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Appel à une opération vérité sur les budgets des universités

Ceci est à la fois un appel et une alerte. Alerte sur la situation dramatique des budgets des universités. Appel aux présidents et aux élus des conseils centraux pour une transparence totale sur les budgets. Contre le mensonge d’Etat qui fait croire à l’opinion publique que l’université et la recherche françaises auraient les moyens de leur fonctionnement, les citoyens ont le droit de savoir. Il est aujourd’hui vital que la réalité des budgets des universités éclate au grand jour. 

Depuis la loi LRU de 2007 et l’accession des universités aux très mal nommées « Responsabilités et compétences élargies » (RCE), tous les établissements publics de l’enseignement supérieur sont entrés dans un processus d’appauvrissement continu. Il débouche aujourd’hui sur la plus grave crise financière que nos universités aient jamais connue. Si la triste réalité de cette paupérisation est vécue au quotidien par les personnels et les étudiants, celle-ci fait l’objet d’un déni continu et systématique des ministres et des gouvernements successifs. Geneviève Fioraso, dont la politique poursuit et aggrave celle de ses funestes prédécesseurs, communique en cette rentrée sur un air trop entendu : « Tout va très bien, Madame la Marquise ! ». Les écuries et le château sont en feu, et la ministre voudrait éteindre l’incendie avec quelques « accompagnements » dans la gestion de la pénurie, mais sans aucun moyen financier supplémentaire susceptible d’endiguer le péril qui croît un peu plus chaque jour. Geneviève Fioraso se fait la gardienne des déficits. Mais si quelques présidents d’université chantent en cœur « Tout va très bien, Madame la Ministre », d’autres, de plus en plus nombreux, entonnent une autre chanson.

 

Les faits sont bien connus et de multiples témoignages et analyses les mettraient crûment en évidence. Plus de la moitié des universités ont un fond de roulement inférieur aux 30 jours réglementaires. 15 sont en déficit, soit autant qu’en 2012. La gestion de la masse salariale occasionne dans les établissements des surcoûts qui n’ont jamais été compensés par l’Etat. Tout comme l’Etat laisse à la charge des universités une part significative du coût du Glissement Vieillesse technicité (GVT). Tout comme l’Etat prélève 200 millions au nom d’une mystérieuse « contribution au redressement des comptes publics » qui a pour seule vertu de plomber un peu plus les finances des établissements « publics ». Quand l’Etat donne un euro d’une main, il en retire deux de l’autre main.

Dans le meilleur des cas, l’équilibre budgétaire n’est atteint qu’au prix de mesures d’économies drastiques : non renouvèlement de CDD, gels de centaines de postes (2000 emplois gelés depuis 2011 et 3000 supprimés depuis 2008, selon le SNESUP-FSU), suppressions de centaines de milliers d’heures d’enseignement, disparitions de formations, déconstruction des maquettes de diplôme, limitations des capacités d’accueil des étudiants (euphémisme pour désigner des mesures de quotats et des tirages au sort), crédits de recherche en baisse, sous-administration criante des services centraux, conditions d’exercice des missions dégradées, souffrance au travail, disparition programmée de sites. Et désormais, avec la nouvelle loi dite « Fioraso », disparition de petites universités par fusion ou absorption dans de gigantesques « communautés d’établissements ».

Le budget 2014 de l’ESR ne trompe personne. En euros constants il baissera de 0,7%, si l’on tient compte d’une inflation de 1,2% en 2014. Les 1000 postes supplémentaires annoncés sont par avance promis à la glaciation. Les intérêts du Plan Campus financent essentiellement de nouvelles réalisations, parfois pharaoniques (dogme de la visibilité internationale), alors qu’au moins un tiers du parc immobilier des universités est hors sécurité et que les chercheurs travaillent dans des laboratoires toujours aussi dégradés et mal équipés. Les millions de la politique d’excellence arrosent les plus « excellents », les plus grands et les plus gros, au détriment de nombreux laboratoires qui sont voués à la disparition ou à la fusion. Et la ministre fait aujourd’hui de la révolution numérique et des MOOCs le levier le plus puissant et le plus pervers d’une réduction massive des coûts de l’enseignement ainsi que l’accompagnement programmé du dégraissage de la masse salariale des universités.

 

La coupe de l’excellence est pleine, Madame la Ministre, et les caisses des universités sont vides !

 

Mais puisque la ministre ne veut rien voir, ni savoir, opposons-lui les faits. Ils sont têtus. Ci-dessous quelques exemples documentés des conséquences de son excellente politique qui poursuit le massacre néo-libéral et applique les directives européennes qui obligent à la fusion des opérateurs publics à des fins d’économies. La liste n’est pas exhaustive et l’on pourra la compléter utilement par les 63 chroniques du blog de Pierre Dubois sur les budgets des universités ou par les analyses bien informées de Yann Bisiou.

- 11 millions de déficit à Aix-Marseille Université, récemment fusionnée : le gigantisme a son prix ! Les méga-universités, comme Strasbourg, Bordeaux ou les grandes parisiennes ne sont pas épargnées par les restrictions budgétaires, malgré la manne du Grand Emprunt qui sert de plus en plus à boucher les trous des crédits récurrents.

- Paris 1 est sous tutelle du rectorat, Paris 6 dans les limbes, et Paris 13 en enfer.

- L’Université de Lorraine, jeune colosse aux pieds d’argile, a décidé de geler 180 postes sur trois ans pour pouvoir commencer à investir. Comme si – terrible ironie - les « Investissements d’avenir » avaient pour vocation et pour seul effet de tuer l’emploi !

- L’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines qui a les meilleurs résultats de France dans la progression des étudiants en Licence, supprime des parcours pour réduire son déficit de 5,2 millions. Elle supprime, bien sûr, des parcours de licence.

- Le site universitaire de Béziers est sacrifié sur l’autel de l’austérité, dans un acte de protestation, aussi courageux que désespéré, de la présidente de Montpellier 3.

- Nous apprenons ce jour que les personnels de la toute nouvelle Ecole du professorat et de l’éducation (Espé) de Toulouse, sous-dotée, ont été en grève, alors que les enseignants de l’Espé de Rouen s’apprêtent à faire cours dans des préfabriqués. Comme les moyens des ex-IUFM ont été massivement redéployés ces dernières années vers les composantes des universités, il est manifeste que les Espé(s) vont souffrir de dotations financières particulièrement fragiles. Aucun moyen n’est prévu pour les soutenir, au moment même où les inscriptions en master « Métiers de l’enseignement » augmentent de façon significative.

- Le Conseil académique de l’Université du Maine, dans une motion forte et exemplaire « demande à l’Etat d’assumer ses responsabilités vis à vis des Universités » et « à la direction de l’Université de poser clairement au gouvernement et dans les instances telles que la CPU, la question du financement du service public d’enseignement supérieur et de recherche avant que les esprits ne soient bientôt résignés à accepter l’augmentation massive des droits universitaires comme la seule solution aux problèmes de financement des universités. »

 

Alors, Messieurs les présidents d’université – je m’adresse surtout à eux car les présidentes sont plus courageuses -, quand donc allez-vous défendre vraiment l’intérêt de vos personnels, de vos étudiants, de vos établissements ? Quand la CPU adoptera-elle unanimement une position aussi déterminée que celle de la présidente de Montpellier 3 ? Quand donc cesserez-vous d’être la courroie de transmission de la politique « austéritaire » ? Cessez de vous comporter comme des notables et des rentiers ! Mesdames et Messieurs les présidents, osez la vérité sur vos budgets! Vous rendrez enfin un immense service à la collectivité.

 

La courageuse présidente de l’Université Paul Valéry-Montpellier 3 s’est donc engagée dans un bras de fer avec la ministre. Elle montre la voie. Que la forme de la dénonciation et de la résistance soit aujourd'hui, à l'initiative du CA de cette université, celle de la publicisation volontaire d'une mutilation, voilà un événement qui nous donne à réfléchir.

