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Etre français. Cela ne vous regarde pas
Eric Besson a annoncé, le dimanche 25 octobre, le lancement d’un grand débat national sur l’identité du même nom. Mobilisant préfets et sous-préfets, ceux-là même qui, depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, ont été dotés de marges d’initiatives considérablement accrues afin de décliner sur leurs territoires respectifs la politique de reconduite aux frontières impulsée par le ministère de l’immigration. Le débat devrait solliciter les "forces vives de la Nation" autour de la question suivante : "Qu’est-ce qu’être français ?"
Une telle initiative, intervenant à quelques mois avant les élections régionales et quelques jours après l’expulsion de plusieurs migrants vers un pays en guerre, devrait assez logiquement susciter dans l’opinion des réactions variées. Gageons d’ores et déjà que certaines d’entre elles consisteront à tenter de retourner la question contre son initiateur : être français, rappellera-t-on, c’est hériter d’une tradition d’accueil, d’hospitalité et d’ouverture, tradition à l’évidence incompatible avec la politique d’immigration actuellement menée ; c’est se reconnaître dans une citoyenneté définie non par l’origine géographique ou culturelle, mais par la défense et la promotion commune des droits humains partout où ceux-ci sont niés – conception de la citoyenneté inconciliable tant avec les dérives racistes dont fait régulièrement preuve le précédent ministre de l’immigration, qu’avec son action et celle de son successeur.
Etre français, arguera-t-on en bref, c’est être en tous points opposé à l’horizon de fermeture, de surveillance, de délation réciproque et de contrainte par corps, d’opportunisme et de xénophobie aujourd’hui symbolisé par l’existence d’un Ministère de l’immigration, et incarné par Eric Besson avec un dévouement dans la duplicité qui ne laisse pas d’impressionner.
Une telle réplique a pour elle l’évidence ; mais elle est trop évidente, justement, pour n’être pas prévue dans la question elle-même, question construite pour faire de ce genre d’objections autant de répliques, aux deux sens du terme, c’est-à-dire autant de façons de répéter et de propager cela même qu’elle entendent combattre. Le piège tient à ce que, posant la question "Qu’est-ce qu’être français ?", le ministère de l’Immigration n’entend évidemment pas faire l’éloge dans les mois qui viennent d’un nationalisme étroit, fondé sur la communauté de l’ethnie ou du sang (de cela, d’autres se chargeront au fil des débats, ce que la synthèse finale ne manquera pas de cautionner en le présentant comme "une préoccupation", "une légitime inquiétude des français face à la mondialisation", etc).
La parole gouvernementale, subtilement relayée au fil des échanges par de multiples canaux, consistera au contraire à faire constamment valoir l’ouverture, l’égalité des droits et le pacte républicain, le refus des discriminations de races et de sexes comme autant de composantes de l’identité française – mais à les faire valoir, désarmant l’adversaire, non seulement dans la dimension neutralisée de l’échange d’idées, mais comme autant de motifs d’isoler, d'éloigner et d’exclure.
"Parce que le pacte républicain suppose le respect des lois". "Parce que l’hospitalité suppose d’avoir les moyens d’accueillir dignement". Parce que, surtout, l’ouverture, la tolérance et l’égalité, constitutives de notre identité nationale, seront présentées et utilisées comme elles le sont depuis 2007 : comme autant de valeurs fragiles qui exigent une sélection d’autant plus sévère de ceux qui, présents sur notre territoire, pourraient être suspects de ne pas les partager.
Déjà, dans le même entretien où il annonce le grand débat national, le ministre Besson réitère son refus de la burqa – pratique certes ultra-minoritaire, mais symbolique de la nécessité où nous serions, face à des étrangers si proches à chaque instant de verser dans l’intolérance et l’oppression, de discriminer pour sauvegarder notre sens de l’égalité, et de fermer les frontières de notre identité pour la conserver si ouverte.
C’est pourquoi, à la question "Qu’est-ce qu’être français ?" posée par le ministère de l’immigration et de l’identité nationale, il ne saurait être dans les mois qui viennent qu’une seule réponse, endurante, ressassée, monotone, obstinée : "Cela ne vous regarde pas". Vous avez perdu le droit de poser cette question au moment même où, liant identité nationale et contrôle de l’immigration, vous avez aménagé le renversement systématique des composantes de la citoyenneté en autant de critères d’exclusion.
