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Lyon : inventive, enjouée, facile à vivre... (2e Partie)

Fête des lumières, Biennales, Gay Pride, les célèbres Nuits de Fourvière... ne semblent pas nuire à la forme de tourisme plus traditionnelle qu'on rencontre à Lyon, axée sur la découverte de son centre historique distingué par l'Unesco en 1998...

 

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Sur la colline de « Fourvière » (origine du nom : Forum vetus, le « vieux forum »), on a retrouvé l'emplacement du forum antique et d'un gigantesque temple. Hauteur au fronton : 35 mètres ; le portique qui ceinturait le bâtiment sur les côtés faisait 200 mètres de long ! Un travail... de Romain ! "Ces ouvrages ont été désossés à la Renaissance... la ville a nourri la ville", précise Jacques Lasfargues, Directeur du Pôle Archéologique du Département du Rhône. Mais contrairement à Marseille, très antique métropole phocéenne et aînée des villes françaises qui s'est presque entièrement dévorée pour se reconstruire, la géographie de Lyon a permis que les quartiers s'étendent vers l'Est au cours des siècles, offrant une remarquable continuité physique des centres de chaque époque. "La ville est extraordinairement dotée en lieux de spectacle, poursuit Jacques Lasfargues.... Un théâtre de 11 500 places ; un odéon de 5 000 places ; un amphithéâtre de 20 000 places et un cirque de quelques dizaines de milliers de spectateurs..."
C'est en 177, à Lyon, qu'on assiste au martyr des premiers chrétiens. Selon une épître attribuée à Saint Iréné, c'est dans cette arène qu'après les fouets, les bêtes, le gril, la petite esclave Blandine fut mise dans un filet et livrée à un taureau... "
À l'époque, on n'hésite pas non plus à tremper un homme dans un baquet de miel, à le blesser aux chevilles pour que les ours aient plus de facilité à l'attraper... et le boulotter, ajoute le Directeur du Pôle Archéologique... Les jeux sont donnés en distraction aux responsables gaulois après le Conseil ..." Déjà du tourisme d'affaires, en quelque sorte !
Situé sur la colline de Fourvière, le théâtre romain est toujours en service pour des représentations plus civilisées. Financées par le Département du Rhône, les Nuits de Fourvière présentent chaque année, de juin à août, une programmation pluridisciplinaire, à la fois exigeante et populaire : théâtre, danse, musiques et cinéma. Elles redonnent ainsi vie aux Théâtres gallo-romains de Fourvière qui accueillent ces moments magiques de rencontre entre les artistes et un public nombreux et fidèle.

Patrimoine culturel de l'humanité
Avec la naissance de Lugdunum, débute la construction (et l'accumulation) d'architectures historiques. "Dans le Vieux-Lyon, vous êtes au coeur d'un territoire de près de cinq cent hectares, où la totalité de l'histoire de Lyon s'est déroulé sans interruption pendant 2 000 ans... Durant toute cette période, ce territoire est resté habité, vivant et animé. Le Vieux-Lyon est depuis 1964 le premier secteur sauvegardé de France et l’un des plus vastes ensembles Renaissance d’Europe." (www.Lyon.fr : Site officiel de la ville). Le 5 décembre 1998, Lyon décroche la timbale avec le classement du « territoire » au patrimoine mondial par l’Unesco. Tout le monde prend soudainement conscience que les Lyonnais habitent l'une des plus belles villes du monde. Dès lors, on n'en finit plus de saluer sa renaissance ! Et la « Renaissance »...

Pas pour le vulgaire
Le quartier Saint-Jean est très représentatif de cette époque qui a ancré la capitale rhodanienne dans un demi-millénaire de progrès scientifiques et techniques, et d'humanisme, avec Rabelais comme chef de file. Lyon a sans doute été la première cité à enraciner la France dans la gloire des Arts et des Lettres. Cette ville perpétue la vraie tradition française, multiséculaire, de progrès, d'universalisme et de cosmopolitisme....

