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Je suis contre l'euthanasie
Nicolas Dutent rapporte l'argumentation du sénateur Guy Fischer sur la proposition de loi sur l'euthanasie.
L'euthanasie pose de nombreux problèmes au-delà de la seule question de la " dignité ".
Je me place sur le plan juridique, social et l'éthique du médecin.
La dignité est la matrice des droits de l'homme.
L'homme a une dignité. C'est la vie qui la lui confère. Mort, il n'a plus qu'un droit au respect à sa sépulture.
La dignité est inviolable (Art. 1 de la Chate des droits fondamentaux)
Le droit fondamental des droits de l'homme est le droit à la vie ( art. 2 de la CEDF, art. 2 de CEDH, art. 3 de la DUDH ).
Comment dès lors ne pas mépriser la dignité en prévoyant les conditions de la mort d'un humain dans laquelle elle s'incarne et trouve son origine ?
Associer la dignité à l'euthanasie est donc un oxymore.
La dérive législative fonctionnaliste n'est pas de nature à rassurer sur l'avenir.
Quelle garantie offre-t-elle aux personnes de ne pas les euthanasier " par accident " (euphémisme) ? Cette question doit être posée quand la France vote des lois sur l'internement d'office en hopital psychiatrique en dehors de tout contrôle sérieux.
Quelle cohérence y a-t-il à abolir la peine de mort et la transférer des prisons aux hopitaux à la charge de médecins dont le métier est de sauver des vies, non de la retirer ?
Une ambivalence aussi funeste ne peut qu'affecter la confiance du patient à l'égard du thérapeute, promu nouvel " exécuteur " testamentaire. La confiance du malade en son médecin est essentielle à la réussite des traitements.
Comment prévenir le suicide des jeunes - important en France - quand les "vieux" leur donnent l'exemple de la fuite et les confirment dans le sentiment que la vie ne vaut pas le coup d'être vécue ; qu'il vaut mieux en finir plutôt que de faire face à la souffrance ?
A-t-on pris en compte l'avis du professeur Lucien Israël, cancérologue, sur l'ethanasie ? Il ne semble pas. Lucien Israël souligne que l'euthansaie est surtout une demande de bien portant, pas de malades : " Les dangers de l'euthanasie " (Editions des Syrtes)
La logique qui sous-tend à la promotion de l'euthanasie ne peut que désespérer les salariés victimes de souffrances au travail, les fragiliser encore plus, les convaincre d'en finir et satisifaire ainsi les objectifs des dirigeants appliquant un management par le stress, par le vide, comme l'euthanasie.
L'inconvénient du débat sur l'euthanasie est de consacrer le processus matérialiste de réification de l'être humain, de la vie.
C'est finir de convaincre par la loi que l'humain n'est qu'un ustensile, une chose, en oubliant que les choses n'ont pas de dignité.
Il paraît dès lors paradoxal de prétexter la dignité dans un projet qui en est sa négation, dans une société où le recul des libertés individuelles fait naître un risque très sérieux d'abus.


Tous les commentaires
Et la dignité du malade, vous y avez pensé ?
Ceux qui se suicident, on n'en parle guère, pourtant ils sont nombreux ! Dans d'autres circonstances, ils ne feraient pas ce geste ! Pensez à l'épouse qui trouve son mari pendu dans la maison ou une dépendance !
Je pourrais continuer ainsi, si ce n'était peine perdue !
J'ai réfléchi à la dignité du malade, d'où ce billet.
Je ne pense pas que la dignité du malade consiste à l'abandonner à la décision de se supprimer.
Un société qui abandonne ses membres au seuil de la vie n'est plus une "société". Où est la solidarité, l'animus societatis ?
Quant au suicide, preuve que vous ne m'avez pas lu, j'en parle aussi.
Vous parlez du suicide, mais d'une manière tout à fait erronée, qui montre que vous n'avez pas eu le malheur d'en déplorer dans votre entourage !
Qu'en savez-vous ?
Je n'en sais rien !
C'était juste une petite provocation, simplement pour préciser que contrairement à vos assertions, les causes objectives du passage à l'acte sont très variées, mais que dans la quasi totalité des cas, le suicidé souffrait d'un trouble psychiatrique !
Vous allez bien vite en besogne.
De nombreux salariés en souffrance démontrent que les causes objectives d'un suicide se trouvent en amont du trouble psychiatrique qui est provoqué et non pas d'origine endogène, comme les employeurs s'efforcent à vouloir le faire croire pour s'exonérer de toute responsabilité dans les conséquences de leur management.
Il n'y a pas de maladie innée.
Une responsabilité pénale pèse sur celui qui aggrave la situation médicale d'un employé. Il peut être poursuivi pour homicide. Sa connaissance de l'état de santé et de la fragilité de l'employé peut même exclure le caractère involontaire de l'homocide.
Il faut inverser la mauvaise habitude que nous avons de croire qu'une maladie psychiatrique explique tout.
Il faut au contraire l'interpréter comme un révélateur d'un problème, identifier ce problème et les resposnabilités qui en sont à l'origine.
Une maladie psychiatiruqe n'est pas une réponse à une situation mais la raison de se poser beaucoup de questions.
