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La Roumanie n'est pas Auschwitz, mais ici, c'est déjà Vichy (1)
Ce sont encore 200 roms de l'agglomération lyonnaise qui ont été expulsés de leurs lieux de vie sur 4 sites. A Lyon, depuis une semaine, le préfet applique à la lettre la circulaire du 5 août 2010, pourtant illégale, et démantèle, un par un, tous les camps de roms.
Il fallait voir ces 25 enfants de l'autre côté du trottoir de la rue Eugène Pottier, le regard perdu, les yeux encore embués par le sommeil, ne comprenant pas pourquoi on leur envoyait une quinzaine de véhicules de police de si bon matin.Ils avaient entre 6 mois et 12 ans. L'un d'entre eux avait encore son cartable sur le dos. Ce matin, il n'ira pas à l'école.
La veille, l'OFII de monsieur Klarsfeld était passé pour proposer « l'aide au retour ». Pas un habitant n'en a voulu. Stefan expliquait pourquoi :
« Qu'est ce que tu veux que je fasse de cet argent pour retourner en Roumanie ? Je suis en France depuis 2002, j'ai 5 enfants qui vont à l'école, l'OFII ne m'a jamais proposé un centime pour m'aider. A la place, ils donnent 300 € à des roumains qui sont là depuis une semaine et qui sont venus exprès pour ça... »
Le préfet du Rhône a déclaré qu'il ne voulait pas voir d'enfants mendier dans la rue. Il montre clairement aujourd'hui qu'il ne veut pas non plus les voir à l'école. A peine les enfants rentrés et scolarisés à un endroit, il les expulse et les rejette à l'autre bout de la ville.
Le préfet du Rhône, reprenant les déclarations du ministre Apparu (2), à déclaré qu'à Lyon, il ne laisserait aucun enfant de moins de 10 ans dormir dehors. Rien qu'hier, il en a jeté une centaine à la rue dont les plus petits ont quelques mois.
La semaine dernière, après avoir trouvé le camp de Saint Fons, vidé de ses habitants qui avaient anticipé l'expulsion, le préfet a donné des consignes pour traquer, harceler et pourchasser les roms où qu'ils se trouvent. (A moins, que de tels agissements ne soient le fait de fonctionnaires de police particulièrement zélés qui agissent de leur plein gré ?). C'est ainsi qu'un groupe de 80 personnes dont une trentaine d'enfants se sont retrouvés à Chassieu, puis Décines, retour à Chassieu, Villeurbanne puis Vaulx en Velin.
A Chassieu, quand la police les a retrouvés dans une forêt au milieu de nulle part, ils ont été obligés de quitter les lieux. Ils faisaient 100 mètres, tenant d'une main leur enfant, de l'autre leur lourd baluchon, suivis à pied par des policiers. Dès qu'ils s'arrêtaient pour se reposer, la police les obligeait à repartir.Cette traque à duré 2 jours et 2 nuits.
Finalement, à Vaulx en Velin, alors qu'ils étaient exténués, au bord de l'épuisement, la police les a chassés une dernière fois... Pour les conduire dans une usine occupée par une trentaine de roms...
Alors que depuis une semaine et le début des rafles, la police était passée dans tous les squats pour menacer d'expulsion immédiate tous les occupants s'ils accueillaient de nouvelles personnes, ici, la police a tenu le discours contraire. Un rom m'a raconté que la police les avait menacés d'expulsion immédiate s'ils n'acceptaient pas le nouveau groupe...
Depuis le mardi 13 septembre et l'expulsion illégale des 140 personnes de la rue Marcel Mérieux (les premiers occupants étaient là depuis plus de 48 heures), le préfet à jeté dans la rue plus de 650 roms.
Mardi 20 septembre il en a expulsé par charter 150 dont une cinquantaine de Saint-Etienne.
