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Une école de l'ennui et de l'échec

Depuis quelques jours, les propositions de programme de l’école primaire suscitent une grande émotion dans la communauté éducative. Les syndicats d’enseignants, les inspecteurs de l’Education nationale, la principale fédération de parents d’élèves et bien d’autres associations ont multiplié les critiques. Mais le réquisitoire le plus ferme et le plus précis est venu de deux anciens ministres de l’Education nationale successifs, pourtant de sensibilité différente, Jack Lang et Luc Ferry : «Paresse intellectuelle, vide abyssal, imposture, reniement.» Les termes sont très durs, malheureusement justifiés pour tous ceux qui ont lu ces propositions dans le détail avec consternation mais aussi avec surprise. Je pense que le sujet ne concerne pas les seuls spécialistes ou les parents ; il doit retenir l’attention de tous.


Le triomphe du passé antérieur


On lit ces propositions avec consternation, tant est visible la régression vers un passé mythique sans rapport avec la réalité. Sous prétexte de retour aux fondamentaux, on privilégie la mémorisation mécanique des règles orthographiques et grammaticales, au détriment de la compréhension, on alourdit la grammaire en y ajoutant les temps complexes, le futur antérieur et le passé antérieur, traités jusque-là au collège, au risque de minimiser l’importance des temps les plus utiles. En revanche, ce qui fait le cœur d’une maîtrise réussie de la langue française, la capacité de rédiger des textes, devient secondaire : quatre-vingt-dix lignes pour la grammaire, cinq pour la rédaction ! De même, en mathématiques, on perd beaucoup de temps à imposer l’apprentissage mécanique d’opération sur le papier à des élèves toujours plus jeunes, au détriment de l’objectif final, la résolution des problèmes.


Ces programmes confondent les moyens et les buts. Croyons-nous sérieusement longtemps motiver les élèves sans leur expliquer à quoi sert ce qu’ils sont en train d’apprendre ? Pour prendre une analogie, combien d’enfants ont-ils été éloignés de la musique à force de faire du solfège sans jouer d’un instrument ? Il faut savoir articuler les deux démarches. Quelle est l’utilité de connaître par cœur les conjugaisons les plus complexes, si faute de pratique continue, on est dans l’incapacité de rédiger un texte quelconque? Pouvoir effectuer parfaitement une division sur le papier ne doit jamais faire oublier la finalité, savoir quand l’utiliser.


La caricature est atteinte avec la prétendue introduction de l’histoire aux cours préparatoire et élémentaire 1. Jusqu’à présent on ne commençait pas cette discipline si tôt : les enfants étaient trop jeunes pour avoir une quelconque idée de la chronologie et ils avaient fort à faire avec l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. On se contentait de leur apprendre à distinguer le passé récent du passé plus éloigné, très concrètement à partir du patrimoine local ou de l’examen de photographies. Désormais, selon les propositions actuelles : « Ils mémorisent des repères chronologiques : grandes dates et personnages de l’histoire de France », mémorisation pure sans explication de la signification des dates ni du rôle de ces personnages, puisqu’il n’y a pas encore de véritable programme d’histoire ! Tout se passe comme si dates et personnages étaient assimilés à des temps de conjugaison ou à des tables de multiplication à savoir par cœur, préalable à l’apprentissage de l’histoire !


Ce triomphe de la nomenclature sèche et d’une mémorisation sans intelligence transparaît tout au long de pages qui voient s’accroître les contenus de plus en plus lourds et abstraits : par exemple en instruction civique et morale, des notions du programme de collège apparaissent dès le cours moyen comme « les règles d’acquisition de la nationalité française » ou « le sens politique de la construction européenne ». L’introduction de l’histoire des arts aurait pu donner son unité à l’ensemble de la culture humaniste, si elle avait été bien articulée aux autres domaines. Telle qu’elle est présentée, elle ajoute une nomenclature aux autres. Cette nomenclature, malgré son ampleur, ne présente pas une seule œuvre cinématographique ! Oubli qui montre la légèreté et la rapidité avec lesquelles a été constituée cette liste fourre-tout.


Vers la généralisation de l’échec


La surprise n’est pas moins grande en regardant le processus en cours. Voilà un texte visiblement inspiré par des groupes d’autant plus bruyants qu’ils sont peu représentatifs. Nous retrouvons leur argumentaire jusque dans certains couloirs du ministère où l’on nous explique sérieusement que l’on veut rompre « avec trente ans de pédagogisme » ! Cela s’accompagne de contrevérités manifestes, par exemple en histoire, la soi-disant réintroduction de dates, lesquelles dates ont été rétablies depuis plus de vingt ans (comme d’ailleurs La Marseillaise). Les programmes de 2002 faisaient de la maîtrise de la langue française la priorité des priorités et mettaient en valeur le rôle de la mémoire, mais sans la séparer de ses applications.


Le ministre actuel, Xavier Darcos, fin connaisseur de notre système éducatif, semblait jusqu’à présent un homme modéré sachant qu’il ne sert à rien de proclamer la rupture et de vouloir forcer les étapes, ce qui est en train de se produire : une course contre la montre s’est engagée. Programmes bâclés en trois ou quatre mois ; dans l’obscurité la plus totale, consultation expresse des enseignants en trois semaines et application dès la rentrée prochaine, sans se soucier des problèmes de formation ni d’accompagnement pédagogique, mais il est vrai que ce beau terme grec qui signifie « guider les enfants » est devenu obscène. Peut-on croire encore au sérieux de l’entreprise ? A plus forte raison, si l’on écoute la double justification à cette précipitation sans précédent : «en finir avec les résultats catastrophiques de la France dans les enquêtes internationales» et diminuer l’échec scolaire. Il n’est pas difficile de comprendre que les résultats seront, à coup sûr, contraires aux objectifs affichés.

«Catastrophiques» le terme est excessif, médiocres et en diminution, la qualification est plus exacte, mais c’est déjà grave, étant donné les moyens consacrés à l’Education nationale, et la qualité reconnue de son personnel. Mais il ne suffit pas de constater les faits, il faut aller plus avant et repérer les véritables faiblesses des Français. Celles-ci sont bien connues grâce à ces mêmes enquêtes internationales : absence de confiance en soi, refus de prendre des risques, manque d’imagination et d’esprit d’initiative.


Dès qu’il s’agit de faire des exercices d’application de technique, les élèves français sont bons, mais lorsqu’il faut réinvestir ces techniques dans un travail qui n’en est pas l’exacte reproduction, ils sont médiocres. Plus concrètement encore, l’élève français a des faiblesses dans la résolution des problèmes. Et plus les problèmes sortent des sentiers battus, moins il est bon. Pour la langue, il est bien meilleur dans la réponse à des questions fermées ou à réponse courte que dans la rédaction libre, et dès qu’il s’agit de développer son imagination. Les orientations proposées aujourd’hui vont renforcer ces tendances et non les contrebalancer. Quant à la lutte contre l’échec scolaire, il est tout aussi facile de voir qu’étant donné les connaissances demandées et le degré d’abstraction qu’elles supposent, les élèves faibles et non soutenus par leur famille ne pourront pas suivre et seront rapidement noyés, en dépit des heures de soutien.


Ces programmes se glorifient d’être lisibles pour tous, ils sont surtout profondément ennuyeux et sans imagination. Leur résultat le plus certain sera de dégoûter rapidement les enfants curieux et ayant envie de connaître.


Reviens Jules Ferry, ils sont devenus fous !


Les rédacteurs de ces propositions de programme pensent être fidèles à Jules Ferry. Ils lui empruntent même quelques-unes des formules du programme d’instruction civique et morale de 1882 que le ministre a signé. Ils ont visiblement oublié de lire les recommandations sur la méthode à suivre qui «ne peut consister ni dans une suite de procédés mécaniques, ni dans le seul apprentissage de ces premiers instruments de communication, la lecture, l’écriture, le calcul ni dans une froide succession de leçons…». Et le texte se poursuivait : «La seule méthode qui convienne à l’enseignement primaire est celle qui fait intervenir tour à tour le maître et les élèves, qui entretient pour ainsi dire entre eux et lui un continuel échange d’idées sous des formes variées et ingénieusement graduées.»


Chacun mesurera les risques encourus : le creusement des écarts socioculturels et tout autant l’impréparation de la moyenne des élèves à une scolarité longue et au monde complexe du XXIe siècle. Souhaitons que le ministre réponde aux demandes répétées de moratoire, pour mettre au point une évolution raisonnable et normale des programmes.


(Historien, ancien recteur, Philippe Joutard a présidé le groupe d’experts pour les programmes de l’école primaire mis en application en 2002)


Tous les commentaires

J'ajoute que dans la catégorie "langage oral" au cycle 3 (CE2, CM1,CM2), la première compétence est : "L'élève est capable d'écouter le maître". Tout est dit.

"Tout ce qui est simple est faux, tout ce qui est compliqué est inutilisable" Paul Valéry

Ceci illustre bien la rigueur de nos "pédagogues en chambre" de quelque bord qu'ils soient. En effet, cette incohérence est loin d'être nouvelle, la capacité d'écoute était déjà répertoriée comme une "compétence" à acquérir en langue orale pour le cycle 1 (GS, CP, CE1 ) il y a plusieurs années.

«Mais il ne suffit pas de constater les faits, il faut aller plus avant et repérer les véritables faiblesses des Français […]: absence de confiance en soi, refus de prendre des risques, manque d’imagination et d’esprit d’initiative.»