Alors que les présidences d'université, avec le concours des Directeurs généraux des services et des rectorats, font depuis les années Pécresse-Sarkozy une gymnastique invraisemblable pour répartir la pénurie afin qu'elle soit la moins visible et la plus acceptable possible (budgets souvent insincères et économies à tous les postes), voilà qu'une présidente et son CA choisissent, parmi dix autres mesures d’économies contraintes, d'amputer un membre précieux : le site universitaire de Béziers. Effet immédiat : l'opinion publique est touchée, la presse nationale relaie, les personnels et les étudiants se mobilisent.

La "méthode Anne Fraïsse" a donc simplement consisté à mettre à nu et à porter au grand jour la violence de l'Etat en la concrétisant par une coupe inacceptable. La seconde force de cet acte inédit est de l'avoir communiqué largement, à tous les personnels, à tous les étudiants, et d'avoir mené la lutte sur le terrain des médias, y compris en répondant immédiatement aux accusations de la ministre et en apportant les preuves de la gestion inepte et du cynisme de l'Etat. 

Dans une nouvelle lettre du 1er octobre publiée par Libération (voir aussi en pièce jointe), Anne Fraïsse ne lâche rien et enfonce le clou. S’adressant à la ministre qui lui envoie le secours empoisonné d’un audit financier afin de démontrer sa mauvaise gestion, la présidente fustige avec force et raison « la « procédure d’accompagnement par le ministère », mise en place par vos soins, système discret pour soigner la maladie honteuse que deux gouvernements successifs ont inoculée à nos établissements pour multiplier, sous couvert de traitement, des saignées dans la masse salariale qui rétablissent peut-être nos budgets mais nous laissent exsangues ».

Anne Fraïsse ne doit pas, ne peut pas être isolée. Montpellier 3 mérite le soutien de toute la communauté d’enseignement et de recherche. Toutes les universités en difficulté méritent le soutien de l’Etat. Mais face à un gouvernement autiste, ce soutien ne pourra être obtenu qu’au moyen d’une grande opération vérité sur les budgets des universités.

 

Présidents, administrateurs et élus des conseils des universités françaises, unissez-vous ! Suivez l’exemple de la présidente de Montpellier 3 et des membres de son CA, osez la force de la motion du Conseil académique de l’Université du Maine ! Il est aujourd’hui de votre responsabilité d’élus de dire la vérité à vos concitoyens. Informez les personnels et les étudiants de vos établissements, adoptez des motions dans vos conseils, organisez des conférences de presse, rendez publics les comptes de vos établissements et toutes les conséquences de l’austérité qui vous est imposée. Et, si vous l’estimez utile, demandez aux présidents des Chambres régionales des comptes des rapports circonstanciés et détaillés sur l’état des finances de votre université. La transparence doit être faite. La vérité doit être dite. Mettons l’Etat devant ses responsabilités.

 

Pascal Maillard

Le 1er octobre 2013, après lecture de la lettre d’Anne Fraïsse

 

PS : Pour information l’Association des sociologues enseignant(e)s du supérieur (ASES), qui conduit depuis un an une enquête sur les budgets et les conditions de travail dans les universités, organise le 12 octobre prochain une « Journée de réflexion et de débats sur les comptes des universités autonomes » (à partir de 14h, Université Paris 7, bâtiment Olympe de Gouges, entrée rue Albert Einstein, 2ème étage, Amphi 1)

Ajout du 3 octobre : Pierre dubois publie ce jour un billet de soutien à la Présidente : "Il faut soutenir le soldat Fraïsse".

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02/10/2013, 17:17 | Par Scientia

En effet, c'est lamentable et de plus en plus inquiétant. Notre article d'hier :

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/10/01/ou-mene-la-tant-vantee-autonomie-des-universites-iv-49281.html

Où mène la tant vantée "autonomie" des universités ? (IV)

Le 1er octobre 2013, le débat sur les Roms continue à accaparer une bonne partie de l'actualité, au détriment des véritables sujets de la politique française sur lesquels nous avions écrit « Chômage, budget antisocial... les Roms n'y sont pour rien ». A propos de l'erreur sur les chiffres du chômage liée à un mauvais acheminement des messages de relance à l'adresse des chômeurs, Le Parisien expose « Un "bug" chez SFR a amplifié la baisse du nombre de chômeurs en août » et Le Monde rapporte de son côté « Bug du chômage : une "responsabilité partagée", selon Pôle emploi ». Les Echos diffuse à son tour l'information « Budget : 60 milliards de nouvelles économies d’ici à 2017 » à propos du rapport mis en ligne par la Direction Générale du Trésor. Qui en parle, au milieu du débat politicien sur les Roms ? Au même moment, Euronews souligne « "Shutdown" aux USA : des milliers de fonctionnaires au chômage technique » et Libération emploie le titre « L'Etat fédéral américain au chômage technique ». On apprend aussi par Le Figaro la mise en place de « Travaux d'intérêt général pour les chômeurs anglais », et par La Tribune que « 40,1% des jeunes actifs italiens pointent au chômage ». Ou encore, par l'Humanité, que « Chapitre se débarrasse de ses 57 librairies ». Ce même 1er octobre, melty Campus interroge « Université Montpellier 3 en faillite : L'UNI sabote le mouvement ? ». Il y a deux semaines, EducPros avait annoncé « Anne Fraïsse (Montpellier 3) : "Je n'ai plus d'alternative, l'université va faire faillite" ». Précisément, où mène la tant vantée « autonomie » des universités, que la loi Fioraso a encore aggravée ? La semaine dernière, le Conseil d'Etat a annulé une décision du Conseil d'Administration (CA) de l'Université de Strasbourg qui entendait ne proposer aucun candidat au ministre de tutelle dans le cadre d'un concours pour un poste de professeur des universités en littérature française du XVIème siècle. Le CA entendait justifier une telle décision par la charge budgétaire liée à ce poste et qu'il jugeait excessive « au regard des objectifs de maîtrise de la masse salariale ». La Littérature serait-elle un sujet « peu rentable » pour les universités françaises rendues de plus en plus « autonomes » par « droites » et « gauches » ? Les Roms ont bon dos dans la machine à détourner l'attention des problèmes du moment.

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/10/01/ou-mene-la-tant-vantee-autonomie-des-universites-iv-49281.html ]

 

En passant, il semblerait que Geneviève Fioraso se vante d'une origine médiévale de l'autonomie des universités :

http://lelab.europe1.fr/t/l-autonomie-des-universites-ca-remonte-au-moyen-age-et-pas-a-la-loi-lru-de-pecresse-assure-genevieve-fioraso-1081

Un retour au Moyen-Age ?

 

Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/
http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

 

02/10/2013, 21:01 | Par alphonse76

Il me semble que les IUT se plaignent de la mainmise des présidents d'université sur leur budget propre ?

Lire :

http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2011/02/lavenir-des-iut-pour-les-nuls.html

Tragédie en 5 actes.

Extrait :

ACTE I : depuis la nuit des temps (enfin disons depuis assez longtemps), les IUT, formations professionalisantes et technologiques, bénéficiaient d'un budget "fléché", correspondant à leurs besoins spécifiques. Le ministère leur envoyait donc un chèque. Pas un chèque en blanc, mais un chèque calculé selon différents critères (nombre d'étudiants notamment). Cet argent pouvait ensuite être investi dans différents moyens de "fonctionnement et d'équipement" (achat de logiciels, ordinateurs, etc.) et de ressources humaines (recrutement de professionnels extérieurs, etc ...). A noter : ce budget fléché n'était pas, loin s'en faut, le seul mode de financement des IUT. Chacun d'entre eux perçoit de la taxe d'apprentissage et rentre un peu (ou beaucoup) d'argent via des projets, partenariats avec des commanditaires extérieurs.

