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Alexis Tsipras entre radicalisme et «réalisme»

Alexis Tsipras, le président de Syriza, voyage beaucoup ces derniers temps. Il s’est rendu récemment sur le continent américain ; aux Etats-Unis et dans divers pays sud-américains. Il était à Londres, les 14 et 15 mars, pour donner deux conférences publiques et rencontrer des représentants du Parti travailliste et les médias. Je suis allé l’écouter à la London School of Economics où il a parlé pendant près d’une heure avant de répondre aux questions du public.

 

Démocratie contre oligarchie

C’est un premier ministre en puissance que la LSE reçoit le 14 mars dans la soirée. Cette université est davantage connue de nos jours pour son inclination néolibérale (Friedrich Hayek y enseigna longtemps et Anthony Giddens, ex-directeur, y développa sa fumeuse « Troisième voie » blairiste), que comme institution de gauche (Sydney Webb, un économiste socialiste en fut le fondateur en 1895).

Alexis Tsipras n'est pas un grand tribun. Il lit son discours ; il est vrai qu'il s'exprime en anglais. Le public, pourtant largement acquis au président de Syriza, réagit très peu au cours de la conférence. Tsipras est un homme direct et chaleureux dans l'intimité de discussions privées, mais devant l'auditoire il incarne un dirigeant politique presque conventionnel.

Alexis Tsipras, le 14 mars 2013 devant la London School of economics.Alexis Tsipras, le 14 mars 2013 devant la London School of economics. © LSE in pictures

Trois choses retiennent mon attention : 1) Tsipras insiste davantage sur la nécessité de rétablir la « démocratie » contre les « pouvoirs oligarchiques » que sur des considérations de justice sociale et d'égalité. 2) Il prend grand soin de lisser un discours qui s’écarte de la phraséologie de la gauche radicale traditionnelle (notamment l'anticapitalisme). Alexis Tsipras a milité au KNE, organisation de jeunesse du Parti communiste grec (KKE). Pourtant, ni la rhétorique, ni l'argumentation ne sont typiquement d'inspiration marxiste. 3) Le discours évite soigneusement de trancher les questions difficiles : que ferait Syriza si elle parvenait demain au pouvoir ? Je me pose la question de savoir quels sont les objectifs personnels de Tsipras. S'il était premier ministre, tenterait-il de construire une majorité de gauche désireuse de rompre radicalement avec les politiques imposées par la Troïka ?

Selon Tsipras, une alternative s’offre  aujourd'hui à l'Europe : ou elle persiste dans l'impasse néolibérale, ou elle fait le choix de la démocratie. Dans le camp de la démocratie, il y a les peuples qui aspirent à un monde plus égalitaire et libre et dans le camp néolibéral, on trouve les banques, le monde de la finance et les institutions supranationales (Troïka, Union européenne) ainsi que les gouvernements nationaux. « Pour sortir de la crise, l'Europe doit faire des choix démocratiques radicaux » affirme le dirigeant grec. Alexis Tsipras met l'accent sur la mobilisation et la participation populaires, et estime que Syriza peut être le catalyseur de cette mobilisation populaire pour faire évoluer la Grèce vers une société socialiste démocratique.

Dans les circonstances socio-économiques que connait la Grèce, on pouvait s'attendre à un discours indigné. Il faut attendre la partie questions et réponses pour entendre Tsipras décrire la situation dramatique dans le pays. Il le fait d'une manière quasiment dépassionnée : une sixième année de récession (Morgan Stanley prévoit une septième année), une contraction de 20% de l'économie depuis 2008, une baisse de plus de 30% des salaires et des retraites depuis 2009, un taux de chômage avoisinant les 30% (presque 60% chez les jeunes) et des centaines de milliers de diplômés qui quittent le pays. Les politiques d'austérité ont réduit l'aide sociale, dérégulé davantage le marché du travail et fait reculer un Etat social pourtant déjà limité. Tsipras, à l'unisson de la gauche radicale européenne, confirme ce que les peuples européens ont déjà compris : les politiques d'austérité n'ont pas pour objectif de réduire les déficits publics, mais d’attaquer les Etats sociaux pour assurer aux capitalistes des marges de profit accrues.

Dans son introduction, Tsipras définit clairement les objectifs des politiques « austéritaires » en Grèce et en Europe : « Pourquoi les gouvernements européens poursuivent-ils ces politiques d'austérité ? Leurs objectifs réels sont différents de ce qu'ils affirment en public : ils souhaitent en réalité façonner un nouvel environnement économique dans lequel le marché du travail sera encore plus dérégulé et reposera sur une main d’œuvre bon marché. La poursuite de la privatisation des services publics est bien sûr à l’ordre du jour ».

 

Syriza et la zone euro

Tsipras considère que la question de la sortie de la zone euro ne se poserait pas sous un gouvernement de gauche. D'une part, Syriza n'y est pas favorable. D'autre part, Tsipras estime que la crise grecque est avant tout la crise de l'Union européenne. Par conséquent, la sortie de la Grèce ne réglerait rien. Au contraire, elle aggraverait la situation au niveau européen. Tsipras dit ainsi disposer d'un pouvoir de négociation considérable : la zone euro se sauvera avec la Grèce ou périra. Quand un membre du public lui demande ce qu'il ferait quand Angela Merkel refusera de rééchelonner la dette. Il répond avec aplomb : « Personne ne s'oppose à Merkel en ce moment. Il sera donc intéressant de voir comment elle réagira quand, pour la première fois, un Etat membre lui tiendra tête ». Pour la gauche grecque, François Hollande est le « béni-oui-oui » de la chancelière allemande.

Comment un gouvernement Syriza s'y prendrait-il pour résoudre la question de l'endettement grec ? Nous touchons ici à l'un des points politiques les plus sensibles. Lors de l'élection de juin dernier, le parti avait insisté sur le fait qu'il abrogerait le Mémorandum imposé par la Troïka s'il parvenait au pouvoir. Syriza avait durci son positionnement peu avant l'élection. Cette ligne radicale avait porté ses fruits puisque Syriza était passé de 3,3% des voix en 2004 à 16,8% en mai 2012 et à 26,9% un mois plus tard (qui est peu ou prou son score actuel dans les sondages). Cette radicalisation n'avait pas effrayé l'électorat des classes moyennes et populaires qui avait déserté en masse le PASOK. Il est clair que cette position a évolué dans les cercles dirigeants de Syriza. Dans un entretien accordé au New Statesman le lendemain de la conférence à la LSE, Tsipras n’a pas confirmé qu'un gouvernement de gauche refuserait d'honorer la dette. Il a préféré parler de « renégociation » de la dette avec les banques créancières, estimant qu'une partie de celle-ci pourrait cependant être exonérée (« haircuts »). [1] La dette ne serait plus annulée, mais un gouvernement de gauche réclamerait un délai supplémentaire pour l'honorer. Ce repositionnement constitue une évolution fondamentale de Syriza sur l'une des questions les plus importantes qui concerne l’avenir de la Grèce.

Syriza envisage également de remettre au goût du jour deux mécanismes d'aide : le premier est une sorte de plan Marshall réactualisé et le second s'inspire de l'accord de Londres signé en 1953. Ce dernier prévoyait la remise d'une partie de la dette contractée par l'Allemagne entre le traité de Versailles de 1919 et 1945. Avec cette remise de la dette, Syriza s'engage à faire cesser la baisse des salaires et des retraites. Elle préconise la revalorisation du salaire minimum, réajusté au niveau d'avant la crise. A la LSE, la promesse d'imposer lourdement l'évasion fiscale soulève les applaudissements du public. Tsipras enchaîne sur l'une des rares propositions vraiment radicales de son discours : la socialisation du service bancaire pour le mettre au service, non du profit capitaliste, mais des intérêts publics.

Alexis Tsipras répète inlassablement que l'Europe fait face à une « crise structurelle du capitalisme et de son modèle néolibéral ». Les mesures de rééchelonnement de la dette permettraient-elles de relancer l'économie et d'augmenter sans tarder les salaires ? Constitueraient-elles une étape anticapitaliste vers le socialisme ? Rien n'est moins sûr. D'une part, on imagine mal aujourd'hui quels pays accepteraient de mettre en œuvre un nouveau plan Marshall. Les conditions économiques et géopolitiques aujourd'hui ne sont pas comparables à celles du début de la Guerre froide, sur fond de compétition soviétique. D'autre part, une annulation partielle de la dette grecque comparable à celle de l'Allemagne n'est pas acquise non plus. Le comportement inflexible de la Troïka et de l'Allemagne jusqu'à présent n’incite guère à l’optimisme.

Syriza propose une plate-forme programmatique encore floue et partiellement définie. Les mesures d'urgence sociale, frappées du bon sens, s'inscrivent dans un cadre réformiste radical. Aucun projet de dépassement du capitalisme n'apparaît clairement, surtout dans le corset budgétaire et institutionnel de la zone euro.

