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Retraites, la capitulation annoncée?
L'avenir des retraites risque d'être un des enjeux de la prochaine élection présidentielle. Le très probable candidat Nicolas Sarkozy assumera sans problème la contre-réforme de 2010 qui, faisant suite à celle de 2003, reculait l'âge légal de départ à la retraite (passage de 60 à 62 ans) et l'âge de la retraite à taux plein (passage de 65 à 67 ans), la durée de cotisation (41,5 annuités aujourd'hui) continuant à augmenter au rythme de l'espérance de vie. Le PS ne peut évidemment défendre officiellement une telle position. L'énorme mobilisation de 2010 est encore dans toutes les mémoires. Elle empêche un ralliement pur et simple aux positions de la droite. Mais loin de revenir sur les contre-réformes de ces dernières années, le programme officiel du PS prévoit simplement une possibilité de partir à 60 ans pour celles et ceux qui auraient à cet âge 41,5 annuités de cotisation, c'est-à-dire qui auraient travaillé sans interruption depuis l'âge de 18 ans et demi, autant dire, une infime minorité.
Au-delà de cet aspect, les positions du PS et de la droite sont très similaires car ils défendent la même logique basée sur une affirmation apparemment de bon sens: «puisque l'on vit plus longtemps, il faut travailler plus longtemps». De plus, alors même que, dans cette perspective, la durée de cotisation va continuer à augmenter, certains, comme le député socialiste Pascal Terrasse, se prononcent pour porter l'âge légal à 65 ans. Disons le nettement, faire travailler les salarié-es plus longtemps est inacceptable, et ce pour trois raisons.
Tout d'abord, l'accroissement de l'espérance de vie à la naissance ne date pas d'aujourd'hui. C'est un phénomène ancien qui commence à la fin du 18e siècle. Elle était de 45 ans en moyenne en 1900: à comparer, un siècle plus tard, aux 82,8 ans pour les femmes et aux 75,4 ans pour les hommes. Or dans la même période, le temps de travail annuel individuel a été divisé par deux pendant que le nombre d'emplois augmentait de trois quarts. Cela a été permis par un accroissement de la productivité horaire supérieur à celui de la richesse produite. Ainsi durant la même période, la productivité horaire a été multipliée environ par 30, la production par 26 et l'emploi total par 1,75. L'«espérance apparente de vie professionnelle» qui fournit une estimation du nombre d'années travaillées a baissé, pour les hommes, de 20 ans entre 1930 et 2000. La conclusion de ces chiffres est sans ambiguïté: le partage de la richesse produite peut permettre que l'accroissement de l'espérance de vie s'accompagne d'une diminution du temps passé au travail. C'est ce que l'on appelle le progrès social.
La deuxième raison renvoie à l'espérance de vie en bonne santé, c'est-à-dire sans incapacité majeure. Une étude de l'Ined datant de 2008 indique que «à 60 ans, un homme peut espérer vivre encore 21 années, mais seulement la moitié sans aucune des incapacités considérées dans l'étude». Augmenter la durée de cotisation et/ou l'âge de départ en retraite signifie que les meilleures années de la retraite, celles où l'on est en relative bonne santé, seraient donc transformées en années de travail. Alors même que les conditions de travail continuent de se détériorer avec une montée générale du stress et l'apparition de nouvelles pathologies, un grand acquis social de ces dernières décennies serait ainsi remis en cause. Les années de retraite cesseraient d'être un moment de liberté pour des activités choisies. Car les retraité-es sont aujourd'hui de moins en moins inactifs même s'ils sont traités comme tels dans les calculs économiques. Ils sont de plus en plus investis dans des activités socialement utiles. Ils produisent donc de la richesse, peut-être pas une richesse toujours quantifiable monétairement, mais oh combien nécessaire à la société. Vouloir faire travailler les salariés plus longtemps reviendrait à remettre en cause ce nouveau rôle social des retraités.
La troisième raison renvoie à l'hypocrisie fondamentale de cette orientation, car la retraite par répartition repose sur un double contrat implicite. Le travail fourni par la génération qui part à la retraite bénéficie à la génération suivante et cette dernière prend en charge les retraités. Ainsi chaque génération monte sur les épaules de la précédente et la création de richesse est partagée entre actifs et retraités. La solidarité intergénérationnelle a donc deux faces. Si les actifs paient les pensions des retraités, en contrepartie, les salariés âgés laissent leur place sur le marché du travail aux nouvelles générations. Cette exigence est d'autant plus forte que le chômage de masse perdure et que l'activité économique est atone. Décaler l'âge de départ à la retraite en voulant faite travailler les salariés plus longtemps revient à préférer entretenir le chômage des jeunes plutôt que de payer des retraites. Analyse confirmée par l'Insee qui note dans son Enquête emploi du troisième trimestre 2010 que, malgré la crise, l'emploi chez les 55-64 ans a progressé (+3 points) alors même qu'il reculait chez les 15-24 ans (-2 points).
