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Protectionnisme: vous en reprendrez bien une petite dose?

Sur proposition de la Commission européenne, l'Union européenne a décidé fin décembre de reconduire pour 15 mois les mesures antidumping appliquées depuis 2008 aux chaussures en cuir importées de Chine et du Vietnam, qui auraient dû expirer le 31 décembre. Comme l'inénarrable saga des soutiens gorges et autres lingeries chinoises inondant le marché européen, ce compromis boiteux a mis en évidence les contradictions des Européens face à l'irrésistible montée en puissance de l'Asie orientale sur la scène économique mondiale.

Les pays «libéraux» du Nord de l'Europe et la Grande-Bretagne, où l'ancien Commissaire européen au Commerce Peter Mandelson, initiateur de la procédure contre la Chine et le Vietnam, veille désormais sur les intérêts des importateurs de la grande distribution, voulaient la fin pure et simple de ces mesures temporaires. Les «protectionnistes» du Sud, conduits par l'Italie, l'Espagne et le Portugal où subsiste une production significative, exigeaient au contraire une prolongation de cinq années supplémentaires des surtaxes douanières, allant de 9,7 à 16,5%, appliquées aux chaussures «à dessus de cuir» made in China. Les protectionnistes sont comme les alcooliques, il leur en faut toujours un dernier pour la route.
Les 15 mois représentent donc un compromis à la Bruxelloise, imposé à la Commission par le revirement de l'Allemagne, qui a déserté soudainement le camp «libéral» pour des motifs qu'il vaut mieux ne pas connaître. La Commission a justifié l'extension par la poursuite du «dumping» chinois et vietnamien et la nécessité d'accorder un délai d'ajustement supplémentaire à un secteur industriel qui emploierait encore 260.000 personnes sur le territoire de l'Union.
Toujours attachée à sauver la face, la Chine a aussitôt répliqué par une mesure antidumping visant un autre secteur de l'industrie européenne, tout en protestant que la production européenne de chaussures de moyen et haut de gamme n'était en fait pas affectée par la concurrence des entreprises chinoises, qui dominent les chaussures à bas prix.
Le perdant dans cette affaire, c'est évidemment le consommateur européen. Non pas en raison du renchérissement des produits du fait des surtaxes douanières, que la Commission juge insignifiant. Mais parce qu'aucune mesure de protection aux frontières ne peut corriger les dysfonctionnements du marché intérieur, qui font que, selon Bruxelles, des paires de chaussures livrées en Europe à un prix moyen de 9 euros sont revendues 50 euros au consommateur final, à comparer avec l'impact de 1,50 euro des droits de douane. La marge des distributeurs est restée supérieure à 20%, ce qui devraient les inciter à un certaine discrétion. Les larmes de crocodile qu'ils ont versées sur le sort du consommateur européen, victime collatérale du protectionnisme, doivent être considérées avec une large pincée de leur propre sel.
Dans ce secteur comme dans tous les autres, la seule question qui importe est celle de l'appropriation de la valeur ajoutée créée au cour de la décennie écoulée par l'intégration de l'abondante main d'œuvre chinoise dans la division internationale du travail. Par quels acteurs d'une chaîne de production et de distribution étendue et complexe, et dans quelle proportion ? Et en conséquence, quelles mesures politiques, fiscales ou structurelles (concurrence), peuvent prévenir l'apparition et combattre le maintien de rentes de situation aussi économiquement néfastes qu'elles sont socialement injustes.
Le mérite des procédures anti-dumping, s'il existe, est d'imposer un examen approfondi, et révélateur, de transactions que les statistiques du commerce extérieur, instrument aujourd'hui complètement obsolète, ne permettent évidemment pas de saisir. Et qui démontre une nouvelle fois que le protectionnisme est une fausse réponse à une question mal posée. Vouloir appréhender la mondialisation du 21ème siècle avec des outils hérités du mercantilisme du 19ème ne peut que conduire à de dangereux contresens.

Tous les commentaires

Ce n'est pas un billet, c'est une thèse.

Comme le remarquait Pascal Lamy ce matin même dans "Les matins de France Culture", ce débat sur le protectionnisme est une spécialité française. On pourrait dire qu'il fait partie de notre "identité nationale". Comme il a déjà eu lieu à de nombreuses reprises sur Médiapart depuis deux ans, en général en réponse à des articles consacrées à une couverture de l'OMC pratiquement absente dans la "grande presse", je ne voudrais pas me répéter.

Quelques remarques concrètes, pour répondre à "l'empirisme" revendiqué par Maurice Allais et pour alimenter la réflexion:

- l'industie automobile américaine a été "protégée" pendant un quart de siècle par un tarif de 25% sur les "trucks" importés (4x4, pickups, SUV). Elle a donc mis tous ses oeufs dans ce panier et différé le traitement de ses problèmes structurels de compétitivité. On connait le résultat.

- l'industrie textile européenne a bénéficié d'un délai de dix ans pour se préparer à la fin de l'accord multifibres, mettant fin aux protections tarifaires et par quotas. A l'échéance, ceux qui n'avaient rien fait (ou pas assez) pour se préparer à l'arrivée de la concurrence chinoise ont demandé un nouveau sursis. Mais des groupes européens comme Inditex (Zara) ont trouvé le moyen de résister sans pour autant délocaliser massivement en Chine.

- le libre-échange absolu n'existe pas. L'UE met en oeuvre de nombreuses protections tarifaires et surtout non-tarifaires, certaines justifiées dans le cadre des "préférences collectives", sujet que le si décrié Lamy avait d'ailleurs relancé avant de quitter le poste de commissaire européen au Commerce.

- la Chine a du faire de très nombreuses concessions dans le cadre de la procédure d'accession à l'OMC. Elle n'avait d'ailleurs pas le choix. Si elle ne respecte pas ses engagements, il existe des moyens de la rappeler à l'ordre. Fermer les frontières de l'UE n'est sans doute pas le moyen d'ouvrir celles de la Chine (et des autres pays émergents). Le protectionnisme n'est jamais à sens unique. Il ouvre inévitablement une spirale de mesures et de représailles.

