La question qui se pose à la gauche à la veille de 2015 et des deux échéances électorales qui l'attendent, n'est pas de dépasser le capitalisme mais de le replacer, de le remettre à sa place, où il aurait du rester et ne pas sortir. Dans un coffre.
L'argent est un bon serviteur mais un mauvais maître.
Les abus du capitalisme naissent des abus de la liberté.
Le libéralisme promeut une liberté d'entreprendre sans limite, aboutissant au mépris de la dignité humaine.
Un reportage récent d'Elise Lucet sur France 2 a récemment montré travail des enfants dans la production de smartphone, l'exploitation indigne de la main d'oeuvre en Afrique au bénéfice de Microsoft et d'Apple, etc..
C'est contraire à la clause démocratie et droits de l'Homme qui régit nos échanges commerciaux avec les pays tiers.
Ces produits ne devraient pas pouvoir être importés et vendus dans l'UE s'il y a avait un élu qui s'en préoccupait sérieusement.
Qu'attend Monsieur Maurel au sein de la Commission du commerce au Parlement européen ? Une telle action serait de nature à entraver la politique de dumping social qui crée du chômage en Europe et de l'esclavage dans le Monde.
L'action des lobbys est amplifiée par l'inaction des élus à défendre les droits sociaux.
La dignité humaine est la matrice des droits de l'Homme.
Elle pose donc les limites infranchissables à la liberté qui ne peut pas être invoquée de manière absolue.
La liberté d'un individu s'entend dans le respect de la dignité des autres.
C'est ce à quoi conclut fort justement le Conseil d'Etat, en conformité avec la Charte européenne des droits fondamentaux et la Déclaration universelle des droits de l'Homme, dans sa décision ministère de l'intérieur c. Dieudonné et dont peuvent s'emparer tous ces élus pour faire respecter les droits de l'Homme, imprescriptibles, comme leur en donne l'obligation l'article 2 de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, et notamment dénoncer la régression sociale, prohibée par le droit comme c'est publié au journal officiel.
Les élus ont les outils juridiques et disposent des moyens pour agir efficacement contre les abus du capitalisme.
L'électorat est en droit d'exiger des élus qu'ils remplissent leur mandat efficacement.
Le droit est un outil au service de la politique. La politique sans le droit n'est que du baratin.
L'élu a une obligation d'exemplarité dans l'action militante. C'est par son action, et non ses propos, qu'il mobilise et rassemble. " Dans le domaines judiciaire, on juge les actes par les intentions et dans le domaine politique on juge les intentions pas les actes. " Proudhon.
L'électorat se lasse des déclarations d'intention qui ne se concrétisent pas.
2015 est une année électorale.
Ce n'est pas la campagne qui fait le vote mais le bilan des deux années et demi écoulées qui sera apprécié.
Il est donc très urgent d'agir dès aujourd'hui pour mobiliser.
La FNE et l'eurodéputée verte qui les soutient dans l'affaire du barrage de Sivens montrent qu'il n'y a pas de fatalité.
Il y a donc une attente légitime à voir toute la classe politique de gauche suivre cet exemple, s'en emparer et ne plus se réfugier derrière le prétexte fallacieux - mensonge - qu'on ne peut rien faire. Sivens en apporte le démenti.
Les plus surs fossoyeurs de la démocratie ne sont pas à l'extrême droite.
Une gauche parlementaire qui abdique et n'agit pas est la cause de la montée du FN, un idiot utile du capitalisme comme en témoigne son attraction pour l'argent. L'histoire montre assez d'exemples d'une prospérité parallèle du capitalisme et du totalitarisme, pour se convaincre de la nécessité à réguler le premier pour voir refluer le second.
Le gouvernement s'y refuse pour des raisons qui ne résistent pas à l'examen. C'est le pouvoir politique qui fixe les règles. Invoquer une incapacité est reconnaître son inutilité. Il faut donc que le gouvernement en tire les conclusions et laisse sa place à d'autres. La majorité de gauche à l'Assemblée a la possibilité de renverser ce gouvernement et de le remplacer par un gouvernement de gauche. Les députés socialistes auront à s'expliquer en 2017 sur leur complicité à al casse sociale à laquelle nous assistons pour des résultats économiques qui ne satisfont que les actionnaires, dont une grande partie vit à l'étranger et ne votera pas, et sûrement pas pour eux. En revanche les 4 millions de chômeurs et les 8 millions de pauvres seront bien présents et leur choix pèsera de manière déterminante dans le succès d'un parti ou d'un autre.
Je pense avoir largement détaillé ce problème et les moyens de le contrer dans mes billets.
Il ne peut naître qu'une grande déception à constater le caractère théorique des orateurs qui se maintiennent confortablement dans une posture discursive plutôt que de s'enquérir utilement des actions efficaces possibles à mener et à les mettre en oeuvre.
Cela commence dès aujourd'hui.
Ils peuvent s'annoncer.
Le 19 décembre, les démocrates se rassemblent à Bruxelles pour manifester contre le TAFTA. La presse permettra d'apprécier la mobilisation réelle des contempteurs médiatiques de l'accord transatlantique.