Cathédrale Saint Jean . Photo : Ph L
La cathédrale Saint-Jean

Construite avec des pierres prélevées sur le temple de Cybèle, les voies romaines et les carrières avoisinantes, la "cathédrale Saint Jean" est un fleuron architectural. Sa construction a pris quatre siècles, à cheval sur le Moyen Age et la Renaissance. "Elle n'est pas d'un style purement roman ou gothique, reconnaît Jean-Paul Hendrickx, un conférencier qui sait communiquer sa passion de la ville et qui préside l'association Les Passagers de l'Histoire... elle ne peut donc figurer sur un catalogue consacré aux cathédrales." Tant mieux ! Accrochée à Fourvière, la cathédrale au style composite fait partie du paysage chrétien lyonnais, de ce Vieux-Lyon distingué par L'Unesco... et des trésors cachés aux "masses". Selon l'encyclopédie Wikipédia : "l’église Saint-Jean-Baptiste-et-Saint-Étienne, souvent appelée cathédrale Saint-Jean (ou primatiale Saint-Jean) est la cathédrale et primatiale de Lyon (France). Elle domine le quartier médiéval et renaissance du Vieux-Lyon. Le terme de primatiale vient de celui de Primat des Gaules, titre historique de l'archevêque de Lyon."

 

Vitraux cathédrale Saint Jean

"Que n'entre ici âme malivole..."
aurait pu s'exclamer Rabelais ! La cathédrale découvre aux visiteurs avisés (pas "avinés" !) les trésors qu'elle voile aux esprits superficiels et aux consommateurs de "produits touristiques".
Pour Jean-Paul Hendrickx : "Son évêque s'entourait de savants, des cabalistes juifs, et des savants arabes des universités espagnoles de Tolède, de Cordoue. Il y avait une union de connaissance des trois religions du Livre... Les médaillons sur la façade d'entrée sont un véritable livre d'images, de morale et de méditation... Selon cet érudit, l'éléphant qui porte sur son dos la synagogue et l'église est un symbole de force et de chasteté. On dit que l'éléphant est un animal prude, les prêtres au Moyen Age portaient sur leur chasuble des éléphants brodés..." Sur un autre médaillon, un cavalier chevauche un dromadaire qu'il retient et fait avancer avec un fouet à trois queues. L'animal semble représenter le corps dont le cavalier réfrène les passions et fait se mouvoir sous l'impulsion de la "Sainte-Trinité", la Divinité sous un triple Aspect, comme l'indique l'extrémité du fouet. Selon Jean-Paul Hendriks, "la bosse du dromadaire remplie d'eau, représente la Connaissance qu'il faut recevoir pour traverser sans encombre le désert de la vie".
Vous étiez prévenu(e) : Lyon n'est pas une ville pour les vulgaires ! Qu'ils passent leur chemin... direction tunnel de Fourvière !

 « Le symbole du génie mécanique de l'homme »
Poursuivons la visite avec Jean-Paul Hendrickx : "La cathédrale a été bâtie en l'honneur de Jean le Baptiste, le patron des ordres de Chevalerie comme ceux des Hospitaliers de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem ou des Chevaliers du Temple... Elle fut un point de passage lors du rapatriement du corps de Louis IX (Saint-Louis), mort de la peste en Terre Sainte. Pour protéger ses chairs de la putréfaction, on avait fait bouillir son corps dans un chaudron et on l'avait conservé dans une préparation de saumure... "C'est donc dans une barrique que Saint-Louis a fait sa royale tournée d'adieu à ses bons peuples ! Un épisode plutôt saumâtre de l'histoire de France.

 

Cathédrale Saint Jean Lyon
Horloge astronomique de la Cathédrale Saint Jean

À l'intérieur de la Cathédrale, une horloge astronomique et astrologique d'une grande beauté, a pour vocation à définir les phases de la Lune, les saisons et les fêtes calendaires. Elle est animée par tout un système d'automates, des rouages très anciens, certains sont du 14e siècle en fer forgé. Elle est tellement renommée, conclut notre conférencier, que les Japonais sont venus en faire une copie, qu'ils ont mise dans le hall d'une très grande entreprises de Tokyo comme symbole du génie mécanique de l'homme ! Fin de la 2e partie

 

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