- les délocalisations (c'est à dire le transfert d'une usine pour alimenter le même marché, pas un nouveau marché) restent marginales dans la destruction de certains emplois industriels (les moins qualifiés). Les changements technologiques pèsent beaucoup plus lourd. Faut-il les interdire?

- en effet, les pays émergents protègent temporaiement leurs industries naissantes. Les puissances européennes établies se reposaient sur leurs empires coloniaux. Les économies développées les plus performantes à l'exportation (Allemagne, Japon) ont procédé, contraintes et forcées, à remise à plat complète après la défaite de 1944-45. Sauf erreur, ces deux pays n'ont pas des structures de coût et de niveau de vie très différentes de celles de la France. Pourquoi engrangent-ils des excédents alors que nous empilons les déficits?

- il est bel et bon de demander à la Chine de rejoindre (en permettant la convertibilité totale et le flottement du yuan) un non-système monétaire international (les Etats-Unis ont détruit celui qui existait jusqu'en 1971) qui fabrique des crises financières à répétition. Peut-être pourrait-on commencer par reconstruire un cadre de régulation des monnaies ?


 

 

 

 

C'est plutot pour répondre à toutes vos remarques qu'il faudrait se documenter et écrire une thèse Sourire ...

Il y a surtout une question que je voudrais vous poser. Il y a des économistes de renom, favorables à une économie de marché, qui sont pour une politique économique plus protectionniste. Et il y a d'autres économistes, tout aussi renommés et favorables à une économie de marché, qui sont pour une politique économique qui ne fasse pas plus de restrictions qu'aujourd'hui au libre échange.

Dès lors, qu'est-ce qui distingue ces deux groupes d'économistes ? L'un des groupes est-il compétent, et l'autre incompétent ? L'un des groupes est-il "empirique", et l'autre est-il "dans les nuages" ?

Ou bien, ces deux groupes se différentient-ils tout simplement, par leurs idéologies, c'est à dire par l'ensemble de fins qui devraient selon eux être poursuivies par une bonne politique économique, par l'importance qu'ils accordent à chaqune de ces fins, par la manière dont ils conçoivent chaqune de ces fins.

Autrement dit, le débat des citoyens sur le protectionnisme, devrait-il selon vous être un débat sur des questions très techniques d'économie, ou devrait-il être un débat sur les fins qui devraient selon nous être poursuivies par une bonne politique économique ? Les deux groupes d'économistes se sont-ils mis d'accord sur les questions techniques, et ont-ils clarifié pour eux mêmes et pour ceux qui les écoutent, le fait qu'ils se différencient par l'idéologie plutôt que par l'expertise ? Pourquoi ne l'auraient-ils pas fait ? Par exemple, qu'est-ce qui se passe si Pascal Lamy discute avec Jacques Sapir ? Vont-ils se chipoter sur des questions techniques ? Pourquoi ne se diraient-ils pas simplement qu'ils n'ont pas la même idéologie, et que, les idéologies, c'est comme les gouts et les couleurs, ça ne se discute pas, ou tout au moins ça ne fait pas l'objet de discussions d'experts, mais ça fait plutôt l'objet de discussions de citoyens ?

 

J'ai plutôt le sentiment que sur la finalité Pascal Lamy et Jacques Sapir appartiennent à deux branches de la même famille, même si je dois avouer ne pas m'intéresser beaucoup aux travaux du second. Faire de Lamy un parangon du libéralisme intégriste, comme cela se lit souvent dans les commentaires ici-même, est insignifiant parce que caricatural. Mais cela facilite la critique, évidemment.

Il ne s'agit pas d'idéologie mais de moyens. On a déjà essayé, sous une forme peut-être plus rustique et plus "musclée", ce que préconisent Sapir et ses amis. Résultats pas très concluants. La libération des échanges (encore une fois, on est loin du libre échange intégral) a été un élément majeur de la croissance et du développement économique des 50 dernières années, d'abord dans les pays avancés puis dans les pays émergents. La répartition des fruits de cette croissance relève de politiques nationales (fiscales, sociales, budgétaires) qui peuvent être bien différentes.

Que cette libéralisation doive être encadrée et régulée relève de l'évidence (c'est à quoi l'OMC s'emploie). Par définition, un marché évolue selon des règles, sinon c'est une jungle.

 

 

 

 

 

 

"J'ai plutôt le sentiment que sur la finalité Pascal Lamy et Jacques Sapir appartiennent à deux branches de la même famille, même si je dois avouer ne pas m'intéresser beaucoup aux travaux du second"

 

Voilà qui est bien dommage, et qui probablement explique beaucoup de choses....

 

Un autre point. Vous dites que le perdant c'est le consommateur européen, c'est oublier un peu vite que le consommateur avant de consommer doit travailler.

"Comme le remarquait Pascal Lamy ce matin même dans "Les matins de France Culture", ce débat sur le protectionnisme est une spécialité française."

Comme il s'agirait d'une théorie française autant dire qu'elle se disqualifie d'elle-même. On attendait mieux, avec tout le respect que l'on vous doit,comme argument. est-ce même un argument ?

 

Ce n'est pas un argument, c'est un constat. Cela ne la disqualifie pas et je prends toujours soin (sans réclamer d'ailleurs le moindre "respect") de répondre à ceux, manifestement majoritaires dans le lectorat de Mediapart, qui s'en font l'écho. La France n'est pas le seul pays où la sensibilité protectionniste se manifeste (cf. les démagogues ultraconservateurs à la Lou Dobbs aux Etats-Unis) maisil n'en est pas beaucoup où elle soit aussi présente dans le débat économique (la liste de ses partisans dans les cercles académiques en témoigne).

