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La Dame de fiel
Margaret Thatcher venue apporter son soutien à Augusto Pinochet en mars 1999.Sorti sur les écrans britanniques en janvier, La Dame de fer est un «biopic» (biographical motion picture) qui mêle des événements historiques à des épisodes imaginaires de la vie de Margaret Thatcher. L’ex-première ministre est mise en scène telle que l’auteure du film l’imagine aujourd’hui. On sait que l’octogénaire souffre de troubles mémoriels et de démence depuis 2001. Chaperonnée par une gouvernante, recevant les visites de sa fille Carol, elle vit cloîtrée dans son appartement londonien. Depuis 2002, elle limite ses apparitions publiques. Cette vieillarde déboussolée n’est que l’ombre de la femme qui domina la vie politique britannique entre 1979 et 1990. Très affectée par le décès de Dennis, son mari, en 2003, Thatcher continue de «partager sa vie». La caméra la filme conversant, déjeunant ou partageant le lit conjugal avec cet homme jovial et effacé. Dennis est bien mort; Carol le lui rappelle régulièrement, mais Thatcher hallucine et oublie tout, y compris que son mari a disparu.
Un portrait intimiste critiquable
La vieillesse, la déchéance physique et intellectuelle, la mort des siens, la nostalgie du passé: Phyllida Lloyd, la metteuse en scène, a choisi de retracer la vie de Margaret Thatcher à travers ce prime intimiste et œcuménique. La demeure de la vieille dame est le point de départ de multiples flash-backs sur sa vie; des allées et venues mémorielles provoquées par une nouvelle entendue à la radio, une vidéo familiale visionnée ou un bruit parvenu de la rue. La trajectoire est subjectivée par le regard d’une Maggie trébuchante et pitoyable. Le rôle est incarné de manière très convaincante par Meryl Streep, qui a une réputation de «liberal» à Hollywood. Lloyd, qui se présente comme «plutôt de gauche», avait déjà travaillé avec Streep dans Mama Mia, une comédie musicale qui a connu un très grand succès commercial.
Cette approche volontairement «humaniste» met mal à l’aise, voire importune tous ceux qui ont en mémoire ce que fit l’ex-locataire de Downing street. De brefs clips renvoient aux événements politiques décisifs de son leadership: les grèves de la faim des membres de l’IRA en 1981, la guerre des Malouines en 1982, la grève des mineurs et l’attentat de Brighton en 1984 ou encore les révoltes de la Poll Tax et son inévitable départ en 1990. Il est regrettable que ces faits soient mis en scène trop hâtivement, car ils n’apportent aucune plus-value pédagogique au récit. A son corps défendant ou pas, Lloyd a réalisé une fresque épique; le combat d’une femme contre les establishments de tout poil: le monde machiste de la politique; le danger représenté par un Etat tentaculaire ou encore le militantisme de syndicats bolchévisés. Dans l’adversité, Margaret se bat, perd, persévère, gagne, puis de nouveau connaît la défaite. C’est une Thatcher étrangement humanisée et dépolitisée qui nous est révélée. Comment ne pas être ému de la voir ainsi diminuée? comment ne pas avoir pitié de sa solitude et de son déclin?
A quelques rares moment du film, on permet à Meryl Streep de dévoiler la «vraie» Thatcher. A un dîner donné en son honneur, un convive lui demande son opinion à propos d’un attentat sanglant en Asie. Impériale, la Dame de fer laisse s’installer un long silence avant de répondre. Avec cette diction ampoulée si caractéristique, la Dame de fer se lance enfin dans une diatribe contre les «Forces du Mal». Il s’agit, selon elle, d’une lutte à mort entre la «civilisation occidentale» et le terrorisme international. Thatcher fut subjuguée par Ronald Reagan, le combattant anticommuniste. Elle aurait également été séduite par George W. Bush, le croisé de Bagdad. Ce «biopic» pose un regard tendre sur la plus froide et déterminée des personnalités politiques britanniques de l’après-guerre. Ce faisant, le film délaisse l’animal politique, trait pourtant quintessentiel du personnage, et se concentre sur l’éphémère: la vieillesse d’une femme. Le sujet est certes intéressant, mais pourquoi avoir posé le regard sur une personne aussi controversée? On peut éprouver de la compassion pour toute personne atteinte de démence, mais le mal dont est affligé Margaret Thatcher justifie-t-il de passer sous silence les souffrances et les injustices que sa politique a infligées à des millions d’individus?