A cette captation, il ne saurait y avoir de réponse qu’en acte ; libre à vous, lorsque ce temps viendra, d’interpréter la violence de notre refus comme une composante de la francité.


Tous les commentaires
Vous vous faites rare par ici - rien de le dire - alors que, nécessaire peut-être. En adhésion avec le "ça ne vous regarde pas", car nos identités, en tout cas la mienne, ne peuvent aller s'y résumer. Quant à nationale...
Monsieur Potte-Bonneville,
Je ne sais pas ce que c'est : être Français, mais je sais ce que c'est : vivre en France. Y être chaque jour. Chaque jour, y travailler, y aimer, y faire de la politique. "La francité" ?! Pourquoi se placer sur le terrain de l'adversaire, lui faire cet honneur (votre billet, dans l'ensemble, est plutôt pas mal), qu'il ne mérite vraiment, mais vraiment pas ? Erreur stratégique !
M. P-B, le retour ? Quelle bonne nouvelle !!!! Pour le reste, 100% d'accord: ça ne les regarde pas. Et pas seulement en raison de ce qu'ils pourraient faire ou non des réponses objectivement, mais aussi et surtout parce qu'ils ont perdu le droit de pouvoir poser cette question au moment même où ils ont conçu ce monstrueux amalgame sous-jacent. Non, ça ne les regarde pas. Définitivement pas. Il n'y a que comme cela qu'on peut encore être un tant soit peu fiers d'être français....
Entièrement d'accord, car la préoccupation la plus lancinante des Français est d'ordrte économique et social. Ce n'est encore qu'un de ces artifices de Nicolas 1er pour gagner les voix du Front , l'immigration et l'identité nationale étant des "cartes Bingo!" en période pré-électorale. Il ne manque plus que la sécurité pour prétendre remporter le jackpot au bandit manchot!...Quant à notre identité, cela ne les regarde fichetrement pas!...
Piqué dans le billet du jour du monde.fr : on ne peut pas être fier d'un pays qui ait un ministère de l'identité nationale !
Je voudrais juste rajouter 4 points :
1/ Même si nous avions le gouvernement le mieux intentionné du monde, même si il n'avait pas "posé cette question au moment même où, liant identité nationale et contrôle de l’immigration, il avait aménagé le renversement systématique des composantes de la citoyenneté en autant de critères d’exclusion"... il faudrait lui répondre la même chose : ce n'est certainement pas au gouvernement de définir "l'identité nationale". Le gouvernement n'a pas "perdu" ce droit, il ne l'a simplement jamais eu.
2/ Sous quel format pense-t-on pouvoir décrire "l'identité nationale". Besson parle d'un débat. Mais la conclusion de ce débat (s'il y en a une !!) devra-t-elle se traduire par un livre? une présentation Power-Point? un film? Une musique? Un texte ou une liste sur une page? 2 pages? 10 pages?
3/ Si même on arrive à traduire la conclusion du débat sous une forme quelconque à un instant donné... devra-t-on mettre à jour régulièrement ce document? Tout le monde (je pense ) est bien conscient que "l'identité nationale" ne peut être un résultat, un concept figé. Il évolue en permanence, s'enrichit... Il faudra donc établir un comité de mise à jour de l'identité nationale??
4/ Que veut on faire de ce document? On voudra vérifier que les 60 millions de citoyen francais correspondent individuellement à la définition?
En bref, on est dans le fantasme le plus complet, un débat que l'on pourra faire durer éternellement...aux dépens d'autres débats qui pourraient avoir des conclusions pratiques plus immédiates...
Cher Oliv92,
Mais puisqu'on vous dit que "les Français vont s'emparer, que dis-je, s'emparent déjà, de ce débat". Emparez-vous en aussi, au lieu de faire du mauvais esprit . ..Pour ma part, je m'apprête à m'en emparer, mais ne sais pas encore par quel bout le prendre.
Et si le "mauvais esprit" faisait partie de l'identité nationale francaise? Astérix...
