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Pour une guérilla sociale durable et pacifique

Plutôt que s'enfermer dans le « tout ou rien », grève (vraiment) générale ou effilochement du mouvement : des pistes pour un mouvement durable, multiforme et convergent...
Un mouvement d'ampleur saisit le pays depuis début septembre en s'opposant à la contre-réforme Sarkozy des retraites : des millions de personnes engagées dans des manifestations à répétition et des grèves ponctuelles ou reconductibles, des centaines de milliers de lycéens ayant rejoint depuis quelque temps la mobilisation, entre 3/4 et 2/3 de la population exprimant sa sympathie avec les secteurs mobilisés.
Pourtant le pouvoir sarkozyste refuse pour l'instant de reculer (et même de vraiment négocier avec les segments les plus négociateurs du syndicalisme). NicolasSarkozy semble faire du passage en force de cette contre-réforme une question majeure d'identité politique dans la perspective de l'élection présidentiellede 2012. Il augmente d'autant le niveau de rapport de forces requis pour faire bouger significativement le gouvernement, mais aussi, partant, le potentiel de radicalisation du mouvement.
Des risques et des pistes en germe
Pour l'instant, les grèves reconductibles ont eu un certain écho, mais n'ont pas connu de vagues généralisantes. On entend dans les cortèges syndicaux et dans les assemblées générales des secteurs les plus mobilisés, ou de ceux qui ont été les plus mobilisés par le passé, des appels pour ne pas « partir » seuls en reconductible ou pour ne pas s'y inscrire trop longtemps de manière trop isolée. Or le niveau de convergences et de radicalisation au sein de l'intersyndicale nationale ne laisse pas espérer la possibilité d'un mot d'ordre national de grève reconductible interprofessionnelle. On peut le regretter, mais on doit en tenir compte. Localement comme nationalement, des freins et des hésitations existent donc.
Parailleurs, à l'approche du vote définitif de la loi, des voix syndicales commencent à se faire entendre selon lesquelles le mouvement pourrait difficilement perdurer au-delà de cette échéance parlementaire. Voix syndicales qui pourraient être bientôt rejointes par des voix politiques de gauche essentiellement préoccupées par l'échéance électorale de 2012.
Un scénario de démobilisation pour l'après vacances de la Toussaint apparaît donc envisageable, bien que non inéluctable si l'on en prend conscience : effilochement du mouvement, divisions plus vives et plus publiques entre prudents et radicaux, impression d'avoir été floués pour ceux qui sont partis en reconductible, sentiment diffus de déception et amertume face au cynisme d'un pouvoir arrogant « droit dans ses bottes », recul de l'esprit de résistance devant la succession de défaites (depuis la victoire du CPE en 2006), attrait du repli néolibéral d'individus atomisés en concurrence les uns avec les autres à la place de l'action coordonnée d'individualités et de collectifs en quête du respect de soi dans la justice sociale... Envisager cette possibilité ne renvoie pas ici à un attrait morbide pour le goût de la défaite, mais doit stimuler un sursaut afin de l'éviter, quand il est encore temps. Car le dynamisme et l'enthousiasme, la joie de défendre sa dignité personnelle en disant « non » comme la gaieté d'être ensemble et de goûter aux plaisirs de la solidarité retrouvée (le « je lutte des classes », indissociablement individuel et collectif !) sont encore très présents, et même avivés par l'arrivée des lycéens (le magnifique « Je me révolte donc je suis » d'une banderole lycéenne à Nîmes samedi 16 octobre !) dans les manifestations. L'enjeu principal n'est-il pas, ce faisant, de préserver et de développer cette énergie en donnant un caractère plus durable au mouvement,dans la cohabitation inéluctable du pôle des prudents et du pôle des radicaux ?
Or on a déjà sous les yeux des éléments de réponse dans le mouvement tel qu'il s'est spontanément construit au jour le jour : relative fluctuation des individus, des secteurs professionnels et des localités actifs dans les manifestations avec le maintien d'un niveau global élevé de mobilisation, des entrées et des sorties dans la grève ponctuelle, la grève reconductible et/ou les actions de blocage qui ne doivent pas être nécessairement interprétées comme une faiblesse du mouvement mais comme un potentiel de mobilité, des passages localement transversaux entre des aspects différents du combat anti-sarkozyste (retraites et solidarité entre générations, emploi, précarité, salaires, écologie, sécuritaire, discriminations racistes et stigmatisation des roms, sans papiers, médias, université et recherche, justice, « affaire Woerth/Bettencourt »...), des initiatives de solidarité permettant aux secteurs les plus combatifs de durer davantage, notamment. Une guérilla sociale et citoyenne anti-sarkozyste est ainsi en train de prendre forme, plus mobile, plus diffuse, plus protéiforme que l'idée qu'on pouvait se faire d'une « grève générale ».
Ne peut-elle devenir plus consciente d'elle-même, afin d'acquérir plus de repères stratégiques partagés et davantage d'efficacité tactique ? Pour se prolonger bien au-delà des vacances de la Toussaint dans un mouvement à l'horizon temporel élargi, qui irait pourrir le remaniement gouvernemental et même le Noël de Nicolas Sarkozy. Un mouvement qui accepterait pleinement la cohabitation de la prudence des modérés et des audaces des radicaux, qui mêlerait dans une dynamique commune ceux qui croient beaucoup à l'échéance électorale du 2012 (mais qui auraient compris qu'un défaite sociale aujourd'hui obèrerait leurs chances de victoire électorale demain) et ceux qui pensent que le principal pour l'avenir d'une politique démocratique réellement alternative sejoue dans de tels processus d'auto-organisation populaire et citoyenne, comme de tous les autres plus perplexes... Un mouvement qui aurait donc un minimum de conscience commune d'un intérêt général du mouvement, par-delà les inévitables et légitimes divergences.
Plutôt le « Mai rampant » italien que le Mai 1968 français ? Pour pourrir le remaniement gouvernemental de Nicolas Sarkozy et son Noël...
Le passé, au travers de la mémoire des luttes conquérantes d'hier et de la lecture critique de leurs difficultés, constitue un aliment indispensable à notre action présente, pour résister aux évidences comme à la démoralisation portées par les élites dominantes. Dans cette perspective, le passé est une composante nécessaire à la confection de notre sens individuel et collectif de la dignité.Mais il ne faut peut-être pas se tromper de passé. Tous les passés n'ont pas la même puissance subversive quand on les confronte à tel ou tel événement présent. Leurs imaginaires respectifs et les leçons qu'ils nous aident à tirer ne fournissent pas tous des ressources aussi ajustées aux enjeux du présent.Dans cette perspective, la figure de la grève générale des salariés et des étudiants en Mai 1968 n'est peut-être pas la plus adéquate à ce que nous vivons avec ce mouvement. Ni peut-être d'ailleurs la grève paralysante des transports adossée à de puissantes manifestations en novembre-décembre 1995. Le « Mai rampant » italien, moins connu en France, n'apparaît-il pas un peu plus enphase ? Á l'heure de « la globalisation » néocapitaliste, les luttes des opprimés n'ont-elles d'ailleurs pas à métisser davantage leurs références au contact d'une variété d'expériences nationales et internationales ?
Qu'en est-il plus précisément du « Mai rampant » en Italie[1] ? Émergeant en 1966, le mouvement étudiant italien va connaître des premières jonctions avec la contestation ouvrière au printemps 1968. Puis, dans la période1968-1969, syndicalistes de diverses obédiences, militants associatifs et étudiants radicalisés vont renforcer leurs convergences et faire vivre sur un temps long unmouvement parsemé d'une multiplicité d'affrontements avec le pouvoir politique et le pouvoir patronal, sans connaître un moment de paralysie généralisée (à la manière de notre Mai 1968). Luttes universitaires et luttes ouvrières locales, luttes urbaines contre la hausse des loyers, journées d'action professionnelles et journées de grève générale, manifestations localisées et manifestations nationales, etc. : le mouvement connaît une mobilité et une dynamique protéiforme débouchant sur une série d'acquis sociaux. Il ne s'agit pas d'ériger la situation italienne de l'époque en « modèle », alors que nombre de caractéristiques de la situation française actuelle sont fort éloignées, mais d'y puiser dans une comparaison raisonnée une vision plus diversifiée du rapport au temps des mouvements de contestation, en s'émancipant du danger de tyrannie d'une voie unique sur nos imaginaires.
L'historien François Hartog a pointé le poids actuel dans notre rapport au temps d'un « présentisme » marqué par le « progressif envahissement de l'horizon par un présent de plus en plusgonflé, hypertrophié » et le culte de « l'éphémère »[2]. Dans ce schéma, associé au néolibéralisme comme au néomanagement du capitalisme actuel, le « présent monstre » serait « à la fois tout (il n'y a que du présent) et presque rien (la tyrannie de l'immédiat) »[3]. Face à cela, le regretté Daniel Bensaïd a proposé, en prenant appui sur des pistes du philosophe allemand Walter Benjamin(1892-1940), une nouvelle alliance originale du passé, du présent et de l'avenir[4]. Si pour lui, l'action présente reste centrale, c'est en se lestant des images et des enseignements des luttes passées tout en s'ouvrant à la possibilité d'un futur radicalement autre. Le mouvement social sur les retraites ne gagnerait-il pas ainsi à nourrir conjointement son action présente d'expériences passées (comme le « Mai rampant » italien) et d'un élargissement de son horizon temporel vers l'avenir ? Toutefois, unedouble fétichisation pourrait l'entraver : fétichisation du légal du côté du pôle modéré du mouvement et fétichisation d'une vision réductrice du thème de « la grève générale » du côté de son pôle radical.
S'émanciperdu double fétichisme du légal et de « la grève générale » ?
Une fois la loi sur les retraites entérinée par les deux chambres et plus ou moinsvalidée par le Conseil Constitutionnel (s'il est saisi par les parlementaires de l'opposition, ce qui est prévisible et peut encore ralentir le moment de sa promulgation définitive), une attitude démocratique consisterait-elle nécessairement à abandonner la contestation ? Non, répondent avec force d'arguments le sociologue Albert Ogien et la philosophe Sandra Laugier dans un récent livre à mettre dans toutes les mains : Pourquoi désobéir en démocratie ? (Paris, éditions La Découverte, 2010). Car, depuis l'action et les écrits de l'Américain Henry David Thoreau (1817-1862) - qui a arrêté de payer ses impôts à cause du maintien à l'époque de l'esclavage dans certains États américains comme de la poursuite de la guerre avec leMexique -, la désobéissance civile participe pleinement d'une conception élargie de la démocratie. Tout d'abord, le légal n'est pas le juste, et l'espace démocratique apparaît aussi comme un lieu de mise en cause des lois instituées codifiant l'injustice, la désobéissance aux injonctions légales constituant une des formes de résistance à l'injustice dont disposent les citoyens. D'autant plus dans des sociétés capitalistes où les institutions publiques cristallisent en leur sein, de manière variable selon ces institutions, l'hégémonie des classes dominantes (comme l'a mis en évidence une nouvelle fois « l'affaire Woerth/Bettencourt ») comme d'autres formes de domination (de genre, raciale, etc.), en contradiction avec l'idéal démocratique. Dans ce cas, l'imaginaire démocratique a justement à être relancé contre les institutions existantes, au nom même des prétentions démocratiquesde ces institutions.
Parailleurs, la démocratie représentative n'est pas toute la démocratie, n'est même qu'un bout de la démocratie doté d'écueils. Comme l'a mis en évidence dès1911, le sociologue Roberto Michels, la démocratie représentative et professionnalisée moderne développe en elle une tendance oligarchique anti-démocratique : « une hégémonie des représentants sur lesreprésentés »[5]. Cet appauvrissement oligarchique de démocraties limitées, largement aux mains de représentants professionnels sous contrôle bien épisodiquede la volonté populaire, appelle alors un élargissement de l'espace démocratique, à côté et en tension avec les mécanismes de représentation : démocratie directe, démocratie participative, démocratie délibérative, rôle des syndicats, des associations et des mouvements sociaux dans la constitution d'une espace démocratique pluraliste et conflictuel, place de médias indépendants des pouvoirs économiques et politiques, etc. La démocratie est encore largement à conquérir, et n'est pas le monopole d'un pré-carré représentatif à tendance oligarchique. Il n'y a pas alors d'objection majeure, d'un point devue pleinement démocratique, à prolonger le mouvement social sur les retraites au-delà du vote et de la promulgation de la loi. Bien au contraire.
Á côté du fétichisme du légal, un autre fétichisme pourrait entraver le prolongement de l'actuel mouvement social : un fétichisme de « la grève générale », entendue en un sens trop étriqué comme un mot d'ordre passe-partout, indépendamment des circonstances. L'horizon de « la grève générale » est une très bonne chose si, face à la tendance à l'éparpillement des luttes, il élargit notre espace mental à des convergences souhaitables. S'il se présente comme une exigence de généralisation à partir d'expériences concrètes dans des situations concrètes, et pas comme un marteau qui s'abat dogmatiquement d'en haut. Mais « la grève générale » perdrait de cette dynamique fort utile si on la comprenait comme un « modèle » à appliquer de manière rigide, sans tenir compte des caractéristiques de la situation. Si on considérait la généralisation de la grève à l'ensemble des salariés, des étudiants et des lycéens à un moment donné comme la seule modalité de construire un mouvement social convergent susceptible de remporterdes victoires.
Or, en un instant où les grèves reconductibles, bien que significatives, n'apparaissent pas en mesure de peser suffisamment, une vision mécanique et étriquée de « la grève générale » pourrait empêcher d'envisager d'autres possibilités, ou du moins des petits déplacements, plus adaptés à la situation présente. Une tyrannie de la lettre de « la grève générale » pourrait contribuer à tuer l'esprit de « la grève générale » : 1) en nous enfermant dans un « tout ou rien » mortifère et à terme démobilisateur ; 2) en nous poussant dans la voie de la déception plutôt que de celle du développement de l'enthousiasme ; et 3) en oubliant que la perspective de généralisation suppose au minimum de garder au sein de la mobilisation les secteurs les plus prudents et/ou les plus modérés.