Une conservatrice de combat
Margaret Thatcher incarne de manière idéal-typique les «valeurs» de la Middle England, cette Angleterre blanche des classes moyennes laborieuses qui lit le Daily Mail et vote conservateur. Elle est provinciale, pingre, aigre, anti-intellectuelle, europhobe, anti-syndicaliste, individualiste effrénée et, last but not least, dénuée de tout sens de l’humour. Effort, ordre et self-help: avec Thatcher, ce sont les valeurs victoriennes de son père ultraconservateur qui parviennent au pouvoir. A l’université, elle découvre les penseurs néolibéraux. Au pouvoir, elle s’inspire des théories économiques de l’Ecole monétariste de Chicago animée par Milton Friedman et de l’Ecole autrichienne de Friedrich Hayek. Les fondations de la «révolution conservatrice» qu’elle co-pilote avec Ronald Reagan sont posées. Elle réduit les dépenses publiques, mène des politiques d’austérité draconiennes, baisse les impôts des riches et des entreprises, privatise, abandonne le secteur industriel à son déclin, favorise l’ouverture économique aux capitaux étrangers ou encore décide de la fin du contrôle étatique des taux de change. Elle contribue de manière décisive à l’édification d’une société profondément inégalitaire, violente et matérialiste.
La Dame de fer ne ménage pas ses ennemis, nombreux et divers. Elle combat sur le plan interne les socialistes, les syndicats et les fonctionnaires. Elle n’épargne pas les ministres de son gouvernement qu’elle traite avec dédain et qui se vengeront d’elle en 1990. Sur la scène internationale, elle est à la tête du combat anticommuniste. Elle s’oppose aux sanctions économiques contre le régime d’Apartheid et se déclare l’ami du président Botha. Elle se méfie de ses partenaires européens qu’elle ne comprend ni n’apprécie. Martiale, elle conduit une guerre douteuse pour reprendre aux Argentins les Malouines, un archipel sans valeur économique ou géopolitique. A cette occasion, elle déclare vouloir en découdre avec les «voyous fascistes» de Buenos Aires. Ironie de l’histoire, elle sera seule à prendre la défense du général Pinochet, autre voyou fasciste. En mars 1999, Thatcher lui rend visite dans sa résidence surveillée au Royaume-Uni. Pinochet est sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé par le juge espagnol Baltasar Garzón pour violation des droits de l’homme dans son pays. Elle demande sa libération et, devant les télévisions, elle lui confie: «Je suis bien consciente que vous êtes celui qui a amené la démocratie au Chili, vous avez établi une constitution appropriée à la démocratie, vous l’avez mise en œuvre, des élections ont été tenues, et enfin, conformément aux résultats, vous avez quitté le pouvoir» (lire l'article de la BBC).
Après en avoir souffert dans un premier temps, Margaret Thatcher intégra le monde machiste de la politique sans état d’âme. Dominatrice le jour au gouvernement, elle était une épouse-modèle le soir au foyer. Des témoins racontent qu’elle quittait précipitamment Downing street pour aller cuisiner les repas de son mari. Elle ne supportait pas la présence de femmes autour d’elle (une seule femme siégea dans ses gouvernements pendant onze ans). La Dame de fer ne fit absolument rien pour promouvoir ou améliorer la situation des femmes. Que Phyllida Lloyd et Meryl Streep, deux femmes «progressistes», soient à l’origine de la réhabilitation d’un personnage aussi trouble laisse songeur.