En ce qui concerne le respect de la loi, celle-ci est bafouée en permanence. A une personne qui s'étonnait de la loi qui interdit d'expulser les squateurs au delà de 48 heures de présence, un officier supérieur de police à répondu : « ne vous inquiétez pas, on ne les laissera JAMAIS s'installer 48 heures. Cà, c'est notre travail. »
La police ne laisse pas 48 heures, elle n'hésite pas à intervenir au bout de quelques heures sur des terrains privés sans l'accord du propriétaire, elle intervient même au bout de 96 heures, sans se gêner. En ce qui concerne les expulsions, la préfecture délivre maintenant des OQTF (Obligations de Quitter le Territoire Français) dès qu'un rom qui a déjà vécu sur le sol français l'a quitté et revient. En gros, on supprime le droit de libre-circulation et on exclut les roumains de l'Europe. Bien entendu, ce n'est que pour les roumains. Un touriste hollandais qui vient en caravane et multiplie les courts séjours, même s'il ne dépense rien en France, lui, ne sera pas inquiété...
En ce moment la police multiplie les contrôles au facies à l'encontre des roumains. Qu'on ne me dise pas que ce n'est pas ciblé sur les roumains, les contrôles sont effectués avec un policier spécialement venu de Bucarest qui pose les questions et traduit...
Relevé d'identité, fouille des sacs, confiscation des portables pour vérifier s'ils ne sont pas volés et enfin, questionnaire rapide pour connaître la situation administrative et la date d'entrée en France. Le tout précieusement consigné dans un petit carnet spécial. Parfois, dans la foulée, convocation à la PAF (Police de l'Air et des Frontières) pour se constituer un dossier d'expulsion.
Enfin, depuis longtemps déjà, la police arrête des enfants roms. Dans le métro, dans la rue, dans les déchetteries.
Voici le témoignage d'un enfant: « Dans la déchetterie, il y avait un monsieur qui ressemblait à un clochard. Il fouillait dans les poubelles. Et puis d'un coup il a sauté la barrière et il nous a attrapé. Il a mis son bandeau de la police. Ensuite ils nous a amené au commissariat. Ils nous ont pris les empreintes, comme ça, tous les doigts et aussi la main et puis ils nous ont pris des photos, 3 photos et après un policier nous a dit de cracher sur un mouchoir qu'il a mis sur la table. Après, ils nous ont mis en garde à vue, jusqu'à 11 heures du soir et puis ils nous ont emmené dans un foyer. Ils ont pas voulu prévenir mes parents.»
Cet enfant à 11 ans, il vit en France depuis 5 ans. En 8 jours, il a été expulsé 4 fois de sa maison par la police. Il se déplace la peur au ventre, il ne va plus à l'école, il a perdu son sourire d'enfant, et son visage, déjà marqué par ces épreuves lui fait paraître des années de plus. Il est recensé, fiché, photographié et son ADN répertorié.
Alors je ne sais pas si la Roumanie c'est Auschwitz, monsieur Klarsfeld, mais je peux vous dire, et votre comparaison est à cet égard tout à fait bien trouvée, ici, pour les Roms, c'est déjà Vichy.
(1) Le 21 septembre 2011, Arno Klarsfeld, directeur de l'OFII (Office Français de l'Immigration et de l'Intégration) déclarait sur France Inter à propos des expulsions de roms : « S'il n'y a pas de politique du chiffre, c'est-à-dire s'il n'y a pas d'aiguillon sur les préfets, alors les préfets ne font pas ce travail de renvoyer, non pas vers la mort, non pas vers Auschwitz... »
(2) « Il est hors de question qu'une seule famille se retrouve à la rue. Un enfant ne dort pas dehors en France en 2011 » (B. Apparu, Le monde, 20 juillet 2011)
« Jean-François Carenco s'est engagé à ce qu'aucune mère accompagnée d'enfants de moins de 10 ans ne dorme à la rue » (Le Progrès, 11 août 2011)
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Les 2 commentaires les plus recommandés
La haine de cette France là, qui me donne la rage. J'ai honte de cette France là et de son gouvernement.
Je souhaite à tous les agents, qui éxecutent ces ordres là, de vivre un jour la même chose, de voir leurs propres enfants les renier et leur cracher dessus. Quant à l'autre Klarsfeld, à part avoir été l'amant de la poule (couveuse) de Sarkozy, quels sont ses mérites pour avoir obtenu ses postes succéssifs et pour oser l'ouvrir, sa gueule ?
Le mouvement de " carcéralisation " du pays se poursuit à une vitesse en exponentielle continuelle. La France devient un état policier extrêmement réactionnaire et applique une politique tant intérieure qu'extérieure agressive et brutale.
