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Georges Brassens ou la fragilité libertaire

Á l'occasion d'une exposition parisienne, un retour sur les fulgurances, l'humour et quelques faiblesses libertaires traversant des chansons qui ont égayé et mélancolisé nos existences...avec des vidéos.
Le trentième anniversaire de la mort de Georges Brassens risque d'effacer, dans des hommages consensuels, ses rugosités anarchistes. Cependant l'exposition « Brassens ou la liberté » de Clémentine Deroudille et Joann Sfar à la Cité de la musique rappelle l'engagement de celui qui collabora au journal de la Fédération Anarchiste, Le Libertaire. Il ne s'agit pas d'enrôler le poète à des fins partisanes : ce serait contraire à son réjouissant individualisme de porc-épic. Mais pourquoi ne pas nourrir notre éthique politique de quelques-unes des chansons qui ont accompagné différents âges de nos vies ?
« Je vivais à l'écart de la place publique,/Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique... » : Les trompettes de la renommée (1961) expriment le souci premier de la défense de l'autonomie individuelle face aux conformismes sociaux. Ce qui ne signifie pas le refus des sociabilités, célébrées dans Les copains d'abord (1964). Dans cette antinomie, on trouve comme un écho à un des grands penseurs américains, Ralph Waldo Emerson : « La solitude est impraticable, et la société fatale. Nous devons garder la tête dans l'une et nos mains dans l'autre. Nous y parviendrons si nous conservons notre indépendance sans perdre notre sympathie » (Société et solitude, 1870). Chez Ralph Waldo Emerson comme chez Georges Brassens, le point d'équilibre apparaît fuyant, entre pression sociale et isolement, joies de la convivialité et plaisirs de l'introspection.
Rétif à un « tout collectif » étouffant, Brassens a choqué les adorateurs postsoixante-huitards des posters du Che avec Mourir pour des idées (1972). On n'est pourtant pas obligé de comprendre cette interpellation comme un crachat sur l'héroïsme. Pourquoi ne pas l'entendre comme une petite voix critique doublant les légitimes élans romantiques ? 1) En rappelant la valeur de la vie humaine : « Mais de grâce, morbleu! laissez vivre les autres !/La vie est à peu près leur seul luxe ici bas » ; 2) en pointant les écarts entre les moyens et les fins de l'action émancipatrice : « Encore s'il suffisait de quelques hécatombes/Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât/Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent/Au paradis sur terre on y serait déjà » ; et 3) en ironisant sur les dogmes périssables : « Allons vers l'autre monde en flânant en chemin/Car, à forcer l'allure, il arrive qu'on meure/Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain ».
Davantage que le geste désespéré de Mohammed Bouazizi à Sidi Bouzid, les paroles de Brassens moqueraient les gesticulations médiatiques d'un BHL : « Les Saint Jean Bouche d'0r qui prêchent le martyre/Le plus souvent, d'ailleurs, s'attardent ici-bas ». Au cœur d'une guérilla altermondialiste, le sous-commandant Marcos a fait droit à une telle petite voix : « Nous ne voulons pas qu'on hérite de nous le culte de la mort...pour lutter il faut être en vie ».
Brassens est aussi un poète du surgissement de l'inédit dans la banalité du quotidien. La fatalité de la répétition peut être déjouée par l'inattendu. Il y aurait bien de l'utopique dans l'ordinaire, non au sens d'un monde idéal fermé sur lui-même mais de la préservation d'un ailleurs ici bas. Á l'écart des stéréotypes de l'ensoleillement, c'est de la pluie que jaillit la luminosité dans Le parapluie (1953) et L'orage (1960). L'utopie chemine à travers de véritables instants d'éternité, bousculant la succession linéaire du temps pour rapatrier le sens de l'éternel du divin vers l'humain : « Un p'tit coin d'parapluie/Contre un coin d'paradis/Elle avait quelque chos' d'un ange ».
Mais ces moments utopiques sont fugaces, comme le rappelle le poème d'Antoine Pol métamorphosé en chanson par Brassens en 1972, Les passantes : « Á celle qu'on voir apparaître/Une seconde à sa fenêtre/Et qui, preste, s'évanouit ». Ces « chères images aperçues », « tous ces bonheurs entrevus » donnent une coloration mélancolique à nos rêves d'ailleurs. Mélancolique au sens où L'Encyclopédie de d'Alembert et Diderot a arrimé le mot « mélancolie » à la conscience des fragilités humaines : « C'est le sentiment habituel de nos imperfections ».