Parmiles autres chemins possibles, il y aurait donc celui d'une guérilla sociale et citoyenne durable, un mouvement social protéiforme, dans le style du « Mai rampant » italien, associant des mobilisations localisées et professionnelles fortes avec des journées nationales de manifestations, des grèves et des manifestations, des grèves ponctuelles et des grèves reconductibles, des va-et-vient entre les deux, des paralysies partielles (SNCF, métro et transports collectifs urbains, raffineries et dépôts pétroliers, routiers, etc.), des grèves tournantes ou la répétition de grèves sporadiques limitant le coût de la grève sur les salariés, la constitution de caisses de solidarité en direction des secteurs engagés de manière la plus durable dans la grève reconductible, des liaisons inédites avec les milieux intellectuels et artistiques critiques pour amplifier la délégitimation du pouvoir sarkozyste, la promotion de passages entre combats revendicatifs et expériences alternatives (pourquoi des AMAP n'approvisionneraient-elles pas gratuitement des grévistes ? pourquoi des universités populaires ne se déplaceraient-elles pas sur les lieux de grève en mettant à disposition des savoirs critiques ? pourquoi des artistes alternatifs ne seraient-ils pas davantage présents dans les manifestations ? etc. etc.), des actions moins massives mais plus spectaculaires sur d'autres fronts où la légitimité sarkozyste résiste davantage au sein de la population (racialisation, logique sécuritaire, etc.), etc.
Pourquoi cette guérilla sociale et citoyenne se devrait-elle d'être pacifique ? Non pas par choix de la non-violence comme principe intangible. Je continue à penser que, dans certaines situations où les classes dominantes imposent le maintien de leur pouvoir par la violence physique, et dans lesquelles alors des moyens démocratiques minimaux ne sont pas à disposition, le recours aux armes peut se justifier. Mais nous ne sommes pas du tout dans ce cas de figure aujourd'hui en France. Et l'équivalence erronée « sarkozysme = fascisme » participe de l'inintelligence de la situation dans certains milieux critiques comme du brouillage relativiste des repères propre à certains secteurs de la culture contemporaine (souvent appelés « post-modernes »). Mais la constitution d'un mouvement pacifique préservant l'intégrité des personnes n'implique pas de se priver d'actions symboliques contre des biens (du type démontages de McDonald's ou pourquoi pas de banques, fauchages d'OGM, etc.).Une telle orientation pacifique d'une guérilla sociale et citoyenne durable exprimerait alors stratégiquement et tactiquement trois dimensions au moins : 1) le sécuritaire constituant encore un point fort de légitimité du pouvoir sarkozyste, il faut s'efforcer de lui ôter de la légitimité et pas de lui en donner en plus ; 2) la violence, en l'état, constitue un facteur diviseur dans le mouvement, susceptible d'éloigner certains secteurs plutôt que d'élargir son assise ; et 3) contrairement à la marchandisation capitaliste des humains, il faut montrer dans nos actions mêmes que nous établissons une distinction impérative entre les objets et les personnes.
Mais l'insistance sur la pluralité du mouvement n'est-elle pas contradictoire avec le souci d'« unité » ? Peut-être que notre façon habituelle d'envisager le rapport entre le commun et le pluriel, à partir du vocabulaire de « l'unité », de « l'unification », voire de « la centralisation », est également inadaptée. Cela tend à écraser le Multiple sous hégémonie de l'Un. Mais l'éloge par certains contemporains de la pluralité dans l'oubli de l'exigence de la constitution d'espaces communs apparaît aussi comme une impasse. On trouvera peut-être ici une inspiration suggestive chez la grande philosophe politique Hannah Arendt (1906-1975). Elle écrit ainsi que « La politique repose sur un fait : la pluralité humaine »[6]. Mais elle va plus loin en précisant que « La politique traite de la communauté et de la réciprocité d'être différents ». Dans cette optique, la politique consisterait à créer un espace commun en partant de la pluralité humaine, sans écraser cette pluralité au nom de l'Un. C'est déjà présent à titre d'amorce dans le vocabulaire des « convergences » et des « coordinations » utilisé dans la galaxie altermondialiste, comme dans le vocabulaire de « l'association »et de « la coopération » propre aux débuts du mouvement ouvrier au XIXe siècle. Le mouvement multiforme et durable de guérilla sociale et citoyenne dont je parle s'inscrit aussi dans cette direction à la fois ancienne et rénovatrice, donc à proprement parler refondatrice.
Vers une plus grande mobilitéstratégique et tactique du mouvement social ? La boîte à outils de Michel Foucault...
Ce ne sont que des pistes que je propose à la discussion des individus et des collectifs mobilisés, afin de préserver et d'amplifier les acquis de notre mobilisation. Au-delà même du contenu de ces propositions, cela constitue un appel à une plus grande mobilité stratégique (sur le moyen terme) et tactique (au jour le jour, action ponctuelle par action ponctuelle) au sein du mouvement. Car s'il s'agit bien de nourrir un rapport de forces, il ne s'agit pas que d'un rapport de forces, mais aussi d'un déploiement de créativité et d'inventivité ordinaires anticipant ici et maintenant la possibilité d'une autre société et redonnant individuellement et collectivement confiance.
La boîte à outils d'un penseur critique, le philosophe Michel Foucault, pourrait nous fournir des ressources utiles afin de mieux problématiser ce cheminement. Dans un entretien de 1977, intitulé « Pouvoirs et stratégies »[7], il nous permet de mieux comprendre tout à la fois certaines caractéristiques de ce que l'on combat et certains enjeux d'un mouvement comme le nôtre. Ce que l'on combat ? Pour lui, « l'entrecroisement » d'une pluralité de pouvoirs actifs au sein de la société « dessine des faits généraux de domination », cette domination s'organisant « en stratégie plus ou moins cohérente et unitaire ». Intérêts de professionnels de la politique s'efforçant de se faire réélire et s'adressant à des « segments » privilégiés du « marché électoral », notables locaux s'inscrivant plus ou moins dans une machine électorale comme l'UMP, transactions routinières entre pouvoirs politiques, pouvoirs technocratiques et pouvoirs économiques (voir « l'affaire Woerth-Bettencourt ») mais aussi espaces de concurrence entre eux et en leur sein, affects racistes travaillant certaines relations quotidiennes capitalisés dans des usages électoralistes, etc. : la stratégie politique sarkozyste tente de mettre plus ou moins en cohérence cette variété de logiques, dans des combinaisons tactiques variables en fonctiondes conjonctures. Mais, comme le précise Foucault, « avec les phénomènes nombreux d'inertie, de décalages, de résistances ». Car on n'a affaire qu'à « une production multiforme de rapports de domination » qui ne sont que « partiellement intégrables à des stratégies d'ensemble ». Point de maîtrise omnisciente de type conspirationniste ici : ça déborde, ça fluctue, ça dérape, ça échappe...autant de contradictions et d'occasions à saisir tactiquement par les résistances. Á partir de là, la résistance (comme les logiques dominantes) apparaît « à la fois multiple et intégrable à des stratégies globales ». Á nous de jouer ?
* Sur les problèmes stratégiques et tactiques du mouvement social des retraites après la journée de manifestation du samedi 16 octobre, voir aussi sur Mediapart : « Et maintenant ? » de Mathieu Magnaudeix, 17octobre 2010
Merci à Grain de sel pour l'image illustrant ce texte !
Notes :
[1] Sur le « Mai rampant » italien, voir un article de synthèse dans une intéressante revue québécoise de gauche critique : « Du mai rampant à l'automne chaud. Italie, 1968-1969 », par Claude Rioux, Á Bâbord !, n°24, avril-mai 2008 ; voir aussi Dominique Grisoni et Hughes Portelli, Luttes ouvrières en Italie de 1960 à 1976, Paris, éditions Aubier Montaigne, collection "Repères pour le socialisme" (dirigée par Didier Motchane), 1976.
[2] François Hartog, Les régimes d'historicité. Présentisme et expériences du temps, Paris, Seuil, 2003, p.125.
[3] Ibid., p.217.
[4] Voir Daniel Bensaïd, Une radicalité joyeusement mélancolique. Textes (1992-2006), textes réunis et présentés par Philippe Corcuff, Paris, éditions Textuel, 2010, en particulier pour la question qui nous occupe un très stimulant texte datant de 1995, « Utopie et messianisme : Bloch, Benjamin et le sens du virtuel », pp.99-115 ; voir aussi la réédition récente d'un des meilleurs livres de Daniel Bensaïd, Walter Benjamin.Sentinelle messianique (1e éd. : 1990), Paris, éditions Les Prairies Ordinaires, 2010.
[5] Roberto Michels, Les partis politiques. Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties (1e éd. :1911), Paris, éditions Flammarion, collection de poche « Champs », 1971, p.38.
[6] Hannah Arendt, Qu'est-ce que la politique ? (manuscrits de 1950-1959), Paris, éditions du Seuil, 1995, p.31 ; la citation qui suit est issue de la même page.
[7] Michel Foucault, « Pouvoirs et stratégies » (entretien avec Jacques Rancière de 1977), repris dans Dits et écrits II, 1976-1988, Paris, éditions Gallimard, collection « Quarto », 2001, pp.418-428 ; les citations qui suivent sont tirées de la page 425.

Tous les commentaires
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Elle est parue dans quelle revue, cher Philippe, votre tartine ?
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jpylg
C'est une tartine pour l'instant rien que pour les mediapartiens...mais si d'autres veulent goûter...
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Merveilleux ! Avec participation dialogique en plus, cher Philippe !
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Vous êtes un vrai démocrate participatif. Merci.
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jpylg
Je souscris, quoique la concision... ait ses vertus aussi. :-)
félicitations, et au plaisir de vous lire encore
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au plaisir de vous lire encore
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Surtout si c'est bref ! Le titre est un manifeste ! Vous êtes bien meilleur, Philippe, quand vous faites court.
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jpylg
C'est vrai qu'elle est belle cette banderole " je me révolte donc je suis " et la réponse aussi magnifique de René Char à Camus ... pour demain :
" Je me révolte donc je me ramifie "....
Que les lycéens , les étudiants , les citoyens .... puisent avoir ces seuls mots des poètes face à la police sous Sarko !
"elle est belle cette banderole" : construisons une base d'images!
"je me révolte donc je me ramifie" = je me "pearltrees" = des liens contre le profit.
"la poésie est une arme chargée de futur"
au fait, si qqn veut reprendre cette image :
" puissent avoir ".... ou puisent , c'est comme on veut !
très intéressant mais pourtant trop long
La violence est pour l'instant dans le seul camp de la répression policière. Il est aussi dans les déclarations quotidiennes de "va t'en guerre" d'un Hortefeux.
Mais je suis d'accord : il ne faut pas s'enfermer dans un tout (grève générale idéale) ou rien. Nous sommes dans un mouvement inédit d'une crise politique ubuesque ou c'est le pouvoir lui même qui s'est enfermé dans l'impasse de la répression contre une société civile qui n'accepte plus la manière même de Sarkozy de gouverner en "clivant" par des déclarations tonitruantes. Nous entrons dans une contestation générale durable qui ne cessera qu'avec le départ de Sarkozy.
Par ailleurs, la grève "générale" de mai 1968 n'a jamais été un tout homogène. Chaque secteur a géré sa grève avec ses propres formes et revendications.(C'est Grenelle qui a tenté d'unifier la sortie de crise par une augmentation générale du salaire minimum de 30%...mais cela n'a pas suffit à arrêter la grève dans plusieurs secteurs qui ont continué sur leurs revendications propres). C'est dans chaque secteur aujourd'hui qu'il faut élargir le cahier des revendications. La question des retraites, c'est la question de l'emploi et la question des salaires. C'est aussi "un enjeu de société" comme le dit depuis le début la banderole de l'intersyndicale. C'est aussi l'avenir de la jeunesse.
La société civile ne fait plus confiance à ce pouvoir pour trouver les solutions conformes à l'intérêt général.C'est une crise politique contre "le président des riches".
Il s'agit bien de sortir des cadres schématiques du "syndicalisme révolutionnaire" ou de "la révolution socialiste" pour comprendre que nous avons à faire à un vrai mouvement démocratique de la société qui ne veut plus de ce pouvoir politique là. Ni 1936, ni 1968 mais 2010. Et 2010 n'est pas moins puissant que 1968. La différence, pour plaisanter, c'est que cette fois ci l'angoisse de la pénurie d'essence commence dès le début. C'est comme si le mouvement d'octobre 2010 commençait par la fin de mai 1968.
L'objectif politique est de départ de Sarkozy, la fin du présidentialisme de la cinquième république, et l'invention d'une constitution démocratique pour gouverner autrement.
pour la stratégie du coup de boutoir. je trouve excellente l'idée des grèves tournantes (plus difficiles à circonscrire par le pouvoir), pas seulement par corps social mais aussi par sujet de mécontentement. ne nous leurrons pas, le problème des retraites qui a servi de catalyseur n'est pas le point principal. Tout le monde en convient : le système des retraites doit être revu. Mais comment ? Pour le Gouvernement, il y a une seule potion magique et tout le monde devra la boire. Pas question d'en discuter. C'est donc sur le blocage du dialogue social, qu'il faut contr'attaquer. d'autres sujets sont plus graves que les retraites sans pour autant avoir mobilisé autant : la dérive raciste de l'Etat, le saccage de l'éducation publique, la mise sous tutelle de la justice, etc...Tout doit être prétexte à refuser l'état de fait et le fait du prince. La bonne humeur qui a présidé aux défilés jusque-là doit être préservée. La rue doit redevenir un lieu d'échanges, une agora, un forum permanent. développons et amplifions les initiatives du théâtre du soleil : "face à l'ordre injuste, le désordre est déjà un commencement de justice"...Innovons dans les actions. Créons des fils mobilisateurs.
S'il vous plaît épargnez-nous "tout le monde en convient". C'est le langage antidémocratique des medias dominants. Si tout le monde en convient, alors il n'y a plus rien à dire, il n'y a plus qu'à s'écraser contre le mur de l'évidence...sauf que c'est faux. Tout le monde non pas. Lisez plutôt Bernard Friot.
C'est la 3e fois que je vois ma photo, une pauvre photo juste faite avec mon portable et en ayant posé l'autocollant de la 1re manif de septembre sur mon fauteuil de bureau (®Conforama), que j'avais initialement mise en commentaire après un billet de Marielle Billy sur la lutte des classes, reprise et republiée sans explications (ni crédit)....
Je sais, ce n'est pas du Doisneau (et personnellement je m'en contrefiche), mais bon, ce ne sont pas des manières à prendre !
Voir là: http://www.mediapart.fr/club/blog/marielle-billy/160910/lutte-des-classes#comments
+ 1
Effectivement cette photo nous est "prètée" par GdS.