A ce rythme, avec la proximité des échéances électorales qui mobilisent tous les partis sur un combat à venir et les éloignent d'un combat présent qu'ils leur faudrait pourtant livrer maintenant pouce par pouce et qu'ils négligent, d'une part le gouvernement se hâte, profitant, donc, - l'occasion fait le larron, et le larron est malin - de l'absence d'une opposition bien trop occupée à autre chose, de faire passer, tout ce qu'une autre période dans un autre contexte qui n'aurait pas été électoral, n'aurait pas permis, et d'autre part, s'il devait être réélu et donc rester au pouvoir, bénéficierait immédiatement de tout cet arsenal mis très précipitamment en place, à des fins que lui seul connait, et, dont, tous, pour peu que nous le voulions bien, peuvons aisèment entrevoir la portée.
Les élections sont les aboiements du petit chien malin, qui, au bord de la rivière qu'il veut traverser, fait beaucoup de bruit pour attirer, jusqu'à lui, le crocodile qui aimerait le croquer, avant de courir vivement bien plus loin et traverser avant que le saurien n'ait eu le temps de réaliser qu'il s'est fait berner.
Tous les commentaires
Merci pour ce récit effrayant.
Bravo, M. KLARSFELD, votre référence à une époque trouble de notre histoire (Auschwitz) trahit quand même certains scrupules qui doivent vous tenir éveillé la nuit. Qu'importe, la soupe est bonne, au Gouvernement, délectez vous. Vous étiez, jusque là, le défenseur du Droit civil, quel revirement, quel opportunisme, quel pouvoir d'adaptation!!Méfiez vous, l'Histoire se souvient, par définition...
On commence par expulser des Roms...ils finiront peut être avec des Juifs?...allez savoir...il parait que l'histoire se répète par la faute de l'humanité a vouloir comprendre ses erreurs?
Et même s'ils n'expulsent pas les juifs, même s'ils ne nous exulsent pas, nous, vous et moi : PERSONNE NE MÉRITE L'EXPULSION !!!...
La libre circulation des personnes est un droit inaliénable et fondamental inscrit dans la déclaration universelle, supérieure aux accords de Shengen et d'ailleurs qui favorisent la libre circulation des capitaux : dictature financière pourrie qui fait peur à chacun de nous et nous paralyse.
Jean-Jacques M’µ
La libre circulation des capitaux OK...mais pour les personnes il se trouve des interdits à chaque coins de rues!...après, L'EXPULSION est une chose naturelle...nous naissons par expulsion..l'air que nous respirons sera expulsé par nos poumons..ETC..!
Les lois naturelles ne sont pas des lois humaines Claude-Michel. Se référer à la nature, c'est refuser la culture. L'humain ne peut se satisfaire de la seule nature, il cultive. Cliché contre cliché, Claude-Michel : en rester à l'état de nature, c'est ne pas évoluer. Toutes les améliorations vont dans le sens culturel, pensez-y.
Jean-Jacques M’µ
+1...sauf que la culture est surfaite et incomplète chez l'homme?...Quand à comprendre cette culture, c'est une autre histoire!...je préfère l'intelligence à la culture...Heu...l'intelligence est "NATURELLE"...même sans culture!
Ce récit effrayant, comme il est dit plus haut, se répète régulièrement surtout dans quelques grandes agglomérations dans une relative indifférence : la réputation des Roms ne permet que rarement un soutien populaire et ce racisme a encore été exacerbé en particulier durant l'été 2010. Il existe pourtant des réseaux qui surveillent les agissements de l'Etat français et, plus largement encore, de l'Europe, tel que "Urba-Rom" : http://urbarom.crevilles-dev.org/
Urba-Rom rassemble des chercheurs mais pas seulement, nous retrouvons dans ce réseau des militants, des instituteurs, des personnes engagées sur le terrain d'une manière ou d'une autre.
La Roumanie n'est pas Auschwitz, mais ici c'est déjà Vichy
Terminé, je n'ai même pas lu l'article ...
Bonjour Godwin ..
@ M. Cloclo
"Terminé, je n'ai même pas lu l'article" ... pendant que vous y êtes, ne lisez pas non plus les autres, désabonnez-vous et lâchez-nous !
@monsieur cloclo : "beurk !"