 

Tensions au sein de Syriza

Il ne faut pas trop s'étonner de l’évolution « réaliste » de Syriza. Cette dernière - comme le Front de gauche en France - est une confédération de partis de la gauche radicale. Synaspismós, dirigé par Tsipras, en est la composante majoritaire. Après un virage radical en 2004 lorsqu’Alékos Alavános avait pris la direction du parti, Synaspismós a commencé à se recentrer depuis plusieurs mois.

Aux côtés de Synaspismós - la Coalition de la Gauche, des Mouvements et de l’Ecologie – une formation issue du KKE, il existe plusieurs petites organisations issues de la gauche grecque : Organisation Communiste de Grèce (KOE), la Gauche Ouvrière Internationaliste (DEA), de tradition trotskyste, Kokkino (qui signifie « rouge »), le Groupe Politique Anticapitaliste (APO) ou encore la Gauche Communiste Ecologique et Rénovatrice (AKOA), qui est issue de l’ancien Parti communiste grec de l’intérieur. Comme au Front de gauche, la cohabitation entre ces diverses composantes est source de tension et de désaccords. Les différences entre formations au sein de Syriza auraient tendance à s’exacerber au fur et à mesure que les chances de victoire se précisent. D’une part, Synaspismós – notamment la garde rapprochée de Tsipras – semble vouloir engager le mouvement dans une direction plus « réaliste » ; compatible en tout cas avec le maintien de la Grèce dans la zone euro. Lors de la conférence nationale de Syriza, les 30 novembre au 2 décembre 2012, Synaspismós et différents partis (KOE, AKOA, Roza, d’ex-membres du PASOK) ont recueilli 75% des voix des délégués. Les tendances regroupées autour de Courant de gauche et Regroupement de gauche, DEA, Kokkino et APO pèsent aujourd’hui 25% des voix. Cette minorité non-négligeable s’inquiète du recentrage en cours de Tsipras.

La gauche de Syriza reproche à Alexis Tsipras de déjà rechercher des compromis avec les institutions du capitalisme financier. Son récent voyage à Washington a soulevé une certaine émotion à gauche. Tsipras y a rencontré des représentants du département d’Etat, à qui il a assuré que la Grèce resterait membre de l’OTAN si Syriza parvenait au pouvoir. Il s’est également entretenu avec des responsables du Fond monétaire international. Sa conférence à la Brookings Institution, un think tank très social-libéral, a été également été perçue comme une initiative visant à promouvoir une image d’homme d’Etat respectable et pragmatique. Certains ont amèrement reproché à Tsipras une prestation opportuniste à cette occasion : « J’espère vous avoir convaincu que je ne suis pas aussi dangereux que certains ne le pensent ». [2] La gauche anticapitaliste grecque n’est pas loin de penser qu’Alexis Tsipras est déjà dans la peau d’un premier ministre social-démocrate.

On le  voit, la route vers le pouvoir d’Alexis Tsipras n’est pas une sinécure et l’enfer grec est pavé de bonnes intentions. Une chose est sûre, Alexis Tsipras devra prochainement trancher entre le radicalisme de la campagne électorale de 2012 et la nouvelle impulsion qui apparaît se détourner de ce radicalisme. En réalité, la direction que prendrait un possible gouvernement Tsipras dépendrait largement de la combativité des mouvements sociaux grecs et de la situation économique dans la zone euro à ce moment-là.

[1] Yiannis Baboulis, « More and more people realise austerity is not viable. There is no other way to radicalise further », New Statesman, 19 mars 2013, http://www.newstatesman.com/2013/03/alexis-tsipras-interview

[2] Alexis Tsipras, « Greece and the economic challenges ahead », Brookings Institution, Washington, 23 janvier 2013, http://www.brookings.edu/~/media/events/2013/1/22%20greece%20economy/20130122_tsipras_transcript.pdf

Twitter : @PhMarliere

 

Tous les commentaires

22/03/2013, 15:23 | Par Marc Tertre

La gauche anticapitaliste grecque n’est pas loin de penser qu’Alexis Tsipras est déjà dans la peau d’un premier ministre social-démocrate.

Je ne suis pas loin de penser qu'elle a bien raison, si on en croit les éléments qui sont par ailleurs rapporté (garanties sur la présence dans l'otan, gennuflexion envers les pontes de la Blooklin institution et du FMI) Reste a déterminer une stratégie de rupture qui sont en même temps "réelle" (dans le sens ou elle prend bien en compte les véritables rapports de forces, sans oublier leur nature dynamique) et qui évite l'eccueil du "réalisme" applati d'une certaine "gauche radicale" aus principes fluctuants.

22/03/2013, 15:56 | Par Philippe Marlière en réponse au commentaire de Marc Tertre le 22/03/2013 à 15:23

La partie n'est evidemment pas facile pour Syriza et Tsipras. Je dirais meme qu'elle tres compliquee. Le ton de mon article n'est d'ailleurs pas tres critique a son egard de Tsipras. Ce qui m'inquitee le plus ce sont les tiraillements entre des positionnements contradictoires sur des questions fondamentales comme, par exemple, la question du Memorendum. Une startegie de gauche credible peine a apparaitre.

22/03/2013, 17:30 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de Philippe Marlière le 22/03/2013 à 15:56

Une startegie de gauche credible peine a apparaitre.

Je me suis bien gardé d'utiliser ce terme ("crédible", vis a vis de qui ?) au profit du "réalisme" (en ce sens de "ce qui peut être rendu réel") Ce qui me semble être absent de votre réflexion et de votre compte rendu c'est aussi ce que la capacité de mobilisation "de la société" permet. Ainsi que des moyens d'étendre à l'europe tout entiére une problématique qui ne vaud pas uniquement pour l'Acropole...

les tiraillements entre des positionnements contradictoires

Si ces tiraillements sont uniquement "interne", alors c'est REELLEMENT inquiétant. Mais si ça ne fait que réfléter des tiraillement entre classe et/ou fractions de classe (désolé de faire mon marxiste Cool) c'est autre chose. Et je suis pas loin de penser la aussi que nous sommes dans la seconde configuration...

22/03/2013, 17:45 | Par Philippe Marlière en réponse au commentaire de Marc Tertre le 22/03/2013 à 17:30

J'evoque en passant dans mon billet deja trop long (!), la mobilisation des mouvements sociaux dont Tsipras a parle a plusieurs reprises dans son allocution. Il pense que la politique doit se pratiquer d'une autre maniere, moins formelle, et impliquer les citoyens, a la fois sur le plan de la prise de decision et sur celui de la gestion. Il faut noter que Syriza a soutenu le "Mouvement des places" apparu avec le debut de la crise en Grece. Quant aux tiraillements internes, ils ne sont pas rhedibitoires a present. Disons que les dernieres semaines ont ete assez eprouvantes pour la gauche de Syriza. J'en rends compte a la fin de mon billet.

23/03/2013, 09:18 | Par morvandiaux en réponse au commentaire de Philippe Marlière le 22/03/2013 à 15:56

Par Alexis Tsipras, Président du groupe parlementaire Syrisa en Grèce. Il est clair que les dirigeants européens sont désormais engagés sur une voie ouvertement orientée contre les peuples d’Europe. La stratégie du gouvernement allemand, soutenue en Europe par le capital financier spéculatif, est une stratégie de colonisation de l’Europe du Sud en général, et de la Grèce et de Chypre en particulier.

http://www.humanite.fr/monde/alexis-tsipras-denonce-un-strategie-de-colonisatio-517932

La critique est aisée vue de l'extérieur, donner des leçons n'ont jamais mobilisé les peuples !

Front National en France, Parti de la liberté au Pays-Bas, Jobbik en Hongrie, Parti des vrais Finlandais, Aube Dorée...depuis les élections européennes de 2009 pas moins d'une douzaine de formations politique d'extrème-droite ont dépassé les 10% voire plus. Ce phénomène ne semble pas près de s'arréter :

l'absence d'alternative à gauche et les surenchères à droite ont remis en selle, sur fond de crise, ceux des héritiers du fascisme qui ont su ravaler leur façade pour mieux récupéer les mécontents. Oublier l'histoire de la Grèce est une erreur...(un "détail" si le gouvernement allemand versait les indemnités dues par les dommages de guerre = 100 MILLIARDS d'€ !!)

Que les choses soient difficiles là-bas ? et ICI en France avec un Gouvernement dit de "gauche" qui ne fait que prolonger la politique néolibérale, que faisons nous concrètement ? Pourquoi le peuple ne se mobilise pas plus...la faute au FdG, à la CGT ?...la montée de l'islamophobie s'ajoutant à l'antisémitisme...

Comment le désarroi social de la classe ouvrière et la perte généralisée des identités nourrissent ces mouvements, Comment l'Union Européenne (dédouanée dans le texte) sert de repoussoir.

