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Samedi-sciences (55) : L’ADN révolutionne l’histoire de l’homme

Matthias Meyer en actionMatthias Meyer en action © Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology

Les progrès des techniques d’analyse de l’ADN sont en train de révolutionner l’histoire de nos origines : à partir d’un fragment d’une phalange de petit doigt de 40 milligrammes, une équipe de chercheurs de Leipzig, en Allemagne, a réussi à brosser un « portrait génétique » d’une jeune fille qui a vécu il y a plus de 50 000 ans dans une grotte sibérienne. Les chercheurs ont même pu déterminer que d’après ses gènes, cette jeune fille devait être brune et avoir la peau sombre…Il ne manque que sa photo et son numéro de mobile !

La prouesse, publiée dans la revue Science le 30 août 2012, a été réalisée grâce à une nouvelle technique d’analyse de l’ADN ancien. Celle-ci a été mise au point par Matthias Meyer, au laboratoire de génétique évolutionniste dirigé par Svante Pääbo (Department of Evolutionnary Genetics, Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology, Leipzig).

Ce laboratoire est le plus connu au monde dans le domaine de l’analyse des ADN anciens. Il s’est déjà illustré notamment en établissant la séquence génétique de l’homme de Néandertal et en démontrant qu’il y avait eu des croisements entre les hommes modernes, autrement dit notre espèce, et les Néandertaliens.

La jeune fille sibérienne appartenait, elle, à un groupe humain archaïque proche des Néandertaliens, les Denisovans (ou Denisoviens). Ces derniers ont été découverts en 2008 dans la grotte de Denisova, dans les montagnes de l’Altaï, au sud de la Sibérie. En fait, les restes fossiles de cette espèce humaine archaïque se limitaient à presque rien : deux molaires et au fragment de petit doigt déjà mentionné.

Avec des restes aussi ténus, les scientifiques n’espéraient guère obtenir beaucoup d’information sur les mystérieux Denisovans. Lesquels suscitaient d’autant plus d’intérêt que la grotte où a été retrouvée la fameuse phalange avait aussi été fréquentée par les Néandertaliens et par les hommes modernes (voir Samedi-sciences du 22 octobre 2011).

L’équipe de Leipzig a publié en 2010 une première séquence du génome des Denisovans, beaucoup moins précise que celle d’aujourd’hui. Mais elle montrait déjà que les Denisovans étaient un groupe proche des Néandertaliens, mais distinct, et qu’ils s’étaient sans doute croisés avec les hommes modernes. La nouvelle publication fourni des informations plus détaillées, car le génome de la jeune fille Denisovan a été déterminée avec une précision inégalée pour un ADN ancien, et équivalente à celle que l’on obtient lorsqu’on étudie unADN contemporain.

Le site de la grotte de Denisova, en SibérieLe site de la grotte de Denisova, en Sibérie © J. Krause

Matthias Meyer, le jeune chercheur qui a développé la nouvelle technique d’analyse, n’y croyait pas lui-même : « Personne ne pensait que nous pourrions obtenir un génome archaïque d’une telle qualité… moi y compris », a-t-il déclaré à la revue Science. L’originalité de la technique de Meyer consiste en ce que la séquence est établie à partir d’un seul brin d’ADN, au lieu des deux brins présents dans la molécule naturelle.

Les méthodes utilisées jusqu’ici utilisaient l’ADN en double brin. Or, pour les ADN très anciens, la technique simple brin, plus complexe à mettre en œuvre, est aussi plus performante. Elle permet de « couvrir » beaucoup mieux la séquence génomique, dont il est difficile d’obtenir une version complète sur un ADN archaïque, qui a été altéré par le temps.

