Sun.
27
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Après la mort d'un homme à Marseille, le débat sur l'utilisation du Flashball "arme non létale qui tue" est relancé.

Le résident d'un foyer de Marseille victime d'un arrêt cardiaque dimanche 12 décembre après avoir accusé un tir flash-ball d'un policier est décédé.

 

Touché au thorax et en arrêt respiratoire à l’arrivée des secours, il avait été transporté dans un état critique, selon le rapport des marin pompiers. L'autopsie a révélé qu'il était décédé d'un "oedème pulmonaire" provoqué par l'arrêt cardiaque, lui même causé semble t-il par le tir.

 

A l’origine une querelle de voisinage dans un studio d'un foyer de travailleurs situé dans le 15ème arrondissement. La victime, connu des services de police pour de petits délits, avait causé une légère blessure par arme blanche à un autre pensionnaire et refusait de donner son couteau aux forces de l’ordre. Très agité, l’individu aurait jeté une grande tasse en verre sur la tête d’un policier, le blessant au sang. Celui-ci a riposté d'une décharge de flash-ball, à une distance non règlementaire que seul la légitime défense peut motiver. La distance minimum requise pour un tir de flash-ball est de 7 mètres. Le fonctionnaire a été hospitalisé et s’est vu poser quatre points de sutures. Aucune mesure coercitive n’a été prise à son encontre.

Cet incident relance le débat sur l'utilisation abusive ou justifiée du flash-ball :

 

La secrétaire National d'Europe Ecologie Cécile Duflot demande "un moratoire sur le flash-ball et le Taser". "c'est la deuxième fois en quinze jours qu'une arme non létale tue"

 

Le Parti Communiste a demandé "un moratoire de toute urgence". "Faisant suite aux nombreux accidents ayant entraîné des blessures graves depuis sa mise en service, le flashball, arme soit disant non létale, démontre aujourd'hui que son utilisation peut-être fatale"

 

Le député socialiste de l'Essonne Julien Dray a déclaré qu'il fallait 'sans attendre suspendre l'utilisation du flash-ball et reposer plus généralement la question des autres équipements de ce type, comme le taser"

 

Pour Olivier Henno, en charge des questions de sécurité au Modem, il faut "un débat approfondi et public sur l'utilisation d'arme de guerre ou dit non létales par les agents de la sécurité publique"

 

Pour le NPA Marseille, "il faut mettre fin immédiatement à l'utilisation du flash-ball, du Taser par la police"


La ligue des droit de l'homme des Bouches-du-Rhône a dénoncé "une arme qui mutile et qui tue" et posé "la question de son interdiction"

 

Amnisty International France (AIF) demande "que le cadre d'utilisation du flash-ball soit modifié pour que les forces de police ne les utilisent que dans le cadre du respect de la légitime défense pour soi et pour autrui"

 

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux avait dans un premier temps relativisé et appellé "à la plus grande prudence" : "j'ai encore en mémoire ce qui c'est produit il y a quelques jours :une personne qu'on avait présentée comme (...) ayant décédé des conséquence d'un tir de Taser, (...) l'analyse médicale a montré que très certainement cela n'était pas le cas"

 

 

Tous les commentaires

Tout cela est bien triste, mais enfin ...

l'intéréssé a poignardé son collocatire, s'est rebellé, à frappé un policier, a menacé les autres de son couteau et a asséné un coup d'objet contondant sur un autre le blessant. Impossible de le contenir et risques avérés.

Comment on fait ?

C'est facile de théoriser la distance d'emploi ...

On devrait envoyer par tirage au sort un certain nombre de nos concitoyens tenir le Kärcher à tour de rôle de temps en temps, ça remettrait les idées en place. Sans tazer, sans flash ball, comme ça en pékins.

Moi, quand de je vois les flics, j'ai encore la peur du gendarme, il ne me viendrait pas à l'idée de me rebeller que voulez vous. Je m'arrête tout de suite, même si ils m'emmerdent avec des trucs à la con et s'amusent à jouer aux cons en contrôlant mes papiers sous une pluie battante et en faisant exprès de les tremper dans la flotte.

Un flic c'est un flic, quand il dit stop, c'est stop et on s'écrase ou alors on prend ses risques.

Vous voulez qu'ils y aillent en slip ?

Dans le 95, c'est plus d'une centaine de tirs directs sur les flics par armes à feu et par an. Vous voyez le truc ?

Il y a malheureusement des réalités et les flics font bien moins usage des armes dont ils disposnet que ne les y autorisent la loi et le règlement.

Bien moins ; sans quoi, c'est par centaines que l'on compterait les cas de décès dans des conditions strictement légales.

  • COMMUNIQUÉ - Affaire du flash-ball à Nantes : Un jugement quatre fois  paradoxal. 

  • 1 - Inversion de la victime et du   coupable.