Godwin c'est quand on fait des références qui n'ont pas lieu d'être : ici, l'article ne fait que reprendre une citation d'Arno Klarsfeld - tête de beau gosse et coeur de Papon ! (ah mince un Godwin de plus !)
Vous avez tort de ne pas lire un article aussi précis, aussi dérangeant ! Comment réagir ? Dire qu'on attend mai 2012 c'est un peu indécent, non ?
Le mouvement de " carcéralisation " du pays se poursuit à une vitesse en exponentielle continuelle. La France devient un état policier extrêmement réactionnaire et applique une politique tant intérieure qu'extérieure agressive et brutale.
A ce rythme, avec la proximité des échéances électorales qui mobilisent tous les partis sur un combat à venir et les éloignent d'un combat présent qu'ils leur faudrait pourtant livrer maintenant pouce par pouce et qu'ils négligent, d'une part le gouvernement se hâte, profitant, donc, - l'occasion fait le larron, et le larron est malin - de l'absence d'une opposition bien trop occupée à autre chose, de faire passer, tout ce qu'une autre période dans un autre contexte qui n'aurait pas été électoral, n'aurait pas permis, et d'autre part, s'il devait être réélu et donc rester au pouvoir, bénéficierait immédiatement de tout cet arsenal mis très précipitamment en place, à des fins que lui seul connait, et, dont, tous, pour peu que nous le voulions bien, peuvons aisèment entrevoir la portée.
Les élections sont les aboiements du petit chien malin, qui, au bord de la rivière qu'il veut traverser, fait beaucoup de bruit pour attirer, jusqu'à lui, le crocodile qui aimerait le croquer, avant de courir vivement bien plus loin et traverser avant que le saurien n'ait eu le temps de réaliser qu'il s'est fait berner.
Ah, elle est belle cette France Sarkolepénienne....
Ce n'est pas propre à Sarkozy : Chirac, Jospin, Mitterrand, Giscard ont participé à carcériser le pays en fermant les frontières pendant que nos pays se sénilisent de plus en plus dans toutes sortes de dépendances technologiques et alimentaires.
La dictature économique se fout pas mal des gouvernants et de ceux qui les ont élus. Elle continue son travail pour faire monter les richesses des zones sans effet de serre : là où il a moins de CO², c'est là où vont tous les capitaux et les investissements : l’Afrique est pillée, nous y participons en participant de la grande distribution et en refusant d'accueillir ceux-là mêmes qui fuient la misère que nous leur fabriquons. Ce réflexe mortiphère qui est celui de nos gouvernements et de la population qui se tait et laisse faire, ces réactions malsaines et inappropriées de repli sur soi nous condamnent d'avance à l'asphyxie.
Si ce n'est pas par humanité qu'on accueillerait les étrangers, au moins ce devrait être par simple raisonnement en fonction de notre survie sur la planète. Et si on continue à maintenir ces frontières fermées, alors nous sommes dans une réelle folie. Furieuse.
Malheur à nous de continuer sur ces refus dont les verrous finiront bien par pêter un jour !... Malheur à nos enfants s'ils ne nous apprennent pas à accueillir le monde qui frappe à notre porte tant qu'il est encore temps.
Jean-Jacques M’µ
Je me demande si encore une fois, la France ne foule pas aux pieds la Convention Européenne des Droits de l'Homme, comme elle en a si souvent l'habitude.... en particulier l'Article n°4 qui interdit les expulsions collectives d'étrangers dont le pays est membre de l'U.E... ?
Quant à Arno Klarsfeld.... no comment, ce type est une aberration à lui tout seul...
Evidemment, elle foule aux pieds ses engagements internationaux ; ceux qui pratiquent, professionnellement ou bénévolement, le droit des étrangers le savent bien.
Quand par miracle on arrive, malgré les obstacles mis par les lois successives et par les pratiques illégales de l'administration, à faire valoir les voies de recours, le non-respect notamment de l'art. 9 de la Convention Internationale sur les Droits de l'Enfant (on ne sépare pas un enfant de ses parents) et de l'art. 8 de la Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l'Homme (droit au respect de la vie familiale) apparaît clairement et les décisions sont parfois annulées.
La plupart du temps, ça ne sert plus à rien, l'expulsion a eu lieu depuis longtemps...
Cela dit, "il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer", en attendant des jours meilleurs (et en se battant pour qu'ils arrivent !).