Les 5 commentaires les plus recommandés
On apprends beaucoup sur cette période (Thatcher, Regean, Friedman, Pinochet ...) en lisant le livre de Naomie Klein : La stratégie du choc. Elle détaille la mise en place par les libéraux et l'école de Chicago de politiques ultralibérales lors d'évènements chocs et le chaos qu'ils provoquent dans les pays : putch au Chili, chute du bloc de l'est, effondrement de la Russie ...
Le contenu de ce livre donne la naussée, mais il reste a mon avis indispensable pour comprendre le monde dans lequel on vit aujourd'hui : crise financière déclanchée par les banques et au final exclusivement payées par les peuples, pendant que les banques, les financiers, hedges funds continuent de jouer au casino sur notre dos.
La seule bio que Thatcher mérite, c'est la chanson de Renaud, Miss Maggie.
Les paroles sont ici:
http://www.elyrics.net/read/r/renaud-lyrics/miss-maggie-lyrics.html
Souvenir d'un voyage professionnel dans l'Angleterre immédiatement post-Thatcher .
Ce qui revenait sans cesse de la part des Anglais , monde enseignant, universitaire, c'était, avant l'évoquation de la mutation économique, les changement profonds dans les mentalités !
La déliquescence ressentie des valeurs de solidarité traditionnelles...
Leit motiv : ( pas très sympa pour nos amis asiatiques ) "Nous sommes devenus des Japonais !" dit avec une profonde nostalgie.... Un mode de vie regretté sacrifié à sa majesté FRIC !
A l'époque j'en étais revenu assez choqué et inquiet pour les personnes rencontrées...
Depuis on a eu Sarkozy !
@DJANNGO
J'allai écrire exactement la même chose, mais vous m'avez devancé. Il faut lire La stratégie du choc de Naomie Klein où comment comprendre "La montée d'un capitalisme du désastre". Ce livre est disponible dans les bonnes librairies, il est édité par Babel pour la somme modique de 13,50 €.
Je reprends ici la quatrième de couverture:
"Qu'ont en commun le coup d'Etat de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l'effondrement de l'Union soviétique, les attentats du 11 Septembre, la guerre en Irak, le tsunami au Sri Lanka en 2004, le cyclone Katrina, la pratique de la torture à Abou Ghraid ou Guantànamo? Tous ont partie liée avec l'avènement d'un "capitalisme du désastre".
Naomi Klein dénonce avec brio l'existence d'opérations concertés dans le but d'assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d'un ultralibéralisme tout-puissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour saper les valeurs démocratiques auxquelles les sociétés aspirent, et leur subtituer la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation."
Allez bonne lecture.
Sinon vous pouvez vous faire un apperçu en écoutant l'émission que Daniel Mermet consacre à ce livre:
http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis-la-strategie-du-choc-la-montee-d-un-capitalisme-du-desastre
Philipe, merci pour cette critique pertinente! Une photo prise à Londres en 1976 !...
Tous les commentaires
La seule bio que Thatcher mérite, c'est la chanson de Renaud, Miss Maggie.
Les paroles sont ici:
http://www.elyrics.net/read/r/renaud-lyrics/miss-maggie-lyrics.html
Bravo, c'est tellement bien vu.
On apprends beaucoup sur cette période (Thatcher, Regean, Friedman, Pinochet ...) en lisant le livre de Naomie Klein : La stratégie du choc. Elle détaille la mise en place par les libéraux et l'école de Chicago de politiques ultralibérales lors d'évènements chocs et le chaos qu'ils provoquent dans les pays : putch au Chili, chute du bloc de l'est, effondrement de la Russie ...
Le contenu de ce livre donne la naussée, mais il reste a mon avis indispensable pour comprendre le monde dans lequel on vit aujourd'hui : crise financière déclanchée par les banques et au final exclusivement payées par les peuples, pendant que les banques, les financiers, hedges funds continuent de jouer au casino sur notre dos.
Sans oublier que l'école de Chicago agit aujourd'hui à travers le FMI, la Banque mondiale, L'UE, de la BCE ....
sur ce que ces gens pleins de raffinement et de poésie appellent PIGS, c'est à dire les pays suivants ; Portugal, Irlande, Grèce, Espagne,
Italie , France etc...
