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Chomsky et le «complot médiatique» - Des simplifications actuelles de la critique sociale

La critique des médias avancée par le linguiste et militant américain Noam Chomsky a un certain écho dans les milieux altermondialistes et les gauches critiques. Á ses tendances trop simplificatrices, on opposera des ressources critiques puisées dans les sciences sociales (dont la sociologie de Pierre Bourdieu). 

 Le texte qui est présenté ici est la version longue d'un article publié dans la revue ContreTemps (1ère série, éditions Textuel), n°17, septembre 2006, sans le «Post-scriptum à propos de deux articles parus dans la revue Agone». Cette version longue avait été mise en ligne en septembre 2006 sur le site libertaire toulousain Calle Luna (http://calle-luna.org/), aujourd'hui disparu. C'est le premier des trois textes qui seront remis à disposition sur Mediapart après la disparition de Calle Luna.

 Le texte a été laissé en l'état en-dehors d'une légère actualisation des références bibliographiques et de la mise entre crochets de la version américaine initiale des citations du livre d'Edward S. Hermann et de Noam Chomsky, Manufacturing Consent - The Political Economy of the Mass Media (1ère éd. : 1988), dans une édition anglaise de 1994 (London, Vintage/Random House ; toutefois, je ne dispose pas de la version américaine de la nouvelle introduction de 2002). Pourquoi ? Parce que le politiste et militant Gilbert Achcar, dans sa réponse critique à mon article dans le même n° de ContreTemps, "Corcuff et la «théorie du complot»" (mis en ligne sur Acrimed : <http://www.acrimed.org/article2434.html>), m'a reproché d'utiliser une traduction française du livre qui aurait été de mauvaise qualité: celle publiée au Serpent à plumes en 2003. C'était la seule disponible à l'époque ; depuis les éditions Agone, de Marseille, ont proposé une nouvelle traduction : La fabrication du consentement - De la propagande médiatique en démocratie (2008). Ainsi les mises en garde d'Achcar sur les déformations possibles de la traduction doivent être prises en compte, mais cela ne m'a pas semblé remettre en cause mes principaux arguments (qui s'appuyaient également sur la lecture antérieure d'autres textes de Chomsky, dans des versions originales comme dans d'autres traductions). C'est pourquoi j'ai gardé la référence à la traduction initiale du Serpent à plumes, tout en mettant entre crochets la version américaine initiale (afin que le lecteur puisse se faire sa propre opinion sans la médiation de la traduction, notée 1994), excepté pour l'introduction de 2002.

 Depuis ce texte, j'ai relevé une contradiction logique chez Noam Chomsky dans son traitement de la question des effets et de l'efficacité des médias dans nos "démocraties de marché" : "Autour de Chomsky & Cie : peut-on penser contre soi-même ?", Rue 89, 8 décembre 2008, <http://www.rue89.com/2008/12/08/autour-de-chomsky-cie-peut-on-penser-contre-soi-meme>.

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 Chomsky et le "complot médiatique"

 Des simplifications actuelles de la critique sociale

 Philippe Corcuff

 (texte mis en ligne initialement sur Calle Luna en septembre 2006)

 Une certaine critique des médias a le vent en poupe dans la galaxie altermondialiste. Certains y voient un signe de bonne santé de la radicalité politique. J'y vois poindre aussi des indices de régression "pré-marxiste" de la critique sociale. Les études consacrées par Noam Chomsky aux médias constituent le pôle le plus sérieux de ce type de littérature. Par contre, les usages français de Chomsky apparaissent souvent en décalage avec leur inspirateur : soit qu'ils présentent des analyses plus manichéennes associées à un style pamphlétaire(1), soit qu'ils rompent plus nettement avec la logique même de l'argumentation rationnelle qui est celle de Chomsky(2). Je me centrerai donc sur le texte chomskyen plutôt que sur les "chomskysmes" français, que je me contenterai de citer ponctuellement.

 Ce ne sont ni les travaux renommés dans la communauté scientifique internationale du linguiste, ni le courage politique d'un militant anti-impérialiste au cœur de l'Empire américain, ni encore son intéressante insertion dans la mouvance libertaire(3), qui seront en jeu ici, mais son analyse politique des médias(4). Sur ce plan, je n'attribue pas à Chomsky, contrairement à Arnaud Rindel, "une place fondamentale dans la pensée critique moderne"(5), mais j'en fais plutôt un révélateur d'un certain recul théorique des discours critiques les plus diffusés aujourd'hui. Je m'arrêterai principalement sur l'ouvrage souvent considéré comme le plus construit par les partisans de Chomsky eux-mêmes, écrit en collaboration avec l'économiste Edward S. Herman : La fabrique de l'opinion publique américaine - La politique économique des médias américains (Manufacturing Consent - The Political Economy of the Mass-Media, 1e éd. : 1988)(6).

 "Le système" et "le complot" : hésitations entre deux figures du "tout" chez Chomsky

 Chomsky et Hermann définissent dans l'introduction de 2002, la préface de 1988 et le chapitre 1 (intitulé "Un modèle de propagande") le point d'appui théorique de leurs analyses empiriques : "le modèle de propagande" ["A Propaganda Model"]. Ils indiquent ainsi que "L'objet de ce livre est de proposer ce que nous appelons un modèle de propagande, c'est-à-dire un cadre analytique capable d'expliquer le fonctionnement des grands médias américains à partir de leurs relations avec les principales structures institutionnelles qui les environnent. Nous pensons qu'entre autres fonctions, ces médias se livrent à une propagande qui sert les intérêts des puissantes firmes qui les contrôlent en les finançant et dont les représentants sont bien placés pour orienter l'information" (Introduction de 2002, p.XI)(7). Si, dans la citation précédente, le vocabulaire ambigu du "contrôle" et de "l'orientation" pourrait suggérer la présence d'une tonalité intentionnaliste dans l'analyse, les deux auteurs s'efforcent cependant de mettre clairement à distance la thématique du "complot", classiquement reprochée à Chomsky : "Loin de nous l'utilisation de l'hypothèse d'une conspiration pour expliquer comment fonctionne le monde des médias" (idem, p.LII). À un moment, cela débouche sur des pistes stimulantes, mais relativement peu reprises par la suite, sur le rôle des stéréotypes intériorisés par les journalistes : "La plupart des préjugés médiatiques ont pour cause la présélection d'un personnel bien-pensant qui intériorise des idées préconçues" (idem, p.LII).

 Le pôle anti-"complot" de l'analyse se révèle être, le plus souvent, un systémisme, ultra-fonctionnaliste et économiste, mettant en scène un "système" économique omniprésent et omniscient. C'est la logique économique des propriétaires et des publicitaires qui déterminerait d'abord et directement le contenu précis des messages médiatiques (pp.2-14) [1994, pp.3-18], intégrant les "médias au marché" (p.5) ["Many of the large medias companies are fully integrated into the market, and for the others, too, the pressures of stockholders, directors and bankers to focus on the bottom line are powerful.", 1994, p.5] et empêchant la moindre "autonomie" (p.4) ["a media autonomy from corporate and government power that we believe to be incompatible with structural facts", 1994, p.4]. Le systémisme et l'économisme apparaissent ici renforcés par rapport à la tradition marxiste, dont les secteurs les plus soucieux de prendre en compte les complications observables du réel ont essayé de doter "la détermination en dernière instance" (des rapports de production capitalistes sur les autres rapports sociaux) d'une plus grande souplesse, laissant place à de sphères autonomes (comme les mondes de la politique, du droit ou de la culture) et à des médiations (entre le pouvoir des détenteurs des moyens de production et les pratiques sociales). Par la suite, une théorie critique "post-marxiste" comme celle initiée par Pierre Bourdieu a même accru l'autonomie des différentes régions de l'espace social (avec l'hypothèse d'une pluralité de "champs" autonomes composant une formation sociale : champs économique, culturel, politique, journalistique, etc.)(8).

 Le penchant économiste de l'analyse chomskyenne des médias s'avère une première façon d'appréhender nos sociétés comme des "touts" intégrés, homogènes, sans grandes contradictions, ni diversité de pratiques, ni incertitudes ou hasards. Cela est renforcé par les généralisations hâtives portées par le vocabulaire choisi : "constante et généralisée" (p.30) ["massive and systematic", 1994, p.35], "totale" (p.73) ["complete", 1994, p.86], "toujours" (p.75) [le "toujours" n'est pas spécifié mais implicite : "A propaganda model would anticipate mass-media support of the state perspective and agenda. That is, the favored elections will be found to legitimize, no matter what the facts", 1994, p.88], "orientation structurelle systématique" (p.109) ["the structural bias in media coverage of Third World elections", 1994, p.132], etc. Mais cet économisme est souvent débordé par la tendance intentionnaliste de l'écriture : le retour subreptice du "complot". La "conspiration" se présente comme une autre forme du "tout" : une forme subjective et volontariste, et non plus une forme objective et économiste (comme "le système" omniprésent).

 Alors qu'ils ont récusé explicitement la figure du "complot" (citation ci-dessus, p.LII), nos deux auteurs y reviennent implicitement quelques lignes plus loin : "nous décrivons un système de "marché dirigé" dont les ordres viennent du gouvernement, des leaders des groupes d'affaires, des grands propriétaires et de tous ceux qui sont habilités à prendre des initiatives individuelles et collectives. Ils sont suffisamment peu nombreux pour pouvoir agir de concert (...)" (p.LII). Et d'utiliser la page suivante des expressions empruntées à un texte du philosophe Jacques Ellul sur les mécanismes de propagande : "les intentions réelles de ses actes" et "voiler ses véritables desseins" (p.LIII). Entre formulations anti-conspirationnistes et formulations à tonalité conspirationniste, il y a donc des va-et-vient et des chevauchements dans ces deux pages (pp.LII-LIII). Toutefois, dans l'ensemble de l'ouvrage, les notations les plus théorisées (celles qui portent une plus grande généralisation de l'analyse) pointent plutôt la direction de "la conspiration", dans une association/hésitation avec la figure du "système".

 On peut lister une partie de ces formulations : "Le fin du fin du système, c'est de démontrer qu'il n'est pas monolithique tout en veillant à ce que ces discordances marginales n'interfèrent en rien avec le consensus officiel" (p.XII), "les maîtres qui contrôlent les médias ont choisi de ne pas diffuser un tel contenu : ainsi fonctionne le modèle de propagande" (p.XIX), "comment les médias ont suivi les ordres gouvernementaux dans leur traitement des élections de certains pays" (p.XXIV), "Le modèle de propagande et les compromis institutionnels qu'il reflète suggèrent que les forces qui suppriment cette compétition des partis seront à même de dominer et d'orienter dans le même sens les choix des médias" (p.XLI), "Le secret de la direction unique que prennent ces campagnes, c'est le système de filtres : les médias font en sorte que toute histoire susceptible de porter atteinte aux intérêts en place ne voie jamais le jour - ou disparaisse en catimini" (p.29) ["The secret of the unidirectionality of the politics of media propaganda campaigns is the multiple filter system discussed above: the mass media will allow any stories that are hurtful to large interests to peter out quickly, if they surface at all.", 1994, p.33], "Ce credo est basé sur des mensonges, mais les médias approuvent la définition que donne de ces élections le modèle de propagande de "Big Brother"" (p.115) ["This line is based on major falsifications, but in keeping with their propaganda function, the Times <New York Times> as well as the other major media find Big Brother's portrayal of elections in Central America to be true, by hook or by crook.", 1994, p.141], "les grands médias se contentant de relayer l'information et de faire en sorte que la ligne gouvernementale ne soit pas sérieusement mise en cause" (p.117) ["the government was the moving force in providing the suitable frames of analysis and relevant facts, with the mas media's role mainly that of channeling information and assuring that the government's agenda was not seriously challenged.", 1994, p.143], "l'interprétation utile souhaitée par "l'élite" dominante de l'époque" (p.117) ["A dominant frame was eventually produced that interpreted the shooting of the pope in a manner especially helpful to then-current elite demands.", 1994, p.143], "Mais les médias serviles se contentent de reprendre et de colporter les arguments de Washington" (p.186) ["The actual press simply adopted Washington's version of the agreements, never mentioning that this version contradicted them in every essential respect and thus guaranteed that the war would go on - as it did.", 1994, p.234], "leur obéissance aux autorités officielles rivalise avec ce qu'on peut trouver dans les régimes totalitaires" (p.187) ["exceeding the expected norm of obedience to the state authorities and reaching the level that one finds in totalitarian states", 1994, p.236], "Après la guerre <du Viêt-nam>, la tâche principale des institutions idéologiques consiste à convaincre que "la guerre était moins un crime immoral que la stupide et monumentale erreur militaire d'avoir envoyé un demi-million de soldats dans une guerre ingagnable", comme Homer Bigart, le correspondant de guerre respecté du New York Times, l'explique (...) Le principal sujet, c'est le coût de cette noble entreprise pour les États-Unis. (...) Le problème accessoire des médias est de cacher à l'opinion publique le véritable héritage de destructions laissé par les États-Unis en Indochine" (p.189) ["The primary task facing the ideological institutions in the postwar period was to convince the errant public that the war was «less a moral crime than the thunderously stupid military blunder of throwing half a million ground troops into an unwinnable war», as the respected New York Times war correspondent Homer Bigart explained (...) The primary issue was the cost to the United States in its noble endeavor (...) An ancillary task has been to keep the devastation that the United States left as its legacy in Indochina hidden from public view.", 1994, p.238], "ils offrent l'expression étonnante de ce qu'on appelle, dans d'autres contextes, la mentalité totalitaire qui s'énonce comme suit : il ne suffit pas de dénoncer les ennemis officiels ; il faut aussi garder avec vigilance le droit de mentir pour servir le pouvoir" (pp.223-224) ["they provide an intriguing expression of what, in other contexts, is described as the totalitarian mentality : it is not enough to denounce official enemies; it is also necessary to guard with vigilance the right to lie in the service of power.", 1994, p.282]... Au bout du compte, nombre d'expressions suggèrent la primauté d'une action concertée et cachée associant les élites économiques, les dirigeants politiques et les journalistes, qui utiliseraient des mensonges conscients, bref nous ramènent à la figure du "complot".

 Les indices de régression "pré-marxiste" sont ici encore plus flagrants que dans le cas de la pente économiste du texte, car la focalisation sur les actions conscientes et volontaires comme moteurs supposés de l'histoire apparaît particulièrement en décalage avec une lecture de l'histoire où les volontés individuelles rencontrent justement des circonstances indépendantes de leurs volontés, et notamment les héritages antérieurs de l'histoire, le poids des structures sociales et des rapports des forces sociales comme les mécanismes idéologiques. Avec le fil intentionnaliste du texte chomskyen, on est paradoxalement plus proche du modèle du libéralisme économique, celui de l'homo œconomicus, pour lequel le calcul coût/avantages d'acteurs individuels est le point de départ de l'analyse, que de la théorie marxiste. Mais dans ce cas, il ne s'agit pas du calcul de tous les individus mais de quelques membres "peu nombreux" d'une élite et leurs calculs sont cachés. On cumule ici un schéma intentionnaliste (ce sont les intentions individuelles qui comptent principalement dans l'explication des processus sociaux) et un schéma élitiste (ce sont les intentions d'une élite). Si cette convergence avec les schémas libéraux n'est pas souvent perçue, c'est qu'elle tend à être effacée par la coloration critique que semble lui donner le dévoilement d'actions cachées. Pierre-André Taguieff a pointé ce mélange d'attrait pour le caché, de vision élitiste de l'histoire et d'hypothèses relevant de l'école libérale dite du "choix rationnel" dans des classiques de la littérature conspirationniste : "Dans la théorie du complot (...) la puissance cachée n'est pas une force irrationnelle, elle est celle d'un groupe d'hommes à la fois décidés et dotés d'une faculté supérieure de calcul rationnel"(9).

 Alors Chomsky : un critique néolibéral du néolibéralisme ? En tout cas, c'est une tendance implicite repérable dans ses analyses des médias. Ce qui nous éloigne également du modèle de sociologie critique proposé par Pierre Bourdieu : le croisement de la logique de l'habitus (l'inconscient social intériorisé par chaque personne au cours de sa socialisation) et de celle des champs sociaux (les structures sociales extériorisées, dans des dynamiques sociales s'imposant aux individus malgré eux) limitant la part attribuée aux volontés humaines dans l'explication des mouvements de l'histoire. Il faut alors être pris par un moment d'absence intellectuelle pour ne pas voir, comme le sociologue Patrick Champagne (habituellement mieux informé du contenu des analyses de Bourdieu) et comme le philosophe Henri Maler (habituellement mieux informé du contenu des analyses de Marx), les différences entre Chomsky, Marx et Bourdieu(10).

 La philosophe Géraldine Muhlmann apparaît plus lucide quant à ce qui sépare Chomsky de Marx, comme Chomsky de Bourdieu. À propos du rapport Marx/Chomsky, elle note judicieusement : "L'idéologie, au sens de Marx, exerce une domination anonyme et diffuse sur tous, domination qui n'est pas réductible à de la "manipulation" de certains par d'autres"(11). Dans leur texte théorique le plus systématiquement consacré aux logiques idéologiques, L'idéologie allemande (1845-1846), Marx et Engels parlent ainsi, à propos des "idées dominantes" en tant qu'"idées de la classe dominante", de "l'illusion que cette classe nourrit à son propre sujet"(12). Dans une de ses analyses historiques les plus éclairantes, devenue un texte classique pour la sociologie politique, Le 18 brumaire de Louis Bonaparte (1852), Marx prend un exemple d'illusion idéologique : "Il ne faut cependant pas épouser l'idée bornée que la petite bourgeoisie voudrait faire aboutir, par principe, un intérêt égoïste de classe. Elle croit au contraire que les conditions particulières de son émancipation sont les conditions générales offrant seules la possibilité de sauver la société moderne et d'éviter la lutte des classes"(13). Dans l'analyse marxienne comme dans la tradition marxiste, les mécanismes idéologiques ne se réduisent donc pas, dans les textes les plus rigoureux, à une logique de manipulation consciente. La manipulation conscience n'y joue même, tout au plus, qu'un rôle secondaire.

 Et les rapports entre la critique chomskyenne des médias - ainsi que certains de ses usages français (tels que ceux développés par Serge Halimi)(14) - et la sociologie de Bourdieu ? Muhlmann pointe une différence de perspective entre la "corruption des personnes" (privilégiée par Chomsky et amplifiée dans le style pamphlétaire d'Halimi) et une "corruption structurelle", associée à la notion de champ, chez Bourdieu(15). Muhlmann précise même judicieusement que "des approches comme celle d'Halimi" sont susceptibles de tomber sous le coup des critiques sociologiques de Bourdieu(16). Il faudrait ici aller plus loin que Muhlmann en relevant une confusion dans le sens donné au mot "connivences" fort usité dans les critiques ordinaires des médias : dans des analyses du type de celles d'Halimi, il a plutôt un sens volontariste et conspirationniste, synonyme de "copinage", alors que dans la sociologie de Bourdieu il a surtout un sens structurel : les évidences et les stéréotypes inconsciemment partagés au croisement du fonctionnement du champ journalistique et des habitus intériorisés par les journalistes(17). Dans le débat public, on confond couramment les deux sens, au profit du premier, privilégié à cause de son pouvoir plus sulfureux de dénonciation.

 Le conspirationnisme se présente donc comme une trame narrative inspirant largement la critique chomskienne des médias, dans des croisements avec la trame narrative de l'économisme systémique. Trames narratives ? C'est-à-dire des mises en récit, des types de narration, qui construisent des liens entre les personnages, les événements et les faits sélectionnés par Chomsky. Paul Ricœur parle ainsi de mise en intrigue, entendue comme une "synthèse de l'hétérogène" : "par la vertu de l'intrigue, des buts, des causes, des hasards sont rassemblés sous l'unité temporelle d'une action totale et complète"(18). Ce sont ces liaisons narratives qui dotent les informations recueillies d'une portée théorique implicite, qui leur donnent une interprétation particulière qui n'est pas incluse dans la seule information prélevée dans le réel. Ce ne sont pas les faits mobilisés par Chomsky qui parlent d'eux-mêmes, mais les formes de récit dans lesquelles ils sont insérés qui leur attribuent certaines significations. En bref, les faits collectionnés par Chomsky pourraient parler autrement à travers des trames narratives autres que les trames conspirationniste et économiste.

 Ce qui donne leur portée mythologique, et donc en décalage avec les complications du réel, aux récits conspirationnistes a été analysé par Raoul Girardet et Pierre-André Taguieff : la sur-cohérence et la sur-simplification. Sur-cohérence ? "Ainsi se trouvent reliés tous les fils de la manipulation", note Girardet(19). Sur-simplification ? "La simplification est ce qui, au centre de la théorie conspirationniste, jette une fausse clarté sur le champ politique. Toute explication par un facteur unique et simple est une mythologisation", avance Taguieff(20).

 Une autre critique des médias est possible

 Les critiques des médias se situant dans le sillage chomskyen, avec leurs simplifications "pré-marxistes", dans des tonalités conspirationnistes et/ou économistes, ne sont pas les seules envisageables. D'autres voies sont possibles, explorées par les sciences sociales critiques contemporaines, qui discutent d'ailleurs peu les analyses de Chomsky consacrées aux médias(21). Non pas, principalement, parce que leur supposée portée "critique" dérangerait "les chiens de garde" de l'Université, mais parce que leur pente manichéenne ne correspond pas à l'état d'avancement et d'affinement des outillages critiques.

 Un des axes d'affinement "post-marxiste" de la critique sociologique actuelle a été la notion de champ initiée par Pierre Bourdieu. Le champ journalistique constitue chez Bourdieu un espace autonome autour d'enjeux, d'intérêts, de logiques et de formes de domination spécifiques, en interaction avec les autres champs sociaux (champ économique, champ politique, champ intellectuel, etc.). Certes l'analyse de Chomsky rend bien compte du mouvement de concentration économique en cours dans le secteur des moyens de communication, avec des effets réels du champ économique sur le champ journalistique. Mais l'erreur de Chomsky consiste à penser ces effets dans une logique directe et mécanique : sur le mode de la manipulation consciente et/ou sur celui du contrôle économique. À l'inverse, Bourdieu constate : "on ne peut pas expliquer ce qui se fait à TF1 par le seul fait que cette chaîne est possédée par Bouygues (...) Il y a une forme de matérialisme court, associé à la tradition marxiste, qui n'explique rien, qui dénonce sans rien éclairer"(22). Les effets du champ économique sur le champ journalistique passent alors par la médiation de la logique autonome du champ journalistique : "la concurrence pour la clientèle tend à prendre la forme d'une concurrence pour la priorité, c'est-à-dire pour les nouvelles les plus nouvelles (le scoop) (...) La contrainte du marché ne s'exerce que par l'intermédiaire de l'effet de champ (...) Inscrite dans la structure et les mécanismes du champ, la concurrence pour la priorité appelle et favorise les agents dotés de dispositions professionnelles inclinant à placer toute la pratique journalistique sous le signe de la vitesse (ou de la précipitation) et du renouvellement permanent"(23). Certes, les tendances néolibérales en cours à l'échelle mondiale ont pour effet une pression grandissante du champ économique sur le champ journalistique. Mais, si l'on suit Bourdieu, elles opèrent par l'intermédiaire des logiques propres de l'espace du journalisme. Et les résistances à cette pression marchande puisent aussi des ressources dans les valeurs autonomes qui ont été historiquement associées au métier de journaliste(24).

 L'esquisse bourdieusienne de sociologie du champ journalistique a pu être affinée, par l'étude de régions autonomes à l'intérieur de ce champ social, par exemple les journalistes économiques(25) ou les logiques spécifiques régissant l'expression au sein des "tribunes" de différents titres de la presse écrite(26). Elle a aussi inspiré une auto-analyse critique de la formation des journalistes et de l'intériorisation non-consciente d'une série de stéréotypes(27). D'autres directions de recherche ont permis de complexifier ce modèle : en particulier une sociologie du travail journalistique, se centrant sur le contenu des pratiques professionnelles quotidiennes(28), ou une sociologie morale des repères déontologiques auxquels les journalistes (comme leurs critiques) recourent pour pointer les "fautes professionnelles" à l'œuvre dans leur métier(29), ou encore une sociologie pragmatique des jeux de la familiarité et de la distance dans les rapports des journalistes avec leurs sources(30).

 Ces analyses pointent en général des contradictions entre les ordres dominants (champ économique, champ politique, champ intellectuel et champ journalistique, notamment) qui composent une formation sociale comme la société française. Ces contradictions donnent du jeu à l'intérieur des mécanismes de domination, dans lequel peuvent s'engouffrer les luttes sociales et politiques. C'est ainsi que l'hypothèse formulée par Patrick Champagne d'une tendance à la fusion de la logique politique et de la logique médiatique, au sein d'un nouveau "champ journalistico-politique"(31), a été infirmée par Michel Dobry. Ce politiste a montré, à partir de l'étude de cas de "la première cohabitation" de la Cinquième République (1986-1988) et en s'inspirant lui aussi de la sociologie de Bourdieu, que, tout en révélant des interactions nouvelles, les spécificités des jeux politiques et celles des jeux journalistiques demeuraient déterminantes, et entraient même par moments en contradiction(32). Dans cette perspective, ne voit-on pas des différences perdurer entre une fermeture du champ politique autour des forces les plus consacrées (comme aujourd'hui le couple UMP/PS), dans une logique d'accumulation d'un capital politique au sein d'appareils stabilisés, et la recherche par les médias de "nouvelles" figures politiques à l'écart de ces appareils (les Coluche, Bernard Tapie...et aujourd'hui Olivier Besancenot), dans une quête plus instable de "nouveauté", qui a ses propres travers mais différents (et parfois en contradiction) des travers du champ politique ?