En l’occurrence, Matthias Meyer a réussi à obtenir 31 copies du génome de la jeune fille. La moitié environ des copies proviennent de la mère de la jeune fille, l’autre moitié du père, l’ensemble fournissant un génome de qualité équivalente à celle d’un génome récent. L’intérêt d’avoir un grand nombre de copies est qu’en les combinant, on peut arriver à éliminer les erreurs et les lacunes dues à la dégradation de l’ADN. A titre de comparaison, lorsque le groupe de Pääbo a séquencé l’ADN néandertalien en 2010, il n’a obtenu que 1,3 copies en moyenne. Le nombre décimal vient de ce que les chercheurs n’ont obtenu qu’une copie pour la plus grande partie de la séquence, mais deux ou plus pour certains portions.

Le fragment de phalange (à gauche) retrouvé dans la grotte de Denisova (à droite)Le fragment de phalange (à gauche) retrouvé dans la grotte de Denisova (à droite) © Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology

Paradoxalement, la séquence à haute définition obtenue pour la fille Denisovan, dont on ne possède qu’un petit fragment de phalange, est beaucoup plus complète que celle des Néandertaliens, dont il existe des centaines de fossiles. « C’est la première fois qu’un nouveau groupe humain a été découvert par l’analyse génétique plutôt que par la description anatomique », a commenté Svante Pääbo lors d’une conférence de presse à Leipzig.

La nouvelle analyse confirme que les Denisovans se sont croisés avec certains ascendants des hommes actuels, mais elle montre aussi que les relations entre les trois populations humaines – Denisovans, Néandertaliens et hommes modernes – ont été complexes. D’une part, Denisovans et Néandertaliens sont très proches, mais ont quand même eu des histoires distinctes. D’autre part, les gènes néandertaliens sont plus répandus chez les hommes modernes que les gènes des Denisovans.

Les scientifiques ont prouvé que toutes les populations humaines d’aujourd’hui, sauf les Africains, possèdent des gènes de Néandertal. En revanche, seules les populations actuelles d’Océanie et des îles d’Asie du sud-est ont des gènes hérités des Denisovans. Ainsi les habitants actuels de Papouasie-Nouvelle-Guinée  ont environ 3% de leurs gènes qui proviennent des Denisovans. Mais les populations du continents asiatiques, notamment en Chine, n’ont quasiment pas de gènes communs avec les Denisovans.

Selon l’équipe de Svante Pääbo, « Il est frappant que les Denisovans aient une faible diversité génétique (ce qui suggére une petite population) et malgré cela aient été présents aussi bien en Sibérie qu’en Asie du sud-est où ils se sont mélangés avec les ancêtres des Mélanésiens actuels. » Les chercheurs présument que les Denisovans ont connu une rapide expansion à partir d’une population de faible effectif.

Mais pour reconstituer le puzzle, d’autres recherches sont nécessaires. La prochaine étape est d’établir une séquence néandertalienne aussi précise que celle qui a été réalisée pour les Denisovans. Il faudra aussi affiner les datations. Par des méthodes génétiques, Pääbo et ses collègues ont estimé que la jeune fille Denisovan était morte il y a 80.000 ans, ce qui est beaucoup plus que les estimations pour la grotte de Denisova faites par les méthodes classiques (entre 30.000 et 50.000 ans). Ce résultat reste cependant à affiner.

Lorsque les chercheurs disposeront de la séquence « haute définition » des Néandertaliens, ils pourront préciser les relations entre les populations humaines archaïques. Une hypothèse plausible est que les Néandertaliens et les Denisovans soient issus d’une même population ancestrale venue d’Afrique. Si cela se confirme, la théorie aujourd’hui la plus répandue, selon laquelle l’homme moderne est issu d’une vague venue d’Afrique et du Proche-Orient, devra être revue de fond en comble.

Il semble de plus en plus plausible qu’il n’y ait pas eu une, mais au moins deux sorties d’Afrique – sinon davantage – à l’apparition de l’homme moderne. Les découvertes issues de l’ADN sont en train de modifier profondément l’histoire de nos origines.