Il est à craindre que ce rideau de fumée serve à masquer une conclusion en forme d'opuscule normatif donnant par exclusion les critères (selon le sarkozysme) qui feront que l'on pourra ou non être regardé comme français. Besson et son maître se foutent pas mal du choix historiquement renouvelé de tous ceux qui veulent vivre ensemble dans le partage des valeurs fondatrices de la Nation, comme toujours, ils restent sur le plan de l'affectif qui tient lieu de réflexion politique. Chaque matin en se levant, chacun des 64 millions de français se pose-t-il la question de son identité ? Dérisoire.
Salut Mathieu,
Merci pour votre analyse : j'en fais la mienne.
Le débat vaut sans doute la peine sur le fond, mais pas sous les auspices de ces gens-là.
Bien à vous.
Plutôt OK sur le fond de votre article mais je vous trouve très/trop manichéen. On a vraiment l'impression à vous lire que le ministère de l'immigration est l'incarnation du mal. A mon avis, un peu plus de mesure dans vos propos trop vindicatif à mon sens leur confèrerait plus de crédibilité et de portée. A vous lire, j'ai le sentiment qu'une fois de plus nombreux sont ceux qui vont tomber tête la première dans le piège tendu par le gouvernement avec ce débat national, comme par hasard quelques mois avant les régionales. Que vous le vouliez ou non, il y aura débat et vous ne pourrez l'empêcher, donc il faut faire avec ; d'ailleurs, à votre façon et (un peu contradictoire), vous y participez déjà...Et puis la "francité", ça ne me paraît pas mieux, comme concept, que celui de l'identité nationale : d'où est-ce que vous avez sorti ce terme ? (que personnellement, je ne connais pas...)
Cordialement,
Vous connaissez les moutons de panurge? ça n'est pas parce que la tête se jette à l'eau qu'il faut la suivre. La Francité exprime une nationalité où il n'est pas question d'identité, nous devons cesser de malmener le concept d'identité qui renvoie préférentiellement à la dimension individuelle. Les "identités de groupe" sont trop souvent un fourre-tout qui parle de formatages. Prenez l'exemple d'hier au soir dans le documentaire sur le travail: la compagnie Carglass. C'est triste à mourir ces sourires crispés, cette bêtise infantilisante qui masque toujours plus la Vérité de ce qu'on est de ce qu'on ressent. ce débat ne vaut pas grand chose sauf à essayer encore de "pomper des voix" pour les régionales. Ils surfent sur l'ignorance, alors oui deux questions: comment éclairer les français et jusqu'à quand ces tours injurieux de passe-passe seront-ils gagnants pour eux?
Me reviennent souvent ces mots de Michel Leiris, dans les années 20 ou 30, devant le spectacle sinistre d'une manifestation nationaliste germanophobe : A bas la France !
J'ai toujours pensé, bien que confusément, que ce pays, dans une idée progressiste, ne pouvait se soutenir que par une critique radicale de l'Occident en général et de la France en particulier. C'est ce que faisaient les Surréalistes, avec notamment leur magnifique tract politico-poétique contre l'Exposition universelle (avec ses zoos humains).
Pour en revenir à Leiris, son exclamation lui a valu menaces et défi du genre "descends le dire ici, si tu es un homme" et, courageusement et témérairement, l'auteur de Biffures est descendu.
Ces énoncés, ces comportements et ces tracts sont de bons exemples pour faire face au sarkozysme et à la réaction épaisse qui le caractérise.
