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Les jolies colonies n'existent plus
Je souhaite m'exprimer sur l'article «Il faut sauver les colos» paru le 15 mai dernier dans Le Parisien. Je voudrais vous donner une autre approche du Contrat d'engagement éducatif (CEE) remis en cause par la Cour de justice européenne qui dénonce l'insuffisance de temps de repos quotidien des animateurs.
Suite à la remise en question du CEE, on s'interroge sur la possibilité que les « jolies colonies de vacances » chantées par Pierre Perret soient bientôt rangées dans l'album des souvenirs.
Pour ma part, je considère que ces colonies n'existent plus depuis longtemps. En revanche, je dénonce une dérive certaine d'un système qui initialement était construit autour du bénévolat et du volontariat.
Aujourd'hui, les organismes de séjours pour mineurs sont des associations qui font des chiffres d'affaires pharaoniques et bizarrement des agences de voyages purement commerciales sont apparues depuis plusieurs années dans ce secteur, qui avait pourtant une vocation sociale et populaire.
Si je m'intéresse au sujet, ce n'est pas par hasard, mais parce que malheureusement j'ai payé un lourd tribut lié aux conditions de travail des animateurs et à l'esprit de profitabilité de l'organisme auquel ma fille Léa a été confiée en août 2009.
Par le biais de notre comité d'entreprise, il nous a été proposé divers séjours pour nos enfants. J'ai choisi «La conquête de l'Ouest américain» via l'organisme de vacances Cousins d'Amérique, qui est une filiale d'un grand groupe leader sur le marché des séjours pour mineurs. L'organisme a été choisi par mon CE, on m'a demandé de ne m'occuper de rien.
Le 22 août 2009, Léa, 17 ans, et Orane, 16 ans, décèdent dans un accident de la circulation, c'est du moins ainsi qu'on nous le présente. En fait, l'animatrice du séjour, qui faisait également office de conductrice, s'est endormie au volant de son véhicule à 10h00 du matin, il n'y a pas eu intervention d'un tiers, la route était droite et la météo au beau fixe. L'animatrice, âgée de 31 ans, n'avait pas pu dormir, car le groupe avait établi son campement derrière une station service vers 2 heures du matin. Le manque de confort, l'heure tardive, l'absence de repos durant 10 jours consécutifs ont conduit à un drame qui finalement était prévisible lorsqu'on fait l'analyse des conditions de séjours. De plus, les alertes ont été nombreuses sur ce séjour comme sur d'autres plus anciens. Je ne m'étendrai pas sur le fait que les familles avaient acheté un séjour en pension complète et qu'il n'était nullement prévu que les enfants fassent du camping sauvage...
Les animateurs, au nombre de 3, faisaient tous offices de conducteurs, donc 3 animateurs pour 3 véhicules de 12 places. Les animateurs devaient :
1. encadrer les 20 adolescents,
2. s'occuper de la gestion du budget qui leur était alloué pour la nourriture, l'hébergement et les activités
3. préparer les repas
4. assurer le transport des mineurs sur des milliers de kilomètres
Les animateurs rémunérés à hauteur de 20 euros par jour grâce au CEE sont donc tenus de travailler 7j/7, 24h/24 soit environ 1 euro de l'heure.
Ma question est la suivante : A qui profite véritablement le CEE ?
Ce contrat permet-il véritablement de proposer des colonies de vacances accessibles à tous? Je vous invite à consulter les catalogues en ligne de TELLIGO, COUSINS, etc. et vous verrez que malgré des contrats tels que le CEE, plus qu'avantageux pour les organismes de voyages, les séjours n'ont plus rien de populaires et la vocation sociale n'est qu'un leurre.
Le séjour meurtrier a coûté 2640 euros, financé en grande partie par mon employeur.
Je vous invite également à faire un comparatif entre le prix d'un séjour pour mineur et celui d'un séjour pour adulte, pour ma part j'ai fait un comparatif c'est réellement édifiant !!