Il n'est pas exclu que le désquilibre d'une personne est induit par le déséquilibre du milieu dans lequel il est contraint d'évoluer.
Les dirigeants d'une société poussant au suicide leurs salaréis pour réduire la masse salariale ou faire encore plus de profits sont-ils normaux ?
Le bon sens amène à penser qu'ils le sont beaucoup moins que ne l'étaient leurs victimes.
Les victimes sont moins malades que le système et ceux qui l'entretiennent.
J'ai tendance à penser, que les dirigeants des sociétés dont vous parlez sont de dangereux psychopathes, et qu'ils sont sans aucun doute les responsables de la plupart des passages à l'acte de leurs subordonnés.
Mais cela ne constitue qu'une infime minorité des suicides !
L'Etat porte moins d'attention à la sinistralité suicidaire qu'à celle des routes par ce que la première ne coûte rien à la collectivité. Il n'y a donc pas de statistiques et d'enquêtes précises comme pour la seconde.
Dire que la travail ne représente qu'une infime cause des suicides en France est une affirmation hasardeuse. Le travail n'explique pas tout, mais je ne suis pas d'avis à le considérer comme une cause marginale.
"Je ne pense pas que la dignité du malade consiste à l'abandonner à la décision de se supprimer."
Le malade n'a pas voix au chapitre ?
Même s'il endure des souffrances de damné ?
Comment parler de la dignité d'un malade qui hurle sa douleur ?
J'estime que ce billet est "juridique" et "théorique".
Un autre célèbre cancérologue s'est battu pour le droit à l'euthanasie, Léon Schwartzenberg. Lors d'une interview à la radio, il a dit en substance ceci: "Je dis à mes malades que le jour où leurs souffrances leur paraissent intolérables, il suffit qu'il me disent : "Le jour est venu" et je les aide.
Ce grand humaniste et grand médecin a eu des ennuis juridiques, mais il était en paix avec sa conscience car il luttait contre la souffrance.
Son combat fut peut-être illégal mais il fut légitime.
Joël,
Voir ICI
Merci pour ce lien, Michel.
Sa relecture me fait songer que j'ai oublié dans mon commentaire de relever ceci: sauf mauvaise lecture de ma part, le billet de POJ n'évoque pas une seule fois l'acharnement thérapeutique.
Quand un mourant en léthargie est devenu un légume, pourquoi s'acharner à le maintenir artificiellement en vie ? L'état de légume n'est plus tout à fait la vie: un être vivant bouge, réfléchit, reconnaît les autres.
Mais certains intégristes soutiennent que débrancher un légume est un meurtre.
Je leur souhaite de ne jamais être confrontés à cette situation.
" Lucien Israël souligne que l'euthansaie est surtout une demande de bien portant, pas de malades"
Si c'est vrai, Lucien Israël dit n'importe quoi.
Vous avez certainement raison, au bout de quarante ans de cancérologie, comment croire que ce pauvre homme ait une quelconque expérience du sujet. L'avez vous au moins écouté ?
@Dianne = +1
@ Ivan
J'imagine que vous n'avez pas plus écouté Lucien Israël
Vous pouvez le faire en cliquant sur le lien suivant :
http://www.canalacademie.com/emissions/pag009.mp3
Billet remarquable, disant l'essentiel, et dont je partage absolument l'esprit.
à mithra
et pour le billet dont la sobriété de ton montre bien la réflexion
et dont le contenu ,essentiel, montre bien les prolongements .
+++++++++++++++++++
avez-vous soutenu un grand malade qui ne veut pas mourir mais dont on vous dit hypocritement "le pauvre!il serait mieux de l'autre côté!"
or ce n'est pas l'avis du pauvre en question!et certaines de ces remarques font froid dans le dos,surtoutquand elles viennent de personnes dotées d'un certain pouvoir.
Je pense aussi que l'utilisation du terme de dignité avec le sens qui lui est donné dans l'expression "Mourir dans la dignité" est confusionnante. Car, si on précise cette expression, cela voudrait dire que l'on peut mourir de façon indigne. N'est-ce pas celui qui énonce cela qui ôte sa dignité au mourant ? Même très diminué, très dépendant, et même souffrant, un être humain est digne. Ceux qui, peut-être, ne le sont pas, ce sont les équipes soignantes qui ne prendraient pas assez bien en charge la douleur, ou qui s'acharneraient à faire une énième chimiothérapie inefficace à quelqu'un qui est au seuil de la mort. Mais, grâce aux équipes mobiles et établissements de soins palliatifs, la prise en charge des patients en fin de vie s'est améliorée. Encore faudrait-il que suffisamment de besoins soient alloués à ces équipes.
C'est celui, bien portant, qui regarde son proche ou son malade se dégrader physiquement et s'affaiblir psychiquement, qui lui trouve parfois moins de dignité. Selon moi, c'est ce regard-là qui est indigne, et n'aide pas le mourant à vivre le plus sereinement possible sa mort naturelle.
Enfin quoi, depuis des centaines d'années, des milliards de personnes sont mortes naturellement, et, tout d'un coup, cela deviendrait indigne de mourir ? Il faudrait demander à passer plus vite pour ne pas déranger ceux qui restent ?
