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Gaz de schiste : une loi qui fait pschiste !

Suite à l'incroyable mobilisation citoyenne demandant la suppression des permis d'exploration de gaz et huiles de schiste, le gouvernement s'était engagé à faire voter une « loi d'interdiction d'exploitation des gaz de schiste ».

Pour François Fillon, il fallait « tout remettre à plat » et « annuler les autorisations déjà données ». Lorsque Christian Jacob, chef des députés UMP s'était prononcé pour « un moratoire ad vitam aeternam », Nicolas Sarkozy l'avait appuyé contre Bernard Accoyer. Pour Nathalie Kosciusko-Morizet, il n'était « pas question d'avoir recours à des procédés d'extraction ayant une incidence écologique désastreuse ». Emballé, vendu. Le temps de détricoter en catimini la proposition de loi initiale...

 

En effet, le texte qui sera présenté aux sénateurs ce mercredi 1er juin n'a pas grand chose à voir avec le texte initial. Les députés l'avaient déjà profondément remanié. L'article 2 prévoyait l'abrogation pure et simple des permis délivrés jusqu'ici. Il avait été remplacé par une procédure donnant la part belle aux industriels, et la décision finale au ministère de l'Industrie, favorable à l'exploitation des gaz et huiles de schiste. La brèche était ouverte. Elle est aujourd'hui béante.

 

En commission, le sénateur Claude Biwer (Meuse) a fait adopter plusieurs amendements qui autorisent le recours à la fracturation hydraulique « dans le cadre de projets réalisés à des fins scientifiques pour évaluer [cette] technique » (article 1). Un article additionnel prévoit la création d'une « commission nationale d'orientation, de suivi et d'évaluation des techniques d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures liquides et gazeux », qui aura notamment pour objectif « d'évaluer les risques environnementaux liés aux techniques de fracturation hydraulique » tout en proposant « les projets scientifiques d'expérimentations de forages employant [cette] technique ».

 

En décodé ? Sous couvert d'une exploration scientifique officiellement encadrée par une commission aux contours obscurs, les industriels pourront entamer ou poursuivre tranquillement leurs forages. Il existe aujourd'hui de très nombreuses enquêtes et documents d'études nord-américains et européens sur les conséquences néfastes sur l'environnement, la santé et les territoires engendrées par les techniques de fracturation hydraulique. Pourquoi forer et fracturer de nouveaux puits si ce n'est pour mettre tout le monde devant le fait accompli ? Une fois qu'il y aura eu multiplication des puits « à des fins scientifiques », pourquoi ne pas généraliser l'exploitation ? La science est ici instrumentalisée pour essayer de masquer les pressions des lobbies industriels, comme au Québec.

 

Ces amendements masquent pourtant l'essentiel. En donnant mandat à cette commission « d'évaluer les risques environnementaux liés aux techniques de fracturation hydraulique », les sénateurs réduisent les problèmes liés à l'exploitation des gaz et huiles de schiste à des considérations de nature technique. Qu'il suffit de « progrès technologiques » pour « accéder à de nouvelles ressources énergétiques » pour reprendre les termes de François Fillon. Pourtant, loin de se limiter à discuter des choix technologiques, les collectifs citoyens mobilisés depuis 5 mois affirment que c'est la pertinence globale de la filière des gaz et huiles de schiste qui n'est pas démontrée.

 

Dévastation des territoires, dérèglements climatiques, nécessaire transition énergétique, tout indique qu'il n'y a aucune raison d'entamer une exploitation des gaz et huiles de schiste en Europe. Seuls les intérêts des industriels font vent contraire et influencent aujourd'hui les parlementaires et le gouvernement. Pour contenir les dérèglements climatiques et rester en-deçà de 2°C d'augmentation des températures d'ici la fin du siècle, et alors que les émissions de CO2 ont atteint un niveau record en 2010, moins d'un quart des réserves prouvées en fossiles (pétrole, gaz et charbon) peuvent être utilisées d'ici à 2050 selon le Potsdam Institute for Climate Impact Research. Il n'y a pas pénurie d'énergies fossiles. Elles sont en excès. Dès lors, il ne faut pas se demander comment exploiter les gaz de schiste, mais pourquoi il faudrait le faire. A défaut, la loi fera pschiste...et laissera place à de nouvelles mobilisations.

 

 

Maxime Combes, membre de l'Aitec et d'Attac, engagé dans le cadre du projet Echo des Alternatives.

 

Tous les commentaires

La preuve !!!

http://www.midilibre.fr/2011/05/24/le-petrolier-attaque-l-arrete-anti-gaz-de-schiste,324090.php

 


le 30 mai 2011

Gard Une compagnie pétrolière attaque l’arrêté anti gaz de schiste de la mairie de Bonnevaux

Midi Libre

24/05/2011

La société américaine Schuepbach Energy a assigné la mairie de Bonnevaux au tribunal administratif de Nîmes. La compagnie pétrolière qui exploite le permis de Villeneuve-de-Berg demande l’annulation de l’arrêté municipal de mars dernier interdisant sur le territoire communal la prospection des gaz de schiste par fracturation hydraulique. Ni plus ni moins que ce que dit la loi votée par les députés le 11 mai. D’où la réaction des anti gaz de schiste qui voient dans cette assignation une preuve que la nouvelle loi n’empêchera pas la prospection.

 

Dans le même esprit les Japonais chassent les baleines à des fins de recherche scientifique.

C'est à se demander qui a tenu la main de Borloo pour signer les autorisations qu'il prétend regretter maintenant... Et ce Monsieur, qui se réclamait de l'écologie, a la prétention de vouloir se présenter à la présidentielle avec une vision pour la France ? En tout cas il ne risque pas d'avoir ma voix rien que pour cette raison parmi tant d'autres d'ailleurs.

Alors qu'on refuse pour raison de sécheresse l'arrosage des espaces verts et des cultures qui elles sont vitales pour les hommes et les animaux, ces prédateurs seraient autorisés à puiser et empoisonner les nappes phréatiques ?

Oui, j'avais moi aussi pointé cet argument: Si on risque tellement de manquer d'eau, l'extraction des gaz de schiste est d'autant plus malvenue. Et si on tient tant à nos centrales nucléaires, il y a intérêt à en avoir de l'eau pour les refroidir au moment de la prochaine canicule!

Amusant, tout cet activisme, on croirait entendre les partisans du minitel en France alors que le monde entier utilisait déjà internet depuis des années...

Ce qui en reste du Minitel aujourd'hui ???

Pourtant, l'Etat et le monopole des PTT l'ont imposé aux citoyens, en leur offrant même l'appareil gratuitement, pour "sauver des arbres" en évitant de publier l'annuaire papier.

Je vous invite à lire l'article:

L'Allemagne met définitivement fin à l'aventure du nucléaire... 

Votre remarque est n'est pas claire . Quel rapport entre el minitel et les gaz de shiste ????

Et le nucleaire ?

 

 

je crois qu'une société,de forage ,se nomme toréador,et que son vice président,se nomme Julien Balkany ,demi frère d'un autre Balkany!!

c'est étrange ou c'est bizarre?Money Money Money...

 

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