La haine de cette France là, qui me donne la rage. J'ai honte de cette France là et de son gouvernement.
Je souhaite à tous les agents, qui éxecutent ces ordres là, de vivre un jour la même chose, de voir leurs propres enfants les renier et leur cracher dessus. Quant à l'autre Klarsfeld, à part avoir été l'amant de la poule (couveuse) de Sarkozy, quels sont ses mérites pour avoir obtenu ses postes succéssifs et pour oser l'ouvrir, sa gueule ?
votre article est fort, juste : je l'ai mis sur mes réseaux. Je crois que c'est important de le diffuser
C'est terrifiant! Nous ne pouvons pas accepter cela.Trop c'est trop.
En avril 2008, à l’occasion d’un colloque de l’Union européenne à Timisoara (Roumanie), j’ai pu, accompagné de quelques responsables des communautés Roms de ce pays, me rendre compte de la façon dont vivaient les Roms de Roumanie: un immense ghetto d’habitations de fortune (ou plutôt d’infortune..) faites de tôles, de cageots, de bric et de broc. Selon les chefs roms, 25.000 personnes y vivent, sans électricité, sans eau courante, sans chauffage (l’hiver, il peut faire -25° à Timisoara....), sans école, dans le dénuement le plus total. Seul, je n’y serais, évidemment, pas entré, mais escorté de quelques responsables, et d’une traductrice, j’y ai été accueilli, avec réserve dans les premiers instants, puis avec chaleur.
Café et biscuits ne sont rien d’autre qu’un repas de fête quand, au détour d’une conversation grave, les gamins viennent vous demander si, “puisque vous venez de la France, le pays de Zidane”, vous ne voudriez pas taper un peu le ballon avec eux...
Mais, dans leur propre pays, les autres Roumains n’aiment pas les Roms et les rejettent dans ces gigantesques bidonvilles maudits.
Pour les Roms, pas de travail. Pourtant, le courage et l’envie de bosser ne leur manquent pas: j’en ai rencontré, toujours à Timisoara, qui avaient essayé de monter une entreprise... de tri de déchets dans les dépôts d’ordures (les déchetteries sont encore rares, là-bas), “parce que nous n’habitons jamais très loin de ces tas d’immondices et que nous avons un savoir faire dans cette activité”, m’ont-ils expliqué. Ils se sont heurtés à un mur administratif d’impossibilités diverses...
Certes, l’époque Ceaucescu est révolue, mais pour les Roms, c’est toujours la misère...
Alors?
Alors, j’ai honte quand mon propre pays se comporte comme il le fait depuis quelques temps avec les Roms qui viennent en France, quand la police de mon pays les expulse avec pour seule alternative le retour en Roumanie (ne me dites pas que nos dirigeants ne savent pas dans quelles conditions les Roms vivent là-bas...), quand on les déloge d’un terrain, certes pas toujours adapté à l’accueil des gens du voyage, leur disant simplement: “partez! Ne vous installez pas dans les environs, on ne vous laissera pas faire, partez! En Roumanie, de préférence...” Et hommes, femmes, enfants de s’en aller, au gré des rues, sans savoir où dormir, sans avoir de quoi manger, sans même savoir de quoi ce soir sera fait... (*)
Non, je ne reconnais pas mon pays, la France, quand il traite les gens ainsi, quand il traite les Roms ainsi, en se justifiant sur la manière -critiquable à bien des égards- qu’ils ont de vivre. C’est inhumain, tout simplement.
Nos gouvernants, côté cour, ont beau jeu de dire que “c’est le problème de la Roumanie”. La belle affaire! Côté jardin, ils mettent en avant les relations “exceptionnelles” de la France et de la Roumanie “où l’influence française est très forte, où le français est encore parlé par beaucoup de monde, etc.”. Bravo, l’influence!
N’empêche que la France a encouragé la Roumanie à intégrer l’Union européenne, à s’ouvrir à l’économie de marché, à se convertir à la libre circulation des capitaux... et des personnes! Pour les capitaux, tout va bien, quelques délocalisations nous le rappellent douloureusement. Pour les personnes, c’est plus mitigé: les touristes, pas de problème. Les Roms, eux, ne peuvent même pas bénéficier en Roumanie des effets des délocalisations, et ils ne pourront même plus, au train où vont les choses, quitter leur pays.
honte à ma france !!! honte à ces préfets et policiers !! ils sont bien les serviteurs zélés des crapules qui nous gouvernent !!!!!!!!!!