Mais que se passerait-il si le comportement des entreprises restait ce qu'il a été ces dernières décennies et que celles-ci continuent de se débarrasser majoritairement de leurs salariés avant 60 ans? Dans ce cas, il sera de plus en plus difficile de réunir les annuités requises pour avoir une pension à taux plein. Les jeunes entrent de plus en plus tard dans la vie active et de nombreux salariés, dont une majorité de femmes, ont des carrières discontinues et n'arrivent déjà pas à réunir le nombre d'annuités demandé. L'augmentation de la durée de cotisation et le report de l'âge légal de départ à la retraite auront donc des conséquences importantes lors de la liquidation de la retraite et se traduiront donc alors en pratique par une pension réduite pour le plus grand nombre.
Or le paradoxe, c'est que les besoins de financement des retraites ne sont pas faramineux. En effet, le huitième rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR) d'avril 2010 indique d'abord que l'accroissement rapide du déficit de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV) est dû essentiellement à la crise et que «la plus grande partie de la dégradation aurait eu lieu en 2009 et 2010 (...) A plus long terme, les effets directs de la crise s'estompent». Plus même, le COR montre que la dégradation du niveau des pensions et le durcissement des conditions de départ à la retraite ne sont pas inévitables à condition d'accepter que l'augmentation du nombre de retraités s'accompagne d'une augmentation correspondante des cotisations sociales. Ainsi quel que soit le scénario envisagé par le COR en matière de taux de chômage et de productivité, il serait possible de maintenir le taux de remplacement moyen (niveau de la pension par rapport au salaire) qui est aujourd'hui de 72 %. Si l'on prend le scénario du COR le plus défavorable, il faudrait trois points de PIB supplémentaires à l'horizon 2050. Cela correspond à une augmentation de 10,4 points de cotisations, lissée sur quarante ans, soit 0,26 point par an. Personne ne peut sérieusement affirmer qu'une telle augmentation mettrait en danger l'économie française. Le catastrophisme n'est donc pas de mise même si on peut regretter que ces projections entérinent les allongements de durée de cotisation issus des réformes précédentes.
Au-delà même du financement des retraites, dont on voit qu'il trouve des solutions à condition de ne pas considérer le partage actuel de la richesse produite comme intangible, le débat sur les retraites renvoie à un débat de société fondamental. Faut-il, comme l'affirment la droite et le patronat, «travailler plus» ou faut-il travailler moins Travailler moins pour partager le travail entre toutes et tous afin de lutter contre le chômage et la précarité. Travailler moins pour ne pas perdre sa vie à la gagner et avoir ainsi du temps pour soi et pour les autres. Travailler moins pour permettre à chacun, homme ou femme, de s'investir dans le partage équitable des taches domestiques et parentales, condition pour réaliser l'égalité entre hommes et femmes. A vouloir oublier ces aspects essentiels, le PS s'apprête à capituler en rase campagne face à l'offensive de la droite et du patronat.


Les 5 commentaires les plus recommandés
Article particulièrement clair sur un sujet où l'enfumage est de règle. Merci.
Merci pour cet article Pierre Kalfa.
La capitulation sur les retraites actée par le pouvoir que cela soit Hollande ou Sarkozy semble en effet bien engagée.
La présence soulignée par le quotidien Les Echos des assureurs :de Castrie (Axa), Pitz (AFSA),comme de Jouyet (AMF) qui ont rejoint le premier cercle de F.Hollande doit nous interroger . Je ne pense pas que cela soit, pour aller militer ou coller les affiches du parti socialiste à la présidentielle!
Ce qui est cocasse, c'est d'imaginer ce scénario: ce que n'a pas réussi la droite et Sarkozy avec l'échec du projet de joint venture Sevriena (Malakoff-Médéric présidé par Guillaume Sarkozy, associé pour ce projet à la CNP), Hollande et les socialistes semblent sur le point de le permettre avec de Castrie et Pitz, si Hollande gagne en 2012. Ce dont bénéficiera en retour, Guillaume Sarkozy, étonnant n'est-ce pas?