Tous les commentaires

01/09/2012, 14:01 | Par Philips Michel

Au delà d'une durée de plus de 100.000 ans dans l'histoire des hommes, il n'est pas extraordinaire de trouver non seulement des variations génétiques dans ces populations (Néandertaliens, Denisovans, Sapiens,...) mais aussi des cheminements successifs variables pour une "conquête" de la terre...et des échanges génétiques entre populations génétiquement proches : l’Évolution ne procède par de manière linéaire ("comme si elle ne se trompait pas !") mais par de constantes tentatives essais-erreurs dont la plupart ne laissent pas de traces.

Entrer dans l'intimité de cette histoire est passionnant : merci de nous y faire participer !

01/09/2012, 14:46 | Par Patrig K en réponse au commentaire de Philips Michel le 01/09/2012 à 14:01

"conquête" de la terre....

" ..." .... C'est plus la faim et les territoires de chasses et ceuillettes , que de la conquète ...

Dans un autre sujet, je ne crois pas qu'il y a existé de " Guerre du feu" , comme le film de Annault, et tiré du livre dont je n'ai  plus le nom de son auteur ...

En ce sens, que il est si facilement à partager, que cette guerre me semble peu probable. Ils devaient d'eux meme constater ce fait, plutot que de se prendre des pieux dans le bide, autant allumer une buche et de partager

(hypothèse lu, sur le site Hominidé.com

01/09/2012, 14:41 | Par Patrig K

Toujours aussi enrichissant vos articles, et c'est bien la première fois que je découvre ces peuplades Denisovans... merci

Ce mot "archaïque", me gène un peu, il porte en lieu quelque chose de péjoratif, voir répulsif, bien entendu ce qui est lié à son utilisation dans le langage courant. Néanmoins, n'il y a t il pas un autre mot qui pourrait les définir, plus respectueusement , ni premiers, ni primaires encore moins, peut etre nos sources d'ancètres , nos anciens cousins, que sais je ..?  

Il ne manque que sa photo et son numéro de mobile ! Ou ce qu'il y a lieu de caractériser de  l'archaïque cybernétique ...

à bientot, ...

En espérant que des propos lingistiques ne viennent troubler ce forum ... ;0))

01/09/2012, 16:01 | Par Juliette BOUCHERY en réponse au commentaire de Patrig K le 01/09/2012 à 14:41

C'est intéressant, l'évolution, et aussi l'évolution du langage. Archaïque veut dire ancien, qui n'a plus cours, et un glissement (notre fascination pour le progrès ?) l'a teinté du sens "désuet", "dépassé". Le sens que nous donnons aux mots nous racontent aussi beaucoup de choses sur nous !

01/09/2012, 16:34 | Par Michel de Pracontal en réponse au commentaire de Patrig K le 01/09/2012 à 14:41

Sans me risquer dans la linguistique (!!), le premier sens de "archaïque" est "ancien", avec la même racine que dans "archéologie"; c'est dans un deuxième temps que archaïque a pris le sens de "désuet", "périmé", dépassé". Il est vrai qu'on l'emploie maintenant plus souvent dans le deuxième sens que dans le premier. En tout cas, dans ce billet, je ne l'emploie que dans le sens d'"ancien", je n'y mets rien de péjoratif. Mais peut-être qu'il vaudrait mieux mettre "ancien" plutôt que "archaïque" la prochaine fois :)…

01/09/2012, 17:41 | Par Patrig K en réponse au commentaire de Michel de Pracontal le 01/09/2012 à 16:34

Non que non, ce n'étais pas une remarque  pour ce billet ... Juste un prolongement de réflexion ...

Je suis suceptible et sensible aux motx ...

Comme sur le billet la semaine passée  ou quand le mot  " patois" , dont je connais la définition première, mais qu'il m'est insupportable , de lire et constater que de la part de certains , et d'en faire utilisation à des fins réthoriques, et de polèmiques, surtout quand il n'y a pas lieu  ..

Ici, je l'avais bien noté ... et merci...

Effectivement, nombre de termes, sont à plusieurs sens, d'ailleurs c'est un mal à mon avis de notre temps. Ou quand l'extrème, sert l'anodin ... la distorsion des mots, un trait de la nov-langue ... et zapping permanent

en tous les cas, moi ça me botte vos sujets ..