 Manque aussi au "modèle de propagande" de Chomsky - comme, cette fois, à la sociologie du champ journalistique de Bourdieu également - une attention à la réception des messages médiatiques. "La propagande" pour le premier et "l'emprise de la télévision" pour le second concentrent le regard sur l'émetteur, en laissant dans l'ombre la relation sociale émetteur/récepteurs. Cela n'a pas toujours été le cas pour Pierre Bourdieu, qui dans un article stimulant écrit avec Jean-Claude Passeron en 1963, avait justement pointé les limites sur ce point des théoriciens du "pouvoir des mass média" de l'époque (comme Edgar Morin) : "Et pourquoi ignorer les protections dont s'arment les masses contre le déferlement massmédiatique ?"(33). Les écarts entre l'hégémonie du "oui" dans les médias lors des référendums sur le traité de Maastricht (1992) et sur le traité constitutionnel européen (2005) et les résultats électoraux n'en sont-ils pas un exemple politiquement significatif ?

 Convergeant avec ces intuitions originelles de Bourdieu et Passeron, la sociologie des médias a vu se développer un pôle dynamique d'études de réception, rompant avec "une vision réifiée et misérabiliste du public comme masse amorphe et passive", selon les mots de Brigitte Le Grignou qui a récemment proposé une riche synthèse critique de ces travaux(34). Les études de réception de la télévision ont ainsi été systématisées à partir du début des années 1980 sous l'impulsion des cultural studies britanniques(35). Les téléspectateurs révélés par ces études de réception tendent à filtrer les messages qu'ils reçoivent (en fonction de leur groupe social d'appartenance, de leur genre, de leur génération, de diverses dimensions de leur parcours biographique, etc.) et manifestent des capacités critiques variables (mais rarement complètement nulles). La fameuse "propagande" n'aurait ainsi pas d'effets nécessaires et univoques.

 Un des auteurs les plus intéressants parmi les cultural studies britanniques est un de ses initiateurs : le "néo-marxiste" Stuart Hall. Car il a associé dans son modèle quatre aspects importants : les conditions capitalistes de production des messages médiatiques, le contenu stéréotypé de ces messages, l'autonomie relative des règles professionnelles dans leur production et leur filtrage critique variable par les téléspectateurs. Ainsi pour Hall, le "codage" des messages dans la logique des stéréotypes dominants, au sein d'une société dominée par des rapports de production capitalistes, laisse ouvert des écarts avec le "décodage" mis en œuvre par les téléspectateurs en fonction de leurs expériences sociales et politiques(36). Par ailleurs, il a pointé l'autonomie relative des valeurs et des règles professionnelles de ceux qui fabriquent les émissions télévisées : "les professionnels de la télédiffusion arrivent à opérer à partir de codes "relativement autonomes" qui leur sont propres, tout en se débrouillant pour reproduire (non sans contradictions) la signification hégémonique des événements"(37). Ce sont des dimensions que ne peut percevoir Chomsky, car il se concentre sur deux aspects : 1e) la structure de propriété des médias, et surtout 2e) l'analyse du contenu des messages diffusés (en privilégiant d'ailleurs le traitement de la politique internationale par la presse écrite, une catégorie de messages dont les études de réception montrent qu'ils sont parmi ceux qui atteignent le moins un large public : mais à quoi bon consacrer alors tant de pages à "la propagande" médiatique si elle ne touche presque pas ses cibles supposées ?). Car le "modèle de propagande", dans ses tonalités conspirationnistes et/ou économistes, ne s'intéresse pas vraiment au comment sont produits, puis reçus les messages médiatiques. Les liaisons narratives entre les personnages, les événements et les faits y sont alors largement postulées, sans vraiment de preuves empiriques quant aux fonctionnements concrets (multiplier les citations d'articles de journaux, comme le fait Chomsky, ne relève en rien de ce type de preuves empiriques).

 En guise de conclusion : à propos du succès relatif des critiques conspirationnistes des médias

 Je voudrais, pour finir, suggérer quelques hypothèses quant au pourquoi du succès relatif en France des critiques des médias recourant au schéma du "complot", en particulier à gauche. En premier lieu, on doit établir une corrélation entre les attraits pour ces dénonciations simplificatrices et la dévaluation du marxisme comme cadre intellectuel de référence à partir du début des années 1980 au sein de la gauche française. Cette dévaluation, qui aurait pu déboucher sur un développement de l'activité théorique dans la direction d'un élargissement des références intellectuelles utilisées (notamment dans un dialogue avec les sciences sociales et la philosophie contemporaines critiques mais non-marxistes), a, en dehors de revues comme Actuel Marx ou ContreTemps, plutôt participé au contraire à l'installation d'un certain anti-intellectualisme et à un recul de la culture théorique. Les échos de la critique des médias d'inspiration chomskyenne s'inscriraient dans un certain renouveau de la critique sociale depuis 1995, mais sous des formes fréquemment moins théorisées que dans les années 1960-1970, pâtissant de la dévalorisation des exigences théoriques associées auparavant au marxisme.

 D'autre part, le succès des récits conspirationnistes, bien au-delà de la critique des médias, dans des formes culturelles comme le polar, le roman d'espionnage ou le cinéma hollywoodien, a vraisemblablement également à voir avec les caractéristiques de l'individualisme contemporain(38). Tout d'abord, ce succès rencontre certains préjugés actifs dans nos sociétés individualistes, et en particulier une sous-estimation de ce qui échappe à la volonté individuelle et une surestimation corrélative de ce qui en dépend. Et puis les médias constituant des lieux de concentration et de distribution inégale de la reconnaissance sociale, ils tendent à focaliser tout à la fois des attentes et des frustrations quant à cette ressource particulièrement valorisée dans les cadres individualistes ; d'où le mélange de fascination et de ressentiment qu'on peut souvent repérer dans les dénonciations ordinaires des médias.

 Post-scriptum à propos de deux articles parus dans la revue Agone

 Alors que la structure principale de cet article était bouclée (octobre 2005), j'ai eu connaissance de deux textes parus dans la revue Agone (n°34, 2005) et consacrés aux questions que j'avais traitées : l'un de Noam Chomsky et l'autre de Serge Halimi et Arnaud Rindel. Je n'ai pas souhaité bousculer le plan initial du texte précédent en fonction de ces articles. Je m'efforcerai seulement, dans ce complément, d'évaluer en quoi des éléments nouveaux y alimentent la controverse engagée ici.

 On retrouve dans "Propagande & contrôle de l'esprit public" de Noam Chomsky l'entrecroisement de schémas économistes et intentionnalistes dans l'approche des médias à travers le thème de "la propagande entrepreneuriale", présentée comme "l'un des principaux éléments de l'histoire des États-Unis au XXe siècle" (p.28). Cette propagande aurait une portée systématique : "Bien sûr, elle s'affiche dans les médias commerciaux, mais elle concerne également tout l'éventail des moyens de communication à destination du public : l'industrie du divertissement, la télévision, une part importante de ce qui circule dans les écoles, et beaucoup de ce qui paraît dans les journaux" (ibid.). Elle serait la traduction directe de "la guerre menée contre les travailleurs" par "les milieux d'affaires" ; "une guerre de classe" à la fois consciente ("elle se mène de façon parfaitement consciente") et cachée ("même s'ils ne veulent pas que ça se sache") (p.27). Mais dans l'entrecroisement du systémisme économiste et de l'intentionnalisme, c'est le second qui tend à prendre le dessus sur le plan narratif : "Dès le départ, l'objectif aussi explicite que parfaitement conscient de cette industrie fut de "contrôler l'esprit public" - comme on disait alors" (p.28).

 Dans ce texte, Chomsky insiste sur un argument : des intellectuels, associés à "l'industrie des relations publiques" auraient thématisé explicitement "la manipulation consciente de l'opinion et des comportements sociaux des masses" (p.29). Mais le fait que quelques membres des classes dominantes aient conscience de certains aspects des logiques de domination implique-t-il que ces logiques soient l'œuvre directe d'une maîtrise consciente, que la volonté des dominants constitue le facteur principal des mécanismes de domination ? Est-ce que cette appréhension par des "élites" de la domination comme "manipulation consciente" est nécessairement la vérité principale de cette domination ? Est-ce que cela implique que les capitalistes, et les journalistes supposés être sous leur totale dépendance, aient la même conscience, quotidiennement, de ces processus et que c'est cette conscience qui les oriente en dernière instance ? Ce n'est qu'une hypothèse qui supposerait, pour être dotée d'une plus grande véridicité, la description des médiations entre les dits écrits consacrés à "la manipulation conscience de l'opinion" et les interactions sociales qui fabriquent quotidiennement les logiques médiatiques. Une hypothèse inverse, davantage nourrie par les travaux des sciences sociales, a été énoncée par Pierre Bourdieu : "les mécanismes sociaux ne sont pas le produit d'une intention machiavélique ; ils sont beaucoup plus intelligents que les plus intelligents des dominants"(39). Si des intentions manipulatrices comme des concertations partielles existeraient bien chez les dominants (le FMI, la Banque Mondiale, l'OMC, etc.), elles ne constitueraient qu'une part, et une part secondaire, dans les modes de domination, et donc aussi dans la domination médiatique.

 L'article de Serge Halimi et Arnaud Rindel, "La conspiration - Quand les journalistes (et leurs favoris) falsifient l'analyse critique des médias", ne s'inscrit pas dans la tradition de l'échange rationnel d'arguments qui est celle de Noam Chomsky. On entre dans un autre registre, un registre violemment pamphlétaire, où amalgames polémiques, approximations et ironie insultante participent de la diabolisation des "adversaires". Exhiber les monstruosités supposées de "traîtres" et de "vendus" (aux médias et au néolibéralisme) désignés à la vindicte publique se substitue à la recherche tâtonnante de la vérité. Ainsi l'article propose de moi un portrait paradoxal : d'une part, je ne serais qu'un double nain intellectuel et médiatique (comme Géraldine Muhlmann mes "travaux, plus ou moins aboutis, n'ont rencontré qu'un public relativement confidentiel", p.58) - ce que je reconnais volontiers - et, d'autre part, j'officierais comme un agent omniprésent de la dévalorisation de "la critique radicale des médias" au profit des "grands médias" et du néolibéralisme (si l'on en croit le nombre de fois où je suis cité comme une figure malfaisante dans l'article, ainsi que le titre qui m'est généreusement attribué de membre de "la nomenklatura médiatique", p.63) - ce qui excède mes biens faibles capacités plus justement identifiées dans le premier temps du paradoxe. Mais, laissons de côté le cadre rhétorique principal de l'article et ses incohérences logiques, en tentant de nous replacer sur le terrain des arguments.

 Tout d'abord, l'article associe ma critique de l'analyse chomskyenne des médias à des "falsifications". La "falsification" principale consisterait à doter d'une tonalité conspirationniste le "modèle de propagande". Je ne reviendrai pas sur ce qui est développé dans l'article ci-dessus, les lecteurs pourront juger de mes hypothèses et de mes arguments (qu'il n'est pas nécessaire, quand on exprime un désaccord et qu'on se situe dans une logique rationaliste, de qualifier de "falsifications"). Par contre, les deux auteurs se livrent à deux reprises à un travestissement direct de mes écrits :

 1e) Alors que mes analyses dissocient clairement la sociologie de Bourdieu de l'approche conspirationniste des médias (comme on a pu s'en apercevoir ci-dessus), mes procureurs m'attribuent un amalgame entre les deux : "il découvre à son tour en Pierre Bourdieu, en Noam Chomsky (mais aussi en Acrimed et en PLPL) une "rhétorique du complot" (p.52), écrivent-ils en faisant référence à un texte mis en ligne sur le site alternatif Calle Luna ("De quelques aspects marquants de la sociologie de Pierre Bourdieu", <http://calle-luna.org/article.php3?id_article=136> [site disparu, bientôt disponible sur Mediapart]). Pourtant, dans ce même texte, j'écris à l'inverse : "Or, justement la sociologie de Bourdieu fourmille de mises en garde contre les explications par "le complot"".

 2e) Comme exemple de mon caractère "coutumier de l'administration d'une preuve par voie de citation trafiquée" (note 24, p.52), ils avancent : "quand dans un passage de Manufacturing Consent, Herman et Chomsky reprochent au New York Times de propager une vision à la "Big Brother", Corcuff utilise le terme de "Big Brother" comme preuve...de la vision conspirationniste des deux auteurs !" (ibid.)(40). Pourtant, la phrase que je citais (mise en gras par moi dans le passage suivant) de La fabrication de l'opinion publique est incluse dans le passage suivant qui indique explicitement que Chomsky et Herman reprennent bien à leur compte l'expression "Big Brother" (entre guillemets, que j'ai d'ailleurs laissés tels quels dans ma citation [l'expression est bien présente dans la version anglaise de 1994, mais sans guillemets : cf. p.141]) : "Étant donné les précédents en République dominicaine (1966) et au Viêt-nam (1967), nous pouvons tenter une généralisation : les médias américains trouveront toujours que les élections organisées dans un pays du tiers-monde soutenu par les États-Unis sont "un pas vers la démocratie" alors que d'autres élections ne seront que farces et attrapes chez un adversaire que Washington cherche à déstabiliser. Le 1er décembre 1987, un éditorial du New York Times enjoint le gouvernement américain de ne pas trahir les démocrates haïtiens sous peine de "décrédibiliser ses exigences d'élections libres au Nicaragua". Les remarques de ce texte brumeux sur Haïti ignorent naturellement l'appui de Washington aux duvaliéristes qui ont transformé les élections haïtiennes en mascarade et le journal endosse clairement la ligne reaganienne qui soutient que les élections de 1984 au Nicaragua n'ont pas été libres, et qu'il incombe aux États-Unis de rectifier la situation. Ce credo est basé sur des mensonges, mais les médias approuvent la définition que donne de ces élections le modèle de propagande de "Big Brother"" (op. cit., pp.114-115).

 Vraisemblablement la conception de la polémique qui guide Halimi et Rindel implique que tous les moyens sont bons (y compris la malhonnêteté intellectuelle la plus facilement démontrable) pour dévaloriser un contradicteur...

 Halimi et Rindel présentent la critique des médias dont Chomsky serait une des figures principales comme la seule critique "radicale" possible. On a vu que, pour moi, il y a là une confusion entre radicalité (au sens de Marx de "saisir les choses à la racine") et simplification. Certaines ressources d'une critique plus radicale, car moins superficielle que les simplifications chomskyennes, ont été présentées plus haut dans cet article ; la sociologie de Bourdieu et les travaux qui s'en sont inspirés y participent de manière non exclusive. Ces recherches sont mises en œuvre aujourd'hui au sein des sciences sociales, et ne sont donc pas réductibles au "monopole de la critique du journalisme" par les journalistes eux-mêmes, contrairement à ce qu'indiquent Halimi et Rindel (pp.60 et 62).

 Un des rares arguments utilisés par Halimi et Rindel pour appuyer l'hypothèse du caractère non-conspirationniste de la critique chomskyenne des médias est le suivant : "le linguiste n'a cessé de répéter que son analyse ne reposait sur aucune forme de conspiration" (p.48). On a vu que ces dénégations n'empêchaient pas le recours à une trame narrative conspirationniste. Cependant quelque chose apparaît particulièrement intéressant dans cet argument d'Halimi et Rindel : sa dissymétrie (de type "deux poids, deux mesures") qui l'affaiblit considérablement. Ainsi, dans le cas de Chomsky, ses dénégations seraient une preuve suffisante de la vérité de son analyse, alors que les dénégations de ses critiques (dont les miennes) constitueraient quant à elles une preuve supplémentaire de leurs "falsifications". Sans doute parce qu'on aurait, par essence, toute la Vérité d'un côté (les amis d'Halimi et Rindel) et tout le Mensonge de l'autre (les ennemis d'Halimi et Rindel), tout le Bien d'un côté et tout le Mal de l'autre !

 Ce schéma typiquement manichéen nous ramène du côté du "complot". Au départ Halimi et Rindel récusent pourtant le thème du "complot" au nom d'"analyses structurelles" (p.44). Cette perspective les conduit à réduire les critiques du conspirationnisme à une intériorisation du "système de valeur néolibéral" (p.58). Mais ils n'arrivent pas à tenir ce raisonnement "structurel" jusqu'au bout : "Les journalistes ne sont pas inconscients à ce point. Une partie d'entre eux a bien perçu la menace que la critique radicale faisait peser sur l'illusion de pluralisme qui fonde leur position sociale et leurs privilèges de "contre-pouvoir"" (p.59). La critique de la thématique de "la conspiration" devient alors une composante d'"un stratagème" des "hiérarques médiatiques" (p.62), bref un nouveau complot...Pierre-André Taguieff a pointé la circularité dans laquelle tendent à s'enfermer les explications conspirationnistes, les rendant hermétiques à la critique rationnelle : "pourquoi les hommes n'ouvrent-ils pas les yeux ? (...) Pourquoi refusent-ils donc la lumière qui s'offre ? La réponse conspirationniste est simple, et d'une infaillible logique : les pauvres humains sont aveuglés par les conspirateurs, ce qui prouve en même temps la terrible puissance de ces derniers"(41).

 Face au jeu de la consolidation des certitudes dogmatiques, qui se renforcent même quand on les critique et parce qu'on les critique, les rationalistes ne disposent que d'hypothèses et d'arguments partiels et provisoires, adossés à une éthique du débat contradictoire, bien fragile face à la pente anti-intellectualiste des médias dominants comme de ceux de leurs critiques qui substituent l'insulte à la démonstration.

 * Notes :

 (1) C'est le cas du succès éditorial de Serge Halimi, Les nouveaux chiens de garde (Liber-Raison d'agir, 1e éd. : 1997).

 (2) En tendant à remplacer les arguments et les faits vérifiés par des insultes, des procès personnels, des rumeurs non vérifiées et des informations erronées, comme le journal satirique PLPL (Pour Lire Pas Lu). PLPL a existé entre juin 2002 (n°0) et octobre 2005 (n°26). Son ancienne équipe a participé en mars 2006 au lancement d'un nouveau bimestriel critique des médias : Le Plan B. Voir mon texte : "De quelques problèmes des nouvelles radicalités en général et de PLPL en particulier" (dans Le Passant Ordinaire, n°36, septembre-octobre 2001 ; <http://www.passant-ordinaire.com/revue/36-272.asp>).

 (3) Voir notamment Instinct de liberté - Anarchisme et socialisme (trad. franç., Agone, 2001 ; 1e éd. : 1970 ).

 (4) Cet article a pour origine un débat public organisé par l'association libertaire Maloka avec Guy Ducornet, traducteur de Chomsky, le 27 mai 2004, au "local libertaire" de Dijon.

 (5) Voir Arnaud Rindel, "Noam Chomsky et les médias français ", mis en ligne le 23 décembre 2003 sur le site de l'Acrimed (Action-Critique-Médias) : <http://www.acrimed.org/article.php3?id_article=1416>.

 (6) Trad. franç. de Guy Ducornet (Paris, Le Serpent à plumes, 2003) ; Serge Halimi écrit ainsi dans Le Monde diplomatique (n°593, août 2003, p.11) à propos de cette traduction française que "c'est le livre à lire. Il réduit à néant le propos, plus ignorant que malveillant, de ceux qui imputent à Chomsky une "théorie du complot"".

 (7) Les passages mis en italique dans cette citation et les suivantes l'ont été par moi.

 (8) Voir mon livre Bourdieu autrement (Textuel, 2003) et sur Calle Luna : "De quelques aspects marquants de la sociologie de Pierre Bourdieu" (octobre 2004), <http://calle-luna.org/article.php3?id_article=136> ; prochainement remis à disposition sur Mediapart.

 (9) Dans Pierre-André Taguieff, Les Protocoles des Sages de Sion - Faux et usages d'un faux (Berg International/Fayard, 2004, p.24 ; 1e éd. : 1992) ; sur la thématique du "complot", voir aussi sur Calle Luna : ""Le complot" ou les mésaventures tragi-comiques de "la critique"" (avril 2005), <http://calle-luna.org/article.php3?id_article=165> ; sera prochainement remis à disposition sur Mediapart.

 (10) Dans Patrick Champagne, "Philippe Corcuff, critique "intelligent" de la critique des médias" (19 avril 2004) et dans Henri Maler, "Une crise de nerfs de Philippe Corcuff" (5 mai 2004) ; pour l'ensemble des pièces de la polémique, voir : <http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=6862>.

 (11) Dans Géraldine Muhlmann, Du journalisme en démocratie (Payot, 2004, pp.37-38).

 (12) Dans Karl Marx, Œuvres III, éd. établie par M. Rubel (Gallimard, 1982, p.1081).

 (13) Dans Karl Marx, Œuvres IV, éd. établie par M. Rubel (Gallimard, 1994, p.467).

 (14) Dans Les nouveaux chiens de garde, op. cit.

 (15) Dans G. Muhlmann, op. cit., pp.42-47.

 (16) Ibid., p.43 ; Bourdieu écrit, par exemple : "Je crois même que la dénonciation des scandales, des faits et des méfaits de tel ou tel présentateur, ou des salaires exorbitants de certains producteurs, peut contribuer à détourner de l'essentiel, dans la mesure où la corruption des personnes masque cette sorte de corruption structurelle (mais faut-il encore parler de corruption ?) qui s'exerce sur l'ensemble du jeu à travers des mécanismes tels que la concurrence pour les parts de marché, que je veux essayer d'analyser." (Sur la télévision, Liber éditions, coll. "Raisons d'agir", 1996, p.15).

 (17) Pierre Bourdieu parle ainsi des "relations sociales entre les journalistes, relations de concurrence acharnée, impitoyable, jusqu'à l'absurde, qui sont aussi des relations de connivence, de complicité objective, fondées sur les intérêts communs liés à leur position dans le champ de production symbolique et sur le fait qu'ils ont en commun des structures cognitives, des catégories de perception et d'appréciation liées à leur origine sociale, à leur formation (ou à leur non-formation)" (Sur la télévision, op. cit., p.39).

 (18) Dans Paul Ricœur, Temps et récit, tome 1 : L'intrigue et le récit historique (Seuil, coll. "Points-Essais", 1983, pp.9-10).

 (19) Dans le chapitre consacré par Raoul Girardet à "La Conspiration", dans Mythes et mythologies politiques (Seuil, coll. "Points-Histoire", 1986, p.41).

 (20) Dans Les Protocoles des Sages de Sion, op. cit., p.32.

 (21) Par exemple, les écrits de Chomsky ne sont pas cités dans la large synthèse, à tonalité pourtant critique, des travaux des sciences sociales proposée par Érik Neveu dans Sociologie du journalisme (La Découverte, coll. «Repères», 2004 ; 1e éd. : 2001).

 (22) Dans Sur la télévision, op. cit., p.44.

 (23) Ibid., pp.85-86.

 (24) C'est, par exemple, le cas des journalistes de l'hebdomadaire Lyon Capitale dans une lutte menée entre décembre 2005 et mars 2006 contre les menaces sur leur indépendance rédactionnelle, que firent peser les coups de butoir conjugués de l'homme d'affaires Bruno Rousset (leur actionnaire principal à l'époque) et du maire PS de Lyon, Gérard Collomb. Ce combat a été (provisoirement) victorieux en mars 2006. Voir <http://presse.libre.free.fr>.

 (25) Voir Julien Duval, Critique de la raison journalistique - Les transformations de la presse économique en France (Seuil, 2004).

 (26) Voir Louis Pinto, "L'espace public comme construction journalistique - Les auteurs de "tribunes" dans la presse écrite", Agone, n°26-27, 2002.

 (27) Voir François Ruffin, Les petits soldats du journalisme (Les Arènes, 2003).

 (28) Voir Alain Accardo, Georges Abou, Gilles Balbastre et Dominique Marine, Journalistes au quotidien - Outils pour une socioanalyse des pratiques journalistiques (Le Mascaret, 1995).

 (29) Voir Cyril Lemieux, Mauvaise presse - Une sociologie compréhensive du travail journalistique et de ses critiques (Métailié, 2000).

 (30) Voir Thomas Berjoan, Le journaliste politique et ses sources - Régime de familiarité et figures de la subjectivité, mémoire de DEA de science politique, sous la direction de Paul Bacot, Institut d'Études Politiques de Lyon et Université de Lyon 2, septembre 2002, 266 p. hors annexes.

 (31) Dans Patrick Champagne, Faire l'opinion - Le nouveau jeu politique (Minuit, 1990, notamment pp.249-250, 261 et 277).

 (32) Dans Michel Dobry, "Le président en cohabitation - Modes de pensée préconstitués et logiques sectorielles", dans Le président de la République - Usages et genèses d'une institution, sous la direction de Bernard Lacroix et de Jacques Lagroye (Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, 1992).

 (33) Dans Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, "Sociologues des mythologies et mythologies de sociologues", Les Temps Modernes, n°211, décembre 1963, p.1009.

 (34) Dans Brigitte Le Grignou, Du côté du public - Usages et réceptions de la télévision (Economica, 2003, p.14) ; on peut aussi écouter sur internet les cours de Brigitte Le Grignou à l'Université Populaire de Lyon : "Résistances des publics à la culture de masse" (année 2005-2006), <UPL-Calendrier2006-Le Grignou>

 (35) Pour une présentation critique des cultural studies, voir aussi Armand Mattelart et Érik Neveu, Introduction aux Cultural Studies (La Découverte, coll. "Repères", 2003).