L'imperfection n'épargne d'ailleurs pas Brassens lui-même. Sa fort controversée chanson Les deux oncles (1964), «l'un aimait les Tommies, l'autre aimait les Teutons », garde un goût amer. Quand le pacifisme banalise, dans une attristante symétrie, la barbarie nazie ! L'erreur apparaît bien inéliminable dans notre rapport à nous-mêmes et au monde.
Transformer Brassens en icône, sans failles, serait tellement éloigné de la sensibilité libertaire qu'il nous a léguée. Si les langues de bois des politiciens professionnels pouvaient en être affectées et la gauche éviter les clichés du type Le retour des morts-vivants pour retrouver le visage farceur de Tonton Nestor (1960).
Paru dans Libération, sous le titre « Brassens, l'utopie au quotidien », mercredi 20 avril 2011
Compléments :
* Sur Brassens, voir :
- Marc Wilmet, Brassens le libertaire. La chanterelle et le bourdon, Bruxelles, Les éditions Aden, 2010, 10 euros (avec un choix des textes anarchistes de Brassens parus dans Le Libertaire en 1946-1947)
- Clémentine Deroudille, Brassens. Le libertaire de la chanson, Paris, Gallimard, collection « Découvertes », 2011, 13,20 euros (par la co-organisatrice de l'exposition de la Cité de la Musique, une riche iconographie, des témoignages et des documents dans la logique de la collection)
* Sur des fils philosophiques, sociologiques et politiques dans la chanson, le cinéma ou le roman noir, voir Philippe Corcuff, B.a.-ba philosophique de la politique pour ceux qui ne sont ni énarques, ni politiciens, ni patrons, ni journalistes, éditions Textuel, collection « petite Encyclopédie Critique', mars 2011 ; sur Mediapart, voir « Á contre-courant de la politique du buzz : une gauche des cerveaux lents et des cerfs-volants ? », 11 mars 2011.

Tous les commentaires
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Merci, cher Philippe, de nous signaler les bons textes :
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Philippe Corcuff, B.a.-ba philosophique de la politique pour ceux qui ne sont ni énarques, ni politiciens, ni patrons, ni journalistes, éditions Textuel, collection « petite Encyclopédie Critique', mars 2011
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jpylg
Ce n'est pas enrôler Brassens dans quoique ce soit que de signaler ce fait: pour ce qui est d'être anarchiste, il le fut au point de devenir administrateur de la Fédération Anarchiste en52-53, ce qui à l'époque, n'était pas un engagement anodin.
Par ailleurs, le mot "libertaire" a bien changé de sens en un demi siècle: il signifiait une opposition politique et miliante irréductible au capitalisme et à toutes les formes d'exploitation de l'homme par l'homme et notamment face aux dérives autoritaires du socialisme, cf le role des "minorités agissantes" chargées d'assurer la "transition" etc. ( allez voir les textes de LO vous ne serez pas décus).
Il a depuis pris une allure "soft", et il semble que dans le marais, "libertaire" désigne désormais les abonnés à Libération quand ils ont passé la soixantaine.
Merci pour les docs :-)
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" il semble que dans le marais, "libertaire" désigne désormais les abonnés à Libération quand ils ont passé la soixantaine. "
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Je crois qu'il y en a aussi un bon paquet dans telle ou telle université populaire parmi celles où crapahute notre ami Philippe.
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Si j'osais me permettre un tout petit reproche, ce serait pour lui dire que sa pub est vraiment trop discrète, car la petite collection qu'il dirige et dans laquelle, si je comprends bien, en tant que personne, il vient de frapper, est excellente.
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Heureusement que je suis là ...
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J'ai toujours pensé que "Les Deux Oncles" renvoyait à la guerre de 1914-1918.
Ai-je toujours mal écouté?
Corcuff oublie que quand Brassens a fait la chanson, la (grande) guerre de 14 était encore plus présente que la (drole de) guerre de 40, qui n'a pas eu lieu. Et la question n'était pas vraiment le nazisme (le génocide) pour la guerre de 40 elle-même, mais l'occupation.
