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Discours posthume du Général De Gaulle du 17 août 2011

Françaises, Français,

Voilà des années et des années que ceux qui ont eu l’honneur de me succéder, se sont vautrés dans le lit immonde de la haute finance dont ils sont devenus les valets.

 

Pour sortir la France de l’état de délabrement, de destruction, de désunion, dans lesquels l’Occupation l’avait plongée, j’avais, en accord avec le Conseil National de la Résistance, nationalisé les banques et les entreprises qui avaient collaboré avec l’ennemi de l’époque. 

De là où je vous parle, j’ai assisté, impuissant, attristé et révulsé, à la soumission des hommes politiques aux dogmes ultra-libéraux, à la remise en cause du rôle d’arbitre de l’Etat dans le domaine économique, et à la supercherie des bulles financières qui ont dénaturé le rôle des bourses qui ne sont plus que des casinos à la solde de mafias en tous genres. 

Moi, Général de Gaulle, je vous appelle pour que vous preniez votre destinée en mains.  

Dans le préambule de la Constitution de la Ve République qu’ont votée certains d’entre vous, et la majorité de vos parents, il est dit que « la souveraineté nationale appartient au peuple français ». 

Par conséquent, il est de votre devoir, de votre intérêt, de l’avenir de la République de vous rassembler pour refuser la dictature de l’ultra-libéralisme, bien plus sournois, mais tout aussi dangereux pour vos libertés, pour l’avenir de vos enfants, pour la paix dans le monde que ne le furent, en leur temps, les politiques totalitaires de la Russie soviétique, de l’Italie fasciste, de l’Impérialisme japonais et de l’Allemagne nazie. 

 

Ressusciter la politique, imposer une Europe unie contre cette dictature éhontée, prendre vos distances par rapport aux exigences des boursicoteurs et autres joueurs de bonneteaux des salles de marché qui ne sont que des machines à faire du capital, par tous les moyens, sans se soucier de la vie des citoyennes et des citoyens.

 

Unissez vos forces, descendez dans la rue, tweetez, facebookez puisque c’est à la mode, prenez exemple sur les peuples de l’Afrique du Nord, recouvrez votre honneur et débarrassez-vous au plus vite de ces guignols que vous avez eu la sottise de mettre en place.

 

Décidez de votre avenir en toute liberté, l’intendance suivra.

 

Au cas où, dans un coup de folie, qui leur est propre de vos jours, des banques osaient vous couper les moyens de vos désirs, n’oubliez pas que l’Etat souverain possède des moyens de coercition. La renationalisation de certaines banques, la taxation des transactions boursicotières sans contrepartie d’investissement pour l’avenir, devrait être calculée à la même hauteur que la taxation de la Française des Jeux puisque cela relève de la même démarche intellectuelle, si j’ose utiliser ce qualificatif pour désigner les produits toxiques largement répandus dans toutes les banques de tous les pays de la planète, les martingales de certains petits génies de la calculette, et les prises de risques insensés des traders qui ont perdu toute humanité pour ne devenir que les serviteurs zélés du capital, plus abstrait que jamais.

 

Votre révolte contre ce système inhumain est la condition de votre Libération. Elle relève, d’abord, du devoir et de l’honneur des français, mais aussi, du devoir et de l’honneur de tous les européens épris de paix et de bien-être. Alors, tout naturellement, cet esprit de résistance gagnera les autres nations quelle que soit leur grandeur, qui s’y soumettront.

 

Il n’est point normal, raisonnable, souhaitable que le dollar demeure à jamais la monnaie de référence dans nos échanges internationaux. Depuis la disparition de sa parité avec l’or, nos économies n’ont connu qu’une chienlit de crises toujours plus dangereuses pour les peuples.

 

Là encore, il est du devoir de la France et de ses alliés européens de faire preuve de responsabilité et de se donner les moyens d’imposer une monnaie d’échange digne des intérêts des peuples. La Banque mondiale, phagocytée par les USA, devrait être reprise en mains et imposer cette monnaie mondiale dont nous avons tous besoin pour construire une planète plus juste, plus écologique, donc plus économique, mais surtout, plus politique.

 

Encore faut-il le vouloir, et posséder le courage de réviser ses propres schémas de pensée, d’affronter les croyances néo-libérales qui ont pollué les esprits et croire en l’avenir de l’humanité. Cela suppose et exige une vision à moyen et long terme, incompatible avec la vision infantile d’une prochaine réélection de qui que ce soit qui ne serait soucieux que de sa propre gloire au lieu de privilégier le bonheur de tous et la grandeur de la France.

 

Vive la République,

Vive l’Union Européenne,

Vive la France !

Tous les commentaires

Mille fois OUI!

Si j'ose dire: "yes, we can!"...

Je recommande!

 Il nous faut notre place Tahrir à Paris et nous mobiliser pour ces changements que vous nous présentez.

Ce que j' apprécie le plus, est que vous ouvrez en grand la porte à toutes les bonnes volontés et non à un parti quel qu' il soit.