Quand on pousse l'Europe à l'extrème , c'est l'extrème qui repousse l'Europe

Respect pour celles et ceux qui luttent !!

23 mars 2013 Déclaration d’Alexis Tsipras (Syriza) face au hold-up de l’UE à Chypre

http://www.legrandsoir.info/declaration-d-alexis-tsipras-syriza-face-au-hold-up-de-l-ue-a-chypre.html

...

Voyageur, le chemin
C'est les traces de tes pas
C'est tout; voyageur,
il n'y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur! Il n'y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer.

Tout passe et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer

Antonio Machado

EN DIRECT DE BORDEAUX - samedi 23 mars de 9h40 a 19h et dimanche 24 mars de 9h45 à la fin du meeting Congrès du Parti de Gauche

http://www.jean-luc-melenchon.fr/2013/03/21/congres-du-parti-de-gauche/

23/03/2013, 15:13 | Par Jean-marc B en réponse au commentaire de Marc Tertre le 22/03/2013 à 15:23

Devant le creux, au double sens du mot, de la direction de SYRIZA, et pas seulement de "Tsipras dents longues", (beaucoup de postes en vue dans l'Etat bourgeois), indispensable de lire les propositions en positif de la gauche de SYRIZA, proposant un front non pas anti-libéral pour occuper les fauteuils, mais anti-K pour un altenative socialiste:

http://alencontre.org/laune/grece-depression-et-role-de-la-gauche-de-syriza.html#more-13264

On peut aussi lire aussi ici propositions unitaires et anti-K de ANTARSIA, autre secteur de la gauche non réformiste

http://www.socialinfogr.blogspot.gr/2013/03/antarsya-des-pas-en-avant-maintenant.html

 

22/03/2013, 17:10 | Par Jean-Claude POTTIER

Le KKE, par l'intermédiaire de sa secrétaire, avait annoncé qu'il ne fallait surtout pas se fier à Syriza.

Elle n'a pas eu tort.

23/03/2013, 02:49 | Par Jean-Claude POTTIER en réponse au commentaire de Marc Tertre le 22/03/2013 à 19:24

L'expérience a montré qu'il ne faut se fier à personne et, sur ce sujet, le KKE s'est longuement expliqué au cours des derniers mois. Mieux vaut la position du KKE (qui analyse la situation politique de la Grèce ainsi que les positions officielles des dirigeants des partis politiques) que celle du PCF dans la gauche plurielle.

Le KKE avait prévu une perte en voix lors des dernières élections mais a néanmoins fait le choix de faire cavalier seul, prévoyant un virage à droite de Syriza à l'approche du pouvoir, achevé après la prise du pouvoir.

Il se trouve que Syriza est composé de militants et que ces militants ont un passé politique. Et ce passé politique est celui de ces militants et des organisations d'où ils viennent. Et comme le KKE a la mémoire longue, il se souvient de la trajectoire politique de ces militants et de ces organisations.

Et si la Grèce est dans la situation où elle se trouve, elle le doit AUSSI à ces partis et ces militants. Syrisa est un parti nouveau. Mais dans l'histoire, il n'y a vraiment que lui qui soit nouveau. Et il doit sa création au besoin de remplacer le PASOK. Juste avant les élections. Dans le même registre, nous avons Mélenchon, dirigeant du parti jumeau de Syriza. Mélenchon crie beaucoup, frémit de colère, mais reste campé sur ses positions : rester dans l'UE, dans l'euro avec le projet de démocratiser l'UE et le capitalisme.

Le capitalisme en crise n'est ni réformable ni démocratisable, sinon, il ne serait pas en crise. Et s'il pille les peuples jusqu'à les tondre, c'est pour reculer la menace interne de ses contradiction. En particulier, la baisse tendancielle du taux de profit. La mise en valeur du capital se réalise, à chaque cycle, toujours de plus en plus difficilement.

Raisonner dans le cadre de l'UE et de l'euro en vue de réformer et moraliser est tout simplement impossible.

Le KKE a ce courage et cette fermeté de vouloir sortir de l'UE et de l'euro. Comme le PC portugais et d'autres encore. Et ce sur une base purement marxiste. Au jour d'aujourd'hui, l'ordre du jour est le renversement du capitalisme. Non par surenchère extrémiste mais parce que justement c'est la seule issue réellement raisonnable.

Regardez autour de vous, en Europe : la crise se poursuit, étend ses ravages, fabrique toujours plus de pauvres et là il n'y a rien qui soit réformable, moralisable, démocratisable.

Ce n'est pas par volonté que les dirigeants mettent en place cette politique. Ce n'est pas par perversité. Ce sont seulement les lois du système qui les obligent. Et si on ne comprend pas ça, on ne comprend rien du tout.

La Grèce, l'Espagne et le Portugal sont à différents niveaux tout au bord de la guerre civile. Ce n'est pas du tout par hasard, c'est parce qu'il n'y a plus de place pour les peuples. Devant, c'est soit le chômage et l'austérité, soit la rupture totale et un bouleversement profond qui passe par la destruction politique et économique du capitalisme.

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23/03/2013, 09:24 | Par Chinaski en réponse au commentaire de Theo Tymen le 22/03/2013 à 19:33

C'est un peu cruel de comparer Tsipras à Hollande, le second a quand même clairement dit, dans son programme, que l'austérité serait l'alpha et l'oméga de sa politique (bien sûr il a caché le terme derrière des relances fumeuses, des imposititions tape-à-l'oeil, et une prétendue réforme de la démocratie dont tout le monde savait que c'était des foutaises). 

Je ne suis pas d'accord non plus sur votre idée qu'une réforme de la démocratie ne fait pas un programme. Je pense, au contraire, que c'est le seul programme qui vaille. Détruire les institutions et en recréer de nouvelles par la convocation d'une Constituante est le préalable. Il n'est nul besoin de programme économique complexe et ficelé. Seulement, une réforme de la démocratie où on détruit le système de la "représentation" intégrale qui, inéluctablement, dérive pour devenir une oligarchie de l'argent: des élites qui se cachent derrière le voile de la représentativité pour prendre des décisions "dans l'intérêt du peuple" même quand le peuple montre qu'il n'est pas d'accord (et de tacler toute personne se revendiquant du peuple comme des populistes comparables à Mussolini ou à Hitler). À défaut de pouvoir instaurer une démocratie directe (dans un pays de 66 millions d'habitants, cela s'avère complexe), il faut instaurer des outils contraignants, voire coercitifs, pour obliger les représentants de respecter les décisions du peuple qu'il est censé représenter. Cette outillage de contrôle du politique par le peuple doit passer par une réforme profonde de l'éducation, avec une éducation intense au politique, et par une réforme des modalités du travail, les individus devant être moins souvent au travail pour se donner plus de temps pour participer au politique. Ainsi, vous le voyez, en repensant la démocratie vous pouvez tout à fait parvenir à repenser un mode moins oppressif de production. 

Quant à la critique du KKE vis-à-vis de Tsipras elle n'est pas vraiment étonnante, puisqu'on trouve des anciens du PASOK chez Tsipras, or il a été dit que le parti communiste grec à une bonne mémoire. En effet, il se souvient de la guerre civile qui a suivi la Seconde Guerre Mondiale et de la neutralité du PASOK qui a préféré observé les communistes et l'extrême-droite se détruire plutôt que de prendre parti pour les communistes. Un schéma qui s'est plus ou moins repété avec la dictature des colonels. 

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22/03/2013, 20:38 | Par juan23 en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 22/03/2013 à 17:10

Ah! si le KKE l'a dit, alors...
Au fait le KKE en a-il réferé au camarade Kim Yong Han, ou a-t-il fait preuve de déviationisme?

22/03/2013, 20:49 | Par Jean-Claude POTTIER en réponse au commentaire de juan23 le 22/03/2013 à 20:38

Vous croyez-vous malin?

Durant la dictature, le KKE s'est passé de votre finesse d'esprit et il a surmonté l'épreuve. Vous avez surmonté quoi, vous?

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23/03/2013, 09:45 | Par juan23 en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 22/03/2013 à 20:49

Je suis pas là pour vous raconter ma vie et faire pleurer dans les chaumières,et je n'ai pas de carnet de notes du parti.
Le coup du PC de tel ou tel pays qui a combattu la dictature: je connais très bien. Celle là aussi on me l'a fait, et on la ressort à chaque fois que l'on est en difficulté.
La réponse est évidente il n'y avait pas que les PCs qui ont combattu et souffert durant les dictatures de droite, et ceci est bien connu de ceux qui l'ont vécu.
Alors qu'en dit Kim Yong Hun, il a surmonté quoi, lui?  