Les séjours pour mineurs sont nettement plus chers, et pourtant les prestations sont largement inférieures. En effet quel adulte ayant payé presque 3000 euros accepterait de dormir par terre, de rouler des nuits entières avec des animateurs qui leur demandent de les tenir éveillés en chantant ou en mettant la clim à fond ? De manger des sandwichs à tous les repas...
Donc je m'interroge toujours sur le CEE et sur les véritables bénéficiaires de ce contrat qui finalement n'engendre que la précarité et permet à du personnel sans véritable formation si ce n'est le BAFA et le BAFD (qui ne sont pas des diplômes professionnels) de prendre en charge nos enfants. Etrange tout de même que dans le milieu de l'enfance perdure un tel amateurisme !
Aussi lorsque je lis dans le Parisien que sans le CEE, les colonies de vacances sont menacées et qu'il est nécessaire de les sauver, je m'étonne que l'on n'évoque jamais véritablement l'enfant et l'enjeu financier qu'il représente. Je m'interroge sur ceux qui ont le plus intérêt à préserver le CEE et sur les véritables motivations de leur démarche. Pensez-vous que les parents soient prêts à sacrifier la sécurité de leur enfant afin qu'il puisse partir en vacances à tout prix ? L'amplitude de travail que soulève la cour européenne de justice en matière de CEE doit être selon moi abordée selon l'intérêt de l'enfant et les faits sont là. Même si on vous rétorquera que les accidents sont exceptionnels, sachez que les organismes n'ont aucune obligation de faire remonter l'information lors d'un incident et nombres d'alertes et de mécontentements ont été camouflés (témoignages à votre disposition).
Je feuillette régulièrement des catalogues publicitaires d'agences de voyages spécialisées dans les colonies de vacances (qui aujourd'hui est un terme tombé en désuétude on parle désormais de séjours jeunes): 1100 euros 14 jours dans les pays de Loire (sans le transport et l'assurance !) 800 euros 10 jours en Bretagne pour les 8 - 11 ans (sans le transport et l'assurance !). C'est Pierre Perret qui serait étonné d'apprendre que nos chères têtes blondes se voient aujourd'hui proposer des colos à Hawaii pour 3 500 euros !!! Grâce au CEE, les organismes de vacances pour mineurs font du tourisme qui n'a rien de populaire ni de social, quand aux animateurs ils ne sont que les dindons de la farce !!
Aujourd'hui, l'animatrice à l'origine du drame se positionne en victime du système dans lequel elle a accepté d'entrer. Son contrat étant assimilé à du bénévolat, elle n'est pas reconnue en accident du travail, elle est interdite d'exercer auprès de mineurs...
Mon employeur ne veut plus proposer de séjours aux enfants de ses collaborateurs, la responsabilité est trop écrasante, de plus il s'est aperçu que l'organisme n'a pas respecté l'itinéraire de la brochure vendue au CE sur notre séjour comme sur les précédents. La répression des fraudes a conclu à de la tromperie commerciale, une procédure judicaire est en cours.
Faut-il également aborder la double activité des organismes qui profitent du CEE ? Il ne faut pas oublier que les organismes qui «embauchent» leurs animateurs avec un CEE sont souvent les mêmes qui ont reçu des subventions de l'Etat dans le cadre de la formation BAFA. Franchement que demande le peuple ?????
Je me permettrais en conclusion de cette lettre un petit commentaire acide. Si vous avez encore un doute sur l'évolution des colonies de vacances et sur leurs véritables vocations alors je vous suggère de vous pencher sur TELLIGO et ses nombreuses filiales omniprésentes dans les catalogues des plus grands CE de France et qui prend en charge des milliers d'enfants par an. A la tête de la holding (car il s'agit d'une holding) un polytechnicien qui use et abuse du CEE au point d'avoir mis une offre d'emploi illégale encore dernièrement sur le site web planetanim.com consacré aux animateurs. Voilà ce que sont devenues les colonies de vacances.