 (36) Dans Stuart Hall, "Codage/décodage" (1e version britannique : 1973), trad. franç., Réseaux (CNET), n°68, novembre-décembre 1994 ; en ligne sur <http://enssibal.enssib.fr/autres-sites/reseaux-cnet/>.

 (37) Ibid., p.37.

 (38) Voir sur ce point Philippe Corcuff, Jacques Ion et François de Singly, Politiques de l'individualisme - Entre sociologie et philosophie (Textuel, 2005) ; sur l'individualisme contemporain, voir aussi "Individualité et contradictions du néocapitalisme", SociologieS, revue scientifique internationale en ligne éditée par l'Association Internationale des Sociologues de Langue Française, 2006, <http://sociologies.revues.org/document462.html>.

 (39) Dans Questions de sociologie (Minuit, 1980, p.111).

 (40) Sur la pente diffamatoire de ce passage du texte d'Halimi et Rindel, voir des précisions dans mon communiqué du 31 octobre 2005 "Une accusation inacceptable : à propos d'un article de Serge Halimi et Arnaud Rindel dans la revue Agone", mis en ligne sur le site Bella Ciao <http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=20110> ; depuis la publication initiale de ce texte en septembre 2006, la pente diffamatoire d'Halimi et Rindel s'est confirmée, voir mon deuxième communiqué du 24 septembre 2007 : "De la résurgence d'un néostalinisme de papier dans la critique des médias : Serge Halimi et Arnaud Rindel reconnaissent le caractère erroné de leur accusation, mais persistent dans la diffamation", mis en ligne sur le site Dissidence <http://dissidence.libre-octet.org/rencontrer/communiqu%E9-corcuff.html>.

 

 

(41) Dans Les Protocoles des Sages de Sion, op. cit., p.31.

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"Pierre-André Taguieff a pointé la circularité dans laquelle tendent à s'enfermer les explications conspirationnistes, les rendant hermétiques à la critique rationnelle : "pourquoi les hommes n'ouvrent-ils pas les yeux ? (...) Pourquoi refusent-ils donc la lumière qui s'offre ? La réponse conspirationniste est simple, et d'une infaillible logique : les pauvres humains sont aveuglés par les conspirateurs, ce qui prouve en même temps la terrible puissance de ces derniers"."
Oui.

"Pierre Bourdieu : "les mécanismes sociaux ne sont pas le produit d'une intention machiavélique ; ils sont beaucoup plus intelligents que les plus intelligents des dominants""
L'hyperintelligence des mécanismes est aussi une merveille de la nature qui mérite d'être soulignée.

Billet très pertinent, Philippe Corcuff, Dans le "complot médiatique" de Chomsky, il y a à mon avis plus qu'une simplification. Il y a un amalgamme qui consiste à dire que tous les médias fonctionnent de la même avec les même façon. Mediapart qui revendique une indépendance totale vis-à-vis des puissances financières et politiques en est un contre-exemple. Par ailleurs, les théories du complot s'attachent à spéculer plutôt qu'à démontrer. Ainsi, selon eux, derrière toute explication rationnelle, il y aurait une intention autre, néfaste et cachée. C'est une façon d'écarter par avance le réel au nom de la liberté de l'imagination.

Ainsi il y aurait complot dans les deux cas, ourdi soit par des personnes hyperrationnelles, soit par des mécanismes hyperintelligents. Et dénoncé par des personnes ou des mécanismes, je ne sais.

Pour moi, il y a hésitation chez Chomsky entre deux visions de "tout" (ou de "la totalité" pour prendre un terme classique en philosophie) : une vision principale intentionnaliste (schéma conspirationniste) et une vision secondaire systémiste à tonalité économiste. Chez Bourdieu, c'est différent. Je pense qu'il nous invite à penser globalement sans continuer à prétendre penser le "tout" (ou "la totalité"), puisque dans une société il y a différents "champs" autonomes (donc différents ordres sociaux), non nécessairement cohérents entre eux, qui ne font donc pas "système" entre eux, bien qu'ils aient des interactions. Il commence donc à dessiner ce qu'on pourrait appeler un "global pluriel". Dans chaque "champ", il y a des mécanismes "intelligents", mais spécifiques à chaque champ. Reste à savoir, quelles sont les marges de jeu des agents, individus et/ou groupes, par rapport à eux : c'est notamment là-dessus que portent les discussions critiques autour de Bourdieu dans les sciences sociales aujourd'hui. Je reviendrai sur tous ces éléments en remettant prochainement à disposition sur Mediapart, un texte synthétique sur la sociologie de Bourdieu qui avait été publié initialement sur Calle Luna (site aujourd'hui disparu).

A l'époque où Bourdieu a réalisé cette analyse, l'autonomie de ces champs, avec existence mais faibles interactions entre eux, était réelle. Aujourd'hui, avec les phénomènes de regroupement d'intérêts et de fusion massive et en tout genre, je ne suis plus du tout certain de l'autonomie de ces champs. @ +NEO-

De Chomsky et Herman, extrait de l'introduction de "La fabrication du consentement" , sous-titre "De la propagande médiatique en démocratie", Ed. Contre-Feux Agone 2008 : "Les critiques systémiques des médias, telles que celles que nous développons dans cet ouvrage, sont généralement stigmatisées par les commentateurs autorisés comme "théorie du complot", une échappatoire commode. Nous n'aurons recours ici à aucune hypothèse "conspiratoire" pour expliquer le mode de fonctionnement des médias. En fait notre approche se présente davantage comme une analyse des règles du "marché" et de ce qu'elles produisent" (fin de citation), sachant que "Notre point de vue est que les médias [américains], entre autres fonctions, jouent le rôle de serviteurs et de propagandistes des puissants groupes qui les contrôlent et qui les financent".(fin de citation in préface). L'analyse de texte est superfétatoire tant le champ de leur critique des médias est par eux-mêmes parfaitement délimité. Corcuff à l'instar de P. Val est donc un commentateurs autorisé.

J'aimerai bien qu'on me montre un texte d'analyse systématique de la critique chomskyenne des médias, tel que le mien, signé Philippe Val...Il y a souvent un abîme entre l'essayisme de type journalistique et le travail intellectuel. Le médiocre procédé de stigmatisation d'une analyse par son association avec un nom diabolisé n'est pas nouveau, mais semble commode pour les cerveaux fatigués. Si mon contradicteur avait lu le texte qu'il semble critiqué (mais, je comprends, lire, c'est long et compliqué, et pourquoi s'embarrasser de réfléchir quand, par avance, on SAIT? ânnoner apparaît plus reposant), il aurait vu que j'abordais le problème : - "Chomsky et Hermann définissent dans l’introduction de 2002, la préface de 1988 et le chapitre 1 (intitulé “Un modèle de propagande”) le point d’appui théorique de leurs analyses empiriques : “le modèle de propagande” [“A Propaganda Model“]. Ils indiquent ainsi que “L’objet de ce livre est de proposer ce que nous appelons un modèle de propagande, c’est-à-dire un cadre analytique capable d’expliquer le fonctionnement des grands médias américains à partir de leurs relations avec les principales structures institutionnelles qui les environnent. Nous pensons qu’entre autres fonctions, ces médias se livrent à une propagande qui sert les intérêts des puissantes firmes qui les contrôlent en les finançant et dont les représentants sont bien placés pour orienter l’information” (Introduction de 2002, p.XI)(7). Si, dans la citation précédente, le vocabulaire ambigu du “contrôle” et de “l’orientation” pourrait suggérer la présence d’une tonalité intentionnaliste dans l’analyse, les deux auteurs s’efforcent cependant de mettre clairement à distance la thématique du “complot”, classiquement reprochée à Chomsky : “Loin de nous l’utilisation de l’hypothèse d’une conspiration pour expliquer comment fonctionne le monde des médias” (idem, p.LII). À un moment, cela débouche sur des pistes stimulantes, mais relativement peu reprises par la suite, sur le rôle des stéréotypes intériorisés par les journalistes : “La plupart des préjugés médiatiques ont pour cause la présélection d’un personnel bien-pensant qui intériorise des idées préconçues” (idem, p.LII)." - "Alors qu’ils ont récusé explicitement la figure du “complot” (citation ci-dessus, p.LII), nos deux auteurs y reviennent implicitement quelques lignes plus loin : “nous décrivons un système de "marché dirigé" dont les ordres viennent du gouvernement, des leaders des groupes d’affaires, des grands propriétaires et de tous ceux qui sont habilités à prendre des initiatives individuelles et collectives. Ils sont suffisamment peu nombreux pour pouvoir agir de concert (…)” (p.LII). Et d’utiliser la page suivante des expressions empruntées à un texte du philosophe Jacques Ellul sur les mécanismes de propagande : “les intentions réelles de ses actes” et “voiler ses véritables desseins” (p.LIII). Entre formulations anti-conspirationnistes et formulations à tonalité conspirationniste, il y a donc des va-et-vient et des chevauchements dans ces deux pages (pp.LII-LIII). Toutefois, dans l’ensemble de l’ouvrage, les notations les plus théorisées (celles qui portent une plus grande généralisation de l’analyse) pointent plutôt la direction de “la conspiration”, dans une association/hésitation avec la figure du “système“." La suite fournit des arguments s'efforçant d'étayer ces hypothèses, qu'on peut tout à fait critiquer, mais après lecture et avec des arguments.

Apparemment l'allusion à Val vous a échappé ... peu -t- importe ! - "nos deux auteurs y reviennent implicitement " dites-vous. Ah l'implicite ! Ce qu'on peut lui en faire dire à l'implicite ! A la préface et à l'intro suivent 600 pages d'études de cas sourcés . Mais peu -t-importe, peu -t-importe : 600 pages réduites à ce délicieux : "Toutefois, dans l’ensemble de l’ouvrage, les notations les plus théorisées (celles qui portent une plus grande généralisation de l’analyse) pointent plutôt la direction de “la conspiration”, dans une association/hésitation avec la figure du “système“. "Pointent plutôt" ? Pointeraient éventuellement ? Pointent sans conteste ... ? Le texte, rien que le texte SVP. Je re-cite donc : "Notre point de vue est que les médias [américains (c'est moi qui précise)], entre autres fonctions, jouent le rôle de serviteurs et de propagandistes des puissants groupes qui les contrôlent et qui les financent". "Toutefois", vous avez le droit de ne pas être d'accord avec ce point de vue sans pour autant arguer d'une conspirationnite aigüe chez nos deux auteurs. Pour une meilleure illustration de cette réalité, je vous renvoie aux archives du Plan B, ex-PLP (oui, je sais vos inimitiés), où vous trouverez la carte détaillée du complot labyrinthique s'agissant des médias français au service du parti de l'argent. Car c'est bien ces médias-là, au service du marché, que Chomsky et Herman analysent et pas Tout Est A Nous, par exemple, ou Mediapart à 9 €/mois/client sans "filtres" économiques, financiers (pour reprendre les termes de nos comploteurs) apparents. C'est sûr, adhérer à leur critique ça ferme bien des portes.

Décidémment, Laskaert, vous paraissez ne pas lire beaucoup ce qui est écrit, compris lorsque ça vous est destiné. Vous indiquez ainsi :
- "Apparemment l'allusion à Val vous a échappé", alors que Philippe Corcuff vous précisait juste auparavant : "J'aimerai bien qu'on me montre un texte d'analyse systématique de la critique chomskyenne des médias, tel que le mien, signé Philippe Val...Il y a souvent un abîme entre l'essayisme de type journalistique et le travail intellectuel. Le médiocre procédé de stigmatisation d'une analyse par son association avec un nom diabolisé n'est pas nouveau, mais semble commode pour les cerveaux fatigués",
- "'Toutefois', vous avez le droit de ne pas être d'accord avec ce point de vue [vous êtes d'ailleurs trop aimable de le lui concéder !] sans pour autant arguer d'une conspirationnite aigüe chez nos deux auteurs. Pour une meilleure illustration de cette réalité, je vous renvoie aux archives du Plan B, ex-PLP (oui, je sais vos inimitiés), où vous trouverez la carte détaillée du complot labyrinthique s'agissant des médias français au service du parti de l'argent" ! Où vous vous marchez vous-mêmes sur les pieds (ou sur la tête) en refusant que puisse être attribuée la qualification de "théorie du complot" à une partie du travail de Chomsky et Herman, tout en arguant de l'existence d'un "complot labyrinthique... au service du parti de l'argent" s'agissant des média (certes français, tandis que Chomsky et Herman traitent des média américains) ! Le comble !
J'apprécierai pour ma part que vous ne vous contentiez pas de (nous) reproduire à l'infini l'introduction (ou la quatrième de couverture) de l'ouvrage dont vous semblez défendre la thèse, mais que vous puissiez nous instruire plus avant (par exemple, sur votre blog Mediapart désespéremment vide depuis plus d'un an) des "très nombreux cas, et très sourcés", qui démontreraient "comment la plupart des média US (journaux+télés+radios = un système) ont été (sont) les instruments de propagande instrumentalisés par les lobbys industrialo-financiers, au service de la politique anticommuniste/conservatrice/néolibérale US des années 1980 à 2000 : guerres civiles et conflits en Amérique latine, Vietnam, Cambodge".
Quant à ceux qui n'ont pas envie de lire des textes trop longs (parce qu'ils se sont levés tôt, parce qu'ils sont fatigués, parce qu'ils n'ont pas le temps, etc.) - ce qui n'a d'ailleurs de cesse de me surprendre s'agissant de "philosophes" ou de "doctorants en histoire" ! - eh bien qu'ils passent leur chemin ou leur tour et y reviennent quand ils auront fait une sieste, se seront reposés ou auront un peu de temps à consacrer à la lecture (rappelons d'ailleurs que l'ouvrage de Chomsky et Herman, dont il est ici question, fait 603 pages dans l'édition d'Agone - non compris les notes et la table des matières !).

De fils en fils sur mon blog, des allusions obscures à Philippe Val parsèment les interventions de notre Laskaert. Quelques éléments de clarification pour les lecteurs qui seraient dans le brouillard : - J'ai été choniqueur à Charlie Hebdo, d'avril 2001 à décembre 2004. - A cause de divergences avec la direction d'alors de Charlie Hebdo, j'ai quitté le journal en décembre 2004 : "Philippe Corcuff quitte Charlie Hebdo", communiqué de presse, site Bella Ciao, 3 décembre 2004, http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=11217 . - J'ai continué à collaborer avec mon ami Charb, dans une chronique autour du polar, débutée en septembre 2005, "Phil noir" (je fais le texte et il fait le dessin) sur le site culturel alternatif lyonnais Le Zèbre : http://240plan.ovh.net/~croixroun/Joomla/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=73&Itemid=315 . - Mes désaccords politiques avec Philippe Val se sont fortement accrus depuis mon départ en 2004 : TCE, stigmatisation de l'altermondialisme et des gauches radicales, diabolisation de l'islam, Palestine, rapprochement avec BHL... - J'ai refusé de choisir un camp dans "l'affaire Siné", parce qu'elle participait selon moi à entériner une dynamique de division de l'antiracisme en France; je m'en suis expliqué sur Mediapart : "Périls sur l’antiracisme en France", Mediapart, 1-6 août 2008 : notamment "Périls sur l'antiracisme en France (IV) : du Proche-Orient à «l'affaire Siné»", 6 août 2008, http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/060808/perils-sur-l-antiracisme-en-france-iv-du-proche-orient-a-l-affaire . - Je suis heureux pour Charlie Hebdo (et pour les gauches critiques, dont Charlie Hebdo est historiquement une composante, sous forme de poil à gratter indépendant) que mon ami Charb (malgré nos différences politiques : il est proche du Front de Gauche et je suis membre du NPA!) soit devenu le nouveau directeur de publication de l'hebdomadaire. - Au-delà de mes grandes divergences avec Philippe Val, je suis accablé par la haine qu'il suscite sur le web dans les milieux des gauches critiques; quand les aigreurs de la rancoeur dominent l'exploration pratique et théorique d'autres mondes possibles, je ne pense pas que cela soit une bonne chose quand on se situe dans la perspective d'une émancipation individuelle et collective, dans le sillage des Lumières du 18° siècle (où le "penser par soi-même" implique une composante de "penser contre soi-même").

Cher Philippe Corcuff, Penser "par soi-même" implique non pas seulement penser "contre soi-même" mais aussi ne pas penser "contre" les autres. Il me paraît plus pertinent de penser "sur" eux. Pour le reste, j'apprécie beaucoup votre travail d'analyse et d'évaluation critique, qui pointe bien le risque de la systématicité et de l'univocité, la tentation du principe explicatif absolu. Ce risque, cette tentation existent en effet dans l'esprit des émetteurs de thèses et dans celui de leurs récepteurs trop enthousiastes, d'ailleurs souvent encore plus simplificateurs . Mais ils existent aussi danc celui de leurs critiques...Ce qui est important, c'est de donner à penser et à discuter, afin d'être en mesure de mieux déchiffrer et,si possible, maîtriser le réel et notre existence. Amitiés de la part d'un amateur de Chomsky et de Corcuff tout à la fois.

Ne pourrait-on pas avoir une démonstration de l'utilité des deux approches à propos d'un cas concret ? L'affaire de Reims, par exemple:
http://www.mediapart.fr/journal/france/120609/l-union-de-reims-aime-les-chasses-l-homme-et-obtient-la-tete-d-un-adjoint-au-m

Sans faire une analyse systématique de ce cas concret que je ne découvre que partiellement à travers le texte de Mediapart que vous signalez : - Tout d'abord, il peut y avoir des dimensions de "propagande" (au sens ordinaire du mot) dans les médias (par exemple pour le vote oui lors du référendum sur le TCE - j'ai voté non - ou pour voter Chirac au 2° tour des présidentielles de 2002 - j'ai voté Chirac), sans que cela renvoie au "modèle de propagande" de Chomsky et Herman qui suppose davantage : une soumission directe de la plupart des médias au pouvoir économique des grandes firmes, et même une fusion entre pouvoir économique/pouvoir politique/pouvoir médiatique. - On voit dans ce cas des éléments d'autonomie des champs politique et journalistique, comme des interactions, mais pas de fusion. - La recherche du "scoop" et des formules choc pour faire de l'audience apparaît comme une médiation entre champ économique et champ journalistique; voir Bourdieu : "La contrainte du marché ne s’exerce que par l’intermédiaire de l’effet de champ". - Il y va aussi de ce que Bourdieu vise par la notion d'habitus, c'est-à-dire les dispositions intériorisées de manière non-consciente par les agents au cours de leur socialisation (pour Bourdieu le moteur de l'histoire est constitué par les relations entre champs et habitus) : c'est le cas du billetiste de l'Union de Reims, qui apparaît marqué par une série d'évidences et de stéréotypes quant à de supposées équivalences entre "soutien à la cause palestinienne"/"antisionisme"/"antisémitisme". - Et puis il y a quelque chose de plus prosaïque, qui n'est pas l'objet direct des modèles discutés ici : les tensions entre un journal local dirigé par quelqu'un de droite et une municipalité de gauche; mais cela va aussi dans le sens de l'autonomie des champs politique et journalistique. Ce ne sont que des pistes rapides.

Bon, j'ai lu l'article "anti PC" de GA (= Gilbert Achcar). Je lui trouve un ton négationniste. Appeler un collègue non par son nom "Philippe Corcuff" mais par une simple abréviation qui méprise (PC) et qui veut tout et ne rien dire (= Parti Communiste ? Personal Computer ?) c'est lui dénier le droit d'existence en tant que personne humaine (à quand les appellations par numéros matricules ?). Par ailleurs, je trouve superfétatoire les superlatifs qu'il emploie vis-à-vis de son idole Noam Chomsky : "le célèbre linguiste", "le plus en vue", etc... comme si, à l'instar des mandarins, il s'agissait d'un intouchable. Ensuite, je trouve qu'il ne discute pas des arguments de Philippe Corcuff mais il se contente de le dénigrer en se plaignant de ses "procédés", de sa "rhétorique", de ses "suites de mots entre guillemets" (comme s'il était indécent de mettre entre guillemets quand on cite quelqu'un) et en critiquant la version française de Chomsky attribuée à tort à Philippe Corcuff pour lui donner au passage une bonne leçon d'anglais, malheureusement avec contre-emploi : "mass-media" ne se traduit pas en français par "médias de masse" mais par "moyens de communication de masse", media étant un mot anglais formé sur le latin pluriel de medium (= moyens). Quand on veut jouer les puristes, il faut assumer jusqu'au bout. Tenez bon, Philippe Corcuff, on vous soutient... Enfin, puisqu'on est dans la critique du simplisme, je signale dans Le Monde de ce soir un intéressant article du spécialiste de la complexité, Edgar Morin : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/12/changer-le-rapport-de-l-homme-a-la-nature-n-est-qu-un-debut-par-edgar-morin_1206207_3232.html

Merci pour le soutien et la référence!

Se féliciter d'un tel soutien qui reproche à Achcar un "ton négationiste" est pour le moins surprenant. Quant au reste des "arguments" de votre émule, meixu vaut ne rien en dire!

j'aimerais bien participer, mais c'est trop long désolé je lis pas. - je parcours je vois vaguement de quoi ça parle j'essaye de comprendre le problème ou la question posée, si il y a des débuts de réponses, ou de réfléxions concrêtes face à une question relativement compréhensible. - c'est dommage parceque cela m'intéresse surement, mais ce serait sans doute bcp plus efficace d'aller droit au but. - respectueusement.

Bonsoir, Je me permets de vous répondre parce que vous avez toutes les raisons de vous sentir égaré et parce qu'aussi je participe de cette "embrouille". Monsieur Philippe Corcuff relance une polémique et un faux débat par rapport à la thèse de deux intellectuels US (Noam Chomsky, linguiste) et Edward Herman (économiste) qui ont publié notamment un ouvrage fameux intitulé "La fabrication du consentement", sous-titré "De la propagande médiatique en démocratie" : tout un programme explicite. Ils y démontrent de manière très concrète à travers de très nombreux cas, et très sourcés, en particulier comment la plupart des média US (journaux+télés+radios = un système) ont été (sont) les instruments de propagande instrumentalisés par les lobbys industrialo-financiers, au service de la politique anticommuniste/conservatrice/néolibérale US des années 1980 à 2000 : guerres civiles et conflits en Amérique latine, Vietnam, Cambodge. Je vous cite le début de leur ouvrage pour situer leur problématique : " Cet ouvrage est construit autour de ce nous appelons un modèle de propagande". On peut penser que c'est faux. Mais pour des raisons obscures, Monsieur Corcuff , au lieu de réfuter les faits de connivences média/finance/business-armements/gouvernement démontrés par Chomsky et Herman (avérés ), décrète que ces deux auteurs, malgré leurs dénégations, démonstrations et argumentations, défendraient plus ou moins insidieusement la thèse selon laquelle le système médiatique US (et donc mondial) serait une sorte de pieuvre tentaculaire diabolique et transcendantale au service de Big Brother Nixon-Bush, manipulant les foules et les cerveaux. Ce qu'il nomme un complot. Monsieur Corcuff développe un faux problème sur des pages et des pages en désignant "complot" ce que nos deux auteurs s'échinent à décrire comme "modèle" et "système". A savoir : un fonctionnement, une mécanique, des pratiques et leurs causes. Voilà. Moi, j'aimerais que Monsieur Corcuff nous explique pourquoi le prix Nobel français d'économie Maurice Allais ( 1988) est privé de média depuis toujours, en France. Vous trouverez la réponse de M. Allais en lisant http://www.fakirpresse.info/frontoffice/main.php?rub=accueil.php (mais c'est payant) Maurice Allais ferait-il aussi partie du complot ?

Merci, Laskaert, pour cette présentation. Maintenant, vous m'avez donné envie de lire l'article...;-) Juste une réflexion en passant. Il n'était, à l'époque, pas limité aux media, mais ce thème me semble susciter de nombreux débats depuis des lustres car je me souviens avoir eu dans les années 70 des discussions se prolongeant fort tard à propos de ce qu'on appelait la "Trilatérale". Je ne peux manquer, aussi, de convoquer Simone Weil (eh oui, cher JPYLG ;-). Dans "La pesanteur et la Grâce" elle évoque Rome, gros animal athé, matérialiste, n'adorant que soi ; Israël, gros animal religieux. Et je me demande si notre époque n'a pas accouché d'un mutant effroyable qui serait l'enfant monstrueux de ces deux là.

. Cher Labul, . Simone Weil est passionnante; mais il ne faut pas oublier qu'elle délire sec quand ça l'arrange. Et elle n'est pas historienne. . Quoiqu'il en soit, mon avis est que l'Eglise catholique romaine ne change pas, ne changera jamais et ne peut pas changer, puisque par son "coeur mystique", elle est hors du temps. L'éternité exclut le changement. Ce qui trompe, c'est que par sa coté "dans le temps", elle ne cesse de changer, de s'adapter. C'est ce qui fait sa force; mais c'est par là qu'elle trompe. . Des anticléricaux du XIXème siècle (je ne sais plus qui exactement) avaient bien vu le truc en la comparant au mythe de Protée qui, comme tu sais, change sans arrêt de forme extérieure ce qui le rend absolument insaisissable. . jpylg

" L'éternité exclut le changement"
Qu'en savez-vous ?

rectificatifs : lire : des années 1970 à 2000 et bien sûr une pieuvre est "tentaculaire"

Toujours pas d'analyses précises quant à mes objections à la thèse de Chomsky et Herman : seulement une invalidation généralisante. Le rationalisme critique se porte bien mal : je veux dire sa pratique concrète, pas la seule rhétorique rationaliste, qui comme nombre de poses uniquement verbales se porte assez bien. Et que de passion pour s'engager dans un débat qui serait un "faux débat"!