Après tant de tentatives toutes aussi bien intentionnées les unes que les autres, après tant de ministres différents, après tant de projets de réforme depuis tant d'années, je me demande si finalement on ne devrait pas s'orienter vers cette approche des faiblesses des Français, non comme conséquence de leur éducation, mais comme une cause de l'enlisement de l'éducation?
De la même façon, considérer l'évolution de la société dans son ensemble, et dans quelles directions ont glissé les priorités
(pas dans le sens de la lecture quotidienne certes, ni dans le sens de valeurs plus profondes de la vie que sa marchandisation grandissante effreinée...)
pour peut-être en conclure que l'école a en fait un problème de compatibilité avec la société?

Si c'était le cas, on ne pourrait certes pas compter que sur l'école, pour redresser, pour compenser, toutes les évolutions normales mais aussi les dérives malheureuses qui transforment la société dans son ensemble?
À moins de changer "provisoirement" l'école en une sorte de bourrage de crâne public qui tiendrait lieu de lavage de cerveaux?

Pour vivre l'expérience d'un jeune professeur débutant racontant avec humour sesdémélés de "titulaire de zone de remplacement" : http://tzrrad.unblog.fr

Au nom des insuffisances constatées chez un nombre importants d'élèves de CM2 (Il faudrait d'ailleurs en prouver la progression), tout est fait pour que l'on revienne à la situation des années 1950, où seule une petite minorité accédait à l'enseignement secondaire. Car ce qui est proposé par Darcos me rappelle furieusement ce que j'ai appris à l'école primaire jusqu'en 1957. Un bel exemple de recul de la démocratisation de l'enseignement...

Face aux dérives entraînées par le mythe de "l'autosocioconstruction" des savoirs, je suis pour un retour vers des apprentissages plus classiques et un recentrage sur "les fondamentaux". Mais ces nouveaux programmes sont une véritable caricature et démontrent une méconnaissance totale du terrain. Institutrice récemment retraitée, j'ai enseigné dans des régions, des établissements et des niveaux très différents. Je peux témoigner, par exemple, qu'un grand nombre d'élèves de CM2 ne maîtrise ni le présent ni le passé composé, même dans des exercices de conjugaison et qu'ils sont une majorité à ne pas maîtriser ces deux temps de base de la langue orale quand on passe à l'expression écrite. Introduire l'apprentissage, même mécanique , du passé et du futur antérieur relève du gag!

Que serait un programme permettant aux élèves des écoles primaires de rentrer au collège en sachant lire et écrire ? Actuellement, je connais bon nombre de ces élèves dont les parents sont obligés de payer des cours de rattrapage en Français car ils sortent de l'école primaire ne sachant pas lire correctement et surtout incapables de comprendre ce qu'ils lisent.

RE: (« Catastrophiques » le terme est excessif, médiocres et en diminution, la qualification est plus exacte, mais c’est déjà grave, étant donné les moyens consacrés à l’Education nationale, et la qualité reconnue de son personnel. Mais il ne suffit pas de constater les faits il faut aller plus avant et repérer les véritables faiblesses des Français.)>>> Si vous avez bien suivi le raisonnement des responsables de la droite hier soir. Il n’existe aucune raison de changer quoi que ce soit, puisque il y a dix mois la France a choisie Mr Bling-Bling ! Et comme il ne s’agit absolument pas d’un avertissement, ces Messieurs ne voient pas en quoi ils ont été désavoués. Alors oui ! Faire un constat ne suffira pas. Mais vu la trouillardise des politiques, Je ne voie pas a ce jour qui pourrait le faire.

Mes trois filles ayant déserté l'école publique, la premiére vers le Romanisches Seminar der Universitat Heidelberg , les deux plus jeunes à Rocroy Saint Léon 99% de réussite au bac, j'avoue être sceprtique sur les performances de notre système éducatif public et je n'ai guère d'estime pour les inspecteurs généraux de l'éducation nationale. J'ai de plus du mal à supporter l'hypocrisie ambiante .Quand les enfants de prof feront leurs études en zone prioritaire dans le 93, on discutera. La démocratisation de l'enseignement est un mythe. Nous sommes le pays d'Europe qui sélectionne le plus ses élites. En Angleterre, les Enarques ont en face d'eux des commerçants. A Londres,on ne demande pas à un jeune son diplôme, on le met au travail et on le juge sur pièce. En France, la première chose qu'on reproche à Jérome Kerviel, c'est la modestie de ses diplômes. Son patron est inspecteur des finances. Alors vous comprenez.

"Savoir écouter le maitre" ... Si seulement cette proposition pouvais s'appliquer à ces ministres convaincus que se trouver à la tête du ministère X ou Y les rend spécialistes en X ou Y au point de détenir la vérité dans le domaine sans avoir besoin d'aucun conseil.

Il est toujours plus facile, dans une vision du monde bien ordonnée, de régner sur une élite technocratique bien formatée plutôt que sur des gens aptes à la réflexion contradictoire et constructive. Le système scolaire voulu par le pouvoir actuel doit servir de filtre, d'un côté la petite minorité docile et besogneuse capable d'avaler des masses de données pour passer des concours, de l'autre la grande majorité qui préfèrerait comprendre que retenir, donc inadaptée au système scolaire, donc inapte à réussir lesdits concours, donc... C'est déjà assez bien le cas, mais là on dirait que cela va être encore renforcé. Drôle d'impression que de vivre dans un pays avec une mentalité d'Etat moyenâgeuse, féodale, repliée sur elle-même; on a l'impression que les Lumières seront peut être pour nos petits-enfants et que les années 60 sont de la prospective idéaliste à très long terme!

Monsieur Philippe Joutard Comment peut on encore, à notre époque, se battre sur des programmes scolaires ou sur différentes pédagogies, voire mettre en place, avec le temps nécessaire (pas celui des campagnes électorales) des évaluations sérieuses, si l'Entreprise Nationale qu'est l'Education Nationale, avec autant de missions et un très grand nombre (?) d'employés, demeure une structure si peu décentralisée ? Vous qui avez été Recteur, en région Midi-Pyrénées, connaissant, à tous les niveaux, les rouages et les lourdeurs de l'institution, ainsi que les réelles difficultés d'écoute, de "communication" , d'échanges, ou d'applications de circulaires nécessaires à la cohérence des programmes, même pour des actions expérimentales (exemple Culture/Education Nationale), ne pensez vous pas qu'il est urgent d'appliquer une décentralisation de L'Education nationale ? Que celle-ci favoriserait les urgentes adaptations à notre siécle, tant éducatives que culturelles ? Avec des résultats plus ou moins bons, supérieurs pour certains, cette décentralisation n'est elle pas aussi urgente si l'on veut que nos petits enfants puissent être des citoyens plus responsables, plus engagés, peut être certains devenir des élus capables de s'engager pour la collectivité d'une manière plus humaine, plus gestionnaire... bien sûr en limitant dans le temps leur mandat pour revenir à la vie "civile" ? Pouvez vous contribuer à ouvrir ce débat et l'animer sur médiapart ? Merci

Ils eurent fait une politique catastrophique.
Je ne voudrais pas remettre en cause le système de notation des élèves sur des critères “internationaux, mais oui j’ai envie…Car tout de même, parfois, j’ai l’impression de ne pas faire partie du même monde… Quelle idée serait à l’origine d’une volonté de mettre les élèves en compétitions, pays par pays ? De créer, dès le plus jeune âge, et de manière mondialisée, des êtres aux tendances productivistes ?
De préparer chaque âme sur terre à être dans la dualité ? D’intégrer la notion de compétitivité de manière profonde dans les consciences ?
Au nom de quoi impose t’on cette course au “meilleur enseignement“ ?
Sachant que si l’on souhaite avoir des enfants libres d’imaginations, apprenant le plaisir du travail avec des garanties d’aptitudes personnelles développées, l’idéal serait que chaque famille soit débarrassée de mauvaises transmissions dans leurs liens d’attachement et qu’il faudrait des classes de 10 élèves maximum par enseignant !
Des classes de dix élèves…Ce qui permettrait également de donner plus de confort et de plaisir de travail aux enseignants qui, souvent, sont frustrés et démotivés des limites que leur impose le fait de travailler avec autant d'élèves qui sont autant d'individus particuliers...Plutôt que de supprimer des postes en sachant pertinemment que l’enseignement privé ne pourra jamais offrir mieux, bénéfices obligent…
Entre le poids d’un enfant mort durant la Shoah, le surnombre criant en classes (j’ai entendu un “40 élèves“ cette année dans un établissement de Nice), des conjugaisons inutiles et du par cœur vide de sens, je me demande avec gravité ce qu’à derrière la tête ce gouvernement, si tenté qu’il y ai quelque chose d’autre que de la gesticulation insensée…
Que veulent-ils faire de nos enfants ???
Des enfants à problèmes ? N'ayant que peu de ressources à faire valoir, prompts à laisser d'autres penser pour eux ? Prompts à consommer de manière pathologique telles d'ultimes stratégies d'existences ou à s’engager dans de futures guerres ?
Guerres de civilisations de notre joli monde judéo-chrétien contre l’horrible monde musulman indocile ? Comme en Afghanistan par exemple ? Et en Irak bientôt pour la France ?
L’argent ne va pas ou il doit aller.