http://fr.wikisource.org/wiki/Ne_visitez_pas_l%E2%80%99Exposition_coloniale
Camarade Jean,
"Breton, Desnos, Philippe Soupault, Michel Leiris, le peintre Malkine, et quelques autres, dans un état d'extrême excitation, jugèrent que les propos outrancièrement chauvins de Mme Rachilde constituaient une insulte inqualifiable à leur ami allemand Max Ernst présent au banquet. En un instant le tumulte se transforma en bagarre entre surréalistes et amis du "Mercure de France". Verres, vitres et glaces volèrent en éclats. Philippe Soupault, tel un singe suspendu au lustre, renversa la table du banquet. Ouvrant la fenêtre sur le boulevard du Montparnasse, Breton la fit sortir de ses gonds. Les badauds s'agglutinèrent devant la célèbre brasserie. Rachilde prétendra qu'elle fut frappée d'un coup de pied au ventre par un escogriffe à l'accent tudesque [Maurice Nadeau, "Histoire du surréalisme"] (Max Ernst). A d'autres, elle dira avoir reçu au visage la serviette d'André Breton qui la traitait de "fille à soldats" ! Elle avait soixante-cinq ans ! Par la fenêtre, l'Allemand Max Ernst criait "A bas l'Allemagne" à la foule massée sur le trottoir et qui l'applaudissait à tout rompre. Pour faire bon poids Michel Leiris lui succédait pour crier à pleins poumons : "A bas la France !" - Descends si t'es un homme !" gronda le "bon populo". Leiris l'était. Fou aussi pour se jeter entre les poings d'une foule qui ne pouvait - et pour cause - rien y comprendre ! Il ne fut sauvé du lynchage que par l'arrivée de la police qui ne manqua pas de le passer à tabac comme fauteur de troubles ! Desnos dut prévenir personnellement le président Edouard Herriot [Edouard Herriot, président du parti radical et président du conseil du Cartel des gauches qu'il avait contribué à former] pour faire libérer son ami du commissariat d'où il sortit avec, au front, une belle cicatrice qui ajoutera à son charme viril et qu'il conservera toute sa vie. La violence de l'échauffourée fit dire à la préfecture de police que les communistes venaient de commencer le Grand Soir !" Yves Courrière, "Jacques Prévert, En vérité", Yves Courrière et Gallimard, 2000 (folio, n° 3650).
Camarade Jean, merci pour ce rappel : Michel Leiris et son remarquable "A bas la France !" C'est un passage du livre que j'aime beaucoup. J'ai déjà eu l'occasion de citer l'auteur, Yves Courrière, et le livre, dans mon billet, "En ce temps-là, la police était la police."
Camarade hêtre,
Bel effort.
Coqauvent,
Girouette nihiliste malheureuse (d'époque).
- Tu crois qu'il a lu jusqu'au bout ?
- Si c'est le cas, il a fait un effort... Un véritable effort ! D'habitude, il se laisse porter par le vent et ne s'arrête pas...
- C'est à souligner...
- Si c'est le cas...
j'ai le sentiment, après la votation citoyenne qui a parlé des solidarités mises en pièces par la politique de sarkozy et notre désir de les retrouver, que cette provocation n'a qu'un but: rappeler à tous les réflexes xénophobes que la France profonde n'a jamais réglés et qui ont malheureusement propulsé ce président. Votre argumentaire est profond et juste mais difficile à transmettre, comment vais-je pouvoir dire à tous ceux qui sont prêts à "hurler haro sur le baudet" que le mal ne vient pas de l'autre que l'on ne comprend pas encore mais de ce qui nous a été montré hier au soir dans le documentaire "la mise à mort du travail"... soit de notre solitude et de la peur qu'ils ont distillée dans nos modestes quotidiens. La-France-qui-a-collaboré continue d'engendrer des fossoyeurs de la fraternité qui, avec Sarkozy ont voulu enterrer notre laïcité, exemplaire précisément en termes d'intégration, en introduisant à Rome le faux-concept de laïcité positive annulant de fait la richesse de celle qui nous relie sans mobiliser la haine de la différence. Réécoutez sur le sujet le débat de ce matin sur France inter .
Je dirai, pour ma part, à ces messieurs et mesdames les gouvernants de la France: "circulez y a rien à voir" de plus que votre sentiment d'être bien né et votre mépris du peuple.
C'est sur l'ordre de l'Elysée que Besson a lancé ce truc. Sarkozy a compris que le combat politique se joue de plus en plus sur Internet. On va donc assister à un débat confus sur le site de Besson, d'où sortira une conclusion à la con préparée par Guaino. Pitoyable.
Cela ne les regarde pas. D'ailleurs la question n'a aucun sens en elle-même. Parce que renvoyée à l'individu, il y a 65 millions +tous ceux qui sont des travailleurs en France,il ya donc autant de manière d'être français. Je suis Française née à l'étranger et partage plus de valeurs avec certains non-Français qu'avec certains Français. Ecran de fumée que ce débat, question stupide, et de toutes façons cela ne les regarde pas.