Dans son rapport confidentiel sur ce sujet, Malakoff Méderic mettait en perspective de juteuses opérations. Tablant sur une baisse de 8 % des pensions de retraite et indiquant qu’un « complément d’épargne annuel de 40 milliards d’euros à 110 milliards d’euros en 2020 serait nécessaire pour maintenir le niveau de vie des futurs retraités » Un chiffre d'affaires de 5,5 milliards d'euro était annoncé pour ce joint venture.« il est prévu une montée en charge progressive des activités créées par la joint venture [Sevriena] avec un démarrage du développement des activités nouvelles deux ans après la création de la joint venture. Après 2020, le plan de développement est basé sur un développement moins soutenu de l’activité créée par la joint venture pour converger vers un taux de croissance de l’ordre de 7% conforme à l’hypothèse de taux de croissance du marché ».
Quel est le nombre d’années de cotisation revendiquées par Mélenchon pour partir à 60 ans ?
Ses groupies me revoient vers le blog de Mélenchon, vers des interviews de ce dernier. Elles tournent autour du pot. Alors je me suis procuré « L’humain d’abord - Le programme du Front de Gauche et de son candidat commun Jean-Luc Mélenchon ». Et que lit-on dans ce dernier au sujet de la retraite ?
Page 7 : 17e ligne : Droit à la retraite à 60 ans à taux plein
Page 8, bas de page : Nous rétablirons également le droit à la retraite à 60 ans à taux plein (75 % du salaire de référence) pour toutes et tous avec la prise en compte de la pénibilité de professions particulières donnant droit à des départs anticipés. Aucun salarié ne touchera de retraite inférieure au SMIC. Le financement des retraites sera assuré en particulier par une cotisation nouvelle sur les revenus financiers des entreprises, au même taux que les cotisations employeurs sur les salaires. L’accroissement du taux et de la masse des cotisations patronales sur les salaires sera modulé en fonction
suite en haut de la page 9 : des choix de gestion de ces entreprises. Aucun recours à la fiscalisation des retraites ou de la protection sociale ne sera opéré pour leur financement.
Rien d’autre sur les 63 pages.
Ainsi, je prends un malin plaisir à leur faire remarquer combien le programme populaire partagé de Fdg est « révolutionnaire ». Et je ne manque pas de le dire, si vous rencontrez les rédacteurs du PPP, dites leur de coller ceci dans le paragraphe retraite :
- Le droit à la retraite à 60 ans maximum, à 55 ans pour les salariés ayant subi des travaux pénibles et ceux qui sont affectés par la dégradation des conditions de travail ;
- La pension doit être la continuité du salaire. Elle doit être à 75 % du salaire brut, calculée sur les six meilleurs mois de salaire ;
- La durée maximale pour bénéficier de la retraite doit être de 37,5 annuités de cotisation, en incluant les périodes de pertes d’emplois, d’apprentissage, de formation et d’études à partir de 18 ans. Ceci implique l’abrogation de toutes les mesures depuis 1993 concernant la retraite Sécu et les régimes complémentaires.
Pour nous aider dans l'argumentation dans les diners en ville (je rigole) pouvez-vous nous résumer l'article en, disons, 3 idées simples, du genre, dans le domaine de la dette:
"le déficit de la France est la conséquence de la réduction des recettes et non de l'augmentation des dépenses",
"Les caisses ne sont pas vides, elles ont été vidées par la multiplication des niches fiscales en faveur des riches"
"Nabonimenteur a réduit les recettes en augmentant les niches fiscales profitant aux marchés et aux riches",
" Les niches fiscales de Nabonimenteur ont permis aux marchés de délocaliser et de mettre au chômage des centaines de milliers de Français"
"Le problème est moins le déficit de l'Etat que le déficit du commerce extérieur, mais les deux sont les conséquences de la politique de Nabonimenteur".
"Nabonimenteur a creusé le déficit en empruntant pour compenser les baisses de recettes dues à la multiplication des niches fiscales.
etc etc
Le débat sur les retraites n'a effectivement jamais été clairement abordé par les socialistes. Ni Aubry, ni Hollande etc... n'ont su ou voulu savoir faire des propositions alternatives aux mesures mises en place par la droite. J'ai l'impression qu'ils n'ont pas compris ce qui s'est passé en 2010 dans la rue. Je me suis rendu compte également que les journalistes ne comprenaient également pas grand'chose aux retraites, à croire qu'ils ne vivaient pas sur la même planète ou avaient tous les moyens de se payer des assurances. Sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, je crains qu'il n'y ait pas grand'chose à espérer des socialistes en 2012!!!
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Article particulièrement clair sur un sujet où l'enfumage est de règle. Merci.
Un choississant un représenatnt qui est infichu de donner des réponses claires à des attentes simples ( les salariés n'en peuvent plus d'être écrasés au détriment de leur vie de leurs projets, de leur famille de leurs loisirs, de leur santé) voteront pour le seul parti qui n'est responsable d'aucune des conséquences aujourd'hui qu'on leur fait payer : le pen.
ce n'est pas hollande et ses embrouillaminis qui va rassurer ceux qui bossent vraiment.