Car, si l'on a approché des mourants, on réalise qu'ils tiennent en général à la vie, à ces derniers instants de vie qui leur restent, et qui vont, peut-être, leur permettre d'échanger quelques paroles tendres avec leur proche, ou serrer une main qui est là, ou s'enfoncer dans des souvenirs qu'ils ne souhaitent plus partager.
Ceux qui réclament la mort authentiquement (c'est-à-dire plus profondément que lors d' accés de désespoir)sont parfois authentiquement déprimés, soit à cause de la douleur, soit à cause de problèmes physiologiques, soit pour des raisons psychologiques souvent assez faciles à traiter (telles que le désir non exprimé de contacter un proche avec lequel le mourant a rompu depuis longtemps). Parfois, les mourants sont conditionnés à ne pas vouloir déranger : c'est, selon moi, le même mécanisme que pour le paiement de ses obsèques par anticipation. Autrefois, on préparait son trousseau pour se marier, maintenant nos capacités d'anticipation sont détournées sur la fin de la vie et certains, encouragés par les sociétés qui en vivent, établissent des contrats-obsèques "... pour que les enfants n'aient pas cela à gérer quand je disparaitrai...".Peut-être que certains le vivent bien, mais je connais des personnes pourtant sûre de leurs motivations, qui ont traversé un moment difficile quand il a été question de choisir, souvent seles, comment et où elles allaient être enterrées.
Ne négligeons pas cette culpabilisation de la personne âgée, qui va dans le sens d'une économie pour la société. Je pense qu'au contraire, il faudrait faire le maximum pour que les personnes âgées, et celles qui s'approchent de la mort, soient traitées le mieux possible, sur le plan de la prise en charge de la douleur, et sur celui du confort, de l'affection, des liens sociaux, du respect. Notre dignité à nous, et celle de la société, elle est là, et pas ailleurs.
Liliane,
Vous intervenez peu...mais "à propos"!
Puis-je redire, ici, en deux mots, ma conception de la fin de vie?
Pour moi, quoiqu'il arrive, dans toutes les circonstances, qu'il s'agisse d'un nouveau-né gravement handicapé, d'un vieillard dépendant au dernier stade de la confusion mentale ou de tout autre état, la personne humaine est toujours porteuse de dignité.
Je n'ai jamais eu de mépris, sauf dans des moments de colère, pour ce qui concerne la dignité d'une personne. Ce respect est, chez moi, viscéral, lié à la vie pour laquelle j'ai une immense admiration, sous toutes ses formes.
Je revendique même cette dignité pour les morts, considère qu'il y a une sorte de mépris de dignité dans la représentation de cadavres de combattants, par exemple.
C'est dire si je place la dignité au cœur de l'humanité, au cœur de la vie.
Mais il est aussi, pour moi, et sans doute aussi pour des millions de gens, des conditions de vie ressenties (ou jugées) comme indignes.
Je veux dire des conditions de vie jugées indignes par la personne elle-même pour son propre état. Et, donc, en aucun cas, des conditions de vie jugées indignes par des tiers.
Je pense que la notion (l'idée que nous nous faisons) de notre dignité est hautement subjective et, par là, sujette à grandes variations.
Le jugement de dignité que nous portons sur nous-mêmes nous appartient, c'est un droit.
Par ailleurs, considérant que notre vie nous appartient à nous seuls et à personne d'autre, il me semble "normal" de laisser chacun choisir et son propre niveau de dignité et, par là, le moment éventuel de son "départ".
Bien sûr, comme proche, mon souhaite serait que, tout comme moi, tout le monde reconnaisse toujours et à tout moment la dignité chez ceux de notre entourage. Et, vous avez raison, ce n'est pas toujours le cas.
Mais, pour moi, par respect pour le jugement et le degré de dignité que les autres portent sur eux-mêmes, je trouverais normal que notre société reconnaisse à chacun le droit à être aidé à mourir. A mourir "dans des conditions" récusant les "demandes en temps de crise"(adolescents, déprimés, crises douloureuses,...).
Une société doit tout faire pour que la dignité de chacun soit respectée. Toujours et en toutes circonstances.
Une société se doit aussi de respecter le jugement, le degré de dignité que chacun porte sur sa propre vie. Et, par là, lui donner la possibilité de choisir éventuellement, en toute sérénité, en dehors de tout moment de crise, le moment et les conditions de son départ.
Vous voyez bien que, à aucun moment, je ne donne le droit à qui que ce soit, de juger du degré de dignité de la vie d'un tiers. Et, par là, lui donner le droit d'intervenir pour abréger la vie que qui que ce soit. En aucun cas.
" lui donner la possibilité de choisir éventuellement, en toute sérénité, en dehors de tout moment de crise, le moment et les conditions de son départ."
+1000
à LILIANE BAIE
++++++++++++++++++
Pensons aux personnes dans des situations, pas à nos fantasmes. Si des personnes très malades ont décidé en toute conscience de mourir alors que leur vie aurait pu encore continuer, pourquoi les obliger à le faire en catimini ou à l'étranger?