23/03/2013, 13:25 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de juan23 le 23/03/2013 à 09:45

Je connais assez peu le KKE et cela ne fait pas parti de mes partis préférés (il me semble me souvenir qu'il s'agissait d'un parti "staliniste", admirateur du Moustachu, pas ma tasse de thé) Mais tu "suggére" avec beaucoup de lourdeur que cela serait des partisans du "juche", le systéme politique ayant court en Corée du Nord. Or à ma connaissance, jamais ces gens là n'ont été de fervents admirateur de ce vassal chinois. Les seuls que je connaisse ont leur rond de servielle, qui au ps qui à l'ump (vu la décomposition quasi totale des maoistes français)

23/03/2013, 13:53 | Par juan23 en réponse au commentaire de Marc Tertre le 23/03/2013 à 13:25

Non Mr Tertre,ce n'est pas du tout de cela dont je parlais en réponse à J.C.Pottier, mais demandez lui donc ; lui m'a compris . Comme vous pouvez le constater  j'ai écrit cette phrase en fin de mon commentaire. Mon sous-entendu s'adressait, evidemment à J.C.Pottier.Demandez lui ce qu'il pense de la dynastie nord-coréenne et qu'il rappelle ce qu'il avait écrit lors de la mort de Kim Yong Il.
Je ne sais pas "s'il a son rond de servielle au ps ou à l'ump", j'avoue que vous là vous me posez une colle! 

23/03/2013, 14:58 | Par Jean-Claude POTTIER en réponse au commentaire de juan23 le 23/03/2013 à 13:53

Je rappelle qu'au départ il était question de la Grèce, de Syriza et du KKE. Discussion essentielle qui nous concerne directement. Et justement, le rôle joué par le KKE, autrefois et aujourd'hui, mérite qu'il soit mis en lumière, lui.

Je remarque (depuis longtemps) que l'on qualifie les PC de l'ex IIIème Internationale de staliniens. Ce qui est une volonté évidente de nuire, de salir, de disqualifier.

Le passé historique des PC grec, portugais, espagnol et italien est d'avoir eu à combattre clandestinement la dictature. Le PC allemand, aussi. Et français de même, sous l'Occupation et dans la Résistance. Je ne vois pas du tout ce qu'il y a là de "stalinien", si tant est que ce terme ait un sens.

Parmi les PC cités, 2 ont un rôle aujourd'hui : celui d'organiser les travailleurs contre la politique européenne d'austérité. Discréditer le KKE et le PCP sert-il la lutte contre l'UE? Cela conforte-t-il le mouvement anticapitaliste? Ou, au contraire, est tout juste bon à affaiblir les forces populaires, pourtant dressées et combatives?

En fait, vous roulez pour qui? Pour un idéal révolutionnaire romantique? Pour un réalisme plat et triste à la hollandaise? Ou, enfin, pour Merkel et l'UE?

Est-ce bien le moment de venir régler vos comptes militants aujourd'hui? Qu'y a-t-il à redouter : le retour de Staline? Du stalinisme?

Quant à la Corée du Nord, elle a eu à surmonter, à l'instar de ses voisins vietnamien, cambodgien, laotien, une guerre. Amusez-vous à dénombrer les morts, les blessés, les ruines, les dégâts, provoqués par ces guerres entre 1950 et 1975.

Dictatures ici, guerres là-bas, crise économique mondialisée, chômage de masse comptable en millions au niveau de la planète, vous me donnez l'impression d'un gauchisme petit-bourgeois, criard, vain et stérile, qui vous fait parler pour ne rien dire, sinon des conneries.

23/03/2013, 18:29 | Par juan23 en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 23/03/2013 à 14:58

ça y est! c'est reparti : "Est-ce bien le moment de venir régler vos comptes militants aujourd'hui? Qu'y a-t-il à redouter : le retour de Staline? Du stalinisme?"
Je retiens votre phrase qui n'est autre que la phrase classique, mise au gôut du jour et Ripolinée  : "dire du mal de l'URSS c'est être contre la revolution".
Calmez vous, au lieu de traiter ceux qui ne sont pas d'accord avec les PC Européens d'un autre âge comme des ennemis.

23/03/2013, 19:15 | Par Jean-Claude POTTIER en réponse au commentaire de juan23 le 23/03/2013 à 18:29

C'est ce qu'ils sont objectivement.

23/03/2013, 20:50 | Par juan23 en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 23/03/2013 à 19:15

Lol!

24/03/2013, 08:45 | Par Jean-Claude POTTIER en réponse au commentaire de juan23 le 23/03/2013 à 20:50

Vous le dîtes vous-même : votre refus (rejet?) de l'URSS vous conduit à rejeter les PC européens. Si vous faîtes le bilan, vous serez bien obligé de convenir que vous vous retrouvez bien isolé. Et c'est cet isolement qui renforce les forces du capital. Plus vous jouez contre les forces du changement, plus vous le freinez.

De surcroît, qui aujourd'hui n'analyse pas ce que fut l'URSS à la lumière de ce qui est advenu? Le régime s'est effondré, reste à savoir ce qui s'est réellement effondré. Sur la boîte, il y était écrit : socialisme. Mais était-ce bien le socialisme, en 1991? La conversion au capitalisme s'est faite dans la douleur mais sans heurt ni violence car, telle qu'elle était, l'URSS était prête à cette conversion.

80 ans se sont écoulés entre la révolution bolchevique et l'effondrement soviétique. Dans ce laps de temps, les forces de la contre-révolution ont lentement repris le pouvoir et force est de constater que la déstalinisation n'a pas sauvé le socialisme. Au contraire. Du coup, le regard qu'il faut porter sur la période stalinienne s'éclaire d'un jour nouveau. Kroutchev est la reprise de Trotski. Il impulse dès 56 la reconquête du pouvoir en faveur de la contre-révolution laquelle culmine avec Eltsine et Gorbatchev.

Cela certes mérite un débat. Un débat sérieux, très sérieux. Mais qui doit débuter à un tout autre niveau.

Ce que l'on ne peut pas nier de Staline, c'est que :

1. Il a sorti l'URSS de l'arriération et l'a placée parmi les premières nations. A sa mort, l'URSS était la 2nde puissance du monde.

2. Il a remporté quasiment tout seul la 2nde guerre mondiale, même si je ne néglige ni le rôle joué par la GB ni, encore moins, celui joué par les résistances dans les pays occupés, au premier rang desquelles figuraient justement les PC européens.

Si vous négligez de prendre cela en compte, c'est qu'en effet on ne peut plus rien pour vous.

Enfin, je rappelle les guerres menées par les USA, à partir de 45, contre les pays voulant se donner un régime communiste. Corée, Vietnam, Indonésie et, à un degré moindre, Cuba. Sans bien sûr oublier les dictatures installées sur quasi tous les continents et qui ont saigné tous les PC concernés et le mouvement communiste mondial.

Je crois qu'il n'est pas du tout négligeable de rappeler tout ça.

Rester bloqué sur Staline comme beaucoup le font c'est céder à la propagande US et occidentale.

Mais bon, je sais que je ne vous convaincrai pas. Big brother, même déguisé en trotskiste, est passé avant...

24/03/2013, 09:46 | Par Chinaski en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 24/03/2013 à 08:45

Je suis en partie d'accord avec vous. Même si les crimes de l'un ne peut négliger les crimes de l'autre. Même si les réussites économiques de Staline ne peut mener à nier les crimes dont il est coupable. Il est pas inintéressant de rappeller combien Hitler mena également une politique extrêmement efficace. Avant 1933, l'Allemagne était à genoux, une inflation à quelques milliards de pourcents, un chômage qui crève le plafond, une économique complètement moribonde. Six ans plus tard, l'Allemagne domina complètement l'Europe, détruisant la France en six semaines. 

De même les réussites du capitalisme et du bloc occidentale ne doit pas nous faire nier l'échelle des crimes dont se sont rendus coupables les capitalistes (pour reprendre une sémantique marxiste). 

Je me souviens l'ouvrage de Noam Chomsky "La fabrique du Consentement" dans lequel il traitait la réception médiatique de deux massacres à grande échelle: le massacre de Pol Pot en Thailande et le massacre de Suharto en Indonésie dans le Timor-Est. Ces deux massacres étaient largement comparables en nombre de victimes, ils se sont déroulés sensiblement au même moment. La seule différence était que Pol Pot était dans le camp de l'est, Suharto dans le camp de l'ouest. La seule différence c'est que c'est l'URSS qui a fourni les armes à Pol Pot pour qu'il accomplisse son crime, et que c'est les États-Unis qui ont fourni les armes à Suharto pour qu'il accomplisse le sien. La seule différence c'est que le massacre de Pol Pot a fait la Une de tous les journaux pendant des semaines, il a donné lieu à des discours, des débats, des reportages et que le crime de Suharto est passé quasiment inaperçu jusqu'à ce que, dans les années 1990, Chomsky publie son ouvrage. 

Que ce soit les élites communistes qui fourvoient leur message pour opprimer le peuple ou les élites capitalismes qui manipulent les foules pour opprimer le peuple, les deux représentent l'ennemi. Il n'est, je pense nul besoin, de s'étriper sur ces questions. 