L'école devrait être un lieu d'épanouissement, où les enfants apprendraient par plaisir. Mais l'école françise sanctionne, et humilie les enfants en permanence. Les bonnes pratiques, qui respectent la sensibilité et la créativité des enfants n'ont rien à voir avec toutes ces réformes. Les réformes de Jospin, Allègre ont elles aussi fait un mal fou à nos enfants. Toutes les initiatives qui vont dans le sens du respect des enfants, ont l'air d'être réprimées... Vivement Mai 68 Pol

De l'ensemble de ma scolarité - j'ai maintenant la trentaine - je ne me souviens d'avoir eu, jusqu'au lycée, que 5 profs ayant eu la pédagogie adéquate pour m'intéresser en cours, alors que j'étais un enfant curieux. Lorsque je vois que mon frère, au lycée, s'ennuie en classe, tout comme moi et un nombre important de mes camarades de l'époque, je me dis que le problème n'était pas de notre fait mais d'un système éducatif dément qui a une vision terriblement passéiste de ce qu'un enfant doit ingurgiter -il s'agit bien de gavage. Il semble que, dans les faits, aucun crédit ne soit porté au compte de l'enfant, puis de l'adolescent en tant qu'individu et qu'on l'enterre sous des monceaux de connaissances, sans laisser grande place à ce qu'il peut avoir de créativité ou de réflexion personnelle. Je crois que moins de cours, la possiblité de laisser le choix aux élèves de moduler les matières qu'ils veulent, leur permettre des interventions et des recherches personnelles, mais aussi le recours régulier à Internet, l'apprentissage de l'informatique, des journées de travail moins longues ou avec plus de pauses, tout cela me semblerait aller dans le bon sens pour éviter de castrer les gosses : le but de l'Education Nationale devrait d'abord de permettre à des individus confiants de se constituer et non de formater des gens à qui l'on ne demande que de ressortir idiotement ce qu'ils ont appris. Une autre chose aussi qui me semblerait aller dans le bon sens : que les profs soient évalués sur leurs capacités pédagogiques afin que ceux qui prennent un travail dans l'Education Nationale ne soient pas là pour avoir un boulot, mais bien parce qu'ils aiment transmettre leur savoir à des élèves qu'ils veulent comprendre. Une dernière chose également : quand un enfant ne réussit pas -et a fortiori quand il réussit- peut être s'agirait-il aussi de ne pas le dévaloriser mais de l'encourager, simplement parcqu'on a confiance en lui et que l'on sait que, ne réussissant pas dans le cursus commun, il n'en démarrera pas moins une vie pleine de potentialités insoupçonnées.

J'ajoute ici un élément en ce qui concerne le solfège : bien entendu, faire du solfège sans jouer d'un instrument est absurde est démotivant. L'inverse - un second extrême - l'est cependant aussi car une rigueur manque alors à l'apprentissage de la musique.

Cependant, le solfège dans l'état qui était le sien il y a un peu moins d'une cinquantaine s'années n'existe plus à ce jour. En effet, c'est la Formation Musicale que l'on enseigne dans les conservatoires, discipline - initiée par Odette Gartenlaub - qui consiste à favoriser notamment le chant et l'analyse avec le solfège et la théorie pure et brute. Tous les professeurs qui suivent une formation aujourd'hui apprennent l'enseignement de cette discipline-là, et non du solfège d'il y a un peu moins de cinquante ans, qui a profondément dégouté purement et simplement tant d'élèves en musique.

Serge B.

Interdépendance.

 

J'ai la curieuse impression qu'il s'agisse d'un faux procès...

Je ne pense pas que ces dysfonctionnements et ses régressions, soient du ni au hasard, ni a l'incompétence des acteurs concernés.

Je pense au contraire que cela correspond d'avantage a une stratégie réfléchie.

de Qui?

Il est bien délicat et même impossible (à mon niveau) de mettre des noms sur ce "qui"; Malgré tout, le savoir étant une arme, il est bien plus avantageux pour que le pouvoir reste entre les mêmes mains, que les basses-gens n'apprennent, en réalité, RIEN.

il ne faut surtout pas que les gens apprennent à apprendre... encore moins a comprendre... il faut juste qu'il sachent écouter, obéir et recracher bêtement ce simili-savoir aussi bêtement acquis.

Le savoir a été savamment fragmenté, chacun finira par apprendre un métier... oui... mais personne ne doit être capable de faire quelque chose seul.

Pour imager cela, ouvrez simplement vos yeux, regardez tout autour de vous:

Tout autour a été construit par l'homme, mais qui peut expliquer et reproduire le fonctionnement de ces construction?

 

Vous avez vu The Cube? belle métaphore du monde dans lequel nous évoluons.

On serait en train de construire nos propres prisons que l'on ne saurait s'en rendre compte.

 

Je conseil à tous de lire les travaux d'Yvan Illich, qui explique avec justesse, que l'éducation est le seul besoin auxquels on ne répond que par une seul "produit": l'école... un monopole qui engendre les mêmes soucis que tout autre. Concentration de pouvoir...

Et si il y a un domaine où le contrôle rend tout Possible, il s'agit bien de l'éducation.

 

Qui sais "qui à du pouvoir sur le savoir dispensé ou non"?

Comme pour chaque domaine... rares sont les élus à obtenir le droit suprême d'obtenir l'appellation officielle de "Livre Scolaire"... cherchez les... et croisé cela avec... le monde financier, le monde de l'industrie des armes... des médias... de la santé... de la politique.

une piste: http://fr.wikipedia.org/wiki/Hachette_Livre

 

Bouuuuh .... on croise toujours les même... ce monde est il si petit que cela?

 

I

Je voudrais parler d'une école qui existait il y a peu encore. D'une école basée sur des projets qui l'ouvraient vers le monde extérieur, où les élèves partaient à la découverte de métiers, de paysages et d'artistes dont les œuvres agrandissaient les regards vers un monde enchanteur. La motivation des élèves n'était pas imposée d'autorité ou par le chantage à un hypothétique chômage à venir- si lointain des préoccupations d'un enfant ! J'ai connu cette école, et j'y ai vu pendant des années les élèves arriver en courant, leurs sourires et leurs bonjours prouvaient que leur célérité n'était pas le résultat de la crainte d'être punis en cas de retard. C'est que les apprentissages étaient alors synonymes de plaisir : plaisir de vivre ensemble les fêtes et les spectacles, plaisir de s'exprimer en toute confiance devant ses égaux, par l'écrit, le dessin ou l'image, plaisir de manipuler en s'amusant les outils de la langue et des maths, mais toujours dans un but, jamais artificiellement (savoir pour savoir, pour réciter à l'adulte) ... on parlait alors du chemin de la connaissance, de l'école ouverte et des pédagogies actives, d'école moderne, de mises en commun des acquis par l'échange après une phase de tâtonnement expérimental ... les leçons en synthèse construites ensemble et l'apprentissage par cœur arrivaient tout naturellement ensuite, sans douleur parce que l'élève avait eu le temps de chercher pour comprendre au long d'un cycle de trois ans... on parlait aussi davantage de recherche pédagogique et de stages de formation ... Mais tout cela voyez-vous, a un coût : de stages longs je ne vois plus beaucoup, d'INRP je n'entends plus parler et les jeunes professeurs des écoles que je croise ignorent souvent ces méthodes qui les aideraient pourtant dans la prise en charge de publics "difficiles". Ils utilisent le Bled à longueur de pages d'exercices rabâchés après une leçon vite ingurgitée ... ça ne vous rappelle rien ? Suis-je passéiste ? L'école dont je vous parle, j'y enseignais encore il y a peu, et j'en connais quelques unes qui fonctionnent encore sur ces bases saines, résultat du travail de terrain de générations de pédagogues. Avec leurs nouveaux programmes, les chantres de l'éducation "nouveau marché mondial à conquérir" auront tôt fait d'asphyxier les vrais pédagos et C.Q.F.D. de noyer le service public qu'ils ont déjà bien "enragé" !

Le problème : des technocrates du Ministère de l'Education qui doivent justifier de leur utilité par la ponte de projets et programmes inadaptés au terrain La solution : simplifier l'organisation de l'Education et laisser le pouvoir aux enseignants Notre attitude : ne pas démissionner de notre rôle éducatif et soutenir les enseignants - on ne consomme pas de l'instruction - la connaissance ne s'achète pas

Il est dommâge que, globalement, on ne tienne pas suffisamment compte et de l'intérêt de l'élève et de la société dans laquelle il évolue. Je connais bon nombre d'enseignants qui accomplissent un travail remarquable auprès d'enfants en difficulté et les moyens qu'ils emploient tiennent à leur investissement personnel avant tout, à leur savoir-faire, aux formations initiales et continues qu'ils ont suivi, à leur curiosité et à leur ancrage dans notre société. Les programmes de 2002, même si des améliorations pouvaient être apportées, auraient mérité une mise en oeuvre sur la durée. Quant aux nouveaux programmes, il est inquiétant de constater que les auteurs sont "déconnectés" de la réalité sociale et technologique dans lesquelles évoluent les enfants du XXIème siècle. Nos enfants n'ont plus rien à voir avec les enfants des années 50. Les médias me paraissent pour une grande part responsables de l'image idyllique qu'on veut nous donner de l'école de "grand-papa".

Voici bien des réactions qui pourraient être encore plus constructives si Philippe Joutard pouvait rendre Médiapart comme un espace d'échanges/dialogues, en participant ( même que très ponctuellement et globalement) au débat, avec la vingtaine de personnes qui réagissent sincèrement à son article. Merci P.J. Dans ce cas médiapart peut il nous le signaler par message sur tableau de bord.