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Au-delà de cette réattibution, si je partage l'essentiel du propos de ce texte à savoir trouver les conditions pour "une guérilla sociale et citoyenne anti-sarkozyste" durable contrairement à ceux (je pense à de récentes déclarations d'Olivier Besancenot) qui font appel "à un nouveau mai 1968" (plus de 9 millions de travailleurs en grève !!!), la comparaison avec le "mai rampant italien" ne me paraît pas d'une grande pertinence.
Nombre d'études et bouquins sur cette période de la vie politique et sociale italienne - notamment ceux d'Isabelle Sommier , chercheuse au CNRS et enseignante à la Sorbonne - montrent que cette stratégie débouche sur la tentation de la lutte armée avec, entre autres mouvements, celui des Brigades Rouges.
J'imagine bien, cher Philippe, que tel n'est pas ton "projet", aussi radical soit-il, mais restons donc en 2010 avec les contradictions à l'oeuvre dans notre pays...
Le lien possible entre le "Mai rampant" italien (fort créatif et mobile) et les Brigades rouges (en-dehors du lien chronologique) est fort controversé. Il y a, par exemple, les attentants d'extrême-droite entre les deux. Mais comme certains font ce lien, mes précisions sur la violence peuvent aussi être utiles de ce point de vue.
Le "'Mai rampant" italien (1968-1969) m'apparaît en lui-même intéressant, dans son inventivité, la pluralité de ses formes, son étirement et les acquis sociaux qu'il engrange. C'est simplement une invitation à réfléchir autrement sur ce qui se passe aujourd'hui en France, en évitant la tyrannie de certaines images passées sur nos imaginaires.
Je corrige pour l'origine de la photo (que je ne connaissais pas).
Dans le cadre du mai rampant limité à 1968-1969, nous csommes d'accord.
Nombre de chercheurs parlent de la "décade 1968 - 1978" (assassinat d'Aldo Moro).
Ah oui, quand Charlie avait titré "on a tué le cochon"... :-)
Mai 1968 "plus de 9 millions de travailleurs en grève". Ce qui a fait la force de la grève de 1968 n'est pas le nombre de grévistes, c'est l'occupation des lieux de travail. En ce sens, oui, il faudrait un "nouveau mai 68" pour faire reculer Sarkozy, c'est à dire l'occupation des lieux de travail. Il n'est pas dit que si Sarkozy continue à jouer sur l'intimidation et la peur des salariés, il n'arrive pas à déclencher ce réflexe de défense. Les blocages des raffineries, des lycées, des universités, des routes, des voies ferrées ne préfigurent ils pas cette situation ? Et pourquoi pas l'encerclement du sénat par les manifestants à Paris demain ?
Pour une bonne raison: nous ne pourrons approcher du Sénat qu'avec des morts en route.
Le pouvoir est prêt à toutes les provocs et n'hésitera pas à protéger "ses institutions"...
ESt-ce vraiment une bonne raison politique pour y renoncer ??
Oui ?
Vous serez en tête et chargerez les CRS ?
Une seule orga sait le faire et ce n'est pas demain, vu les lieux, que cela se jouera.
Formidable analyse : vous nous proposez une grève (une opposition/résistance) comme une vague, avec ses remous divers, ses creux, ses déferlantes..., donc toujours en mouvement... Et que peut-on en effet contre les vagues ?...
Est-ce que quelqu'un peut faire un résumé ???
Pas la peine toi te faire casser la gueule par CRS. Toi ruser comme Robin des Bois et pas être là où le shériff t'attend. Pas aller au concours de tir à l'arc : piège. Pendant que shériff chercher dans toute la forêt, toi lutiner Marianne. (La Lady, pas le buste de Mireille Mathieu)
J'aurais résumé par:
pôle des radicaux et pôle des prudents par:
La Cigale et la Fourmi.
Jean de Lafontaine
C'est un appel au calme ?
Non, pas du tout, cher Arpège, c'est au contraire un appel à ne pas interrompre le mouvement.
Mouai ! par vagues ? pour que Sarkozy surfe dessus ?
Pffffff !!!!
Allons, chère Arpège. On aime bien le mouvement de tes lèvres quand tu fais "pffffff !"
A part ça, c'est vrai que le billet est relativement long et nécessite une certaine attention : ça vaut la peine d'en prendre la peine légère. Ce n'est pas parce qu'il délaie qu'il est long. C'est parce qu'il détaille de façon nuancée et qu'il approfondit son sujet, tendant à unir l'insolence créatrice de la joie à un réalisme pratique nourri de différentes réflexions et pratiques. Auxquelles j'ajouterai pour de rire (mais) : l'An 01 de Gébé et une pochade bien rigolote : http://www.dailymotion.com/video/xeuywv_la-chute-desobeissance_news
Si l'Italie offre ce genre de modèle de référence, c'est a posteriori : le mouvement n'était pas pensé d'avance, ni décrété comme stratégie, il s'est créé en marchant, selon une dynamique qui échappe à la prévision. Les flux et pulsions collectives ne se décrètent pas du promontoire ... Un mouvement multiforme de "guérilla " tel que vous le rêvez, diversifié dans le temps, dans l'espace, dans les secteurs d'activité, dépendrait d'initiatives locales, et en même temps d'un minimum de coordination à l'échelle nationale (qui, quelle instance ?) pour tenir dans la durée, économiser les forces, maintenir l'équilibre des tensions, diffuser l'information, etc. C'est séduisant, sans doute même efficace, mais fort improbable dans l'état actuel de la contestation, même si l'exaspération monte. A moins que le mouvement échappe à tout contrôle, selon le principe des "autonomes" de 68 qui débordaient les appareils...
@omega
tout à fait d 'accord avec vous l'histoire s 'écrit toujours a posteriori.
à omega
Mais les appareils (mis à part Solidaires-SUD) sont déjà débordés !!!
Des comités unitaires pluralistes réunissant syndicats, assos, partis politiques, citoyens peuvent être créés partout.
Il en existe un, très structuré, dans mon arrondissement et "cela marche" !
Une femme, magnifique, que je n'arrive pas à oublier. Faut voir comme ils causent .... en 2012 exatement comme en 1968 ! comme Corcuff ? comme Cohn-Bendit ? attendre 2012 ?
Pfffffffffffff ...... Grève générale !!!!!!
Je crains que vous n'ayez pas lu le texte de Corcuff qui est en totale symbiose avec la colère de cette ouvrière...
Avec le recul, on voit bien qui avait raison à l'époque, de la base radicalisée parceque vivant ses problèmes ou des fonctionnaires syndicaux soucieux de ne pas perturber une éventuelle victoire du PCF ! Du reste dans toute cette région il y avait un très fort sentiment de raz le bol et un désir d'aller plus loin qui n'a volontairement pas été entendu: je me souviens que nous continuyons d'occuper nos gares entre Tours et Poitiers plusieurs jours après la reprise ce qui était, bien sur, déraisonnable mais plus que symbolique. Comme en 1871 la classe ouvrière est toujours blanc bleu quand il s'agit de prendre le pouvoir (je pense à la banque en particulier), et malheureusement comme à chaque époque, il y a toujours dans les deux camps des crapules prêtes à miser là dessus pour en retirer un avantage qu'elles perdraient bien sur en cas de radicalisation.
Il y a des moments où je me demande quels sont les plus grands ennemis du peuple, entre les nantis de la finance, les pantouflards de la social-démocratie ou les menteurs des extrèmes ! Tous ces gens nous ont toujours trompé, pour des raisons différentes, et ils continueront à le faire.
A présent le contexte n'est plus du tout le même, et les souvenirs au cimetière des illusions. Cependant l'esprit de résistance est toujours là, on le sent et qui cherche une stratégie adaptée. Cette idée de guérilla sociale, même difficile à mettre en oeuvre, me parait effectivement une réponse. Mais -cette fois tout comme en 68- nous nous retrouverons avec une stratégie opposée à celle des paris politiques qui ne rêvent (et c'est le cas de le dire pour la gauche) qu'à l'arrivée au pouvoir par les urnes (bien entendu pour ne pas faire grand chose, tout comme avec Mitterrand) ou ramasser quelques miettes permettant de continuer de fonctionner et vivoter dans l'opposition (comme toute l'extrème gauche).
Cependant, nous n'avons pas le choix, mais faisons bien attention à ne pas nous faire avoir une fois de plus.
Je souscris à vos propos...
@Pierre Dumont,
"Cependant, nous n'avons pas le choix, mais faisons bien attention à ne pas nous faire avoir une fois de plus."
Ca va être dur !
Certains préfèrent lire dans leurs préjugés intérieurs plutôt que dans les textes dont ils parlent. C'est tout à fait leur droit : c'est en tout cas un pari pour lequel les dits préjugés intérieurs seraient moins inintelligents, plus beaux et/ou plus justes que les dits textes..Comme on dit à la télé, "ça se discute"...
Mais il vaudrait mieux ne pas faire dire aux dits textes le contraire de ce qu'ils s'efforcent de dire, et dans ce cas (assez clairement) :
- C'est un appel à poursuive le mouvement, en trouvant des modalités pour échapper aux écueils des vacances de la Toussaint, du vote probable de la loi et de la démobilisation possible, alors que la grève n'est pas vraiment générale. C'est un appel à pourrir le remaniement gouvernemental de Sarkozy, son Noël et au-delà s'il faut, en ne fétichisant pas la loi qui pourrait être votée en continuant à la combattre.
- C'est un appel à surtout ne pas attendre 2012; échéance électorale à laquelle je ne crois pas personnellement; ce que je n'ai pas dit dans le texte, car il s'efforce de trouver un terrain de convergence possible entre ceux qui croient en 2012 et ceux qui n'y croient pas, comme sur le plan syndical entre les modérés et les radicaux (bien que j'appartienne à la 2° catégorie).
Je n'ai pas lu ton texte Philippe, le titre m'a suffi.
Ce que décrit ce titre, une guérilla sociale et citoyenne durable et pacifique, c'est pile poil ce que nous vivons tranquillos depuis des mois et des années et sans évidemment que ça n'aboutisse sur rien, pire, ça aboutit au contraire à toujours plus de lois scélérates et de honte, donc j'interprète ainsi ta proposition comprise dans le seul titre de ce papier: on ne change rien, on continue, on ne va pas vers la radicalisation. On calme le jeu.
On calme le jeu, oui, parce que quelque chose est bel et bien en construction assez floue en ce moment, quelque chose qui pourrait échapper à tous les révolutionnaires sur papier.
Heureusement que par je ne sais quelle honnêteté le Npa a eu l'idée de changer d'appellation et d'en virer le mot révolutionnaire.
(mon tutoiement n'est pas méprisant, mon préjugé n'étant pas négatif, c'est un tutoiement de rapidité de facilité)
Tu aurais dû attendre les vacances de la Toussaint pour publier ce texte au titre décourageant, comme si tout était déjà fini, comme si demain n'était pas un nouvel appel à mobilisation - d'ailleurs j'ai rêvé ou quoi ? - il ne s'agit pas de savoir comment poursuivre le mouvement une fois qu'il aura échoué, il s'agit de participer et de contribuer à construire, amplifier, radicaliser ce mouvement pendant qu'il a lieu, c'est à dire aujourd'hui, maintenant.
Pour être crédible en critiquant un texte, il faut, au minimum l'avoir précédemment lu !
Oui, sans doute, mais justement, je dis que je n'ai pas eu envie de lire ce texte pour ce que le titre en suggère et qui me suffit amplement pour deviner les blablas à suivre (comme tous ces phraseurs autour de cette ouvrière révoltée dans la vidéo de 68 que j'ai postée plus haut) et que je n'ai nulle envie de m'infliger.
Donc, je ne critique pas le texte, je critique le titre. Dans le titre, comme dans tout titre, il y a déjà une intention.
et dans les pseudos aussi alors, y'a "intention"? peut-être accord majeur à la place d'Arpège aurait signifié une autre accroche, ou peut-être pas....allez savoir.
en tout cas, lire ce texte ce jour m'a renforcée. je ne dois pas être la seule....
Comme ces réactions ne concernent ni le contenu de mon texte, ni l'intention de son titre, je ne peux guère aller plus loin...A gauche, de la gauche modérée à l'extrême-gauche d'ailleurs, il y a des personnes qui préfèrent dialoguer en permanence avec leurs propres fantasmes. Les aspects dépressifs de notre monde ne leur donnent pas tout à fait tort, mais cela n'aide guère à s'émanciper de l'aigreur pour partir à la conquête d'un nouveau monde, radicalement autre, et, en attendant, de cultiver notre enthousiasme individuel et collectif.
Sais tu Philippe que la colère pourrait avoir pour but inconscient, entre autre, de lutter efficacement contre certains aspects dépressifs, tels que l'aigreur effectivement comme tu le soulignes, mais aussi la rumination stérile de fantasmes ?
Je crois, au contraire, que celui qui s'essaie à contenir en lui cette colère - légitime ô combien aujourd'hui au niveau social, moral, sociétal - celui-là, oui, sombre tout droit dans la dépression, le renoncement, l'asservissement sournois, la perdition, le ressassement fantasmatique, quelque chose comme le ressentiment tous azimuts.
On entend répéter à l'envi : la France est toujours en grève ! les Français sont champions pour la consommation d'anti-dépresseurs et autres tranquillisants !
On en fait le constat. On culpabilise ironiquement au passage - ah ! ces Français ! - on enfonce le clou, et point.
Mais se pose-t-on la question du pourquoi ?
Et si la réponse était que, oui, effectivement les Français sont tout simplement vachement et objectivement déprimés car opprimés, jusque dans leur façon d'exprimer cette colère qui leur serait tout simplement salvatrice ?
Et si on se posait la question de savoir d'où vient cette oppression et cette colère sans cesse contenue ?
Et si enfin on se décidait à chercher vraiment ce qui ne tourne décidément plus rond dans ce pays pour qu'il en soit arrivé à ce stade de soumission, pour qu'il en soit arrivé à ce stade de dépression ?
Oui, pas comme au groupe PS à l'assemblée, avant un vote... :-)
Oui Philippe, votre dernière intervention donne la juste mesure de la somme de "sagesse" qu'il vous a fallu développer pour proposer un modus operandi qui puisse ,à la fois , satisfaire les "radicaux" et les "prudents".
Echapper à toute mythification, de la grève générale ou de la démocratie représentative exige, de la part des différentes parties prenantes à la contestation du pouvoir sarkozien, une révision frontale de leur façon de résister. La concommitance de cette révision doit se vérifier dans les deux bords afin de sauvegarder ce qui fait leur puissance originelle, à savoir leur volonté d'avancer ensemble vers un monde meilleur où aucune oligarchie, financière ou politique ne priverait le peuple de "dire son mot" et de voir ses choix de vie respectés.