ACTE II : il y a 2 ans de cela, avec la réforme Pécresse de l'autonomie des universités, fin du budget fléché. Ce sont les présidents des universités qui "gèrent" et décident du budget des IUT comme de l'ensemble des autres composantes desdites universités (URF, labos, etc.)

Et là problème : sans budget fléché, les universités vont devoir faire des arbitrages, très souvent défavorables aux IUT. Quand les relations sont bonnes entre le directeur d'IUT et le président d'université, ce dernier demande son avis au premier, quand elles sont moins bonnes ...

Autre problème : les IUT délivrent des diplômes de DUT. Lesquels diplômes sont nationaux. Chaque filière d'IUT comporte un PPN (programme pédagogique national) qui définit très clairement les intitulés de cours, et les contenus afférents. Le résultat c'est que vous soyez titulaire d'un DUT génie biologique à Nantes ou à Besançon, sa valeur et sa reconnaissance sur le marché du travail et par le monde de l'entreprise est la même. 

Oui mais. Oui mais depuis la fin de l'acte 1, ce n'est pas parce que les IUT disposaient d'un budget fléché qu'ils roulaient sur l'or. Et donc chaque IUT, selon ses moyens, était déjà amené à rogner un peu sur ce fameux PPN. Mais l'essentiel était préservé : malgré quelques minimes mais réelles différences dans la formation en DUT réseaux et télécoms de Vishnou-sur-Baïse et celle de Pétaouchnok-les-bains, les étudiants sortant de l'une ET de l'autre bénéficiaient de la même formation et de la même reconnaissance de leur diplôme. Bref du même "niveau d'efficience en termes d'employabilité" comme disent les manadjeureuhs.

Donc, il y a deux ans, grosse colère et grosse crise dans les IUT, ... (suite sur le lien ci-dessous)

http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2011/02/lavenir-des-iut-pour-les-nuls.html

02/10/2013, 18:20 | Par Matematika

Article qui attire l'attention sur un problème trop négligé par les médias.

Dans le droit fil, j'ai une question:

Combien coute le projet:

le campus du plateau de Saclay (projet "Paris Saclay)

?? A part avoir une structure qui sera mieux bien placée dans

le classement de Shangai, quel est l'interet de ce projet et surtout est ce

qu'il ne s'est pas fait au détriment d'autres universités???

Si on achète une montre en diamants à Pierre on n'aura plus d'argent

pour acheter des chaussettes à Jacques et Paul...

02/10/2013, 18:41 | Par Lechiffre

-il faut faire payer des droits pour etudier. Voir seulement les ecarts enormes entre les inscrits et ceux qui passent effectivement les examens (sans parler de regerder ceux qui les passent serieusement). Nombre d'etudiants sont la seulement pour les effets de "statut", la SS, la bourse, le logement, ou en attendant une place ailleurs, et n'attendent rien de l'academique.

-il faut fonctionner plus en contrats de recherche avec le public comme avec le prive. Les statuts du chercheur comme de l'enseignant sont obsoletes, ils datent de l'epoque ou l'universite recevait l'"elite".

A defaut de reformes de structures destinees a constater les evolutions de l'environnement, le probleme sera toujours traite par la pauperisation de l'universite. Ce qui ne rend plus de service coute toujours trop cher. 

Donc evitons le corporatisme...

02/10/2013, 20:02 | Par red2 en réponse au commentaire de Lechiffre le 02/10/2013 à 18:41

"Il faut fonctionner plus en contrats de recherche avec le public comme avec le prive"

Vous ne devais pas connaitre la situation actuelle, parceque les contrats aujourd'hui c'est pas ce qui manque...

02/10/2013, 21:33 | Par Annick Valibouze en réponse au commentaire de red2 le 02/10/2013 à 20:02

@red2 ... et qui fait baisser le niveau de la recherche ...

la recherche ce n'est de perdre ses compétences (qui doivent en permanence être accrues et entretenues) à faire des ménages alimentaires pour le privé. Certaines thématiques de recherche s'y prètent (alors tant mieux pour tout le monde) tandis d'autres s'y perdent.

Merci à Pascal Maillard pour ce billet

cdt, Annick Valibouze

 

 

02/10/2013, 21:05 | Par Annick Valibouze en réponse au commentaire de Lechiffre le 02/10/2013 à 18:41

Lamentable cette façon de relier l'absentéisme et le coût de l'inscription (propagande des classes aisées et de l'OCDE). C'est totalement décorrélé !

Si les droits d'inscription avaient été plus élevés dans le passé,bon nombre des meilleurs étudiants universitaires n'auraient pas pu obtenir de diplôme (car pas assez pauvres pour avoir droit aux bourses).

Cette façon qu'ont les classes ultra-privilégiées de vouloir empêcher les classes moyennes modestes (mais pas pauvres donc sans bourse) de venir faire de la concurrence à leurs rejetons dans les études est honteuse !

Ce discours simpliste, odieux et mensongers que vous insinuez est exactement celui qui fut utilisé pour justifier la création  de la fac Pasqua (Pôle Universitaire Léonard de Vinci) aux frais d'inscription à 30 000 Frcs/an (en 94) et dont le financement public fut scandaleux (avec la fac de Nanterre, à coté,  miséreuse). Le seul objectif de cette idéologie est de faire de la discrimination sociale avec le montant des frais d'inscription. Tout ceci accompagné d'un argumentaire hypocrite, pervers en utilisant le prétexte des bourses pour les plus pauvres (comme quoi les pauvres servent aux riches ...). Les autres peuvent bien faire des petits boulots et s'endetter ce qui permet aux enfants des plus aisés de vivre mieux, plus proche du campus, d'avoir plus de temps et donc de leur passer devant(le but recherché). Ceux qui sont entre les très pauvres (qui d'ailleurs accèdent difficilement à ce niveau d'étude) et les riches sont priés de s'endetter sur des années ou de ne pas s'instruire.

Je note que cela ne vous plaît pas que de nombreux enseignants-chercheurs sortent de milieux modestes ou de classes moyennes.  Ilds vous dérangent aussi ceux qui ont travaillé dur, ont beaucoup sacrifié durant des années pour accéder à des connaissances de haut niveau en restant parmi les meilleurs ; ils vous dérangent ces enseignants-chercheurs, EC, qui ont passé des doctorats, des concours ultra-concurrentiels de maîtres de conférences et de professeurs. Des personnes qui ne comptent pas leurs heures de travail, le soir, le WE, les vacances, tandis que les autres travailleurs sont aux 35h. Ces EC qui n'ont pas vu leur volume horaire d'enseignement diminuer tandis que TOUS les autres travailleurs français passaient aux 35h et que eux travaillaient déjà largement plus de 39h en moyenne.

Ce discours, je ne l'ai entendu que de la bouche de bons-à-rien-fils-à-papa ou des amis de Pasqua (sa fac modèle!).

Votre programme :

Précariser ceux qui se sont sortis de leur condition, les EC. Empêcher les classes moyennes inférieures de s'instruire et d'avoir des diplômes de haut niveau. Garder les bonnes Places entre riches.

Votre commentaire est révoltant, puant, odieux !

02/10/2013, 21:18 | Par J-T en réponse au commentaire de Annick Valibouze le 02/10/2013 à 21:05

C'est à dire que "lechiffre" lui, la guerre de classe il la fait vraiment! ... C'est pas comme les nombreux marioles "universitaires de gauche" qui ont soutenu en pratique la LRU de Valérie Pécresse ... Ils ont signé pour en chier ... Qu'ils crèvent.