. " j'aimerais bien participer, mais c'est trop long désolé je lis pas. " . Je suis dans le même cas. . Il est minuit moins dix; je me suis levé à 7 heures, j'ai pas envie de passer encore une heure là dessus... . Mais le survol que j'ai fait me conforte, à tort ou à raison, dans l'impression que me fait toujours Philippe Corcuff qui est de camouffler sa pensée profonde comme si elle était d'une nature telle qu'elle exigeait une initiation. . On dirait qu'il ne veut pas s'exprimer autrement qu'en commentant les commentaires des commentaires des commentaires de je ne sais qui. Lequel je ne sais qui, il faudrait d'abord parfaitement connaître pour bien comprendre toute la valeur de ses commentaires des commentaires des commentaires. . Ce n'est d'ailleurs là qu'une dérive universitaire absolument classique. Bouveresse, par exemple, ne s'y prend pas autrement. . jpylg

Que mon texte soit long, qu'une démonstration soit compliquée : c'est justement pour cela qu'il y a une place pour le travail intellectuel, qui ne soit pas réductible à l'écriture de type journalistique. Si j'avais fait un court billet, on m'aurait légitimement reproché de ne pas être sérieux vis-à-vis des écrits critiqués de Chomsky. Mais, contrairement à des textes que je destine à des revues académiques, et donc à des lecteurs plus spécialisés, je crois quand même avoir fait des efforts pédagogiques dans ce texte publié dans une revue politique (au moins des efforts de clarté par rapport aux approches des différents auteurs sollicités comme dans la formulation des arguments). Cela peut être légitimement considéré comme insuffisant. Dans ce cas, j'ai fait un texte plus court et synthétique pour une revue québecoise, qui pourra apparaître plus clair (mais qui pourrait être considéré, ce faisant, comme insuffisamment étayé pour des défenseurs de Chomsky) : "Vers une nouvelle critique des médias", Á Bâbord ! (Montréal), n°18, février-mars 2007, http://www.ababord.org/spip.php?article263

rien à ajouter, - cela fait partie d'approches différentes du débat idéologique qu'il faudrait permettre d'améliorer pour la représentativité des différents courants politiques présents sur médiapart, et ainsi d'espèrer améliorer le message politique de chacun, de par un échange que l'on souhaiterait plus constructif ( l'enjeu étant la politique ). dont l'idée de permettre à chacun de défendre des idées mais également de rendre ces idées plus accessibles et compréhensibles. - bonne soirée.

Vous soulevez le problème des limites de l'échange par blogs et commentaires interposés. Je dis "échange" car je pense que de toutes façons le débat véritable est impossible dans ce genre de média. Par exemple, le billet de Monsieur Corcuff présupposait que tous ses lecteurs aient lu l'ouvrage volumineux de Chomsky et Herman. C'est peut-être le reproche qu'on peut aussi lui faire : ne pas avoir tenu compte de ce présupposé.

Voudriez-vous nous éclairer sur votre distinction entre échange et débat ?

J'ai lu votre billet et le fil qui suit avec intérêt malgré une certaine difficulté que j'ai rencontrée de prime abord (difficile d'y entrer), et je me permettrai de dire que : * votre démontage de Chomsky est très intéressant (ce qui ne vient pas tout à fait nier l'intérêt de Chomsky par ailleurs) * je me méfie des mots-valises comme "complot", on ne peut méconnaître qu'il y ait un phénomène "d'arrangement" dans les médias. Ce qui n'est pas complot forcément mais que je vois plutôt comme un jeu complexe d'alliances entre les intérêts conscients, des postions idéologiques héritées et conservées, mais aussi une part d'instrumentalisation par exemple par le jeu des recrutements de responsables éditoriaux ... * on ne peut nier la richesse de l'apport de Bourdieu que je perçois comme une tentative de mettre au jour des processus non visibles et non conscients (en partie), de montrer que l'idéologie est constituée d'un ensemble d'allant-de-soi qui perdure et soude des intérêts divers. * l'intérêt de toute démarche critique est de maintenir ouvert la critique (une lapalissade !) ce qui n'est pas forcément le cas. Façon de se méfier de la parole, de sa propre posture, celle de chercheur, de critique, et aussi sur les fils, celle de commentateur.

D'accord avec votre dernier *. Voilà qui nous ramène à "la critique de la critique critique" ! Et encore, en tant que discours, elle enferme aussi. C'est comme ça. Sans vouloir jouer les pédants, le mot "complot", qui occupe une place importante dans les gloses ci-présentes n'est pas un "mot-valise". Et je ne crois pas non plus un mot fourre-tout dans la pensée de Monsieur Corcuff.

Vous n'êtes pas d'accord avec ma qualification du mot "complot", je n'ai pas voulu dire mot-fourre-tout mais plutôt risque de mauvaise réception du mot par mélange de sens, entre ce qu'il en est des "arrangements" réels dans l'univers médiatique et une certaine vision un peu simplificatrice de ce monde là. (et bien sûr le grand barouf autour de ce mot, ces dernières années) Quant au risque "d'enfermement" dans le discours, cela dépend largement de sa propre posture, et cela se travaille, chacun à son niveau.

Pour moi complot, renvoie à une manipulation intentionnelle, consciente, volontaire et cachée, menée par une personne ou un groupe de personnes. Je ne nie pas qu'il y ait des "manipulations cachées", des "coups tordus" volontaires, de "la propagande" et de "la censure" consciente dans l'histoire humaine...mais passer à une théorie du complot, c'est : 1) tendre à unifier entre eux les complots (tendance à la fusion des pouvoirs économique-politique-médiatique chez Chomsky), et 2) tendre à faire de ces dimensions le coeur (ou le principal) de la réalité socio-historique, de ce qui arrive; . Or, de Marx aux sciences sociales contemporaines, nombre de travaux ont circonscrit la part des composantes intentionnelles de l'action dans le cours du monde : - en mettant l'accent sur des structures sociales (rapports de classes, rapports de genres, dominations et inégalités diverses, etc.) contraignant et encadrant les intentions; - en donnant une part aux aspects non-conscients de l'action ("idéologie" chez Marx ou "habitus" chez Bourdieu); - en réinsérant les intentions des différents protagonistes (disposant de ressources inégales) dans les milliers et millions d'intentions et d'interactions qui participent au cours du monde; ce qui faisait dire à Max Weber que le résultat de l'action est rarement le produit mécanique d'une des intentions en présence; bref les intentions individuelles sont réinsérées dans des dynamiques historiques inintentionnelles. Dans ses analyses consacrées aux médias (comme celles consacrées aux relations internationales), Chomsky s'inscrit dans une trame narrative (une façon de raconter une histoire et de lier les personnages entre eux) principalement intentionnaliste, méconnaissant les trois grandes dimensions précédentes révélées par les sciences sociales. Or, j'émets une hypothèse dans la fin de mon article : dans nos sociétés individualistes contemporaines, on a de plus en plus de mal à admettre que quelque chose se passe sans que cela soit le produit d'une intention individuelle. D'où le succès d'une critique sociale superficielle, qui oublie les structures sociales, la part non-consciente de l'action et ses dynamiques inintentionnelles.

. Je ferai aussi l'effort de décrypter ce texte - d'ailleurs, je n'ai pas encore lu l'ouvrage en question de Chomsky et je l'avais déjà mis à mon programme - mais je regrette que ce ne soit pas Philippe Corcuff qui fasse le travail d'adaptation pédagogique. Rien ne n'oblige à nous gaver avec le tout, il pouvait découper en tranches. . jpylg

Comment voulez-vous qu'il fît ce "travail d'adaptation pédagogique" puisque précisément son intention était de crier au complot (un complot : on le détruit dans l'œuf, si possible) : voir le titre racoleur de son article, son art de manier l'implicite tant dans l'interprétation que dans la présentation des objets et les faux-semblants d'objectivité sous un déluge de citations.

Toujours des généralités non démontrées précisément : tels que "les faux-semblants d'objectivité"...Les facilités rhétoriques de l'essayisme de type journalistique ont encore de beaux jours devant eux, même quand il prend pour cible...les médias.. Et puis pas de complot dans les écrits politiques de Chomsky, mais...un complot de Ph.C., un complot particulièrement tordu ("son intention était de crier au complot "). J'admire l'oeuvre de linguiste du Noam Chomsky, j'admire son courage politique dans la situation américaine, je me sens des affinités avec sa sensibilité anarchiste, mais je considère, après analyse (qu'on peut contester, mais avec un peu plus de précision et d'arguments), que ses écrits politiques consacrés aux médias (et aux relations internationales) sont trop manichéens, et révèlent à la fois des tonalités conspirationnistes et économistes.

. J'ai tendance à considérer Philippe Corcuff comme très intéressant et très sincère mais qui s'est condamné lui-même, pour des raisons qui le regardent, à l'expression indirecte. . jpylg

Merci pour ce billet très intéressant et pertinent. Je me permets, pour continuer la réflexion, de mettre un lien vers une vidéo en deux parties intitulée "Propagande néo-con sur Arte : analyse du documentaire « Le grand complot »". Un cas pratique en quelque sorte. http://www.mediapart.fr/club/blog/richard-golay/130609/propagande-neo-con-sur-arte-analyse-du-documentaire-le-grand-complot-

Merci pour ce billet pertinent. Pour prolonger le sujet, un cas concret : Le documentaire "Le grand complot", diffusé sur Arte en 2004, est un exemple représentatif de la propagande qui soutient la théorie officielle des attentats du 11 septembre. Mensonge, amalgame, déni, voici une analyse des techniques utilisées par les propagandistes néo-conservateurs du Meilleur des Mondes. 1ère partie : http://www.dailymotion.com/video/x9jo0k_propagande-neocon-sur-arte-12_news 2ème partie : http://www.dailymotion.com/video/x9jo66_propagande-neocon-sur-arte-22_news

@jlamo et jpylg (j'employe ce sigle parce qu'il l'emploie lui-même) : je comprends votre désarroi et ne prétends pas suivre moi-même tout ce que dit Philippe Corcuff, parce qu'il le dit avec les mots à lui qui renvoient à des concepts philosophico-politiques complexes avec lesquels tout un chacun n'est pas forcément familiarisé. Mais est-ce suffisant pour ne pas chercher à comprendre ce qui se dit derrière ce qui est dit ? Sommes-nous condamnés uniquement au dialogue avec ceux que nous comprenons ? Je ne le pense pas. Dialoguer, c'est être plusieurs avec des discours différents, cela ne veut pas dire que les contenus ou les problématiques le sont. @Laskaert : la dénonciation de la théorie du complot par Philippe Corcuff me parait devoir au contraire être prise en compte dans la réflexion et non à dénigrer systématiquement : s'en prendre à l'ensemble des médias comme instruments de propagande comme semble le faire Chomsky c'est nier qu'en démocratie il y a une pluralité de médias comme il y a une pluralité d'opinions politiques et qu'ils ne disent pas la même chose ni n'utilisent l'information aux mêmes fins. C'est la concentration de la presse qui serait une menace pas la pluralité des médias. Ce que ne dit pas Chomsky, c'est que la presse est un 4ème pouvoir comme il y a l'exécutif, le législatif et le judiciaire et qu'à ce titre, il est l'objet de toutes les convoitises. Quant à la non-invitation de Maurice Allais sur les plateaux de télévision, pensez-vous qu'il est le seul prix Nobel dans ce cas ? Non, aucun prix Nobel n'a les honneurs des JT car il n'est généralement pas médiatique et doit sa récompense suprême à la reconnaissance de travaux en laboratoire, pas à des tables rondes autour de JM Fields.

J'ai arrêté la lecture de votre réponse à "comme semble le faire Chomsky " non par mépris mais parce cela ne sert à rien d'échanger sur des supputations.Merci quand même de votre attention. Bien à vous

Pour moi l'ensemble de ce débat correspond à s'interroger sur la question de la pensée unique, et du conditionnement de la pensée par l'intermédiaire des médias. - Le problème comme le souligne Laskaert, est que selon l'angle d'approche politique ou idéologique les mots seront différents pour dire une même réalité et lui donneront des sens différents. - On pourrait résumer, que la gauche anticapitaliste souhaite mettre en évidence le fait d'un contexte global qu'entretient le monde médiatique et celui de l'information en faveur de certains modes de pensée, l'exemple le plus probant qui puisse permettre de démontrer cette forme de manipulation, car il sagit de cela, est sans doute le 11/09 qui d'aprés un évenement géopolitique a permis de créer un contexte de peur global et de renforcement de la sécurité, on verse dans une réthorique de thèse du complot, ou de mots qui créent la polémique parceque remettent en question notre conception du monde, et par ailleurs un certain prêt à penser qui viendra contredire nos convictions en la vérité ou le mensonge, un conditionnement organisé ou simplement un état de fait non prémédité qui relate une information objective ou une façon de voir le monde. - En faisant référene à Bourdieu ou à Chomsky, on aborde des thèmes différents qui sont à la fois pour Bourdieu une critique de " la société du spectacle " et donc d'un contexte psychologique basé sur l'émancipation des technologies et de méthodes qui organisent les médias comme un simulacre de démocratie ou d'objectivité, selon chomsky il sagit davantage de mettre en évidence ce fonctionnement des médias selon des intérêts politico-financiers, leurs critiques me semblent fondées il sagit de ne pas invoquer le mot " complot " qui reflète l'idée d'un projet occulte " contre les intérêts de la population ", mais d'être capable cependant de prendre en compte qu'il existe certes un contexte idéologique et psychologique auquel contribue l'ensemble du récit, ou de l'image du monde que se complaisent à nous transmettre les médias.

Bonjour,
D'une part une critique de qualité des travaux de Chomsky sur les médias. Merci, de nombreuses pistes pour mes réflexions.
D'autre part une qualité des échanges et des débats entre les intellectuels de ce champs de la critique (celle des médias) détestable et inquiétante.
Conclusion, la polémique et trop vive, l'indétermination est impossible, il faut-être ici où là. Je serais nul part
Voici ce que je retiens de votre article :

A propos de l'approche critique de Chomsky :
"On cumule ici un schéma intentionnaliste (ce sont les intentions individuelles qui comptent principalement dans l'explication des processus sociaux) et un schéma élitiste (ce sont les intentions d'une élite)."

Une approche critique en contradiction avec celle de Bourdieu et celle de Marx
Bourdieu : "Pierre Bourdieu : le croisement de la logique de l'habitus (l'inconscient social intériorisé par chaque personne au cours de sa socialisation) et de celle des champs sociaux (les structures sociales extériorisées, dans des dynamiques sociales s'imposant aux individus malgré eux) limitant la part attribuée aux volontés humaines dans l'explication des mouvements de l'histoire."
Marx : "La manipulation conscience n'y joue même, tout au plus, qu'un rôle secondaire."


A propos des usages de la notion de connivence, j'ai perçut une critique voulant mettre en avant un glissement de quelque chose qui relèverait de la "convergence" à la "connivence". On semble être dans des problématiques relevant de la superposition de l'habitus et du champs ainsi que des espaces connexes ou partagés par des champs différents : "Et les rapports entre la critique chomskyenne des médias - ainsi que certains de ses usages français (tels que ceux développés par Serge Halimi)(14) - et la sociologie de Bourdieu ? Muhlmann pointe une différence de perspective entre la "corruption des personnes" (privilégiée par Chomsky et amplifiée dans le style pamphlétaire d'Halimi) et une "corruption structurelle", associée à la notion de champ, chez Bourdieu(15). Muhlmann précise même judicieusement que "des approches comme celle d'Halimi" sont susceptibles de tomber sous le coup des critiques sociologiques de Bourdieu(16). Il faudrait ici aller plus loin que Muhlmann en relevant une confusion dans le sens donné au mot "connivences" fort usité dans les critiques ordinaires des médias : dans des analyses du type de celles d'Halimi, il a plutôt un sens volontariste et conspirationniste, synonyme de "copinage", alors que dans la sociologie de Bourdieu il a surtout un sens structurel : les évidences et les stéréotypes inconsciemment partagés au croisement du fonctionnement du champ journalistique et des habitus intériorisés par les journalistes(17). Dans le débat public, on confond couramment les deux sens, au profit du premier, privilégié à cause de son pouvoir plus sulfureux de dénonciation."

Je retiens également des problématiques soulevées ailleurs dans petit livre de Franck Leibovici "Des documents poétiques", à propos de la constitution de la preuve et de sa mise en crise. La preuve procède d'une jeu de prélèvement d'énoncés où d'événement appartenant au réel et redistribué dans un récit donnant un sens singulier à ce qui n'en à pas nécessairement. J'ai pensé aux lectures possibles qu'ouvrent le travail de Mark Lombardi avec ses "narratives structures". J'y reconnaît également une lecture de la sociologie des science de Bruno Latour : "Le conspirationnisme se présente donc comme une trame narrative inspirant largement la critique chomskienne des médias, dans des croisements avec la trame narrative de l'économisme systémique. Trames narratives ? C'est-à-dire des mises en récit, des types de narration, qui construisent des liens entre les personnages, les événements et les faits sélectionnés par Chomsky. Paul Ricœur parle ainsi de mise en intrigue, entendue comme une "synthèse de l'hétérogène" : "par la vertu de l'intrigue, des buts, des causes, des hasards sont rassemblés sous l'unité temporelle d'une action totale et complète"(18). Ce sont ces liaisons narratives qui dotent les informations recueillies d'une portée théorique implicite, qui leur donnent une interprétation particulière qui n'est pas incluse dans la seule information prélevée dans le réel. Ce ne sont pas les faits mobilisés par Chomsky qui parlent d'eux-mêmes, mais les formes de récit dans lesquelles ils sont insérés qui leur attribuent certaines significations. En bref, les faits collectionnés par Chomsky pourraient parler autrement à travers des trames narratives autres que les trames conspirationniste et économiste."

L'article propose d'autres approche critique pour une critique des médias :
la sociologie du champs journalistique et des champs liés.
Une approche Latourienne : la réception. "Manque aussi au "modèle de propagande" de Chomsky - comme, cette fois, à la sociologie du champ journalistique de Bourdieu également - une attention à la réception des messages médiatiques."
Cette approche critique du côté de la question de la réception, renvoi également à une lecture possible du côté de Foucault à propos du processus de subjectivation avec la question de la discipline. Une analyse du jeu qu'il existe entre l'émetteur et le récepteur. Question d'espacement et de transformation : "Un des auteurs les plus intéressants parmi les cultural studies britanniques est un de ses initiateurs : le "néo-marxiste" Stuart Hall. Car il a associé dans son modèle quatre aspects importants : les conditions capitalistes de production des messages médiatiques, le contenu stéréotypé de ces messages, l'autonomie relative des règles professionnelles dans leur production et leur filtrage critique variable par les téléspectateurs."

Enfin pour terminer dans les commentaires qui ont suivi l'article je retiens tout particulièrement une approche intéressante de la sociologie de Bourdieu : "Je pense qu'il nous invite à penser globalement sans continuer à prétendre penser le "tout" (ou "la totalité"), puisque dans une société il y a différents "champs" autonomes (donc différents ordres sociaux), non nécessairement cohérents entre eux, qui ne font donc pas "système" entre eux, bien qu'ils aient des interactions. Il commence donc à dessiner ce qu'on pourrait appeler un "global pluriel". Dans chaque "champ", il y a des mécanismes "intelligents", mais spécifiques à chaque champ. Reste à savoir, quelles sont les marges de jeu des agents, individus et/ou groupes, par rapport à eux : c'est notamment là-dessus que portent les discussions critiques autour de Bourdieu dans les sciences sociales aujourd'hui."

Merci pour cette synthèse!

De Chomsky et Herman (Conclusion et addendum 2002 de "La Fabrique du Consentement") : 1) "Pour résumer, les médias aux Etats-Unis sont de puissantes et efficaces institutions idéologiques qui accomplissent une fonction de propagande au service du système grâce aux mécanismes du marché, d'idées intériorisées et d'autocensure, mais sans véritable coercition directe." 2) 'Le fonctionnement technique des médias lui-même suscite l'adhésion aux idées reçues. Rien d'autre ne saurait être exprimé entre deux publicités ou en sept cents mots sans passer pour complètement absurde, un phénomène très difficile à éviter lorsqu'on cherche à remettre en cause des idées communément admises sans se voir offrir un début d'opportunité pour développer des faits ou arguments." 3) "Pour autant, le système n'est pas "tout-puissant". L'emprise du gouvernement et des élites sur les médias n'a su venir à bout ni du "syndrome du Vietnam" ni de l'hostilité du public envers l'engagement direct des Etats-Unis dans la déstabilisation et le renversement des gouvernements étrangers(...) Mais il (le gouvernement de Reagan) échoua dans sa tentative de rallier l'adhésion du public à un engagement militaire contre le Nicaragua" (Excusez l'anecdote narrative...) "L'opinion des élites bascula à son tour, assez radicalement du reste, en faveur d'un meilleur rapport qualité-prix dans les choix des moyens à mettre en œuvre pour obtenir les mêmes résultats". [la victoire du non au TCE de 2005 face au matraquage organisé et concerté de la plupart des médias français est une autre illustration de cette non "toute-puissance".] 4) "Il n'en demeure pas moins fondamental que la mise en place de politiques démocratiques passe nécessairement par une démocratisation des sources d'information, et par la création de médias plus démocratiques.(...) Les mouvements de base et intermédiaires qui représentent en très grand nombre les citoyens ordinaires devraient s'investir beaucoup plus activement et financièrement dans la création et le développement de leurs propres média - tout comme ils sont parveus à le faire avec les centres de médias indépendants créés ex nihilo lors des manifestations de Seattle et de Washington". 5) Pardonnez la longueur. Si l'on veut bien prendre la peine de lire attentivement,on pourra à présent mettre en regard ces considérations avec les caricatures faites de l'analyse de Chomsky et Herman relative d'abord aux médias US. A les mettre aussi en regard avec la réalité de nos médias que nous percevons chaque jour et notamment de l'existence d'un phénomène comme Mediapart. Le procédé facile consistant à réduire les démonstrations in-situ de Chomsky et Hermann (l'essentiel de l'ouvrage) à une sorte de "stories-telling" manipulatoire en vue de consolider la thèse du complot, et niant ainsi la valeur de l'essentiel de l'œuvre, me paraît tout à fait représentatif des pratiques médiatiques que ces auteurs dénoncent.

