ras le bol issu de fonctionnements aberrants que d'une réelle réflexion. Pour autant, que ces cotisations soient gérées comme un investissement sur un capital humain en devenir au lieu d'être comptabilisées comme un revenu se réduisant comme peau de chagrin à l'échelle d'aléas de production issus de choix de bénéfices par actions...je me demande quand même s'il n'y a pas matère à réflexion :)

Mais bref. Mea Culpa, le changement de ton n'était pas annoncé :)

Quant au débat, il m'intéresse beaucoup mais j'avance à pas comptés. Cette "spécialité" et son univers sémantique m'étant passablement étrangers.

Mais je me soigne !

Nota : je vois deux "handicaps structurels" dans le système financier actuel.

1) Il est fondé sur la perspective de croissance perpétuelle, aux aléas circonstanciels près. Par définition, c'est comme si il était présumé que le monde est infini. Ce système porte en lui-même les raisons de son écroulement.

2) Il détourne tous les jours une part importante du produit du travail vers une spéculation qui, parce qu'elle est plus rentable (quoique plus risquée) dévalorise le Travail en tant qu'activité humaine (et donc par voie de conséquence, l'homme qui travaille est dévalorisé en même temps). En cela, c'est un système qui scie la branche sur laquelle il repose.

J'aimerai qu'un jour on m'explique pourquoi ceux qui ont profité du système n'ont même pas pensé à l'entretenir / le maîtriser suffisamment pour continuer d'en vivre.

Parce que je ne vois nulle part une seule bonne raison de penser que ce système n'est pas en train de mourir.

Et même une guerre ne ferait pas repartir la machine. Ce sont les matières premières et les valeurs refuges qui vont maintenant faire l'objet de toutes les attentions. Deux choix symptomatiques : acheter de la survie ou acheter de la sécurité à long terme. Des choix sans ambition.

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