A tous ceux que le débat sur l'école intéresse, je voudrais signaler le blog de Jean-Paul Brighelli, l'auteur de La fabrique du crétin", ouvrage que je leur recommande vivement. http://bonnetdane.midiblogs.com/

Je ne dirai pas "reviens Jules Ferry, ils sont devenus fous", mais je prolongerai la critique de Philippe Joutard, en renvoyant à la Déclaration finale du Colloque d'Amiens (mars 68), dont l'anniversaire serait à rappeler. Les 600 participanrs se déclaraient " profondément troublés par l'inadaptation d'un système éducatif hérité du XIXé siècle, dont la centralisation excessive, la rigidité et l'inertie leur apparaissaient d'autant plus grave au moment où s'effectue comme dans tous les pays développés le nécessaire passage à une formation secondaire et supérieure de masse." Je dirai donc: reviens esprit du Colloque d'Amiens , ils (D arcos, Sarkozy...)`sont devenus fous.

Tant de commentaires. Encore une fois, trop de gens pensent être compétents dans un domaine qu'il connaissent mal et une large majorité s'accorde pour rejeter l'école.
1er point. Quand un enfant est jeune (disons moins de 12-14 ans) il est utile qu'il ingurgite des connaissances solides (des dates, des repères, des tables de calcul, des récitations, etc.) même si des parents irresponsables hurlent à l'abrutissement. Et il est utile qu'il le fasse dans la discipline et le respect. Il s'approprie ainsi du vocabulaire, des tournures de phrases, des automatismes. 2ème point. Quand un adolescent a eu la chance d'être "abruti" par les connaissances, il est temps pour lui de tout secouer et d'en garder ce à quoi il donne sens.
Il faut cesser de dire qu'un enfant doit aller à l'école pour s'épanouir. Il va à l'école pour s'instruire. Trop de parents font un procès à l'école parce qu'elle ne permet pas à leur enfant de s'épanouir dans la fainéantise. Et les enfants ne sont pas bêtes, plus les parents contestent l'utilité des apprentissages fondamentaux, plus ils sont tentés de se plaindre de ses apprentissages.
J'entends des parents se plaindre de ce que des enseignants demandent que les tables de multiplications soient à connaitre par coeur. Ils confondent tout ! Ils réclament de l'intelligence et de la liberté pour leurs enfants (et surtout pas l'abrutissement du par coeur en calcul). Résultat, leur gamins ne sauront jamais faire un calcul de tête, et auront les pires difficultés à connaitre les ordres de grandeurs d'opérations basiques (entendre "débiles"), quelques années plus tard.
Il y en a même qui poussent l'hypocrisie jusqu'à demander à quoi ça sert de savoir faire du calcul mental ! Cela sert juste à ne pas se faire arnaquer par le premier mal-intentionné venu, ou à comprendre que l'euro à rendu la vie chère, madame.
Il ne faut pas tout mélanger, et il faut arrêter de hurler des contre-vérités. Si on n'exige pas des connaissances solides (dates, grammaire, listes de verbes irréguliers, formules) à des jeunes enfants sous prétexte d'"épanouissement", on obtient peut-être à cours terme leur épanouissement dans la créativité d'un beau dessin à la gouache, mais on les condamne à l'incompréhension future, et à la bêtise quand les raisonnements nécessiteront une autre culture que l'instinct.

Bref ! Offrons du contenu aux enfants, et exigeons de l'effort, pour ensuite obtenir des ado qui pensent avec des armes et non avec des illusions.
Les religieux de 68 oublient un peu vite qu'ils eu droit, eux, à un enseignement primaire solide, et pas à de l'épanouissement par de la libre expression corporelle ou des vidéo. Si on avait eu en 1950 l'épanouissement à l'école que demandent les 68ards aujourd'hui, il n'y aurait jamais eu de 68 ! Et nous vivrions encore dans une semi-liberté sans avortement, sans contraception, sans mise en cause de l'autorité aveugle, etc. Moi j'aimerais que nos enfants soient encore capables de nous surprendre. Et pour ça il faut les pousser en avant avant de s'inquiéter de leur confort "intellectuel".
Avant l'adolescence, l'épanouissement de l'enfant est d'abord une recherche de conformité aux volontés parentales. Que les parents vivent donc leur vie en exigeant l'obéissance et en respectant les enseignants, et les enseignants pourront enfin s'occuper du reste et fabriquer des cerveaux indépendants avec leurs méthodes éprouvées et souvent plus durables que les programmes capricieux de tel ou tel ministre ou recteur qui n'a jamais eu d'enfants devant lui à part en photo.


Sur le fond, je trouve donc cet article du Recteur Joutard assez détestable.
"Scandaleux" me parait un terme approprié aussi. En tout cas Joutard n'aurais pas écrit tout ça s'il avait eu son nom référencé en bas du texte ministériel, n'est-ce pas ?

"Les soixante-huitards ont eu droit, eux, à un enseignement primaire solide, et pas à de l'épanouissement par de la libre expression corporelle ou des vidéo. Si on avait eu en 1950 l'épanouissement à l'école que demandent les soixante-huitards aujourd'hui, il n'y aurait jamais eu de Mai 68, et nous vivrions encore dans une semi-liberté sans avortement, sans contraception, sans mise en cause de l'autorité aveugle, etc."
Alors ça, c'est une réflexion que je me suis fait moi aussi plus d'une fois, moi qui regrettais mes années d'écolier en uniforme, non tant pour l'excellence générale du niveau d'enseignement, mais dans ma petite tête d'adolescent attardé, parce que j'y voyais le ferment de la plus belle révolte, celle qui avait le plus de sens et de force.
Votre commentaire, Philip, est juste aussi dans la mesure où les enfants n'ont pas les mêmes besoins que les adultes. C'est encore une erreur largement répandue dans notre société trop basée sur la démagogie: les parents "anthropomorphisent" leurs enfants en pensant, à tort, qu'ils souffriraient de la rigueur du "par-coeur" et autres dispositions "mécaniques". Alors qu'en fait, les enfants, justement ont des besoins bien différents: ils ont besoin de bases solides, et de sentir des bornes bien établies et bien marquées, et souvent au fil de la journée. C'est sur toutes ces balises simples et solides, que leur imagination s'appuie, que leur créativité s'éveille, etc.
Maintenant, à propos du texte original de Philippe Joutard, je ne sais pas si les nouvelles méthodes prônées par ce nouveau ministère apportent vraiment les réponses que vous attendez, ou si c'est encore de la poudre aux yeux d'incompétents, comme d'habitude, ce que je sais c'est que si on ne compte que sur l'école pour former nos enfants et préparer leur avenir, c'est l'échec garanti, quelles que soient les méthodes, "soixante-huitardes" ou pas, "quasi-militaires" ou pas. Car l'aspect familial est pour moi primordial, ainsi que dans une moindre mesure, l'environnement.
Voilà un point où beaucoup se retrouvent d'accord, hélas: Discutant et débattant, parfois férocement, de l'école et de l'éducation, ils ignorent presque tous que c'est à la maison, d'abord, en famille, que se forge l'individu qu'il est avant d'être élève. Que la confiance en soi, la propension à apprendre et à aimer découvrir etc, c'est, si j'ose dire, dès l'état de foetus que ça se passe. "Parents, si vous comptez sur l'école pour rattraper votre absence et les ravages de la télévision, c'est perdu d'avance, quelles que soient vos sensibilités quant aux méthodes d'éducation à employer" serait un peu ma réponse à votre commentaire qui, il me semble, participe autant que le texte de Philippe Joutard à se décharger un peu trop sur l'école de toutes nos responsabilités.

Mais cela prouverait simplement que dans la forteresse du ministère on est fatalement coupé du réel. C'est ce qu'avait dit le grand Gustave Monod, dircteur de l'enseignement secondaire à la Libération, en évoquant son passage rue de Grenelle "véritable machine à moudre et à expédier des circulaires".

Les commentaires de philip et d'Axel_J sont remarquables de lucidité et de bon sens. Malheureusement, les propos de Monsieur Joutard, qui ne daigne même pas animer son blog en répondant aux nombreux commentaires suscités, reflètent bien la conception dominant au sein de la hiérarchie de l'Education nationale, quant aux réponses apportées par les nouveaux programmes elles sont aussi caricaturales. La remise en cause des idéologies égalisatrices bien-pensantes qui ont fait tant de mal aux élèves défavorisés, la prise en considération des besoins réels d'un enfant , l'observation sur le terrain de ce qu'est, aujourd'hui, un élève moyen, tout cela fait défaut à nos décideurs. Le retour au bon sens ne semble pas pour demain.