Oui, pensez vous-même à vos propres fantasmes, Art Monica, il serait temps d'aller en parler...
Car si des personnes très malades voudraient mourir, alors que leur vie pourrait encore continuer, pourquoi en effet ne pas intervenir - non pour les aider à se suicider, en les euthanasiant -, mais en leur apportant tout l'amour qu'ils désirent, en les écoutant enfin ?
Vouloir donner la mort : être complaisant, complice, est-ce de l'amour ?... J'en doute.
P.S. : Avez-vous lu ce livre admirable de Sibylle Lacan *, qui nous dit qu'elle a cessé de pleurer, le jour où elle a su que son père, proche de mourir, a fusillé du regard l'infirmière qui voulait lui faire une piqûre ?
* "Un père (puzzle)"
Mithra, cette agressivité est inutile et déplacée. Je parlais des fantasmes de tout le monde, non des vôtres ou des miens. Il se trouve que des gens veulent mettre fin à leur vie, sans se suicider. Ils ne demandent pas l'amour que vous leur offrez, mais à être accompagnés par une personne amie vers la mort, au moment où eux, et non la "nature", l'a choisi. Et ils vont à l'étranger pour le faire. Ce n'est pas leur ami qui les tue, mais un médicament donné par une association d'euthanasie. L'ami accompagnant doit donner un sacré amour, vous ne croyez pas? Je pense que je serais incapable de le donner.
L'agressivité n'est pas déplacée quand il s'agit de la Vie.
Un sacré amour pour administrer un médicament qui donne la mort, dites-vous (sans rire) ??... Sans plus de commentaire.
Oui, surtout quand il s'agit d'un vieux couple qui décide de partir ensemble, parce que l'un est condamné à brève échéance ! Il en faut de l'amour et vous beaucoup d'ignorance et sans doute d'inexpérience !
Mithra ne parvient pas à me lire. Je répète donc: Ce n'est pas l'ami accompagnant qui met fin à la vie, mais un médicament donné par une association d'euthanasie. L'ami accompagne vers la mort, qui met fin à la vie (eh oui, la mort ne respecte pas la vie) au moment où la personne A CHOISI de mourir. Et cela me semble un droit fondamental: choisir le moment de sa mort.
Si si, "Mithra" vous entend très bien. Et vous l'avez dit : la mort ne respecte pas la vie. Administrer la mort (car il s'agit bien d'une personne au sein de l'association d'euthanasie qui va donner le médicament), c'est un passage à l'acte (ou la réalisation d'un fantasme). Un passage à l'acte, par amour, dites-vous ?... L'amour de la mort, oui.
Lorsque le médecin donne une potion létale à une personne qui le demande, il ne se pose sans doute pas la question dans des termes d'amour. Il juge en son âme et conscience qu'il peut médicalement aider la personne à arrêter l'heure de sa mort. C'est plus compliqué quand la personne ne le demande pas, car le médecin, comme chacun de nous, peut douter et avoir des craintes. Nous avons parlé "d'amour" car vous avez formulé ainsi les choses. Quand l'ami d'une personne malade souhaitant qu'on l'aide à mettre fin à ses jours l'accompagne à sa demande, c'est peut être parce qu'il aime la mort, mais c'est aussi souvent par solidarité et affection. Ses motivations ne nous regardent pas, dés lors qu'il accompagne la personne jusqu'à son dernier souffle.
Les motivations de quelqu'un me regardent, dans la mesure où elles m'interpellent sur mes propres motivations.
Maintenant, chacun fait comme il veut, bien évidemment. Mais faut-il légiférer dans le sens de l'euthanasie ? Je rejoins ce qu'écrit POJ.
Bien à vous, cordialement,
@ Art monica
Lorsque le médecin donne une potion létale à une personne qui le demande, il ne se pose sans doute pas la question dans des termes d'amour. Il juge en son âme et conscience qu'il peut médicalement aider la personne à arrêter l'heure de sa mort.
Oui, sans doute, comme n'importe quelle personne qui aide à mourir parce qu'elle a été sensible à une demande singulière. Effectivement, pas question d'amour pour nous, nous sommes des professionnels de santé, pas des proches (encore qu'un médecin qui connaît bien la personne puisse se sentir assez proche pour ....).
La question de l'euthanasie n'est pas pour moi une question "médicale" mais de société, nous ne sommes qu'un moyen, dans cette histoire, parce que nous savons faire les piqûres et donner la dose qui conviendra (je schématise, pardon, mais au fond, c'est ça). La question qui vient donc juste après pour moi est donc : est-ce que c'est mon travail ? Est-ce un acte de soin (même exceptionnel) ? Mais bon, c'est une question égoïste qui peut très bien ne pas agiter qui n'aura pas à prescrire ou faire la piqûre, je serais prête à vous l'accorder. Une sorte de "pourquoi moi ?" ...
C'est plus compliqué quand la personne ne le demande pas, car le médecin, comme chacun de nous, peut douter et avoir des craintes.
Non. Ce n'est même pas compliqué : une personne qui ne demande pas à mourir, un médecin (ou quiconque) ne doit pas la tuer. Enfin, il me semble. Sinon, où allons-nous ?