J'adhère tout à fait au cheminemet que vous proposez.
" pourrir le remaniement gouvernemental de Sarkozy, son Noël et au-delà s'il faut " ...
Oui, mille fois oui. Cette irruption du Peuple, protéiforme, et brisant le ronron délétère de la politique dans tous les domaines où se règle sa destinée, appelez la guérilla sociale et pacifique si vous voulez. (A creuser, je ne minimise pas laportée subversive de l'idée) pour moi, et sans rejouer les trucs qui ont échoué, elle porte le nom simple de révolution sociale. En conscience, et c'est là l'essentiel. Quel truc fantastique ce serait pour nous français, et tous les européens écrasés, et encore au-delà. Oui, il faut rêver, les yeux ouverts.
http://www.mediapart.fr/club/blog/vvfx/241010/cette-europe-quil-ne-faut-pas-montrer-la-veritable-dimension-du-mouvement-soci
il faut faire des grêves perlées comme en 68,c'est à dire travailler pour avoir sa paye mais ne sortir que 50% de la production habituelle.
En mai 68, ce n'est pas vraiment comme cela que "ça s'est passé" !
Il y eut plus de 9 millions de salariés en grève simultanément qqs jours après le signal donné par les travailleurs de Sud-Aviation à Saint Nazaire avec occupation d'usine.
OUI !
@Philippe
Mais où, diantre, puisez vous l'idée qu'on puisse faire quelque chose, maîtriser les évenements, les orienter, les barrer comme on dit d'un bateau?
Bien sur, qui ne serait d 'accord sur et avec votre diagnostic-interrogation : Et maintenant que vais je faire? Maintenant qu'elle est votée....Laisser pourrir le mouvement avec toutes les aigreurs et défaitudes que cela entrainera - y compris aussi loin qu'en 2012-Le réactiver dans le vide sur le seul socle d'un antisarkozisme général qui mêlerait en son sein étudiants, routiers, cheminots, etc...,et qui s 'essoufflera de lui-même une fois quelques miettes ajoutées à la pitance?
Bien sur que je suis ouvert au passé, et surtout pour re-inventer de nouvelles formes de participation..mais la volonté et l'envie n'écrivent pas l'Histoire et pour l'instant les principaux acteurs - qui n'en ont rien à faire des retraites- ne sont pas encore entrés dans le jeu. J'entends les brûleurs de voiture, les zoulous, les assoiffés du 9-3 qui n'auront eux jamais de retraite car ils n'auront jamais de boulot....
En sociologue, je ne prétend pas que la conscience et la volonté puissent "maîtriser" les événements, tant les dynamiques inintentionnelles de l'action, le poids silencieux des structures sociales, le non-conscient, les malentendus ou l'aléatoire pèsent massivement, dans un sens négatif ou positif d'ailleurs. Mais en héritier des Lumières usager de la sociologie, je pense qu'une meilleure connaissance des dynamiques historiques pourrait aussi peser (un peu) sur les événements, en faisant progresser (un peu) la part du réfléchi par rapport à l'irréfléchi. C'est à la fois plus modeste et moins défaitiste.
@Philippe
Mais c est en sociologue également que je t 'ai répondu. En sociologue qui, initié en 68, avait alors parfaitement remarqué qu'aucune analyse sociologique, je dis aucune, n'avait vu le mouvement venir...sauf peut-être, mais il est ce peut-être de taille, Goldmann, qui était mon maitre alors - avec Poulantzas. C'est tout ce que je voulais souligner. Comme je souligne aujourd'hui, dans ta réponse ,cette phrase : "je pense qu'une meilleure connaissance des dynamiques historiques "
Alors que tu ne cherches pas a repérer les "dynamiques historiques" mais les éléments de cette dynamique. Ce qui est complètement différent. Les éléments d'un moteur ne permettent pas de dire dans quel sens il va marcher.Juste de dire "si on y met le feu il s 'enflamme" ou " si on met le contact il va partir".Mais rien ne dit la vitesse le sens le temps de réaction...bref la dynamique.
la dichotomie mai 68 (XXème) à la française/mai rampant à l'italienne me parait non pertinent pour 10 (XXIème).
1) en 68, le mouvement de révolte était d'abord celui de la jeunesse avant d'être celui du monde du travail dans un contexte de forte croissance économique. Il s'est soldé par un changement du fonctionnement des écoles et des universités ainsi que par des avancées sociales dans le monde du travail
2) la lutte armée qui s'en est suivie, d'ailleurs très marginale, en Italie avec les Brigades Rouges, mais aussi aussi en France et en Allemagne (cf bande à Baader) résulte du refus de rentrer dans le rang après obtention d'avancées significatives ("il faut savoir arrêter une grève").
En 2010, le mouvement est celui du monde du travail en temps de crise (perte de droits sociaux à travers la réforme des retraites) relayé par la jeunesse (inquiétude sur les conséquences de la réforme pour l'entrée sur le marché du travail) avec blocage de toute négociation du pouvoir.
On est loin d'une perspective de loi Edgar Faure ou d'accords de Grenelle.
On est donc plus dans un schéma "risque de guerre civile ou de régime d'exception" que dans un schéma "risque de basculement vers la délinquance et le terrorisme"
Vos points 1 et 2 , mille excuses, montrent que vous ne connaissez pas très bien ni mai 68 (9 millions de grévistes !) en France ni le "mai rampant" italien qui fut suivi par une décade de lutte armée où les Brigades Rouges, pour ne parler que d'elles, comptaient plus de 10 000 militants partisans de la lutte armée y compris dans les usines...
Excusez moi, mais je crois qu'en ce qui concerne l'Italie en particulier, vous êtes tout à fait en dehors de la plaque. le basculement qui s'est opéré vers la violence est la conséquence des énormes provocations de l'extrème droite (téléguidée par la CIA dans son délire anti communiste), je pense que si en France on avait eu des attenttats du genre de la piazza Fontana ou de la gare de Bologne, on aurait probablement eu le même résultat qu'en Italie, alors qu'en France ces stratégies de la tension ont culminé en 71 avec le meeting de la Mutualité d'Ordre Nouveau et qu'ensuite, devant effectivement le danger de dérapage que ceci représentait il a été absolument décidé qu'il n'y aurait pas création de groupes armés. Les quelques réfractaires qui ont voulu continuer étaient plus que marginaux.
Cela ne veut pas dire que les manifestations et autres actions étaient paisibles (!!!), mais clairement la lutte armée était proscrite. Sinon nous aurions dérapé grave. Nos copains italiens n'ont pas eu cette chance la CIA ayant décidé d'utiliser les groupuscules facistes pour déstabiliser le pays et provoquer l'arrivée d'un pouvoir fort. C'était le début de ces fameuses années.
Par contre, je me rapproche de votre analyse, en ce qui concerne les risques entrainés par la stratégie de blocage, sur le retour d'action désespérées et propagande par le fait, de type Ravachol, Vaillant, Bonnot etc, surtout dans le contexte de mépris et de ghettos où le pouvoir a tendance à enfermer les banlieues pauvres et les barres d'immeubles des plus démunis.
La "manif très musclée" pour empêcher le meeting de l'EXD à la Mutu, c'est en 1973 (200 CRS blessés, autant que de manifestants). Cette action "militariste" entraînera la dissolution de la Ligue Communiste par le gouvernement Pompidou et de la prison pour plusieurs de ses dirigeants.
La LC renaîtra sous le nom de LCR et une profonde reflexion sur la "militarisation" des actions...
@Lincunable,
"risque de guerre civile ou de régime d'exception" ! Vous vous la jouer début du XXème siècle Lincunable, mais on est au XXIème. Aujourd'hui, on ne descend plus dans la rue pour chanter l'internationale mais pour participer à des manifestations festives; et quand on en a marre on vote, par dépit, pour l'extrême droite ou pour l'extrême gauche dans le seul but d'emmerder les partis de gouvernement. Dans ce nouveau contexte sociétal la guerre civile est devenue improbable et le régime d'exception, qui risquerait de réactiver cet ancien virus, inemployable . C'est le totalitarisme des mécanismes qui est notre présent... et notre avenir si nous ne trouvons pas le moyen de nous en désaliéner
Bien à vous
Comme le dit "Lincunable", ne pas oublier que nous sommes dans un mouvement défensif, comme la plupart d'entre eux depuis une trentaine d'années, mais que ce mouvement défensif vise à récupérer une partie du PIB qui a nous été volée depuis plus de 20 ans par les possédants.
Cette idée a fait son chemin, au travers de la politique sarkozienne favorisant uniquement les riches, tout ce qui contribuera à mettre bien en lumière cette évidence est à proner !
C'est drôle de critiquer ce titre ... " guérilla " moi ça ma fait penser à rené Char .
" Nous ne sommes pas ensemble le produit d'une capitalisation , ni le motif d'une servitude plus déprimante encore . Ainsi menons nous malicieusement l'un contre l'autre une guérilla sans reproche ! "
D'accord ... malicieusement , c'est encore de la poésie , comme :
" Tu es préssé d'écrire
comme si tu étais en retard sur la vie
s'il en est ainsi fais cortège à tes sources
hâte toi de transmettre
ta part de rebellion , de bienfaisance " ...
Oh là là ... j'ai oublié l'apostrophe ... ça m'a fait penser !
Je pense également qu'il faut réfléchir à la façon de faire perdurer ce mouvement après le vote de la loi (qui va certainement avoir lieu). Ce n'est pas seulement le problème des retraites, mais bien de la toute puissance de la finance (et de ses laquais) face à l'intérêt général. Et on ne peut pas attendre 2012.
D'accord pour le principe de guerilla sociale et citoyenne. Avec la question de savoir comment organiser et mobiliser. Même si je crois que nombre de manifestants commencent à entrevoir qu'il va falloir trouver d'autres modes de contestation devant l'insuppportable mépris du pouvoir en place.
A vos propositions j'ajouterai : grève de la consommation, retrait des liquidités en banque. Peut être aussi (comme cela avait été fait à une époque en Bretagne pour le règlement des factures d'eau) consignation des sommes dues (impôts, électricité ....)
L'organisation ne peut être que décentralisée et "gérée" par des collectifs unitaires réunissant dans chaque quartier, arrondissement ou village syndicats, partis politiques, assos, citoyens...
D'accord avec Marie-Martine: il va falloir trouver des modes d'action durable, longue, diversifiée, comme des blocages de la circulation et des marchandises, de la production, de la consommation, des banques, des actions qui ne se limitent pas à la grève et aux seuls salariés qui peuvent la mener mais sont à la portée des jeunes, des citoyens, des consommateurs.Trouver des formes d'articulation cad d'écoute et de soutien des jeunes des quartiers populaires (abandonnés par la gauche après la révolte politique de 2005), ne pas les laisser seuls dans leur rage et désespoir.Ma crainte: que S nous fomente un bon petit attentat et un état d'urgence...Se dépêcher de multiplier les liens
+ 1
Il est tout à fait possible de crééer partout des comités unitaires pour une "transformation sociale" avec syndicats, assos, partis politiques, citoyens, sans-papiers.
Dans mon arrondissement, un comité de ce type, très large, déploie maintes initiatives et est un "plus" évident pour la mobilisation.
A Rennes, des étudiants parmi les plus investis s'inquiètent de cette coupure des "vacances" (où certains travaillent, ou sont en stage). Ils voudraient du relais, pour pouvoir reprendre le mouvement à leur retour.
En tout cas ils travaillent avec les salariés et syndicats (ils se réunissaient ensemble en fin d'après midi aujourd'hui).
Voir ce qui s'est passé autour d'une de leur action tôt ce matin :
blocage de la plate forme de bus, et attaque des gendarmes mobiles :
sur le blog de marcelhic :
ça gaze pas à Rennes
ça gaze pas mal à Rennes, suite
Avec un appel à des "adultes" (motorisés) à venir aider au blocage du dépôt de carburants de Vern.
stimulant
Vous faites observer à juste titre que des voix de la gauche électorale vont se faire entendre après le vote du texte ; ce sera éffectivement un grand soulagement pour elles, aucun doute qu'elles abonderont dans le sens d'un retour au calme républicain en attendant de parachever leurs calculs pour 2012.
En attendant, il n'y en a aucune pour assumer la prise en compte politique de cet affrontement avec le pouvoir qui dépasse désormais le cadre du débat social et syndical.
Le mouvement et le pays sont orphelins des élus de la gauche républicaine qui outre la responsabilité d'avoir voté tous les textes qui ont permis le triomphe du libéralisme, portent celle de cette démission à un moment crucial et angulaire pour l'avenir de notre société.
Il faut le dire, il faudra le rappeler le moment venu.
Les élus et leaders de la gauche libérale ont fait défaut, il n'y a rien à en attendre.
Oui, à nous de jouer, sans eux, par une résistance citoyenne de tous les instants.
Vous ne préconisez pas de jouer "sans eux" Arquius, à longueur de post vous proposez de jouer "contre eux" et signez là la défaite de sidées que vous prétendez défendre. Parfois, je me demande si vous ne seriez un troll umpiste infiltré chez les Mepartiens...
mon pauvre, c'est eux qui jouent contre nous.
je sais ça vous contrarie qu'on vous le dise, mais tout le monde s'en rend compte, il suffit de parler avec es gens dans les manifs, aux courses ou dans les files d'attente.
Vous pouvez vous contorsionner dans tous les sens c'est comme ça.
Après ça, je joue en effet contre eux, mais contre eux tous, ce sont tous les mêmes.
Fini l'escroquerie des partis politiques qui confisquent le pouvoir alors qu'ils ne représentent que 2% de la population en nombre d'inscrits.
Fini ces gens qui roulent en bagnoles à cocardes et se foutent du peuple, se filent des indémnités et des retraites hors droit commun, coûtent un pognon fou et ruinent le pays et les gens qui bossent.
Il faut d'autre moyens de représentation que ces politicards professionnels vautrés dans la mangeoire et tous soumis àla loi de smarchés et au partti de l'étranger.
UMP, socialos, tout a c'est la même molécule.
Libre à vous de continuer à y croire.
Supportez que des gens ne pensent pas comme vous.
Moi je dis, tout ça dehors, on vire et on change les règles.
@Arquius,
Quand vous écrivez: "Moi je dis, tout ça dehors, on vire et on change les règles." Vous préconisez, en fait, la révolution Arquius. On peut en rêver, et probablement beaucoup de français en rêvent comme vous et moi au "café du commerce". Mais, la pespective des vacances scolaires de la Toussaint rend, déjà, l'organisation du mouvement social plus compliquée et le pouvoir le sait, alors, la révolution...