Comme l'a dit très justement rappelé hier soir François Hollande sur I-TV en réponse à la question d'Audrey Pulvar :
Et le débat sur l'identité nationale, que vous inspire-il ?
Tout ce qui vient d'Eric Besson m'indiffère ; déjà qu'il n'a pas trouvé sa propre identité parmi nous.
Comme vient de le rappeler très justement Jérôme Cahuzac (député Lot et Garonne), tout ceci rappelle la conception qu'avaient les Allemands à propos du droit du sang et à leur responsabilité lors notamment de la 2ème guerre mondiale.
Et à part Pétain, personne ne s'est mis à un tel niveau.
Propos que je partage entièrement.
Bonne journée.
Besson, si tu continues, le peuple français te bottera les fesses, Besson si tu continues...
Est-ce qu'être français, c'est déménager à l'étranger et/ou changer de nationalité dans le seul but de planquer son fric pour échaper à l'impôt?
Quel plaisir en effet de te retrouver en ces colonnes, Mathieu ! Clair, net, efficace. Rien à ajouter...
J'aime aussi beaucoup le récit du dîner franco-allemand. Je m'occupe d'un réseau franco-allemand de sciences sociales avec un Max Planck Institut et j'aurai une pensée presque envieuse pour cette soirée lors de notre séminaire de clôture de ce réseau, dans quelques semaines.
Même analyse,excellente,de "grain de sel".Ne pas tomber dans le piège de la diversion,méthode devenue presque journalière du gouvernement.Les français sont préoccupés par des choses plus graves et urgentes.c'est décidément la chienlit depuis que le nain est au château
Très juste analyse. Merci.
Le mois prochain, je fêterai mes 20 ans... en France. Je ne suis donc pas "français". Je pourrais cependant le devenir sur papier, en me faisant "naturaliser". Pourtant je suis ce que je suis.
Si je deviens français "administrativement", reste la question infiniement plus complexe de mon identité, qui ne se résumera jamais à "être français". Lier "identité" et "nationalité" est un tour de main politicien, mais n'a aucune validité en soi.
En décembre je fêterai mes 9 ans... en France, et suis dans le même cas que James. Merci à l'auteur du billet qui me semble poser très clairement le contexte. La notion identitaire est quelque chose qui ne se rationalise pas, et tout exercice programmé dans ce sens n'est que manipulation. L'expérience nazie en reste un exemple des plus marquants.
Vivement la France d'après... !
Il est hors de question de laisser 1 mm d'espace à Eric Besson et à son zèle pour l'aider à faire encore mieux que ce que peut espérer de lui son grand Vizir, lui même Grand Maître de la non pensée politique mais seulement accroché aux valeurs du (des) portefeuille(s).Il est hors de question, pour moi de m'inscrire dans ce débat sur l'identité nationale, initié par ceux qui l'ont jetée plus bas que terre en la piétinant des deux pieds, en la montrant du doigt et en la mixant à l'immigration pour bien ancrer l'amalgame dans les esprits.Il est évident que ce débat ne ressort pas par hasard à l'aube de cette future campagne électorale, et je suis de ceux qui pensent qu'il ne faut pas se laisser entraîner dans un débat laissant sortir, avant même que d'être lancé, des odeurs de remontées d'égoûts. Il faut au contraire répondre politiquement pied à pied, violemment et avec verve, en occupant tous les espaces médiatiques, à cet appel du pied à poser sur la table ce qui n'a pas lieu d'être débattu, parce que c'est un des fondements de notre histoire et de notre société française. Que nos partis politiques, et le mien, rose, en particulier, fassent de la politique, celle que l'on attend d'eux et pour laquelle on les a élus ou par laquelle ils se sont presque élus tout seuls, et ils remonteront dans mon estime. Qu'on arrête de ramper devant tous ces avilissements, franco-français, franco-immigrés et devant une droite qui a suffisamment la capacité à s'autodétruire sans qu'on éprouve le besoin d'apporter de l'eau à son moulin.Je laisserais volontiers ce ministraillon de 3ème classe, cette girouette affolée, s'engluer et ramasser dans la gueule le boomerang qu'il vient de lancer, sans voler à son secours pour alimenter son plan de carrière ou son avancement à la cour du Roi. J'attends de mon parti qu'il fasse sur ce sujet de l'opposition frontale au nom de ses valeurs, et qu'il arrête de jouer les couleuvres.Qu'on ne compte pas sur moi pour aller débattre de la bonne et de la mauvaise identité nationale. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances actuelles, d'entrer dans ce pseudo débat participatif destiné à la fois à nous étourdir un peu plus, en même temps qu'il caresse dans le sens du poil les paumés, les cassés, de la crise et de la politique néo-libérale du club du Fouquet's, en leur faisant croire que leur bonheur serait dans le charter.Ou alors je me serais trompé de parti politique, moi qui le crois encore fondé sur des valeurs humanistes relativement universelles. La spécificité française n'a pas lieu d'exister et faire semblant d'en définir une ne m'intéresse pas. Elle doit se retirer sur la pointe des pieds derrière la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et fermer sa gueule.Il faut arrêter de chanter avec tous les petits coqs qui apparaissent matin après matin en se prenant pour le nouveau roi de la basse cour parce que leur crête a subitement enflé la nuit précédente.C'est effectivement un débat idéologique qu'il faut avoir, violent, frontal, sans merci sur les valeurs qui séparent la droite de la gauche. C'est sur le terrain politique que nous gagnerons les élections, la prochaine et les suivantes, pas sur des compromissions sur des sujets aussi graves. Je me croyais à tort, avec l'âge, doté d'un estomac un peu blindé, mais ce soir, excusez-moi, j'ai vraiment envie de gerber. Excusez-moi de vous en avoir éclaboussé.
pareil
.
"le ministre Besson réitère son refus de la burqa – pratique certes ultra-minoritaire, mais symbolique de la nécessité où nous serions, face à des étrangers si proches à chaque instant de verser dans l’intolérance et l’oppression, de discriminer pour sauvegarder notre sens de l’égalité, et de fermer les frontières de notre identité pour la conserver si ouverte."
Si la burqa n'existait pas, il faudrait l'inventer. Voilà bien le paradoxe de la situation actuelle où l'exclusion et la discrimination sont invoquées et pratiquées au nom des valeurs d'eouverture et d'égalité...
Il écrit, le môsieur, qu'être Français c'est :
"être français, rappellera-t-on, c’est hériter d’une tradition d’accueil, d’hospitalité et d’ouverture, tradition à l’évidence incompatible avec la politique d’immigration actuellement menée ; c’est se reconnaître dans une citoyenneté définie non par l’origine géographique ou culturelle, mais par la défense et la promotion commune des droits humains partout où ceux-ci sont niés"
Ah que c'est beau .... et stupide à la fois, comme souvent tout ce qui est naïf à hurler de rire.
Car pour 99% des migrants actuels, être Français, c'est profiter des allocations familiales, de la CMU, de la gratuité des soins dans les hôpitaux, bref des bienfaits d'une société trop généreuse pour les moyens qu'elle n'a plus.
99% des migrants n'ont aucune conscience des qualités décrites plus haut, ils s'en foutent littéralement par ignorance du sens de ces valeurs, et Jaures, V. Hugo etc nous ne pas connaitre comme dirait l'Africain du coin qui vient du fin fond de son Afrique. "Moi veut les allocs, les mêmes que mon cousin qu'est içi" (sic !!)
Nous ne sommes plus en face des vagues migratoires du dernier siècle, venant surtout des pays européens de l'est, dont les motivations principales étaient et politiques et culturelles, et l'Allemagne était aussi pour les mêmes raisons un but en soi, noble et distingué.
Vous vous trompez de siècle, d'individus, de leurs natures, de leurs motivations, bref vous avez tout faux.
Bonsoir cloclo,
"Car pour 99% des migrants actuels, être Français, c'est profiter des allocations familiales, de la CMU, de la gratuité des soins dans les hôpitaux, bref des bienfaits d'une société trop généreuse pour les moyens qu'elle n'a plus.
99% des migrants n'ont aucune conscience des qualités décrites plus haut, ils s'en foutent littéralement par ignorance du sens de ces valeurs, et Jaures, V. Hugo etc nous ne pas connaitre comme dirait l'Africain du coin qui vient du fin fond de son Afrique. "Moi veut les allocs, les mêmes que mon cousin qu'est içi" (sic !!).