Le Pen ? C'est vraiment du n'importe quoi. En moins de six mois, c'est la guerre civile chez nous. Quant aux retraites, vous rigolez. La Le Pen est pire que Sarko. En économie, c'est une nulle de chez nulle. Il y a peu de temps encore, ce parti était ultra libéral, alors, vous croyez vraiment à sa mutation? MDR....
Le Pen c'est effectivement une solution. Pour deux mois.
Après on reprend tout à zéro, je veux dire sans la fille de son père.
Complétement en accord avec cet article mais je pense que pour la retraite ou tout autre sujet, ce n'est pas le vote pour Hollande, Melenchon, Le pen qui réglera le probléme. C'est la mobilisation ou pas des gens, il est vrai que contre la "réforme" des retraites, il y eut beaucoup de contestation mais elle ne fut pas à la hauteur car la contre-réforme est passée. Ce qu'il faudrait ce serait une mobilisation digne de 36 aprés la victoire du front populaire. Mais il semble que notre société est trop égoïste pour ça, c'est pour cela que je déteste les discours récupérateurs du grand leader du FdG, il sait qu'il n'appliquera pas mais il le dit quand même pour ses fans, si nombreux ici !!!!
Merci pour cet article Pierre Kalfa.
La capitulation sur les retraites actée par le pouvoir que cela soit Hollande ou Sarkozy semble en effet bien engagée.
La présence soulignée par le quotidien Les Echos des assureurs :de Castrie (Axa), Pitz (AFSA),comme de Jouyet (AMF) qui ont rejoint le premier cercle de F.Hollande doit nous interroger . Je ne pense pas que cela soit, pour aller militer ou coller les affiches du parti socialiste à la présidentielle!
Ce qui est cocasse, c'est d'imaginer ce scénario: ce que n'a pas réussi la droite et Sarkozy avec l'échec du projet de joint venture Sevriena (Malakoff-Médéric présidé par Guillaume Sarkozy, associé pour ce projet à la CNP), Hollande et les socialistes semblent sur le point de le permettre avec de Castrie et Pitz, si Hollande gagne en 2012. Ce dont bénéficiera en retour, Guillaume Sarkozy, étonnant n'est-ce pas?
Dans son rapport confidentiel sur ce sujet, Malakoff Méderic mettait en perspective de juteuses opérations. Tablant sur une baisse de 8 % des pensions de retraite et indiquant qu’un « complément d’épargne annuel de 40 milliards d’euros à 110 milliards d’euros en 2020 serait nécessaire pour maintenir le niveau de vie des futurs retraités » Un chiffre d'affaires de 5,5 milliards d'euro était annoncé pour ce joint venture.« il est prévu une montée en charge progressive des activités créées par la joint venture [Sevriena] avec un démarrage du développement des activités nouvelles deux ans après la création de la joint venture. Après 2020, le plan de développement est basé sur un développement moins soutenu de l’activité créée par la joint venture pour converger vers un taux de croissance de l’ordre de 7% conforme à l’hypothèse de taux de croissance du marché ».
Merci pour cet outil de désenfumage qui devrait servir périodiquement dans les quelques mois qui viennent.
Il reste à Mélenchon des atouts pour tomber à bras raccourcis sur Hollande. Qu'il ne s'en prive pas.
"Mediapart" a démontré (machines "clic clic") que les chiffres de la police étaient surévalués, et que la mobilisation de 2010 avait été très faible. De plus ses journalistes sont interdits de manifester, le seul syndicat autorisé étant un syndicat patronal.
Et grâce à ça "Mediapart" est désormais bénéficiaire.
Vous voulez nous amener où, avec vos idioties ? Vous bossez pour "le figaro", en dehors d'éventuels trafics d'urnes à Attac ?
Boddisatva,
Vos propos sont trop élliptiques.
J'ai compris votre première affirmation relative à la mobilisation 2010.
Je comprends moins la sconde relative à l'activité syndicale chez Médiapart dans la mesure où rien n'empêche qui que ce soit de se syndiquer et d'être désigné comme délégué syndical.
Enfin, j'imagine que les "idioties" portent sur le sujet des retraites. Mais je ne vois pas la relation entre l'article, quoique très discutable, et le Figaro, et encore mois avec ATTAC et un supposé trafic d'urnes.
Eclairez-nous ou soyez moins abscons.
Sur les "idioties" : l'ami Khalfa se croit autorisé à aller à l'encontre de la doctrine "clic clic". Pour les trafics d'urnes électorales c'est à peu près la seule chose qui reste d'Attac, non ? Et quand vous écrivez que les journalistes de "Mediapart" pourraient manifester quand les syndicats de journaliste le demandent, voire faire grève ou avoir des élus, pour le moment c'est purement virtuel.