Bien à vous
à faunus,
vous n'êtes pas là depuis longtemps, alors je fais un petit rattrapage pour vous.
je prêche ici depuis le début la création d'une organisation révolutionnaire structurée et militante, douée de thèses d'action solides pour un renversement de régime.
J'ai tout expliqué et réexpliqué un nombre incalculable de fois.
pour moi, la solution n'est plus dans les élection, je ne crois pas à l'auto organisation des luttes.
selon moi, il faut une organisation en dehors des partis politiques rassemblant des citoyens matures, venant de tous les horizons et ayant dépassé les clivages politiques du passé.
Une sorte de résistance contemporaine.
Voilà.
la méthode et le savoir faire existent.
Amicalement.
Bien d'accord avec l'analyse de Philippe Corcuff, je n'ai pas du tout senti dans les manifs la violence conquérante traditionnelle.
Il faut trouver de formes inédites à gauche pour mener le combat, contre les médias, les puissances d'argent, préparer une victoire durable en 2012 où les différents courants de la gauche seront représentés loyalement dans des progrmmes acceptés car discutés avec les intéressés, tous les intéressés de droite comme de gauche.
Les actions de protestations doivent prendre des formes diverses sur des sujets divers qui ne manquent pas ; l'important est de bien faire apparaître l'unité profonde dans la diversité apparente.
Très joli article, très bellement écrit : mais typique de la croyance des intellectuels qu'on peut proposer des modalités d'action à un mouvement. Mieux vaudrait proposer des modalités d'intervention tout de suite : par exemple, un comité de vigilance, appareils photos et caméras qui pêcheraient des photos et suivraient les soi-disant casseurs mis en scène pour le journal de 20h : ça ce serait une action immédiatement utile (qu'il faudrait faire à plusieurs : dangereux)
j'ai crée le 16 octobre 2010un festival de resistance chant s d'artistes chansons engagées.
le peuple de gaucje est resté couchésC'est à dormir debout ils ne savent que défiles.
il reste à débattre recreer un terreau
On ne peut pas occulter la politique permanente et acharnée des Appareils des Confederations syndicales CGT CFDT UNSA CGC et d'autres depuis le début de cette Affaire des Retraites et bien sur bien avant tout au long des décennies pour INTERDIRE le combat de la classe ouvrière et de la jeunesse CONTRE le Pouvoir de la bourgeoisie. Partout, les " dirigeants" syndicaux ont freiné des 4 fers pour dresser un MUR devant la possibilité devenue exigence face à la contre revolution sociale sarkozyste d'un combat ENSEMBLE, centralisé pour REJETER la " reforme" des Retraites. Philippe Corcuff ne dit mot du REFUS des Appareils bureaucratiques de lancer le mot d'ordre de RETRAIT du projet Sarkozy Medef; Il ne dit mot de leur caution à l'action du Gvt Sarko Fillon en siégeant à la table de Woerth sans désemparer alors que le Gvt a précisé très clairement tout de suite qu'il n'était nullement question de négociations mais de CONSULTATIONS; il ne dit mot de cette trahison qui a consisté et qui consiste à jouer les sourds pour faire croire qu'un accord avec negociations est possible sur un projet très grave pour les travailleurs et jeunes; il ne dit mot sur la vanité des journées d'action à répétition étalées sur des mois par refus d'organiser le nécessaire combat d'ensemble; il ne dit mot sur le fait que cette politique des Appareils s'étend sur une très longue durée; il ne dit mot que bien avant lui plus d'un penseur a réfléchi à cette castration voulue de la résistance collective; il ne dit mot sur l'intégration historique des bureaucraties à l'Etat de la Bourgeoisie par les financements institutionnels ( subventions de diverses formes) et d'autres " opaques" ( Patronat ) qui font que les carrieristes des Appareils poursuivent leur carrière en relation directe avec ceux qu'ils sont censés combattre; il ne dit mot par ex sur la nomination PAR SARKOZY au poste très important de Conservateur des Hypothèques au Ministère des Finances.... du numero 2 de la CGT après la grève défaite des cheminots, je crois en 2007; est-il normal et démocratique que l'un des plus hauts responsables de la CGT soit nommé par Sarkozy à pareil poste ?
Philippe Corcuff ne dit toujours rien des COMPLIMENTS incessants que dans l'année en cours et à propos de leur frein sur les luttes, Sarkozy, Alain Minc, Eric Woerth, n'ont cessé de tresser aux Dirigeants syndicaux pour leur " formidable courage" ou pour leur "responsabilité" ou pour leur " élégance", Woerth les remerciant par ce mot de s'être gardés de toute déclaration sur sa corruption dans l'affaire Bettencourt, laquelle met à nu la nature de classe du pouvoir, laquais d'une oligarchie de la banque et de l'industrie n'agissant que pour accroitre le pillage des revenus des salariés afin d'accumuler toujours plus de richesses pour le Capital.
Tous ces manquements, tous ces impensés, tous ces non-dits de Philippe Corcuff donnent naissance à une expression menue, parfaitement banale et sans contenu apparent: " LE POLE DES MODERES" ....... Pour masquer la réalité de classe des appareils bourgeois du mouvement ouvrier.... Alors bien sur après c'est facile : le conciliateur Corcuff, plein de bonne foi et" radical"...., se demande comment combiner et faire converger le pole des modérés.. et le pole des radicaux. Cette phraseologie " neutre" ne l'est pas du tout.
Dans une discussion sur Claude Lefort, P Corcuff a répondu à Abdella Khaldi qu'il comprenait bien comment on pouvait évoluer de positions revolutionnaires vers la social démocratie par horreur du totalitarisme, même si lui en 30 ans avait fait le " chemin inverse". . Non. Il est toujours en chemin. Il tente de concilier l'inconciliable, la trahison et le refus acharné de la constitution de la classe pour soi via l'affrontement contre l'Etat bourgeois pour se défendre dans ses interets vitaux et le combat pour le socialisme et la revolution.
Il ne faut pas " fétichiser" la grève générale. Oui. Mais au moment venu, il faut la faire et pour la faire, il faut organiser et tracer les voies de passage qui y conduisent. Non les boucher méthodiquement. Ce que les appareils s'ils n'étaent intégrés à l'ordre bourgeois pouvaient faire et qu'on peut encore avoir comme perspective unificatrice pour hausser la force, la conscience et l'efficacité de ce combat décisif, c'est une manifestation centrale à Paris pour exiger l'abrogation ( si le texte est passé) ou le retrait ( du projet) avec 1 à 2 million de jeunes et de travailleurs marchant sur L'Assemblée voire L'Elysée. Car les legitimes demandes des salariés et jeunes posent la question du pouvoir. Aucune satisfaction n'est possible avec CE Gouvernement. Qui se voile la face devant cette réalité, capitule.
Ensuite, dans la radicalisation de l'affrontement, d'autres pas seront possibles y compris la greve illimitée reconductible avec comités de grève locaux , d'entreprises et national.
Quant au Mai rampant italien.... Où en est l'Italie ?? Le résultat de cette merveille , les directions bureaucratiques n'ayant jamais perdu le controle de la classe et des syndicats, c'est la miserable situ actuelle où , après le Gvt de collaboration de classes de l'ex PCI devenu PS puis dissous dans le PD...AVEC l'ex Président de la Commission de l'UE Romano PRODI ( Prodi ferait-il partie du pole modéré? ) et la débacle politique qu'il a entrainée, Berlusconi, Bossi ont pris le pouvoir pour longtemps, dans des conditions desastreuses pour les salariés, les jeunes, les juges, la presse. Un des chefs de la Mafia est au Pouvoir. Comment peut -on donner en exemple des luttes sans centralisation organisée qui ont abouti à cette merde ?
Je critique donc completement l'orientation de soumission aux appareils bourgeois de Philippe Corcuff qui provient du fait qu'il cherche à imaginer des luttes en s'accommodant de la trahison des appareils intégrés à l'Etat de l'oligarchie capitaliste. Il s'accommode donc de ces directions traitres... Si Corcuff exprime ici l'orientation majoritaire du NPA, alors le NPA capitule comme lui devant les appareils.
La Coordination de toutes les sections syndicales et de tous les militants serait maintenant nécessaire si on veut trouver encore un espoir pour le mouvement. Et cette Coordination doit se construire Pour appeler partout en France à la Manifestation Centrale de millions de travailleurs et jeunes à Paris, unique siège du pouvoir dans la monarchie républicaine, devenue régime bonapartiste.
Je capitule devant tant de bile versée au débat.
Je crains que M. Carasso ne connaisse pas très bien le "mai rampant" italien qui a autant à voir avec la berlusconisation que mai 68 avec le clan du Fouquet's.
Qui croira que Corcuff est admiratif des bureaucraties syndicales ?
Qui ne comprendra pas qu'Elie Carasco est membre d'un mouvement sectaire (je reste mesuré) dont le seul refrain est "bile ô ma bile" ?
C'est une erreur, Velveth, je n'appartiens de puis janvier 1976...à aucune orga, " sectaire " ou " modérée". Je vous laisse compter jusqu'à 2010.
"Qui croira que Corcuff" .... Où est l'argumentation, Velveth ? Sommes nous dans la croyance religieuse ? Devons nous plier les genoux devant une icone ?
Je developpe une analyse de ce que dit Corcuff et de son non dit. Je restitue ce non dit. Je caracterise la demarche inacceptable des bureaucraties syndicales. Si vous faites une autre analyse, un autre portrait de ces bureaucraties et de leurs agissements , proposez là en ligne. Qui vous en empeche ??
Pour le moment, j'entends ... lesilence.. Qui est celui de Corcuff dans son texte. Est-ce aussi le vôtre?
Je reconnais quer j'ai le ton vif mais comme de tres nombreux militants n'ai je pas le droit légitime d'être en colère ? Ce ton vif altere t-il l'analyse ? Non.
Alors laissez de côté la courtoisie des salons petits bourgeois et presentez votre analyse. Quelquer part( chez Arpège peut-être ? ) vous dites qu'il ne FAUT PAS aller au SENAT demain car la police de Sarkozy pourrait tirer. Il pourrait y avoir des morts .. Vous connaissez beaucoup de luttes de masses contre un pouvoir détruisant tout sur son passage sans manifestation de la violernce ? Vous n'allez pas me dire, vu comme vous avez traité les journalistes de MDP de petits bourgeois ignorant tout de la lutte des classes, que vous Revolutiuonnaire patenté, vous avez rencontré dans l'Histoire une nébuleuse de revolutions non violentes ?
Il y a comme un abîme entre vos comm et votre peur. Donc les projets de misere de Sarko doivent passer ? Vous vous souvenez par ex de Malik Oussekine ? Cela a-t-il été une bonne chose pour le pouvoir ? Et de tant d'autres manifestations réprimées dans le sang ? Vous croyez que ces ouvriers et militants auraient construit leurs syndicats, gagner des hausses de salaires, obtenu des acquis sociaux avec la peur des morts? Les ouvriers americains au XIXe s comme les ouvriers allemands ou français ?
Non bien sur. D'où parlez-vous reellement Velveth ?
Si vous aviez un peu lu Corcuff ou d'autres de ses camarades, vous n'auriez pas écrit un certain nombre d'âneries...
Je vous laisse avec votre exaltation de la mort comme "perspective" donnée au mouvement social !!!
Ces "aneries" vous vous gardez bien de les préciser. Quand vous voulez donner des faits, vous le faites. Ici, vous ne donnez rien du tout. Vous êtes aussi muet qu'un dirigeant de la Confederation CGT. AUCUN ARGUMENT !!!
Vote "exaltation" de la mort est une malhonneteté. Une fois de plus, vous vous dérobez. Vous êtes un petit bourgeois qui veut donner des leçons en ayant la trouille au ventre. Toutes les révolutions ont été violentes et tous les évènements d'ampleur de l'Histoire sont marqués par la violence. Ne pas le constater, c'est faire partie de pauvres moutons aveuglés. Il n'est pas besoin d'être allé à Normale Sup pour s'en apercevoir. Vous êtes franchement défaillant sur le plan le plus élémentaire. Une constation d'évidence n'est pas une exaltation.
Dans une réunion NPA dans le 13, j'ai au moment des Elections Européennes, j'ai analysé en public devant la tête de liste NPA Raoul JENNAR la nature des bureaucraties syndicales intégrées à l'appareil d'Etat bourgeois et sabotant les luttes au profit du patronat ( lisez Le Monde qui a pleuré sur le mauvais sort infligé à ces "piliers" de l'ordre social que sont les Confederations syndicales par Fillon Sarkozy) et j'ai été applaudi par de nombreux militants âgés. Les petits jeunes du NPA étaient blanc comme linge.. A la fin de la réunion, j'ai parlé à JENNAR. Il m'a répondu brièvement : On ne peut pas attaquer les directions des syndicats en vertu de l'indépendance des syndicats par rapport aux partis. 2. Nos jeunes militants syndicaux seraient choqués que nous critiquions leurs directions.
Bravo. C'est très clair. Cela rend bien compte de votre refus d'argumenter et de la volonté de Corcuff d'esquiver la question décisive de l'obstacle interne de la bureaucratie. C'est une capitulation qui vient de loin, organique à la LCR et encore plus à l'oeuvre dans le NPA.
Il est temps de dire tout haut ce que vous cachez.
Oui, bien sur, je suis un conspirationniste allié objectif du clan du Fouquet's auprès duquel je prends mes ordres - tout comme Corcuff - et instille ce venin dans le mouvement social pour le décourager.
Vous m'avez démasqué !
Bon, trois trucs:
1) si vous connaissez l'esplanade des Invalides et avez qqs notions de "guérilla urbaine", vous vous apercevriez combien votre fixette de forcer les barrages policiers pour aller au Sénat ne peut naître que dans un esprit en dehors de tout mouvement radical.
2) Je vous prierai de cesser vos insultes
3) nous ne sommes pas dans une situation pré-révolutionnaire mais dans une phase d'affrontement de classes. Je crains que vous ayez une vision déformée du rapport des forces.
Cela dit, si vous voulez être un martyr, allez-y, chargez les CRS à Marseille !
On fera un billet sur Médiapart...
@Elie Carasso,
Ce n'est pas en tirant sur tous ce qui n'avance pas tout à fait sur la voie où, comme moi, vous voudriez aller, qu'on va beaucoup... avancer.
Bien à vous
@ Elie Carasso : je connais peu de gens qui sont dans la rue ou le mouvement actuel et qui soient prêts à mourir pour cela.