L'abbé Corcuff (cf. "l'abbé Brel" selon Brassens) semble un peu trop vouloir donner son nihil obstat "de gauche" à quelqu'un qui n'en a pas besoin. Le pb (à l'époque et aujourd'hui) était le statut de l'individualisme contre le communisme (stalinien). Et l'individualisme n'est toujours pas assimilé à gauche (y compris chez ceux qui, comme Corcuff essaient de le penser et de le relégitimer).
En terme de science politique formelle, j'ai proposé un remplacement de l'opposition droite/gauche (capitalisme/socialisme) par une tripolarisation Etat/Société/Individu, qui permet de résoudre le pb.
NB. Comme je l'ai dit dans un post ailleurs, une erreur de Brassens est une minimisation du racisme (surtout dans sa région) dans un de ses derniers disques (encore qu'il faut voir à voir, parce que rien n'est simple):
"Et s'il te traite d'étranger
Que tu sois de Naples, d'Angers
Ou d'ailleurs, remets pas la veste.
Lui, quand il t'adopte, pardi!
Il veut pas que ce soit le dit,
C'est un modeste."
(Le Modeste)
C'est une chanson contre la guerre en général, mais plusieurs éléments font référence à la deuxième guerre mondiale :
- "Que l'on a requinqué, dans le ciel de Verdun/Les étoiles ternies du maréchal Pétain"
- "Que vos fill's et vos fils vont, la main dans la main/Faire l'amour ensemble et l'Europ' de demain"
- "De vos épurations, vos collaborations"
En suivant pour une part Jacques Bolo, on peut dire que la deuxième guerre mondiale est vue exclusivement sous l'angle de la première, sans saisir les spécificités du nazisme. Le pacifisme né de la boucherie de 14-18 a empêché un certain nombre de personnes, dès les années 1930, de prendre la mesure des fascismes.
" En suivant pour une part Jacques Bolo, "
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Sans vouloir vous importuner outre-mesure, cher Philippe, vous n'envisageriez pas, - dans votre souci d'homme de dialogue,- de me suivre pour une part, dans mes remarques sur votre désir (légitime) de rafraîchir votre image de marque d'extrémiste, qui n'est plus très à la mode ?
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jpylg
C'est que je ne me reconnais pas dans cette image d'"extrémiste". Je suis simplement de gauche.
J'ai passé 17 ans au PS (auquel j'ai adhéré lycéen), alors que celui-ci se proposait de "rompre avec le capitalisme". Assez lent d'esprit, il m'a fallu de nombreuses années pour revenir de manière critique sur cette expérience. La rencontre plus tardive avec les idées libertaires m'a conduit à pointer au moins deux manques du militantisme de ma jeunesse : 1) la critique libertaire de la professionnalisation politique et de l'étatisme, et 2) la réévaluation libertaire de l'individualité par rapport à l'hégémonie d'un "logiciel collectiviste" sur la gauche socialiste, communiste et syndicaliste après la guerre de 1914-18 en France.
Mais comme j'ai gardé de mon militantisme passé un certain pragmatisme, et que je ne fais pas de la participation aux élections un tabou (ni le principal, mais quelque chose de secondaire dans la réinvention d'une démocratie élargie), je me sens, pour l'instant, plus à ma place au NPA que dans un groupe anarchiste. D'ailleurs est né la semaine dernière le Réseau de réflexions et de pratiques autogestionnaires et libertaires dans le NPA.
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Je vous remercie de ces précisions. Tout particulièrement la dernière sur une éventuelle ....oserons-nous dire ouverture...? du NPA.
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Je vous ai toujours considéré comme non seulement compétent mais aussi sincère (comme Velveth, par exemple) ; sans quoi je ne vous harcèlerai pas .
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Quant à votre lenteur d'esprit et à celle de votre évolution, je ne peux qu'être d'accord ; mais je serais mal placé pour vous le reprocher, ayant 69 ans et n'ayant toujours pas compris ce que les perroquets formatés appellent démocratie.
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jpylg
Monsieur Corcuff,
Il y a chez vous quelque chose du PS.
Le NPA, c'est le PS sans DSK, Royal, Hollande et Aubry. Avec option "Pratiques autogestionnaires et libertaires". Bref, une avancée considérable...