 

Contre toute attente, le texte du jugement rend « raisonnable » le « doute » (page 12) selon lequel la victime mutilée à l'oeil aurait jeté des  projectiles sur les policiers, alors que de cette imputation infamante, il  n'avait jamais été question en quatre ans d'instruction, et durant les deux  jours d'audience. Si bien que la victime n'a jamais pu se défendre de cette  accusation survenant après l'audience, ni produire des évidentes preuves  matérielles de sa fragilité.

 

  • 2 - Paradoxe des contradictions internes du jugement : un policier   menteur qui dit la vérité ?

Le  même texte de jugement ne craint pas de qualifier de « vraisemblable la version  des faits présentée de manière constante par Mathieu Léglise [le policier  tireur] » (page 12) alors que ce même jugement a mis en pièce sans pitié sur  quatre pages (8 à 11) le mensonge qui constituait sa principale argumentation,  mensonge selon lequel il aurait bien tiré sur quelqu'un à la tête, mais sur  quelqu'un d'autre. Quelle est la valeur de véracité d'un prévenu dont le  tribunal a reconnu qu'il avait menti sciemment ? On a ici l'impression d'un « copier-coller » d'argumentations intellectuelles contradictoires au fil des 15  pages des attendus du jugement.

Faut-il rappeler que durant l'audience le juge avait reproché au tireur  d'avoir caché à l'instruction qu'il avait eu précédemment d'autres problèmes  avec des blessures causées par son arme, lors de tirs compulsifs sur des  festivaliers des Rendez-vous de l'Erdre ?

 

  • 3 - Paradoxe de l'insulte faite par le juge au policier tireur,   Mathieu Léglise, et donc à toute la police.

 

Dans  ses attendus, le tribunal ne craint de reprendre l'argumentation incroyable et  désespérée de l'avocat du tireur, selon lequel les policiers de base ne seraient  vraiment pas très intelligents, voire stupides, et donc irresponsables  pénalement. Ce qui donne dans le jugement « Monsieur [le policier tireur] n'a  pas de formation approfondie en matière juridique. Il est brigadier de police,  agent de police judiciaire et non officier de police judiciaire ». (page 12). Il  n'a pas eu de formation « à peine une journée », etc. Ceci est en contradiction  avec les lois républicaines et règlements sur le devoir de discernement des  agents de la force publique. Mais s'il est si bête (ce que nous ne croyons pas),  la conclusion logique n'aurait-elle pas été de lui retirer son port d'armes  létales ?

 

  • 4 - Paradoxe des contradictions entre l'audience et le jugement :   une expertise humiliée en mars, réhabilitée en début   avril.

Durant l'audience, le juge n'a pas dissimulé son mépris pour l'indigence  de l'expertise balistique, s'étonnant que celle-ci ait égaré ou subtilisé l'arme  sous scellés (absente de l'audience contre tout usage), et qu'elle ait procédé à  des sortes d'expérimentation hasardeuses sur la terrasse d'un logement privé.  Est-ce bien le même juge qui cite maintenant l'expertise balistique en bonne  part, quand il s'agit de disculper le tireur ? (notamment page  13).

 

Que  s'est-il donc passé durant les quatre semaines de délibéré, pour qu'on ne  reconnaisse plus l'axe argumentaire des deux journées d'audience  ?

 

En  conclusion,

 

Cette  relaxe est une triste nouvelle pour les familles de Nantes, car l'impunité  profite à une personnalité de récidiviste qui a reconnu avoir tiré à neuf  reprises avec sa nouvelle arme en expérimentation sur une foule de fêtards en  septembre 2007, avant de mutiler Pierre, qui fait courir un danger  grave.

Mais  ceci ne change en rien notre détermination, qui va continuer à travers la mise  en cause de la responsabilité de l'État français à travers la Justice  administrative, puis la Cour européenne des Droits de l'Homme. C'est toute la  chaîne de commandement qui va rendre des comptes, et notamment les trop  nombreuses anomalies liées à cette affaire (dissimulation ou altération de  preuves, non citation à comparaître des responsables  hiérarchiques).

 

Nous  allons jusqu'au bout des possibilités du Droit, car nous n'agissons pas pour  nous seulement, mais pour les autres jeunes et la société. La police mutile, la  justice est complice. Quel est le message envoyé aux trois autres mutilés à  l'œil à coup de flashball par la police, Joan, Joachim, et Geoffrey, qui étaient  présents à l'audience en mars 2012 ? Que dire de l'encerclement militaire du  tribunal lors de l'audience et du délibéré ? Que dire d'une justice rendue sous  la menace de dizaines de policiers en armures ?

Nous  remercions les nombreux citoyens de Nantes sensibles à cette affaire, les  victimes solidaires dans toute la France, les organisations syndicales et  démocratiques qui n'ont pas cédé au chantage des secteurs les plus idéologisés  du commissariat de Nantes, qui veulent intimider la société civile, la presse  locale et l'institution judiciaire.

 

Communiqué des parents du jeune Pierre, envoyé à la presse à 16h55, le  3 avril 2012.

Newsletter
Je m'identifie