Rappelons que la Guerre Froide est finie. 

24/03/2013, 10:24 | Par juan23 en réponse au commentaire de Jean-Claude POTTIER le 24/03/2013 à 08:45


"Il a remporté quasiment tout seul la 2nde guerre mondiale": comme Batman!
Non mais, vraiment, vous croyez à tout ce que vous dites, ou faut-il le prendre au second degré? Dans ce dernier cas vous pouvez vous vanter de m'avoir bien eu.
Nota: choisir entre l'URSS et les USA c'etait bien le choix dans lequel voulait nous enfermer les PCs. Mais voila,tout le monde n'est pas tombé dans le panneau.

24/03/2013, 16:09 | Par Jean-Claude POTTIER en réponse au commentaire de juan23 le 24/03/2013 à 10:24

Si vous aviez réellement lu la prose du PCF, vous sauriez qu'il persévéra dans la démarche du "socialisme" à la française, loin de tout choix alternatif entre URSS et USA. Le PCF tenait même à préciser que le socialisme soviétique s'était construit dans les conditions qui lui étaient propres et jamais au grand jamais il ne fut question d'imiter l'URSS.

Le PCF insistait même sur le passé et les traditions révolutionnaires de la France, prenant bien soin de rappeler 1789 et 1871 et la culture nationale révolutionnaire.

Pour ce qui concerne Batman, c'est même pas risible. L'Allemagne s'est redressée économiquement au lendemain de la crise de 29 du fait du soutien US. Et les USA voyaient d'un très bon oeil l'éventualité d'une guerre Allemagne/URSS.

1. J'ai quand même précisé le rôle britannique et celui des résistances à l'occupant.

2. La France a capitulé, les USA ont tardé longtemps, l'Europe était entièrement aux mains des nazis, après je ne vois pas qui est venu combattre Hitler.

L'URSS a été elle-même envahie et occupée et, autant que je sache, s'est libérée elle-même de l'occupant nazi. Et c'est en se libérant qu'elle a libéré l'Europe.

22/03/2013, 17:28 | Par XipeTotec

A-t-il évoqué la scission en cours à Syriza, puisqu'Alavanos lance un nouveau parti qui va réclamer la sortie de l'euro ?

22/03/2013, 17:39 | Par Philippe Marlière en réponse au commentaire de XipeTotec le 22/03/2013 à 17:28

Non, et comme personne ne lui a pose la question... Notez que le lendemain, Tsipras parlait devant un auditoire de gauche dans une autre salle de Londres. Cette autre conference etait organisee par Syriza UK. Je n'y ai pas assiste et je ne peux donc vous dire si ce type de question a ete abordee.

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22/03/2013, 20:40 | Par Jean-Pierre Anselme

Merci.

 

22/03/2013, 21:41 | Par pascal b

  "La dette ne serait plus annulée, mais un gouvernement de gauche réclamerait un délai supplémentaire pour l'honorer. Ce repositionnement constitue une évolution fondamentale de Syriza sur l'une des questions les plus importantes qui concerne l’avenir de la Grèce."

C'est très inquiétant.

Syriza, toutes tendances confondues, concourt-il toujours au développement des mobilisations populaires?

22/03/2013, 21:51 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de pascal b le 22/03/2013 à 21:41

A ma connaissance, Syriza a toujours tenu cette position. C'est d'ailleurs à cause de son refus de dénoncer la dette que le KKE a refusé un accord aux élections de 2012. Hélas, Syriza n'est pas la bonne réponse à la situation actuelle.

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22/03/2013, 23:42 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de Theo Tymen le 22/03/2013 à 22:05

Non, pas sur la dette en tout cas. Syriza n'a jamais proposé autre chose que de renégocier le mémorandum pour différer les paiements.

22/03/2013, 23:52 | Par pascal b en réponse au commentaire de XipeTotec le 22/03/2013 à 23:42

Ok. Mais "renégocier la dette" pouvait être entendu comme un refus de la payer, dit de façon progressive. L'évolution du porte-parole de Syriza rompt terriblement avec cette ambiguité.

22/03/2013, 23:56 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de pascal b le 22/03/2013 à 23:52

Non il n'a jamais été question d'autre chose que de réécheloner la dette. D'ailleurs, c'est la position du Parti de la gauche européenne, dont fait partie le Front de gauche, qui ne parle jamais de défaut sur la dette. Et c'est normal, parce que ces organisations s'incrivent dans le cadre actuel.

23/03/2013, 10:12 | Par Serge Marq en réponse au commentaire de XipeTotec le 22/03/2013 à 23:56

C'est en effet l'une des faiblesses du Front de gauche.

Autant être honnête, le FdG et le PG dont je suis membre a bien du mal avec l'Europe et l'euro…

24/03/2013, 09:11 | Par gonetoufar en réponse au commentaire de Serge Marq le 23/03/2013 à 10:12

Oui,  et ça devient compliqué aussi pour ses symphatisans .....

Jusqu'où peut on soutenir cette Europe ?

23/03/2013, 14:24 | Par Jean-marc B en réponse au commentaire de XipeTotec le 22/03/2013 à 23:56

Pour SYRIZA, restera à voir. Mais concernant, le FdG, il est très cohérent. Toutes sa stratégie vise à arriver au pouvoir dans le cadre capitaliste qu'il ne remet jamais fondamentalement en cause: pas d'annulation de la dette, pas d'expropriation du secteur financier, ni des grands groupes capitalistes. ¨Par contre, et c'est logique face à la barbarie qui vient, renforcement de la police et de l'armée. Ils le cachent, mais c'est dans le programme noir sur blanc, là aussi pour "ne pas faire peur aux investisseurs" (JLM, sic).

C'est du sous-Mitterrand, totalement à contre-temps, pour le seul bénéfice, si ils ne se déchirent pas avant, des éternels nomenclatures municipales et d'un futur Premier Sinistre

 

21/07/2013, 12:15 | Par J-C Petit en réponse au commentaire de Jean-marc B le 23/03/2013 à 14:24

C'est oublier un peu rapidement que le Fdg ne se résume pas au PCF et au PG mais aussi à un 3° pôle en cours de constitution (ce sera fait en novembre) qui édite déja un bulletin commun "Trait d'Union" (http://www.gauche-anticapitaliste.org/sites/default/files/trait_dunion_lettre_dinfos_et_de_debat_ndeg1.pdf) regroupant les Alternatifs, la FASE, la Gauche Anticapitaliste, des militants de la Gauche Unitaire, République et Socialisme,... sur des bases Eco-Socialistes ne rompant pas avec le Marxisme mais le dépoussiérant à l'image de l'ensemble du travail du regretté Daniel Bensaïd (pour faire rapide....)
Voir ici : http://www.gauche-anticapitaliste.org/?q=themes/assises-ecosocialisme

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22/03/2013, 23:58 | Par pascal b en réponse au commentaire de Theo Tymen le 22/03/2013 à 22:05

Syriza n'a pas exprimé son "attachement à l'euro" (qui aime une monnaie, à part les néo-libéraux de droite et de gauche?), mais affirmé que la sortie de l'euro n'était pas une solution.

Que la commission européenne demande l'expulsion de la Grèce hors de la zone euro, du fait des exigences de la Grèce non-néolibérale, aurait été une position politique intéressante pour un gouvernement rompant avec les exigences de la troïka.

Cette position de Syriza était plus dialectique que celle du KKE.

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23/03/2013, 09:19 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de Theo Tymen le 23/03/2013 à 00:33

Moi je n'hésiterai pas à parler d'"attachement à l'euro", parce qu'il existe un véritable rapport sentimental à cette monnaie, percue comme le moyen de créer la "grande nation européenne", comme dirait Mélenchon. Les deux principaux soutiens à l'euro sont les rentiers et la gauche sociale-démocrate qui pense qu'on peut changer le monde par la monnaie.

23/03/2013, 09:29 | Par Chinaski en réponse au commentaire de XipeTotec le 23/03/2013 à 09:19

Vous avez raison, il y a un véritable attachement à l'euro d'où le flot de stupidités politiques qui se suivent depuis quelques années. Avec l'euro, la monnaie n'est plus un outil pour faciliter les transactions marchandes, mais elle est porteuse d'un rêve, d'une "identité", d'un projet politique. Ainsi, au lieu d'être un outil pour le commerce et pour la société civile, elle devient un outil pour le politique. 

En fait, l'attachement à l'euro rappelle cet attachement viscéral au mark allemand après la dévaluation considérable de l'entre-deux-guerres. 