02/10/2013, 21:46 | Par Annick Valibouze en réponse au commentaire de J-T le 02/10/2013 à 21:18

et avec eux tout le système universitaire français et ceux qui font tout pour le sauver ? "Ils" : c'est qui ? Pascal Maillard qui vient d'écrire ce billet ? Qu'il crève ? c'est cela ?

Je comprends votre ressentiment devant l'inertie du monde universitaire (et des français en général, d'ailleurs). Mais n'écrivez pas ces choses-là. Ne serait-ce que vis-à-vis de ceux qui ont passé de nombreuses heures sur leur temps libre à essayer de faire prendre conscience de ce qu'est véritablement la LRU (des Facs Pasqua endogènes).  Ils ne se sont pas laissés endormir, achetés, occupés à du tourisme par des contrats ANR juteux (première agence de voyage française). Ils sont restés lucides et plutôt que d'aller à la soupe tentaient de résister à la décadence annoncée par la LRU. Pour ceux-là, ce que vous écrivez n'est pas correct. C'est une double blessure.

03/10/2013, 09:23 | Par J-T en réponse au commentaire de Annick Valibouze le 02/10/2013 à 21:46

Mille excuses, d'autant que j’apprécie particulièrement les papiers de P. Maillard.

Seulement, je suis convaincu que vous êtes très minoritaire dans le milieu des enseignants chercheurs que j'estime en grande partie pourri. A force de se planquer durant des décennies derrière les mouvements et manifestations étudiantes pour "défendre l'université démocratique et de masse". Le milieu est redevenu très mandarinal (et là, il n'y a plus ni gauche ni droite) avec un fonctionnement quasi "mafieux" et des dizaines de millier de précaires sans statut, taillable et corvéables à merci.

En plus, ces gens là prétendent "piloter la recherche fondamentale" et font tout ce qu'ils peuvent pour casser les organismes publics de recherche (CNRS ..etc).

Fioraso qui est une libérale pure et dure n'a pas été mise à ce poste par hasard ... Elle est mandaté pour poursuivre la sale besogne.

Ceci dit, je suis peut-être un peu aigri .... Alors je retire "qu'ils crèvent".

05/10/2013, 00:57 | Par Pascal Maillard en réponse au commentaire de J-T le 03/10/2013 à 09:23

Cher J-T,

Je reconnais que les enseignants-chercheurs "aigris" sont nombreux et que les indifférents et les résignés sont légions. C'est aussi un fait que beaucoup sont allés "allé à la soupe", ont intégré la logique des appels à projets et ont su tirer parti de la politique d'excellence et des nouveaux petits ou grands pouvoirs que dispense le système LRU. Ceci dit, c'est aussi votre aigreur qui vous fait conclure à un milieu "en grande partie pourri". Ce que j'observe pour ma part, c'est qu'aujourd'hui les E-C et plus largement tous les personnels des universités sont laminés, épuisés par les charges de travail et les conditions de travail dégradées induites par les restrictions budgétaires et la succession permanente de restructurations et de réformes. Les étudiants en subissent quotidiennement les conséquences. La question est maintenant de savoir si la majorité des acteurs de l'ESR se résigne à une mutation d'ensemble du service public d'enseignement et de recherche vers un modèle privé et libéral, avec toutes les conséquences que cela induit. Je pense que l'attachement aux valeurs et au fonctionnement du service public reste fort : financement récurrent par l'Etat, cadrage national des diplômes et des concours, démocratisation de l'accès aux études supérieures. Or ce sont ces principes mêmes qui sont prodondément remis en cause par les politiques néo-libérales. Bien plus la paupérisation des universités (désengagement massif de l'Etat) est devenue le levier politique (volontaire, intentionnel, idéologique si vous voulez) de la libéralisation, de la défonctionnarisation, de la territorialisation et de la privatisation larvée du Service public de l'ESR. C'est un peu lourd à écrire, mais c'est tout ça à la fois. Aujourd'hui les effets des saignées budgétaires ont atteint les limites du supportable, avec une menace réelle que la machine ne s'enraye. C'est pourquoi je pense que le potentiel de réaction de la communauté universitaire (élus et présidents compris) n'a jamais été aussi élevé depuis le grand mouvement de 2009. Une vingtaine d'universités au moins ne sont pas prêtes à se laisser détruire par la politique austéritaire. Il y aura une réaction. Elle a déjà commencé. On ne sait pas jusqu'où elle ira et comment elle se développera. Mais on ne peut abdiquer devant le Mensonge d'Etat. Les universitaires ont aujourd'hui un devoir de vérité, un devoir de résistance devant l'inacceptable.

02/10/2013, 22:07 | Par Matematika en réponse au commentaire de J-T le 02/10/2013 à 21:18

Le Chiffre, ce n est pas un personnage dans un James Bond??

02/10/2013, 23:47 | Par Annick Valibouze en réponse au commentaire de Matematika le 02/10/2013 à 22:07

celui qui rend des services ?

03/10/2013, 01:02 | Par vieille dame en réponse au commentaire de Annick Valibouze le 02/10/2013 à 21:05

vous faites semblant de croire que les bourses permettent de vivre aux étudiants boursiers ? vous faites même semblant de croire qu'il y aurait une complicité entre les pauvres et les riches pour étrangler les "classes moyennes" ? 

vous faites semblant de penser que ce ne serait pas grave de supprimer ces bourses puisque très peu nombreux sont les pauvres qui accèdent aux études supérieures ?

j'adooooore votre concept de "classes moyennes inférieures" ! pourriez vous préciser le revenu par tête au foyer qui vous range dans les "classes moyennes inférieures ? allez voir le site de l'INSEE, et voyez dans quel décile se trouve votre revenu !

c'est faux de dire que de nombreux enseignants du supérieur sortent d'un milieu modeste : les pauvres accèdent de moins en moins aux études supérieures !

quand aux heures passées au labo et en recherche, elles sont extrêmement variables (et c'est bien, car la créativité ne se trouve pas dans l'épuisement). J'ai bien connu un chercheur qui, la dernière année avant sa retraite, de son propre aveu,  passait de temps en temps au labo pour bavarder avec ses collègues et c'est tout... et c'est normal... à 65 ans, on n'est plus aussi  génial, ce que nous attendons de nos chers chercheurs. l'aide qu'il dispensait probablement ainsi sur le métier et ses ficelles ne se mesurait sans doute pas non plus en temps de présence.

03/10/2013, 01:17 | Par vieille dame en réponse au commentaire de vieille dame le 03/10/2013 à 01:02

ceci dit, je suis pour la transparence des budgets des universités... ainsi que pour la transparence des budgets en général...

vous gagnez combien ?

03/10/2013, 01:36 | Par Annick Valibouze en réponse au commentaire de vieille dame le 03/10/2013 à 01:17

les grilles (et les salaires) sont tellement publiques qu'elles sont sur internet sur plusieurs sites, y compris ceux des syndicats. Les budgets ds universités sont publics également et même soumis à la cour des comptes. C'est dans le privé que les salaires sont secrets, que les frais professionnels sont plus élevés à niveau de fonction égale au public et que tout est caché (y compris les doubles caisses, l'argent au noir, le travail au noir,  les salaires non déclarés et hors impôts, l'évasion fiscale, etc ...).

03/10/2013, 10:38 | Par J-T en réponse au commentaire de Annick Valibouze le 03/10/2013 à 01:36

Malheureusement, j'ai connu des profs payés en "heures complémentaires" dès la première heure de cours .... D'ailleur, le budget des "heures complémentaires" est souvent gigantesque dans de nombreuses universités.

03/10/2013, 23:45 | Par Annick Valibouze en réponse au commentaire de J-T le 03/10/2013 à 10:38

Dans le universités de province sous-dotées certains E-C chercheurs y sont contraints ce qui ruine leur carrière puisque la qualité de leur recherche est atteinte. Il faut bien leur expliquer les prétextes à avancer pour refuser les heures complémentaires.