J'ai bien compris votre argument : ils sont peu nombreux. Certes. Mais qualifiriez-vous E Todd, par exemple, de démagogues ultraconservateurs à la Lou Dobbs avec théorie et vision de la société strictement identiques. Pensez-vous également de la même façon que les citoyens français ayant voté non à la constitution soient des adeptes de la pensée lepéniste.Tout cela me semble, mais je peux me tromper, un amalgame disqualifiant.

Quant au lectorat de Médiapart, bien sûr ils sont présents mais à leur juste niveau; A la simple lecture des commentaires, il me semble que les soutiens à S Royal, Martine Aubry ou Modems, Europe Ecologie sont nombreux et en nombre supérieur.

Ce débat est un véritable débat de fond alors que la plupart des échanges se résume à des querelles de personne et c'est la raison pour laquelle sans trancher pour ce qui me concerne, celui-ci me semble intéressant. Mais il semble bien difficile de débattre lorsque l'on sort de la pensée dominante.

De quelle pensée dominante parlez-vous? En France, le libéralisme est ultra-minoritaire, l'économie de marché rejettée par une large majorité de nos concitoyens, Alternatives Economiques est la bible des enseignants d'économie et l'inénarable Jean-Paul Fitoussi fait la loi à Sciences-Po (mais se présente en martyr du keneysianisme dans enceintes internationales).

Amalgame? Ce n'est pas de ma faute si certaines coalitions hostiles à l'ouverture des échanges sont aussi improbables: d'Attac à Momagri, par exemple, cette dernière financée par les gros céréaliers et semenciers français.

Et ils sont chaussés comment, les chinois, M. Riès?

La pensée dominante pour moi n'est pas nécessairement celle que l'on entend à Sciences-po mais bien celle qui s'exprime en majorité à travers les discours, les interventions des leaders qui souhaitent accéder au gouvernement de la France ou qui y sont déjà : le l'UMP (mis à part Dupont Aignan qui a démissioné) Royal, Aubry, Moscovici, Bayrou, Europe Ecologie et qui tiennent le haut du pavé dans tous les grands médias avec en support les experts triés sur le volet et qui sautent d'un plateau de TV à l'autre (J Marseille, Elie Cohen etc...). Nous avons là 80 à 90% du discours médiatique. Je parle ici du libre échange car sur d'autres sujets certes il y a des divergences C'est cette théorie, cette idéologie comme dirait un autre commentateur, qui domine. Et lorsque, comme vous le précisez, les citoyens s'expriment pour dire non lors d'un référendum, comme il n'est guère possible de dissoudre le peuple qui a mal voté, ils s'entendent parfaitement pour passer en force. Compte tenu des crises qui s'accélèrent depuis une quinzaine d'années, un véritable débat sur ce sujet me semblerait reèllement démocratique et même passionnant plutôt que de botter en touche ou discréditer ceux qui propose une alternative en les assimilant à des groupes extrémistes. No TINA (comme diraient les bons élèves de l'école de Chicago). Acceptons d'ouvrir le débat, un vrai débat, rien de plus.

Je vous renvoie aux très nombreux articles, commentaires et réponses aux commentaires (je ne botte jamais en touche et j'aime la provocation intellectuelle au point d'en faire des livres) les accompagnant, qui témoignent que ce débat se poursuit sur Mediapart depuis presque deux ans, inauguré par un entretien avec Pascal Lamy qui avait d'ailleurs donné l'occasion aux partisans d'Attac et autres anti-mondialistes de faire étalage de leurs légendaires modération et courtoisie.

@LPVP

Toujours mieux que du temps de Mao où ils avaient tellement l'estomac dans les talons que 20 millions d'entre eux sont morts de faim.

M. Riès,

mon interpellation visait à s'interroger sur une pratique de l'échange qui fait que l'on va vendre des biens au loin alors que les besoins ne sont pas couverts chez soi, aspect que votre article n'aborde guère. L'impact des décisions macro-économiques sur les peuples ne doit jamais être perdu vu et si vous l'abordez brièvement pour les européens, il est carrément escamoté pour les chinois.

 

Je ne vois vraiment pas ce que Mao vient faire dans cette histoire. Pouvez-vous m'expliquer? Je n'ai personnellement jamais été maoiste et je ne cherche pas la polémique, ce qui n'est pas le cas de votre réonse.

A lire occasionnellement vos interventions fréquentes sur d'autres rubriques de Médiapart, je n'ai pas l'impression que la polémique vous répugne. Sur le fond, j'ai déjà répondu par ailleurs: comment peut-on sérieusement prétendre que la population chinoise n'ait pas bénéficié d'une croissance annuelle à deux chiffres depuis presque vingt ans, tirée d'ailleurs beaucoup plus par l'investissement et la demande internes (même si elle reste très insuffisante) que par les exportations (l'excédent commercial chinois est un phénomène relativement récent et qui a probablement atteint ses limites avec la crise)? Coyez-vous vraiment que la dictature communiste pourrait se maintenir au pouvoir sans que la croissance économique s'accompagne aussi d'une mutation sociale (apparition d'une classe moyenne, développement de l'emploi urbain, élévation du niveau d'éducation, intégration progressive des régions de l'intérieur dans le développement économique). Ayant travaillé plus de quinze ans en Asie, y compris en Chine, je n'ai aucune illusion sur les travers, les carences et les fragilités de ce développement, et les plus grands doutes sur sa durabilité en l'absence de réformes politiques et sociales majeures, auxquelles le pouvoir politique chinois n'est d'ailleurs pas préparé. Mais ceci est une histoire à venir.

Ce n'est pas parce que je participe à certaines polémiques, que je ne cherche que la polémique.

Il est indéniable que la croissance économique a créé une classe moyenne en Chine ou en Inde, et que donc en % la classe pauvre a diminué, en % mais pas forcément en valeur absolue d'ailleurs.Si je n'ai pas été en Chine, j'ai passé quelques temps en Inde. J'ai vu aussi les bénéfices et les travers de la croissance émergeante.