23/03/2013, 16:20 | Par leclubdelinfo en réponse au commentaire de Chinaski le 23/03/2013 à 09:29

après avoir lu tout les commentaires je m'aperçois que la situation grèque n'est guère différente de celle que l'on connait... je répond à ce commentaire pour enfoncer le clou, d'un angle un peu différent.. Oui l'Euro est une monnaie comme tant d'autre, et à ce titre sa seule vertue connue est celle de soutenir une économie, qu'elle soit locale, régionale, nationale ou quelque soit l'échelle d'où on la concidère. Or dès lors qu'une monnaie est considérée en soi (quelque soit l'idée "..rêve, identité, projet politique"), qu'elle doit être "sauvée", ce déplacement conceptuel traduit un déplacement de valeur, de la valeur travail vers la valeur capital.

C'est de toute évidence la réalité actuelle, et l'Euro-monnaie ne serait pas le point de fixation intellectuel et politique de chaque camp (supposé : droite libérale et gauche ..?.. ) au point que ce débat divise les camps eux-même, si on la considère comme telle : car comme monnaie de nations aussi différentes économiquement et culturellement, deux constatations s'imposent logiquement et tranquillement à l'esprit. la première est qu'il est nécessaire de fédérer ces nations au plan budjétaire et organiser les transferts nécessaires à l'équilibre de l'ensemble. Des états-unis d'Europe en somme. La seconde est que les conditions pour lesquelles une monnaie unique dans ce territoire pourrait soutenir son économie ne sont de toute évidence pas réunient.. L'europe n'a pas que je sache des décennies d'intégration économique, plutôt des siècles de guerres et de farouche concurrence économique. Donc la logique impose (hormis le triste constat que ce projet était une impossibilité historique) de sortir de l'Euro. 

L'Euro est donc devenu la cause des riches et le débat dialectique des autres. Mais l'Euro n'est toujours qu'une monnaie, ce n'est toujours pas la monnaie qui fait une économie. Or le régime ou système économique de ce territoire est un champ de bataille dont le dogme est le libre-échange et le marché financier. 

En régime de libre-échange l'entreprise à pour marché le monde et pour concurrent le "monde". Donc comme elle est porteuse des valeurs du travail et du capital, l'ajustement de la valeur travail se fait tendentiellement au niveau du "monde". La valeur capital s'accroie d'autant et se concentre. Le même phénomène s'observe à échelle plus réduite : l'europe, connait une situation similaire.

c'est bien ce qui est apparu scandaleux dans ce que l'on nomme la "crise" et le sauvetage de l'Euro (le faux nez pour les banques et leurs riches clients) en 2008, on savait que sauver l'euro c'était sauver le libre-échange, c'est écrit depuis 1991, lui même nourri depuis les années 70. 

Les corrolaires politiques et idéologiques sont logiques : démantèlement de l'Etat, chômage structurel.. etc

Je pense enfin que remettre en question les vieilles idéologies est plus que nécessaire car l'impasse que constitue le communisme-zombi rend parfaitement compte des divisions artificielles, des obédiances de la gauche grècque dissequé par certains, qui me rappelle les groupuscules de la gauche française, explique les discours stérilisés par l'histoire d'un marxisme plus ou moins pur entrecoupés d'anatèmes d'un autre âge qui distinguent leurs auteurs par le vide dans lequel les enferment ces sempiternelles références à la cosmologie du communisme...

Bref, revenir un peu à la réalité permettrait peut-être à la grèce (puisqu'il s'agit d'elle, mais c'est valable pour la france et tant d'autre) d'assumer une sortie de l'euro sur les arguments ci-contre et d'assumer les difficultées et les facilités qu'impliqueraient nécessairement un nouveau contrôle de sa monnaie : l'état réel de l'économie, le choix démocratique de son rééquilibrage. La peur politique inhérente à ce choix clair et lucide explique les atermoiements de Mr Tsipras, dont la concurrence à droite est problématique, à sa décharge, dans cette perspective.

  

24/03/2013, 09:56 | Par Chinaski en réponse au commentaire de leclubdelinfo le 23/03/2013 à 16:20

Rien à redire. 

+1000

De mon point de vue, par contre, je serais favorable à une forme de scission de l'Europe en partant du principe qu'il y a deux europes, une Europe du nord avec son modèle économique, social, industriel, etc. et une Europe du sud, avec son modèle économique, social, industriel, etc. dans laquelle je pense nous pouvons prendre place avec le Portugal, l'Espagne, L'italie et la Grèce, peut être même la Belgique. La France a cette particularité historique de s'être toujours placé en entre-deux, entre le sud et le nord mais, à défaut de partager toutes les conditions économiques pour une intégration efficace dans l'Europe du nord (des conditions que, personellement, je refuse), nous pourrions rejoindre l'Europe du sud. Vous me direz, "oui, enfin, au sud c'est justement les pays au plus bas économiquement". En effet, pour le moment, mais justement on pourrait tous se relever ensemble, au sud j'entends, sur un modèle économico-industriel à long terme et laisser le nord poursuivre sa lente dégénérescence jusqu'à l'agonie grâce à un dogmatisme économique qui ne peut payer sur le long terme. 

L'idée principale serait, en fait, puisqu'il est impossible de faire "union" entre tous les pays actuellement dans l'euro dont le comportement économique est fondamentalement différent, et que "l'union" fait la force, il serait bon de trouver une autre union avec des pays dont on serait plus proche sur différents niveaux. 

24/03/2013, 17:13 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de Chinaski le 24/03/2013 à 09:56

 

C'est intéressant mais trop loin de la réalité, parce que la France ne fait pas vraiment partie de l'Europe du sud. Elle n'a que peu d'affinités avec des pays qui sont tous d'anciennes dictatures fascistes, dont par conséquent on ne peut que redouter l'évolution dans l'épreuve. Scinder l'UE en deux aboutirait à la création d'un super Empire allemand dans lequel s'agrégerait une partie de l'Europe de l'Est et du nord. Une union politique avec les pays méditerranéens, si elle doit se faire, devrait se faire aussi avec l'Afrique, dont l'émergence démocratique s'ébauche à peine. Face à une telle situation d'instabilité, la France doit donc conserver des liens forts avec le monde anglo-saxon, ne pas rejeter le Royaume-Uni (ni même les USA), ni la Russie (qui n'a jamais prétendu être une démocratie libérale mais qui est un important facteur de stabilité dans la région).

Les projets supra-nationaux, comme on vient de le voir encore avec l'UE, menacent les fondements même de la démocratie. Il faut revenir à l'idée de nation, cadre de l'exercice de la démocratie et donc de tout projet révolutionnaire. Toutes les constructions supra-nationales ont éclaté au XXe siècle, souvent dans la douleur : Autriche-Hongrie, Empire Ottoman, Yougoslavie, URSS. Le problème de l'Europe, c'est qu'il s'agit d'un continent où dominent les valeurs hiérarchiques et inégalitaires. Et je ne vois pas de solution immédiate à apporter à ce trait de caractère continental. Il n'y a donc aucune urgence à rebâtir un projet supra-national.

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24/03/2013, 20:15 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de Theo Tymen le 24/03/2013 à 19:24

Pour le moment l'idée de la souveraineté démocratique hors du cadre national reste un non sens : on ne peut pas produire un cadre politique démocratique sans conscience nationale et sans culture commune. L'idée anti-nationale est non seulement antidémocratique mais défie le sens commun, en dépit de décennies de propagande en Europe. Une observation assez simple permet de constater que le seul modèle valable à l'échelle mondiale est le cadre national. Et le seul raisonnable, tous les projets consistant à dépasser ce cadre ou à promouvoir l'ingérence supposent l'existence d'une nation qui dominerait les autres.

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24/03/2013, 20:34 | Par Le Père Vert Pépère en réponse au commentaire de XipeTotec le 24/03/2013 à 20:15

Intéressant mais, me semble-t-il, participant d'une vision franco-française. La nation a été plus souvent le cadre de dictatures plutot que de démocraties.

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25/03/2013, 00:11 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de Le Père Vert Pépère le 24/03/2013 à 20:34

Il ne s'agit pas d'une vision franco-française, mais de la vision commune à l'ensemble de l'humanité, à l'exception de l'Union européenne et de quelques empires qui ont été condamnés par l'Histoire. La nation est le cadre de dictatures, mais aussi le lieu de naissance de la démocratie, des révolutions, etc. bref c'est le lieu de la vie, de la mort et de l'histoire.

L'échelle supra-nationale en revanche, est toujours antidémocratique. C'est la loi du plus fort.

