Le rédacteur en chef du quotidien Birgun, İbhrahim Cesmecioglu, a été arrêté dimanche 17 avril lors d’un contrôle d’identité par la police à Istanbul, après une manifestation organisée par un parti gauche. Au moins trois journalistes ont été arrêté et deux autres condamnés à des peines de prisons au cours de dix derniers jours.
---------
Le journaliste, visé par un mandat d'arrêt pour une «dette» selon la police, a été arrêté sur la place de Taksim, à la suite d’une manifestation à l’appel du parti pour la liberté et la solidarité (ÖDP). Conduit à la Direction de la Sureté de Beyoglu, il sera libéré après avoir payé sa dette, rapportent les medias.
Le 24 mars 2010, la 10e cour d’assise d’Istanbul avait condamné Ibrahim Cesmecioglu à payer d’une amende de 16 660 TL, tandis que Hakan Tahmaz, le défenseur des droits de l’homme et journaliste du Birgün avait été condamné à 10 mois de prison pour avoir interviewé le dirigent du PKK, Murat Karayilan, lors de la même audience.
DEUX JOURNALISTES KURDES ARRÊTÉS
Deux journalistes kurdes avaient été arrêtés le 15 avril par la police turque à Diyarbakir et à Batman. Kadri Kaya, représentant de l’agence Diha à Diyarbakir, chef-lieu du Kurdistan de Turquie et Erdogan Altan, correspondant de la même agence de presse, ont été placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête menée par le procureur général de la République de Batman.
Kaya est accusé d’avoir « glorifié » le PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan et « incité la population » à participer aux manifestations.
Le gouverneur de Batman accuse Erdogan Altan d’avoir « exagéré » le mouvement de protestation et « incité la population à la révolte » sur Roj TV, télévision kurde basée au Danemark et la Radio « Denge Mezopotamya », basée à Bruxelles.
Six correspondants de cette agence de presse kurde est actuellement en prison.
CONDAMNATION DES JOURNALISTES
Le 14 avril, la 4 e cour d’assise de Diyarbakir a condamné Deniz Kılıc, le journaliste et représentant du quotidien kurde Azadiya Welat à Batman, à deux ans et un mois de prison pour avoir transmis des informations à Roj TV par téléphone, sur une campagne de signature lancée pour la libération de leader kurde Abdullah Ocalan, emprisonné sur l’Ile d’Imrali depuis 1999. Kilic a été envoyé à une prison de Batman.
La justice turque avait condamné le 7 avril à six ans et neuf mois de prison Ozan Kilinc, l’ancien propriétaire et rédacteur en chef du seul quotidien en langue kurde, Azadiya Welat.
Neuf journaliste de ce quotidien kurde qui a du changer cinq rédacteurs en un an, en raison de harcèlement judiciaire, sont en prison.
LA PLUS GRANDE PRISON DU MONDE
Selon un rapport du Plateforme "Liberté pour les journalistes" (GÖP), 68 journalistes, dont 10 femmes, sont derrières les barreaux en Turquie, ce qui du pays la plus grande prison du monde pour les journalistes. La plupart des journalistes en prison sont des kurdes.