Je suis obligé de répéter ce que je rappelais plus haut, en n'ayant guère d'illusions quant à la possibilité d'être davantage lu cette fois : [Si mon contradicteur avait lu le texte qu'il semble critiqué (mais, je comprends, lire, c'est long et compliqué, et pourquoi s'embarrasser de réfléchir quand, par avance, on SAIT? ânnoner apparaît plus reposant), il aurait vu que j'abordais le problème : - "Chomsky et Hermann définissent dans l’introduction de 2002, la préface de 1988 et le chapitre 1 (intitulé “Un modèle de propagande”) le point d’appui théorique de leurs analyses empiriques : “le modèle de propagande” [“A Propaganda Model“]. Ils indiquent ainsi que “L’objet de ce livre est de proposer ce que nous appelons un modèle de propagande, c’est-à-dire un cadre analytique capable d’expliquer le fonctionnement des grands médias américains à partir de leurs relations avec les principales structures institutionnelles qui les environnent. Nous pensons qu’entre autres fonctions, ces médias se livrent à une propagande qui sert les intérêts des puissantes firmes qui les contrôlent en les finançant et dont les représentants sont bien placés pour orienter l’information” (Introduction de 2002, p.XI)(7). Si, dans la citation précédente, le vocabulaire ambigu du “contrôle” et de “l’orientation” pourrait suggérer la présence d’une tonalité intentionnaliste dans l’analyse, les deux auteurs s’efforcent cependant de mettre clairement à distance la thématique du “complot”, classiquement reprochée à Chomsky : “Loin de nous l’utilisation de l’hypothèse d’une conspiration pour expliquer comment fonctionne le monde des médias” (idem, p.LII). À un moment, cela débouche sur des pistes stimulantes, mais relativement peu reprises par la suite, sur le rôle des stéréotypes intériorisés par les journalistes : “La plupart des préjugés médiatiques ont pour cause la présélection d’un personnel bien-pensant qui intériorise des idées préconçues” (idem, p.LII)." - "Alors qu’ils ont récusé explicitement la figure du “complot” (citation ci-dessus, p.LII), nos deux auteurs y reviennent implicitement quelques lignes plus loin : “nous décrivons un système de "marché dirigé" dont les ordres viennent du gouvernement, des leaders des groupes d’affaires, des grands propriétaires et de tous ceux qui sont habilités à prendre des initiatives individuelles et collectives. Ils sont suffisamment peu nombreux pour pouvoir agir de concert (…)” (p.LII). Et d’utiliser la page suivante des expressions empruntées à un texte du philosophe Jacques Ellul sur les mécanismes de propagande : “les intentions réelles de ses actes” et “voiler ses véritables desseins” (p.LIII). Entre formulations anti-conspirationnistes et formulations à tonalité conspirationniste, il y a donc des va-et-vient et des chevauchements dans ces deux pages (pp.LII-LIII). Toutefois, dans l’ensemble de l’ouvrage, les notations les plus théorisées (celles qui portent une plus grande généralisation de l’analyse) pointent plutôt la direction de “la conspiration”, dans une association/hésitation avec la figure du “système“." La suite fournit des arguments s'efforçant d'étayer ces hypothèses, qu'on peut tout à fait critiquer, mais après lecture et avec des arguments.] Je rajouterai quelque chose présent dans le post-scriptum de mon texte : - "Un des rares arguments utilisés par Halimi et Rindel pour appuyer l’hypothèse du caractère non-conspirationniste de la critique chomskyenne des médias est le suivant : “le linguiste n’a cessé de répéter que son analyse ne reposait sur aucune forme de conspiration” (p.48). On a vu que ces dénégations n’empêchaient pas le recours à une trame narrative conspirationniste. Cependant quelque chose apparaît particulièrement intéressant dans cet argument d’Halimi et Rindel : sa dissymétrie (de type “deux poids, deux mesures”) qui l’affaiblit considérablement. Ainsi, dans le cas de Chomsky, ses dénégations seraient une preuve suffisante de la vérité de son analyse, alors que les dénégations de ses critiques (dont les miennes) constitueraient quant à elles une preuve supplémentaire de leurs “falsifications”. Sans doute parce qu’on aurait, par essence, toute la Vérité d’un côté (les amis d’Halimi et Rindel) et tout le Mensonge de l’autre (les ennemis d’Halimi et Rindel), tout le Bien d’un côté et tout le Mal de l’autre !" Et la suite de ce post-scriptum pointe une contradiction logique chez Halimi et Rindel, qui ressemble à la contradiction logique relevée plus haut par Patrick Daquin : - "Ce schéma typiquement manichéen nous ramène du côté du “complot”. Au départ Halimi et Rindel récusent pourtant le thème du “complot” au nom d’“analyses structurelles” (p.44). Cette perspective les conduit à réduire les critiques du conspirationnisme à une intériorisation du “système de valeur néolibéral” (p.58). Mais ils n’arrivent pas à tenir ce raisonnement “structurel” jusqu’au bout : “Les journalistes ne sont pas inconscients à ce point. Une partie d’entre eux a bien perçu la menace que la critique radicale faisait peser sur l’illusion de pluralisme qui fonde leur position sociale et leurs privilèges de "contre-pouvoir"” (p.59). La critique de la thématique de “la conspiration” devient alors une composante d’“un stratagème” des “hiérarques médiatiques” (p.62), bref un nouveau complot…Pierre-André Taguieff a pointé la circularité dans laquelle tendent à s’enfermer les explications conspirationnistes, les rendant hermétiques à la critique rationnelle : “pourquoi les hommes n’ouvrent-ils pas les yeux ? (…) Pourquoi refusent-ils donc la lumière qui s‘offre ? La réponse conspirationniste est simple, et d’une infaillible logique : les pauvres humains sont aveuglés par les conspirateurs, ce qui prouve en même temps la terrible puissance de ces derniers”(41)." Et la conclusion de ce post-scriptum peut alors donner une conclusion provisoire à nos échanges polémiques : - "Face au jeu de la consolidation des certitudes dogmatiques, qui se renforcent même quand on les critique et parce qu’on les critique, les rationalistes ne disposent que d’hypothèses et d’arguments partiels et provisoires, adossés à une éthique du débat contradictoire, bien fragile face à la pente anti-intellectualiste des médias dominants comme de ceux de leurs critiques qui substituent l’insulte à la démonstration." Dans cette perspective, je ne crois pas être, de nous deux, le plus "représentatif des pratiques médiatiques que ces auteurs dénoncent"...

Je vous avais lu. Votre argumentation ci-dessus repose sur ce postulat pour l'essentiel : "On a vu que ces dénégations n’empêchaient pas le recours à une trame narrative conspirationniste". "Trame narrative" que vous balayez d'un revers de main et qualifiez avec d'autres de "conspirationniste". Vous l'avez peut-être vu, mais on est pas obligé de vous croire, au regard des recherches et des faits établis par C. et H. et qui occupent le gros de leur ouvrage. Je me répète aussi. Mais c'est une autre paire de manches que de les attaquer sur ce terrain. Quant à Halimi, Rindel, il leur revient de vous répondre (je crois que c'est fait depuis longtemps). Dès lors, votre croyance vaut vérité. Je vous laisse à votre chimère du complot. Je vous renvoie à votre conclusion, en l'occurrence. Bien le bonsoir.

Il y a donc lire et lire.. Et il y a aussi discuter et discuter...Plutôt que de prendre pour objet de la critique ce que j'appelle "la trame narrative conspirationniste" présente dans le texte de Chomsky et Herman, vous préfèrez en rester à la stigmatisation générale d'une "chimère du complot". Souvent la discussion est bloquée faute de discutants. Et il vaut mieux arrêter une discussion inutile lorsqu'elle se contente de mettre simplement face-à-face des affirmations opposées de manière répétitive. Cela lasse les lecteurs de commentaires et cela rend moins intelligents les interlocuteurs, car cela les poussent plutôt à "bétonner" leurs affirmations, au lieu de les conduire à interroger certains de leurs points faibles. Bref au bout d'un certain temps, ce type de discussion me rend plus bête que je n'étais au départ (ce qui s'ajoute aux nombreuses lacunes intellectuelles dont je suis conscient, sans parler des autres...), en m'orientant involontairement vers une certaine dogmatisation de mes points de vue.

à P. Corcuff : Votre concept de "trame narrative" chez Chomsky et Herman dans "La Fabrique du consentement" est un mythe qui vous est bien utile. Invoquer Paul Ricoeur n'en créera pas davantage (de trame). Pour vous croire il vous faudrait nous démontrer texte en main en quoi il y a "trame", en quoi il y "narration" au sens de scénario ou de reconstruction intentionaliste (ou -lisé-e), voire, pourquoi pas !, fiction ou falsification. Libre à vous d'estimer que le passage au crible effectué par C et H de plus de 3 décennies de fonctionnement des médias US dominants dans un contexte historique et politique néoconservateur/ultralibéral (comme vous voudrez) US impérialiste conquérant et prenant en compte les temps forts de cette Histoire ne soient qu'une "trame narrative". A défaut de preuves du contraire, ce qui est à mes yeux le cas pour le moment, et ne serait-ce que pour cela votre théorie du complot chomskien ne tient pas. Les débusqueurs de complots avancent souvent masqués.

Les faits relevés par Chomsky ne nous informent que d'un filtrage et de déformations des informations dans la presse américaine (mais il y a aussi un filtrage et des déformations dans le traitement des informations dans les presses de gauche et d'extrême-gauche). Mais ils ne nous disent pas par eux-mêmes quels sont les mécanismes qui produisent ces filtrages et ces déformations. "Le modèle de propagande" n'est pas dans les faits recueillis, mais c'est "le modèle de propagande" (qui constitue non un fait, mais une théorie) qui donnent un certain sens explicatif à ces faits. C'est ça alors qui donne sa structure au récit des faits collectés (les liens entre les personnages, les événements, les faits et les mécanismes causaux les reliant). Les "faits" ne parlent jamais d'eux-mêmes, ils sont inscrits dans une certaine narration. Je propose une narration plus compliquée que celle : 1) qui voudrait qu'il y ait une tendance à l'unification des pouvoirs économique-politique-médiatique pour ne faire plus qu'un seul pouvoir omniprésent et omniscient, et 2) que les tenants de ces pouvoirs dictent directement leurs ordres aux journalistes et manipulent intentionnellement les ficelles dans l'ombre.

"Les faits relevés par Chomsky ne nous informent que d'un filtrage et de déformations des informations dans la presse américaine (mais il y a aussi un filtrage et des déformations dans le traitement des informations dans les presses de gauche et d'extrême-gauche)." Enfin ! Le mot est lâché : Chomsky serait un déformateur (donc un imposteur, falsificateur) . Puisqu'il suffit que vous le disiez,c'est donc vrai. Vous ne répondez jamais dès lors qu'il s'agit de prouver textes à l'appui. Vous ignorez les citations qui contredisent les vôtres pour vous réfugier dans le registre de l'assertion dogmatique, de l'évitement et non pas de la critique de textes. Les lecteurs de La Fabrication du Consentement de Chomsky et Herman (Editions Agone) jugeront sur pièce. Proposez, proposez ... gone with the wind.

Bon j'arrête définitivement là avec notre ami Laskaert : l'incapacité à lire même trois lignes sérieusement (je n'ai pas écrit que Chomsky déformait quoi que ce soit, mais je parlais des déformations produites par les médias américains et analysées par Chomsky : bref les déformations comme objets de l'analyse de Chomsky, et non pas les déformations comme pratiques de Chomsky!) + la paranoïa galopante, ça fait beaucoup pour quelqu'un qui déjà faisait du "conspirationnisme" un "faux problème" que j'aurai inventé et qui en même temps apparaissait obsédé par le "complot labyrinthique s'agissant des médias français au service du parti de l'argent" (selon son expression pointée plus haut par Patrick Daquin). A un moment donné, il vaut mieux arrêter de passer son temps à lire n'importe quoi, même adossé au vain plaisir de voir ainsi un "adversaire" se ridiculiser en public. Tchao!

. Il y en a qui cultivent la pensée ésotérique et la pensée labyrinthique, qui vont souvent de pair. . D'autres préfèrent l'expression courte et claire, correspondrait-elle même à une pensée peu profonde. . Je serai plutôt dans ce cas-là. . Si comme moi vous n'aviez de Chomsky qu'une connaissance très superficielle remontant aux années 1970 et ne portant que sur le linguiste, avant de vous lancer dans le décryptage de synthèse de synthèses de synthèses, agrémentées de commentaire de commentaires de commentaires, il vous suffit de vous porter sur wikipédia et de taper Noam Chomsky. . Notamment, vous devriez être intéressé par la rubrique n° 3: . 3 Activité politique 3.1 Critique des médias 3.2 Dissidence politique . Vous gagnerez beaucoup de temps. . jpylg

Concernant votre critique de Chomsky, je ne crois pas être entièrement d'accord avec vous (Philippe Corcuff). Mais je n'évoquerai pas cela, d'autant que je concède n'avoir lu de Chomsky que La fabrication du consentement dans sa récente traduction. Le débat, citations à l'appui, me semble néanmoins intéressant. En revanche, je suis consterné de vous voir sans arrêt tenter de raviver une polémique (Halimi/Acrimed vs Corcuff) qui n'intéresse plus personne depuis fort longtemps. Combien de fois avez-vous ressassé cette histoire des méchants staliniens dogmatiques contre le penseur adepte de la complexité ? Non pas que les personnes incriminées soient au-dessus de toute critique, mais vous tombez dans des attaques ad hominem stériles (sur un mode, il faut bien le dire, complètement obsessionnel) que vous semblez dénoncer par ailleurs. Tous les prétextes sont bons pour parler de vous, de vos quelques articles, de vos petites passes d'armes avec untel ou untel, bref, de vos luttes de pouvoir dans ce créneau plein d'avenir qu'est la critique des médias en France. Est-il pertinent de mettre sur le même plan le travail sociologique sur le journalisme de Pierre Bourdieu (seulement esquissé d'ailleurs) et celui, journalistique, de Serge Halimi ? L'ouvrage de ce dernier n'a pas de prétention opératoire particulière mais se présente comme un effort d'enregistrement (sauf erreur, c'est le terme utilisé par Bourdieu dans sa préface) et porte exclusivement sur une oligarchie au sein du groupe des journalistes. Il est un livre d'intervention, produit dans un contexte particulier, et dont le but était d'agir efficacement dans le débat public. En quoi une analyse en terme de structures et de champs interdirait de traiter par ailleurs des personnes ? En outre, et malgré le grand intérêt que je porte moi-même pour les travaux de Bourdieu, je trouve un peu curieuse votre façon de le poser comme maître étalon de la critique des médias (et puéril le jeu "plus bourdieusien que moi tu meurs", qui en dit long sur les rapports bien peu critiques entretenus par les universitaires à l'égard de leurs intellectuels critiques).

"attaques ad hominem" ? Je suis insulté depuis à peu près 8 ans sur les caractéristiques supposées maléfiques de ma personne et ma pente naturelle à "la trahison" (dans PLPL, puis Le Plan B ou d'autres textes). Est-ce qu'en retour j'attaque des personnes sur leurs caractéristiques supposées maléfiques? Dans un texte consacré à une analyse détaillée d'un livre de Chomsky et Herman (qu'on peut ne pas partager), j'ai inclus un post-scriptum sur deux articles concernant le même thème, parus dans la revue Agone après que j'ai écrit l'essentiel de mon texte. Je discute alors des arguments de ces deux textes (celui de Chomsky et celui d'Halimi-Rindel). J'aimerai bien qu'un jour on substitue justement aux "attaques ad hominem" dans l'aire PLPL-Le PLan B une discussion critique des arguments. Je rappelle aussi que j'ai remis à disposition sur Médiapart ce texte publié en 2006, parce que le site Calle Luna sur lequel il avait été mis en ligne a disparu et que j'avais des demandes de personnes cherchant ce texte, qui visiblement continue à déclencher beaucoup de passions. Je ne défends pas inconditionnellement la sociologie de Bourdieu (et j'ai même un rapport critique à cette sociologie, qui a joué un grand rôle dans ma structuration intellectuelle); je renvois pour cela à mon livre "Bourdieu autrement" (Textuel, 2003) et à un article paru sur Calle Luna en 2004 que je remettrai prochainement à disposition sur Mediapart. Si vous lisez attentivement le texte ci-dessus, vous verrez, par exemple, que je pointe un manque de la sociologie de Bourdieu sur la question des médias : la question de la réception. J'ai simplement mis l'accent sur le fait qu'il y aurait une régression intentionnaliste, par rapport à des acquis des sciences sociales (de Marx à Bourdieu), à suivre Chomsky dans sa critique des médias. Vos remarques hâtives sont un signe qu'une logique médiatique semble de plus en plus s'imposer dans les débats intellectuels : on ne lit plus ou fort rapidement les textes critiqués, les échanges d'arguments sont dévalorisés au profit de combats entre personnes (ce qui rend difficilement concevable, par exemple, que je puisse, en même temps admirer intellectuellement et politiquement Chomsky et critiquer son approche des médias), voire même pour ne pas rentrer dans les complications d'argumentations intellectuelles on préfère ne voir dans les controverses que d'obscures règlements de compte entre personnes (ce qui nous renvoie d'ailleurs à la prégnance des schémas intentionnalistes, voire conspirationnistes), et on n'hésite pas non plus à reprocher à ceux qu'on critique ("qui en dit long sur les rapports bien peu critiques entretenus par les universitaires à l'égard de leurs intellectuels critiques" : alors que le texte concerné établit aussi un rapport critique à la sociologie de Bourdieu sur les médias) ce qu'on est en train de faire, en invalidant par avance (à cause de supposés règlements de compte obscurs entre personnes) la possibilité même de critiquer des textes de Chomsky ou d'Halimi...

Je n'apprécie pas le type de critique que je lis ici sur le texte de Ph. Corcuff. Je suis très extérieure et bien moins informée sans doute que certains commentateurs et je m'en tiens à ce qui est écrit. Je pense qu'il y a dans le billet des éléments intéressants, mais la tonalité des échanges (qui en même temps pointe des éléments assez justes) a tendance à empêche de se saisir des éléments du débat dans leur diversité. Je trouve intéressant par exemple de montrer que la critique de Chomsky (qui par ailleurs m'intéresse et a été plus d'une fois pertinent à mes yeux dans sa façon de montrer des mécanismes institutionnels) fait peut être (je suis peu sûre de moi ...) l'impasse sur l'analyse politique des rapports de force. Est-ce là l'essentiel de votre critique, Ph. Corcuff ? vous voyez, j'ai besoin de me représenter le fil rouge de votre critique. La critique faite de Chomsky comme défenseur de la version "conspirationniste" de la critique des médias demande à être éclairée. Ceci dit, il me semble que vous (Ph. Corcuff) pouvez aussi écrire des versions plus simples de votre position, allégées de beaucoup d'allusions extérieures au propos ; cela faciliterait la lecture des gens comme moi. Par exemple, peu m'importe ce que l'on vous reproche, ce qui m'intéresse c'est ce que vous dites.

Merci pour vos demandes de précisions qui évitent d'enfermer le débat dans le face-à-face des thèses opposées. Comme je l'ai dit plus haut, il me fallait sérieusement et précisément discuter les thèses de Chomsky, ce qui demandait de la place. Par contre, on peut trouver une forme synthétique de mon argumentation dans : "Vers une nouvelle critique des médias", Á Bâbord ! (Montréal), n°18, février-mars 2007, http://www.ababord.org/spip.php?article263 . Je pointe dans mon texte une double tentation intentionnaliste chez Chomsky (à côté d'une tendance à l'économisme et d'une piste plus intéressante sur l'intériorisation des idées dominantes par les journalistes) : 1) la mise en avant d'une tendance à la fusion des pouvoirs économique-politique-médiatique dans un pouvoir unique omniscient et omniprésent; et 2) le fait de considérer que les tenants de ces pouvoirs dictent directement leurs ordres aux journalistes et tirent les ficelles intentionnellement dans l'ombre. Je pense que cette double tentation intentionnaliste passe à côté de trois apports principaux des sciences sociales (de Marx à Bourdieu) : - la mise en évidence de structures sociales (rapports de classes, de genres, etc.) contraignant et contribuant à configurer les intentions; - les dimensions non-conscientes de la vie sociale ("idéologie" chez Marx, habitus chez Bourdieu); - les dynamiques globalement inintentionnelles de l'action historique (les intentions y participent, mais des millions d'intentions dotées de ressources inégales entrent en interaction, dans des circonstances non choisies par elles, pour donner quelque chose d'autre qu'une de ces intentions).

la manipulation médiatique pour créer un contexte paradigmatique de valeurs, basée également sur des processus psychologiques de conditionnement jouant sur les affects ?

Je ne pense pas, contrairement à Chomsky, que la notion de "manipulation" soit principale dans la reproduction d'un ordre social; ce serait une dimension effective mais secondaire.

quelle en serait alors la notion première et principale dans la reproduction de l'ordre social, en ce qui concerne le role des médias ? - le conditionnement idéologique, auquel les médias seraient indifférents et ne procèdent pas d'une quelconque manipulation ou prolongement des modes de pensée et valeurs morales dominantes ? - j'essaye de comprendre.

Je me suis déjà beaucoup répété dans les commentaires pour faire surgir les points saillants de mon texte (et si on s'intéresse au sujet le mieux est encore de lire mon texte). Juste quelques rappels rapides, si on ne veut pas lasser ceux qui, pourtant de bonne volonté, finiraient par se perdre dans le labyrinthe des commentaires suivant le texte : - D'abord, quelques précisions par rapport à vos termes : 1) "manipulation" se focalise sur la maîtrise consciente des processus, or la notion d'"idéologie" chez Marx laisse place à des processus d'auto-illusion chez les dominants (voir les extraits de L'idéologie allemande et du 18 brumaire de Louis Bonaparte dans mon texte); 2) donc parler de "pensée et valeurs dominantes" n'implique pas de recourir à la notion de "manipulation"; et 3) parler de "conditionnement idéologique" supposerait que les discours dominants rentrent dans les consciences de la population "comme dans du beurre", or les études de réception des médias mettent en évidence les filtres critiques que mettent en oeuvre les récepteurs des messages. - Des pistes alternatives sont présentées dans mon texte (pas une vérité unique, mais une pluralité de ressources intellectuels disponibles) : . la notion d'"idéologie" chez Marx (éloignée donc de celle de "manipulation"); . la notion de "champ journalistique" chez Bourdieu (comme espace autonome de relations sociales, avec ses règles et ses enjeux propres qui s'imposent aux intentions individuelles et même contribuent à les modeler); . la notion d'"habitus" chez Bourdieu, sorte d'inconscient social produit par la socialisation; . le couple codage/décodage chez Stuart Hall; codage des messages selon les stéréotypes dominants, mais laissant place à une autonomie des producteurs des messages en fonction de leurs cadres professionnels propres, et décodage (plus ou moins filtré) par les récepteurs (en fonction de leurs expériences biographiques propres notamment). Ce ne sont que quelque-unes des ressources intellectuelles disponibles nous permettant de nous émanciper du double thème de "la propagande" et de "la manipulation" chez Chomsky. Je n'ai fait que donner des indications permettant de mieux lire le texte, mais ces indications ne remplacent pas la lecture du texte. S'approprier des ressources intellectuelles suppose des efforts; c'est notamment ce qui distingue l'activité intellectuelle du fast-food médiatique.

ok , ok ... mais j'veux dire la question ou le sujet qui nous intéresse c'est quoi ? - le role des médias dans la société, leur fonctionnement ? la façon dont ils représente un discours enfin, je comprend pas ou vous voulez en venir.

A un moment donné, il faut reconnaître les limites de ses compétences en tant que pédagogue (pour moi) et en tant que lecteur (pour vous). "Je suis le mal aimé"...il vaut peut-être mieux passer directement à la case Claude François sans passer par celles de Chomsky et de Bourdieu?

j'aimerais simplement comprendre votre position concernant les médias et la pensée de chomsky - simplement. le lundi au soleil

Merci Ph. Corcuff, je suis en particulier sensible à ce que vous dites des rapports de classe dont il me semble qu'on voit les effets dans beaucoup d'institutions, et de l'idéologie afférente. Est-ce que les attitudes idéologiques sont non-conscientes ??? ou à moitié ? Il me semble que ce qui est quasi-conscient ce sont les bénéfices qu'on a d'adopter des positions idéologiques (j'ai tendance à dire que l'idéologie est un allant de soi qu'on se refuse à questionner, refus non-conscient, mais bénéfices conscients.) Mais là je m'aventure ...

Je suis d'accord avec vous : "l'idéologie" mêle du non-conscient, du "allant de soi" (des évidences de l'ordre du "demi-conscient") et du conscient; mais les thématiques de "la manipulation" et de "la propagande" ne permettent pas d'appréhender cette palette, tant elles se focalisent sur une maîtrise intentionnelle des processus (alors qu'on pourrait dire que les "manipulateurs" sont eux-mêmes "manipulés" par les phénomènes idéologiques). Les thématiques de "la manipulation" et de "la propagande" ne permettent pas non plus de saisir la place des logiques d'auto-illusion dans les mécanismes idéologiques. Comme je le rappelle dans mon texte, Marx et Engels, dans L’idéologie allemande (1845-1846), parlent de “l’illusion que cette classe nourrit à son propre sujet“. Les liens entre intérêts de classe et positions idéologiques apparaissent moins directs et plus compliqués que vous ne le suggérez alors, à cause justement des médiations du non-conscient, de "l'allant de soi" et de l'auto-illusion. C'est ce que pointe Marx dans Le 18 brumaire de Louis Bonaparte (1852) - extrait aussi cité dans mon texte : “Il ne faut cependant pas épouser l’idée bornée que la petite bourgeoisie voudrait faire aboutir, par principe, un intérêt égoïste de classe. Elle croit au contraire que les conditions particulières de son émancipation sont les conditions générales offrant seules la possibilité de sauver la société moderne et d’éviter la lutte des classes“. Plus globalement, dans les rapports de domination (dans les rapports de classes, dans les rapports de genres, etc.), il faut alors peut-être déplacer notre vision : 1) les dominants profitent bien de la reproduction des rapports de domination, et 2) cela signifie pas que les dominants maîtrisent consciemment les rapports de domination ("les dominants sont eux-mêmes dominés par la domination" a souvent répété Bourdieu). Or, on confond souvent les deux plans.

. " Par exemple, peu m'importe ce que l'on vous reproche, ce qui m'intéresse c'est ce que vous dites. " . Ce qu'il dit est, effectivement, intéressant. Mais ce n'est rien, comparé à ce qu'il ne dit pas. . jpylg

Mais je suis tout à fait d'accord avec vous Ph. Corcuff sur la nécessité de rester sur un terrain argumentaire. Seulement, il me semble que par votre ton très polémique et que par votre haine obsessionnelle (désolé mais je crois que le terme est approprié) à l'encontre de certaines figures, vous participez à cette personnalisation des débats d'idées. C'est un peu facile de reprocher aux autres de ne s'intéresser qu'aux questions de personnes lorsqu'on fait tout pour apparaître au coeur des controverses. Vous vous posez volontiers en victime de persécutions depuis 8 ans. J'ai donc tapé votre nom sur google, comme vous nous y invitiez dans un autre article (eh oui, encore une fois vous abordiez ce sujet). Que trouve-t-on ? Sur les 20 premiers liens : quelques travaux/interventions, 2 articles de l'Acrimed peu amicaux mais pas offensants, 1 article un peu plus violent sur homme-moderne. Avec ça, je m'étonne que vous n'ayez pas fait de demande d'asile politique. Donc oui, je persiste à croire qu'il y a une bonne part de règlements de compte dans cette affaire (d'un côté comme de l'autre). Dire ceci, ce n'est pas pour autant réduire tous les débats à des règlements de compte ni être incapable de saisir une controverse idéologique (ah le fameux argument "de nos jours les gens ne lisent plus" !). Il est vrai que, par exemple, dans la récente agitation autour du livre L'insurrection qui vient, j'avais été saisi de constater le nombre de journalistes qui n'avaient de toute évidence pas lu l'ouvrage (pourtant court et accessible) dont ils parlaient. Trop de journalistes ne lisent pas ou lisent peu, ce n'est pas une découverte. Mais affirmer qu'une logique propre au journalisme contemporain se soit étendue aux débats intellectuels me semble pour le moins discutable. C'est d'ailleurs à l'écart des grands médias que l'on continue de débattre et d'approfondir. Concernant votre posture vis-à-vis de Bourdieu, je ne visais pas particulièrement votre texte ci-dessus (même si ce qui apparaît derrière votre argumentation, c'est-à-dire pour schématiser outrancièrement, "Chomsky ou Halimi c'est nul, et d'ailleurs c'est le contraire de Bourdieu", me semble insuffisant) ni vos travaux antérieurs (dont j'avais connaissance) mais plutôt une attitude classique dans ces guerres de succession ("qui est le dépositaire légitime de la pensée de..."). A ce jeu, il faut reconnaître que vous avez des concurrents aguerris. Et c'est rarement la pensée des auteurs que l'on honore ainsi (cf l'utilisation risible du concept d'habitus par certains). Au sujet des textes d'Halimi ou de Chomsky, ce n'est pas la possibilité de les soumettre à la critique que je conteste. Je m'interrogeais simplement sur l'intérêt d'établir des comparaisons entre des travaux appartenant à des registres très différents. Et je ne vois pas pourquoi il faudrait refuser a priori une approche par les personnes comme biais d'appréhension d'un système. L'ouvrage d'Halimi a d'ailleurs été réédité récemment dans une version largement remaniée, ce qui prouve bien que ce ne sont pas tellement les noms qui importent.