Oui, plus l'Ecole de Chicage est decredibilisee sur le plan intellectuel et politique, plus elle se renforce sur le plan institutionnel. Elle a depuis les annees 90 trouve un refuge particulierement accueillant au sein de l'Union europeenne...
Oui, plus l'Ecole de Chicage est decredibilisee sur le plan intellectuel et politique, plus elle se renforce sur le plan institutionnel. Elle a depuis les annees 90 trouve un refuge particulierement accueillant au sein de l'Union europeenne...
@DJANNGO
J'allai écrire exactement la même chose, mais vous m'avez devancé. Il faut lire La stratégie du choc de Naomie Klein où comment comprendre "La montée d'un capitalisme du désastre". Ce livre est disponible dans les bonnes librairies, il est édité par Babel pour la somme modique de 13,50 €.
Je reprends ici la quatrième de couverture:
"Qu'ont en commun le coup d'Etat de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l'effondrement de l'Union soviétique, les attentats du 11 Septembre, la guerre en Irak, le tsunami au Sri Lanka en 2004, le cyclone Katrina, la pratique de la torture à Abou Ghraid ou Guantànamo? Tous ont partie liée avec l'avènement d'un "capitalisme du désastre".
Naomi Klein dénonce avec brio l'existence d'opérations concertés dans le but d'assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d'un ultralibéralisme tout-puissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour saper les valeurs démocratiques auxquelles les sociétés aspirent, et leur subtituer la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation."
Allez bonne lecture.
Sinon vous pouvez vous faire un apperçu en écoutant l'émission que Daniel Mermet consacre à ce livre:
http://www.franceinter.fr/emission-la-bas-si-j-y-suis-la-strategie-du-choc-la-montee-d-un-capitalisme-du-desastre
Souvenir d'un voyage professionnel dans l'Angleterre immédiatement post-Thatcher .
Ce qui revenait sans cesse de la part des Anglais , monde enseignant, universitaire, c'était, avant l'évoquation de la mutation économique, les changement profonds dans les mentalités !
La déliquescence ressentie des valeurs de solidarité traditionnelles...
Leit motiv : ( pas très sympa pour nos amis asiatiques ) "Nous sommes devenus des Japonais !" dit avec une profonde nostalgie.... Un mode de vie regretté sacrifié à sa majesté FRIC !
A l'époque j'en étais revenu assez choqué et inquiet pour les personnes rencontrées...
Depuis on a eu Sarkozy !
oui j'ai fait de nombreux séjours en GB pendant la période Thatcher et on l'a vue démanteler systématiquement tous les services publics sous les yeux affolés de nombreux britaniques . Elle méprisait profondément le peuple et a laissé le pays en piteux état ....... !!!!!!!!... il n'y a aucune raisin de la réhabiliter
La mutation que vous decrivez a ete mise en place sous Mme Thatcher, puis elle a continue sous les gouvernements Major, Blair, Brown et Cameron. TINA!
"les grèves de la faim des membres de l’IRA en 1981" et leur mort. S'ils avaient juste évité un forfait chez "Slim", on pardonnerait. Là nib!
Et la seule fois où on l'a vue pleurer à la TV, quand son escroc de fils s'est perdu dans le Sahara en faisant un rallye. Mort de rire!
Et si le prince Jean se mettait au "Dakar"? Le prince Pierre s'est bien mis à la gastro à Moscou..
Au fait nos deux champions Margo et l'autre Ronaldo là, z'ont fini Alzheimer à donf -ça nous pend au nez aussi- ça pose une question: leur politique c'était le début ? Non ? Ah! juste un hasard? Z'y croyez?
La photo de ces deux raclures de bidet en train de faire du toilettage me lève le coeur. Quand on pense à tous les morts qu'ils ont non pas sur la conscience, puisqu'à l'évidence ils n'en ont pas, mais dans le dossier de justice qui aurait dû les mener en prison! Et dire qu'on ne se révolte pas, qu'on ne se révolte toujorus pas !