Le commentaire le plus recommandé
Merci de votre témoignage clair, concis, impitoyable, malgré le drame qui vous touche personnellement. Je m'associe tant que je peux à votre douleur et surtout à votre combat.
Ma propre fille a voulu envoyer ma petite fille de 12 ans, à sa demande, en colonie de vacances cet été. Elle a dû y rennoncer, pour des raisons pécunières (2 salaires au foyer). Effarrée par le prix des séjours, elle m'a téléphoné pour me demander comment je faisais pour les envoyer en colos, quand elle et son frère étaient petits, avec mon simple salaire, (très peu supérieur au Smic). Je bénéficiais d'aides sociales (bons vacances de la CAF) et je ne me souviens pas de sacrifices particuliers.
Ma fille travaille comme éducatrice de jeunes enfants (diplômée), en crèche d'entreprises, privée et libérale. Les créateurs, jeunes loups aux dents longues, en ouvrent 1 par jour ! avec la bénédiction et l'appui de Nadine Morano. C'est en gros le même problème, avec les mêmes problèmes d'insécurités. La rentabilité à n'importe quel prix ! Au mépris du personnel et du bien être des enfants. Leur "entreprise" a obtenu le prix du meilleur "jeune entrepreneur" (avec force ministres) et est basée à ... Monaco !
Votre billet est à rapprocher de l'article sur les saisonniers.
Jusqu'à quand et jusqu'où? laisserons-nous s'opérer cette casse des entreprises sociales par la main du marché libéral ? A quel prix, notre aveuglement, notre inertie...
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le lien permettant d'aller directement au forum:
http://www.planetanim.com/modules/newbb/viewtopic.php?viewmode=flat&type=&topic_id=14424&forum=4
Merci de votre témoignage clair, concis, impitoyable, malgré le drame qui vous touche personnellement. Je m'associe tant que je peux à votre douleur et surtout à votre combat.
Ma propre fille a voulu envoyer ma petite fille de 12 ans, à sa demande, en colonie de vacances cet été. Elle a dû y rennoncer, pour des raisons pécunières (2 salaires au foyer). Effarrée par le prix des séjours, elle m'a téléphoné pour me demander comment je faisais pour les envoyer en colos, quand elle et son frère étaient petits, avec mon simple salaire, (très peu supérieur au Smic). Je bénéficiais d'aides sociales (bons vacances de la CAF) et je ne me souviens pas de sacrifices particuliers.
Ma fille travaille comme éducatrice de jeunes enfants (diplômée), en crèche d'entreprises, privée et libérale. Les créateurs, jeunes loups aux dents longues, en ouvrent 1 par jour ! avec la bénédiction et l'appui de Nadine Morano. C'est en gros le même problème, avec les mêmes problèmes d'insécurités. La rentabilité à n'importe quel prix ! Au mépris du personnel et du bien être des enfants. Leur "entreprise" a obtenu le prix du meilleur "jeune entrepreneur" (avec force ministres) et est basée à ... Monaco !
Votre billet est à rapprocher de l'article sur les saisonniers.
Jusqu'à quand et jusqu'où? laisserons-nous s'opérer cette casse des entreprises sociales par la main du marché libéral ? A quel prix, notre aveuglement, notre inertie...
Très intéressant et qui me conforte dans les doutes que j'ai concernant ces contrats bâtards : bénévolat/indemnisation . Ces contrats ont certainement eu leur utilité à des époques où , plus ou moins , chacun jouait le jeu .Mais aujourd'hui où toute loi est rapidement pervertie par un "entrepreneur malin" , il vaut mieux revenir aux fondamentaux et ,en l'espèce , c'est que tout travail mérite un contrat de travail "normal" .
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Je recommande et j'assure Nathalie Baldaccini de toute ma sympathie.
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jpylg
Je vous remercie d'apporter votre témoignage, cela ne doit pas être évident ...