A Paris, les prix du logement poussent certains jeunes maitres de conférences à faire des heures sup pour pouvoir se loger. De la même manière, ils sacrifient ainsi leur carrière. Là, il faut bien leur expliquer qu'ils risquent fortement de ne jamais devenir professeur. C'est néanmoins marginal. Le gros problème reste les universités de province sous-dotées, il me semble.

Par ailleurs, de nombreuses heures complémentaires restent impayées car certains qui devraient en bénéficier ne les réclament pas délibérément (un formulaire à remplir). Cela représente des sommes assez fabuleuses économisées par l'Etat. Je me demande si la profession d'E-C n'est pas la seule où de nombreuses heures sup ne sont pas réclamées par les bénéficiaires.

04/10/2013, 00:23 | Par Pascal Maillard en réponse au commentaire de J-T le 03/10/2013 à 10:38

Commençons par dire que les heures complémentaires ne sont pas choisies par les enseignants-chercheurs. Elles leur sont le plus souvent imposées pour la simple et bonne raison qu'il n'y a pas assez de postes. Par ailleurs elles coûtent infiniment moins cher qu'un nouvel emploi. Si un EC fait 50 heures en plus de son service de 192h, il gagnera par an un supplément de 2000 euros, ce qui n'est pas mirobolant. Enfin la baisse du pouvoir d'achat des EC entre 2000 et 2013 est de 13,78% (base INSEE). En comparaison d'un prof de classe préparatoire qui fait des heures de colle bien rémunérées, l'EC est scandaleusement mal payé. Ajoutez à cela que les maîtres de conférences ont leur poste en moyenne à 33 ans et commencent leur carrière à 2000 euros. A niveau de diplome égal on gagne deux fois plus dans le privé. Et si ça ne suffisait pas, je vous informe que dans toutes les universités il y a en ce moment un réduction drastique des HC. Dans chaque université on les supprime par dixaines de milliers. Moins 43 000 en deux ans à Strasbourg. Quand on parle de paupérisation des universités, il faut bien comprendre que cela implique aussi une paupérisation des personnels. Et je ne vous parle pas des 40  000 précaires de l'ESR...

03/10/2013, 02:49 | Par Annick Valibouze en réponse au commentaire de vieille dame le 03/10/2013 à 01:02

  • vous faites même semblant de croire qu'il y aurait une complicité entre les pauvres et les riches pour étrangler les "classes moyennes" ? Je n'ai pas écrit cela.
  • "vous faites semblant de penser que ce ne serait pas grave de supprimer ces bourses Je n'ai pas écrit cela.
  • "j'adooooore votre concept de "classes moyennes inférieures"  mon concept que vous avez lu où ?
  • pourriez vous préciser le revenu par tête au foyer qui vous range dans les "classes moyennes inférieures ? allez voir le site de l'INSEE, et voyez dans quel décile se trouve votre revenu !" Etudiant vivant dans la misère et qui n'ont droit ni à une bourse ni à un logement  ; et je n'apprécie pas votre mode de communication
  • "les pauvres accèdent de moins en moins aux études supérieures !" C'est bien le problème (le prix du logement en particulier) et ce que nous combattons en voulant empêcher l'augmentation des droits.
  • "J'ai bien connu un chercheur qui," C'est bien vous connaissez 1 chercheur ...  et en plus ce que vous racontez ne concerne que " la dernière année avant sa retraite,"

Vous avancez à visage masqué et attaquez personnellement et perfidement une personne à visage découvert. Et ce n'est pas la première fois dans les fils MDP que vous détournez mes propos, vous me faites dire ce que je n'ai pas dit pour me critiquer ensuite sur vos mensonges. Vous vous faites passer pour pauvre pour défendre des intérêts de riches, et reprochez encore ici aux classes moyennes de ne pas être pauvre. Vous jouez un jeu pas très clair vielle dame. Les pauvres, les vrais, sont différents... et ne parlent pas d'indice de l'INSEE ...

Je connais une vielle dame pas très claire et du genre tatie Danielle ; je n'en déduis rien pour autant sur toutes les vielles dames ...  d'autant plus qu'il n'est pas certain qu'elle en soit une ...Cool

03/10/2013, 09:26 | Par vieille dame en réponse au commentaire de Annick Valibouze le 03/10/2013 à 02:49

"Etudiant vivant dans la misère et qui n'ont droit ni à une bourse ni à un logement  ; et je n'apprécie pas votre mode de communication"

j'aidu mal à comprendre votre phrase (on passe du singulier au pluriel). Il vous suffit de demander à vos parents de déclarer qu'ils refusent de vous entretenir en tant qu'étudiant, et vous aurez droit à une bourse. (par contre, ils ne pourront plus vous déclarer à charge, et cela risque de changer leurs impôts, ce qui les décidera peut-être à vous donner de quoi vivre). Vous avez droit, je pense, à l'allocation logement, non ?

c'est bien en amont du prix du logement étudiant que se situe le problème de l'accession aux études supérieures. (les très pauvres ont droit en effet à un logement en CROUS, en cité universitaire et ne paient pas leur inscription, mais les bourses, même au taux maxi, ne permettent pas de vivre sans travailler, ce qui handicape autant les très pauvres que les "moyens-pauvres" sans bourse. Enfin, si j'ai bien compris, c'est à partir de 2700 euros par part d'impôt qu'on n'a pas droit à une bourse ? (c'est pour cela que j'aimerais connaître le revenu de votre foyer, pour vérifier si je me trompe, c'est à dire celui de vos parents).

Vos parents ont-ils emprunté pour accéder à la propriété ? peuvent-ils emprunter pour vous permettre d'étudier ?

Dans l'absolu, je serais plutôt pour que tous les étudiants soient boursiers, et avec de bonnes bourses, et que les parents d'étudiant riches soient imposés à fond la caisse et n'ai pas le droit de donner de l'argent directement à leurs enfants : alors, la justice serait rétablie. Tout argent donné serait déduit de la bourse (c'est faisable, puisque cela se pratique pour le RSA). La déclaration de l'étudiant serait susceptible d'etre vérifiée, et toute fraude serait sanctionnée bien sûr.

Je serais aussi pour qu'un petit pourcentage de la bourse soit déterminé par les résultats scolaires et universitaires. On a supprimé les bourses d'excellence, sous prétexte qu'elles étaient élitistes : pour une fois qu'un pauvre avait une petite chance en plus (et lié à son mérite quand même) , il a fallut que l'on y décéle une injustice insupportable ! je trouve qu'il y a d'autres injustices plus criantes à règler avant celle-là !

PS : j'avance masquée parce que je ne veux pas que mes déclarations sur le vécu de la pauvreté m'attirent la pitié ou la charité. Autrement, je suis vraiment vieille et vraiment pauvre, et si vous ne savez pas reconnaître les accents de la vérité, tant pis ! Bien sûr, dans votre tête pleine de schémas préfabriqués, les pauvres sont bêêêtes et ne connaissent même pas l'INSEE... n'est-ce pas ?

03/10/2013, 10:14 | Par Annick Valibouze en réponse au commentaire de vieille dame le 03/10/2013 à 09:26

"les pauvres sont bêêêtes et ne connaissent même pas l'INSEE... n'est-ce pas ?"

C'est vous qui le dites pour, encore une fois, m'attribuer vos propos. Les pauvres et les classes moyennes basses savent que les indices de l'INSEE incluant, par ex., la baisse de coût du matériel informatique, ne reflète en rien la baisse de leur pouvoir d'achat et leurs difficultés croissantes. Comme quoi l'intelligence n'a rien à voir avec le porte monnaie ... ni d'ailleurs avec l'intérêt qu'on porte ou non aux indices de l'INSEE...