Donc pour vous, tous ceux là qui se bougent en ce moment à leur façon, ce sont des petits-bourgeois.
Pour moi, ce sont des gens qui s'auto-déterminenet, qui posent leurs choix de vie, sans attendre que qui ce soit le leur dicte, même pas vous.
@Philippe Corcuff,
Je partage votre opinion sur un point: "Il n'y a pas alors d'objection majeure, d'un point de vue pleinement démocratique, à prolonger le mouvement social sur les retraites au-delà du vote et de la promulgation de la loi. Bien au contraire" Un bémol quand même, selon moi, le mouvement social actuel ne porte pas essentiellement sur les retraites pour une bonne parti de ceux qui y participe et, probablement, pour la majorité de ceux qui le soutiennent sans y participer. Dans ce contexte sociétal, je crains que votre préférence affichée pour une continuation de la lutte sociale sous une forme s'inspirant du "mai italien", si elle advenait, serait plutôt de nature à nous faire perdre la sympathie des "tièdes". Conforté par notre pratique historique , de droite et de gauche, qui fait de la manifestation nationale à Paris, massivement suivi, un instrument politique majeur je persiste à penser que c'est cet instrument là qu'il nous faudrait aujourd'hui plutôt utiliser.
Bien à vous
Bel article quoique un peu long. Ce qui frappe dans les cortèges, c'est que ce ne sont pas des revendications catégorielles, ce ne sont pas les syndiqués comme j'entendais je ne sais quel ministricule ce matin le dire mais les classes moyennes et leurs gentils enfants, les classes qui ont profité des Trentes glorieuses pour parfois se prendre pour les patrons et qui découvrent que le cadre n'est pas l'actionnaire, le salaire même confortable le dividende et que c'est le Capital qui dicte unilatéralement les règles. Fallait-il être naïf pour se croire du bon côté de la barrière. Mais je doute de l'efficacité... la lutte, cela ne s'improvise pas, surtout après un si long consensus .
APRès le vote en première lecture du projet par le sénat,sauf événement imprévisible,puisque jamais les organisations syndicales n'accepteront de jouer sur le plan politique,par exemple en assiégeant le parlement,plus-tôt l'élysée puisque c'est le lieu du pouvoir réel,ni les permanences des députés de droite, ni les préfectures,pour éviter une démoralisation prévisible, le blues après les montées d'adrénaline,il faudrait , faire prendre ,publiquement et solennellement,aux dirigeants de gauche,l'engagement d' abroger,en cas de victoire électorale, les lois scélérates sarkozystes,dans le délais de 60 JOURS,après la prise du pouvoir!!!L'absence d'un tel "SERMENT" entraînant ,ipso facto un refus de vote pour ces "sociaux traîtres"CE serait "notre serment du jeu de paume"CES gens la comprennent très bien leur intérêt"électoral"sachant que le non respect entraînera la sanction, après coup,s'il le faut!!!ET puis on à quand même du choix à gauche!!! il n'y à pas que les socialistes!!!PS: je suis adhérent du PS depuis 1974, mais je n'ai pas toujours voté (au premier tour) pour les représentants du parti,s!ls ne me convenaient pas!!! et je ne dois pas être seul dans ce cas!!! ILs veulent le pouvoir, certes,mais sous contrôle!!!!OBLIGEONS les aussi à modifier la constitution, à faire disparaître aux poubelles de l'histoire cette élection présidentielle, ce régime présidentiel ,cause de tous nos malheurs d'aujourd'hui!!! FAISONS les reconstruire le pacte républicain, dont ils se gargarisent, pour la galerie,et le contourne ou l'arrange ,selon leurs besoins!!!NE déléguons plus nos pouvoirs ,à nos élus de gauche!!! ON pourrait introduire dans la constitution, lorsqu'un élu trahit ses électeurs ,exiger ( par circonscription avec une demande de 10% des électeurs insccrits) un vote de destitution!!!celà pourrait en calmer quelques uns!! ce serait peut-être , la démocratie participative, en réel!!!!
Moi je pense que quand le problème des retraite va être bouclé, il faut que les journalistes lancent une offensive extêmement forte contre la retraite en or massif des parlementaires.
L'idée d'une pétition, de lettres ouvertes pour obtenir un alignement des conditions de la retraite des politiques sur le français moyen.
Médiapart peut faire une étude la dessus et dénoncer ces privilèges. D'autres journaux feront le relai
http://www.ipol.fr/index.php?2007/09/26/472-faut-il-rformer-le-rgime-de-retraite-spcial-des-lus
Quelle tartufferie, tous ces révolutionnaires du net. Quelle indécence de la part de ceux qui ne mettent jamais les pieds dans une manif mais qui sont prêt à envoyer les autres au feu!
Quelle honte!
Merci à Philippe Corcuff pour ce texte long, exigeant, mais nécessaire. Quoi que l'on puisse penser, dans un premier temps, de son appel "à une plus grande mobilité stratégique" il est difficile de ne pas voir que le mouvement doive s'engager, dans les jours qui viennent, dans une nouvelle phase. Elle sera inévitablement plus complexe. D'une part parce que le premier moment de la construction du rapport de forces s'épuise avec le vote au sénat qui conduira, très probablement , à une rupture dans la stratégie du front syndical uni (l'Unsa nous en offre déjà les signes cliniques). D'autre part, parce que (mais on le pressentait sans doute dès le début) le conflit devra s'inscrire dans la durée. Nous sommes bien dans une crise sociale mais qui ne connaît pas ce caractère explosif qui permettrait une sorte de blitzkrieg. Les centrales syndicales n'ont pas été jusqu'ici débordées, et la conduite du mouvement est même resté sous leur parfait contrôle, même si les directions ont du céder parfois aux fédérations les plus combatives.
Il n'y a pas lieu en effet d'entretenir une quelconque crispation sur un mode de lutte. Mais nous avons bien de la marge entre les journées de mobilisation plus ou moins étirées et la grève reconduite au jour le jour, ainsi que parviennent à le faire les secteurs les plus combatifs et les mieux organisés. Ou entre les grèves dispersées et sans suivi et l'événement miraculeux que serait la "grève générale". Le mouvement doit s'inventer à chaque moment, mais il ne le peut concrètement que dans la poursuite de la grève, qui ouvre cet état d'exception où peuvent se constituer des possibles, et en assumant avec détermination le conflit comme une dimension essentielle d'une vie démocratique.
+ 1
+1 ; mais d'accord avec Corcuff pour dire que c'est maintenant qu'il faut s'occuper de construire les alternatives et l'infrastructure.
RE + 1
http://www.mediapart.fr/club/blog/vvfx/241010/cette-europe-quil-ne-faut-pas-montrer-la-veritable-dimension-du-mouvement-soci
Pour un mouvement de cette gravité historique, on ne peut se contenter de servir de vagues généralités. C'est sans aucune portée pratique et c'est se laver les mains comme Ponce Pilate. Il est afflligeant mais très révélateur de voir que de pseudo revolutionnaires ne veulent produire aucune analyse de ce qui manque au mouvement pour vaincre face à l'agression ouvertement provocatrice, destinée à i,nfliger une defaite décisive aux salariés et aux jeunes. Faunus a proposé d'entrée de jeu, lui, la Manifestation Centrale à Paris et Velveth comme d'autres détournent la tête, sans piper mot. Leur silence honteux en dit plus sur leur capitulation devant les appareils que tous leurs messages d'archivistes.
Ecoutez, M. Elie Carasso, si vous voulez lancer un mouvement de guerilla urbaine dès ce soir, dépêchez-vous, les manifestants sont dans une nasse policière près de l'immense Place des Invalides et ils vous attendent pour prendre la tête de l'insurrection...
Quelle honte, comme le disait plus haut LPVP, ces "gens" qui n'ont jamais foutu quoi que ce soit et qui veulent envoyer les autres au feu !
Beurk.
.
Suis de retour de la manif' avec une torsion du genou...
@Velveth,
au cas ou, dans votre esprit, je devrais me compter parmi "ces gens qui n'ont jamais foutu quoi que ce soit et qui veulent envoyer les autres au feu", je pense pouvoir dire que vous faites fausse route.
Bien à vous
P.S.: Faites du vélo, c'est très bon pour les genoux
à Faunus,
Je ne vous ai pas adressé la parole !
C'est juste pour le plaisir de parler ou quoi ?
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt le texte de Philippe Corcuff, aussi bien que les réactions très vives qu'il suscite. La vidéo sur la reprise du travail aux usines Wonder en juin 1968 est géniale. Cette belle femme qui refuse tous les compromis et qui hurle son horreur de l'exploitation et que personne ne réussira à calmer, c'est comme si elle était encore parmi nous.
C'est parce que je la sens parmi nous, forte et irréductible, mais seule encore et, par-delà son expression qu'on pourrait juger hystérique, visionnaire, que les liens qui nous unissent aux luttes passées, de la révolution à 68 en passant par la Commune, reprennent vie.
La discussion qui se déroule ici témoigne d'une reprise de vigueur du débat à gauche. Comme en 68. Souvenez-vous. Nous étions unis, certes, mais ça gueulait dans tous les sens, pas de concessions entre les réalistes du réformisme et ceux qui, réalistes plus encore, demandaient l'impossible. La force de mai 68, c'était aussi cette tension dans nos propres rangs, qui au-delà des formes révolutionnaires ou réformistes, exprimait une volonté commune de prendre en main notre destin social.
Je ne réussirais certainement pas à mettre d'accord ceux qui viennent de s'exprimer. Mais je voudrais vous soumettre une hypothèse qui vaut la peine qu'on l'examine.
Voici mon hypothèse : nous sommes à la veille de quelque chose d'important, de décisif, que l'on pourra ensuite qualifier de « victoire » — comme on peut trouver victorieux le mouvement de mai 68 — ou de supercherie — car les accords de Grenelle n'étaient pas dépourvus d'une part d'arnaque (j'entends encore d'ici les ricanements du ministre Jobert fier de la belle farce des concessions faites aux syndicats, les augmentations de salaire réduites à rien en trois mois d'inflation). Mon hypothèse, c'est que le mouvement qui se dessine pourrait nous mener vers une victoire dont nous ignorons encore les composantes et les limites.
Je demande à ceux qui font l'effort de suivre ma pensée l'indulgence de ne pas me tenir grief du choix des mots. Je fais ce que je peux avec ce que nous donne la langue. J'appelle donc mon hypothèse « victoire » en assumant toutes les limites de ce que sont les victoires. Pour prendre un exemple, mai 81, c'était une « victoire » mais il faudrait être aveugle pour n'y voir que ça.
Envisageons donc l'hypothèse d'une victoire. Inévitablement, elle ne pourra s'expliquer qu'A POSTERIORI, car nul n'est aujourd'hui capable de prédire ce qu'auront été les facteurs décisifs de la victoire qui vient. Pas plus que personne ne pourra s'enorgueillir d'en avoir été le visionnaire. La victoire s'imposera en tant que réel échappant autant à ceux qui la subiront qu'à ceux qui l'auront voulue.
Il résulte de mon hypothèse qu'il faut faire ABSOLUMENT confiance à ceux qui désirent cette victoire, quelles que soient les formes, radicales ou prudentes, de leur expression. Revoyez le film de Jacques Willement (merci Arpège !) . Le génie du cinéaste qui saisit ce moment de vie est de nous faire sentir que tous les protagonistes méritent qu'on les écoute. L'ouvrière trahie qui sait que le capitalisme continue, mais aussi les délégués syndicaux, maladroits, pathétiques peut-être, mais pas pourris, et le jeune gauchiste qui essaie de lancer son message : les luttes, surtout victorieuses, sont faites pour être reprises.
Examinons donc sérieusement l'hypothèse de la victoire pour l'expérimenter à l'épreuve des luttes. Nous n'avons à rien à perdre. Prenons acte de ce qui est : le mouvement. Et soyons prêts pour ce qui vient : une victoire. Et soyons toujours debout, éternels insatisfaits pour l'avenir : encore du mouvement !
Juste un mot encore, à l'intention d'Arpège. Le texte de Philippe Corcuff est très mal servi par son titre qui vous a, et c'est dommage, dissuadé de le lire. Une guérilla ne peut être ni durable (comme le développement capitaliste du même nom) ni, surtout, pacifique. Lisez-le quand même. Je n'espère pas vous réconcilier, mais nous avons en commun le désir d'une victoire dont nous ignorons la forme décisive. Nous avons en commun l'incapacité de survivre à son absence. Nous voulons cette victoire et pour elle nous sommes capables de tout, sacrifices et compromis, hâtes et patiences, nous sommes quelques-uns à la vouloir de façon vitale et capables pour elle de nous unir.
De mon coté il me semble que la question "comment faire durer un rapport de force entre la socièté civile et les pouvoirs en dehors des grèves" soit primordiale.
De mon coté je me pose les questions suivantes
A mes yeux cette action de grève ne doit pas viser uniquement la réforme des retraites et le pouvoir en place. Il s'agit de lutter pour restaurer des conditions de vie décentes pour l'ensemble de la socièté et par la même adresser quotidiennement un message à tous les politiques, et autres détenteurs des finances (qui sont quand même très proches les uns des autres) sur ce que nous voulons.
Mais comment faire? Il me semble que l'exemple de la consommation dans laquelle notre sociète est engagée nous démontre bien qu'une somme d'actions individuelles de faible ampleur (nos achats) provoque un mouvement de fond sans précédent (le monopole de certaines entreprises).
Alors tout simplement chaque jour, ne nous est il pas possible de nous demander si nos achats, nos choix, nos décisions servent le système en place ou si une autre décision n'aurait pas une action plus efficace contre.
Ainsi la vague continue de manifestation de notre mécontentement serait active au lieu que chacun d'entre nous n'attende le grand jour de la grève générale.
Cordialement
@François-Marie BILLARD,
le problème c'est, qu'en la France, nous sommes peu porter à avoir un comportement qui feraient qu'une somme d'action individuelle de faible ampleur (nos achat)" pourraient, très sérieusement, perturber le fonctionnement du système. Il n'est qu'à voir le nombre de voitures étrangères en circulation dans notre pays pour comprendre que notre "identité nationale" n'est pas celle des japonais ou des allemands. Cette singularité rend, à mon avis, difficile l'emprunt de la voie que vous appelez de vos vœux.
Bien à vous
Je pense qu'il faut à la fois être en veille pour appuyer tout mouvement qui irait vers une grande manif à Paris (avec toutes les difficultés que cela suppose, et en effet il faudrait dans ce cas une mobilisation et coordination de tous les échelons locaux des syndicats et des partis de gauche), mais aussi pratiquer individuellement cette guerilla que propose Philippe Corcuff (grève de la conso, ou au moins choix d'autre modes économiques et de proximité). L'individuel nourrit le collectif et inversement.