Car cela me fait en effet bien réfléchir sur cette question, ayant moi-même deux enfants en âge de partir en colo ou camp d'ados, et qui pourraient le faire via l'employeur de leur père, en effet, grosse boîte, gros CE, gros catalogue de choix de vacances pour nos jeunes ....
... Gros marché, en effet, vu sous cet angle, et évidemment il faut faire confiance...
Merci encore.
Témoignage édifiant dont je remercie Nathalie Baldaccini en l'assurant de toute ma sympathie...
Et elles sont effectivement loin les colonies de vacances que j'ai fréquenté pendant mon enfance...
Toute personne travaillant avec les enfants doit être formée et rémunérée de manière à ce qu'il y aie beaucoup de candidats : la responsabilité est bien trop écrasante pour la laisser aux bons soins des commerciaux.
Merci de votre témoignage.
UN GRAND MERCI pour les circonstances de l'accident repris ci-après (on comprend que des parents deviennent fous !) :
"Le 22 août 2009, Léa, 17 ans, et Orane, 16 ans, décèdent dans un accident de la circulation, c'est du moins ainsi qu'on nous le présente. En fait, l'animatrice du séjour, qui faisait également office de conductrice, s'est endormie au volant de son véhicule à 10h00 du matin, il n'y a pas eu intervention d'un tiers, la route était droite et la météo au beau fixe. L'animatrice, âgée de 31 ans, n'avait pas pu dormir, car le groupe avait établi son campement derrière une station service vers 2 heures du matin. Le manque de confort, l'heure tardive, l'absence de repos durant 10 jours consécutifs ont conduit à un drame qui finalement était prévisible lorsqu'on fait l'analyse des conditions de séjours. De plus, les alertes ont été nombreuses sur ce séjour comme sur d'autres plus anciens. Je ne m'étendrai pas sur le fait que les familles avaient acheté un séjour en pension complète et qu'il n'était nullement prévu que les enfants fassent du camping sauvage..."
Ma fille a travaille comme animatrice en colonie de vacance, et se plaignait egalement qu'elle ne pouvais pratiquement pas dormir. Ce probleme semble assez general, avec des consequences graves.
Les animateurs de mon enfance (j'ai fréquenté les colos SNCF) avaient une technique imparable pour réduire considérablement leur temps de travail.En effet, responsable des enfants 24/24h et manquant bien sûr de moyens pour distraire les jeunes têtes blondes, l'astuce consistait à nous faire marcher (ou pédaler) la journée durant.De bon matin nous nous dirigions vers...nulle part, nous revenions en fin d'après midi, épuisés.Ainsi, nos "monos" étaient certains de passer une nuit entière à dormir sans être trop dérangés.Avec le recul, je comprends parfaitement ce comportement qui leur permettait d'être frais et dispos le lendemain matin.S'occuper d'enfants demande beaucoup d'énergie, le repos est essentiel!
Ancienne animatrice, comme beaucoup de jeunes étudiants, fille de directeur de colonie de vacances, je suis très touchée par ce témoignage. Je reconnais à la fois la dérive concernant les conditions de travail, ce qui conduit à de grands drames, mais également le manque de visée pédagogique et éducative quant à ces "séjours jeunes". Je me souviens, pour mon dernier séjour, avoir encadré des ados logés dans un hôtel.... à l'île Maurice ! Où est l'apprentissage de la vie en collectivité, le vivre ensemble, la mixité sociale (ces séjours sont chers, même avec un CE derrière) ? Par ailleurs, même si j'ai vécu de grands moments comme animatrice, je ne suis pas sûre que travailler toute la journée non stop, et dormir 4 heures par nuit soit un service à rendre aux enfants que l'on encadre.
Merci donc Nathalie pour ce témoignage, difficile mais courageux.
C'est moi qui vous remercie pour votre lucidité et votre honnêteté. L'association "Les amis de Léa et Orane" travaille en étroite concertation avec des députés et sénateurs alertés par le nombre de dysfonctionnements mis en lumière lors du séjour. L'association représentée par Monsieur Thierry Diologent se tient à la disposition et à l'écoute de tous ceux qui souhaitent que les colonies de vacances retrouvent leurs vocations initiales et que l'enfant redevienne la véritable priorité.