Je m'interroge simplement sur un système qui préfère aller vendre ces biens à l'autre bout du monde plutot que de satisfaire les besoins de sa propre population, sans parler des conséquences écologiques d'un tel fonctionnement.

On peut se poser de telles questions sans être un nostalgique de la Chine maoiste, Philippe Riès.

Bien cordialement, malgré nos désaccords.

Une seule question. Vous affirmez que l'achat de chaussures ou de la lingerie(un exemple parmi d'autres) à bas prix dans les pays émergeants profite aux consommateurs. A mon avis cela n'est pas prouvé. Il suffit de regarder ce qui se passe au moment des soldes. Les rabais ont doublé par rapport à ce qu'ils étaient il y a quelques années; ce qui semble démontrer que les commerçants vendent les produits achetés en Chine ou ailleurs au même prix que s'ils avaient été achetés en France pour assurer leur marge, étant donné l'augmentation permanente des charges. Je ne condamne pas les commerçants, mais dire que d'acheter à bas prix, profite à la consommation sans preuve me semble fausser le débat. D'autant que du côté des consommateurs il y a ceux qui ont perdu leur emploi à cause de la désindustrialisation du pays et donc une perte importante du pouvoir d'achat. Nous allons nous trouver devant un cercle vicieux: les commerçants devront baisser leur prix et donc leur marge et les consommateurs seront de plus en plus en train de courrir aprés des prix moins chers. Par ailleurs, les pays émergeants vont augmenter les capacités de consommer de leurs habitants et donc, leurs prix de revient augmenteront et seront contraints d'augmenter leur prix de vente. Il me semble qu'il faut prendre les choses dans leur ensemble. Et cela n'est plus un débat idéologique.

Voilà comment on prépare les lendemains qui déchantent.

Les protectionnistes sont comme les alcooliques, il leur en faut toujours un dernier pour la route.

Et les libre-échangistes, comme les héroïnomanes, il leur en faut toujours plus?

 

Combien de chinois marchent encore les pieds nus?

Est-ce que ces chaussures viennent à pied en Europe?

Je crains que votre mondialisation du XXI siècle ne soit déjà aussi obsolète que la mercantilisation du XIX siècle. La dernière crise ne vous a-t-elle donc rien appris?

Philippe Riès dit :

Et en conséquence, quelles mesures politiques, fiscales ou structurelles (concurrence), peuvent prévenir l'apparition et combattre le maintien de rentes de situation aussi économiquement néfastes qu'elles sont socialement injustes.

C'est déjà un premier pas... oui effectivement, comment faire en sorte de rétablir une concurrence libre et "non faussée". Si vous avez des outils du 21ème siècle à proposer, plutôt que les droits de douane, allez-y.

Discréditer le protectionnisme parce qu'il ne règlerait pas l'échelle fixe des prix, voilà un argument spécieux.

Pour ma part, je suis pour des droits de douane de nature à réduire le dumping par le moins disant social et écologique. Et je suis favorable à ce que l'Etat, oui, l'Etat, décide du montant des prix.

Ce serait permettre à chacun de vivre dignement de son travail.

Ne croyez-vous pas que "protectionnisme" ou "libéralisme" apparaissent en 2010 comme des dogmes du style "iconophilie" ou "trinitarisme" ?

Les anglais ont décidé il y a quelques années de renoncer à leur industrie automobile. Voyez ce qu'ils ont fait (ou pas fait). Le résultat est qu'il n'y a plus de constructeur anglais; il y a quelques lambeaux d'usines étrangères en crise.

Les américains ont décidé de conserver "à tout prix" leurs aciéries. Ils l'ont fait y compris en taxant fort l'acier étranger.

Les européens ont aujoud'hui, nous dit Mr. Riès, un choix à faire vis à vis de notre industrie de la chaussure:

-ils libéralisent et elle disparait;

-ils taxent et elle perdure.

Ce choix n'est pas séparable du contexte: qualité de nos chausseurs, coûts écologiques des transports de chaussures de Chine en Europe, chômage ... et bien des paramètres importants pour notre vie sociale et économique et ... politique. Bien loin des stratégies idéologiques.

 

De nombreuses voix s'élèvent depuis le début de la crise actuelle pour réhabiliter le protectionnisme ( M. Allais dans Marianne, E. Todd. ...)

Nos sociétés, la démocratie peuvent-elles résister encore très lontemps à une concurrence mondiale frontale face à la Chine qui n'a pas seulement une réserve immense de main d'oeuvre peu qualifiée à bas coûts (ouvriers, employés) mais aussi des millions d'ingénieurs, de diplômés de haut niveau.

En clair, nous liquidons notre industrie. Le passage vers la haute valeur ajoutée / R&D / produits high-tech ne fait que différer le problème et nous permets de gagner un peu de temps.

Il ne laisse pas de chances à notre main d'oeuvre faiblement diplômée et cela met gravement en péril l'équilibre de nos sociétés en Europe, à présent.

"Mercantilisme", "protectionnisme" : ces mots sont agités comme des épouvantails, mais l'idée qu'il faille dogmatiquement abaisser à 0 les droits de douanes comme alpha et omega de la politique économique ne va pas de soi: les dommages ne dépassent-ils pas les avantages à présent ?

Le mercantilisme et protectionnisme, loin d'être ridiculisés, sont bel et bien au coeur de la stratégie d'état de la Chine (et de l'Inde) pour se développer.

Le protectionnisme est nuisible lorsque les pays qui échangent sont à des niveaux similaires de développement. Par contre, il est indispensable lorsque l'écart est grand (dans les deux sens d'ailleurs : la Chine n'a pas lésiné sur les protections au début pour protéger son industrie naissante)

A titre personnel, je dois dire que le cataclysme financier qui a débuté avec les subprimes à l'été 2007 et qui se poursuit aujourd'hui dans l'économie réelle m'a ouvert les yeux. J'étais partisant du libre-échange mais j'ai viré ma cutie. Il nous faut rétablir au moins quelques barrières autour de l'Europe.