Bien sur il y a Merryl Streep que nous AIMONS. En ce qui me concerne ave passion. Mais au sujet de la rélisatrice qui a traité le film : traiter Mamma mia et traiter Margaret Tatcher , rien à voir. Donc si c'est pour au final avec ou sans conscience nous faire aimer Margaret Tatcher, pourquoi ne pas EXCEPTIONNELEMENT se passer de MERYL STREEP en n'allant tout simplemennt pas pour la première fois, voir le nouveau film qu'elle défend.
La désinformation même si elle passe par nos bien-aimées, est très toxique pour nous tous. Attendons que Meryl Streep nous revienne au prochain film, ce ne sera pas long.
Oui. Grosse déception de voir Meryl Streep embringuée là-dedans...
N'aurait-elle juste pas été attirée par ce challenge pour une comédienne : incarner une femme d'exception + la déchéance...?
Quant aux raisons ayant poussé la réalisatrice dans cette entreprise de début de réhabilitation de cette carne, ne faut-il pas y voir un effet pervers d'un certain féminisme mysandre, toute femme étant supposée "soucieuse d'autrui" ("caring") par nature. Mais c'est là pure spéculation j'admets.
Elle oublie tout
même Bobby Sands.
pas moi
Non plus!
Philipe, merci pour cette critique pertinente! Une photo prise à Londres en 1976 !...
C'est un privilege de voir illustrer mes articles par des photographies aussi belles et fortes que les votres, Gilles ! Quelle splendide photo ! Un grand merci.
Qu'un film comme celui-là ait pu être fait donne la nausée.
Elle réduit les dépenses publiques, mène des politiques d’austérité draconiennes, baisse les impôts des riches et des entreprises, privatise, abandonne le secteur industriel à son déclin, favorise l’ouverture économique aux capitaux étrangers ou encore décide de la fin du contrôle étatique des taux de change. Elle contribue de manière décisive à l’édification d’une société profondément inégalitaire, violente et matérialiste
Sarkzoy avait des trémolos dans la voix, en parlant de ce film Tatcher , Tatcher ,Merkel, ces modèles..Des années après Cameron élu au pouvoir pour finir les anglais..
Le libéralisme est une idéologie inventée par des chacals avides et égoïstes, considérant l'humanité comme des chiens !! Pas fous les anglais, adeptes du libéralisme pour les autres, mais ne voulant ni des traîtés européens mettant les peuples à genoux, ni de l'euro !!
Des scientifiques allemands sans emploi, forcés d'accepter un emploi à un euro de l'heure.
http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/01/27/apple-gendarme-et-accuse-sur-le-travail-en-chine_1635635_3234.html#ens_id=1581777
17 SUICIDES DANS L'EMPIRE FOXCONN
L'organisation d'étudiants chinois Sacom a publié une étude en septembre. A Foxconn, atelier géant qui emploie près d'un million d'ouvriers sur plusieurs sites, les scandales se succèdent. En 2010, après le suicide de neuf travailleurs, un reporter du magazine Wired observait l'emprise d'un véritable "Etat-nation" sur ces ouvriers à la chaîne logés en dortoirs.
Même en Chine, des réactions abondent dans le sens de l'article du New York Times, traduit en chinois par le magazine Caixin. "Quand les gouvernements locaux essaient d'attirer de nouveaux investissements dans leur région, ils mettent toujours en avant les bas salaires qui y ont cours. C'est pathétique !", s'exclame Jiangsu.
Et si les conditions s'améliorent chez certains sous-traitants, on peut craindre "un mouvement continu des entreprises là où les salaires sont bas, vers l'ouest de la Chine ou le Vietnam", estime Pauline Overeem, le tout étant assuré par l'absence de vrais syndicats. La solution trouvée par Foxconn privilégie une alternative à l'amélioration des conditions de travail : à l'été 2011, l'entreprise a ainsi annoncé préparer un plan géant d'automatisation, dans le but de remplacer, à l'horizon 2013, 500 000 employés par des robots.