Je souhaite vous remercier pour vos commentaires et l'intérêt que pour portez à cette douloureuse affaire qui met en lumière des comportements et agissements absolument scandaleux. La perte d'un enfant est insurmontable, la douleur et l'impact sur nos vies sont indescritibles toutefois il est important pour nous familles de victimes d'informer sur la mise en danger de nos enfants car se taire serait criminel.
Ce "voyage de la honte" qui a coûté la vie de Léa et Orane n'a rien d'exceptionnel nous l'avons découvert malheureusement trop tard.
Nous souhaitons éveiller la vigilance des familles et les inciter à ne pas faire confiance aveuglément même si le séjour est proposé par un Comité d’Entreprise comme ce fut le cas pour nous.
Nous souhaitons interpeler les animateurs afin qu’ils comprennent que les conditions de travail qui leur sont proposées ont des répercutions évidentes sur la sécurité des jeunes dont ils ont la responsabilité.
Le CEE est une énorme hypocrisie car il est utilisé à mauvais escient au détriment de la sécurité des mineurs.
Nathalie BALDACCINI
Merci pour votre témoignage. Je suis directeur d'un accueil collectif de mineurs.
Je ne dirige pas une colo mais un accueil de loisirs où les heures effectuées sont aussi nombreuses.
Notre employeur ne nous rémunère pas sur ce type de contrat, nos forfaits sont plus que corrects et nous avons la chance de pouvoir récupérer le soir à la maison.
Cependant, je dois vous informer que le problème que vous soulevez pour les colos fait aussi parti de mes préoccupations en accueil de loisirs.
Comment effectuer un travail de qualité tout en prenant en compte le nombre d'heures effectuées par les animateurs ?
Les recommandations de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (anciennement Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports) ?
Là où je vous rejoins complètement est que des animateurs trop fatigués peuvent mettre en cause la sécurité des enfants.
Pour notre part, il nous est impossible d'effectuer notre travail journalier en 8 heures car le soir nous faisons les réunions de bilan de la journée et nous préparons nos activités pour le lendemain. Sans compter le temps où nous sommes en camping.
Il y a beaucoup à dire sur ce que nous faisons mais ce métier n'est pas du tout reconnu car il n'est pas considéré comme un véritable travail.
En ce qui me concerne j'ai choisi de le faire car je pense que tous les enfants ont le droit d'avoir accès aux loisirs, à la connaissance de façon ludique, à la culture.
Je le pratique en me positionnant comme militant de l'éducation populaire et je peux vous assurer que je ne suis pas prêt de diriger un séjour où les parents doivent payer un tel prix ! Et les animateurs travailler dans de telles conditions !
Ce que vous vivez est dramatique et je vous remercie encore pour votre témoignage courageux.
Votre témoignage me touche profondément. Je n’ose imaginer la douleur que vous avez ressentie lorsque vous avez appris la terrible nouvelle. De ce point de vue, je comprends le portrait des colonies de vacances que vous brossez.
Cependant, je me permets, en tant que chef de service enfance qui organise ses propres colonies, en tant qu’ancien directeur et animateur de colonies de vacances, en tant que militant au sein d’un grand mouvement de jeunesse, de vous assurer que mes préoccupations et mes priorités ne se limitent pas aux questions financières et budgétaires, dans le choix des partenaires, loin de là. Bien d’autres considérations entrent en ligne de compte, comme le projet éducatif de l’organisateur, l’organisation matérielle et les moyens mis à disposition des séjours, le ratio d’encadrement, le budget alloué à chaque séjour...