Cordialement

AE

Philippe Riès,

come le dit Samuel Baillaud "C'est plutot pour répondre à toutes vos remarques qu'il faudrait se documenter et écrire une thèse" et je n'ai ni la capacité ni l'envie de l'écrire. Je crois que ce serait de toute façon inutile si je le faisais dans le but de vous convaincre, parce que vous ne vous trompez pas... et moi non plus ! Les divergences entre ceux qui miitent pour "un protectionnisme raisonné" et les défenseurs de la "concurrence libre et non faussée" dans le respect "des liberté fondamentales" de libre circulation des biens , des marchandises, des services et des capitaux, ne sont pas de nature économique. Elles sont , selon moi, et comme semble le penser Samuel Baillaud, de nature idéologique. Les premiers se soucient, d'abord, de la sauvegarde de la citoyenneté dans un cadre géographique nécessairement limité; les seconds, partisans d'un monde sans frontières, sont porteurs d'un humanisme à la Bernard Kouchner qui en exprime l'idée quand il déclare: " Arrêtons de culpabiliser les employeurs qui délocalisent !" Et d'expliquer: "Quand un employeur crée un emploi au Maroc, il fait vivre 20 personnes quand il n'en fait vivre qu'une seule en France."*

*Marianne n° 401

Cordialement

 

Cependant les chinois sont-ils correctement chaussés?

C'est quand même une donnée à prendre en compte dans le débat, ne croyez vous pas, M. Ries?

Décourageants, découragé, je suis.

Bon courage !

Philippe Riès,

Je rejoins tous ceux ici qui trouvent votre analyse bien incomplète et caricaturale. Si nous devions retenir vos présupposés, notre seule solution pour rééquilibrer notre balance commerciale avec la Chine serait de produire dans les mêmes conditions que les siennes, c'est-à-dire avec une main d'oeuvre payée de telle sorte qu'elle en serait réduite à des conditions de vie comparables à celles du monde de Zola. Sans protectionisme contre le dumping chinois, nous y courons à grands pas.

 

Commercer avec des pays dont la main d'oeuvre peut tout juste survivre dans la misère et emploie aussi des enfants en bas âge est tout simplement inqualifiable, surtout lorsque les royalties n'engraissent qu'une infime minorité de grands patrons, ce qui est bien le cas en Chine.

 

Dans ces conditions-là, nos dirigeants sont moralement coupables d'acheter chinois.

 

Au lieu de faire en sorte que les pays émergents connaissent peu à peu nos conditions sociales durement acquises, nous glissons vers une paupérisation générale de la planète au profit d'une infime minorité jamais rassasiée. Voilà ce vers quoi mène un libre-échange sans barrières. Voilà pourquoi nous avons refusé la partie trois du traité constitutionnel.

 

Enfin et pour conclure, je trouve aberrant votre plaidoyer en pleine crise actuelle du libéralisme économique.

C'est votre présentation de la réalité qui est caricaturale. En Chine, comme en Inde, les politiques de réforme, d'ouverture économique, d'intégration à la division internationale du travail ont commencé à sortir des centaines de millions de personnes d'une misère noire. En moins d'une génération pour la Chine alors que la misère sociale existe toujours dans les pays dits avancés plus de deux siècles après le début de la révolution industrielle. La Corée du Sud était parmi les pays les plus pauvres au sortir de la guerre de Corée. Regardez où elle en est aujourd'hui. Comparer avec la Corée du Nord, qui pratique en effet la forme la plus achevée du protectionnisme, l'autarcie, et qui est, comme chacun sait, le paradis des travailleurs. La caricature, c'est comme le protectionnisme: la surenchère ne connait pas de limites.

 

 

J'ai été caricatural, certes, tout bonnement en raison de l'invraisemblance de votre défense et illustration du dogme libre-échangiste alors que nous vivons en pleine démonstration de sa forfaiture.

Je ne souhaite pas aux Chinois de revivre la période moïste, mais si vous faisiez l'effort, sinon de vous renseigner -- je n'ose croire que vous ne l'êtes pas -- tout au moins de ne pas l'occulter, vous cesseriez d'affirmer que la misère a reculé dans ce pays depuis qu'il a adopté tous les travers du capitalisme. Les aides sociales y sont dorénavant bien moins développées qu'en Occident, si bien que les laissés pour compte de ce capitalisme-là connaissent une misère plus grande que la nôtre et que celle de leur ancien régime.

Je m'étonne et m'étonnerai toujours qu'on ferme les yeux quant aux conditions dans lesquelles sont produits les biens que nous importons.

Comme il l'a été écrit plus haut, le libre échangisme sans contrainte aucune n'est moralement acceptable qu'entre pays de niveau social comparable et s'il n'est pas source d'aggravation des problèmes climatiques.

Alors oui, ne vous en déplaise, on aimerait bien un retour à un protectionisme raisonné et un recul du dogme capitalo-échangiste.

Tout à fait d'accord avec vous bjm.

M. Riès,

Malgré tout le respect que je vous dois, il est des jours où il faut mieux rester coucher que d'écrire avec de la fièvre...

@Philippe RIES

Je suis bien d'accord avec vous Mr RIES, le protectionnisme c'est en final rendre "coup pour coup" à l'adversaire et ce, jusqu'à la stupidié pour terminer. Mais que pensez vous du transfert des "technologies" comme l'a proposé Sarkozy aux Brésiliens avec l'achat du "Rafale".? Ou des montages d'avions auprès des Chhinois qui bientôt fabriquerons des avions, des voitures électriques.? N'oublions pas que cette Nation sort de ses écoles entre 250000 et 300000 ingénieurs par an et qu'ils vont travailler a nous remplacer dans ces domaines. Non au protectionnisme des marchandises mais oui à celui des "intelligences".? J'aimerais avoir votre avis là-dessus.