Je suis heureux de voir l’ampleur du débat. .J'ai préféré prendre le temps de la réflexion pour répondre à toute une série d'interpellations qui ne portent pas simplement sur ce qui se prépare pour la rentrée 2008, mais sur le système éducatif dans son ensemble et sur les différentes tentatives à travers l’histoire pour trouver enfin le bon système : pour les uns, « Ivan Illych et son école de la liberté », pour d'autres, « rien ne remplace la famille », pour d'autres encore « l'école doit être uniquement le lieu du travail et surtout pas de l'épanouissement. ».. Chacun a son expérience comme élève et par l’intermédiaire de ses enfants ou d’enfants de proches, expérience intime, personnelle et donc souvent passionnelle, ce qui parfois conduit à des caricatures et à des simplismes qui ne sont pas absents de certains commentaires. Même si on parle beaucoup de 68 en ce moment, je ne crois pas que l’école primaire ait quelque chose à voir avec. Puis-je simplement rappeler à quelques-uns de mes interlocuteurs que les programmes actuels de 2002 ont été préparés en étroite relation avec Luc Ferry alors président du Conseil National des programmes ? Celui-ci n’est pas connu pour être un partisan de 68 ni du point de vue pédagogique de « l’auto-socio-constructivisme ». En fait, dépassant les vaines querelles pédagogiques et des oppositions stériles, les programmes actuels établissent un juste équilibre entre mémoire et faculté d’invention, rigueur et imagination, attention et apprentissage de l’autonomie. Ils savent qu’il faut combiner la diversité des approches, comme d’ailleurs le signale Jules Ferry dans ses instructions de 1882 ! Et dans l’intérêt d’un apprentissage de la langue française réussie, il ne faut pas rompre cet équilibre. Desproges dans son commentaire rectificatif que je retiens, parle d’une formation musicale qui s’est substituée au solfège desséchant, c’est ce type d’articulation qui doit être réalisée pour la maîtrise de la langue et qui n’existe malheureusement pas dans les propositions actuelles de 2008. Une très grande majorité s’accordera sur la nécessité des fondamentaux, mais les fondamentaux en grammaire sont- ils le futur ou le passé antérieur ? Ne serait-il pas plus utile d’être sûr de l’acquisition et de la bonne utilisation du présent, de l’imparfait, du passé composé et du futur simple ? Au-delà de ce détail, cependant significatif, je regrette que le principe de la transversalité ait été abandonné, autrement dit, la nécessité de mener l’apprentissage de la langue, faire lire écrire et parler à travers toutes les activités de la classe ; et pas seulement en français, de l’énoncé de mathématiques à la légende d’une image.. Abandonnons cependant le contenu que j’ai largement traité dans ma première intervention pour en venir à un point justement souligné par Francine Gille : Est-ce raisonnable de vouloir changer de fond en comble les programmes au bout de cinq ans, sans évaluation préalable de ce qui marchait ou ne marchait pas, sans consultation préliminaire des intéressés, enseignants, corps d’inspection, parents d’élève ? N’aurait-il pas été plus efficace de faire évoluer les programmes en fonction des données nouvelles et d’une évaluation de leur application? Sur ce point, je ne suis pas ‘accord avec Isabelle Ouzounof, ni avec Utopiste sans illusion ; je ne crois pas que « les technocrates du ministère » soient responsables de ces projets, mais j’incrimine plutôt des groupes de pression qui rêvent d’une école qui n’a jamais existé. Luc Ferry et Jack Lang ont parlé à ce propos de « populisme scolaire ». Plusieurs commentaires le soulignent: il y a une sorte de nostalgie dangereuse d’un pseudo âge d’or de l’école et je renvoie à l’excellente référence que nous offre Utopiste sans illusion à propos du colloque d’Amiens. On ne comprend pas pourquoi il serait interdit aux maîtres de faire apprendre aux enfants par plaisir comme le dit Pol. On ne formera jamais de bon lecteur si l’on est incapable de donner l’amour de la lecture. En revanche Isabelle Ozounof a parfaitement raison de souligner le rôle décisif des enseignants dans ce domaine et Alcraponne nous en donne une belle illustration Je voudrais pour terminer dépasser le cas de ces programmes comme m’invitent plusieurs des commentaires, JCGJ a raison de soulever le problème de l’ennui à l’école et avec d’autres il insiste avec raison sur l’impérieuse nécessité de développer la réflexion personnelle et la créativité, je suis obligée de le répéter, gros point faible de l’élève français. Si nous n’arrivons pas à développer ces qualités, notre pays risque de connaître de graves déboires dans les décennies suivantes. A ce propos, je précise à François Mournard que les comparaisons internationales ne supposent pas des alignements de notations. Il s’agit simplement à travers une série de questions et de tests de pouvoir déterminer les points forts et les points faibles des élèves de différentes nationalités. Enfin Libérez la parole demande l’organisation d’un débat sur la décentralisation éducative qui lui parait beaucoup plus importante que les programmes. Les programmes ne font pas tout, loin de là, j’en conviens fort bien ; plusieurs l’ont d’ailleurs laissé entendre. Mais sans programme, je ne vois pas comment assurer un minimum d’unité. Si l’on veut au contraire donner des marges de liberté et d’autonomie conséquente, et transférer certaines compétences, il faut en contrepartie le cadre d’un programme national, quitte à réserver dans ce cadre, un pourcentage significatif laissé à l’initiative locale. Je pense pour ma part que la décentralisation est un phénomène positif, mais en matière d’éducation, je pense utile l’existence d’un socle commun tel qu’il a été d’ailleurs prévu par la loi. Vous ne trouverez plus beaucoup de partisans en France de la décentralisation si vous n’établissez pas un minimum de règles communes.

Je reprends la conclusion de Philippe Joutard faite le 25/03/2008 09:11 : . ""Je pense pour ma part que la décentralisation est un phénomène positif, mais en matière d’éducation, je pense utile l’existence d’un socle commun tel qu’il a été d’ailleurs prévu par la loi. Vous ne trouverez plus beaucoup de partisans en France de la décentralisation si vous n’établissez pas un minimum de règles communes."" . La décentralisation est très largement en cours en matière d'éducation et d'instruction. On ne reviendra pas en arrière. L'éducation est un domaine où le pouvoir des collectivités territoriales (CT), régions, départements, communes, est bien perçu par les électeurs et susceptible de sanction. Les appétits des CT en matière de maîtrise des choix éducatifs au delà des seules obligations de financement des infrastructures et de leur fonctionnement sont importants, à juste titre ou non. Mais ils seront croissants d'autant plus que ce sera leur marque de fabrique. . En dépit des envolées lyriques de ses représentants du moment, l'Etat se décharge en catimini d'une partie de ses responsabilités financières sur les CT. Qui paye finissant par imposer ses choix, la définition de règles communes, le rappel à leur respect, mais sans pouvoir de sanction réelle, financière mais surtout politique, seront de faible poids face à des CT déterminées et comptables devant électeurs. Ce n'est que mon avis mais je crois que les CT et en premier les régions seront maîtresses chez elles en ce qui concerne l'exécution des programmes d'abord, en matière d'offre de formation ensuite suivant leurs intérêts locaux, en terme de gestion des professeurs enfin. D'ici là ou entre temps, les services gestionnaires des collèges et lycées auront été transférés aux régions et départements. Les responsables des intendances sont partagés, mais mal traités par l'Etat, ils ne s'opposeront pas, s'ils ne le facilitent, au transfert. L'Etat ne restera maître que de programmes, de profs déconcentrés gérés par des rectorats bien nus face aux CT, et des chefs d'établissements . Pas suffisant pour imposer toute sa loi. Si je suis dans le vrai, ce n'est donc déjà plus le problème de savoir s'il reste des partisans ou des opposants à cette décentralisation et dans quelle proportion.