Monsieur Corcuff,
Les électeurs (ceux que la Loi fait électeurs) seront-ils invités à voter pour vous à la Présidentielle de 2012 ? Si oui, pourquoi ?
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" Le pb (à l'époque et aujourd'hui) était le statut de l'individualisme contre le communisme (stalinien). "
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Bien vu ! Le problème de notre ami philippe est qu'il est un bienpensant d'extrême-gauche, image qu'il aimerait rafraîchir un peu, au bénéfice d'une image de libertaire, dont il pense, non sans raison, qu'elle serait plus seyante.
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jpylg
Justement, revenons à l'individualisme foncier de GB qu'on trouve par exemple dans "le pluriel"
Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu! c'est ma règle et j'y tiens.
Dans les noms des partants on ne verra pas le mien.
Dieu! que de processions, de monomes, de groupes,
Que de rassemblements, de cortèges divers, -
Que de ligues, que de cliques, que de meutes, que de troupes!
Pour un tel inventaire il faudrait un Prévert.
Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu! c'est ma règle et j'y tiens.
Parmi les cris des loups on n'entend pas le mien.
Auquel il a été répondu de si plaisante façon par ferrat :
En groupe en ligue en procession
Depuis deux cents générations
Si j'ai souvent commis des fautes
Qu'on me donne tort ou raison
De grèves en révolutions
Je n'ai fait que penser aux autres
Pareil à tous ces compagnons
Qui de Charonne à la Nation
En ont vu défiler parole
Des pèlerines et des bâtons
Sans jamais rater l'occasion
De se faire casser la gueule
En groupe en ligue en procession
Et puis tout seul à l'occasion
J'en ferai la preuve par quatre
S'il m'arrive Marie-Jésus
D'en avoir vraiment plein le cul
Je continuerai de me battre
On peut me dire sans rémission
Qu'en groupe en ligue en procession
On a l'intelligence bête
Je n'ai qu'une consolation
C'est qu'on peut être seul et con
Et que dans ce cas on le reste
C'est d'ailleur un motif de discussion (radio ou télé je ne sais plus) entre Jean Ferrat et Georges Brassens.
Brassens a beau brandir un individualisme forcené mais force est de constater qu'il a toujours vécu entouré de très bons et nombreux amis.
Un de ses plus grands succès "Les Copains d'abord" (que je déteste par ailleurs pour le rabachage qu'en ont fait les radios) est un hymne) au groupe.
Le débat entre Brassens et Ferrat sur les rapports individuel/collectif comme sur l'engagement dans la chanson est reproduit dans l'exposition de la Cité de la Musique. Il a eu lieu en 1964 dans une émission télévisée de Jean-Pierre Chabrol. Il apparaît intéressant du double point de vue politique et esthétique. Sur le plan individuel/collectif, les deux tendent à tirer exclusivement leur point de vue vers un pôle, ce qui est en décalage avec le contenu plus nuancé de leurs chansons : Brassens se situe sur le strict plan individuel (mais dans ses chansons il y a aussi des choses comme "Les copains d'abord") et Ferrat se positionne sur le plan principalement collectif en phase avec le discours communiste de l'époque (mais ses chansons laissent place à des individualités et du point de vue de l'écriture à sa subjectivité propre).
Le dialogue auquel tu fais allusion est visible ici : http://www.ina.fr/media/entretiens/video/I00014178/georges-brassens-jean-ferrat-dialogue-sur-l-engagement.fr.html et montre bien la différence (de taille) entre Ferrat et Brassens... Même si ils sont d'accord sur un certain nombre de points, ils "assument leurs désacords", d'une façon pas si carricaturale que tu as l'air de le penser, mais en tout cas "amicale"...
Vive la différence !
Monsieur Corcuff,
Quelle différence entre un anti-idée communiste et vous ?
MERCI
Merci, merci et encore merci pour ce plaisir !. Il est parti trop tôt, il aurait pu encore chanté longtemps.......
Merci ,du partage à l'ecoute de Brassens .
Ce qui ajoute , je pense, à vos propos :
c'est le texte qu'il n'a pas eut le temps d'interpreter .
" Les chateaux de sable "
Version Maxime Le Forestier ( petits bonheur posthumes )
Là nous devinons bien , son regard sur les conflits .
Il reste à l'ecart , et en tire conclusion .
