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Le rapport de l'IGF, son absence de valeur probante et le risque d'un faux en écriture publique
Va-t-on avoir une infraction de plus dans l'affaire Woerth-Bettancourt ? Un faux en écriture publique ?
L'IGF n'est pas une autorité judiciaire indépendante. Elle agit sous l'autorité et à la demande d'une personne citée dans des enregistrements. Ce rapport n'a pas été débattu entre les parties de façon contradictoire et il ne saurait donc s'opposer à qui que ce soit.
Monsieur Frédéric Lefebvre ignore qu'un rapport administratif n'a de valeur probante jusqu'à preuve du contraire.
Si ce rapport ne dit rien, il ne prouve rien et ne saurait disculper qui que ce soit et expliquer quoi que ce soit.
En revanche, les enregistrements du Maître d'hotel sont des preuves. La Cour de cassation l'a encore confirmé récemment :
Preuve : admissibilité de l'enregistrement vidéo remis par un témoin anonymeC'est à bon droit qu'une cour d'appel fait état, pour entrer en voie de condamnation, du contenu d'un enregistrement audiovisuel remis par un témoin anonyme et soumis à la discussion contradictoire des parties.
Crim. 18 mai 2010, FS-P+F, n° 09-83156
Les enregistrements du Maître d'hotel ne peuvent donc pas se contenter d'un rapport administratif de circonstance.
Reste que les fontionnaires de l'IGF en charge de ce rapport doivent assumer les conséquences de ce qu'ils vont écrire.
L'inspection générale des finances devra expliquer comment elle n'a rien trouvé dans une affaire qui est sur la place publique et donne à chacun le moyen d'entendre qu'un ministre du budget se fait verser des fonds, a fait engager sa femme par un entreprise qui participe à l'évasion fiscale, etc.
Le droit pénal considère que la rédaction d'un rapport mensonger par une autorité adminsitrative est un faux en écriture publique.
Le fait de s'en servir est également puni.
Le fait de le détenir est un délit continu, il s'agi d'un recel.
La chambre criminelle a jugé que l'altération frauduleuse de la vérité affectant la substance d'un rapport dressé par un fonctionnaire public dans l'exercice de ses fonctions, revêt la qualification criminelle de faux en écriture publique lors même qu'un tel procès-verbal ne vaudrait qu'à titre de simple renseignement.
La Chambre criminelle a jugé que constitue un faux l'acte fabriqué par une ou plusieurs personnes à seule fin d'éluder la loi et de créer l'apparence d'une situation juridique de nature à porter préjudice à autrui, d'une part, et que, d'autre part, tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision et répondre aux chefs péremptoires des conclusions des parties ; l'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence. (18 mai 2005 – pourvoi N°04.84742)
L'affaire ne fait qu'enfler.
Il n'y avait pas de faux en écriture publique.
Le crime se prescrit en dix ans.
Cela va laisser du temps aux parties adverses pour déposer plainte.
Il est temps d'organiser un droit de retrait pour les fonctionaires afin de leur permettre de ne pas se prêter de force à des manipulations politiques.


Tous les commentaires
Auxiliaire de justesse ?
Ha le Faussaire !
Merci pour Brassens , une de ses meilleures à mon goût !
Votre logique est imparable selon la loi.
Vous oubliez cependant un paramètre hélas déterminant:
"Les cons ça ose tout" (et le public des Audimatiens est à l'avenant), et donner dans le buzz médiatique, même, que dis-je surtout, donner dans le "plus c'est gros plus ça passe", c'est une stratégie éprouvée face à un peuple qui a prouvé de générations d'affaires en générations d'affaires, qu'il se dégonfle toujours aussi vite.
Votre réflexion est exacte. J'essaye seulement d'attirer l'attention de ceux "qui n'osent pas tout" de l'existence de solutions à l'inertie de l'ineptie.
Les hauts fonctionnaires de l'IGF - comme tous les autres - ont une obligation d'impartialité et de neutralité. Il s'agit d'un principe général du droit qui conditionne la validité des actes administratifs. La violation de cette obligation constitue un manquement grave ou un détournement de pouvoirs.
"La France est un pays étrange, qui invente des notions juridiques très élaborées, dont les principes qui les régissent sont régulièrement démentis par le fonctionnement concret des institutions. (...) Le service public est une merveilleuse invention dont on peut penser qu'elle devrait être de nature à faciliter la vie des peuples. les contradictions, voire la schizophrénie, font peut-être partie de l'identité nationale française. Il arrive cependant un moment où l'écart entre les principes enseignés et la réalité vécue est tel que l'on se prend à douter de l'utilité d'enseigner des principes si peu appliqués."
Jean Marie Pontier "Les étrangetés du service public" AJDA 2008 p.65
*** Cher Poj, vos billets nous sont des phares "anti-brouillards" très précieux... Par la ténacité de votre travail si pointilleux, vous nous permettez de croire que çà ne peut finir en eau de boudin! Merci encore et belle journée à vous...
Votre remarque est un couragement à persévérer.
J'appuie Capucine, et je me mets en tête que :
"Le droit pénal considère que la rédaction d'un rapport mensonger par une autorité adminsitrative est un faux en écriture publique.
Le fait de s'en servir est également puni.
Le fait de le détenir est un délit continu, il s'agi d'un recel."
Prescription à 10 ans, c'est biença ?
Hélas sur ce point la France est aussi la spécialiste des affaires judiciaires qui battent des records de longueur.
Il y a dans ce cas dépassement du délai raisonnable et violation du droit à un procès équitable ce qui conduit la France à être condamnée, comme dans l'affaire Sartory récemment, où un délégué syndical ayant dénoncé des comportements illégaux dans la police a été poursuivi illégalement par l'adminsitration pendant des années.
Voir les question subsidiaires posées par l'Affaire Woerth exposées dans le billet suivant
http://www.mediapart.fr/club/edition/europ-agora/article/090710/la-majorite-ump-viole-la-liberte-dinformation-garantie-par-l