Même un conseil de famille, comme suggéré plus bas, ne me paraîtrait pas valide pour justifier cet acte.
Ceci dit, vos paroles reflètent une réalité : un nombre non négligeable de demandes d'euthanasie n'émanent pas des patients eux-mêmes ... et un certain nombre d"'euthanasies" se pratiquent donc à l'insu du patient, encore de nos jours.
@ Anne :
Merci pour votre témoignage qui confirme le propos de Lucine Israël
" un nombre non négligeable de demandes d'euthanasie n'émanent pas des patients eux-mêmes ... et un certain nombre d"'euthanasies" se pratiquent donc à l'insu du patient, encore de nos jours."
Art Monica a-t-elle consience de promouvoir un discours dont elle pourrait être une victime potentielle ?
Vous avez raison de rappeler le problème de l'éthique médicale contraire à la logique de l'euthanasie.
Enfin, des soins régulier permettant de maintenir en vie un malade donne le temps d'espérer une découverte suceptible de soigner et guérir un malade.
Ce que souligne d'ailleurs Lucien Israël à propos de l'euthanasie pratiqué sur un jeune homme par sa mêre à Berck, quand une découverte scientifique quelques mois plus tard révèlent des cellules souches capables de soigner l'affectation dont souffrait le jeune homme.
"On sait maintenant comment opérer ce juene homme parce qu'on a découvert dans la moelle osseuse des chaque être humain des cellules souches suceptibles de se transformer en neurones et donc supportés par l'orgasisme et qui fabriquent des neurones là où il n'y en a plus, sans avoir besoin de passer par le clonage téhrapeutique ; ce qui est étonnant est que ces découvertes publiées dans des revues américaines prestigieuses, personne n'en parle. "
http://www.canalacademie.com/emissions/pag009.mp3
Pense-t-on à la douleur d'une mêre d'avoir condamné précipitamment un fils ?
@ Poj Je ne" promeus" rien du tout: je me questionne mais, contrairement à vous, je n'ai pas UNE réponse. Il n'y a de réponses que singulières. Je n'ai d'abord parlé que des morts demandées par les personnes, puis j'ai abordé la question des proches, du médecin, et de l'euthanasie non demandée, pensant à des situations très précises. "Victime potentielle de mon discours" dites-vous, comme si j'étais pour la peine de mort. Or j'y suis radicalement opposée. Si j'étais en fin de vie, sans plus rien à attendre, je souhaiterais que l'on m'aide à partir avec le moins de souffrance et de terreur possible. Pas vous?Vous allez dire " on ne sait pas". C'est vrai. C'est pourquoi, je le répète, je n'ai pas la réponse.
@ Anne Gentry Oui, un certain nombre d'actes médicaux d'ordre létal sont réalisés de concert entre le médecin et les proches, sans le consentement de la personne. Leur but est d'empêcher des souffrances physiques et mentales (asphyxie, douleurs ou détresse...) Il est question ici non pas de donner la mort, mais de permettre un passage de la vie à la mort "en douceur" - ce qui dans les faits, c'est évident, avance l'heure de la mort. Souvent, les personnes l'ont demandé lorsqu'elles étaient bien portantes ou conscientes.
Il y a les protocoles de sédation, qui sont le plus souvent possible préparés avec le patient quand on peut s'attendre à une éventuelle complication brutale (suffocation, hémorragie, etc.), ou qu'il survient des symptômes très difficiles à tolérer pour lui. Préparés et prévus avec le patient mais pas toujours, on n'a pas toujours le temps selon son état. Ils seront débutés au moment où survient le problème ou les symptômes en question, et permettent souvent de rassurer la personne sur le fait qu'on ne la laissera pas s'étouffer, par exemple. On anticipe mais on n'agit que si besoin. Par contre, le matériel est alors prêt et à disposition.
Cela n'est pas pour moi de l'euthanasie, l'intention n'est pas de donner la mort à quelqu'un qui la demande. Même en tenant compte du principe du double effet (le traitement qui endort peut accélérer le décès chez des gens très fragiles), qui est en principe aussi exposé au patient si on peut parler de la mort avec lui. Une sédation peut par ailleurs être levée, chaque cas est un cas singulier, ça dépend des situations, des complications, des symptômes, des besoins ...
Pour certains, ceci est une hypocrisie. Pour moi, non.
Je parlais plus haut, moi, des actes euthanasiques pratiqués à l'insu du patient et sur demandes de tiers, qu'il soit famille et/ou soignant. Le but est bien d'abréger la vie, et assez souvent aussi (parfois même alors que les patients, eux, reposent calmement ou dans le coma) la souffrance de l'entourage, mais pas d'agir lorsque survient une complication ou un symptôme intolérable.
à Anne Gentry
vos explications sont claires
La sédation n'est pas une euthanasie même si elle peut accélérer le départ :cela reste un allègement de la souffrance ,et d'abord cela.
Mithra etc
Sans plus de commentaire
Bonne décision, compte tenu du niveau d"'argumentation" où vous vous teniez.