( je vous envoi un lien, sur l'art pariétal ... et du symbolisme de l'image .. sans prétention)

02/09/2012, 12:02 | Par Jacques Bolo en réponse au commentaire de Patrig K le 01/09/2012 à 17:41

Il faut arrêter de vouloir changer les mots. C'est la maladie professionnelle des intellectuels.

03/09/2012, 12:19 | Par Kaze tachinu en réponse au commentaire de Michel de Pracontal le 01/09/2012 à 16:34

Si on n'utilise pas "archaïque" pour cette jeune fille-là quand pourra-t-on le faire ?!

"ancien" est bien insuffisant...

Et cette découverte est vertigineuse !

03/09/2012, 03:42 | Par ++++++ en réponse au commentaire de Patrig K le 01/09/2012 à 14:41

.

01/09/2012, 16:34 | Par Joël Villain

Cet aricle est passionnant un grand merci!!!

01/09/2012, 18:06 | Par KAK

je ne comprends pas pourquoi d'un côté on ne retrouve pas d'ADN néandhertaliens en afrique et que d'un autre côté il est précisé que ces populations sont sorties d'afrique ?

 

01/09/2012, 19:40 | Par Philips Michel en réponse au commentaire de KAK le 01/09/2012 à 18:06

En regardant ici, on voit que Néandertal serait vieux de 400.000 ans environ. C'est à dire après l'arrivée en Europe des premiers hommes. Il en serait donc une branche "européenne". Enfin, si j'ai compris !

 

02/09/2012, 09:22 | Par Michel de Pracontal en réponse au commentaire de KAK le 01/09/2012 à 18:06

@ KAK

Précision: les Néandertaliens sont peut-être issus d'une population nettement plus ancienne et venue d'Afrique, mais ils n'y sont pas retournés, ils se sont développés en Europe et apparemment aussi en Asie. Les Néandertaliens ne sont pas allés eux-même en Afrique. Et une population africaine plus récente a donné ensuite les hommes modernes. Il y a donc eu plusieurs sorties d'Afrique.

01/09/2012, 18:15 | Par Denise Berthon

Ancien me convient mieux  qu'archaïque. Je dois me tromper car j'utilisais :"peuple premier"? Merci de nous faire partager ces connaissances, et merci pour votre article.

 

01/09/2012, 22:57 | Par profil_inactif_145012

 

Plusieurs sorties d'Afrique - ça a toujours été mon intuition ! Cette recherche est époustouflante,  et vous la partagez superbement avec nous, merci...

 

02/09/2012, 00:04 | Par gris

J'ai eu le privlège de voir Svante Pääbo dans un congrès, c'était passionnant. Je n'avais pas eu l'impression que leur travail remettait en cause l'origine africaine de l'homme moderne mais s'enquérait plutôt de l'existence et de la date des contacts entre ceux ci, les néandertaliens et les denisoviens

02/09/2012, 01:11 | Par Claire Amadou

Merci de cet excellent article didactique - il semble que les données archéologiques, naturalistes et génétiques de ces dernières années soutiennent de plus en plus des croisements interspécifiques entre ces divers précurseurs (lignées avortées ou prospères) du genre homo -

Il se trouve que j'ai eu la chance de participer à la MHC evolution community, le MHC (complexe majeur d'histocompatibilité - Jean Dausset - Prix Nobel - dont la mort concommitante à celle de Bashung fut occulté) - bref dans la MHC communitiny, il y a 10 ans déjà, je défendais la thèse selon laquelle il était vain de rechercher un MHC princeps, ancestral, que les données scientifiques contredisaient les principes bibliques d'un Adam et d'une Eve, et que certainement l'homo qui est notre ancêtre avait émergé en plusieurs lieux, sous divers croisements - ma conviction depuis plus de 10 ans, est que l'ancêtre du sapiens sapiens est multiple - on y arrive, doucement mais surement

rien n'est perdu - continuez à vous intereser à la science

Claire

02/09/2012, 10:06 | Par joelle.lanteri@orange.fr

Alors l'afrique ne serait plus le berceau de notre humanité il va falloir tout déconstruire c'est génial !!!