Depuis 2001, où cette polémique a commencé, je n'ai écrit que quelques dizaines de pages ayant trait à cette question; ce qui ne me semble relever ni de "l'obsessionnel", ni de "la haine" (j'avoue plutôt mon admiration pour d'autres plans de l'activité de Noam Chomsky, je le répète), alors que je consacrais des milliers de pages à des questions de sociologie et de philosophie politique ne concernant pas ce sujet (à partir de 2002 approximativement : environ 5 livres académiques, 1 livre collectif académique, 15 contributions à des ouvrages académiques, 10 articles de revues académiques; auxquelles il faut ajouter quelques dizaines d'articles dans des revues généralistes et quelques livres politiques...). J'ajoute que je propose des arguments par rapport à des textes, pas par rapport à des personnes. Discuter de manière critique un auteur ne signifie pas le "haïr" : j'ai récemment consacré un long texte mettant en cause les thèses sur le libéralisme de Jean-Claude Michéa avec qui j'ai des relations amicales. Sur les insultes, les mensonges et les diffamations à mon égard (du type : que je conseillais la direction du Figaro et de Rouge en même temps - dans PLPL - ou que je "truquais" la plupart de mes citations dans mon travail intellectuel - dans l'article mentionné d'Halimi et Rindel), il suffit de se reporter à la collection entière de PLPL (qui m'a d'ailleurs attribué pour son ultime numéro sa "laisse d'or", pour l'ensemble de mon oeuvre de "trahison", au même titre et même davantage que les personnalités les plus en vue des médias dominants) et du Plan B. Dans la critique des médias, il y a alors deux plans à distinguer : - la logique insultante et les procès de type policier contre des individus que mènent PLPL/Le PLan B; face à l'insulte et au mensonge, on ne sait pas très bien comment réagir (parfois j'ai réagi, le plus souvent je n'ai rien dit, mais on est quelque peu désarmé face à la malveillance quand on n'a que des arguments et des faits); - la critique sérieuse des médias type Chomsky, avec laquelle j'ai seulement des désaccords rationnellement argumentés. Chomsky, Bourdieu, Halimi sur le même plan? Chomsky comme Bourdieu est un savant, c'est pourquoi je les met en parallèle dans mes analyses. En ce qui concerne Halimi-Rindel, je ne les mets pas sur le même plan que Bourdieu, et ils interviennent de manière secondaire à deux niveaux dans mon texte : 1) la différence dans la compréhesion du mot "connivence" chez Bourdieu - concept pointant une convergence structurelle non nécessairement consciente - et chez Halimi - équivalent de "copinage"; et 2) à propos d'un article où ils prennent la défense de Chomsky contre les critiques comme moi.

je suis véritablement accablé par le scientisme et la confusion du débat d'idées qu'entretient cette forme d'intellectualisme.

. " alors que je consacrais des milliers de pages à des questions de sociologie et de philosophie politique ne concernant pas ce sujet (à partir de 2002 approximativement : environ 5 livres académiques, 1 livre collectif académique, 15 contributions à des ouvrages académiques, 10 articles de revues académiques; auxquelles il faut ajouter quelques dizaines d'articles dans des revues généralistes et quelques livres politiques...). " . Tout le problème est là : Corcuff, c'est l'académie qui investit le ghetto ou inversement. Après cela, il s'étonne de se faire traiter de traitre. Ce n'est pas mon point de vue: de toutes façons, j'adore les traitres (à la façon de Salvador Dali, ou de Beethoven tellement sourd qu'il croyait qu'il faisait de la peinture). Mais, objectivement, il est bien un traitre: non pas une fois, mais deux. . Cependant, je ne souscrirais pas au premier degré à la théorie de la trahison (pour changer de la théorie du complot). Je considère Philippe Corcuff comme un grand naïf et sa naïveté est passionnante à étudier. A différent degrés : d'abord parce que ce naïf est intelligent (ce n'est pas incompatible) et très cultivé. Donc, on a intérêt à le suivre. Ensuite, je le répète cette naïveté elle-même est objet d'étude. Enfin, il y a un problème quand l'objet d'étude se propose comme maître à penser. . C'est alors là que ça craint : il y a un proverbe anglais : the blind leading the blind . jpylg

"Les faits relevés par Chomsky ne nous informent que d'un filtrage et de déformations des informations dans la presse américaine (mais il y a aussi un filtrage et des déformations dans le traitement des informations dans les presses de gauche et d'extrême-gauche)." Enfin ! Le mot est lâché : Chomsky serait un déformateur (donc un imposteur, falsificateur) . Puisqu'il suffit que vous le disiez,c'est donc vrai. Vous ne répondez jamais dès lors qu'il s'agit de prouver textes à l'appui. Vous ignorez les citations qui contredisent les vôtres pour vous réfugier dans le registre de l'assertion dogmatique, de l'évitement et non pas de la critique de textes. Les lecteurs de La Fabrication du Consentement de Chomsky et Herman (Editions Agone) jugeront sur pièce. Proposez, proposez ... gone with the wind.

Laskaert et Jean Paul Yves, ceci (Chomsky = déformateur) n'est pas écrit ! Il me semble que certaines qualités de Chomsky sont également reconnues !!! Je ne comprends pas.

. Possible que déformateur n'ait pas été employé. Bien sûr que telle ou telle qualité lui est reconnue; mais il est disqualifié d'un mot : conspirationniste. . C'est ce que j'appelle l'argument globalitaire. . Par ailleurs, Corcuff donne dans l'intellectualisme du plus mauvais aloi. Si c'est çà être intelligent, je préfère rester bête. . jpylg

pareil je préfère être un idiot bête, si c'est pour nous parler d'objectivisation introspective et discursive sur la porosité de l'habitus constitutif et rémanent de la praxis factuelle en relation avec la pensée paradigmatique de chomsky selon la trame narrative de bourdieu - plutot que de dire les médias véhiculent une certaine image du monde. - je préfère être un idiot.

. " Enfin ! Le mot est lâché : Chomsky serait un déformateur (donc un imposteur, falsificateur) . Puisqu'il suffit que vous le disiez,c'est donc vrai. " . C'est bien la thèse de Corcuff. Il ne peut pas se tromper puisqu'il est reçu à bras ouverts dans les académies. . Exit Chomsky et que vienne Bourdieu. . jpylg

Je n'ai jamais dit que Chomsky était un "déformateur" (voir plus haut sur la difficulté de l'ami Laskaert à lire seulement trois lignes de manière un peu sérieuse : j'ai écrit que Chomsky analysait les déformations produites par les médias, et non pas qu'il déformait lui-même!), mais qu'il était simpliste et manichéen dans son analyse des médias. Quant à l'Académie : elle est pleine de gens extrêmement divers et opposés, et Chomsky, en tant que linguiste reconnu, en fait aussi partie, bien davantage d'ailleurs que moi (le MIT, c'est plus imposant dans l'Académie que l'IEP de Lyon!). Par ailleurs, on a besoin de ressources intellectuelles pour éclairer des réalités compliquées (et il apparaît difficile de n'éclairer du compliqué qu'avec du simple), ces ressources ayant été fabriquées par des individus ou plus collectivement dans l'histoire de la pensée, mais on n'a pas besoin de maîtres à pensée (ni Marx, ni Bourdieu, ni Chomsky...et encore moins un microbe intellectuel comme moi!).

Je cherche dans ce fatras UNE critique des médias.

Je répète (une dernière fois!) ce que j'ai déjà dit plus haut. Il vaut mieux lire le texte, et se faire une opinion à partir de là, nombre de commentaires et de débats adjacents ajoutant de la confusion. Ainsi dans le texte des outils critiques vis-à-vis des médias sont présentés (pas une vérité unique, mais une pluralité de ressources intellectuels disponibles) : . la notion d'"idéologie" chez Marx (éloignée de celle de "manipulation", avec des mécanismes d'auto-illusion pouvant s'appliquer aux journalistes); . la notion de "champ journalistique" chez Bourdieu (comme espace autonome de relations sociales inégalitaires, avec ses règles et ses enjeux propres qui s'imposent aux intentions individuelles et même contribuent à les modeler : par exemple, la recherche du scoop et du "nouveau", la temporalisation du travail par la question de "l'urgence", etc.); . la notion d'"habitus" chez Bourdieu, sorte d'inconscient social produit par la socialisation (dans cette perspective les journalistes seraient aussi dotés d'inconscients sociaux); . le couple codage/décodage chez Stuart Hall; codage des messages selon les stéréotypes dominants, mais laissant place à une autonomie des producteurs des messages en fonction de leurs cadres professionnels propres, et décodage (plus ou moins filtré) par les récepteurs (en fonction de leurs expériences biographiques propres notamment). Ce ne sont que quelque-unes des ressources intellectuelles critiques disponibles nous permettant de nous émanciper du double thème de "la propagande" et de "la manipulation" chez Chomsky. Après, si on est intéressé par le sujet, on peut prendre position, en connaissance, vis-à-vis des ces différentes ressources critiques (celles proposées par Marx, Bourdieu, Hall et Chomsky).

Je m'inquiétais de l'absence de critique des médias dans un article consacré à la critique des médias, et vous me répondez que vous avez proposé des "outils". Peut-être vous arrivera-t-il un jour de vous en servir...

C'est une boîte à outils disponibles pour chacun, de manière autonome, à sa manière, comme de grandes filles et de grands garçons que nous nous efforçons difficilement d'être.

Vous ne répondez pas à ma question.

Je ne réponds pas nécessairement, non plus, aux injonctions des policiers et des procureurs. Ou alors je peux leur répondre, mais sur le terrain des questions que je trouve les plus pertinentes, qui sont rarement les questions qu'ils posent... Voilà une réponse qui risque de vous attrister ("le téléphone pleure"...encore Claude François) ou, au contraire, vous réjouir ("Le lundi au soleil"...toujours Claude François).

Le doux défenseur de la discussion rationnelle ne trouve pas ma question pertinente. Pis : elle serait vaguement policière. Allons, allons Philippe (si je peux me permetre certe familariaté,..), pourquoi ne serait-il pas pertinent de demander au Critique de la critique des médias de nous donner un exemple de sa propre critique des médias.

. Il parait que Corcuff n' a pas dit que Chomsky était "déformateur". . C'est possible. En tous cas, il est bien "conspirationniste"... . Je suis en train d'écouter la deuxième partie du la vidéo de la conférence de Quimper, le 30 mai : . http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/100609/les-enjeux-de-la-critique-des-medias . j'entends que la critique des médias de Chomsky est "manichéenne". Heureusement, celle de Bourdieu est infiniment subtile. . jpylg

à Marielle Billy et Camille Payet De Ph Corcuff : "(mais il y a aussi un filtrage et des déformations dans le traitement des informations dans les presses de gauche et d'extrême-gauche)." Tout était dans la parenthèse. Depuis le début de ce fil je interpelle Corcuff sur l'objet de son billet, à savoir la vision "conspirationniste" (complot) qu'il prête à Chomsky et Herman dans leur ouvrage à laquelle lui-même fait principalement référence (le citant même en anglais !). Le thème de la critique des médias tous azimuths n'est pas mon propos, ni d'ailleurs celui de C et H qui contextualisent, balisent et délimitent nettement leurs travaux : "De la propagande médiatique en démocratie". (Je rajoute : aux USA, ils le diront en préface) Incapable de répondre et pour cause, il lui faudrait réfuter point à point ce qu'il nomme "narrations" mises en scène dans une "trame" (ce qu'il ne démontre pas non plus), il se contente de citer et marteler des extraits des préfaces et de l'intro confortant sa thèse du complot chomskien, mais en ignorant d'autres considérations de conclusion des deux auteurs que je lui ai rappelées. A partir de quoi il peut extrapoler, inscrivant et noyant ses interprétations dans le domaine de l'implicite, de la déduction allusive ou de l'allusion déductive (voir sa parenthèse ci-dessus) et l'intention de C et H dans La Critique des Medias (j'insiste sur les majuscules) appelant à la rescousse moultes intellectuels de grande pointure. Je crois qu'on nomme ce mode de raisonnement du sophisme. C'est ainsi que, par exemple, d'aucuns ont cru faire croire que le même Chomsky est un négationniste. Sur ce, merci de votre attention. Je romps le fil.

J'ai bien lu le recueil de citations hétéroclites que propose Philippe Corcuff : quand elles ne sont pas tronquées ou sorties de leur contexte, elles ne démontrent absolument rien, mais forment la "trame narrative" de la légende que Corcuff trente d'accréditer auprès de ceux qui n'ont pas lu Chomsky et Hermann. Meiux vaut lire l'original que la version apocryphe qui se présente comme "critique".

J'ai bien lu le recueil de citations hétéroclites que propose Philippe Corcuff : quand elles ne sont pas tronquées ou sorties de leur contexte, elles ne démontrent absolument rien, mais forment la "trame narrative" de la légende que Corcuff trente d'accréditer auprès de ceux qui n'ont pas lu Chomsky et Hermann. Mieux vaut lire l'original que la version apocryphe qui se présente comme "critique".

"Cest la même chanson"...Claude François ne nous quitte plus, et il semble davantage adapté au niveau des "arguments" échangés sur ce fil...

Mais que peut-on répondre rationnellement à un recueil de citations tronquées ou sorties de leur contexte, si ce n'est la lecture de l'ouvrage contesté ? Une critique rationnelle de cet ouvrage aurait pu commencer par le résumer et, notamment, par mentionner, les "filtres" institutionnels que Chomsky et Hermman analyse et qui expliquent à leurs yeux, sans qu'il soit nécessaire de recourir à la mondre thèse "complotiste", pourquoi, bien que l'information ne se résume pas à la propagande, elle coïncide tant avec celle.-ci. Une critique rationnelle du livre de Chomsky et Hermann aurait mis en évidence en quoi et pourquoi le "modèle de propagande" qu'ils proposent ne permet pas d'expliquer les faits observés (soit les 4/5 du livre) et qui portent pour l'essentiel sur la politique internationale des Etats-Unis. Mais nul doute que Philippe Corcuff va nous proposer une toute autre explication.

Critiquer un auteur pour avoir tronqué des citations et/ou les avoir déformée en les sortant de leur contexte est une critique grave. C'est pourquoi, à la fin de ce fils, je me propose d'en donner plusieurs exemples... Peut-être Claude François me répondra-t-il : je suis patiente ave l'au-delà !

. Sophisme ? si l'on veut. . Je crois plutôt que Corcuff est un mélange de dogmatisme, d'intellectualisme et de confusionnisme. . jpylg

Notre ami Jean-Paul-Yves, de fils en fils, semble pris d'une tendance irrépressible, qu'on pourrait caractériser comme un narcissisme anti-intellectuels. Comme un pendant au narcissisme académique. Ainsi que le disait un grand penseur progressiste, Claude François, "Ca s'en va et ça revient/C'est fait de tout petits riens"...je dit "progressiste" en pensant à sa période la plus "marxiste" (avec ces odes à la lutte des classes que furent "Si j'avais un marteau" ou "Pauvre petite fille riche").

. Cela dit, il semble irrésistiblement sympathique. . D'une naïveté touchante et désarmante. . Il croit à ses salades. . jpylg

Notre ami Jean-Paul-Yves apparaît aussi touchant, dans ses TOC qui s'entrechoquent à mes propres TOC...Bref entre nous, ça fait TOC-TOC...

. A propos de Chomsky, selon Corcuff, j'allais oublier : il est conspirationniste, il est manichéen... . Il est également "misérabiliste". . jpylg

. " Notre ami Jean-Paul-Yves apparaît aussi touchant " . Le fait est, cher Philippe, que je me sens assez proche de vous. . A peu près aussi stupide, même si c'est différemment. . jpylg

Le sens de nos stupidités respectives (et d'abord de la sienne propre) n'est-ce pas déjà un bon point de départ pour envisager un espace commun entre nos fragiles humanités? Et si Claude François peut nous y aider, pourquoi pas? Mais là on s'éloigne de Chomsky et des médias, et il vaut peut-être mieux provisoirement clôre l'axe principal de ce fil...

. J'attends avec impatience votre critique de Cloclo. . De toutes façons, ça ne peut pas être pire que celle de Chomsky. . jpylg

Vous me sous-estimez peut-être dans "la pire" : "Alexandrie, Alexandra"...

. il ne sera pas dit qu'en compagnie de Philippe Corcuff on ne se cultive pas ! .

..© .
.© .
  . C'est pour çà que les médias, c'est pas mal du tout quand on sait exploiter les contradictions logiques internes dans le sens de l'émancipation individuelle et collective. . jpylg

Bravo de finir avec une si belle apothéose! C'est nettement plus dansant que Chomsky...

hou la la, ça chauffe dans le magasin de porcelaine, attention les yeux. C'est réglement de compte à OK Coral : entre le jeune lascard Laskaert atteint de strabisme divergent et incapable de fixer son attention sur un post plus de deux lignes sans avoir une migraine carabinée au point de confondre "position" et "supposition", et un jean_paul_yves_le_goff tout remonté qui nous sort ses Claudettes pour nous ramener au ras des pâquerettes, vous n'êtes pas sorti de l'auberge, Philippe Corcuff... Et c'est comme ça tous les soirs ?

Mon cher jpylg
J'avoue que je suis peiné et jaloux.
Vous donnez un brevet de stupidité à Philippe Corcuff.
Et moi, alors ? Je ne suis plus votre "con parfait" de prédilection ?
Notre relation torride est déjà terminée ?
Jean Paul Yves, je vous en supplie, vous à qui j'ai sacrifié les plus belles semaines de ma vie...
Excusez-le, cher Philippe Corcuff, c'est le surmenage. Deux fois de suite sur Wikipédia dans la même soirée. Je vais le reconduire moi-même, si je trouve une carriole.

Merci pour la pub.

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Je crois, mon cher Axel, que vous vous plantez dans votre dialogue avec le parfait.
.
Vous vous plantez dans des petits détails. Et vous vous plantez dans les grandes largeurs.
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D'abord, quand vous lui prêtez un grand pouvoir sur les mots, d'où il tirerait son assurance, je ne sais pas où vous êtes allé chercher cela. Le parfait a un rapport très ordinaire à la langue. Sorti de son domaine de compétence, bye-bye la perfection !
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Là où vous plantez gravement, c'est quand, par les propos que vous lui tenez vous espérez le faire changer. Alors que vous n'avez pas compris ses motivations.
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Le parfait est persuadé qu'il fait bien et il sait que la majorité oui-ouiste du forum pense comme lui. C'est cette double conviction qui lui donne son assurance.
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Ce que veut le parfait, je l'ai déjà dit, c'est un mode de censure qui ne dise pas son nom. Faute de pouvoir interdire l'accès de certains abonnés à l'expression (du moins jusqu'à nouvel ordre), il s'emploie à dénaturer leurs messages en les inondants de commentaires répétitifs, dérisoires et absurdes. Le premier résultat obtenu, c'est que le fil ne contient plus rien de ce le titre annonce. Le second, c'est que ses victimes d'élection vont voir leur image de marque affectée de ses intempestives interventions. Pour beaucoup de gens, ici, je ne suis pas celui qui s'intéresse à la philosophie politique, à la liberté d'expression, à la participation, à l'histoire des origines du christianisme. Je suis celui qui se livre à un jeu de con avec le parfait et qui a toujours le dessous. Mes réponses n'ont absolument rien de drôle, puisqu'elles sont automatiques, tandis que ses interventions, témoignent d'une haute finesse. Et pour vous, d'une belle maîtrise de la langue. Etc.
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La question est pourquoi, faisant cela, il a le sentiment de bien faire, et que d'autres oui-ouistes ont le sentiment qu'il fait bien.
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C'est que vous n'avez pas l'air de savoir que le semblable attire le semblable et l'autre, le dissemblable, menace de désagrégation la communauté des semblables. Il y aurait beaucoup de choses à dire là-dessus, notamment en rapport avec le fil "tolérance" qui vient de s'ouvrir et le fil sur la gestion de la "Une du club" soulevé un peu plus tôt par Vincent Verchoore.
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Toute la politique de communication et de développement de médiapart est contenu dans cette difficulté : le semblable attire le semblable; l'autre, le dissemblable, menace de désagrégation la communauté des semblables.
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En somme, le parfait veut faire du nettoyage. Je pense que des manitous oui-ouistes de la haute direction l'approuvent.
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jpylg

Bonsoir Philippe, Un débat passionnant : ce qui m'intéresse le plus dans votre critique est la convergence que vous soulignez entre les implicites de l'idéologie néolibérale et ceux de la critique chomskienne : intentionnalité de l'action et élitisme. Pour faire vite (sans utiliser le terme trop polémique de complot), un groupe, un collectif a la capacité de savoir, de prévoir et d'arbitrer entre les différents intérêts de ses membres, qui le met en situation de guider les médias. Ce groupe est restreint, forcément restreint. Un des intervenants dans le débat vous traite de naïf, mais dans la version à peine exagérée du modèle de propagande, c'est une vision quasi théologique d'un groupe omnipotent... L'hypostase de la conscience de classe des capitalistes.. La volonté de réfléchir aux contradictions qui traversent le champ du politique (y compris les contradictions des capitalistes eux-mêmes), qui traversent le champ des médias et qui jouent entre ces deux champs est autrement plus stimulante. D'une part elle permet d'apprécier la responsabilité individuelle et collective des acteurs, (journalistes tous connivents ? et sinon ?) et elle laisse une possibilité d'action pour les autres, les lecteurs, citoyens, téléspectateurs, travailleurs, intellectuels qui peuvent ne pas être les pions entre les mains des maitres ! D'autre part elle ouvre sur une vision dialectique de l'histoire, qui nous réserve des surprises, mauvaises - très souvent - bonnes - parfois - jamais définitives et toujours ouvertes à l'intervention humaine.

Pleinement d'accord avec vos formulations nuancées! Un apport important sur ce plan de l'analyse marxienne du capitalisme, c'est justement de pointer des contradictions, entre des contraintes structurelles oppressives et des possibilités d'émancipation. C'est le cas de la classique "contradiction capital/travail", mais aussi de ce que j'ai appelé en m'inspirant de Marx une "contradiction capital/individualité". Avec une vue homogène, omnisciente et omniprésente, de la domination, on tend à être orientés vers seulement deux possibilités sur le plan politique : - une esthétique nihiliste (sur le mode "je suis un rebelle, vous êtes de pauvres cons et il n'y a pas grand-chose à faire"); - le rôle directeur d'une avant-garde éclairée apportant de l'extérieur la vérité aux masses aveuglées par le système, et on sait ce que cela a donné historiquement.. Bref, c'est faux sociologiquement, mais c'est aussi dangereux politiquement. Les points de vue situationnistes et post-situationnistes (type "L'insurrection qui vient") me semblent souvent hésiter et louvoyer entre les deux. Les deux possibilités me semblent en tout cas entrer en contradiction avec la politique libertaire de Chomsky, qui m'intéresse bien davantage que sa critique des médias..

. C'est quand même un peu souvent que Philippe Corcuff fait appel à ce type d'argument qui relève de l'anathématisation de la différence. . Ce qui revient à dire: si l'on pense autrement, c'est que l'on fait partie de telle ou telle catégorie. (Sachant que "telle ou telle catégorie" en cause est par définition (ou même sans qu'il soit besoin de définition) mauvaise). . Avec Chomsky, c'est le misérabilisme-manichéisme-conspirationnisme. . Moi, je relève du "narcissisme anti-intelletualiste". . Maintenant, c'est le "nihilisme esthétique" versus "l'avantgardisme suréclairé" . Quant à Philippe Corcuff, lui, c'est la mesure, c'est l'équilibre, c'est la prise en compte rationnelle du maximum d'aspects objectifs de la réalité, le bon modèle quoi ! . jpylg

"Le téléphone pleure"...pour les ronchons de l'anti-intellectualisme...