J'en profite pour rajouter que les financements publics des Universités type Fac Pasqua (qu'on cherche à nous imposer lentement en endogène) proviennent principalement des impôts des classes moyennes tout en évinçant (les plus pauvres) ou mettant leurs enfants en difficulté (surendettement, travail durant les études) par des droits d'inscriptions universitaires élevés ; ceci est  bien décrit, par ex., dans un documentaire Michael Moore.

Il s'agit donc bien d'une guerre de classe dans une période durant laquelle les emploies se raréfient.

03/10/2013, 15:33 | Par passepartout en réponse au commentaire de Lechiffre le 02/10/2013 à 18:41

Il y a de nombreux étudiants qui travaillent, certains vont jusqu'à la prostitution pour payer leurs études. Oui les boursiers reversent parfois leur bourse dans le porte monnaie de leur famille pour la nourrir; oui il y a une torsion qui est générée par la précarité, la misère de certaines familles dont les enfants vont à l'université se former ; oui parfois ils sont là pour avoir un statut faute de mieux... et alors la faute à qui ?

02/10/2013, 21:43 | Par CLAUDE GEBHART

En massacrant le service public, il sera facile de mettre en avant le privé. cool, mes parents ont de l'argent je vais faire des études; Mince mes parents sont ouvriers, je vais à l'usine. C'est dommage elle est délocalisée...

03/10/2013, 09:39 | Par vieille dame en réponse au commentaire de CLAUDE GEBHART le 02/10/2013 à 21:43

malheureusement dans le monde de bisounourse du service public des universités c'est déjà le cas : les pauvres accèdent en très petit nombre (et de plus en plus petit) aux études supérieures et la Sorbonne n'a pas attendu de sortir du service public pour se "merchandiser" et produire des spécialistes de la pauvreté qui sont la caricature désespérante et  absolue de "chercheurs en sciences sociales" . (ceci dit, je ne suis pas pour la privatisation des universités, mais pour qu'elles évoluent vers plus de justice quand même).

02/10/2013, 22:16 | Par mathieu brunet

Merci Pascal de cet article. Oui, les budgets sont une question cruciale. Et oui, ils sont souvent mensongers.
Au-delà, ou à côté, des budgets, des politiques, de plus en plus catastrophiques notamment pour les secteurs réputés "non rentables". Tout pour les entreprises situées dans le bassin d'emplois local, ou dans les pays "à fort potentiel économique". Et rien, rien de rien, pour les autres.
2 liens, marseillais, pour illustrer cela:
• un article de La Provence: http://www.laprovence.com/article/economie/2549835/luniversite-fait-un-mariage-de.html
• une lettre ouverte des personnels de l'UFR Arts Lettres Langues Sciences Humaines de l'université d'Aix Marseille: http://www.petitionpublique.fr/PeticaoVer.aspx?pi=P2013N44439 

 

03/10/2013, 00:19 | Par Pascal Maillard en réponse au commentaire de mathieu brunet le 02/10/2013 à 22:16

Merci Mathieu pour ces liens. De multiples leviers particulièrement puissants ont effectivement été mis en place, non seulement pour renforcer les liens entre l'université et les entreprises (ce qui n'est pas critiquable en soi, on en a besoin), mais surtout pour mettre le potentiel de recherche du public au service des grands groupes industriels (pharmacie, chimie, agro-alimentaire, nano-technologie...). Les SATT (sociétes d'accélération du transfert technologique), de statut privé et pourtant grassement financées par des deniers publics, jouent un rôle important. Les personnels des services de valorisation des universités y ont été exportés (contrats de statut privé, bien sûr), elles ne sont viables que parce qu'elles sont subventionnées et rien ne prouve jusqu'ici qu'elles font mieux le travail de transfert que les anciennes structures publiques. Plus grave, elles cherchent à obtenir la gestion des tous les contrats publics (le CNRS refuse pour le moment, mais pour combien de temps?) afin d'équilibrer leurs budgets. Les risque est que la recherche publique soit complètement désaisie de sa valo et que les universités perdent à moyen terme des sources de revenu importantes. Fioraso était à sa prise de fonction très critique sur les SATT. Elle s'est empressée d'en créer de nouvelles. Les SATT sont le cheval de Troie de la privatisation des universités. On me dira que tout ceci concerne peu les SHS et les Humanités. Elles n'ont pas grand chose à proposer en maturation et en brevets. Et c'est bien pour cela qu'on les laisse périr à petit feu. Les Lettres ne nourrissent pas le CAC 40...

02/10/2013, 22:25 | Par Chouette59

La question que je me pose : la lutte des classes est d'actualité. La politique "néo-libérale" d'un gouvernement de gauche est un crime de la "démocratie" contre tous les citoyens trahis par des promesses restées lettre morte. On devrait créer un tribunal pour qu'ils nous rendent des comptes. Mais un tribunal du citoyen lésé par des décénnies de mensonges restés cachés. Je crois aux vrais hommes d'État qui pensent d'abord au Peuple et PAS à des marionnettes des lobbyes qui sortent leurs calculettes et leur "intelligence" pour nous berner. La raison au service de l'intérêt collectif devrait être le maître-mot de toute pensée des hommes d'État. Les valeurs de la Révolution Française ont disparu. Les nantis ont repris le contrôle du système même s'ils ne l'ont jamais lâché. Sauf qu'aujourd'hui, le capital impose sa dictature et ne veut surtout pas qu'on puisse changer les chaînes des esclaves qui essaient de s'en libérer.

02/10/2013, 23:19 | Par MarkusG

Puisque les budgets des FAC  (je fais au +court) sont innommables, pourquoi les patrons de ces établissements ne se mettent pas en grève? Ils ont des trucs à cacher? Ils ont détourné de l'argent?

Ou, tout simplement, il n'y en a qu'une seule qui porte un pantalon, à la FAC de Montpellier....

 

 

 

03/10/2013, 00:19 | Par Annick Valibouze en réponse au commentaire de MarkusG le 02/10/2013 à 23:19

Le déni, la sauvegarde de son image narcisssique, la soumission au chef, les bons restaurants, etc ... sont des facteurs bloquants pour les hommes de pouvoir.

Mais quand ils dépassent ces facteurs, rentrent en résistance et se lancent dans la bataille, ils sont en revanche puissants et dangereux. Ce sont des guerriers. La présidente de Montpellier 3 leur montre le chemin. Qu'ils et elles se parlent et décident d'une action  plus dure, une action courageuse qu'une lettre d'avertissement qui fut le point de départ de leur action commune.

03/10/2013, 00:57 | Par Matematika en réponse au commentaire de Annick Valibouze le 03/10/2013 à 00:19

####

les bons restaurants, etc ... sont des facteurs bloquants pour les hommes de pouvoir. Mais quand ils dépassent ces facteurs,

#### donc si je comprends bien, aller au Mac Do constitue un dépassement d'un facteur bloquant.

???

03/10/2013, 01:21 | Par Annick Valibouze en réponse au commentaire de Matematika le 03/10/2013 à 00:57

Clin d'œilRigolant

Super restaurants gratis. Cela a un impact important chez l'homme. De là à aller au mac do (curseur) ...

En fait dans les pays nordiques, les responsables gèrent mieux le bien public. Seulement, par ex., pour aller à la gare, même des ministres sont mal vus s'ils se font rembourser le taxi. Ils restent dans une vie normale. Trop d'avantages artificiels fait croire qu'on est différent des autres (car on le vaut bien, on est supérieur), cela flatte le narcissisme (très mauvais !). Cela déconnecte de la réalité. (un lecteur mdp avait donné le lien d'un reportage sur ce sujet).

Le trop grand confort (presque indécent) des députés, sénateurs, ministres est également néfaste à la bonne marche du pays. Prenons exemple sur les pays nordiques bien mieux gérés. Ils passent également moins de temps aux magouilles et plus à travailler.