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25/03/2013, 15:47 | Par leclubdelinfo en réponse au commentaire de Theo Tymen le 25/03/2013 à 01:59

Ce que vous dites est falacieux, le cadre de la souveraineté est bien identifié en Europe par le cadre national. le tintement dans vos propos d'une petite musique peu originale et tellement regretable d'aveuglement : "Et l'Histoire étant écrite par les vainqueurs, ceux-ci se sont peu à peu auto-proclamés "nations civilisées". Et tout le monde méprise les petits peuples, les vaincus..."    c'est pas très loin des propos du FN, dont justement la volonté de se distinguer dans leur nationalisme de droite leur font dire n'importe quoi, leur font se ranger du coté des vaincus de l'histoire selon eux (agrégation artificielle dont le seul critère etant de savoir dans la dialectique du complot  de quel coté ils sont) , après cela taxer ce commentaire de vision nationaliste, qui serait censé être le coté obscur, alors que vous reconnaissez au cadre national d'être le cadre de l'exercice démocratique, nous en dit long sur la confusion qui est la votre. Vous reconnaitrez pourtant légitime toutes les luttes d'indépendance NATIONALE dont le XXe est truffé, dépassant bon gré mal gré les structures supra-nationale d'alors, peut-être plus celles qui affichent un fondement "socialiste", mais leur destin ne fut pas nécessairement plus probe que d'autres libérations d'inspirations militariste. On peut dire qu'il y a un nationalisme de droite et de gauche mais il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain, la nation est aussi un acquis de la révolution 89 dont le but était peu ou proue de se définir comme peuple dont les fondements serait la raison et non le divin ou l'ordre de privilège.  

Chassez ces démons idéologiques qui vous rongent et ne laissez pas aux nationalismes de droite la légitimité du national.

C'est par la reconquête démocratique que la remise en cause des organisations politiques et économiques actuelles se fera ou ne se fera pas.

Cordialement 

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30/03/2013, 21:25 | Par XipeTotec en réponse au commentaire de Theo Tymen le 25/03/2013 à 16:07

Vos arguments ne résistent pas à l'examen. La création de la nation française, c'est à dire de la nation moderne qui ne se définit pas par une identité ethnique, est un acte politique, bien symbolisé par la Fête de la Fédération, qui réunissait tous les départements. Il ne s'agit pas d'une guerre de conquête. Vos pulsions maurassiennes contre l'idée de nation, vous font confondre le mouvement historique des nationalités avec la création d'empires multi-nationaux et les conquêtes coloniales. Ce qui n'est pas la même chose. L'Union européenne n'est que l'une des déclinaisons de cette forme de conquête supranationale, de type colonial, du capitalisme.

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23/03/2013, 10:16 | Par juan23

@P.Marlière:
Merci pour votre compte rendu sur la conférence d'Alexis Tsipras, et pour vos commentaires  sur l'avenir de Syriza.
Bien sûr, comme vous le notez, la difficulté des partis comme Syriza ou le Parti de Gauche c'est qu'en fait ce sont des confédérations de partis.Mais cette multiplicité de points de vue à l'intérieur d'un même parti représente aussi une réalité interne de nos pays, avec laquelle il faut compter.
 Ces femmes et hommes, militants de ces partis, ne marchent plus (heureusement!) avec le doigt sur la couture du pantalon.
Alors que faire pour unifier un tel mouvement dans chaque pays, puis au niveau Européen? 
 

23/03/2013, 12:35 | Par Philippe Marlière en réponse au commentaire de juan23 le 23/03/2013 à 10:16

Cher Juan, Vous avez raison, Syriza et le FdG sont des structures partisanes nouvelles a gauche; ni partis traditionnels, ni mouvements sociaux. Cette diversite peut etre un casse-tete a gerer, mais c'est aussi une richesse a cultiver. Les deux ecueils a eviter selon moi : la personnalisation excessive de ces fronts et une ligne poltique qui n'est que ou percue comme essentiellement protestataire. Ces fronts doivent demontrer aux peuples qu'ils sont de potentielles forces de gouvernement credibles, c'est-a-dire de propositions concretes de sortie de la crise capitaliste.

23/03/2013, 12:37 | Par Zap Pow

Merci pour l'article, et encore plus merci pour les commentaires qui permettent de se faire une meilleure idée de ce qu'est Syriza.

Une petite remarque à l'auteur au passage, à propos de ceci : C’est un premier ministre en puissance que la LSE reçoit le 14 mars dans la soirée. Cette université est davantage connue de nos jours pour son inclinaison néolibérale…

Ce ne serait pas plutôt "inclination", tendance qui fait que l'on est porté vers quelque chose, "inclinaison" étant l'état de ce qui est incliné ?

23/03/2013, 12:50 | Par Philippe Marlière en réponse au commentaire de Zap Pow le 23/03/2013 à 12:37

Merci d'etre un/e lecteur/ice aussi attentif/ve! Vous avez raison et je vais corriger mon erreur.

23/03/2013, 13:27 | Par sourisgrise

Echelonner la dette....s'adapter, quoi. TINA adoucit les moeurs. Ou corrompt (sur un plan idéologique). Je ne sais pas s'il faut parler de réalisme ou d'opportunisme, mais la stratégie de Tsipras fleure bon la compromission.

Déception.

 

23/03/2013, 14:49 | Par altern8

 les politiques d'austérité n'ont pas pour objectif de réduire les déficits publics, mais d’attaquer les Etats sociaux pour assurer aux capitalistes des marges de profit accrues.

oui, oui et trois fois oui

bon sinon, tsipras il va nous faire du hollande apparement....bravo, la finance peut dormir tranquille, et leur démocratie aussi...

23/03/2013, 14:51 | Par salluste

Bla bla bla Tsipras est un un européiste convaincu c'est la raison pour laquelle il se promène à Londres et New York, une invitation à la LSE est on ne peut plus claire. Il n'y a rien à attendre de ce gars qui joue le même rôle que Merluchon en France jouer les rabatteurs pour le lobby bancaire, Merluche est-il en guerre contre le MES, non, il prépare les élections européennes pour se faire encore un peu de maille sur la bête avant de partir à la retraite.

Circulez il n'y a rien à voir ....!

Médiapart l'aime bien, on comprends pourquoi, les prochaines élections seront passionantes à suivre de loin ....

24/03/2013, 11:01 | Par Marc Tertre en réponse au commentaire de [email protected] le 24/03/2013 à 07:43

C'est bizarre, mais dés qu'une force politique (parti, mouvement, "personnalité" plus ou moins représentative) parle de "réalité", c'est qu'il y a une arnaque la dessous. Comme toutes les vérités définitives, elle souffre bien entendu d'exception. Mais a vrai dire depuis que je lit les péroraisons de Melchior Griset Labuche, je n'en ai vu aucune... Le "réel" pour MGL c'est ce qui montre sa vision rétrécie, faisant preuve d'une myopie toute petite bourgeoise qui montre une morale de jésuite et un entêtement de vieille carne ("la Bétise insiste toujours" disait déja Camus)

24/03/2013, 09:53 | Par Le Père Vert Pépère

Et le peuple grec dans tout ça?

24/03/2013, 20:32 | Par pascal b en réponse au commentaire de Le Père Vert Pépère le 24/03/2013 à 09:53

Si vous voulez dire qu'au-delà des déclarations et interviews des dirigeants politiques grecs non encore au pouvoir, la question est celle de la mobilisation populaire, de la construction du bloc hégémonique alternatif à la classe politique grecque actuelle soumise aux diktats de la troïka, des expériences autogestionaires et de leur viabilisation, je suis d'accord avec vous.

Il y a: Syriza avec Tsipras/Syriza qui ne saurait se résumer à Tsipras/ le KKE qui l'avait bien dit et son groupe fort organisé/ les anarchistes qui continuent la guerre civile/ Antarsya qui est plus révolutionnaire que les autres qui ne le sont nullement.

Et les nazis d' Aube dorée qui progressent et occupent souvent la rue.

Et la masse des gens découragés.

24/03/2013, 14:07 | Par jk63

Intéressant, cette description des contradictions dans lesquelles se débat Tsipras.

Apparemment, il a envie de pouvoir et essaie de devenir sérieux, mais il aura du mal à l'expliquer et se fera traiter de traitre.

Par ailleurs , curieuse , cette idée que si les électeurs ne votent pas pour l'ultra gauche , on n'est pas en démocratie.

25/03/2013, 12:08 | Par Albert Guillot

A lire les analyses de Charles André Udry sur Alencontre,Syriza subirait un réel décalage entre son audience électorale et son influence organisée dans les mobilisations sociales:

 "...la dimension de la crise sociale, les nombreuses luttes, souvent dispersées dans leur déroulement au cours d’une journée, le rejet de l’austérité n’ont pas, pour l’heure, débouché sur une fusion entre une radicalisation politique – traduite dans l’adhésion électorale massive et rapide à SYRIZA – et une mobilisation sociale large acquérant un degré d’autonomie et une indépendance, de facto, face aux appareils syndicaux.[...]Ce qui ouvre un champ d’action à SYRIZA dont l’influence organisée sur ce plan n’est pas à la hauteur de son audience électorale (celle enregistrée en juin".)

Ce que traduit la faiblesse des cortèges de Syriza dans les manifestations, notamment par rapport à ceux d'Antarsya. 