Citation de l'une des réponses aux nombreux commentaires de cet article (dont on peut dire qu'il a été, sinon lu, du moins amplement parcouru) : "Or, j'émets une hypothèse dans la fin de mon article : dans nos sociétés individualistes contemporaines, on a de plus en plus de mal à admettre que quelque chose se passe sans que cela soit le produit d'une intention individuelle. D'où le succès d'une critique sociale superficielle, qui oublie les structures sociales, la part non-consciente de l'action et ses dynamiques inintentionnelles." Par pur plaisir d'ajouter une intervention, je renverrai à un roman du XIXème siècle qui mettait déjà le doigt sur cette propension à l'individualisation de phénomènes sociaux complexes, roman pour le moins renommé, Guerre et Paix. Tolstoï y décrit comment la campagne napoléonienne de Russie, dont l'envahisseur pensait orgueilleusement décider de chaque acte, et qu'il pensait maitriser de bout en bout, a été remportée par le général russe précisément parce qu'il refusait - selon Tolstoï, dont c'est le point central de la thèse - de penser cette guerre, et chacune de ses batailles, comme le fruit de la volonté de quelques hommes, fussent-ils de géniaux tacticiens. Il remporta cette guerre parce qu'il avait décidé de prendre en compte les éléments qu'il ne pouvait maitriser : la fatigue des hommes, le hasard des positions, etc. Je ne développe pas plus, laissant à l'amateur le soin de lire les pages splendides de Tolstoï sur le sujet. Je termine simplement en concluant que cette habitude que nous avons prise de tout faire reposer sur des hommes visibles et des actions d'éclat est extrêmement limitative, pour le moins, sinon tout à fait fausse. Il ne serait pas inutile, de ce point de vue, de relire l'épopée gaullienne, voire la Résistance toute entière, l'arrivée au pouvoir d'Obama et sa capacité à faire face aux événements planétaires, et bien d'autres choses encore... Ainsi, cette individualisation vaut tant pour le négatif (la thèse du complot) que pour le positif (l'homme providentiel). Dans toute situation paroxystique, il est difficile d'éviter cet écueil (les exemples ne manquent pas, mais nous éloigneraient encore davantage du sujet initial !). Cordialement CS

Très intéressante piste : "cette individualisation vaut tant pour le négatif (la thèse du complot) que pour le positif (l'homme providentiel)"

Dans ce billet sur la critique des médias, je vais entamer une carrière de médiateur. Il me semble que pour les différents contradicteurs, il y a au moins un point d'accord pour dire qu'il y a bien, on l'appellera au choix, filtrage, censure, orientation du message médiatique. Le désaccord est sur le mécanisme qui produit ce processus ou plus exactement sur l'analyse que peut en faire Chomsky. Pour ma part, ce qui m'intéresse surtout, en tant que récepteur du message, et que tu pointes dans la fin de ton texte, Philippe, c'est la réception du message et la résistance qui peut émerger à ces messages médiatiques.

D'accord avec vous : - le premier désaccord (sur le caractère trop simpliste du "modèle de propagande") m'apparaît aussi secondaire; il ouvre sur le plan de l'analyse sur des modèles plus complexes et sur le plan de l'action sur une prise en compte des contradictions de l'univers médiatique (et de l'ordre médiatique avec les autres ordres dominants : politique, économique, etc.); - le deuxième désaccord ouvre sur le plan de l'analyse à une critique de l'élitisme/misérabilisme de nombre de critiques en vogue des médias ("tous aliénés, tous abrutis") portant un mépris du populaire (voire ce que des sociologues appellent un "racisme de classe") et sur le plan de l'action à une prise en compte des capacités critiques et imaginaires des opprimés dans le processus d'émancipation (au lieu de s'en remettre totalement à une supposée avant-garde éclairée); cela m'apparaît donc plus important.

j'ai presque compris. - les riches au pouvoir pensent qu'il y a des cons de pauvres qui ne servent à rien.

Cher Philippe, séance de travaux pratiques : sachant que RFI est en grève depuis début mai, comment expliquer le silence des média (dont MDP, le champion de la liberté de la presse) sauf deux ou trois petits articles ici ou là ???

Je ne dirais pas silence. J'ai lu des choses dans Libération et Le Monde, et j'ai entendu des choses du France Inter; et France Inter, comme l'ensemble de Radio France, a été touchée récemment par une grève de solidarité. Par ailleurs, la question de RFI est davantage une question de recul du service public et d'emploi, que de liberté d'expression (ce qui intéresse davantage les médias très tournés vers les mythologies fondatrices de la profession, notamment à travers la place donnée à Reporters sans frontières : en ce moment avec la journaliste poursuivie par le TPI), où seulement indirectement dans la présence d'une voix plus pluraliste dans le monde. Quant à la quête d'audience, nombre de médias peuvent avoir l'intuition pratique que parler de l'emploi chez Michelin ou de la privatisation de la Poste (davantage présents dans les médias ces derniers temps) risquent d'en produire plus que de parler d'emploi et de service public à propos de RFI (les journalistes ne sont pas très populaires en France aujourd'hui dans "l'opinion" - sauf comme icônes de la liberté d'expression à l'étranger - et RFI ça concerne essentiellement l'international, et c'est donc une radio qu'on connaît mal ou pas du tout). Il me semble que ces éléments qui accrochent stéréotypes des milieux journalistiques (versus habitus chez Bourdieu) et logique du champ journalistique (quête d'audience) apparaissent mieux rendre compte de ce fait que le bulldozer du "modèle de propagande" (fusion des pouvoirs économique-politique-médiatique et manipulation orchestrée des médias).

Je suis d'accord et j'ajoute : Il me semble que ne pas faire le lien entre recul du service public de l'information et prise en main des médias par le privé est assez significatif. L'ignorer dans la manière de "traiter" et sélectionner l'information dit quelque chose des brouillages idéologiques par le silence (oui il y a eu des papiers mais ceci est traité de façon superficielle) et il me semble intéressant de questionner cet "habitus" journalistique que vous évoquez. Ce n'est pas une question de liberté d'expression mais de modelage (peu conscient parfois) de l'expression rendue publique.

C'est bien dans cette perspective que je me situais, en visant notamment les découpages stéréotypés qui pré-découpent "l'information", dans la tête des journalistes comme dans l'organisation des rédactions (à la croisée donc de l'"habitus" et du "champ").

Oui, et j'ai parfois besoin de reformuler pour m'assurer que je comprends ... A propos de la thèse du "complot" voir peut être le billet de Richard Golay http://www.mediapart.fr/club/blog/richard-golay/130609/propagande-neo-con-sur-arte-analyse-du-documentaire-le-grand-complot-

. " que le bulldozer du "modèle de propagande" (fusion des pouvoirs économique-politique-médiatique et manipulation orchestrée des médias). " ... . ... le bulldozer de propagande, cher à Chomsky, le conspirationniste . jpylg

Quand Corcuff dit:
"Dans ce texte, Chomsky insiste sur un argument : des intellectuels, associés à "l'industrie des relations publiques" auraient thématisé explicitement "la manipulation consciente de l'opinion et des comportements sociaux des masses" (p.29). Mais le fait que quelques membres des classes dominantes aient conscience de certains aspects des logiques de domination implique-t-il que ces logiques soient l'œuvre directe d'une maîtrise consciente, que la volonté des dominants constitue le facteur principal des mécanismes de domination ?"
Il me semble que ce passage fait référence au livre classique de Edward Bernays, Propaganda : Comment manipuler l'opinion en démocratie qui est consultable en ligne. Ce livre est très connu aux Etats-unis, où il a donné lieu à une industrie du marketing, et du marketing politique en particulier, voir ce qu'on en dit sur Wikipedia (en anglais en particulier).
Ce qui relativise fortement les arguments de Corcuff, surtout si on pense aux manipulations de l'information (bel et bien planifiées) dans des cas spécifiques, comme la Guerre du golfe, par exemple. A propos de ces pratiques parfaitement explicites, on ne peut pas parler de "théorie du complot", en ce sens que ce n'est pas vraiment occulte. Encore faut-il s'informer sur leur existence et sur leur théorisation!

Parfois, il faut aller jusqu'au bout d'un paragraphe; bien sûr c'est long, c'est fastidieux, c'est difficile...il vaut mieux regarder TF1 : "Est-ce que cette appréhension par des "élites" de la domination comme "manipulation consciente" est nécessairement la vérité principale de cette domination ? Est-ce que cela implique que les capitalistes, et les journalistes supposés être sous leur totale dépendance, aient la même conscience, quotidiennement, de ces processus et que c'est cette conscience qui les oriente en dernière instance ? Ce n'est qu'une hypothèse qui supposerait, pour être dotée d'une plus grande véridicité, la description des médiations entre les dits écrits consacrés à "la manipulation conscience de l'opinion" et les interactions sociales qui fabriquent quotidiennement les logiques médiatiques. Une hypothèse inverse, davantage nourrie par les travaux des sciences sociales, a été énoncée par Pierre Bourdieu : "les mécanismes sociaux ne sont pas le produit d'une intention machiavélique ; ils sont beaucoup plus intelligents que les plus intelligents des dominants"(39). Si des intentions manipulatrices comme des concertations partielles existeraient bien chez les dominants (le FMI, la Banque Mondiale, l'OMC, etc.), elles ne constitueraient qu'une part, et une part secondaire, dans les modes de domination, et donc aussi dans la domination médiatique."

Bourdieu aurait mieux fait de regarder TF1 avant de prétendre faire une analyse des médias.. Mais je voulais éviter d'évoquer Bourdieu et la polémique, parce que ce n'était pas le sujet.
La question n'est pas "est-ce qu'il existe des mécanismes structurels?" La question est "est-ce qu'il existe des manipulations conscientes et théorisées?" (La tendance de Bourdieu et du marxisme est de faire glisser la sociologie vers la philosophie). Ce que j'ai mentionné (théorie et applications) montre que c'est le cas. Il faut en rendre compte, et le théoriser aussi. Sinon, cela voudrait dire (par opposition) que la théorie communiste, Marx, Engels, Lénine, Staline, Mao,... Bourdieu... et Philippe Corcuff, n'existent pas.
Par contre, s'il est question de dire que la structure de la réalité est bien plus subtile que les théories communistes (comme pour le cas de Bernays), on est bien d'accord! Mais c'est précisément le propre des théories d'être partielles et améliorables (contrairement à la conception dogmatique plus ou moins latente de ceux qui se prétendent les interprètes des structures). Et il est vrai également que les acteurs résistent à la manipulation, comme le mentionne (imparfaitement) Chomsky, ou encore que la conscience des acteurs (et la science) intervient, comme l'enregistre l'individualisme méthodologique et comme le pratique le libéralisme et l'homo oeconomicus.
Votre conception de la théorie du complot (que le marxisme est mal placé pour critiquer), consisterait à croire que les modes de domination impliquent une concertation globale, que démentirait donc la "concertation partielle". Mais la domination n'exige jamais qu'un contrôle partiel. Il suffit de tenir quelques places fortes pour contrôler une région. L'idée même d'une domination totale est un biais théologique totalitaire propre aux intellectuels (et aux marxistes) et, pour le coup, une grande naïveté.

Je ne suis ni "marxiste", ni "bourdieusiste". Par ailleurs, je ne pense pas que la sociologie n'ait le choix qu'entre "holisme méthodologique" (le "tout" de "la société" serait premier, comme dans les préceptes méthodologiques de Durkheim) et "individualisme méthdologique" (il faudrait partir des unités individuelles, selon certains textes de Boudon), mais que parmi les auteurs les plus intéressants en sciences sociales (de Marx, Tarde, Simmel et Weber à Elias, Goffman ou Bourdieu) le regard porte principalement sur les relations sociales (relationnalisme méthodologique), constitutives des individus comme des institutions collectives (je renvoie à ma présentation des courants des sociologies contemporaines : "Les nouvelles sociologies. Entre le collectif et l'individuel", Armand Colin, collection "128", 2007, 2° édition refondue). Par rapport, à ces coordonnées théoriques et épistémologiques, je ne comprends pas bien ce que nous dit Jacques Bolo. Sur le web, confusions et arrogance vont souvent ensemble, et les efforts de clarification contribuent même souvent à alimenter de nouvelles confusions...

Je pense que ce que je disais: "Il suffit de tenir quelques places fortes pour contrôler une région" est parfaitement clair pour expliquer qu'il n'est pas question de conditionner les manipulations à une domination totale. Ce qui était le sujet.
Je récusais votre objection à Chomsky à ce propos.(Comme je l'ai dit précédemment, j'avais fait un effort spécial pour apporter une information documentaire, sans polémiquer inutilement, mais en démontrant par cette référence, que votre argumentation contenait bel et bien une erreur). Et justement, votre position est "Marxiste-Bourdieusiste", mais inconsciente et naïve (ce n'est rien, vous êtes un peu jeune). Ce qui est aussi le sujet.
Quant à votre "Sur le web, confusions et arrogance vont souvent ensemble, et les efforts de clarification contribuent même souvent à alimenter de nouvelles confusions". Evitez ce genre de phrase qui pourrait me faire dire "je ne sais pas à qui elle s'applique" (de façon parfaitement rhétorique). Et quant à "Par rapport, à ces coordonnées théoriques et épistémologiques, je ne comprends pas bien ce que nous dit Jacques Bolo". On peut convenir qu'il s'agit bien d'une pauvre manipulation classique de conférencier qui abuse de son autorité (qui est nulle) pour mettre les rieurs de son coté. Si l'usage de ce procédé est inconscient (pratique gauchiste classique), eh bien, il n'en est pas moins repérable et documenté. La théorie de la rhétorique ne date vraiment pas d'hier. En l'occurrence, il ne s'agit pas de complot global, mais de petit complots individuels et décentralisés ("relationnalisme méthodologique").

. La notion de complot est d'autant moins pertinente que les gens veulent être et savent qu'ils sont trompés. . Manipuler l'opinion, c'est répondre à une attente. . jpylg

Ce n'est pas faux. Mais qu'est-ce qui est premier de l'oeuf ou de la poule ?

. quelque soit le thème, les origines les plus lointaines sont toujours inaccessibles; ce n'est pas pour cela que l'on ne peut pas identifier des origines plus récentes, sans avoir avoir un besoin absolu de connaître les stades précédents. L'oeuf et la poule, bien sûr. Mais il y a aussi l'homme et la femme.Le mâle, la femme. Or, il y a eu un stade où la reproduction des organismes existait antérieurement à la différenciation sexuelle. Même si les conditions de passage de la reproduction a-sexuée à la reproduction sexuée sont difficilement connaissables, ce n'est pas pour cela qu'on ne peut rien savoir ou rien dire sur la différence entre l'homme et la femme. . Par exemple : vous, Marielle, êtes absolument charmante. Il y a certainement des raisons à cela. Pas besoin de remonter au pré-cambrien ou à l'australolipèthe (quoique...). . jpylg

. " - Au-delà de mes grandes divergences avec Philippe Val, je suis accablé par la haine qu'il suscite sur le web dans les milieux des gauches critiques; quand les aigreurs de la rancoeur dominent l'exploration pratique et théorique d'autres mondes possibles, je ne pense pas que cela soit une bonne chose quand on se situe dans la perspective d'une émancipation individuelle et collective, dans le sillage des Lumières du 18° siècle (où le "penser par soi-même" implique une composante de "penser contre soi-même"). . 18/06/2009 09:21Par Philippe Corcuff " . Arrêtez, mon cher Philippe, de toujours vous positionner du côté du bien (l'émancipation individuelle et collective, les Lumières, le penser par soi-même), tout en discréditant l'autre d'un seul mot: misérabiliste, conspirationniste, narcissique, etc. . Je sais bien que vous êtes totalement inconscient et destiné à le rester, ce qui, à mes yeux, fait tout votre charme. Mais je tiens à ce que vos interlocuteurs le sachent : il s'agit d'une forme de néo-cléricalisme. Je dis bien : néo-cléricalisme. . jpylg

Le cléricalisme de "l'anti-cléricalisme" : c'est assez banal dans la culture dite "post-moderne" depuis une trentaine d'années..Les rancoeurs débordantes de JPYLG contre le milieu académique (ça doit un vrai merdier là-dedans : qui sont les universitaires responsables de ce bouillonnement continu d'aigreurs?) semblent régulièrement recouvrir ses intuitions les plus intéressantes ("Alexandrie, Alexandra"), voire ses côtés ensoleillés ("Il fait beau, il fait bon..."), au profit d'un nihilisme de web ("Ce monde absurde") : "Le mal aimé, je suis le mal aimé...". inconsciemment Ph. C.

. Ah ! Mon cher Philippe ! . Nous y voilà ! . Il me semblait aussi que le narcissisme et même le nihilisme pour décrire mon cas était beaucoup trop sympathique. . Me voici maintenant "débordant de rancoeur". . Je vous rappelle les développements possibles sur les thèmes parallèles de la haine et de la jalousie. . Mais je ne désespère pas de dialoguer avec vous, tant je vous sens motivé par l'envie de militer pour l'émancipation individuelle et collective. Nous trouverons certainement un terrain d'entente. Il n'y a pas que Claude François. Il y a aussi Johnny, toujours vivant, bien qu'amorti, comme moi et qu'il peut nous arriver de voir un dimanche après-midi chez Drucker, en compagnie d'un autre invité comme Besancenot. . Bien à vous, cher Philippe ! . jpylg

. "A u profit d'un nihilisme de web ("Ce monde absurde") : "Le mal aimé, je suis le mal aimé...". inconsciemment Ph. C. 18/06/2009 12:10Par Philippe Corcuff " . complément . Je reconnais que le jugement d'inconscience (qui vous définit parfaitement) est généralement assez difficile à accepter. . Je dirais même que j'ai l'impression que vous ne l'avez pas trop mal pris. Ca aurait pu être pire. Ce qui m'amène à conclure qu'à défaut de lucidité vous auriez pu être sauvé si vous aviez eu un doigt d'humour. Il est clair, à vous lire, que vous n'en regorgez pas. Ni de ceci, ni de cela. Heureusement, vous avez les oeuvres de Bourdieu et tutti quanti grâce à quoi vous arrivez à faire croire que Philippe Corcuff pense. . jpylg

..."s'efforce maladroitement et difficilement de penser" serait plus ajusté (que "pense"), et déjà bien suffisamment ambitieux (trop?) ; ce qui n'élime pas les éléments non-conscients et inconscients (je ne marche pas, en tout cas, dans le "bourdieusisme" dogmatique selon lequel "l'inconscient social, c'est les autres"...). Pour le reste, les logiques du ressentiment (dont Nieztsche a amorcé l'analyse) apparaissent souvent infinies (les blessures se remettent régulièrement à saigner), et ont comme particularité d'affecter surtout sont qui en sont les porteurs, et peu ceux vers qui elles sont tournées...D'où une invitation (désespérée?) à revenir à un côté plus ensoleillé : "Il fait beau, il fait bon"...

. " D'où une invitation (désespérée?) à revenir à un côté plus ensoleillé : "Il fait beau, il fait bon"... " Philippe Corcuff . " Les plus désespérés sont les chants les plus beaux, et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots" . Lamartine . A propos d'espoir et de désespoir, je ne sais pas si vous penserez que l'invitation à revenir au côté ensoleillé est bien reçue quand je vous dirais que j'avais remarqué depuis bien longtemps, combien la pensée chez vous était, effectivement, difficile et maladroite. . Cela rendait vos tentatives d'autant plus sympathiques à mes yeux. Je devrais presque dire pathétiques tant il est manifeste que la nature vous y a peu prédisposé. . Mon soutien vous aurait été totalement acquis s'il ne m'était pas apparu, dans le même temps, que malgré votre lourd handicap, vous tentiez d'entraîner autrui dans votre sillage, et votre pateaugeage, ce qui fait de vous, permettez-moi de vous le dire, cher Philippe, un individu à surveiller. . jpylg

Malheureusement, jpylg supporte mal le côté ensoleillé de son être et préfère replonger avidement dans les abîmes infinis de la rancoeur. Et le ressentiment mène facilement à la manie policière de "la surveillance", même chez les personnes les plus hostiles à la police d'Etat (particulièrement sur le web dit "critique"). Tant pis! Pourtant, "Ah qu'elles sont jolies les filles de mon pays, lalalalala..", comme le chante mon païs pied-noir Enrico Macias... un handicapé de l'âme et de l'intellect, "comme là-bas, dit!"

. " un handicapé de l'âme et de l'intellect " . Admettons, admettons ! C'est une thèse qui se plaide et qui plait même à pas mal de gens. . Là où j'ai un grand avantage sur le matérialiste Corcuff, c'est que je suis croyant. Je pourrais donc aller me confesser et obtenir le pardon. Ce qui ne sera sans doute pas son cas, le jour où notre police d'Etat mettra au grand jour toutes ses activités interlopes (qui, éventuellement, l'amèneraient même chez Drucker). . Moi, je serais donc, normalement, pardonné. Sauf que le pardon nécessite, préalablement, la contrition. . Or, concernant tout ce que j'ai écrit sur notre cher Philippe, un mininum de sincérité m'oblige à chanter: . NON ! RIEN DE RIEN ! NON ! JE NE REGRETTE RIEN ! . jpylg

"Un handicapé de l'âme et de l'intellect" : c'était ma signature...il faut pas me piquer le peu de dignité que vous m'avez laissé, quand même!

. Bon Dieu, mais alors... mes prières sont exaucées ! . Vous êtes sur votre chemin de Damas ! . Alleluia ! . jpylg

je pense qu'à l'êxtrême gauche aussi ils sont manipulés par les forces du mal - vous avez dejà assisté à une manif ou la lcr se rassemble pour protester dans la rue, en général on se sent pas trés loin de la guerre civile, enfin moi j'ose le dire ces gens là me font un peu flipper ma maman.

rien que le look dejà ils sont tous fringué en noir avec des trucs de hard métal, toujours dans l'occulte, ces gens me font flipper, enfin ceux qui les manipulent sont dangeureux. - des bad caves nihilistes.

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- je ne veux certainement que mon petit grégoire aille se fourvoyer avec ces punks anarchistes. - il est bien mieux à la maison à jouer à la nintendo, ou chatter avec ses copains sur facebook.

Le jour où on mettra un laideron homme ou femme peu importe, mais un vrai laideron pour présenter le JT et la météo, je serais enfin convaincu qu'aucun complot, ne serait-ce que marketing, n'existe au cœur des médias. Autre exemple, qui est Dieu aux USA ?? Clint Eastwood bien sûr et personne d'autre depuis la mort de John Wayne, souvenez-vous celui qui avait un déhanché infernal et qui tuait plus d'Indiens qu'il ne fumait et pourtant ça l'a tué, la fumée de cigarette, et non pas celle des Indiens bien sûr. Bon, notre Clint Eastwood donc, à partir de quelle année voit-on apparaître à ses côtés, un Black ou un Indien, comme second rôle, qui l'épaule tout le temps et le sauve parfois, avant 1969 ou après 1969 ?? Avant cette date l'autre est présumé être l'ennemi, après cette date il devient socialement acceptable et compatible, on ne le combat plus et il ne devient des nôtres, digne de partager repas et combats à venir. Si Chomski est si manichéen, c'est surtout qu'il a analysé en profondeur les médias américains, vers lesquels nous tendons tous à progressivement nous diriger. Et là-bas, le tiers n'existe pas, il n'y a que le chiffre 2 (ce qui tombe bien aussi, car le 2 c’est à cela qu’il faut toujours aboutir selon Kant, autrement c’est que l’on a pas assez travaillé dans l’abstraction), le bien et le mal, pour l'américain moyen, le tiers correspond à l'Eunuque de type surtout Européen, hyper intellectualisé et énuclée à souhait, ne sachant donc pas se défendre tout seul, et qu'il convient de venir sauver à périodicité régulière sur son sol. C’est simple finalement la vie et c’est cette simplicité avec très peu de mots qui est articulé quotidiennement par les médias dans un sens qui complaît à leurs commanditaires/actionnaires. @ +NEO-

Quand, dans les médias dominants, on stigmatise "l'anti-américanismes primaire" qui serait le nôtre (les gauches critiques), on trouve ça en général trop caricatural. Mais non, ça existe, il y a au moins...Vertubleu! Ce n'est pas rassurant (pour les gauches critiques) Un pro-américain primaire

Pourtant, même en France 54% des gens conditionnés à la peur de l'autre et à l'insécurité grandissante en arrivent bel et bien à élire un président qui ne maîtrise effectivement que 500 mots de vocabulaire courant, mais qui se propose de les protéger et de "karcheriser " l'autre au passage. C'est un fait. Donc ça marche comme mécanique, même dans des zones soi-disant suffisamment éduquées et ayant paraît-il un fort vigoureux et ancestral esprit critique, telle la France. @ +NEO-

Je suis désolée de revenir à l’article sur Chomsky, mais comme j’affirmais qu’il repose – critique assez grave, me semble-t-il… - sur des citations tronquées ou sorties de leur contexte, en voici un exemple. Philippe Corcuff écrit : « Alors qu'ils ont récusé explicitement la figure du "complot" […], nos deux auteurs y reviennent implicitement quelques lignes plus loin : "nous décrivons un système de "marché dirigé" dont les ordres viennent du gouvernement, des leaders des groupes d'affaires, des grands propriétaires et de tous ceux qui sont habilités à prendre des initiatives individuelles et collectives. Ils sont suffisamment peu nombreux pour pouvoir agir de concert (...)" (p.LII). Seulement voilà : non seulement la première version française traduit pas « ordres » ce que la nouvelle édition traduit pas « orientation » [« guidance. »], mais elle résume en deux phrases… deux paragraphes du texte original qu’il serait trop long de reproduire ici, et qui disent explicitement le contraire de ce que Philippe Corcuff prétend découvrir… … en tronquant lui-même la fin de la citation : « Les acteurs décisifs se trouvent en nombre suffisamment restreint pour pouvoir éventuellement agir de façon concertée, comme des vendeurs en situation oligopolistique. Cependant, dans la plupart des cas, si les dirigeants des médias font des choix identiques c’est simplement parce qu’ils ont la même vision du monde, partagent les mêmes motivations, sont soumis aux même contraintes et de fait présentent ou occultent les faits de la même manière, à l’unisson dans une logique suiviste ». Subir une mauvaise traduction, passe encore ! Mais présenter Chomsky comme un théoricien d’une action concertée des acteurs (« complot »), là ou il dit que cette action concertée n’est qu’éventuelle et que dans la plupart des cas elle n’existe pas, faut le faire !