 

Il y a ceux qui espèrent pour la France, une Europe csp+ du monde, "société de la connaissance", et une Chine ouvrière, "atelier du monde". Et il y a la réalité que vous faites remarquer, à savoir que les chinois sont en train de construire chez eux des csp+, et qu'ils n'auront pas besoin des notres, et que même ils seront à même d'être les notres, s'ils se mettent à faire de bonnes innovations dans les nouveaux domaines d'innovation...

Cette réalité est utilisée par les défenseurs du protectionnisme, pour nourrir leur argumentaire.

 

En effet, c'est pourquoi la protection de la propriété intellectuelle ou la promotion des indications géographiques en matière agricole et alimentaire sont au coeur des ambitions européennes dans le cycle de Doha. Il ne s'agit pas de protectionnisme mais de défense de nos propres avantages comparatifs, que devraient être l'innovation, la créativité, la qualité, le patrimoine, etc. Mais cela relève aussi de choix de politique nationale (ou de préférence, européenne): encore une fois, en quoi la Chine est-elle responsable de l'échec lamentable de la stratégie de Lisbonne, de notre obstination à "protéger" les emplois du passé plutôt que d'investir dans ceux de l'avenir, de la faiblesse de nos dépenses de recherche, de la misère de nos universités, de la fuite des cerveaux outre-Atlantique, etc. ?

 

 

 

D'accord avec vous sauf sur un point: la fuite des cerveaux outre-Atlantique. Les USA ont eu de tout temps un enseignement primaire et secondaire lamentable. Faisant des économies sur ce poste budgétaire, ils avaient de quoi attirer les cerveaux avec des universités aux formations richement dotées, et des salaires pour hauts diplômés sans rapport avec ceux d'Europe.

 

Incapables de renoncer à cette attitude déloyale malgré leur problèmes budgétaires, ils demandent à la Chine de payer cette facture qui, pour l'instant au moins, s'exécute.

Contre cela que peut faire l'Europe ? Apparemment rien, et elle décide de baisser les bras, comme en témoigne le saccage de cet enseignement dans notre pays évoqué dans le forum de votre autre billet.

 

Autant je suis persuadé que le protectionnisme sur les produits n'est pas une solution, autant je pense indispensable de protéger d'une manière ou d'une autre les investissements qu'un pays fait en formant sa jeunesse avec un enseignement gratuit.

 

 

D'accord avec Philippe Ries : ne justifions pas nos carences sur l'Europe, la mondialisation et que sais-je encore. Par contre pourquoi toujours opposer de façon caricaturale et réductrice : libéraux contre protectionnisme. Les américains que l'on qualifie de "libéraux" savent également être des protectionnistes. Leur passé le prouve L'analyse n'est-elle pas plus complexe que cela; Cette réduction n'induit-elle pas en erreur tout citoyen qui cherche à s'informer, à comprendre en toute légitimité ?

Il me semble que le problème de protectionnisme, c'est qu'il est susceptible d'apporter une solution imparfaite et temporaire à la mondialisation telle qu'elle s'est opérée au XIXeme et au début du XXeme siècle. Le libre-échange est d'ailleurs souvent évoqué dans les commentaires qui restent prisonniers de la vision ricardienne où ce sont bien les produits qui s'échangent.

Notre mondialisation a ceci de nouveau qu'elle ne consiste pas simplement en une intensification des échanges internationaux mais aussi en une internationalisation de la production. Les firmes multinationales ont pour stratégie (mais ce n'est pas la seule) d'optimiser leurs coûts de fabrication en sous-traitant une partie de la production à l'étranger : pour l'Allemagne, pays ô combien compétitif, environ deux tiers des exportations sont constituées de produits fabriqués dans les PECO et assemblés en Allemagne.Le protectionnisme, en renchérissant les coûts de production, aurait donc paradoxalement pour conséquence de faire perdre des parts de marché à des entreprises nationales !

Youri Z,

"Les firmes multinationales ont pour stratégie (mais ce n'est pas la seule) d'optimiser leurs coûts de fabrication en sous-traitant une partie de la production à l'étranger : pour l'Allemagne, pays ô combien compétitif, environ deux tiers des exportations sont constituées de produits fabriqués dans les PECO et assemblés en Allemagne."

Il conviendrait d'ajouter que les capitaux, qui permettent ou sous traitants, qui peuvent être des filialles de la maison mère, d'avoir des usines modernes, proviennent le plus souvent des pays économiquement développés. Un protectionnisme raisonné devrait donc se prtéoccuper, bien entendu et principalement, des mouvements de capitaux...

Cordialement

 

Vous avez raison sur l'importane des filiales. Quant à ce que pourrait être un protectionnisme raisonné, j'avoue que je ne vois pas bien ce qu'il pourrait être dans le système actuel.

D'ailleurs, les PECO faisant partie de l'UE, il ne s'agit pas à proprement parler de délocalisations puisque l'UE forme un marché unique.

Cordialement

Youri. Z

Séquence je me souviens:

Salarié d'une grande entreprise je me souviens avoir entendu notre patron, André Giraud et son successeur Georges Besse nous expliquer que l'entreprise devait dénoncer notre Convention de Travail pour nous proposer un accord d'entreprise plus adapté à la "compétition internationale". En réponse à ce discours patronal, un grand nombre d'affiches avaient alors fait florès dans les panneaux syndicaux et l'une d'ellle représentait les différents stades d'évolution du travailleur, présupposé privilégié, au fil du temps. Il terminait sa course de compétiteur dans une poubelle !

Séquence actualité:

Samedi j'ai entendu, à la radio* Monsieur Jean-Claude Casanova s'inquiéter de voir disparaître les emplois industriels au Etats-Unis au profit d'emplois de services du genre "promeneurs de chiens". Monsieur Jean-Marie Colombani, lui, évoquait une rumeur qui circulait dans les milieux financiers londonien selon laquelle ces institutions envisageaient de déserter la City pour rejoindre des cieux plus cléments parce que Gordon Brown voulait les taxer... Quant à Monsieur Pierre-André Chiappori (professeur/chercheur aux Etats-Unis) il nous informait, qu'aujourd'hui, personne n'avait de bonnes solutions pour réguler la planète finance !