Cher Virgil Brill, je n'argumente pas, en effet, mais j'essaie de dire ce que je pense. Et je ne demande pas à ce qu'on me croie, mais j'espère que l'on parviendra à m'entendre - à m'entendre simplement parler -, dès fois que l'autre nous intéresserait.
Bonjour, Art Monica !
Le suicide existe, et n'est pas interdit par la loi en France, c'est l'incitation au suicide ou la non-assistance à personne en danger qui le sont.
Et, de façon bien compréhensible, sur la question de l'euthanasie (ou de "l'assistance médicalisée à mourir") la subjectivité de chacun joue. Mais celle des politiques aussi. Quand des familles insistent sur la souffrance qu'elles ont vécu lors du décès de leur proche, ne parlent-elles pas d'elles-mêmes ? Ne projètent-elle pas leur propre souffrance sur la représentation qu'elles se font de ce que vit le mourant ? Est-ce pour les familles qu'il faut légiférer ? Moi je pense que les familles doivent aussi être aidées, puisque les soutiens classiques n'existent pratiquement plus. Il y a des prises en charge de fin de vie qui se passent mal, c'est certain, mais c'est cela, à mon sens, qu'il faut améliorer.
Bonjour Liliane, J'ai répondu à Mithra sur le suicide et les fantasmes. Je ne dis pas qu'une loi soit nécessaire. Mais regarder vers les pays qui autorisent, sous contrôle strict, une mort choisie par la personne, qui demande à être accompagnée, permet de poser autrement les questions. Quelquefois loin de nos fantasmes. Quelquefois.
Papy était un légume. ( Le plus dur à mixer dans la soupe de légumes, c'est le fauteuil roulant
) Il s'est dégradé mentalement et physiquement en 6 mois, il avait 85 ans. Aprés plusieurs mini AVC, il est tombé un beau matin dans un coma profond. Il était sous morphine, petit à petit, en quelques jours, il s'éteignit, arrêt cardiaque.
L'infirmière nous avait même dit, prevenez le reste de la famille, il ne passera pas la fin de la semaine.
Vive l'euthanasie! Même si ce mot vous gêne, le Papy n'a pas eu d'injection létale mais sans acharnement thérapeutique, la morphine aidant, il est mort dignement...et rapidement.
Cette forme d'euthanasie est de pratique courante dans les services de fin de vie des hôpitaux. L'hypocrisie judéo-chrétienne se refuse à légiférer sur ce sujet, un peu comme pour l'avortement à une autre époque. Laissant sur la conscience de nos infirmières, devenues avorteuses des âmes, le soin et la responsabilité de transformer des fantômes en anges...ou en démons, les leurs.
Il s'agit d'une euthanasie passive, c'est-à-dire visant à éviter un acharnnement thérapeutique. La loi l'autorise déjà.
Ce dont il est question est une loi autorisant l'euthanasie active, un "suicide" sur ordonnance, dans le meilleur des cas.
POJ, Le suicide médicalement assisté pour raison majeure se fait déjà. Mais sous le manteau. Soit les personnes trouvent quelqu'un pour les y aider dans leur pays, soit elles vont à l'étranger. N'est-ce pas inhumain de leur refuser de le faire chez elles? De quel droit nous y opposerions-nous?
POJ,
"Il s'agit d'une euthanasie passive, c'est-à-dire visant à éviter un acharnement thérapeutique. La loi l'autorise déjà. Ce dont il est question est une loi autorisant l'euthanasie active, un "suicide" sur ordonnance, dans le meilleur des cas."
Votre assertion n'a pas de base juridique.
A aucun moment, dans la loi, il n'est question "d'euthanasie active" ou "passive". Juridiquement ces termes n'existent pas.
-Concernant ce que appelez "euthanasie passive":
La loi parle "d'actes poursuivis avec une obstination déraisonnable" pour évoquer l'acharnement thérapeutique. Et la loi dit que "ces actes peuvent, soit ne pas être poursuivis, soit ne pas être entrepris."
-Concernant ce que vous appelez "euthanasie active":
La loi dit "le fait de donner une substance pour faire mourir reste totalement illégale".
Il y a quelque chose de quelque peu pervers à utiliser un mot comme "euthanasie" qui ne figure pas dans la loi MAIS qui est est porteur d'émotion propre à le faire bannir d'emblée. Idem pour "suicide assisté", terme également absent dans la loi.
Quand au projet de Loi du Sénat, non retenu, il dit que:
"toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu'elle juge insupportable, peut demander à bénéficier (...) d'une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur".
Rien à voir avec un "suicide assisté" ou un acte "d'euthanasie active". Dans ce domaine sensible, chaque mot a du sens et aucun "raccourci" n'est de mise.
@ Michel Philips
Il vous aurait été plus simple de dire que l'expression "euthanasie passive" n'apparaît pas dans les textes ; ce qui prouve l'hypocrisie du débat et de ses promoteurs, qui se déchargent du problèmle sur le corps médical pour s'étonner opportunément d'une "incompréhension" éventuelle (en cas de scandale successoral par ex.) de la loi.
"L'euthanasie passive" est néanmoins l'effet des textes que vous précisez. Il est regrettable que la loi rechigne à appeler par son nom ce qu'elle permet.