02/09/2012, 10:15 | Par Michel de Pracontal en réponse au commentaire de joelle.lanteri@orange.fr le 02/09/2012 à 10:06

Pardon, l'article ne remet pas en cause l'origine africaine, il dit que c'est nettement plus compliqué que le schéma admis couramment : très probablement plusieurs sorties d'Afrique, et des croisements inattendus. Mais c'est vrai qu'il va falloir réviser la théorie en profondeur.

02/09/2012, 10:15 | Par RL Portet

Merci, chère  madame Amadou, pour votre mise au point de la spécialiste que vous êtes. 

Il faudrait peut-être aussi envisager --car on est, avec un jugement à partir de notre époque, toujours anachronique-- envisager que, à l'époque très lointaine de ces très lointains ancêtres, les continents américains et africains n'étaient pas complètement séparés...

Et, toute petite remarque de linguiste spécialiste des langues préindoeuropéennes, il semble bien, en l'état actuel des recherches, que le langage articulé humain se soit d'abord manifesté en Afrique (ce qui est appelé aujourd'hui Ethiopie...) mais, bien sûr, il s'agit là de temps relativement "récents" par rapport aux périodes citées (Néanderthal et autres).

Renée

02/09/2012, 22:22 | Par Claire Amadou en réponse au commentaire de RL Portet le 02/09/2012 à 10:15

Renée

votre remarque de linguiste est bien loin d'être hors de propos - les scientists ne sont dieu merci pas tous obtus ou cloisonnés, et les travaux "transversaux" (comme on parle des "compétences transversales" à l'école) qui étaient regardés il y a 25 ans comme des dangereuses dérives idéologiques par des académiciens sont aujourd'hui monnaie courante, voire encouragés! Si, si, on y arrive!

Toujours est-il que généticiens et linguistes (et anthropologues, et géographes, et autres...), pour les plus ouverts d'entre-eux, travaillent main dans la main , et je garde un excellent souvenir d'un séminaire de (puis de discussions avec) Stephen Oppenheimer, passionnant un parterre de généticien,  avec son analyse des dialectes des iles du Pacifique, expliquant que les méthodes d'analyse relèvent de la même mathématique que les arbres phylogénétiques et que les résultats corroboraient les analyses génétiques.

J'aurai tendance à juger qu'un chercheur est avant tout humble, curieux, ouvert à tout ce qu'il ne connait pas, et avide de se confronter à des expertises qu'il ne détient pas - et que tout ceci est la clé de sa progression, individuelle et collective - certains développent des compétences didactiques qui permettent d'ouvrir - d'offrir- des querelles d'experts au bon peuple, et de l'informer

Remerciements et déférence, M de Pracontal

bien à tous

Claire

03/09/2012, 10:01 | Par Patrig K en réponse au commentaire de Claire Amadou le 02/09/2012 à 22:22

Voilà un propos qui me réconforte ..

novice, mais curieux, il m'arrive de proposer des hypothèses intuitives, parfois que je ressents naives , mais peut m'importe ..

Bien à vous Claire ... quelle métier formidale ... c'est domaines ... ;0)

30/12/2012, 14:11 | Par delannoy en réponse au commentaire de RL Portet le 02/09/2012 à 10:15

Il me semble qu'il y ait un petit problème d'échelle de temps... il faut remonter à 80 millions d'années pour voir l'Amérique du sud et l'Afrique non séparés, nos ancêtres n'ont jamais connu ça, pas plus qu'ils n'ont vus de dinosaures.

02/09/2012, 10:40 | Par RL Portet

Petite annexe à mes quatre lignes précédentes:

continents africains et américains non complètement séparés.. et le détroit de Behring n'existait n'existait certainement pas.

Et les hommes ont toujours beaucoup marché (autrefois beaucoup plus qu'aujourd'hui because les moyens de locomotion qui n'existaien pas)

R.P.