Laureen Ortiz
Lu sur le Monde.fr
Je ne savais pas que Sarkozy avait fait l'eloge de ce film. Je vous recommande de le voir d'ailleurs quand il sortira sur les ecrans francais (a la mi-fevrier, je crois). Il n'est pas ininteressant, meme si tres critiquable sous certains aspects. Par contre, faire l'eloge de Thatcher la femme politique, ca c'est beaucoup plus controverse. A ce propos, les Britanniques demeurent tres divises sur la question. Le film a connu un succes d'audience a Londres et surtout dans le sud du pays, c'est-a-dire les bastions du torysme. Par contre le public l'a completement boude dans le nord (Liverpool) et en Ecosse; "poches" de resistance au thatcherisme.
http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2011/dec/22/privatising-thatchers-funeral-fitting-tribute-legacy
Cette facétieuse pétition, relayée outre-Manche par plusieurs médias, dont le Guardian, a ouvert un débat assez surréaliste en Grande-Bretagne. La Dame de fer n'a pas encore cassé sa pipe que ses compatriotes débattent déjà – non sans humour – de la meilleure façon de l'enterrer. Et la passion toute relative de l'ancien premier ministre britannique pour l'Etat providence et les dépenses publiques invitent naturellement certains commentateurs à faire du mauvais esprit.
L'humour britannique est toujours teinté de mauvais esprit, et heureusement ! ... quand on voit ce que cette femme et sa clique des Tories, affiliées aux néo-cons de Reagan ont fait à ce pays.... et cela me rappelle la pièce de Tom Green en 2008..."the death of Margaret. Thatcher" au Couryard Theatre....ou les journaux conservateurs se déchainaient en qualifiant cette pièce :"d'oeuvre dégueulasse crachant sur la tombe de Margaret Thatcher"....
http://www.youtube.com/watch?v=80Y1RHy1xYQ
Ca défoule !
Sur le dernier album du groupe écossais plutôt instrumental 'Mogwai', il y a un titre intitulé "George Square Thatcher Death Party" ~Fête pour la mort de Thatcher à George Square (qui est la place principale de Glasgow, LA ville ouvrière d'Ecosse).
Nul doute que le moment venu (en son temps
!), ils seront quelques glaswegians à danser dans la rue.
http://www.youtube.com/watch?v=RhzOE35057M
Ayant vécu en Angleterre pendant les années Thatcher et bien que n'étant guère passionné par le ciné, je suis assez choqué que l'on puisse tourner ce genre de film.... Business as usual, I suppose !
Un bon documentaire sans concession sur cette fille d'épicier devenue baronnesse grâce à l'acharnement qu'elle a marqué contre les classes populaires, la vente à l'encan de l'industrie à la finance, grande prêtresse du libéralisme à tout crin, grande responsable du chômage, de la pauvreté et de la déréliction dans la société anglaise, avant-garde de la dictature financière actuelle de l'Europe dont on ne s'est pas méfié, aurait été bien plus utile que ce type de production qui n'est au fond rien d'autre que la démonstration de la valeur absolue du fric à ce jour, justement ce que maggie a défendu avec opiniâtreté.
La représentation accessible à tout le monde sur you tube ou autre qu'en a donné Spitting Image est autrement plus révélatrice, sans aucun doute. Quant à Meryl Streep, même si on est has-been, il faut bien croûter !
Eprouver de la pitié pour Thatcher? Franchement non! J'en éprouve pour ceux qu'elle a brisés comme les mineurs encore au chômage ou les grévistes irlandais de la faim comme Bobby Sands etc...La liste de ses victimes est tellement longue qu'il faudrait plusieurs tomes pour les énumérer. C'est dommage car Meryl Streep est une formidable actrice.
Pour moi, la mère Thatcher c'est : il est interdit aux riches comme aux pauvres de dormir sous les ponts
Si pour honorer sa mémoire, quelqu'un peut nous faire entendre la chanson de Renaud, il serait remercié !
Merci qui? Merci au tasdechair immonde et à tous ses successeurs eschatalogiques : (Ensemble des doctrines et des croyances qui s’intéressent au sort ultime de l’homme et du monde.)