Note ami anti-conspirationniste conspirationniste Camille Payet pour monter qu'il n'y a pas de trame narrative conspirationniste chez Chomsky nous explique qu'il s'agit en quelque sorte...d'un complot que j'ai fomenté... Il me reproche l'usage d'une traduction (la seul existante à l'époque de mon texte) par rapport à une autre (qui n'existait pas à l'époque de mon texte) : Guy Ducornet, premier traducteur fait-il parti du complot contre Chomsky, que j'ai ainsi fomenté? Je ne le connaissais pas avant de le recontrer le 27 mai 2004 à Dijon dans un débat public organisé par l’association libertaire Maloka, où je faisais le "contre" Chomsky (sur l'analyse des médias) et lui le "pour" (c'est un grand admirateur de Chomsky en général et de son analyse des médias en particulier, et qui connaît personnellement Chomsky depuis l'époque de la lutte contre la guerre du Vietnam). Par ailleurs, les différences entre "ordres" et "orientation" (guidance) sont réelles, mais le deuxième peut tout à fait être interprété aussi dans un sens intentionnaliste. Pour le reste, mon texte, par rapport à la phrase retenue par notre anti-conspirationniste chasseur de complots, explique DEJA les hésitations de Chomsky sur le point qu'il met en avant. Ce sera la 3° (et dernière fois) que je le rappellerai dans cette discussion, avec peu d'espoir que ce que j'écris soit finalement lu (y compris dans la perspective légitime de le critiquer) : [Je suis obligé de répéter ce que je rappelais plus haut, en n'ayant guère d'illusions quant à la possibilité d'être davantage lu cette fois : [Si mon contradicteur avait lu le texte qu'il semble critiqué (mais, je comprends, lire, c'est long et compliqué, et pourquoi s'embarrasser de réfléchir quand, par avance, on SAIT? ânnoner apparaît plus reposant), il aurait vu que j'abordais le problème : - "Chomsky et Hermann définissent dans l’introduction de 2002, la préface de 1988 et le chapitre 1 (intitulé “Un modèle de propagande”) le point d’appui théorique de leurs analyses empiriques : “le modèle de propagande” [“A Propaganda Model“]. Ils indiquent ainsi que “L’objet de ce livre est de proposer ce que nous appelons un modèle de propagande, c’est-à-dire un cadre analytique capable d’expliquer le fonctionnement des grands médias américains à partir de leurs relations avec les principales structures institutionnelles qui les environnent. Nous pensons qu’entre autres fonctions, ces médias se livrent à une propagande qui sert les intérêts des puissantes firmes qui les contrôlent en les finançant et dont les représentants sont bien placés pour orienter l’information” (Introduction de 2002, p.XI)(7). Si, dans la citation précédente, le vocabulaire ambigu du “contrôle” et de “l’orientation” pourrait suggérer la présence d’une tonalité intentionnaliste dans l’analyse, les deux auteurs s’efforcent cependant de mettre clairement à distance la thématique du “complot”, classiquement reprochée à Chomsky : “Loin de nous l’utilisation de l’hypothèse d’une conspiration pour expliquer comment fonctionne le monde des médias” (idem, p.LII). À un moment, cela débouche sur des pistes stimulantes, mais relativement peu reprises par la suite, sur le rôle des stéréotypes intériorisés par les journalistes : “La plupart des préjugés médiatiques ont pour cause la présélection d’un personnel bien-pensant qui intériorise des idées préconçues” (idem, p.LII)." - "Alors qu’ils ont récusé explicitement la figure du “complot” (citation ci-dessus, p.LII), nos deux auteurs y reviennent implicitement quelques lignes plus loin : “nous décrivons un système de "marché dirigé" dont les ordres viennent du gouvernement, des leaders des groupes d’affaires, des grands propriétaires et de tous ceux qui sont habilités à prendre des initiatives individuelles et collectives. Ils sont suffisamment peu nombreux pour pouvoir agir de concert (…)” (p.LII). Et d’utiliser la page suivante des expressions empruntées à un texte du philosophe Jacques Ellul sur les mécanismes de propagande : “les intentions réelles de ses actes” et “voiler ses véritables desseins” (p.LIII). Entre formulations anti-conspirationnistes et formulations à tonalité conspirationniste, il y a donc des va-et-vient et des chevauchements dans ces deux pages (pp.LII-LIII). Toutefois, dans l’ensemble de l’ouvrage, les notations les plus théorisées (celles qui portent une plus grande généralisation de l’analyse) pointent plutôt la direction de “la conspiration”, dans une association/hésitation avec la figure du “système“." La suite fournit des arguments s'efforçant d'étayer ces hypothèses, qu'on peut tout à fait critiquer, mais après lecture et avec des arguments.] Je rajouterai quelque chose présent dans le post-scriptum de mon texte : - "Un des rares arguments utilisés par Halimi et Rindel pour appuyer l’hypothèse du caractère non-conspirationniste de la critique chomskyenne des médias est le suivant : “le linguiste n’a cessé de répéter que son analyse ne reposait sur aucune forme de conspiration” (p.48). On a vu que ces dénégations n’empêchaient pas le recours à une trame narrative conspirationniste. Cependant quelque chose apparaît particulièrement intéressant dans cet argument d’Halimi et Rindel : sa dissymétrie (de type “deux poids, deux mesures”) qui l’affaiblit considérablement. Ainsi, dans le cas de Chomsky, ses dénégations seraient une preuve suffisante de la vérité de son analyse, alors que les dénégations de ses critiques (dont les miennes) constitueraient quant à elles une preuve supplémentaire de leurs “falsifications”. Sans doute parce qu’on aurait, par essence, toute la Vérité d’un côté (les amis d’Halimi et Rindel) et tout le Mensonge de l’autre (les ennemis d’Halimi et Rindel), tout le Bien d’un côté et tout le Mal de l’autre !" Et la suite de ce post-scriptum pointe une contradiction logique chez Halimi et Rindel, qui ressemble à la contradiction logique relevée plus haut par Patrick Daquin : - "Ce schéma typiquement manichéen nous ramène du côté du “complot”. Au départ Halimi et Rindel récusent pourtant le thème du “complot” au nom d’“analyses structurelles” (p.44). Cette perspective les conduit à réduire les critiques du conspirationnisme à une intériorisation du “système de valeur néolibéral” (p.58). Mais ils n’arrivent pas à tenir ce raisonnement “structurel” jusqu’au bout : “Les journalistes ne sont pas inconscients à ce point. Une partie d’entre eux a bien perçu la menace que la critique radicale faisait peser sur l’illusion de pluralisme qui fonde leur position sociale et leurs privilèges de "contre-pouvoir"” (p.59). La critique de la thématique de “la conspiration” devient alors une composante d’“un stratagème” des “hiérarques médiatiques” (p.62), bref un nouveau complot…Pierre-André Taguieff a pointé la circularité dans laquelle tendent à s’enfermer les explications conspirationnistes, les rendant hermétiques à la critique rationnelle : “pourquoi les hommes n’ouvrent-ils pas les yeux ? (…) Pourquoi refusent-ils donc la lumière qui s‘offre ? La réponse conspirationniste est simple, et d’une infaillible logique : les pauvres humains sont aveuglés par les conspirateurs, ce qui prouve en même temps la terrible puissance de ces derniers”(41)." Et la conclusion de ce post-scriptum peut alors donner une conclusion provisoire à nos échanges polémiques : - "Face au jeu de la consolidation des certitudes dogmatiques, qui se renforcent même quand on les critique et parce qu’on les critique, les rationalistes ne disposent que d’hypothèses et d’arguments partiels et provisoires, adossés à une éthique du débat contradictoire, bien fragile face à la pente anti-intellectualiste des médias dominants comme de ceux de leurs critiques qui substituent l’insulte à la démonstration." Dans cette perspective, je ne crois pas être, de nous deux, le plus "représentatif des pratiques médiatiques que ces auteurs dénoncent"... 13/06/2009 16:46 Par Philippe Corcuff ]

De l'art de ne pas répondre... - Mensonge : "Il me reproche l'usage d'une traduction (la seul existante à l'époque de mon texte) par rapport à une autre (qui n'existait pas à l'époque de mon texte)". Je n'ai rien reproché de ce genre, mais écrit "Subir une mauvaise traduction, passe encore !". Je n'ai pas dit "choisir", mais "subir"... Quand vous prétendez donner des leçons de lecture, n'oubliez pas de les apprendre vous-même. - Diversion : Vous avez tronqué une citation qui dit l'inverse de ce que vous prétendez lui faire dire. Et , plutôt que de répondre à une critique précise, vous vous bornez à copier/coller ce que vous avez déjà écrit. Sans oublier de vous référer, ce qui dans ce contexte, ne manque pas d'être comique, à une "éthique du débat" A demain...

Citations tronquées, mensonges, diversion...: le monde de Camille Payet est celui en blanc et noir de SAS! Rien de tel dans mon texte sur Chomsky à l'égard de Chomsky! Toute citation est un découpage (celles de Camille Payet aussi) : la seule citation qui ne serait pas un découpage serait...la version intégrale du livre (et aucune compte-rendu de livre à ma connaissance, favorable ou défavorable, ne donne l'intégralité du texte, rarement de larges extraits, le plus souvent quelques citations). Ultime et désespérée tentative : j'ai déjà traité dans ma critique du fait que Chomsky et Hermann : a) récusent leur participation à une théorie du complot, et b) pointe des processus plus tacites et moins conscients. Je fais l'hypothèse que ce n'est pas le principal de la trame narrative de leur livre (c'est-à-dire de l'organisation des faits dans un récit). On peut tout à fait me contredire là-dessus. Camille Payet préfère faire la chasse aux "mensonges" et aux manipulations (avec ce paradoxe très courant chez certains de ceux qui récusent leur assimilation à une théorie du complot : c'est un complot qui serait à l'origine de la théorie du complot!). Libre à lui, le monde paranoïaque qui apparaît dans un premier temps effrayant peut se révéler au final rassurant. Et il est difficile de s'en sortir, tant sourdrent de nouveaux complots toujours plus cachés et de nouveaux coups tordus toujours plus pervers. Je préfère me retirer du cercle narratif de Camille Payet : mon double imaginaire pourra continuer à y incarner une des figures du Mensonge et de la Manipulation (ses congénères ont déjà sur internet fabriqué une figure de "traître" pervers et immoral, qui suffit en l'état à faire peur aux enfants), et mon être réel pourra replonger dans les aléas de la vie...

. " Rien de tel dans mon texte sur Chomsky à l'égard de Chomsky! " . Si, mon cher Philippe ! Hélas ! . Au risque de troubler la sérénité des âmes des clubistes et d'inonder encore le forum par ce que vous désignez, aimablement comme des flots de pus, je dois insister, quelque que soit votre désir d'interrompre avec moi "l'agir communicationnel" qui, pensez-vous, vous motive, je me sens le devoir d'insister. . Votre jugement sur l'ouvrage de Chomsky est une caricature. Le manichéen, dans l'affaire, c'est vous. . C'est en cela que vous êtes inconscient, cher Philippe. C'est en cela, compte tenu des bonnes intentions qui vous animent (et dont vous savez que l'enfer est pavé),que vous êtes pathétique. . jpylg

" vous êtes pathétique". A votre place, Philippe, j'aurais très peur, c'est un spécialiste qui vous parle ;-))

. . . .

. " Sans oublier de vous référer, ce qui dans ce contexte, ne manque pas d'être comique, à une "éthique du débat" A demain... " . Est-ce qu'on va finir par laisser Philippe tranquille ? le laisser raconter ce qu'il veut ? Oui ou merde ? . Si ça continue, je vais prendre sa défense... ça va chier ! . jpylg

En dépit de la tentative désepérée de Philippe Corcuff d'être insultant, je persévère... Toute sa prétendue "démonstation" repose sur des citations. Le moins que l'on puisse faire, c'est de vérifier qu'elles sont significatives. J'ai donné un exemple de citation tronquée. Philippe Corcuff répond que toute citation est un découpage. Certes. Encore faut-il que le découpage n'ait pas pour conséquence (et parfois pour but...) de faire dire à l'auteur autre chose que ce qu'il dit. Voire le contraire : ce qui est le cas dans l'exemple que j'ai donné. Philippe Corcuff pourrait répondre précisément à cette critique précise. Non : il préfère se lancer dans une diatribe générale... Voici deux autres exemples des étranges opérations que Philippe Corcuff fit subir aux citations. I. A près la citation tronquée (et, dans ce cas, falsifiée), Philippe Corcuff enchaine ausitôt : « Et d'utiliser la page suivante des expressions empruntées à un texte du philosophe Jacques Ellul sur les mécanismes de propagande : "les intentions réelles de ses actes" et "voiler ses véritables desseins" (p.LIII). ». Il est inexact que Chomsky et Hermann utilisent les expressions citées : c’est Philippe Corcuff qui les extrait d’une citation de Jacques Ellul (p 20). Cette citation de Jacques Ellul par Chomsky et Hermann illustre, non pas les mécanismes de la propagande, mais ses objectifs et la nécessité de les masquer. Vous connaissez, vous, une propagande qui ne se fixe pas des objectifs ? II. Chomsky cité par Corcuf : "Le fin du fin du système, c'est de démontrer qu'il n'est pas monolithique tout en veillant à ce que ces discordances marginales n'interfèrent en rien avec le consensus officiel" (p.XII). J’avoue ne pas comprendre ce qui est « conspirationniste » là-dedans, même si la traduction laisse entendre que le système lui même poursuit un but, là où il ne remplit qu'une fonction. Mais surtout, Chomsky par lui-même, replacé dans son contexte (et cité dans la nouvelle traduction) parle du fonctionnement d’un système et non des intentions de ses acteurs « Bien que prépondérants dans le fonctionnement des médias, ces facteurs structurels n’expliquent pas tout » [NB : les facteurs structurels sont « prépondérants »], écrivent Chomsky et Hermann. Et ils précisent, un peu plus loin, dans le même paragraphe : « le système s’accommode parfaitement d’un certain degré de dissidence […] ». Avant de préciser : « Toute la beauté du système réside cependant dans le fait que ces points de vue dissidents et ces informations dérangeantes restent encadrés et tenus à la marge, de sorte que s’ils permettent d’affirmer que le système n’est pas monolithique, ils restent en proportion suffisante pour ne pas compromettre la domination de la ligne officielle . (p.10 de la nouvelle traduction). A suivre…

En définitive, le système opère-t-il sans intention des acteurs: -selon Chomsky ? -selon Bourdieu ? -selon Corcuff ? -selon vous ?
Immanence et Multitude (intérim)

Dis comme cela : selon personne, du moins parmi les noms cités. Désolée,d'être si brève... pour une fois.

Tous les quatre, vous admettez qu'il y a intentionnalité ?
Alors sur quoi portent les divergences ? Des degrés dans l'intentionnalité des acteurs, peut-être ? br> Multitude et Immanence (intérim)

Difficile d'essayer de répondre sur un blog. Pour ne parler que de Bourdieu et de Chomsky, il existe des différences qui portent sur l'identification des facteurs structurels et l'explication de leur rôle. Mais tous deux insistent sur l'intériorisation des contraintes par les acteurs (les journalistes, en l'occurrence) qui agissent, plus ou moins, conformément à ce que le "système" (Chomsky) ou le "champ" (Bourdieu) requiert, le rôle de leurs intentions conscientes étant généralement mineur (mais plus important, me semble-t-il, chez Chomsky).

. "En dépit de la tentative désepérée de Philippe Corcuff d'être insultant, je persévère... . Toute sa prétendue "démonstation" repose sur des citations. " . Je confirme. . 1) En ce qui concerne les insultes, j'ai été servi puisque, sur un autre fil, Philippe ramène mes interventions à un "flot interrompu de pus" dont j'inonderais le forum. Je rappelle que l'insulte n'est qu'un des derniers stades de l'argumentation "ad hominem" que Schopenhauer décrit si bien dans "l'art d'avoir toujours raison". Il dit que c'est tout ce qui reste à celui qui n'a plus rien à dire. D'ailleurs, à mon avis, le vieux Schopenhauer se trompe : il reste encore après cela à se foutre les poings sur les gueules. . 2) En ce qui concerne les "citations". Il ne s'agit pas seulement de "citations", mais de "références", ce n'est pas tout à fait la même chose. Il semblerait que Philippe Corcuff soit absolument incapable d'avancer la moindre idée sans l'assortir d'une dizaine de références. Ces références fonctionnent dans son esprit, et - espère-t-il - dans l'esprit de son auditoire à la manière de preuves. Elles sont d'autant plus efficaces comme preuves,- espère-t-il toujours - que l'auditoire ne les connaît pas. C'est justement quand l'auditoire les connaît que cela se complique, car ces références dans les quelques cas où j'ai pu les vérifier, fonctionnent, comme le dit Camille Payet, à tort et à travers. . Un simple exemple : il y a deux ou trois jours, Philippe croyant avoir diagnostiqué chez moi le narcissisme anti-intellectuel et la haine des universitaires, l'attribue à la "logique du ressentiment" décrite par Nietzsche. Or, Nietzsche ne s'est jamais intéressé, autant que je sache, à proprement parler à la psychologie individuelle. Ce que Nietzsche appelle "la logique du ressentiment", c'est, selon lui, l'une des caractéristiques principales de la culture judéo-chrétienne. La référence à Nietzsche est donc totalement hors contexte; le tout à l'avenant. . jpylg

"Nietzsche ne s'est jamais intéressé, autant que je sache, à proprement parler à la psychologie individuelle."
Il a eu bien tort.
Immanence et Multitude (intérim)

. "
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Je crois, mon cher Axel, que vous vous plantez dans votre dialogue avec le parfait.
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Vous vous plantez dans des petits détails. Et vous vous plantez dans les grandes largeurs.
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D'abord, quand vous lui prêtez un grand pouvoir sur les mots, d'où il tirerait son assurance, je ne sais pas où vous êtes allé chercher cela. Le parfait a un rapport très ordinaire à la langue. Sorti de son domaine de compétence, bye-bye la perfection !
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Là où vous plantez gravement, c'est quand, par les propos que vous lui tenez vous espérez le faire changer. Alors que vous n'avez pas compris ses motivations.
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Le parfait est persuadé qu'il fait bien et il sait que la majorité oui-ouiste du forum pense comme lui. C'est cette double conviction qui lui donne son assurance.
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Ce que veut le parfait, je l'ai déjà dit, c'est un mode de censure qui ne dise pas son nom. Faute de pouvoir interdire l'accès de certains abonnés à l'expression (du moins jusqu'à nouvel ordre), il s'emploie à dénaturer leurs messages en les inondants de commentaires répétitifs, dérisoires et absurdes. Le premier résultat obtenu, c'est que le fil ne contient plus rien de ce le titre annonce. Le second, c'est que ses victimes d'élection vont voir leur image de marque affectée de ses intempestives interventions. Pour beaucoup de gens, ici, je ne suis pas celui qui s'intéresse à la philosophie politique, à la liberté d'expression, à la participation, à l'histoire des origines du christianisme. Je suis celui qui se livre à un jeu de con avec le parfait et qui a toujours le dessous. Mes réponses n'ont absolument rien de drôle, puisqu'elles sont automatiques, tandis que ses interventions, témoignent d'une haute finesse. Et pour vous, d'une belle maîtrise de la langue. Etc.
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La question est pourquoi, faisant cela, il a le sentiment de bien faire, et que d'autres oui-ouistes ont le sentiment qu'il fait bien.
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C'est que vous n'avez pas l'air de savoir que le semblable attire le semblable et l'autre, le dissemblable, menace de désagrégation la communauté des semblables. Il y aurait beaucoup de choses à dire là-dessus, notamment en rapport avec le fil "tolérance" qui vient de s'ouvrir et le fil sur la gestion de la "Une du club" soulevé un peu plus tôt par Vincent Verchoore.
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Toute la politique de communication et de développement de médiapart est contenu dans cette difficulté : le semblable attire le semblable; l'autre, le dissemblable, menace de désagrégation la communauté des semblables.
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En somme, le parfait veut faire du nettoyage. Je pense que des manitous oui-ouistes de la haute direction l'approuvent. 
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 jpylg

Quel rapport avec la question ?
Melchior avait raison, vous êtes vraiment un cornichon ranci.
Immanence et Multitude (intérim)

de toute façon, ces gens de la lcr sont des punks, quand ils se la pètent intellectuels par dessus le marché, ils deviennent vraiment hautains. - il faut les laisser à leurs contradictions, c'est malheureux mais c'est ainsi.

En guise d’arguments, un pot-pourri de citations tronquées et décontextualisées dont le sesn est ainsi faussé : telle est la « trame narrative » proposée par Philippe Corcuff qui se garde bien de répondre. Je suis têtue : je poursuis. Pour “preuve” du “conspirationnisme » de Chomsky, Philippe Corcuff livre deux citations empruntées au même chapitre (V. Campagnes d’Indochine : (1) Viet-Nam) et plus exactement au même sous chapitre (V,5. Evénements décisifs de la guerre). Et plus exactement encore aux accords Paris (V-5-3. Les accords de Paris, p.437-450). Chomsky et Herman s’efforcent d’établir que les médias américains (à la différence de médias d’autres pays, comme Le Monde) s’étaient bornés à reproduire exclusivement la version américaine des accords de Paris de 1973 et de leur violation. Voici la première de ces citations "Mais les médias serviles se contentent de reprendre et de colporter les arguments de Washington" (p.186) ["The actual press simply adopted Washington's version of the agreements, never mentioning that this version contradicted them in every essential respect and thus guaranteed that the war would go on - as it did.", 1994, p.234]. La version proposée par la nouvelle traduction (p. 447) est préférable : « La presse telle que nous la connaissons s’en tint strictement à la lecture des accords version Washington et se garda bien de jamais mentionner le fait que cette version en contredisait chaque point essentiel, garantissant de fait la poursuite de la guerre – ce qui ne manqua pas d’arriver ». Notons qu’il serait plus exact de traduire « never mentioning » par « sans jamais mentionner » plutôt que pas « se garder de mentionner ». Il ne s’agit ici que d’un jugement de fait portant exclusivement sur des faits. Où est théorie conspirationniste là-dedans ? Mystère… A bientôt

Bien bien. Mais quelle est votre position à vous, Camille Payet, sur l'existence des conspirations et complots ? C'est cela qui nous intéresserait. Y a-t-il ou n'y a-t-il pas un grand vilain méchant système qui nous poursuit de sa haine et envoie contre nous ses créatures ? Et si oui, en vertu de quelle malédiction ? Je crois que c'est de là qu'il faut partir.

Non, il n' y a pas "un grand vilain méchant système qui nous poursuit de sa haine et envoie contre nous ses créatures". Mais vous avez sans doute remarqué que ce n'est pas des complots et des conspirations en général qu'il est question dans l'article de Philippe Corcuff. Mais de l'existence ou pas d'une "théorie du complot" dans les écrits de Noam Chomsky. Et que la "preuve", selon Philippe Corcuff, réside dans une collection de citations dont j'établis patiemment que elles ont été "triturées" en dépit du bon sens et de toute rigueur. Et je n'ai pas fini !

sincèrement peut-être que oui en fait, mais c'est pas forcément un complot, je peux vous faire brièvement le résumé de la thèse la plus probante qui circule sur internet , on en pense ce qu'on veut, mais au moins on peut se faire une idée. - la thèse " conspirationniste " qui rassemble toute les autres thèses, se résume par le terme " illuminati ", en trois mots, globalement l'humanité a été créée par des extra-terrestres reptiliens origine de tout nos mythes, ou elohim ( thèse raêlienne ), et ont construit la religion et l'ordre morale qui se transmet depuis les pyramides d'égypte jusqu'à nos jours via notamment les sociétés secrêtes dont la franc-maçonnerie. - est-ce vrai ? est-ce faux ? je n'en sais rien, tout ce que je peux constater est que j'ignore les secrets de la religion, et notamment de ce que par exemple sait le vatican ou les loges secrêtes proches de la chrétienté, et qu'il y a beaucoup de secrets et de désinformation sur l'ensemble de notre monde. à chacun, individuellement ou collectivement de tenter de se faire une idée de ce qui représente une part de vérité ou de science-fiction.

personnellement, j'affirme que oui , - alors que Philippe C. , il dit peut-être, mais oui, mais non, enfin le dire c'est faire le jeu de parceque ce que veulent les conspirationnistes c'est de dire qu'il y a une conspiration, mais comme c'est ce qu'ils veulent que l'on dise ce n'est pas la vérité, - la vérité est ailleurs comme dans x-files. - peu importe la réaction des uns ou des autres face à cette " injustice " moi je n'hésite pas à affirmer qu'il y un pouvoir au delà du pouvoir qui nous est présenté, aprés on en pense ce que veux, mais au moins ça a le mérite d'être clair, on sait vaguement de quoi on parle sans avoir recours aux jugements dès lors que les autres n'acquiessent pas à vos contorsions intelletuelles.

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