 

http://alencontre.org/europe/grece/la-grece-un-equilibre-precaire-et-gros-de-dangers.html

 

25/03/2013, 12:22 | Par Philippe Marlière en réponse au commentaire de Albert Guillot le 25/03/2013 à 12:08

Merci de cet eclairage interessant. Je suis d'accord avec le fond de l'article et vos propos. Il y a un reel decalage entre Syriza, comme force militante peu ancree dans le pays et son audience electorale. La seconde est sur-dimensionnee par rapport a la premiere (Syriza compte a peine 20.000 membres).

26/03/2013, 00:56 | Par pascal b en réponse au commentaire de Albert Guillot le 25/03/2013 à 12:08

J'ai lu ce long article. Udry y parle de l'existence d'une gauche de Syriza regroupant un quart des votes internes:

"La récente déclaration du secrétaire de SYRIZA, membre de Synapsismos, Dimitris Vitsas, selon laquelle, si SYRIZA était au gouvernement, la renationalisation de toutes les firmes privatisées serait effectuée – et y compris fin serait mise au contrat léonin passé avec le géant chinois COSCO qui a acquis une part décisive du Pirée (secteur clé du centre portuaire et terrains y attenant) – traduit non seulement les effets du mécontentement populaire, mais les rapports complexes entre différentes positions au sein de cette coalition ainsi que l’attachement d’un secteur incontestable de membres au programme avancé à l’occasion des élections.

Les réactions violentes de la machinerie médiatique et des membres du gouvernement que cette prise de position a suscitées démontrent la détermination des dominants, de leur gouvernement et de leurs alliés européens."

 

 

 

Et puis un article plus récent (3 mars 2013) du même camarade Charles-André Udry où est interrogé un dirigeant de la gauche de Syriza, Sotiris Martalis:

La différence principale avec les camarades d’ANTARSYA (coalition qui réunit une dizaine de groupes qui a obtenu 0,33% des votes en juin 2012) est fondée sur le fait que SYRIZA ne soutient pas une sortie de la zone euro ainsi que de l’Union européenne.

     Leur argument principal est que l’euro constitue l’instrument politique de la classe dominante. Nous pensons que SYRIZA soutient une position plus correcte: «Pas un seul sacrifice pour l’euro». Laissons de côté le fait qu’un secteur minoritaire de la classe dominante soutient la sortie de la zone euro en raison de ses espérances qu’au travers d’une dévaluation de la monnaie il parviendra à réduire plus encore la valeur de la force de travail.

De plus, quelqu’un est-il à même de me donner un exemple d’une monnaie qui ne soit pas un instrument politique aux mains de la classe dominante? Je ne veux même pas insister sur les effets d’une sortie de l’euro en faveur de secteurs capitalistes qui disposent de fonds importants en dehors de la Grèce et des effets divers sur la classe ouvrière, les petits paysans, etc.

La gauche doit commencer le difficile combat contre l’austérité et non pas s’enfermer dans des dilemmes (euro-drachme) venant de la classe dominante. Si, en outre, vous deviez sortir de cet euro, ce n’est que par un puissant mouvement de défense des salaires et des pensions de retraite et cela dans une politique qui implique un processus s’étendant au-delà de la Grèce et synchronisé, dans des formes et rythmes différents, avec d’autres pays dits de la périphérie et en tissant des liens avec les secteurs les plus combatifs de la classe ouvrière allemande et française entre autres.

      Mon dernier point concerne la lutte contre les fascistes, les néonazis d’Aube dorée. Il s’agit d’un front de lutte important. Le point essentiel est que les fascistes ont échoué – du moins jusqu’à maintenant – à gagner les rues, l’espace public, en dehors d’actions ponctuelles. Mais cela dépend d’un fait: il faut que l’initiative de masse reste dans les mains de la gauche, laquelle est parvenue, pour l’heure, à répondre par l’unité d’action dans ce domaine (à l’exception, une fois encore, du Parti communiste grec, qui agit de manière sectaire et séparée, bien que des débats commencent en son sein).

La lutte est commune à l’échelle internationale et européenne, et là où la chaîne est rompue se créera les conditions pour relancer une gauche européenne radicale plus crédible. S’il se trouve que le maillon faible est la Grèce, j’espère que nous y répondrons en étant aptes à vaincre la première étape qui nécessitera une solidarité massive pour la consolider. 

Il est intéressant de lire ce qu'écrit le site alencontre, en effet. En défense de la gauche de Syriza.

05/08/2013, 01:00 | Par Evangelos Goulas

Syriza propose un programme centré sur la démocratie, les droits de l’humain et l’égalité entre tous Nos propositions visent à la construction d’une Europe solidaire, de l’emploi, de la croissance. Il ne s’agit pas que de la Grèce. Il s’agit d’un problème systémique qui demande une solution au niveau européen. Il faut changer les statuts de la BCE, abroger le pacte de stabilité, Annuler des mémorandums et des lois applicables, mettre en place un plan de relance économique et sociale... Pour ce qui concerne la Grèce, nous avons des propositions bien concrètes, basées sur le budget national, qui garantissent le fonctionnement de l’Etat, des services, le paiement des salaires et des pensions, sans recours aux prêts internationaux

 Le gouvernement de gauche proposé par Syriza  ne promet pas une solution immédiate à tous les problèmes accumulés. Il donnera cependant des exemples concrets d'une politique radicalement différente, s'appuyant sur des besoins sociaux réels.

Quelques-uns  de nos objectifs programmatiques.

Bouclier de protection sociale pour faire face à la crise humanitaire: ensemble de mesures, valorisation des moyens d'état disponibles, institutions d'organisations populaires auto-gérées et transfert vers celles-ci des compétences et ainsi de suite.

Annulation des mémorandums et des lois applicables, plan de relance économique et sociale..

Notre politique fiscale consiste en un renversement complet de l'austérité et en un retournement de la logique des mémorandums: réduction des recettes venant du peuple, augmentation des recettes venant des puissants économiquement.                    Reconstruction productive en accord avec le travail décent, la couverture des besoins sociaux, le respect de l'environnement. Planification régionale, coopératives et entreprises en collectivité.

Propriété sociale et publique et contrôle du système bancaire, inversion des objectifs, création de banques publiques pour soutenir le logement social, la production agricole, les petites et moyennes entreprises.

Suspendre les privatisations et la liquidation des richesses publiques, reconstruire les entreprises publiques avec des formes de contrôle social, par opposition au modèle étatiste du bipartisme des dernières décennies.

Rétablir et renforcer l'état social et démocratisation de son fonctionnement: protection de l'emploi, des chômeurs, de l'assurance sociale, des soins de santé, de la prévoyance. La première priorité est de soutenir le système de santé publique et les hôpitaux, les écoles publiques et les universités.

Abolir les structures d'état mises en place par la logique des mémorandums, s'attaquer à la corruption et à la collusion, approfondir la démocratie dans l'organisation institutionnelle, introduire des formes de démocratie directe, de contrôle ouvrier et social, réorganiser l'administration publique en réprimant l'esprit partisan, avec le soutien des forces créatrices de son personnel d'encadrement.

Mettre l'accent sur l'éducation, l'éducation populaire, la recherche scientifique et la culture.

05/08/2013, 01:00 | Par Evangelos Goulas

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On nous dit que la dette ne permet pas à l'état d'exercer le développement social et politique. Ce n'est pas vrai.

La dette n'est pas la singularité grecque.. Avec les forces de la gauche européenne, les syndicats et les mouvements de solidarité comme l’ alter- sommet, nous pouvons nous battre pour une solution équitable. Nous revendiquons une Conférence Pan-Européenne pour réduire la dette des pays européens. Nous exigeons un rôle différent de la Banque centrale européenne qui devrait financer directement des banques publiques européennes, les budgets nationaux et  des programmes européens d'investissement publics. Nous exigeons l'interdiction des produits dérivés de banque à but spéculatif.

 Notre but c’est de Renégocier les prêts, nous ne laisserons sous aucun prétexte notre pays devenir une colonie de la dette, nous visons a la mise en place d’un audit citoyen sur le dette publique ,  à l'effacement de la majeure partie de la dette, et, après une période moratoire, au remboursement du reste sous des conditions plus justes et par le biais de l'instauration d'une clause liant le rythme des versements à celui de la croissance économique.

Il est nécessaire de sortir de l’actuelle politique de l’euro fort menée par la Banque centrale européenne. Il est probable qu'au cours de la renégociation surviennent des menaces, voire même du chantage, comme la cessation des financements, ou d'autres encore. Mais, comme le résumait notre slogan, il n'y aura « aucun sacrifice pour l'Euro », car notre priorité absolue est d'empêcher la crise humanitaire, de répondre aux besoins sociaux, et non de nous soumettre à des engagements que d'autres ont pris en plaçant le pays sous tutelle. Par conséquent, nous nous engageons à faire face à de telles menaces ou chantages avec toutes les armes, sans exception, dont nous pouvons disposer et nous sommes déjà prêts à affronter jusqu’au pire des dénouements. Nous sommes certains que dans une telle situation, le peuple grec nous soutiendrait sans réserve.

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