Le raccourci, c'est le défenseur de l'euthanasie qui le fait, avec la vie des malades. Je considère cela dangereux.
Il m'est impossible de ne pas me joindre à cette volée de bois vert.
Je laisse de côté un cas d'acharnement thérapeutique dont je suis témoin depuis de longues années (morale religieuse oblige!).
Vous basez votre raisonnement me semble-t-il sur l'affirmation
"prétexter la dignité dans un projet qui en est sa négation"
car vous considérez que la dignité est inhérente à l'individu si je vous suis bien et meurt donc avec lui, d'où la nécessité de le maintenir en vie coûte que coûte.
Il y a cependant une autre façon d'appréhender les choses à savoir que la dignité réside dans l'image qu'a de lui et des autres l'être humain en pleine possession de ses moyens, et que diminué, sous la torture ou en transe pour prendre quelques exemples extrêmes d'aliénation cette image ne correspond plus à l'idée qu'il se fait de lui. Sa dignité dès lors est niée, caduque, reléguée dans les limbes du passé ou de l'inaccessible.
Aider à mourir est acte de charité et d'héroïsme dans les conditions actuelles.
+1
Accompagner le mourant se fait déjà dans tous les hopitaux. Voir ma réponse précédente.
(édité par autocensure pour ne pas heurter les sensibilités)
@ Boris
Mon propos est étranger à toute référence religieuse et morale.
Si je vous comprends, les personnes survivantes à la torture se suicideraient. L'idée même de pouvoir être torturé les dissuaderaient de résister. Votre raisonnement nie l'espoir et l'instinct de survie. Elisabeth Fritzl et Natascha Kampusch vous contredisent, comme tous les peuples ayant supporté et triomphé de l'oppression. L'euthanasie est un fatalisme qui nie cela. Vous ne mesurez pas la violence de vos propos que pourraient lire des victimes de famines : "Aider à mourir est acte de charité et d'héroïsme dans les conditions actuelles. "
Loin de moi l'idée de heurter qui que ce soit, aussi si mes propos blessent qui que ce soit je les atténue en disant que dans certains cas le courage d'en finir peut atténuer bien des souffrances.
J'ai maintes fois exprimé mon opinion sur l'euthanasie, même sur Médiapart je crois.
Je résume donc:
D'abord, je pense que, quel que soit le modèle idéal de pratiquer l'euthanasie, trois ou quatre avis essentiels doivent être observés pour en arriver à la décision finale, dans le respect de la légalité:
- La manifestation claire de la volonté du "candidat" à l'euthanasie (dans la mesure où il peut la manifester)
- L'avis du conseil de famille à défaut de l'avis du "candidat imcapable"
- L'avis clinique du corps médical sur l'espèrance de rémission à une vie consciente et valide du "candidat" (dans ce cas, la dignité étant du ressort de l'éthique personnelle, je ne la confie pas aux médecins, mais au candidat et, ou, au conseil de famille, qui sont le mieux à même d'en apprécier le degré*)
- L'avis du procureur de la république pour vérification de la licéité des décisions.
* Mes enfants et ma famille, savent que je suis athée, que je suis pour l'euthanasie et l'incinération, préalablement aux dons d'organes, dans les conditions que je viens de décrire. Je ne reconnais ni aux procureurs, ni aux médecins, les pouvoirs de juger de ce que j'entends par "ma dignité". Dignité qui sera bien différente de tel ou tel pratiquant, ou croyant, de telle ou telle religion ou philosophie.
Conceptions que je respecte par ailleurs, du moment qu'elles ne me sont pas imposées.
Votre avis est respectable, mais comme beaucoup d'autres vous déplacez la question sur la sphère religieuse ou morale qui sont étrangères à mon propos.
Si les ressorts de la dignité ne sont, ni juridiques, ni moraux, ni religieux, à quoi vous référez-vous comme critères? A une vision sublunaire?
Si ma femme veut avorter, c'est son problème individuel, elle n'a de compte à rendre à personne.
Si je sollicite l'euthanasie pour une raison qui me regarde seul, je n'ai de compte à rendre à personne.
Comme pour l'avortement, la loi doit, devrait ou devra permettre le libre choix de l'individu.
C'est ça pour moi la dignité! Dans ce domaine, le collectivisme dignitaire m'est étranger!
[...]Quelle cohérence y a-t-il à abolir la peine de mort et la transférer des prisons aux hopitaux à la charge de médecins dont le métier est de sauver des vies, non de la retirer ? [...]
Vous qualifiez de "peine de mort" la délivrance par l'euthanasie, en logique, la comparaison ne tient pas, c'est un paralogisme.
Quant aux médecins,s'ils doivent sauver des vies, rien ne dit qu'ils doivent sauver des vies qui ne seraient que biologiques. Ou des vies de souffrances pures (morales ou physiques) auxquelles ils ne peuvent remédier.
On ne demande pas aux médecins de faire la culture d'un amas de cellules pourvues d'un électro-encéphalogramme plat, non plus!
La médecine a des limites et (c)ses limites doivent être des bornes aux prétentions thaumaturgiques des médecins !
J'assume mon point de vue. Assumez le vôtre.