Ah c'est beau... Non, je plaisante. Vous évoquiez dans un autre commentaire portant sur la même question des études sociologiques sur lesquelles vous fondiez votre opinion. Vous nous livrez ici quelques données chiffrées assez précises qui attisent ma curiosité. Aussi, j'aimerais que vous acceptiez de nous dévoiler vos sources... car les informations que vous nous apportez sont si contraires au sens commun que je n'imagine pas une seconde qu'elles ne constituent pas le résultats d'un travail scientifique audacieux. Si, comme la dernière fois, vous n'apportez aucune référence, il faudra en conclure que ces propos xénophobes ne sont que le fruit de votre cerveau, ou plutôt, de votre cervelle.
@cloclo : je renonce à faire le tri ; vos propos sont méprisables et leur syntaxe, approximative. Vous écorchez le français.
"Vous écorchez le français"... Et surtout, donnez honte d'être français !
Il y a cela dit, dans les propos de "cloclo", un paralogisme intéressant : là même où l'argumentation habituelle consiste à affirmer qu'il faut défendre les valeurs de la citoyenneté à la française contre des étrangers suspects de ne pas les partager, il semble considérer que l'indifférence des étrangers à l'égard de ces valeurs signe leur caractère obsolète - ce qui revient à peu près à définir l'identité française en fonction du point de vue de ceux qui viennent d'ailleurs ("puisque les étrangers n'y croient plus, et ne veulent plus que les allocs, pourquoi y adhérerions-nous encore ?"). Etrange manière de si peu croire en soi-même, au moment même où on lève le menton, et de faire de la hantise de l'autre la clef de ce que l'on est.
Un élève résumait cela parfaitement un jour, en faisant une magnifique confusion : il pensait que, puisque la claustrophobie, c'est la peur d'être enfermé, la "xénophobie", c'était la peur d'être étranger. Je pense que tout est là.
Test
Suis désolée, Matthieu, ne parviens pas à modifier la video mal postée, toutes mes excuses. Sur le fond de votre billet,l'identité relèven selon moi,de l'intime, vous avez sans doute raison de refuser ce débat tronqué.
Pour continuer, je vous rejoins, la question de Besson est pour moi vide de sens, et pour les raisons que vous citez.
Car une minorité importante de "Français" (de par leur passeport) est d'origine "étrangere" depuis plusieurs générations, et malgré cela ils ont encore un pied "dehors".
Je ne sais si vous vous souvenez de la fameuse controverse au sujet de la "double appartenance" lors d'élections dans le passé. Les politiques (de gauche et de droite) reprochaient effectivement à une certaine communauté de voter non en fonction des intérêts de la France mais plutôt en fonction des intérêts d'un pays dont ils se sentaient plus proches par la religion et par l'histoire.
On pourrait étendre ce phénomène maintenant aux communautés arabes, anciennes colonies, ou aux communautés asiatiques très liées au Cambodge, VietNam ou Laos. D'ailleurs des études ont montré que les votes arabes penchaient vers tout ce qui était anti Isralien, et donc par forcément motivés par un vote de type "occidental" pour faire court.
Cette "double appartenance" nouvelle forme ne peut être reproché à ces communautés qui ne veulent pas oublier leurs sources, leurs origines ethniques, au point d'avoir toujours un pied dehors, même après plusieurs générations.
C'est humain et contrairement à ce que j'ai pu laisser entendre, il faut le tolérer et l'accepter d'où pour moi la question de Besson vide de sens.
Ce que j'ai voulu dires dans ma réponse un peu brutale, c'est la surestimation que vous vous faites des motivations des vagues récentes d'immigrés, qui contrairement aux immigrés (européens) des siècles derniers, se foutent complètement des valeurs, cultures, grandeurs de l'histoire appartenant à la France.
Leurs motivations sont plus réalistes, plus pragmatiques, plus "alimentaires", et le sens de "tourisme social" prend tout son sens. Pour avoir "fréquenter" ces différentes communautés, je peux en témoigner. Tant qu'ils peuvent profiter d'un tel pays et de tous ses avantages, plus qu'aucun autres en Europe, pourquoi pas ??