L' erreur idéologique du comptage des manifestants = une faute.
Un journaliste relate les faits : ne devient pas acteur des faits.
Les Syndicats estimaient à 3 Millions ( à tord ou à raison ), la police du pouvoir étalait sa propagande ( conforme aux ordres....).
Ensuite vouloir démontrer la vérité ( sans posséder les bons outils) est une gageure & une faute déontologique.
il faudrait que Mélenchon intégre dans le programme du Front de Gauche la revendication des 37,5 annuités pour tous;
http://halte.cassoc.over-blog.com/
Quel est le nombre d’années de cotisation revendiquées par Mélenchon pour partir à 60 ans ?
Ses groupies me revoient vers le blog de Mélenchon, vers des interviews de ce dernier. Elles tournent autour du pot. Alors je me suis procuré « L’humain d’abord - Le programme du Front de Gauche et de son candidat commun Jean-Luc Mélenchon ». Et que lit-on dans ce dernier au sujet de la retraite ?
Page 7 : 17e ligne : Droit à la retraite à 60 ans à taux plein
Page 8, bas de page : Nous rétablirons également le droit à la retraite à 60 ans à taux plein (75 % du salaire de référence) pour toutes et tous avec la prise en compte de la pénibilité de professions particulières donnant droit à des départs anticipés. Aucun salarié ne touchera de retraite inférieure au SMIC. Le financement des retraites sera assuré en particulier par une cotisation nouvelle sur les revenus financiers des entreprises, au même taux que les cotisations employeurs sur les salaires. L’accroissement du taux et de la masse des cotisations patronales sur les salaires sera modulé en fonction
suite en haut de la page 9 : des choix de gestion de ces entreprises. Aucun recours à la fiscalisation des retraites ou de la protection sociale ne sera opéré pour leur financement.
Rien d’autre sur les 63 pages.
Ainsi, je prends un malin plaisir à leur faire remarquer combien le programme populaire partagé de Fdg est « révolutionnaire ». Et je ne manque pas de le dire, si vous rencontrez les rédacteurs du PPP, dites leur de coller ceci dans le paragraphe retraite :
- Le droit à la retraite à 60 ans maximum, à 55 ans pour les salariés ayant subi des travaux pénibles et ceux qui sont affectés par la dégradation des conditions de travail ;
- La pension doit être la continuité du salaire. Elle doit être à 75 % du salaire brut, calculée sur les six meilleurs mois de salaire ;
- La durée maximale pour bénéficier de la retraite doit être de 37,5 annuités de cotisation, en incluant les périodes de pertes d’emplois, d’apprentissage, de formation et d’études à partir de 18 ans. Ceci implique l’abrogation de toutes les mesures depuis 1993 concernant la retraite Sécu et les régimes complémentaires.
+1 Bravo, de plus il faut un certain courage pour s'enquiller le " programme" du FdG.

Pour nous aider dans l'argumentation dans les diners en ville (je rigole) pouvez-vous nous résumer l'article en, disons, 3 idées simples, du genre, dans le domaine de la dette:
"le déficit de la France est la conséquence de la réduction des recettes et non de l'augmentation des dépenses",
"Les caisses ne sont pas vides, elles ont été vidées par la multiplication des niches fiscales en faveur des riches"
"Nabonimenteur a réduit les recettes en augmentant les niches fiscales profitant aux marchés et aux riches",
" Les niches fiscales de Nabonimenteur ont permis aux marchés de délocaliser et de mettre au chômage des centaines de milliers de Français"
"Le problème est moins le déficit de l'Etat que le déficit du commerce extérieur, mais les deux sont les conséquences de la politique de Nabonimenteur".
"Nabonimenteur a creusé le déficit en empruntant pour compenser les baisses de recettes dues à la multiplication des niches fiscales.
etc etc
Le débat sur les retraites n'a effectivement jamais été clairement abordé par les socialistes. Ni Aubry, ni Hollande etc... n'ont su ou voulu savoir faire des propositions alternatives aux mesures mises en place par la droite. J'ai l'impression qu'ils n'ont pas compris ce qui s'est passé en 2010 dans la rue. Je me suis rendu compte également que les journalistes ne comprenaient également pas grand'chose aux retraites, à croire qu'ils ne vivaient pas sur la même planète ou avaient tous les moyens de se payer des assurances. Sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, je crains qu'il n'y ait pas grand'chose à espérer des socialistes en 2012!!!
Merci pour cet article. Vous abordez le problème du niveau des pensions des retraités par le biais du refus des réformes Fillon. Il ne me semble pas cpdt que vous mentionniez le problème du niveau des salaires lorsque le travail est partagé.