Août 2011: la mobilisation devrait commencer par l' envoi de courrier - non   ?- pour crier notre colère: du travail et des logements pour tous !

(Hier, je me suis fait un petit plaisir  : j'ai visionné une vidéo où le Général disait "que la politique de la France ne se décide pas à la corbeille " et l' assemblée présente de rire ! )

A bientôt j' espère.

 

Il n'y aura pas de place Tahrir à Paris .

Pas la peine de rêver .

Faut trouver des espaces pour que la population manifeste son mécontentement et reprenne les choses en main .

Le front populaire a démarré avec des élections banales ...

Je ne vois que cette issue .

Ls.

ça fait du bien, tout simplement. À faire tourner à ceux qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas s'abonner à Mediapart. 

 

Cela donne des raisons d'espérer.

Il est temps de se lever, ensemble, de renvoyer à leurs chères études ces "petits" qui nous gouvernent. Certains les voient grands et ne pensent pas pouvoir refaire le monde parce que nous sommes à genoux. Alors, levons nous et, pour nos enfants, nos petits enfants, disons leur STOP, c'est un autre monde que nous voulons, au service des Hommes et non au service du fric ou d'une caste.

Tiens, bizarre, mon précédent billet m'a été inspiré par Médiapart, et celui-ci se conclut en phase parfaite avec ... Médiapart !

http://adscriptum.blogspot.com/2011/08/les-grands-discours-dun-grand-president.html

Jean-Marie 

Très honoré d'être référencé dans votre excellente analyse sémantique. Je n'en attendais pas tant.

Mais, en son époque, j'avais assez aisément assimilé le phrasé, les tics, comme son recours fréquent à un rythme ternaire.

C'est qu'il manipulait la rhétorique avec toute l'aisance de qui possédait ses humanités acquises au début de l'autre siècle.

Quant au fond, il y avait aussi, bien du camouflage, du mensonge et du panache.

Certains de ses plus zélés compagnons étaient loin d'être des enfants de choeur. Si Mitterrand a eu son Bousquet, de Gaulle a eu son Papon. Pour ne citer que ces deux énergumènes.

Et même si, "croyez-vous qu'à mon âge je vais entamer une carrière de dictateur ?", son arrivée via Alger,  avait bien des remugles de coup d'état, même si le "pronunciamento" s'est réalisé dans le respect des règles de la IVe République.

Président du Conseil et Président de la République n'en pouvaient mais.

Et ce fut mai 58.

Quant à la France-Afrique et les réseaux Foccard, ça puait pas bon des habitudes prises sous la Résistance et adaptées aux circonstances.

La sémantique éclaire bien des aspects mais pas tout.

Avec mes amicales salutations.

 

Max, je comprends très bien votre réponse, même si parler de manière approfondie de de Gaulle - l'homme et l'action - demanderait des heures ! J'avoue qu'en ce moment je suis très pris par ce que je subis en Italie depuis près de 30 ans, et souvent je pense qu'il faudrait pas moins d'un de Gaulle italien pour sortir ce pays du cloaque nauséabond dans lequel il s'enfonce chaque jour davantage : où certains ministres et parlementaires sont des mafieux notoires, qui rétorquent naïvement à qui invoque leur démission devant des montagnes de preuves de leurs méfaits : "démissionner ? et pourquoi donc ?"

Ainsi quand je pense à de Gaulle qui avait annoncé qu'il partirait s'il perdait le référendum, la chose qui me touche - beaucoup -, c'est qu'il l'a dit, et il l'a fait !

Or des politiques qui disent ce qu'ils font et font ce qu'ils disent est une chose qui manque cruellement aujourd'hui... Et en Italie, je vous dis pas !

Cordialement,

Jean-Marie 

Si j'en juge par ce qu'a écrit Rafaele Simone dans le "Le monstre doux", que je trouve chaque jour de plus en plus dur, une fois de plus, l'Italie sert de modèle, hélas.

Il y a bien des points communs entre nos deux chefs d'Etat, sauf que l'un posssède personnnellement une fortune acquise grâce à la mafia, et l'autre n'en est qu'à la phase d'accumulation et dépend de ses "amis" pour le financement de sa campagne, et sa couverture médiatique.

Comme au moment de la montée du fascisme, on a l'impression chaque jour que l'on a atteint le pire. Mais le lendemain se révèle encore pire, jusqu'à l'effondrement ultime.

 

Les bourses tombent. Par quel hasard, les banquiers ne se les marchent pas dessus ? J'attends leurs hurlements avec impatience.

Mais il est exact que la Ve République a été taillée aux dimensions de De Gaulle, et que depuis, tous ses successeurs ont flotté dans le costume bien trop grand pour leur suffisance,  et leur déférence à l'égard des marchés.

Il y a un grand vide intellectuel et moral parmi la classe politique formatée par la pensée unique.

Je cherche l'homme ou la femme qui aura à nouveau une "vision à long terme" et le souci du bien-être du plus grand nombre.

 

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