Si je déplore l’existence d’organismes tels que celui que vous citez, préoccupés par une rentabilité optimale, je me dois de rappeler que tous n’ont pas la même vision libérale des centres de vacances. Nombre d’associations, et de collectivités territoriales, ne voient pas (encore ?) les centres de vacances comme un marché, mais comme un, voire l’unique, moyen de permettre aux enfants et aux jeunes, notamment de milieux défavorisés de partir en vacances.
En ce sens, votre témoignage rappelle qu’entre la volonté affirmée de maintenir des coûts accessibles aux familles, notamment modestes, et des objectifs de rentabilité, la frontière peut être très mince. Pourtant, j’en suis convaincu, une réelle frontière existe entre ces deux tendances. Celle qui sépare ceux avec lesquels je souhaite coopérer de ceux que je combats. Vouloir que le maximum d’enfants ou de jeunes partent ne peut se faire au prix de n’importe quel sacrifice.
Bien à vous.
Je suis convaincue que des organismes avec de véritables valeurs sociales, pédagogiques et populaires existent mais malheureusement ils ne sont plus représentatifs du secteur. Combien d’enfants pouvez-vous faire partir chaque année ? Je vous engage à lire l’article paru dans France soir le 18 juillet http://www.francesoir.fr/actualite/economie/telligo-succes-des-colos-intellos-119467.html L’organisme annonce 14 millions de chiffres d’affaires et pour autant occulte complètement de préciser que les salariés sont engagés avec des Contrats d’Engagement Educatif. Cette PME spécialisée dans les colonies de vacances omet également d’annoncer le budget colossal qu’elle investit dans la pub pour dénicher des enfants pour ses séjours qu’elle avoue elle même« pas donnés » donc pas abordables pour tous. 12 000 enfants en 2 mois ! Certains séjours atteignent plus de 3000 euros, pensez-vous que ce sont des enfants de chômeurs qui prennent le départ ? Il semblerait que la cible privilégiée soit les enfants des collaborateurs des plus grandes entreprises françaises, IBM, AIR France etc… Je reconnais la part de responsabilité des parents. Moi-même j’étais ravie d’offrir la Californie à ma fille moi qui n’avait jamais eu de passeport ! On veut tout et le meilleur pour son enfant et certains l’on bien compris et vendent du rêve… lorsque j’ai découvert l’envers du décor il était trop tard… Je ne demande pas la mort des colonies de vacances, je souhaite seulement que ce milieu soit protégé des usurpateurs qui n’ont aucune vraie considération pour l’enfant. Comme sa sœur, ma fille cadette souhaite elle aussi découvrir le monde. Que faire ? Comment faire le bon choix ? Sur quelle base ? Cela m’est impossible. Peut-être ne le savez-vous pas mais au lendemain du 22 août 2009 l’organisme de voyages à mis un message de condoléances sur son site en ligne, suivi d’une annonce commerciale sur le nombre de séjours restant à vendre. 10 jours après les obsèques des enfants, l’organisme fêtait ses 21 ans d’existence en grandes pompes toujours sur son site en ligne et invite les familles à les retrouver dans 10 ans ! Léa et Orane appartenaient déjà au passé, « on ne fait pas d’omelette sans casser les œufs » dira un animateur sur le site planetanim.com. Si vous avez encore un doute sur la considération que l’on porte aux enfants moi je n’en ai plus. Mais je vous le répète je crois qu’il existe encore quelques organismes honnêtes, le tout est de savoir qui vous êtes, où vous êtes, afin de vous distinguer parmi la horde affamée.
Madame,
Je viens de découvrir votre histoire. Je suis un jeune directeur de colo et a vous lire et même à vous regarder sur votre blog (notament les videos du 23 avril), je suis épaté par tant de sang froid et surtout par tant de justesse. Je me repettais tout seul à voit haute : "mais elle as tout compris".
Trop d'organisations profitent du CEE, de l'ambiguité entre colo et voyage touristique, du peu de lisibilité qu'on les parents et de certaines largesses réglementaires tout ça avec aucune ambition éducative.
J'espere pleinement que la réforme à venir pourra être profitable pour tout le monde!