Partager le travail est certes une excellente idée/perspective mais pour partager le gâteau de manière équitable, réduire ses heures revient à réduire sa rémunération (pour créer des emplois supplémentaires). Cela me semble difficile pour de nombreux foyers, qui sont déjà en situation très tendue (ce n'est pas mon cas).
Pouvez-vous m'éclairer ici (qq pointeurs suffiraient) ? Merci d'avance
Merci pour cette analyse. Elle est très interessante et peut fournir des arguments en deuxième niveau dans un débat mais c'est trop compliqué pour un candidat. Comme Quasar-17 j'aimerais un argumentaire simple et pédagogique. Le dernier débat des primaires a été jugé trop "technique" (!) c'est dire si la difficulté est grande de faire comprendre la situation sur les retraites. En face il y aura N Sarkozy avec une seule phrase: "la vie s'allonge, la durée du travail doit suivre. Point". Si vous pouviez mettre vos connaissances au service de F Hollande pour arriver à être simple et percutant...
Point de synthèse, bon repère à conserver
"faire travailler les salariés plus longtemps est inacceptable" voilà ce qui s'appelle un débat ouvert! Il faudrait peut être se poser aussi la question de l'âge moyen où l'on entre dans la vie active et où l'on cotise aux régimes de retraites par répartition, qu'en pensez vous, ça peut se discuter non?
Et la constante augmentation de productivité des salariés, les bénéfices qui rentrent à pleines portes dans des entreprises qui délocalisent et des rentiers à la Balzac qui boursicotent et la redistribution des richesses qui devrait commencer par l'assurance d'un confort de vie à ceux qui arrivent à la retraite et qui devrait dégager des postes pour des jeunes qui commencent et qu'on devrait aider, vous ne pensez pas qu'on devrait arrêter d'écouter la parisot et parler de cela ?
Mais ne vous inquiétez pas, ce n'est pas avec le président flanby qu'on y arrivera...
je me demande si mon hypothèse selon laquelle 20 % des retraités touchent 80 % des retraites est juste (je la calque sur les salaires pour lesquels ces pourcentages sont vrais - mais je n'ai pas les chiffres).
La justice, et les économies, pourraient peut-être passer par un écrasement des différences ? je me sens tout à fait de gauche, mais je ne pense pas que nos pays (dits "avancés" ou autre stupidité, ou "anciens coloniaux-esclavagiste-pompeurs de matières premières continuant sur leur lancée" ) puissent continuer sur le pied où ils vivent : la moindre institutrice (prise au hasard) vit mieux que Louis XIV - alors la course au soi-disant bien-être, toujours plus, toujours plus, pourrait peut-être se calmer, non ? Ca ne leur pose pas de problème de se payer des voyages autour du monde et des vacances "de rêve", à nos super retraités, pendant que les vieux au minimum vieillesse n'ont même pas les moyens de manger correctement et de se soigner ? et pendant que les jeunes doivent attendre 30 ans et plus pour s'installer dans la vie, quand ils ont de la chance ?
Je pense que si on s'est endettés comme on l'a fait, c'est que les banques nous y encourageaient, certes, mais aussi parce que nous avons essayé de continuer à vivre comme des coloniaux, alors que se rétrécissait la possibilité d'exploiter les peuples que l'ont prétendait "en voie de développement". Les cadeaux (les acquis du prolétariat) que nous faisait les capitalistes, ils nous les faisaient en exploitant d'autres humains, d'autres pays. non ?
Ce ne sont que des hypothèses, même si je n'ai pas tout mis sous forme de question.
Il faut bien sûr y rajouter l'exploitation déraisonnable et sans recyclage et jusqu'à l'usure des ressources de la planète...
En fait, poser la question des retraites sans poser la question générale de quelle économie nous voulons revient à chercher à aménager un système stupide et injuste en maintenant en l'état les privilèges de certaines castes...
que quelqu'un me démontre qu'un haut fonctionnaire mérite une retraite 20 fois supérieure à celle d'un agriculteur...
OK. Pas mal comme analyse (si je puis me permettre de juger). Et je trouve tout à fait intéressante votre proposition "d'écrasement des différences". Mais pourquoi focaliser, dès l'abord, sur les retraités ? Pourquoi ne pas travailler, réfléchir, publier sur ce qui vous semblerait l'idéal, le juste rapport des revenus (du travail et autres, bref addition de TOUS les revenus) acceptables entre concitoyens d'une même république ? Comme vous le faites, à la fin, pour le haut fonctionnaire et l'agriculteur.