En confrontant ces deux séquences, je suis conduit à me demander pourquoi des esprits aussi éclairés que MM. Casanova, Colombani et Chiappori semblent découvrir, aujourd'hui, des phénomèmes que des syndicalistes moins éduqués avaient confusément perçu dès... 1976 ? Peut-être parce que cette évolution n'est plus réversible et qu'ils s'en satisfont ? Car en effet, vous avez raison, Youri. Z, "le protectionnisme raisonné" dans le système actuel est devenu, probablement, impossible. On ne peut plus que craindre un protectionisme déraisonnable auquel nos gouvernements pourraient être contraints de se résoudre sous la pression d'événements dont les bastonnades, contre des travailleurs clandestins, en Italie le 7 Janvier, et un semblable précédent épisode ayant eu lieu, lui, en Grand Bretagne, donnent un aperçu.

Cordialement

*France Culture "La rumeur du monde"

http://www.mediapart.fr/club/blog/faunus/100110/en-route-vers-le-toujours-moins

Dans la même émission, le professeur Casanova affirmait aussi que les difficultés du Japon venait de ce que les gouvernements japonais n'avaient pas fait assez de relance budgétaire. C'est dire le sérieux du personnage (pour mémoire, la dette publique japonaise, produit de dizaines de plans de "relance" depuis 20 ans, est officiellement de 200% du PIB (en réalité, beaucoup plus).

Faunus

 

Peut-être la solution est-elle moins du côté du protectionnisme que de celui de la redistribution des gains de pouvoir d'achat dont bénéficient tous ceux qui ne perdent pas leur emploi. Il me semble qu'un tel mécanisme existe en GB et aux USA (néanmoins j'avoue ne pas en connaître l'ampleur).

 

Cordialement

Philippe Riès,

j'aurais aimé que vous affichiez crânement votre appartenance au courant humaniste "à la Bernard Kouchner" que j'évoque dans un commentaire précédent... Dommage ! vous n'avez pas jugez utile de le faire et c'est, à mon sens, révélateur. Il ne me reste donc plus qu'à la polémiquer sur des sujets subsidiaires. Croire, ou faire croire, que nos problèmes peuvent être résolus par la seule "défense de nos avantages comparatifs" c'est être, ou aveugle ou intellectuellement malhonnête. Ecrire que la Chine n'est pas responsable de "notre obstination à "protéger" les emplois du passé plutôt que d'investir dans ceux de l'avenir, de la faiblesse de nos dépenses de recherche, de la misère de nos universités, de la fuite des cerveaux outre-Atlantique, etc. ", c'est ne ne pas vouloir dire que la liberté de circulation des personnes, des services, des marchandises et des capitaux y est pour quelque chose. Devons nous admettre qu'un Etat, pour cause d'évasion fiscale, ne puisse plus lever l'impôts sur ceux qui pourraient le payer pour financer, par exemple, la recherche ? Et si nos "cerveaux" peuvent s'expatrier outre-Atlantique, après avoir fait leus études en France, n'est-ce pas dans le respect du libre marché ? Mais évoquer la Corée du Nord comme "la forme la plus achevée du protectionnisme", c'est, vraiment, cèder à la forme la plus achevée de la caricature.

Cordialement

 

Je partage .Smileys..

Libre échange ou protectionisme, comme si cela s'opposait encore!. En fait il faut trouver le bon équilibre entre les deux?,...

1. l'ouverture favorise la compétition et pousse à l'excellence ; elle apporte du dynamisme. Mais elle permet aussi des arbitrages sans état d'âme fiscaux, humains par des entreprises qui ne respecte les individus qu'à hauteur de ce que le droit de l'Etat dans lequel elles peuvent être installés l'exige. culturel,..C'est vrai aussi qu'en théorie et jusqu'à présent elle a permis à des pays pauvres de devenir plus riches et à moyen terme de nouveaux équilibres se sont recréés pour les pays dynamiques et le balancier est plus ou moins revenu. Pas sure que les conditions aujourd'hui ne le permettent et que cette analyse ne soit pas devenue obsolète. La balancier reviendra - t-il avant que nous les occidentaux ne soyons à terre....

2. tandis que la fermeture en protègeant davantage les industries et les personnes qui travaillent permet de conserver au pays son identité culturelle, le fruit des luttes entre les différents pouvoirs (système de protection sociale de santé d'éducation,...)et donc une certaine qualité de vie; mais avec pour inconvénient de pouvoir créer des poches de privilégiés qui finissent par s'encrouter, ne plus créer de valeur et mourrir à long terme. Donc la fermeture doit être inférieure à l 'ouverture globalement mais elle doit être utilisée à bonne escient!

Il faut aussi arrêter d'être naïf; la Chine et ses habitants peuvent être excellents dans tous les domaines, c'est une question de temps si ce n'est pas déjà fait; ce qui est aussi sûr c'est que la Chine n'a pas de raisons à terme à nous "aider" / ni de nous financer pour le plaisir. Pour le moment on assiste à un transfert de productions, de technologie vers un pays qui peut pratiquer le dumping sans état d'âme pour gagner des marchés puis éventuellement nous les sous traiter le temps d'acquérir le savoir faire, au pire nous rafler tous les marchés.

 

Quant aux principes de droit international, de type propriété intellectuelle, faut-il encore avoir les moyens (y compris financier - le nerf de la guerre)de le faire respecter. Quid si un état très nationaliste devient trop puissant grâce au merchantilisme aveugle à court terme de nos pays et ne partagent pas les mêmes valeurs en respect du Droit, des individus de la vie,....?

 

Donc ni pour l'un ou pour l'autre, contre une vision courtermiste merchantile mais pour le dynamisme et la compétition dans des conditions humaines, pour le pragmatisme et contre la naïveté!

tout pareil ...