( Il est trop tard pour que je puisse en recopier le texte )
peut etre "demain " si vous ne l'avez trouvé .
(un petit chef d'oeuvre de plus )
Merci cordialement .
Les "chateaux de sables" par Brassens :
Je chante la petite guerre
Des braves enfants de naguère
Qui sur la plage ont bataillé
Pour sauver un château de sable
Et ses remparts infranchissables
Qu'une vague allait balayer.
J'en étais : l'arme à la bretelle,
Retranchés dans la citadelle,
De pied ferme nous attendions
Une cohorte sarrasine
Partie de la côte voisine
A l'assaut de notre bastion.
A cent pas de là sur la dune,
En attendant que la fortune
Des armes sourie aux vainqueurs,
Languissant d'être courtisées
Nos promises, nos fiancées
Préparaient doucement leur coeur.
Tout à coup l'Armada sauvage
Déferla sur notre rivage
Avec ses lances, ses pavois,
Pour commettre force rapines,
Et même enlever nos Sabines
Plus belles que les leurs, ma foi.
La mêlée fut digne d'Homère,
Et la défaite bien amère
A l'ennemi pourtant nombreux,
Qu'on battit à plate couture,
Qui partit en déconfiture
En déroute, en sauve-qui-peut.
Oui, cette horde de barbares
Que notre fureur désempare
Fit retraite avec ses vaisseaux,
En n'emportant pour tous trophées,
Moins que rien, deux balles crevées,
Trois raquettes, quatre cerceaux.
Après la victoire fameuse
En chantant l'air de "Sambre et Meuse"
Et de la "Marseillaise", ô gué,
On courut vers la récompense
Que le joli sexe dispense
Aux petits héros fatigués.
Tandis que tout bas à l'oreille
De nos Fanny, de nos Mireille,
On racontait notre saga,
Qu'au doigt on leur passait la bague,
Surgit une espèce de vague
Que personne ne remarqua.
Au demeurant ce n'était qu'une
Vague sans amplitude aucune,
Une vaguelette égarée,
Mais en atteignant au rivage
Elle causa plus de ravages,
De dégâts qu'un raz-de-marée.
Expéditive, la traîtresse
Investit notre forteresse,
La renversant, la détruisant.
Adieu donjon, tours et courtines,
Que quatre gouttes anodines
Avaient effacés en passant.
A quelque temps de là nous sommes
Allés mener parmi les hommes
D'autres barouds plus décevants,
Allés mener d'autres campagnes,
Où les châteaux sont plus d'Espagne,
Et de sable qu'auparavant.
Quand je vois lutter sur la plage
Des soldats à la fleur de l'âge,
Je ne les décourage pas,
Quoique je sache, ayant naguère
Livré moi-même cette guerre,
L'issue fatale du combat.
Je sais que malgré leur défense,
Leur histoire est perdue d'avance,
Mais je les laisse batailler,
Pour sauver un château de sable
Et ses remparts infranchissables,
Qu'une vague va balayer.
a mettre en parallèle avec le titre éponyme de "Soprano" :
C'est sous le préau des collèges la première fois qu'on s'est touché les lèvres
Depuis mes yeux te chantent ne me quitte pas de Brel
Je me rappelle on se parlait qu'avec des poèmes
On passé des nuit blanches a s'endetter chez SFR
On refaisait le monde avec le pinceau de notre utopie
On se racontait nos vie comme lors d'une thérapie
On revait d'une grande famille au bord de mer, d'une grande cérémonie après le OUI devant le maire
C'était nous contre le monde et ca quoi qu'il arrive
Pire quand mon épiderme ta rendue orpheline
On s'était promis de voyager sur le dos d'un éléphant traverser les océans pour s'échouer sur une ile
Tu rêvais d'être infirmière et moi d'être avocat
On s'est jurés que nos enfants auraient la Baraka
On croyait que notre amour nous protégerait de tout
Mais la vie de couple ne se resume pas qu'a I love you ..
Refrain:
On croyait que l'amour nous suffirait
On croyait que l'amour nous sauverait
On croyait que l'amour nous protégerait
Mais la vie avec le temps nous a volé nos rêves ..