03/09/2012, 01:26 | Par Tinus en réponse au commentaire de RL Portet le 02/09/2012 à 10:40

Annexe à l'annexe :

Pour ce qui est de la marche, sûr qu'il fallait de bonne jambes. Suivre les migrations saisonnières du gibier courant, ça faisait voir du pays ! Mais à la nouvelle saison, comme les animaux il fallait refaire le chemin inverse. Avec ça, on ne mourait probablement pas loin de son lieu de naissance.

Les grands mouvements migratoires dont on parle, ça se déroulait sur des centaines de générations. J'avais trouvé un chiffre du déplacement moyen rapporté à une génération : ça ne dépassait pas les 50 km ! Ce qui revient en gros à 10 mètres par jour. Somme toute, le train d'un escargot assez flemmard.

03/09/2012, 01:58 | Par Kaze tachinu en réponse au commentaire de Tinus le 03/09/2012 à 01:26

Parce que j'ai bien aimé l'escargot, ce poème au train un peu lent, un peu long peut-être pour ce fil ...


Chanson des Escargots qui vont à l'enterrement

 

A l'enterrement d'une feuille morte

Deux escargots s'en vont

Ils ont la coquille noire

Du crêpe autour des cornes

 Ils s'en vont dans le soir

Un très beau soir d'automne

 Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le printemps

 Les feuilles qui étaient mortes

 Sont toutes ressucitées

Et les deux escargots

Sont très désappointés

Mais voila le soleil

 Le soleil qui leur dit

Prenez prenez la peine

La peine de vous asseoir

Prenez un verre de bière

Si le coeur vous en dit

Prenez si ça vous plaît

L'autocar pour Paris

Il partira ce soir

Vous verrez du pays

Mais ne prenez pas le deuil

C'est moi qui vous le dit

Ça noircit le blanc de l'oeil

Et puis ça enlaidit

Les histoires de cercueils

C'est triste et pas joli

 Reprenez vous couleurs

Les couleurs de la vie

Alors toutes les bêtes

Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter

A chanter à tue-tête

La vrai chanson vivante

La chanson de l'été

Et tout le monde de boire

Tout le monde de trinquer

C'est un très joli soir

Un joli soir d'été

Et les deux escargots

S'en retournent chez eux

Ils s'en vont très émus

Ils s'en vont très heureux

 Comme ils ont beaucoup bu

Ils titubent un petit peu
Mais là- haut dans le ciel

 La lune veille sur eux.

Jacques Prévert

03/09/2012, 11:17 | Par Dilou en réponse au commentaire de Tinus le 03/09/2012 à 01:26

 

Merci cher Tinus.


C'est vrai qu'on ne se rend pas forcément compte de la réalité à moins d'avoir une notion de ces échelles. J'aime bien votre image de l'escargot assez flemmard.

Cordialement


02/09/2012, 10:48 | Par crabetambour

@ Mr de Pracontal

Continuez a utiliser "Archaique" nous sommes nombreux a savoir faire le disernement entre le pejoratif, et le reste,

Ceux qui en sont incapable sont probablement les memes qui confondent socialisme et Stalinisme, communisme et goulag,

Ils ne mangent pas de "sardines en boite" et preferent  "princesses du Portugal dans leurs mausolees de metal"....

Technicien de surface plutot que balayeur.....

Ne changez rien, et merci pour ce Billet.

 

02/09/2012, 11:33 | Par Jean-Yves Cognac

Passionnant !!!

02/09/2012, 11:44 | Par Dilou

 

Un grand merci pour ce nouvel article, passionnant une fois de plus, cher M de PracontalSourire

Cordialement

 

 

02/09/2012, 19:26 | Par kcn

Il y a t'il des livres scientifiques, ou des articles, accessibles facilement (à trouver et intellectuellement) où l'on pourrait suivre la démarche des scientiques dans l'interpretation de leurs résultats. Comment passent t'ils de séquence d'ADN sur un échantillon à population, éspèce, migration...etc...