Trop fatigué pour continuer à en rajouter, mais votre billet et le fil des commentaires est d'une très haute tenue intellectuelle et morale. Je m'associe entièrement à la peine qui affecte les populations discriminées, à la dénonciation des pouvoirs administratifs et politiques, et au sentiment de déréliction que me laisse le nombre ô combien réduit, ici, de participants à cette claire et si évidente mise à plat de nos systèmes répressifs.
Merci à vous. Sincèrement.
Continuons.
Courage.
Résolument.
Jean-Jacques M’µ
Force est de constater que notre belle police est restée la même depuis Vichy..?...ils adorent expulser...peut importe la destination, pourvu qu'ils aient l'ivresse de leur connerie!...AFFLIGEANT le manque d'intelligence de la part de ces personnes?...Obéir à toux prix...sans penser sans réfléchir un instant aux actes qu'ils font..?...DRAMATIQUE d'avoir sous le casque un QI de palourdes!
Lorsque je vois des titres de billets ou d'articles au sujet des Rroms, j'hésite à les lire car j'ai peur de ce que je vais découvrir et c'est toujours de pire en pire.
Au-delà des Rroms pour lequel il semblerait qu'il y ait un consensus national pour dévaloriser ce qu'ils sont en tant que peuples, les briser en tant que culture et dire 'regarder comme ils vivent" alors que ce sont les régimes des pays qu'ils habitent qui les amènent à n'avoir que ces possibilités là pour préserver un tant soit peu de ce qu'ils ont été et qu'ils sont encore, mais cela demanderait un long rappel historique.
Au-delà de cela donc, les Français devraient s'interroger sur les infrastructures qui sont mise en place sous prétexte de Rroms et d'immigrés sans papiers, sur les lois d'enfermement qui sont passées avec au mieux leur indifférence (je ne parle pas des militants !) au pire leur consentement car au final tout cela est aussi mis en place à leur encontre au cas où un jour ils se réveilleraient et trouveraient que trop c'est trop pour eux-mêmes : tout sera alors mis en place pour leur rappeler que eux aussi n'ont que le droit d'être soumis ou de subir la loi des dominants et comme les pouvoirs en place attaquent catégories de populations par catégories de populations après avois disqualifié ceux qu'ils visent, eux aussi ne trouveront personne pour les défendre.
Quant à ceux qui prétendent que la référence à une certaine période de l'histoire est exagérée qu'ils comparent ce qui est comparable : la mise en place progressive qui elle non plus ne s'est pas faite en un jour, d'une idéologie, des lois et des infrastructures permettant de la mettre en oeuvre et non ce à quoi cela a abouti et ils se rendront compte non seulement que le processus est en marche mais aussi que le but est encore plus radical !
Défendre les autres quand ils sont discriminés, opprimés c'est se défendre soi-même, les attaquer c'est accepter que les mêmes procédés soient utilisés à notre encontre.
Il est ntéressant que la police lyonnaise se concentre sur des familles qui tentent de scolariser leurs enfants, alors qu'elle semble manquer de moyens pour s'attaquer aux réseaux criminels de toute origine qui s'activent sans vergogne en plein centre ville.
Les familles qui tiennent à coeur de scolariser leurs enfants devraient pouvoir vivre en paix et être aidées - elles ne sont d'ailleurs pas si nombreuses... Mais la scolarité est un sujet déplaisant pour les dirigeants qui préfèrent une population ignare et facile à manipuler.
C'est un procédé que j'ai vu utilisé pour les immigrés : on s'acharne sur ceux qui essayent de vivre le plus honnêtement et discrètement possible et on laisse tranquille ceux qui perturbent.....
Oui : c'est un axe sur lequel les organisations peuvent intervenir. Les moyens policiers et administratifs contre les mafias et les trafics organisés.
Derrière la peur et le dégoût entretenus auprès de la population par nos autorités, il y a la volonté de prétendre préserver la quiétude du citoyen : c'est une tromperie hypocrite qu'on peut facilement démontrer... pourvu qu'on veuille bien nous entendre !
Jean-Jacques M’µ