Soprano:
6ans plus tard j'ai l'impression que les nuages ne pleurent que sur nos têtes
Agent de secu ca ne suffit pas pour rembourser nos dettes
Femme de ménage ca ne suffit pas pour remplir les assiettes
De ces bijoux qui n'ont jamais demandé a naître
Dis moi A quoi sert mon bac +5?
A quoi sert d'être un homme honnete quand tu n'peux pas mettre a l'abri les gens que t'aime
Dis moi, je perds la tête aide moi
Car les problèmes me font aimer la bouteille
Aide moi
Les années nous ont changé et la routine a volé nos promesses
Dans nos vies familiales , on bat de l'aile et on se crache des nom d'oiseaux a force d'avoir des prises de bec
Malgré ca, je connais tes sentiments pour moi
Pourtant aujourd'hui on se parle qu'a travers nos avocats
On croyait que l'amour nous protégerait de tout
Mais la vie de couple ne résume pas qu'a I love you..
Refrain:
On croyait que l'amour nous suffirait
On croyait que l'amour nous sauverait
On croyait que l'amour nous protégerait
Mais la vie avec le temps nous a volé nos rêves ..
Awa imani:
Et si on m'avait dis un jour qu'on en arriverait la
Je nlaurais pas cru
Nous qui étions si liés que nous est-il arrivé ?
Que nous est-il arriiiivé
Refrain:
On croyait que l'amour nous suffirait
On croyait que l'amour nous sauverait
On croyait que l'amour nous protégerait
Mais la vie avec le temps nous a volé nos rêves ..
On croyait que l'amour nous suffirait
Soprano:
On croyait que l'amour nous sauverait
Awa:
On croyait que l'amour nous sauverait
Soprano:
On croyait que l'amour nous suffirait
Awa:
On croyait que l'amour nous protégerait
Soprano:
On croyait que l'amour nous protégerait
Awa:
Cette vie nous a volé nos rêves..
Soprano:
C'est sous le préau des collèges la première fois qu'on s'est touché les lèvres
Depuis mes yeux te chantent ne me quitte pas de Brel
Je me rappelle on se parlait qu'avec des poèmes
On passé des nuit blanches a s'endetter chez SFR
On refaisait le monde avec le pinceau de notre utopie
On se racontait nos vie comme lors d'une thérapie
On rêvait d'une grande famille au bord de mer, d'une grande cérémonie après le OUI devant le maire
C'était nous contre le monde et ca quoi qu'il arrive
Pire quand mon épiderme ta rendue orpheline
On s'était promis de voyager sur le dos d'un éléphant traverser les océans pour s'échouer sur une ile
Tu rêvais d'être infirmière et moi d'être avocat
On s'est jurés que nos enfants auraient la Baraka
On croyait que notre amour nous protégerait de tout
Mais la vie de couple ne se résume pas qu'a I love you ..
Un grand merci Marc .
Deux meme .
Pour avoir donné à deguster , les vers de Brassens .
et m'avoir fait connaitre ce texte eponyme " Soprano " .
Merci Cordial .
On pourrait dire que Brassens est un acteur majeur de la chanson française des années 50/60 et Soprano, un acteur mineur du Rap, mais ce qui me semble intéressant la dedans, c'est la différence de période, et d'inspiration qu'elle induit (sans juger de la "qualité", forcément subjective et conditionnée socialement)
Monsieur Corcuff,
Philippe Corcuff ou les limites du libertarisme.
Philippe Corcuff a sans doute beaucoup de faiblesses, mais sa force c'est de les reconnaitre... Ce qui change des "m'a tu vu quand je baise"*, si répandu dans la sphère "radicale"...
* tiré d'une chanson de Brassens, of course...
Marc Tertre,
Reconnaître ses faiblesses est très différent de cultiver ses faiblesses... De faire de ses faiblesses son cheval de bataille (interne).
Avouer qu'à cette heure , je lis à nouveau ce billet , et reecoute " Tonton Georges " en dit long sur le respect , que je porte à cet homme et à son oeuvre .
Non , pas d'idolatrerie en ces propos , le besoin chaque jour d'un peu de poesie , d'un peu de modeste reflexion , en ce monde de faussaires qu'Il a si bien denoncé .
Merci à VOUS .
Sans Brassens, je ne crois pas que je serai l'homme que je suis.
Sur tous les plans.
Brassens retouché
http://www.youtube.com/watch?v=2DvmMFRj6pA