02/09/2012, 23:20 | Par Claire Amadou en réponse au commentaire de kcn le 02/09/2012 à 19:26

à kcn

difficile de répondre à votre question: je souhaite malgré tout vous répondre, une réponse de scientifique et d'enseignant

il existe de très nombreux livres, beaucoup sont très didactiques - mais surtout, il existe de nombreux cours en libre acces sur internet

Pour expliciter le fond de ma réponse, si vous ne savez ce qu'est l'ADN, ni vous ne comprenez un mot de ce qu'est un algorithme, de dissimilarité ou de similarité (qui fonctionnent sur le même mode), je crains que seuls les grands vulgaristes soient à votre portée - i jel en existe et je vous en trouverai, en cherchant - si vous êtes conscient que connaissaance nécessite acquisition, alors je vous conseillerait la lecture de qqs coursafin de stabiliser une base qui vous permettrait de progresser

si votre réaction est : "va te faire ....."

alors je ne peux rien pour vous

Claire

03/09/2012, 10:17 | Par cairns en réponse au commentaire de Claire Amadou le 02/09/2012 à 23:20

à C. Amadou: votre réponse est frustrante parce que vous ne donnez ni référence explicite, ni lien internet. Merci à de Pracontal pour votre article très pédagogique et à Leventselève2012 pour m'avoir fait revivre un instant, un très joli poème que récitaient (avec plaisir) mes enfants.

03/09/2012, 23:53 | Par Claire Amadou en réponse au commentaire de cairns le 03/09/2012 à 10:17

à edg

je m'en voudrais de vous laisser frusté - la question de KCN à laquelle je tentais d'apporter une réponse était: "Comment passent t'ils de séquence d'ADN sur un échantillon à population, éspèce, migration...etc..." Cette question relève de spécialités différentes, compétences différentes, outils différents - passer d'un échantillon à une population, c'est à la louche les mêmes mathématiques que les sondages, espèce, c'est simplicime, l'ADN est la définition de l'espèce, migrations ... les populations sont le fruit de leur histoire et les hommes fruits de leurs ancêtres- les analyses ADN permettent d'identifier des incursions divergentes dans une population - c'est sur ce terrain qui la collaboration avec geographes, anthropologues, paléosociolgues, etc est le plus fructueux.

Si vous voulez les bases sur l'ADN, les manuels SVT de 3° seront adéquats (avec de grosses imprécisions, mais bon, c'est la base)

Plus précis, vous avez en ligne de nombreuses facs de médecine qui proposent des cours

Je recommanderai également le magazine Science et vie, qui est d'une très bonne tenue (amateurs très éclairés)

Et puis mon préféré, qui s'adresse à tous, et extrêmement bien documenté: Chromosome 6 de Robin Cook

Croyez-moi, je ne cherche en rien à cultiver les frustrations, bien au contraire - mais il se trouve qu'un professeur construit son cours différemment selon qu'il soit face à des élèves de CAP, BacPro, 3°, lycée ou université - il est impossible de donner une explication précise à destination d'un public hétérogène

 

bien à vous

Claire

04/09/2012, 22:49 | Par kcn en réponse au commentaire de Claire Amadou le 02/09/2012 à 23:20

Merci, parfait, cela m'intéresse, j'ai de bonnes notions en biologie.mais pas dans celle de l"évolution. Tant que ce ne sont pas des articles de recherches hyper pointus, je devrais suivre.

Merci encore

03/09/2012, 01:27 | Par Tinus

Vous savez ce qu'il me dit, mon petit doigt ? Que 80.000 ans passent encore, et tous mes précieux octets seront dispersés au vent.

Heureusement, il y a la petite souris. Je me souviens, enfant, lui avoir déjà donné toutes mes dents. Penser à lui filer aussi mon numéro, on sait jamais.

 

 

03/09/2012, 09:19 | Par DANIELE BARBIER

Passionnant Michel de Pracontal, merci.