http://www.mediapart.fr/club/blog/S%C3%A9bastien+Rome ou Nouveaux programmes et nouveaux profits. Comment augmenter les profits de Lagardère ? Faire de nouveaux programmes pour l'école ! L'accusation est un peu grossière, je sais. Mais voilà comment cette idée toute simple m'est venue. Il y eu d'abord, indice un, cette phrase de notre Président « Mais autant de questions qui ne sont pas encore l’essentiel, à savoir : que voulons-nous enseigner à nos enfants ? Ce problème crucial entre tous, nous l’avions abandonné à des « spécialistes », des « experts » qui rendaient en catimini une copie au ministre, lequel bornait souvent sa contribution, et par voie de conséquence, celle de la Nation, à apposer sa signature au bas d’un document pré-rédigé. Je dis que cela ne pouvait plus durer : les programmes scolaires sont un sujet politique et non technocratique. » (media.education.gouv.fr/file/fevrier/09/4/discours_president_perigueux_24094.pdf - ) En lisant les programmes, nous pédagogues, nous avons compris que ce n'était pas un des nôtres qui a pu écrire ça. Bien sûr, je me joins à toutes les critiques déjà exprimés qui vont dans le même sens. Les premières, de Luc Ferry et Jack Lang, visent justes. Ces programmes sont simplistes. Ils privilégient les mécanismes à la réflexion. Enfin, alourdis, ils contribueront à faire baisser le niveau dans nos classes. Luc Ferry développait ses critiques lors d'un Matin de France Culture, le 18 mars et, indice deux, il eu cette phrase où il s'interrogeait sur les rédacteurs de ces programmes. Il semblait même tenté d'exclure Xavier Darcos de cette réforme et lui recommander d'interpeller le Président pour remettre les programmes sur de bons rails. Deux minutes plus tard, il a cette phrase qui confirme cette vague impression : « Personne ne sait qui a fabriqué les programmes. C'est deux ou trois conseillés à l'Elysée,...ou à l'Education nationale, ce qui fait que ces programmes ont été fabriqués sur un coin de table, en secret... »). Mais Luc Ferry loupe la bonne explication. Mais mon idée n'est pas encore tout à fait prête. Relecture des programmes en vu de notre demi-journée de travail sur le sujet. Et là, troisième indice, il a cette phrase « L’appui sur un manuel de qualité est un gage de succès pour cet enseignement délicat ». La phrase est repris un peu plus loin et on retrouve le terme à plusieurs reprises. Qu'il y a t'il de mal à utiliser un bon manuel ? Mise à part qu'il soit « conforme » aux derniers programmes, rien à redire. Pourtant, il ne faut pas oublier qu'en introduction la « Liberté pédagogique » (mise à mal par les nouveaux programmes) est réaffirmé. Or, rien ne cloisonne plus qu'un manuel. C'est pour cela que les enseignants du primaire font souvent les abeilles entre les manuels afin choisir les meilleures présentations pour la classe, pour les élèves. Grâce à l'ordinateur et à internet, les enseignants créent ou échangent souvent de bons documents. Il est donc étrange que l'on insiste autant sur l'utilisation du manuel. Mais bon, passons , c'est là mon plus mauvais argument. Lors de notre séance de réflexions et de concertations sur les programmes le samedi 29 mars, l'idée qu'il s'agit d'un coup commercial exceptionnel me vient. Mais bon, ne soyons pas paranoïaque, je suis certain que même si je ne suis pas d'accord avec les grandes lignes de ces programmes, il ne s'agit que d'un désaccord pédagogique. Alors passons... Pourtant, en profitant du week-end pour relire les programmes, je m'aperçois d'un détail qui me chagrine. J'allais découvrir mon quatrième indice. Dans la partie qui traite de la préhistoire, la maîtrise du feu n'est pas évoquée au profit de la maîtrise du fer. Etrange, l'invention du fer n'intervient qu'à la toute fin de la préhistoire et est de moindre importance, pour la préhistoire, que la maîtrise du feu. Je vais donc voir s'il s'agit d'une nouveauté 2008 en vérifiant dans les programmes 2002. Et là, à ma grande surprise, je retrouve bien la maîtrise de fer. Mince alors ! Mais ceci me paraît toujours étrange. Je vais voir dans un autre document officiel, réglementaire et plus précis, les programmes d'application d'Histoire. Or, il faut bien enseigner le maîtrise du feu (-600 000 ans)et non celle du fer. Ainsi, les programmes 2008 ont été fait avec tellement de précisions par des experts si pointus que les fautes de frappe de 2002 sont reproduites à l'identique. Il me sera difficile désormais de croire que l'on vise par ces programmes, fait à la va-vite, à « tracer un nouvel horizon pour l’école primaire, tout en restant fidèle à la grande inspiration de l’école républicaine : offrir à tous les enfants des chances égales de réussite et préparer, pour tous, une intégration réussie dans la société. ». Pour finir, lundi 31 mars, je discute avec des collègues d'autres écoles sur les nouveaux programmes. Nous nous rendons compte que notre avis est le même et que nous avons fait remonté les mêmes désaccords. Mais un collègue, nous conte (ou compte au final) une histoire. Dernier indice. A l'école XXX est arrivé un paquet la veille, le vendredi. Le samedi matin, au moment du café et avant de commencer le travail sur les programmes, ils ouvrent le colis. Ce sont les manuels « spécimen » commandés dans une maison d'Edition fraisant partie d'un grand groupe industriel français dont le Gérant-Commandité est ami du Président de la République Française. Mais surprise... sur chaque manuel est écrit en grosse lettre capitale, non... ce n'est pas possible...mais si CONFORME AUX NOUVEAUX PROGRAMMES 2008 ! Arnaud Lagardère sait que l'on peut toujours compter sur les bons amis. Surtout quand 36 000 communes seront obligés de renouveler les manuels de 364 000 enseignants et de 6 626 500 écoliers (un peu moins si on enlève les élèves des écoles maternelles) ! Merci sarKozY ? Bon je l'avoue, c'est un peu gros. A vous de vous faire une opinion ou d'enquêter.

Effectivement, les nouveaux manuels sont arrivés dans les écoles primaires quelques jours seulement après la "vaste consultation nationale". Après discussion avec une enseignante, il s'avère que beaucoup de profs des écoles dénoncent un mépris total du gouvernement qui, cynique, fait organiser des réunions partout en France sur le contenu des nouveaux programmes, soucieux d'entendre leurs commentaires (!), avant de leur balancer à la g*/¤!le des manuels déjà imprimés bien avant !!! Comme vous dites, "à vous de vous faire une opinion". Les syndicats enseignants déjà bien inquiets des réformes en cours sont apparemment révoltés par ces méthodes de simulacre de démocratie. L'Etat Sarkozy ose des passages en force et des abus d'initiés tellement gros qu'on en reste stupéfaits et immobiles.

Philippe Joutard : « c’est ce type d’articulation qui doit être réalisée pour la maîtrise de la langue et qui n’existe malheureusement pas dans les propositions actuelles de 2008 » Qui plus est, le fait que ladite articulation ait été si bien menée en musique en seulement quelques années et par un seul professeur est une preuve majeure que cette articulation dont vous parlez peut être réalisée au sein de propositions pour l'éducation ; et cela rapidement, sans déployer d'extraordinaires et titanesques moyens. Serge B. (anciennement Desproges-9245)