Et enfin pour ma part, je vais vous étonner, à cette question de Besson, je ne sais que répondre et je la considère comme purement "politiquement électoraliste".
Vous venez d'écrire, ou plutôt vous laissez entendre, que vous connaissez les valeurs de chacune des "communautés" de migrants installées en France. Les arabes ne partagent pas les valeurs, cultures, grandeurs de l'histoire de France mais souhaitent uniquement profiter de la générosité de nos prestations sociales. Puis, vous finissez en expliquant que vous-même seriez incapable d'énoncer les valeurs françaises. Donc, si je vous suis, vous ignorez ce que sont nos valeurs mais vous savez que les arabes ne les partagent pas ! Tout ça, toujours en évoquant des études que vous refusez de sourcer. Votre commentaire n'est pas brutal, il est xénophobe.
@ cloclo "motivations des vagues récentes d'immigrés, qui contrairement aux immigrés (européens) des siècles derniers, se foutent complètement des valeurs, cultures, grandeurs de l'histoire appartenant à la France." Comparaison malheureuse, sur quoi se base t-elle ? La préoccupation n'est-elle pas d'abord de faire face à ses besoins vitaux ? Le reste, les valeurs etc ... ne peuvent prendre leur place qu'après; et encore, elles n'intéressent pas tout le monde, quelle que soit sa provenance, dans l'hexagone, ou d'ailleurs.
"Cloclo" :"Nous ne sommes plus en face des vagues migratoires du dernier siècle, venant surtout des pays européens de l'est, dont les motivations principales étaient et politiques et culturelles, et l'Allemagne était aussi pour les mêmes raisons un but en soi, noble et distingué."
Les vagues migratoires que vous évoquez - certes inspirées aussi par les progroms ici, la révolution de 1917 là, la montée des fascismes - en faible partie. Les ouvriers polonais, les ouvriers italiens, et tant d'autres, étaient des immigrants économiques. Les ligues ont su s'en souvenir, dans les années 30.
Quant aux "nobles et distingués" réfugiés politiques, qu'il s'agisse des républicains espagnols ou des Allemands fuyant le nazisme, collés dans des camps , livrés, ils ont sans trouve trouvé la France moyennement noble, à hauteur de 40.
Je ne serai jamais, bien que français, du côté de ceux qui beuglent cun-sang-impur-abreuve...
Pour moi, être français, c'est avoir honte quand un besson s'arroge le droit de parler en mon nom;et comme, depuis quelque temps, les besson ne manquent pas, j'ai souvent honte!
Comme toujours dans ce genre de débat (lancé en la circonstance dans des conditons pitoyables), la question est en elle-même parfaitement stigmatisante "par défaut". Décidément, Besson a toutes les qualités pour faire les basses besognes.
j'adore la confusion entre "claustrophobie " et "xénophobie " !!!
Que ce soit Mr Besson qui lance ce débat ...c'est vraiment le comble. Parceque , franchement depuis qu'il "fait " son sale boulot , je ne peux pas dire que je suis fière d'être française et je crois que mes" ancêtres " seraient morts de honte d'assister à un spectacle politique aussi dégradant .
juste un petit clin d'oeil à Sergeh ( 28 /10 ) en effet , se sentent-ils français ces personnes , célèbres ou non , qui prennent une autre nationalité afin d'échapper à l'impôt ? comment se sentent-ils " français " ???
Coline 2:
En effet, M. Besson n'a pas eu peur de présenter son sale boulot en première ligne. Face aux médias. Pour lui, ce n'est pas la honte, c'est la gloire. Comme vous, je pense à nos ancêtres. Le retour de ces fausses valeurs d'identité française est inquiétant. C'est revenir loin en arrière, à Pétain, à Laval. Et M. Fillon qui parle de "mouvement" en se félicitant de sa politique... D'accord avec vous, aussi, à propos de ces Français qui s'enfuient à l'étranger non pour sauver leur peau mais pour échapper à l'impôt... Dans les questions posées à propos de cette campagne, seront-ils évoqués comme de bons Français ? Il est temps qu'un homme (ou une femme) de gauche s'élève au-dessus de la mêlée et parvienne, le moment venu, à redonner un honneur, une sensibilité, une âme à notre pays.