Les analyses de la mondialisation de M. Riès (et de ce courant de pensée) sont logiques et rationnelles : si quelque chose coûte moins cher à fabriquer en Chine, faisons-le fabriquer là-bas et faisons autre chose qu'ils ne savent pas faire (ou qu'ils ne peuvent pas faire pour nous, comme les services de proximité). On y gagnera de l'argent collectivement puisque les prix seront moins élevés ou bien de meilleures marges permettront de meilleurs salaires. C'est beau comme une théorie économique mathématique. Et je suis d'accord que les Chinois et les Indiens y ont tout à gagner.

 

Le problème, ce sont les gens qui peuplent nos pays occidentaux. Et la planète (donc in fine les gens qui y vivent, parce que pour le reste ça ne me bouleverse pas que les chênes verts poussent un jour à Bruxelles). Deux questions à M. Riès.

1) La société est composée de personnes qui vivent un temps considérable (> 40 ans) avec une (non-)qualification donnée ; que proposez-vous pour ces gens-là quand les changements mondiaux s'opèrent sur une échelle de temps bien plus réduite ?

2) Pensez-vous réellement qu'on puisse former professionnellement suffisamment de monde à un niveau extrêmement avancé pour que les pays occidentaux puissent vivre uniquement de cette fantasmée "économie de la connaissance" ? La logique du libéralisme, c'est que l'on importera des individus hautement qualifiés (immigration choisie, succion de cerveaux). "En échange", les occidentaux incapables d'études supérieures (eh oui, il y en a) pourront s'en aller vivre dans les pays en développement (des employeurs connus l'ont proposé pour les PECO il y a déjà plusieurs années) pour faire un travail d'OS. Cette "émigration subie" est économiquement rationnelle, mais n'est-elle pas humainement irréaliste ?

 

A ces deux questions j'attends sincèrement que les "mondialistes" apportent de bonnes réponses. Si le protectionnisme n'est pas la solution, alors qu'est-ce qui pourrait l'être ?

@Pierre Baraduc

Je trouve votre commentaire tout à fait opportun, il pose je crois les bonnes questions de base.

Mais il semble suggérer qu'il y aurait de bonnes réponses... dans le protectionnisme.

C'est aller peut-être un peu vite en besogne.

Si elle semble d'emblée frappée au coin du bon sens, la réponse protectionniste (en dépit de toutes les nuances possibles), n'offre pas me semble-t-il de vraies perspectives réalistes à long terme. Et le long terme se raccourci à l'allure vertigineuse du progrès technique, c'est à dire 2, 3 ans tout au plus.

 

Votre commentaire devrait plutôt inciter à considérer (et à fort juste titre à mon avis) que les temps à venir seront beaucoup plus durs pour cette partie du globe qu'on ne le dit.

Ce qui nous renvoie à la problématique politique du protectionnisme, c'est à dire en effet à la mécanique infernale des dérives qu'il porte en lui.

 

(j'explicite ma lecture de la situation sur le fil du billet "En réaction à un billet défavorable au protectionnisme" de Samuel Baillaus, si ça vous intéresse)

Cordialement

Je ne suggère pas que le protectionnisme est une bonne réponse, je dis simplement qu'il en est une.

 

S'il y en a de meilleures qui n'aient pas les défauts des politiques protectionnistes soulignés par ailleurs (ralentissement de l'innovation, perte de graduelle de compétitivité etc), que les détracteurs du protectionnisme les explicitent et les défendent !! Je me borne à souligner que ce qui est rationnel sur le plan économique n'est pas toujours socialement acceptable, et que la validité des solutions proposées (quand elles ne se limitent pas à une inaction résignée et fataliste) doit se jauger aussi bien à leurs effets sociaux qu'économiques.

 

La gouvernance mondiale, c'est-à-dire la traduction au niveau politique de la mondialisation économique, est infaisable car elle suppose que ceux qui ont tout à gagner au processus en cours (Chine, Inde, Brésil..) se tirent une balle dans le pied. On l'a vu par exemple à Copenhague. On peut certes penser que l'avenir de l'Occident (qui a vécu sur l'exploitation de toute la planète depuis la conquête des Amériques) est à la réduction des niveaux de vie, et que la régulation politique mondiale n'a d'autre horizon qu'un Yalta entre les Etats-Unis et la Chine. Il suffit d'attendre un siècle et le rééquilibrage aura eu lieu. N'y a-t-il donc vraiment rien à faire en attendant ?

 

 

J'entends bien.

Et dans cet exercice ce que vous dites rassemble bien à nouveau tous les ingrédients.

Peut-être faudrait-il rajouter que la validités des solutions doit aussi s'apprécier pour leurs effets politiques.

Et du socialement inacceptable au politiquement inacceptable, il n'y a je crois qu'un tout petit pas.

L'alternative serait peut-être un compromis selon lequel chacun se tirerait une demi balle dans le pied.

Car après tout pourquoi faudrait-il que l'établissement d'une gouvernance mondiale ne soit conditionnée que par les sacrifices d'un côté ?

Toujours le même d'ailleurs.

Et dans cette perspective il y a beaucoup à faire.

 

Pierre Baraduc,

mais la solution retenue, vous venez de la formuler ! Elle consiste, pour nos gouvernements, à une inaction non pas "résigné et fataliste" mais volontaire et bavarde. Le risque encouru, qui résulte de ce choix, c'est la révolte populaire dans nos pays économiquement développés et les dérives extrêmistes qui pourraient en résulter et conduire à des solutions politiques qui feraient alors apparaître, rétrospectivement, comme une erreur historique le fait de ne pas avoir choisi, il y a une trentaine d'années, la solution du "protectionisme raisonné" cher à Maurice Allais.

Cordialement

vous connaissez cette blague mr Riès. . C'est un économiste ultra-libéral qui dit a un chef d'État libéral, allez accroche-toi à la dette, je retire les droits de douanes et les loi de régulation de l'économie... on vas faire la mondialisation. . Elle est bonne, non ??

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