A quand une réforme fiscale globale répartissant les richesses/revenus collectivement disponibles de façon que le rapport du plus pauvre et du plus riche soit réduit au minimum ? Et ce minimum, selon vous, sera-t-il de 1/1 de 1/10, de 1/20 ?
Certains diront que le salarié/producteur actif mérite d'être payé en fonction d'un complexe ensemble de critères qui feraient que l'un rapporterait 20 fois plus qu'un autre en terme de bénéfices, créativité, revenus, etc. Alors qu'un retraité, ce ne serait jamais qu'un retraité, un vieux, un bientôt mort… Mais pourquoi un retraité actuel ayant cotisé 20 fois plus qu'un autre au cours de sa vie d'actif, ne toucherait-il pas 20 fois plus qu'un autre qui aurait cotisé 20 fois moins ?
Je ne vais pas plus loin, et vous laisse réfléchir à cette notion d'écrasement des revenus, non seulement pour les retraités, mais pour tous les travailleurs/salariés/producteurs, afin qu'un travail ne soit plus choisi pour son salaire, mais pour le goût qu'on aurait à le faire, par exemple. Au bout du compte, ce n'est plus par appât du gain qu'on choisirait un métier, mais par goût ou aptitudes, compétences, etc.
J'en reste là, le problème est complexe, mais pas impensable. Juste qu'il ne convient pas d'opposer les retraités aux autres âges de la vie. Le retraité fait partie (si provisoire soit-elle) de l'humanité.
à Claustaire :
on pourrait même se demander pourquoi on accorde tellement d'importance au "productif"... ou pire au "salarié"... et celui qui a passé sa vie à réfléchir et qui n'était même pas payé pour le faire ? (contrairement à Finckelkcroat) - combien on lui doit ?
Quand aux cotisations qui devraient déboucher sur un truc proportionnel... les cotisations on pourrait aussi les mesurer sur ce qu'elles laissent pour vivre et non sur ce qu'elles rapportent ? les histoires de pourcentage sont forcément injustes et la bonne conscience des fonctionnaires à les appliquer relève du déni d'injustice !
(illustration : un mec qui cotise 10 % de 10 000 euros par mois fait-il autant d'efforts qu'un mec qui cotise 10 % de 500 euros par mois ? pourtant, il cotise plus - mais est-ce que cela lui donne le droit, une fois qu'il a arrêté de travailler de se sentir encore supérieur et méritant ? )
Mais sur le fond, vous avez raison : pourquoi focaliser sur les retraites ? peut-être parce que j'ai 64 ans 1/2 ? AAAAAh la motivation égoïste et personnelle ! Ou simplement parce qu'on prend les problèmes où on les trouve : dans de petits exemples de la vie courante ? ça n'empêche pas ensuite d'élargir sa vision,là je suis d'accord.
Vos 64 ans ne vous empêchent apparemment pas d'avoir le coeur bon, l'esprit clair, les idées nettes et surtout les questions justes. :-)
Et moi je me demande pourquoi ça fait tant ch... les patrons et les riches que les prolos puissent passer une partie de leur vie (la fin, donc en plus on ne sait pas combien de temps ça va durer) à être payés à rien foutre (si ça leur chante). Qu'est-ce que ça leur enlève, qu'on passe une partie de notre vie à faire autre chose que bosser? En plus c'est pas eux qui paient!
Enfin un article clair sur notre système de retraite qui va à l'essentiel. Merci à vous.
Ce qui ne semble jamais pris en compte, quand on parle de l'allongement de la vie ( outre la pénibilité du travail qui en défavorise pas mal ) ce sont les conditions de vie de tous les travailleurs qui ne peuvent plus se soigner correctement, qui mangent des produits de piètre qualité, mal logés - on sait que certains travaillent et vivent dans la rue - Est-ce qu'elle va continuer à monter l'espérance de vie ? Pour tout le monde??
Merci à vous pour cet article très clair et pédagogique.
Quant à Carland, vous m'avez devancé et vous félicite pour mettre en ligne ces excellentes videos. A regarder au plus vite.
Espérons (mais je n'y crois guère) que le sujet sera au coeur de la campagne...
tres bon article qui montre bien la logique du progré social en France ,mais malheureusement le projet du ps est tout a fait cohérent si on ne met pas des protections contre le dumping social aux frontieres de l europe et qu on a pas de politique d harmonisation sociale par le haut a l interieur de l europe .
C'est sûr que si on multiplie la productivité par 30 (comme depuis le début du XIXe siècle), il n'y aura pas de pb. Mais cela ne se produira pas dans les 10 années à venir.
Quand on parle de retraite, on confond les droits acquis, qui concernent les "points", et la pension versée, qui concerne le niveau de salaire initial. Le pb des retraites reste toujours le rapport entre les cotisations et les pensions, en tenant compte de la durée de vie et d'activité.