Qu'allons-nous découvrir avec cette nouvelle séquence à haute définition (là je fais mon intéressante !) A mon âge votre compétence et celle de tous ces chercheurs passionnés m'intéressent,   je trouve très agréable de me laisser porter par vos écrits, comme dans une belle histoire du monde

 

Tout de même je vais peut-être écouter autrement ceux qui regardent le doigt au lieu de regarder la lune.....

 

03/09/2012, 10:01 | Par mauwa09

Découvertes après découvertes, théorie après théorie la connaissance progresse, et "l'aryen blond aux yeux bleus" s'estompe...

05/09/2012, 19:55 | Par kcn

Chromosome 6 de Robin Cook est un roman.

J'ai trouvé biologie et évolution editions de Boeck, chapitre philogénétique. Les statistiques ont quand même un bon mot à dire...

 

05/09/2012, 19:55 | Par kcn

Chromosome 6 de Robin Cook est un roman.

J'ai trouvé biologie et évolution editions de Boeck, chapitre philogénétique. Les statistiques ont quand même un bon mot à dire...

 

06/09/2012, 10:57 | Par Claire Amadou en réponse au commentaire de kcn le 05/09/2012 à 19:55

kcn

en ce qui concerne l'étude de populations (cad à l'intérieur d'une même espèce), on regarde des gènes variables (comme certains gènes du système immunitaire) - on est issu pour moitié du génome de son père et moitié du génome de sa mère, plus les mutations spontanées (cassures de l'ADN, erreurs de replication, recombinaison). En intégrant ces qqs évênements, on peut ainsi établir des profils génétiques en procédant par similarité - votre profil sera plus proche de celui de votre cousin que celui de votre voisin

en ce qui concerne la phylogénétique (relations entre espèces), la question se traite tout à fait différemment - on considère que nous sommes tous issus de LUCA (last unknown common ancestor, amibe pseudocilliée à ploïdie variable) et que les génomes se sont différenciés par mutations, réarrangements et amplifications - ainsi les études phylogénétiques s'attachent aux gènes dans leur environnement - on peut identifier entre espèces des blocs de synthénie conservés, c'est à dire des ensembles de gènes colinéaires, plus ou moins quelques remaniements. Les algorithmes se basent là encore sur la similarité, et on considère toujours comme plus proches les génomes qui présentent le moins de remaniements. La difficulté réside dans la hiérarchie des évênements, la pondération, entre cassure chromosomique, invertion, insertion, duplication, etc. Ainsi, chez les mammifères, on peut compter autant d'arbres phylogénétiques que d'études

Je vous conseillerais les articles de Philippe Janvier du muséum d'histoire naturelle

pour l'illustration, le site de l'EBI à Hinxton: www.ensembl.org comparative genomics synteny qui permet de visualiser ces blocs de synthénie conservés entre espèces (ex: le bras court du chr6 humain retrouvé chez la souris sur le chr17 pour la partie MHC et sur le chr13 pour la partie télomérique - c'est le sujet du roman Chr6)

j'espère que cela vous permettra de satisfaire votre curiosité

bien à vous

Claire

08/09/2012, 09:46 | Par kcn

Merci Claire.

J' ai compris la démarche et je sais maintenant où chercher si je veux en savoir plus.

Merci encore.

29/12/2012, 15:32 | Par Lefrançois

Tout se réduit alors à étudier l'histoire de l'évolution des populations africaines, plutôt que les symptômes migratoires.

03/01/2013, 04:21 | Par Jérôme Dautzenberg

Tant d'intelligence, tant de chose passionnantes à découvrir, et pourtant combien d'énergie dépensée à emmerder le voisin dans une structure sociale amnésique et archaïque (je peux ?) qui adore le veau d'or et dans laquelle gravir 2 échelons dans la hiérarchie justifie de découper son prochain à la machette.

(petit coup de blues)

En tout cas merci pour cette histoire partagée et vive les sciences humaines non "productives" (ie. non convertibles en $$$ dans les 5 mn qui suivent).

 

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