03/10/2013, 09:31 | Par Matematika en réponse au commentaire de Annick Valibouze le 03/10/2013 à 01:21

OK..!! Mais il n'y avait pas le (maitre) mot gratis dans votre precedent post. Là tout devient clair.

03/10/2013, 13:26 | Par MarkusG en réponse au commentaire de Annick Valibouze le 03/10/2013 à 00:19

A l'inverse de votre commentaire, très intéressant,  je ne pense pas que ces présidents de fac soient des guerriers. Beaucoup sont atteints par le syndrome de Peter et ont été choisis pour cette raison. Non?

03/10/2013, 23:48 | Par Annick Valibouze en réponse au commentaire de MarkusG le 03/10/2013 à 13:26

laissez-moi espéré  ... Innocent

03/10/2013, 06:57 | Par Annie Madarasz-Bauchet

Depuis la chute du mur de Berlin, la seule question pour moi était comment les grandes fortunes françaises et leurs homologues internationales vont-ils s'y prendre pour casser le programme du C N R en France.

 

Les capitalistes (appelons un chat un chat) n'ont absolument aucun intérêt à ce que les masses de populations soient instruites, aient des outils intellectuels pour réfléchir, critiquer, s'organiser indépendamment de ceux qui détiennent les cordons des budgets et l'argent public.

 

Ce n'est pas simplement les universités qui sont dans le collimateur des privatisations, ce sont les états qui forment l' Union européenne qui sont privatisés. Serge  Dassault est exemplaire, il peut acheter la paix sociale, il peut acheter les voix qui lui sont nécessaires pour garder sa fonction de maire mais il n' a pas un sou pour améliorer le sort de ces jeunes de milieux modestes qui n'ont pas de formation ni d'emploi. Ils reçoivent de l' argent pour consommer(voitures, vacances, téléphone dernier modèles), certainement pas pour s'instruire.  C'est Dassault qui porte plainte contre un journaliste qui a osé utilisé un enregistrement pour dénoncer cette magouille que tout le monde connaissait à Corbeil Essonne mais on ne touche pas un homme qui a ses entrées à l' Elysée et qui est entretenu par les impôts des français depuis tant d'années.

 

La privatisation de l' état implique la destruction de la république française, la démocratie représentative facilite non pas la corruption mais la fusion bien organisée entre la sphère financière et la sphère politique. Chirac, Sarkozy, Hollande (et leurs ministres) n'étaient pas et ne sont pas corrompus, ils appliquent un système qui dépasse largement les frontières françaises. Le sort des universités (et les enseignants chercheurs) est le même que pour la formation (casse de l' AFPA), la santé (casse des hôpitaux publics, déserts médicaux), les transports (il n'y a plus d'usagers, il reste que des consommateurs clients), les énergies (les clients payent le nucléaire et les conséquences de cette énergie), etc..., etc..., etc...

 

Peut-on attendre compréhension et  aide de gens qui ont été eux mêmes des victimes. Parmi des millions de gens,  je pense aux formateurs de l' A F P A qui ont luttés durant des années dans un désert médiatiques. Triste à dire mais à cette époque (avec Sarkozy quand il était ministre du budget) aucun enseignant de la maternelle à l'université ne s'est senti concerner par ce qui était un prélude à une politique plus vaste . Parait-il que la France dépense 32 milliards par an pour les formations, les responsables commencent à s'apercevoir en 2013 que cet argent ne sert pas aux citoyens mais à toutes ces entreprises privées qui prétendent être des entreprises de formation. C'est d'autant plus facile à créer une entreprise de formation  qu'aujourd'hui on ne demande plus des savoirs mais des compétences, non plus à des travailleurs-salariés mais à des collaborateurs, ces nuances dans le vocabulaire sont de puissants instruments de manipulation. Ce qui serait étonnant ce serait que cette manipulation par nos "chers" élites économico-politiques ne fonctionne pas.

 

Pour ouvrir un compte dans un paradis fiscal, Cahuzac, Tapie, Bettencourt, de Marjorie, Buygues, et compagnie (CAC40) ont-ils besoin d'enseigants chercheurs dans les universités de sciences humaines? Il y a plus de solidarité entre eux qu'entre les gens salariés qui dépendent d'eux pour vivre.

03/10/2013, 07:56 | Par baleinebleue

Bravo pour cet article qui nous révèle que

parmi nos hauts cadres de la fonction publique, bons petits "soldats" soumis et obéissants et qui se font formater le cerveau sans moufter depuis le précédent gouvernement avec des méthodes jugées excellentes par le comité interministériel de modernisation de l'action publique, à des coûts exorbitants ( ex méthode lean, issue du toyotisme, assénée dans les cerveaux des cadres par des chargés de mission de  bureaux d'études phagocytés par nos  élites de la nation dont certains sont des fonctionnaires autorisés d'exercer  dans le privé, ...) pour apprendre à justifier intelligemment   les suppressions de postes, au détriment de l'exercice des missions de service public

il y en a UNE, qui  A LE COURAGE DE PARLER   sur la situation budgétaire catastrophique des universités.

Bravo, Madame Fraïsse, vous allez probablement devoir changer bientôt de fonction mais je suis fière que ma fille étudie dans votre université!

 

03/10/2013, 10:35 | Par Annick Valibouze

ex méthode lean, issue du toyotisme, assénée dans les cerveaux des cadres par des chargés de mission de  bureaux d'études

par ex., Eric Woerth a travaillé chez Bossard, cabinet qui fut très créatif en ce domaine et dont les méthodes "efficaces" se sont largement diffusées (Woerth travailla aussi chez Andersen à l"optimisation fiscale" de riches clients). Ces méthodes, procédures, sont en partie inspirées de la psychologie sociale expérimentale.

03/10/2013, 12:03 | Par Scyl

Rennes I (la présidence s'était engagée en faveur de LRU) est également sous tutelle du rectorat pour l'année 2013-2014 après deux années consécutives déficitaires.

03/10/2013, 12:20 | Par Pascal Maillard en réponse au commentaire de Scyl le 03/10/2013 à 12:03

Gageons que la fusion entre Rennes 1 et Rennes 2 permettra de gommer ce déficit. Voir ici. Mais toutes les expériences antérieures montrent qu'une fusion a un coup considérable. Les restructurations des services, des laboratoires et des composantes autoriseront un méchant dégraissage.

On aimerait que le bretons entrent un peu en résistance.

03/10/2013, 15:39 | Par passepartout

Plus on rassemble les universités, plus cela génère de la bureaucratie, plus cela devient couteux. Je suis impressionnée par le nombre d'administratifs mais qui ne sont pas à la bonne place dans ces pseudogigainfrastructures. rassembler pour une cotation mondiale est une hérésie : Havard demeure Havard et trifouille les oies restera trifouille les oies même associé à d'autres trifouille les oies. Autrement dit, faire gros est plus couteux, et n'apportera aucune notoriété. Et la recherche dans tout cela ? Trop d'EC se sont mis à écrire pour écrire, donc la recherche entre dans la difficulté de ne pas couler sous tous ces écrits trop souvent inutiles... A vouloir contraindre, on tue la poule aux oeufs d'or.

03/10/2013, 22:05 | Par Scientia en réponse au commentaire de passepartout le 03/10/2013 à 15:39

Harvard ne se porte pas bien du tout : problèmes financiers, tricheries aux examens, resultats scientifiques trafiqués... Mais nous y reviendrons.

Par rapport au sujet de l'article, nous avons encore diffusé ceci :

 

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/10/02/autonomie-des-universites-retour-au-moyen-age-49284.html

Autonomie des universités : retour au Moyen-Age ?