Et puis informer, diffuser, autour de nous. Je suis toujours stupéfaite du petit nombre d'individus qui essaient d'aller au delà des apparences médiatiques et cherchent à recouper leurs informations, aller plus loin dans l'analyse. D'ailleurs à ce sujet merci à vous tous, si je participe très rarement à vos débats, je les lis régulièrement avec jubilation.
"Plutôt que s'enfermer dans le « tout ou rien », grève (vraiment) générale ou effilochement du mouvement : des pistes pour un mouvement durable, multiforme et convergent..."
Merci de le dire, c'est essentiel !!!
Encore plus essentiel, ne pas faire faire le "lit" d'un autre employé de banque comme l'était Pompidou !!!
parce que, Vivre est un village,
entre "... la grève (vraiment) générale ou effilochement du mouvement", vous pensez qu'il y a la place pour quelque chose d'autre, vous aussi ?
il faudra expliquer cela avec des mots bien compréhensibles aux travailleurs... aux chômeurs... aux déjà retraités sans le sous. Aller leur dire qu'une "guérilla... pacifique" s'installera demain dès l'aube, bien avant qu'ils aient reçu la convocation à l'entretien préalable à leur licenciement et qu'ils aient bouffé leur dernier euros de smic...
Clausewitz doit s'en taper la sous-ventrière.
Nous sommes déjà dans un mouvement de guérilla sociale pacifique.
Il convient de trouver les moyens d'auto-organisation pour le faire grandir et durer avec des actions protéiformes, renouvelées et paralysantes.
Bien cher Velveth,
''trouver les moyens d'auto-organisation.''
Il n'y a plus que ça à faire en effet puisqu'il n'y a pas d'organisation citoyenne prête à faire grandir et durer les actions protéiformes en cours, fédérer les méconrenrements, canaliser et organiser la poussée.
Je le regrette beaucoup, mais il va en effet falloir s'organiser sur le fait.
Je sais que je rêve en insistant sur l'importance de la participation à ce mouvement des intellectuels qui ont du pouvoir pour aider ce mouvement...
Au lieu de taper sur Michel Onfray, très au dessus de la ceinture, il me semble que des philosophes de la psychanalyses, donc des philosophes de la vie ne devraient pas avoir plus important que de défendre la vie (sang rouge) par la défense de l'argent (sang bleu) !!!
Je suis allé hier chez Gibert Jeune Saint-Michel et j'ai beaucoup de mal à me remettre d'y avoir vu en tête de gondole les livres anti-Onfray 2 et anti-Onfray 3 !!!
Michel Onfray a commis une faute majeure en attaquant un cadavre en décomposition depuis plus de 50 ans temps qu'il aurait pu utiliser bien mieux en développant sa propre vison de la psychanalyse, science de la vie, à partir des enseignements d'Antiphon d'Athènes et des sagesses antiques !!!
Pourquoi commencer quelque chose sans aller jusqu'au bout et se perdre dans une jungle où il n'y a que des coups à prendre sans parler de sa position tellement incompréhensible qu'elle semble s'attaquer à la notion même de mieux vivre à partir de l'état actuel de la science psychanalytique...
Michel méritait un grand coup de pied au derrière, il lui a été donné, il n'est pas nécessaire de le pendre et au lieu d'essayer de le pendre Elisabeth Roudinesco ferait bien de prendre un peu de graine de cette vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=roY4sYq1wos pour donner elle aussi son apport à la résolution de notre crise actuelle de la culture...
Est-ce trop demander à Edwy Plenel de composer le carton d'invitation, je le sais plus doué que moi pour ce genre d'exercice...
D'avance merci pour tout effort dans cette direction...
Dans la stratégie managériale du noeud coulant, je dirais que ce texte s'inscrit dans la phase de préparation à la résignation. Car remettre au lendemain les actions qu'on peut mener aujourd'hui, c'est déjà se résigner. En se projetant dans des scénaris hypothétiques basés sur l'histoire des luttes en Italie, on se prépare à jouer petit bras en gardant un petit espoir, et donc finalement à démissionner, car le train train égocentrique quotidien reprend vite le dessus...
Si cette mobilisation finit comme celle de 2003, vous pouvez déjà compter une personne de moins dans les luttes futures s'il est existent encore, je peux vous le garantir.
C'est passionnant de parler pour ne rien dire sinon pour annoncer "sa démission" du mouvement social si ceci si cela ?
Diplodocus
une variante de ce schéma fut utilisée par la haute hiérarchie de France Telecom, schéma copié sur une nord-américaine qui décrivait les phases par où passait une personne à qui on annonçait une maladie mortelle. Une récente émission de télévision montrait que ce schéma montrait la très probable compréhension du risque de passages à l'acte suicidaires chez les salariés de France telecom, leur cynisme et leur brutalité.
Utiliser ce schéma, qui est contestable et... terriblement schématique, ici, est curieux.
Chère Pascal,
Arrêtez de chercher des infiltrés là où il n'y en a pas ! Cette tendance parano divise la gauche et vous le savez bien.
Je suis absolument au courant de la provenance et du rôle que ce schéma a pu jouer et c'est bien pourquoi je l'utilise ici car je sais aussi qu'un mouvement social peut se pourrir par la tête. Nous l'avons tous vécu en 2003. Et je pense qu'il est entrain d'être utilisé par certains syndicats dont vous êtes sans doute (je vous retourne la parano !).
De plus je connais aussi des personnes qui sont restées dans la phase déprime voire dépression du schéma suite à un mouvement social raté et je peux vous dire que ceux là ne sont pas prêts d'y retourner. Mais peut-être est-ce le but recherché ? En dégouter le plus possible...
Je ne vous parlais pas d'infiltrés, et le reportage que j'ai vu était un reportage classique.
La psychologie de bazar des DRH est une psychologie de tueurs, dans ce cas.
Ce schéma détourné de son contexte a été utilisé par des salauds.
Plus largemeznt, la psychologisation des conflits sociaux, et la référence à la nécessaire pédagogie, participe d' une phraséologie qui nie la lutte des classes.
C'est ce que je voulais dire. Mal dit sans doute.
Sur le rôle des directions syndicales, vous pouvez argumenter sans en référer à ces schémas. Mais le texte de Corcuff est plus criticable par un manque d'analyse de la stratégie de l'intersyndicale que par un quelconque suivisme, je crois.
Mais croyez-vous que ceux qui se sont engagés durant plusieurs mois de grèves en 2003 en sont sortis indemnes psychologiquement suite à la démission de la CFDT ?
Pour ma part, je pense que ce schéma certe contestable, comme tous les schémas, traduit assez bien le cheminement possible dans l'esprit de chaque gréviste qui adhère à un grand mouvement social qui se dégonfle.
Comment s'étonner ensuite de la perte d'influence des syndicats ?
Nous sommes dans une société dépressive, il serait donc criminel de faire pourrir ce mouvement.
Je suis OK sur le fait que l'article comporte des éléments très positifs, et je suis bien d'accord sur les méfaits de la grève générale prévisible et caricaturale, mais je crois que le moment est mal choisi pour le publier.
A ce moment de la grève, il m'a fait penser aux accompagnements vers l'inéluctable d'Elisabeth Kubler Ross, celle qui a pondu ce schéma !
Voilà aussi ce que je voulais dire.
Médiapart est fait pour discuter librement et ouvertement et c'est un outil formidable quand on l'utilise de cette façon. N'est-ce pas Velveth ? ;-)
@Velveth,
mais non Velveth, Diplodocus n'est pas passionnant, il est lucide.
Oui Velveth, et vos leçons ne m'impressionnent guère car tel est le ressenti de beaucoup de grèvistes indépendants que vous ne devez pas voir souvent derrière votre clavier.
Je ne donne aucune leçon.
Gratuitement, du moins.
C'est vous Velveth qui dénonciez le fait que je parlais pour ne rien dire !
Comment fait-on déjà pour insérer un mirroir dans un message ?
Quand les élites dominantes nous expliquent qu'"il n'y qu'une seule politique possible" en matière économique et sociale (ou plutôt un choix binaire : "néolibéralisme ou chaos"), nous les contestons légitimement au nom de plusieurs possibilités historiques à chaque moment (et pas seulement au nom de "l'autre politique", mais de plusieurs autres envisageables), dans une histoire qui n'est jamais écrite à l'avance.
Mais parfois n'avons-nous pas nous-mêmes des schémas analogues en tête, quand nous avons l'habitude de dire (du moins dans les gauches radicales) : "c'est la grève (vraiment) générale ou rien"? N'y a-t-il pourtant pas là aussi plusieurs possibilités historiques dans une histoire qui n'est pas écrite l'avance? Et l'inertie et la rigidité de certains schémas traditionnels ne nous affaiblissent-elles pas face aux élites dominantes, en nous enlevant de la mobilité face à elles? C'est l'axe central des interrogations que j'ai soumises aux individus et aux collectifs mobilisés (non pas à "eux" mais à "nous", à un "nous" pluriel, avec ses fortes différences et divergences : ceux qui sont prudents, voire modérés, et ceux qui sont radicaux, ceux qui croient en 2012 et ceux qui n'y croient pas, etc. et tous ceux pour qui ces oppositions n'ont pas nécessairement de sens).
Quant à Clausewitz, le grand théoricien prussien de la guerre, il me semblerait plutôt du côté de la plus grande mobilité (et des indications rapportées de Michel Foucault) : "Nous voyons donc que dès l'origine l'élément absolu, en quelque sorte mathématique, de la guerre, ne trouve aucune base certaine sur laquelle fonder les calculs relatifs à l'art de la guerre ; il s'y mêle d'emblée un jeu de possibilités et de probabilités, de bonne et de mauvaise fortune, qui se poursuit le long de chaque fil, gros ou mince, dont est tissée sa trame, et qui fait de la guerre l'activité humaine qui ressemble le plus à un jeu de cartes." (De la guerre, 1832-1834)
Votre propos, ici ramassé, pose magnifiquement les enjeux de votre texte que je trouve un peu difficile du fait de la mutiplicité des questions posées ou évoquées.
La question de la stratégie, de la subtilité dans l'analyse d'une situation, de la mobilité des groupes en action, du refus d'être prévisible par l'adversaire sont des enjeux cruciaux.
Rien ne dit que la droite n'a pas tiré les leçons de la lutte anti-CPE en particulier. Qu'elle est seulement ce front buté qu'elle nous présente.
Rien n'oblige à laisser le monopole de la rapidité d'action aux lycéens.
+ 1
Oui, et selon moi, la mobilité est d'autant plus possible que l'individu (moi, vous ...) reste vivant à deux choses :
* des convictions, des idées
* un qui-vive en ce qui concerne le non-pensé, l'inattendu ; en somme une forme d'ouverture politique, d'application quasi-radicale de la notion d'émancipation.
C'est sans doute une garantie de créativité.
Ceci est d'autant plus nécessaire que la lutte engagée déborde largement la question des retraites.
DU CONCRET :
UNE GREVE GENERALE RECONDUCTIBLE PAR REPARTITION
Le meilleur moyen de réaliser la guerre sociale durable et pacifique est la grève générale reconductible. Cette dernière se heurte aux conditions de précarité financières de ceux qui doivent entrer dans ce processus. Pour surmonter cette difficulté doit exister , au préalable, une caisse de grève capable de remplacer les salaires des grévistes.
Donc grève générale reconductible et caisse de grève doivent aller de pair et il faut commencer par alimenter la caisse.
Dans la perspective du prochain conflit.
Bien d'accord !
Proposons aux syndicats de demander à tous ceux qui sont solidaires du mouvement mais qui ne peuvent pas faire grève de cotiser à une caisse pour aider les routiers et les raffineurs, et/ou à les rejoindre dès que possible pour faire du nombre et pour les ravitailler.
Pour ça il faut savoir où se trouvent les points de blocage précisément.
A Rennes, voir plus haut (le blog de marcelhic ) il y a demande d'aide sur ce point.
Pour connaître actions et points de blocage, je pense qu'il faut passer apr
- les intersyndicales quand elles existent
-les comités de grève de tel ou tel lieu en grève (exemple, fac, lycée...)
Il y aura bien un syndicaliste qui sera au courant.
Les pistes proposées pour organiser la résistance de l'opinion sont rès intéressantes. Une caisse de solidarité pour soutenir financièrement les grévistes est une excellente idée. Imaginer les mouvement sociaux à travers une action mutualisée est une bonne proposition suceptible de faire durer le mouvement et le rendre efficace.
Un ouvrage sur la désobéissance civile vient de paraître aux Editions de la découverte.
Le président est conseillé par des policiers (Claude Guéant, Frédéric Péchenard, ...) concevant les rapports sociaux sur la base du principe hiérarchique : on obéit. Un tel autisme social accule le pouvoir à la politique du pire parce qu'il est dirigé par une personne incapable de dialoguer, d'où le blocage. Au-delà du problème de la réforme des retraites qui méprise toute discussion, l'opinion s'angoisse peut-être aussi sur l'avenir du pays dirigé par une personne enfermée dans ses certitudes.
Ce n'est pas la réforme qui pose problème ou qui inquiète le plus, mais le président. Le mieux serait qu'il s'en aille. N'est-ce pas là finalement la motivation réelle des protestations ?
En attendant, les médias annoncent 14% de grévistes chez les enseignants, qui parce que trop proches des lycéens en colère, se désolidarisent du mouvement. Évidemment, les images TV montrent uniquement des groupes de "jeunes" de la banlieue, pas les autres. Si la radicalisation est montrée sous cette forme, c'est pour exciter les esprits d'extrême droite, c'est flagrant. Rien n'exclut non plus l'infiltration de ces mouvements par des barbouzes.
Quoi qu'il en soit une analyse est possible :
Nous risquons d'assister à l'illustration parfaite de l'irresponsabilité des classes moyennes trop faiblardes dans la lutte et qui laissent du coup la place aux casseurs, ceux là même qui vont pourrir le mouvement.
Si on ne veut pas que ça se passe comme ça, il faut une organisation pacifiste beaucoup plus forte et plus ramifiée partout et que cette solidarité se voit nettement.
Un facteur sociologique du syndicalisme français me paraît important à prende en compte qui n'est pas commenté. Mais je peux me tromper.