Tiré du site:http://www.eurotopics.net/fr/home/presseschau/archiv/results/archiv_article/ARTICLE2513-La-faible-esperance-de-vie-a-Glasgow
The Spectator - Royaume-Uni | jeudi, 9. février 2006
La faible espérance de vie à Glasgow
"Peu de gens hors d'Ecosse ont déjà entendu parler du quartier de Calton à Glasgow; et même la plupart des Ecossais ne savent pas que les malheureux habitants de ce quartier ont l'espérance de vie la plus basse de toute la Grande-Bretagne", rapporte l'hebdomadaire conservateur dans un essai qui présente la seconde ville d'Ecosse comme 'un nouveau Gaza'. "Regardez cela : un garçon qui naît aujourd'hui à Calton peut difficilement espérer prendre de l'âge. Il rejettera son enveloppe mortelle à exactement 53,9 ans, un chiffre qui remet affreusement en cause le système social britannique, le reste du pays ayant dépassé cette espérance de vie depuis les années 1940. L'espérance de vie à Calton est inférieure à celle de plusieurs pays en voie de développement, dont l'Inde où elle est de 63,6 ans. Mais Calton est loin d'être la seule verrue de la politique sociale britannique: si l'on prend toute la ville de Glasgow, l'espérance de vie d'un homme est de 69 ans, ce qui est pire qu'en Bosnie, en Libye, à Porto Rico ou même dans la bande de Gaza."
Vive l'ultra-libéralisme!!! Continuons sur ce chemin de misère et retournons tous au XXe siécle et Dickens!!!
Ayant eu à visiter l'hopital public de Glasgow il y a une quinzaine d'années, je vous assure que je me suis ensuite assuré de ne pas être trop malade pour le reste de mon séjour !
Détail intéressant, les fenêtres de cette institution donnent sur la nécropole (et c'est loin des quartiers pauvres !).
Et maintenant je poste ici et en droite ligne de "La stratégie du choc" le Projet du jugement dernier en anglais: The Doomsday Projet qui confirme les écrits de Naomi Klein et le pouvoir de nuisance de l'ultralibéralisme cher à tasdechair. Et notamment celui de l'empire militaro-industriel.
Vous trouverez le texte de Peter Dale Scott sur l'état lamentable des USA laissé entre les mains de speudos démocrates avilis par l'argent et le pouvoir, bref les potes de tasdechair.
Partie une: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28582
Partie deux: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28678
Non ce n'est pas de la théorie du complot, mais tout simplement des faits avérés.
Est-il exact que sa pathologie mentale était telle qu'il a fallu lui construire le bureau de Première Ministre à l'identique dans son logement personnel pour qu'elle daigne enfin accepter dans un ultime coup de tête de ... PARTIR !
Je ne sais pas. Une chose est sure : son passe de premier ministre continue de "l'habiter" aujourd'hui.
Lu et recommandé.
je viens justement de regarder Hunger de Steve Mc Queen. ça ne donne guère envie d'un portrait" humaniste" de M Thatcher. dommage qu'elle ait perdu la tête, l'occasion d'avoir des remords lui est définitivement refusée.
Maggie, fille d'épiciers dont elle aurait gardé l'attachement aux détails, avait une revanche à prendre sur les moqueries de ses camarades d'école. Franchement elle ne s'en est pas privée tant qu'elle a eu des pouvoirs, laisser mourir un gréviste de la faim pour une dame est exceptionnel. Dans le film on sent une volonté de la ménager, franchement ce serait odieux de massacrer une vieille dame déchue qui a quelques absences... On devine les positions discutables par le biais des actualités. Le portrait demeure en demi-teinte, Meryl Streep appliquée à imiter les mimiques, les entorses au protocole, le fidèle lien au mari, un type charmant. Curieusement, la chute va jusqu'à causer une petite douleur au spectateur, à cent lieues de la réalité, nous étions franchement débarrassés !... Des portraits moins soft de la dame de fer devraient voir le jour quand elle aura atteint l'autre rive.