Ici, on parle en fait de solidarité, mais comme on ne parle pas de partager les pensions, ça ne signifie pas grand chose. Ce qu'on propose est un système Madoff, qui promet des rentes plus fortes, mais les paye avec l'argent des derniers arrivés. Il y a forcément un moment où ça plante.
La retraite par "capitulisation" eut èté un bon titre aussi...
En fait, tout est lié, le chômage des jeunes ou la retraite des anciens à plus de 60 ans . Mais aussi mort du retour au 39 heures, après 5ans de Sarkosisme, les 35 heures sont toujours là. Le retour au 39 heures aurait agravé de 650 000 le nombre de chômeurs actuels.
Les heures supplémentaires défiscalisées ont coûté cher aux contribuables et ont empêché des créations d'emplois, même à temps partiel et notamment chez les jeunes. Tout cela repoussant d'autant l' accès à une retraite complète même à 65 ans.
On prend toujours l'exemple sur l'Allemagne (une de mes soeurs est enseignante en Allemagne depuis 30 ans) mais on oublie de dire que la retraite complète est acquise au bout de 35 annuités. Ceci permet aux allemands d'avoir 6,5 années de bonus par rapport aux francais, prises sur le temps d'études, de formation, de chômage non comptabilisé, de travail à temps partiel, de congé parental et même d'années sabbatiques. Sans parler du problème démographique qui en 2050 fera de l'Allemagne un pays de pas plus de 73 millions d'habitants (82 millions aujourd'hui) avec 40% de plus de 60 ans, contre 25% pour la France qui aura 70 millions d'habitants.
(Comme dirait Valèrie Pécresse) Après un "Papa Adreou" en Grèce va-t-on avoir un Papa Hollande chez nous?
C'est la mode du paternalisme social-démocrate: Les Papas nous le metttent profond dans le Baba....
Ils nous font tous rigoler avec leur espérance de vie; je regarde les avis de décès sur le journal du dimanche de mon département , et compte le nombre de décès jusqu'à 75 ans, sur 25 avis 8 ont moins de 76 ans, dont bon nombre de 55 à 62 ans; et tous les dimanches je fais ce constat, sans doute dans la semaine est-ce le même résultat; alors rallonger le temps de travail, c'est offrir aux retraités un minimum de temps pour profiter de cette retraite. SARKO baissera encore le froc devant ses copains , patrons d'Agences de Notation, il prend des mesures contre la majorité des citoyens , continuant ainsi à garantir les privilèges de son cercle nantis, CES RICHES QUI NOUS COUTENT CHER! Quand ce monsieur se décidera t-il à faire rentrer dans les caisses de l'Etat ces 18 MILLIARDS/an de taxes et impôts des Entreprises dont le siège social est à l'Etranger ? quand ce monsieur se décidera t-il de réduire les dépenses somptueuses ou celles qu'il engage pour une guerre à son ex-ami Kadhafi, assassiné , qui soit dit en passant et vulgairement, (pardonnez-moi l'expression, merci) pour une relève qui lui "met profond dans l'os" car si c'était la peste avec Kadhafi, qu'en sera t-il désormais ?? et quand osera t-il s'attaquer à cette injustice intolérable concernant les retraites des Sénateurs ou autres politiques, et enfin quand mettra t-il à exécution ses belles paroles rabâchées aux 4 coins du Monde lors des G8-G20 : "réduire les écarts de salaires, certains sont indécents et blablabla... ou bien nous devons réguler le système bancaire, ou encore revoir la réglementation financière". Beaucoup de gesticulations, de brassages d'air, et à la sortie des mesures restrictives pour les mêmes. Devons-nous vraiment attendre 2012, quand le sort des Nations est entre les mains d'une poignée de VOLEURS, quand le pouvoir financier est entre leurs mains et avons des Chefs d'Etat à leurs ordres ? SARKO l'avait promis dans son 1er discours à l'ONU : il terminait son laïus à propos de la mondialisation, de la gouvernance mondiale en ces termes froids, cinglants, menaçants :"PERSONNE ET JE DIS BIEN PERSONNE NE POURRA S'Y OPPOSER " alors il pourra bien encore discourrir à la Télé prochainement, il est complice de cette réalité catastrophique, puisqu'il ne fait rien en direction de son peuple, mais en aggrave la situation. Nous ne sommes pas responsables de cette crise sans fin, depuis 2008, des restrictions , des suppressions, mais la dette ne baisse pas , les compteurs sont toujours au rouge, n'y aurait-il pas des comptes à nous rendre ?? Et ce budget illisible pour des économistes , et ce taux de croissance encore optimiste ? devons-nous subir sans mot dire (maudire !!)