Le 2 octobre 2013, le Lab (Europe 1) emploie ce titre stupéfiant : « L'autonomie des universités ? Ça remonte au Moyen-Âge, pas à la loi Pécresse, assure Geneviève Fioraso », évoquant l'interview de la ministre dans Acteurs Publics. S'opposant à l'idée d'après laquelle la Loi de 2007 dite relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) aurait rendu les universités autonomes, Geneviève Fioraso déclare notamment : « Les universités se sont créées au haut Moyen Âge sur le concept d’autonomie ». Comment peut-on affirmer une chose pareille à propos de l'époque du servage ? Dans le haut Moyen-Age occidental proprement dit, l'éducation était du ressort de l'Eglise et basée sur la religion. Plus tard, la Sorbonne fut fondée par un chapelain et confesseur du roi en pleine période de police inquisitoriale. Quant aux intellectuels de l'actuel Midi de la France, ils étaient au même moment en proie à des persécutions de la part du Saint-Office mis en place quelques décennies plus tôt dans le cadre de la Croisade albigeoise. L'Inquisition portait le nom institutionnel d'Inquisitio Haereticae Pravitatis (enquête sur la perversité hérétique). C'est dire toute la « liberté » et « l'autonomie » réelles dont pouvaient bénéficier les intellectuels à une époque où la Théologie était la principale matière dans l'enseignement universitaire. La LRU de Valérie Pécresse, qui n'est que l'application et la suite des accords européens signés sous la « gauche plurielle » de Lionel Jospin (stratégie de Lisbonne, Processus de Bologne...), a effectivement organisé une rupture avec l'ordonnancement instauré il y a trois décennies par la « gauche » sous la pression du mouvement syndical de l'époque après l'élection de François Mitterrand à la Présidence de la République. Peut-on nier cette évidence ? Le 2 octobre également, le blog POLARED (Mediapart) lance un « Appel à une opération vérité sur les budgets des universités », avec un exposé fort détaillé qui comporte entre autres cette réflexion : « ... puisque la ministre ne veut rien voir, ni savoir, opposons-lui les faits ». En conclusion, l'article inclut en annexe une lettre ouverte de la présidente de l'Université Paul Valéry - Montpellier 3, Anne Fraïsse, à Geneviève Fioraso et ajoute à juste titre « Anne Fraïsse ne doit pas, ne peut pas être isolée ». Il annonce aussi une « Journée de réflexion et de débats sur les comptes des universités autonomes » organisée par l’Association des sociologues enseignant(e)s du supérieur (ASES) le samedi 12 octobre à 14h à l'Université Paris 7. La désintégration budgétaire et organisationnelle des universités et des organismes publics de recherche, que la politique de l'actuel gouvernement ne fait qu'aggraver dans une logique de privatisation, incarne un véritable danger de retour à une nouvelle forme de Moyen-Age pour l'enseignement supérieur et la recherche.

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/10/02/autonomie-des-universites-retour-au-moyen-age-49284.html ]

 

Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/
http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

03/10/2013, 21:48 | Par cool jazz

L'état des universités françaises est lamentable, même si certaines sortent du lot, la grande majorité travaillent dans des conditions déplorables. A se demander si l'avenir n'est pas dans l'e-enseignement et l'e-recherche, avec peu de présentiel mais d'une qualité acceptable.

04/10/2013, 01:05 | Par Pascal Maillard en réponse au commentaire de cool jazz le 03/10/2013 à 21:48

Vous me permettrez de douter que l'avenir soit dans le "e". En attendant que je publie un de ces jours un billet sur les MOOCs et les programmes de "e-learning" je vous propose de faire une petite expérience. Observez la différence entre ce beau programme très ambitieux et une réalisation.

L'UniTwin de l'UNESCO concerne la mutualisation du matériel pédagogique et la feuille de route strasbourgeoise 
a pour objectif "d'aménager ou de créer des cursus universitaires". POEMs ("Personalised Open Education for the Masses"), plateforme numérique présentée dans ce powerpoint, est porté à l'UdS par le CNSC (Campus numérique des systèmes complexes) et a pour objet  "de diffuser les connaissances par un écosystème éducationnel." 75 universités,  trois millions d'étudiants, 100 000 étudiants pour un seul cours. Voir planche 4 du PPT, affolante pour tout chercheur en sciences de l'éducation. POEMs vise une "éducation de masse personnalisée (planche 5), présente des ECTS, touche tous les secteurs disciplinaires, envisage de l'évaluation automatique et définit les nouvelles missions de l'enseignant qui "devient coordinateur/modérateur/référent" (planche 11). Je vous laisse découvrir le meilleur qui est à la planche 12 : validation et formationà la carte avec les entreprises suivantes : EXXON, Sanofi, ABASE, Microsoft, IBM et Véolia. Le Campus numérique a démarré le 19 juin 2013 à Strasbourg, avec comme partenaires, entre autres, l'AFPA et le CEA.

Il faut aussi être attentif à ce que les MOOCs (et dans notre cas POEMs) modifient profondément les missions et le statut des enseignants-chercheurs. A ce sujet j'en lis la preuve dans cet entretien à EducPro . Rigoureusement affolant. Je me dispense d'un décodage critique de ce crétinisme à la mode. Enseigner des compétences et non plus des savoirs, apprendre à picorer et nous adapter. Joli projet! La fabrique du crétin est en route. Et je ne parle pas que des étudiants. Si les universitaires ne se réveillent pas, c'est la pensée économique et manageriale qui triomphera sur l'intelligence critique et les disciplines du sens. Il est patent pour moi que certains directeurs et porteurs de projets en sont imbibés, s'en font les relais et que certaines disciplines (volontairement ou non) jouent un rôle majeur dans le développement d'une pensée pauvre et faible au service de l'université de la marchandisation et aussi de l'université numérique qui est inventée par quelques-uns, en dehors de tout véritable contrôle. On a bien vu ça avec la politique dite "d'excellence" et son pilotage.

Avant de se lancer dans le numérique et le FUN de Fioraso, on devrait commencer à réfléchir un peu plus, et un peu mieux. Ceux qui ne voient pas que le développement exponentiel et irréfléchi du numérique sert d'abord à booster un secteur industriel juteux et ensuite à adapter l'enseignement à un impératif de dégraissage de la masse salariale des universités, sont aveugles. Le numérique est un outil. Nous l'utilisons au quotidien. En faire une arme pour remplacer les profs aura un impact considérable sur la qualité de l'enseignement et de la recherche.


 

04/10/2013, 12:24 | Par Annick Valibouze en réponse au commentaire de Pascal Maillard le 04/10/2013 à 01:05

+1 et si bien écrit

Comment se fait-il que les EC sont si aveugles, inertes en général ? Ce n'était pas le cas avant. Que se passe-t-il ? On les mène à l'abattoir, on même la connaissance à l'abattoir, et ils accompagnent. Le nez sur leur ANR ? Les universitaires sont sous pression constante. Ils sont devenus tristes, tendus. De nombreux maitres de conférences passent des concours (ex. les douanes) pour quitter ce métier devenu désagréable. Certains préfèrent enseigner dans le secondaire.

Des primes émergent avec affichage "Innovation Pédagogique" sans plus d'explication. Que signifient ces primes ? Je rappelle que les mots : innovation, libres, (innovez vous êtes libres ! vous êtes libre, innovez !) sont des mots bien identifiés en psychologie sociale expérimentale à des fin de manipulation sociale.

C'est bien mal connaître l'humain (et les étudiants) que de croire qu'il va étudier (et quoi, comme vous l'écrivez si bien) seul dans son coin devant son ordinateur. De plus, quand les e-enseignements deviendront obsolètes (c'est rapide en informatique ...) qui les renouvellera puisque tout le monde sera incompétent. Quelle vision stupide et courtermiste.

J'attends votre billet ... ainsi que celui promis sur le harcèlement dans une grande université.

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