Alain Vidal, professeur des Ecoles Nantes le 7 Mars 2005 école La Fraternité, 44 000 Nantes vidal.mothes@wanadoo.fr 08 71 35 65 89 Au ministre de l’Education Nationale, Objet: Ce négationnisme d'Etat qui défigure et déshonore l'enseignement de l'Histoire (voir document joint) J’imagine que vous désapprouvez les propos négationnistes de Jean Marie Le Pen concernant les fours crématoires et l’occupation allemande. Mais pour être porteuse de sens, la réprobation ne saurait se limiter à dénoncer un négationnisme plutôt qu’un autre. Pour se construire, pour ne pas reproduire les crimes du passé, la jeunesse a besoin d’un enseignement de l’Histoire qui ne fasse pas passer pour glorieux faits d’armes des entreprises qui ne relèvent que du crime organisé au plus haut sommet de l'Etat, au prétexte que cet Etat ait été celui de la France. Si nous voulons que ces jeunes ne deviennent pas un jour des bourreaux tortionnaires et assassins, comme l'ont été certains de leurs aînés, encore faut-il que ce négationnisme d'Etat, destructeur de sens moral, cesse d'agir comme un facteur d'impuissance de conscience. Une réécriture des programmes qui président à l’enseignement de l’Histoire est inéluctable. N’abandonnons pas ce travail de mémoire aux générations futures. « Qui ne condamne pas le crime autorise son retour. » Alain Vidal Copie : Le recteur de l'Académie de Nantes L’inspecteur d’Académie de la Loire Atlantique L’inspecteur de l’Education Nationale, Nantes Ouest CE NEGATIONNISME D’ETAT QUI DEFIGURE ET DESHONORE L'ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE D'un côté, Jean Marie Le Pen et ses propos négationnistes relatifs aux fours crématoires et à l'occupation allemande, de l'autre, des députés de la majorité gouvernementale qui, le 5 mars 2003, déposent une proposition de loi négationniste qualifiant d’œuvre positive, la présence française en Algérie. Pour un négationnisme condamné, combien d’autres sont ainsi approuvés. Que ces députés viennent donc raconter aux élèves, l’oeuvre positive du bon docteur Bodichon, républicain modéré, collaborateur de Ledru-Rollin, de Waldeck-Rousseau et de Louis Blanc qui affirmait, « si au lieu de cette race [les Arabes] qui outrage la nature et l’humanité par son état social… il n’y en avait pas…,la nature et la civilisation y gagneraient…»Ce médecin très influent pouvait défendre impunément et publiquement la thèse de l’extermination des Arabes dans des journaux qui, en 1848, étaient pourtant soumis à la censure ! Et dans le journal catholique, l’Observateur de Neustrie, on lisait : « N’a-t-on pas le droit d’exterminer les Algériens, comme on détruit par tous les moyens possibles, les bêtes féroces ?» Fort de ces appels au meurtre, le maréchal Clauzel pouvait annoncer le premier massacre collectif, celui de Blida : « J’ai ordonné aux bataillons de détruire et brûler tout ce qui se trouve sur leur passage…Quand on fait la guerre, ce n’est pas pour augmenter l’espèce humaine.»Que ces députés viennent donc raconter aux élèves, l’oeuvre positive du général Bernard, ministre de la guerre qui, en 1838, affirmait: « Refouler, exterminer les populations, ravager, incendier les moissons, étaient les seuls moyens…»Malgré les cas de conscience de certains officiers, comme le général Duvivier qui constate tristement que « depuis onze ans, on a détruit, incendié, massacré hommes, femmes et enfants avec une fureur toujours croissante », pas moins de 900 000 Arabes furent exterminés entre 1830 et 1871, sur les 3 000 000 que comptait l’Algérie. Que ces députés viennent donc raconter aux élèves, l’oeuvre positive du lieutenant-colonel de Montagnac qui écrit dans lettres d’un soldat d’Algérie : « Voilà comment il faut faire la guerre aux Arabes. Tuer tous les hommes jusqu’à l’âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants, en charger les bâtiments, les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs; en un mot anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens...Toutes les populations qui n’acceptent pas nos conditions doivent être rasées, tout doit être pris, saccagé ;sans distinction d’âge, ni de sexe ; l’herbe ne doit plus pousser où l’armée française a mis le pied.» Ce qui fait dire au général de Brossard : « devant les populations détruites, la terre couverte de ruines, les champs rendus incultes, il faut le dire, la France devra rendre raison. » Mais la France ne rendit pas raison car en 1965, les cendres de ce héros, furent transférées au fort de Vincennes, dans le Tombeau des braves … Que ces députés viennent donc raconter aux élèves, l’oeuvre positive du bon général Bugeaud qui planifiait méthodiquement la destruction des cultures par arrachage des oliviers et des figuiers, par empoisonnement des puits. Ce bon général Bugeaud qui organisait systématiquement le massacre des populations civiles par le sabre et par le feu, ou qui, par commodité, ordonnait tout simplement de « fumer les Arabes comme des renards » en les murant au préalable dans des grottes pour mieux les gazer en les enfumant…Des tribus entières furent ainsi rayées de la carte. Dans les salons, Bugeaud se vantait: « C’est la guerre continue jusqu’à extermination…Il faut fumer l’Arabe ! » Que ces députés viennent donc raconter aux élèves, ces marches de la mort, comme celle de 1846, où, sur 7000 Arabes, 4 000 moururent d’épuisement sur le bord du chemin, 3 000 seulement arrivant à Maison-Carrée. Que ces députés viennent donc raconter aux élèves la torture de masse qui avait pour objectif, en terrorisant la population, de voler les terres les plus fertiles aux indigènes. Appliquée méthodiquement et souvent publiquement, la torture pour faire parler, la torture pour terroriser. L’Arabe mort, cela ne suffit pas, le processus de destruction continue, son corps est mutilé, décapité, exposé sur la place publique, «utilisé comme un instrument de terreur» pour consolider la hiérarchie raciale et coloniale. Que ces députés viennent donc raconter aux élèves, les nombreuses mosquées détruites ou transformées en églises, les cimetières profanés, les squelettes utilisés pour remblayer les routes, ou pour servir d'engrais dans l’agriculture. A Marseille, les os des musulmans en provenance des cimetières d’Algérie serviront au raffinage du sucre. Œuvre positive d’Alexis de Tocqueville, considéré encore aujourd’hui comme le champion de l’idéal démocratique, et qui, pour défendre l’armée française dont les méthodes criminelles étaient déjà condamnées par des humanistes, affirme à l’Assemblée nationale : « qu’il s’agit de multiplier les opérations destinées à anéantir les fondements des sociétés pastorales et agricoles de l’Algérie…de brûler les moissons, vider les silos et enfin s’emparer des hommes sans armes, des femmes, des enfants.»Plus tard, mais bien trop tard, il regrettera ces propos, en constatant que ces procédés ont rendu «la société musulmane beaucoup plus misérable, plus désordonnée, plus ignorante et plus barbare qu’elle n’était avant de nous connaître. » Que ces députés viennent donc raconter aux élèves, l’oeuvre positive du sociologue Gustave Le Bon pour qui, en 1884, « l’humanité est entrée dans un âge de fer où tout ce qui est faible doit facilement périr », sans oublier l’oeuvre positive de Charles Richet, prix Nobel de médecine, revendiquant, au début du XX siècle, l’élimination des races inférieures et des anormaux. L’oeuvre positive de Arthur Girault, professeur de Droit, de réputation internationale, qui se prononçait pour l’euthanasie des moins doués. L’œuvre positive de l’économiste Leroy-Beaulieu qui théorisait le concept d’espace vital. Il faudrait que ces députés viennent raconter aux élèves, l’oeuvre positive de Jules Ferry, apôtre de la colonisation, qui, pour couvrir ces atrocités et légitimer la recherche du profit, déclarait à l'Assemblée Nationale, le 25 juillet 1885 : « Les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures… La politique coloniale est fille de la politique industrielle. »Et Clémenceau de l'interpeller: "Regardez l'histoire de la conquête de ces peuples que vous dites barbares, et vous y verrez la violence, tous les crimes déchaînés, l'oppression, le sang coulant à flots, et le faible opprimé, tyrannisé par le vainqueur. Voilà l'histoire de notre civilisation…Non, il n'y a pas de droit des nations dites supérieures contre les nations inférieures…n'essayons pas de revêtir la violence du nom hypocrite de civilisation. » Jules Ferry fut un propagandiste des plus zélés de l'espace vital et de l’inégalité des races, concepts dont les origines ne sont pas à rechercher chez les Nazis en Allemagne, mais bel et bien en France sous la troisième République. République qui, déjà, était traversée par un fort courant anticolonialiste et humaniste contredisant en quelque sorte la thèse de l’unanimisme supposé de l’époque, thèse si souvent véhiculée de nos jours et visant à exonérer de leurs crimes, ces hommes qui firent la grandeur de la France. Que ces députés viennent donc raconter aux élèves, cette oeuvre positive de la troisième République que fut le Code de l’indigénat, monument de racisme d’Etat théorisé et promulgué le 20 mars 1881 sous la houlette du président du conseil Jules Ferry. Œuvre positive, ce Code de l’indigénat soumettant les Arabes sur le territoire français (depuis 1848, l’Algérie faisait intégralement partie de la France) à un arbitraire qui fut la règle jusqu’en 1944, mais qui, dans la réalité, perdura jusqu’en 1962. Au nom de la mission civilisatrice de la France, ce Code officialisait l’anéantissement de la personnalité juridique de l’Arabe, par l’internement administratif, mais aussi l’anéantissement de l’intégrité de la personne physique par la concentration en camp. Sans oublier l’amende collective et le séquestre des biens, dépossédant les indigènes au profit des colons. Œuvre positive, ces déportations d’Arabes, à fond de cale, vers Cayenne, haut lieu d’extermination par le travail…la durée de vie n’y excédant pas un an. Que ces députés viennent donc raconter aux élèves l’oeuvre positive de Petit Jean, ce manuel scolaire utilisé pendant près de quarante ans par les instituteurs de la troisième République, et dans lequel, à propos des Arabes, on fait dire par un petit garçon : « Quelle honte ! Comment ne faisait-on pas la guerre pour exterminer cet abominable peuple ! » Et que penser de ces programmes d’Histoire 2002, pour l’école élémentaire, rappelant que:« La République [la troisième] s’installe durablement, consolide les libertés fondamentales et développe l’instruction…» tout en niant superbement les lois racistes en vigueur, à l’époque, sur le territoire français ? Les bons esprits rétorqueront que le racisme anti arabe, comme l’antisémitisme, était dans l’air du temps, et que depuis les esprits ont évolué. Mais alors comment se fait-il qu’il y ait pléthore de bâtiments publics, de rues ou d’avenues du nom de Jules Ferry, du nom du général Bugeaud…, alors que, et fort heureusement, aucune rue ou avenue, aucun établissement public, aucun lycée ou collège ne portent aujourd’hui le nom d’hommes politiques, d’officiers ou d’intellectuels antisémites de l’époque? Accepterait-on, des avenues Arthur de Gobineau ou maréchal Pétain, des lycées Xavier Vallat ou des rues Pierre Laval, des collèges Charles Maurras? Avec ce négationnisme tenace qui nie le martyre des Arabes, à quand le lycée général Massu, responsable, pendant la deuxième guerre d’Algérie, de la disparition de 3000 Algériens ? Autant que dans le Chili de Pinochet ! A quand le gymnase général Bigeard dont les techniques d'enlèvement, de torture et de disparition utilisées pendant la bataille d’Alger furent fidèlement reprises par les dictateurs d’Amérique du Sud dans les années 70 et 80 ? Que ces députés viennent raconter aux élèves le Code de l’indigénat qui porte en son sein la matrice des lois anti juives promulguées sous Vichy ? Des lois anti juives écrites, entre autres, par Peyrouton, garde des sceaux de Pétain, ancien haut fonctionnaire de la Coloniale, spécialiste de l’internement et de la déportation des Arabes. Antérieur de 59 ans aux lois anti juives puis contemporaines de ces dernières, ce Code de l’indigénat ne figure nulle part dans les programmes d’Histoire. Ce négationnisme, parmi tant d’autres, a conduit Aimé Césaire, poète et écrivain antillais à écrire : "Il vaudrait la peine d'étudier cliniquement…les démarches d'Hitler et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XX siècle qu'il porte en lui un Hitler qui s'ignore… et qu'au fond, ce qu'il ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est pas l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc… et d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde, et les Nègres d'Afrique." Dans certaines régions d’Algérie, les Arabes, hommes, femmes et enfants, ont été systématiquement massacrés par centaines de milliers, comme le furent les Indiens d'Amérique. Pour le Grand Dictionnaire Terminologique, cette « destruction délibérée et systématique de l'ensemble ou d'une partie d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux » s’appelle tout simplement un génocide... Les Arabes ont besoin comme les autres, comme tous ceux qui ont été victimes de racisme et de génocide, d’être reconnus dans leur souffrance, dans leur martyre. Le pays qui se réclame des Droits de l’Homme serait bien inspiré d’illustrer ce devoir de mémoire par des commémorations à portée universelle. Des cérémonies qui ne se limiteraient pas à la seule description de l’horreur, mais qui poseraient la question: comment des humanistes, bons pères de famille, soucieux du bonheur de leurs enfants et de leur épouse …comment ces bons Français ont pu ainsi torturer, massacrer méthodiquement des centaines de milliers de familles? Comment ces hommes ont-ils pu se transformer en bourreaux? Comment ont-ils pu exterminer l’Autre, non pas pour ce qu’il avait fait mais pour ce qu’il était. Massacre de populations civiles, enlèvement, torture, disparition, famine organisée, génocide, toutes ces pratiques coloniales ont préparé l’ensauvagement du continent européen. Un pas restait à franchir pour les appliquer à l’Europe. Cela fut fait par Hitler qui, comme le rappelle Aimé Césaire, osa utiliser à l’égard d’autres Européens « des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde, et les Nègres d'Afrique." Malheureusement, là aussi, on débusque un autre négationnisme. En effet, Hitler était loin d’être seul, il était le produit d’un système effroyable mis en place, avant et pendant la guerre, en collaboration étroite avec des banquiers et industriels, non seulement allemands mais aussi français et américains. Là aussi, le négationnisme a fait des ravages dans l’esprit de nombreuses générations, en faisant que ne soient jamais cités dans les manuels scolaires les noms de certains grands patrons…des Français comme François de Wendel président du Comité des Forges, initiateur, bien avant 1939, d’un cartel international de l’acier qui attribua 40% des parts à une Allemagne acquise à l’idéologie nazie, des Américains comme Henry Ford, décoré en 1938 de l'ordre allemand de l'Aigle (la plus haute distinction nazie remise à un étranger), Hitler avait d'ailleurs utilisé pour sa propagande Le Juif international, livre viscéralement antisémite écrit en 1920 aux USA par ce même Henry Ford. Des Américains, comme le grand-père du président Bush, Prescott Bush, banquier de Hitler dans les années 30 et qui, en 1942, fut condamné par un tribunal américain pour intelligence avec l’ennemi. Les noms de General Motors, de Kodak, de ITT, de Standard Oil et bien d’autres encore…sans lesquels, jamais Hitler n’aurait pu réarmer l’Allemagne nazie. Sans oublier IBM qui mit, contre espèces trébuchantes, ses cartes mécanographiques au service des nazis, cartes perforées sans lesquelles le recensement n’aurait jamais pu prendre une telle ampleur, sans lesquelles, jamais autant d’opposants et de Juifs n’auraient été fichés et déportés en si grand nombre. En 1938, Hitler reconnaissant, décora en personne Watson, le président d'IBM ainsi que le représentant de General Motors, pour service rendu à l'Allemagne nazie...Ce qui fit dire, en 1947, à James Stewart Martin, chef de l'Economic Warfare Section du ministère de la Justice US: « En Allemagne, ce ne sont pas les hommes d'affaires allemands qui nous ont tenus en échec [...] Nous avons été bloqués en Allemagne par les hommes d'affaires américains.» Sur cette période de l’Histoire comme sur bien d’autres, le négationnisme occulte fréquemment des parts de vérité. Un négationnisme entretenu consciemment ou inconsciemment à tous les niveaux, et jusqu’au président de la République qui considère que «La France doit être fière de son passé». Des pans entiers de notre Histoire sont ainsi niés, passés sous silence. Dans nos sociétés, la finalité de l’enseignement de l’Histoire est de légitimer le pouvoir en place par l’intégration des élèves dans un roman national. Une réécriture non négationniste des programmes est inéluctable. Ne laissons pas ce travail à nos enfants. Il en va de la responsabilité du ministre de l’Education Nationale et de l’Inspection générale. Dans ce climat délétère d’une Histoire défigurée, génératrice d’irresponsabilité collective, le risque est grand de voir des jeunes se transformer demain, en assassins assermentés par impuissance de conscience. Nantes, le 7 mars 2005 Alain Vidal, professeur des Ecoles Bibliographie, principales sources : -Coloniser Exterminer (Fayard), Olivier Le Cour Grandmaison, professeur de sciences politiques et de philosophie politique à l’Université. -Comment les firmes US ont travaillé pour le Reich ? Pierre Abramovici (Revue Historia) -Industriels et banquiers sous l’Occupation (Armand Colin), Annie Lacroix-Riz, professeur d’Histoire contemporaine à l’université de Paris VII vidal.mothes@wanadoo.fr 5, avenue Louis Vasseur 44 000 Nantes 08 71 35 65 89