Vous pourriez peut-être préciser ? (oups j'ai rien dit, j'avais pas vu que c'était un lien)
pour alimenter le débat
http://www.mediapart.fr/club/blog/hendrik-davi/191010/greve-de-masse-pour-aller-vers-une-constituante
Un débat si intéressant doit conduire à une première action simple :
On peut dès maintenant, et très concrètement, aider les salariés de grandpuits :
http://www.raffineriegrandpuits.fr/
Et désormais c'est encore mieux avec :
http://www.bizimugi.eu/grevesolidaire/
C'est formidable tout ça ! Faudra pas espérer autant que pour le téléthon, mais ça pourra certainement aider.
le théâtre du soleil qui a guidé l'effigie de la justice à la manifestation à Paris, met en ligne une pétition pour un référendum d'initiative citoyenne sur la réforme des retraites sur son site:
http://www.theatre-du-soleil.fr/thsol/index.php
L'idée d'un référendum est substitutive à l'actuel mouvement social.
En reprenant cette antienne de Ségolène Royal et Mélenchon, le risque est grand de détourner vers des solutions institutionnelles la colère de la rue.
D'autant, il faut le savoir, ce référendum est impossible en l'état: les décrets d'application élargissant les thèmes soumis à référendum ne sont jamais parus.
Continuons le combat, bloquons le pays, n'attendons rien de "l'institutionnel" !
"Substitutive" ? Non, elle est l'un des prolongements politiques de l'actuel mouvement.
Le texte mis en ligne de Corcuff met en avant les difficultés de la généralisation des grèves, il n'est pas inintéressant dans ce contexte d'associer le maximum de citoyens à la transformation de leurs sympathie, attestée par les sondages, en un acte clair. Surtout lorsque le pouvoir prétend que nous sommes minoritaires. Minoritaires, nons ? Eh bien, prenez-vous au mot et organiser donc un référendum, pour voir !
Ceci est de la politique et non un cheveu qu'on coupe en quatre.
Cher Serge Marcq,
Tout d'abord, ce référendum est impossible dans le cadre des institutions actuelles que ce soit le référendum d'Intiative Populaire (RIP) ou celui sur décision de...Nicolas Sarkozy.
Pour ce dernier, s'il lui prenait l'idée suicidaire d'organiser un référendum sur son projet de retraites, il ne le pourrait pas. L'élargissement des thématiques référendaires n'ont jamais eu de suites en décrets d'application.
Pour le RIP, idem.
En outre, tous les syndicats y sont opposés car ils ont bien compris qu'une telle initiative signerait le glas des luttes sociales car il s'agit bien d'une initiative substitutive profondémment réformiste (je suis gentil).
Substituer une lutte, un affrontement social majeur dans les formes proposées dans le texte de Corcuff est équivalent à ceux, nombreux, qui disent "attendons 2012" !!!
Ben voyons...
"Substitutive" ? Non, elle est l'un des prolongements politiques de l'actuel mouvement. Le texte mis en ligne de Corcuff met en avant les difficultés de la généralisation des grèves, il n'est pas inintéressant dans ce contexte d'associer le maximum de citoyens à la transformation de leurs sympathie, attestée par les sondages, en un acte clair. Surtout lorsque le pouvoir prétend que nous sommes minoritaires. Minoritaires, nons ? Eh bien, prenez-vous au mot et organiser donc un référendum, pour voir ! Ceci est de la politique et non un cheveu qu'on coupe en quatre.
Voir ci-dessus ma réponse.
Bien à vous.
Le prolongement politique de l'actuel mouvement personne ne le connaît encore et il n'y a certainement pas lieu de l'anticiper.
Le référendum n'offre par ailleurs aucune garantie démocratique de principe. Un vote ne suffit pas à consacrer une vie démocratique. Le problème aujourd'hui n'est pas de savoir si on va pouvoir aller voter (en 2012 ou un peu avant, lors d'une élection ou lors d'un réferendum) mais s'il est possible d'écouter des millions de salariés qui dans la rue et par la grève refusent une réforme injuste et qui n'a jamais été négociée. Par ailleurs si nous ne sommes vraiment qu'un peuple de crétins qui doit recevoir chaque matin et chaque soir sur les radios et les télévisions d'Etat et du patronat des cours de rattrapage ou, pour la frange la plus récalcitrante, qui doit être réquisitionné pour aller bosser sous la menace des forces de police, on ne voit vraiment pas l'intérêt de nous consulter, si ce n'est éventuellement pour un plébiscite.
+ 1
Dans la situation actuelle, un referendum n'aurait d'intérêt qu'organisé par le mouvement lui-même, et comme support pour aller à la rencontre des 70% de personnes qui soutienent le mouvement sans y participer encore.
Mais pour le moment, l'heure est plutôt aux blocages stratégiques (et pacifiques, donc bien organisés , relayés).
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trouvé ce lien qui recense des actions de blocage :
http://juralibertaire.over-blog.com/
Je sais que je rêve en insistant sur l'importance de la participation à ce mouvement des intellectuels qui ont du pouvoir pour aider ce mouvement...
Au lieu de taper sur Michel Onfray, très au dessus de la ceinture, il me semble que des philosophes de la psychanalyses, donc des philosophes de la vie ne devraient pas avoir plus important que de défendre la vie (sang rouge) par la défense de l'argent (sang bleu) !!!
Je suis allé hier chez Gibert Jeune Saint-Michel et j'ai beaucoup de mal à me remettre d'y avoir vu en tête de gondole les livres anti-Onfray 2 et anti-Onfray 3 !!!
Michel Onfray a commis une faute majeure en attaquant un cadavre en décomposition depuis plus de 50 ans temps qu'il aurait pu utiliser bien mieux en développant sa propre vison de la psychanalyse, science de la vie, à partir des enseignements d'Antiphon d'Athènes et des sagesses antiques !!!
Pourquoi commencer quelque chose sans aller jusqu'au bout et se perdre dans une jungle où il n'y a que des coups à prendre sans parler de sa position tellement incompréhensible qu'elle semble s'attaquer à la notion même de mieux vivre à partir de l'état actuel de la science psychanalytique...
Michel méritait un grand coup de pied au derrière, il lui a été donné, il n'est pas nécessaire de le pendre et au lieu d'essayer de le pendre Elisabeth Roudinesco ferait bien de prendre un peu de graine de cette vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=roY4sYq1wos pour donner elle aussi son apport à la résolution de notre crise actuelle de la culture...
Est-ce trop demander à Edwy Plenel de composer le carton d'invitation, je le sais plus doué que moi pour ce genre d'exercice...
D'avance merci.
J'avoue humblement que lorsque le texte est trop long, je ne le lis pas jusqu'au bout, même s'il est intéressant; ceci par manque de temps pour les mille et une autres activités journalières harassantes.
Je propose, pour ceux qui sont dans mon cas, un genre d'article factuel:
une liste:
-de faits,
-de forts soupçons étayés par des révélations,
-de mensonges,
-de scandales
(Bettencourt-Schuller et l'histoire de cette famille enfin mise à jour, Wildenstein, deux affaires d'évasions fiscale massive (sur combien de cachées?); Woerth et épouze placée où il faut, et les terrains de Chantilly cédés à prix d'ami, les copains du maire Woerth des écuries pur-sang ultrariches, les millions des sondages élyséens, les retraites cumulatives des ex-politiques ou parlementaires qui nous imposent la misère pour la nôtre, Jean Sarko époux Darty promis à la domination de l'Europe économique avec une 2ème année ratée de fac de Droit - l'Epad, les époux Balkani voyous-escrocs des Hauts de Seine, les frères casinotiers et marchands d'armes, les meurtres indirects des 15 de la DCN pour de l'argent Balladur et Sarkozy complices dans l'affaire fortement présumée, l'avion présidentiel hors de prix, les amitiés avec les dictateurs africains, l'île de la Jatte, la catholicisation du pouvoir présidentiel, le règne autoritaire et sans partage du président-emperator, les accords de Borloo avec JPMorgan pour nous vendre le gaz à prix d'or, la casse de la Sécu où le gouvernement puise sans jamais rembourser, la caisse noire de l'IUMM pour liquider les protestataires, les soutiens aux banquiers que les citoyens sont forcés de leur offrir après avoir été volés par eux, les jeux sur internet qui rapportent des milliards aux copains, la complicité avec Chirac le voleur de 21 salaires fictifs, les médias à la botte de l'agité et les autres sur lesquels il crache ouvertement, la tentative de dictature par suppression du juge d'instruction, les copains "people" corses dont la tranquillité dérangée cause la révocation d'un serviteur de l'Etat, le Fouquet's de nos gueules, les yatch du milliardaire, la façon dont Sarkozy a avancé ses pions en épousant la nièce Peretti maire de Neuilly, puis dans cette même mairie comment il a séduit une jeune mariée, puis comment il a trompé tout le public avec le retour de goguette de Cécilia juste pour son show d'intronisation, etc........)
-de promesses non tenues ou/et
-trahies.
Une simple liste d'évocations, car pour les développements, ils sont soit déjà connus et établis, soit fortement soupçonnés et ne seront de toute façon pas correctement jugés, du moins pas avant longtemps s'ils sont jugés un jour...
Cela objectiverait les raisons de la colère qui s'exprime, et la rendrait ainsi plus percutante et légitime.
Car il est clair pour tout le monde maintenant qu'en 2007 a été élu à la tête de ce pays (grâce à de riches donateurs et donatrice) , un vulgaire voyou...une racaille!!!
Le karsher, c'est maintenant les citoyens qui le tiennent, pour nettoyer toute cette racaille.
Les gens ne sont pas dupes de cette énorme corruption qui s'ajoute à l'énorme vulgarité des pantins du MEDEF qui siègent dans nos bureaux dorés au-dessus de nos vies, protégés des gardes du corps et des dispositifs que nous payons pour qu'ils en usent.
L'opinion des journalistes à mon sens importe moins que les faits concrets ou les soupçons de scandales avec leurs éléments avérés qu'ils ont vocation à rapporter ou rassembler pour offrir une vue d'ensemble de la situation à des gens submergés par la confusion induite par les multiples désinformations et déformations.
Si l'on s'abonne à un journal, c'est d'abord que l'on fait confiance à ses enquêtes et synthèses.
De longs exposés rhétoriques me font fuir personnellement, ainsi que les références systématiques au passé ou à d'autres expériences.
En réalité, je me sens submergé par les flots de mots et de phrases chargées de ces multiples opinions et références.
J'aimerais beaucoup avoir accès à une claire synthèse de faits.
Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, c'est ce dont nous avons tous besoin: bien concevoir la situation telle que les faits la font.
Croyez-vous pouvoir nous proposer cela? Merci si vous le pouvez.
J'oubliais dans ma liste de scandales connus, les années où l'agent-en-chef-du-Medef qui nous sert d'image nationale était ministre d'Etat plusieurs fois et plusieurs années, avec un gros pouvoir, et j'oubliais ses coups de gueules à l'improviste dans les commissariats pour imposer ses délires de chiffres avec la police qui n'était pas là pour faire amis avec les jeunes, j'oubliais aussi son grand mentor Pasqua qui passe depuis des années à travers toutes les enquêtes sur ses récurrents affaires de corruption, les copains Procureurs très proches, les copains de gauche, les copains marchands d'armes, les Forgeard qui s'en sortent indemne de vols massifs, les circulaires cachées sur les groupes "ethniques" qui sont en France depuis des générations, la honte sur le discours aux Africains de Dakar, la honte, la honte, ...ça suffit.
Il faut sortir ce petit malfrat de là où il se vautre avec sa nouvelle starlette fortunée, à nos frais.
Mon seul problème est que cela ne m'a pas montré même si je suis prêt à tout envisager, en quoi cela peut permettre de gagner des batailles de manière significative.... amitiés
jl npa
Mon seul problème est que cela ne m'a pas montré même si je suis prêt à tout envisager, en quoi cela peut permettre de gagner des batailles de manière significative.... amitiés
jl npa
Je rebondis avec retard...
Il n'y a pas de garantie définitive en matière d'histoire humaine qui ne peut pas échapper à l'incertitude. Donc il n'y a aucune garantie de "gagner des batailles de manière significative". Au mieux nous énonçons des paris raisonnés dans un contexte d'incertitude relative; paris raisonnés associant repères critiques issus du passé et "analyses conrètes de situations concrètes" à chaque fois spécifiques.
C'est pourquoi il vaut mieux abandonner "les modèles" qui prétendraient, quelles que soient les situations, apporter une solution, nous ramener vers les chemins de la certitude (d'une religion religieuse ou laïque? d'une "avant-garde" omnisciente?...).
En ce sens, "la grève générale" ne constitue pas un tel "modèle", mais au mieux un imaginaire invitant à la généralisation et aux convergences face aux risques d'éparpillement. D'ailleurs, historiquement, très peu d'acquis sociaux et sociétaux ont été générés par une (vraie) "grève générale"; type d'événement assez rare du reste.
Soyons suffisamment mobiles pour tirer le meilleur de ce qui se passe, plutôt que de vouloir nécessairement le faire rentrer dans des cases pré-établies. Essayons d'apprendre d'un mouvement, et ne prétendons pas seulement lui apprendre. Accordons une certaine importance à la façon dont se pratique un mouvement (dans la façon dont il sème des gages d'émancipation individuelle et collective), et pas seulement à ce à quoi il aboutit ("gagner des batailles"), bref ne séparons pas le contenu alternatif des politiques visées du rapport alternatif à la politique engagé.
Cela me fait tout à fait penser à ce que Deleuze et Guattari pouvaient dire à l'occasion d'une réflexion sur Mai 68. Je cite de mémoire : "il faut se libérer de la hantise anxiogène et culpabilisante de la victoire et de la défaite". Certes en un sens, et à la suite par exemple de Schmitt et même de Foucault, il faut bien penser la politique comme guerre, ne serait-ce que pour démasquer l'affabulation juridique qui masque l'exercice de la domination. Mais ce discours de la bataille ne permet pas de rendre compte de ce qui inscrit un tel mouvement dans un devenir, dans une production intempestive de possibles ou de création de nouveautés, plutôt que dans le développement même dialectique d'une histoire. Chacun le sait désormais, même si c'est devenu un lieu commun du deleuzianisme : "résister c'est créer !".
Oui la rage...mais comme un des moteurs principaux de l'action, rencontrant le filtre de la raison critique, dans une alliance inédite du sensible et de l'intelligible. Justement comme dans les plus beaux textes du sous-commandant Maros et de Keny Arkana. Rage s'ouvrant aussi à la créativité, encore une fois comme chez Marcos et Arkana, en ne s'abîmant pas alors dans les aigreurs auto-destructrices du ressentiment.