PAS DE QUARTIER POUR L’ECHEC SCOLAIRE Privilège d’une minorité, l’éducation permanente doit devenir un droit pour tous les adultes Octobre 1993, école Buffon, ZEP de Colombes, une réunion de parents dans ma classe de CE2. Ali raconte ses difficultés à expliquer chez lui devoirs et leçons à ses enfants. Tel un sésame, son intervention libère la parole d’autres parents. Qu’ils soient d’origine maghrébine, bretonne, ou auvergnate, ils témoignent tous des mêmes frustrations: « L’école, c’est bien joli, mais comment aider nos enfants quand on a été soi même en échec scolaire, qu’on ne sait pas bien lire… » Ali et moi, on se connaissait bien, avec d’autres parents et enseignants, cinq ans auparavant, nous avions créé un comité « école quartier » pour faire reloger une trentaine de familles vivant, comme Ali, dans des taudis insalubres générateurs de retard scolaire aggravé. Au nom du traitement économique de l’échec scolaire, les instits s’étaient mobilisés. Mais bien que relogés en HLM, les enfants continuaient à rencontrer de sérieuses difficultés en classe. De ce constat est née l’association Ecole Solidaire, décidée à oeuvrer au traitement économique mais aussi culturel des cités de banlieue. Un programme tenant en une formule: pas de quartier pour l’échec scolaire ! En tant qu’enseignant, j’envoie alors une lettre à Yves Calvet, Pdg de Peugeot où Ali est ouvrier, afin que ce papa obtienne des heures d’éducation permanente sur son temps de travail, pour soutenir scolairement ses enfants. Lors d’un entretien, le DRH propose un financement pour l’achat de livres. Sur le principe, Ali refuse. Ce qu’il veut, c’est être enseigné pendant la journée. Avec la fatigue du travail et les obligations familiales, il ne voit pas d’autres solutions. Le 6 Mai 1994, Ecole-Solidaire décide alors de rendre publique une proposition de loi pour le droit des adultes à l’éducation permanente, sur le temps de travail ou sur le temps de chômage (formation continue…maîtrise de la langue écrite…ouverture culturelle). En septembre 95, le journal Le Monde nous ouvre ses colonnes dans les pages « Horizon- Débats ». Les pouvoirs publics sont restés sourds. Aujourd’hui, les banlieues explosent. En effet, il ne saurait y avoir de «sécurité sociale» digne de ce nom sans «sécurité culturelle». L’inégalité dans l’accès au Savoir génère de nombreuses autres inégalités. Au delà de l’urbanisme et de l’emploi, rien ne doit faire oublier l’indispensable et nécessaire traitement culturel gravé depuis 1946 dans le préambule la Constitution: «La Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture ». On a coutume de réduire le système éducatif à la seule école, alors que l’enfant ne passe que 10% de son temps en classe (sur une année civile) ! Rien d’étonnant alors que l’emploi du temps passé en dehors de l’école conditionne dans une si large mesure la réussite ou l’échec scolaire de l’enfant. Dans les familles d’enseignants et de professions libérales, 80% des jeunes obtiennent un diplôme d’études supérieures, à peine 20% dans les familles d’ouvriers et de personnel de service. Dans les cités de banlieue, quantité de parents au cursus scolaire trop court, souffrent de ne pouvoir soutenir les enfants dans leurs études, de ne pouvoir les aider dans leurs devoirs et leurs leçons. Il s’ensuit un échec scolaire massif, cause de chômage, de désespoir et de violence. A l’inverse, dans les milieux favorisés, après leurs études supérieures, les parents bénéficient d’une dynamique d’éducation permanente, non seulement dans un métier qui les valorise socialement mais aussi dans la sphère familiale. Pour les enfants, c’est un facteur essentiel de réussite scolaire et d’insertion socio-professionnelle. De nombreux emplois peu ou pas qualifiés disparaissent depuis trente ans, longtemps destinés à ceux qui n’avaient pas réussi à l’école, ces métiers sont balayés par la révolution informatique. L’échec scolaire est nu, il n’est plus masqué par le plein emploi. Quand on sait que l’enfant passe 90% de son temps en dehors de l’école, comment peut-on encore imaginer l’éducation des enfants indépendamment de celle des parents ? Lutter sérieusement contre l’échec scolaire, c’est exiger la mise en place de structures d’accompagnement pour que tous les adultes continuent d’accéder à l’instruction bien après seize ans. Qu’ils continuent d’accéder à ces savoirs qui passent par la maîtrise de la lecture, outil indispensable de compréhension et de transformation du monde. Des savoirs qui vous font acteur de votre propre avenir. Aujourd’hui, être solidaire, c’est se positionner publiquement pour permettre aux populations des cités de banlieue de tendre vers le confort culturel qui est celui des couches favorisées de la population : L’élève ne doit plus masquer l’enfant…ni la famille qui est la première des écoles. Tous les jeunes devraient bénéficier, chez eux, d’un confort culturel générateur de réussite scolaire. Pour cela, il faut que les parents obtiennent effectivement le droit d’accompagner culturellement les enfants sur les chemins de l’Ecole. L’avenir démocratique de notre société se joue dans la volonté qu’auront hommes et femmes des milieux favorisés de tirer un trait d’union solidaire entre les centres-villes et les cités de banlieue. Dans la volonté de revendiquer l’éducation permanente pour tous les adultes, sur le temps de travail comme sur le temps de chômage. Tant que ce droit ne sera ne sera pas acquis, l’école égale pour tous restera un mythe. (03/12/05) Alain Vidal, enseignant à Nantes, porte-parole d’Ecole-Solidaire 02 40 89 32 03 ecole.solidaire@wanadoo.fr :

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