Pourquoi imposer aux médecins d'être les complices complaisants à une vision de l'humanisté à laquelle personne n'est obligé d'adhérer.
Il est symptomatique, comme pour l'euthanasie, que vous parliez au nom d'un(e) autre pour l'avortement.
Revendiquer au nom de votre femme la possibilité de lui cureter son sexe ne paraît pas être la façon la plus appropriée de témoigner votre respect à sa dignité, son intimité.
Un homme revendiquant l'avortement des femmes paraît être le comble de la mysogynie.
L'avortement n'est d'ailleurs pas plus un "droit" qu'une réponse sociale à la lâcheté des hommes, incapables de se retenir et/ou préférant la fuite ; l'avortement est un pis-aller au désespoir des femmes, qui en supportent les conséquences. Nombre de femmes avortées n'en gardent pas un bon souvenir.
Il existe un acte chirurgicale pour les hommes que vous auriez du préférer pour illustrer votre propos de façon plus pertinente.
Les statistiques sur la vasectomie montrent cependant que les hommes se désintéressent de cette technique pourtant plus respectueuse des femmes tout en leur offrant une liberté sexuelle totale. Ils ne le font pas. Ils préfèrent laisser au femmes seules la charge et la conséquence de la liberté sexuelle (pour qui vraiment ?). Etonnant, non ?
Combien d'homme parleraient encore d'une liberté s'il s'agissait de leur cureter leur sexe plutôt que celui des femmes ?
J'ai donc bien peur en vous lisant qu'il en aille de l'euthanasie comme de l'avortement.
Une réponse pour favoriser la satisfaction des instincts de masse, les égoïsmes d'un confort étriqué.
L'avantage du débat sur l'euthanasie est que nous sommes tous mortels et que chacun de nous pourra mettre en pratique ses convictions.
Les personnes qui ont échappé à une maladie très grave ont une vision de la vie autrement plus optimiste. A vous écouter, elles seraient mortes.
à POJ
++++++++++++++++
Les médecins sont des techniciens, des scientifiques, et des hommes enfin, ils doivent dire ce qui est possible où impossible à la science dont ils sont les hommes de l'art. Les problèmes de croyances ou de religion ne doivent pas les concerner en temps que tels. Vous avez pris l'exemple de la peine de mort, croyez-vous que le bourreau, technicien de la mort, n'en était pas moins homme?
Ne déformez pas mes propos, j'ai écrit :
Si ma femme veut avorter, c'est son problème individuel, elle n'a de compte à rendre à personne.
Vous écrivez: Le droit de lui cureter le sexe, je reconnais bien là la sémantique des intégristes catholiques, on ne parle pas de sexe, mais d'utérus dans ce cas.
Et sachez que je déplore comme vous "les avortements de masses" non pas pour des raisons morales mais pour des raisons de santé. Je trouve regrettable la désinvolture avec laquelles, les jeunes hommes et les jeunes femmes négligent la contraception, s'exposant ainsi à des problèmes tant psychologique que de stérilité. Ceci est un autre problème comme pour le sida, où les autorités catholiques ont une responsabilité coupable.
Je n'ai pris comme comparaison l'avortement, que parce qu'il touche à la vie, à la religion, à la morale, à l'éthique et à la santé publique.
Ce n'est pas un problème de droit économique et social! Sinon, j'aurai parlé du coût pour la socièté des personnes en fin de vie.
Mais pour moi aussi,Cher Monsieur, la vie n'a pas de prix!
à cacochyme
logique aussi
mais autoriser l'euthanasie par une loi reste faire courir un danger aux malades!
Les dispositions actuelles sont souples ,surtout par le biais de la sédation et des soins ou accompagnements palliatifs
Si les malades ne couraient des dangers qu'au regard d'une loi sur l'euthanasie, on ne vous ferez pas signer une décharge de conseil éclairé, dans tous les hôpitaux ou cliniques, avant toutes opérations sous anesthésie.
Dans tous les cas, les maladies nosocomiales et les erreurs médicales, feront plus de morts qu'une loi sur l'euthanasie à l'application marginale.
Dans le cadre légal,que j'ai décrit plus haut, comme cela se passe dans de nombreux pays, il n'y aurait pas de risques d'abus.
Va-t-on interdire les greffes d'organes aux prétextes qu'il y a des trafics d'organes?
Non! Assez de tergiversations, de parades des faux-culs de la religion et de la morale:
Comme pour l'avortement, la loi doit fixer le cadre légal et ensuite chacun applique la loi, ou l'ignore, suivant ses croyances religieuses ou philosophiques.
Et bien sûr, tout faire pour qu'il y ait le moins possible d'avortements et d'euthanasies.
Il n'y a que le code de la route pour s'imposer à tous!
Le débat est rude...
Je suis d'accord avec POJ : l'on ne peut, par la loi, imposer aux médecins d'aller dans le sens de la mort.
Car, si l'on veut légaliser l'euthanasie, c'est qu'on est aussi pour la peine de mort.
Quant à l'avortement, je rejoins aussi la pensée de POJ dans son esprit. Sauf qu'une de mes amies me disait, qu'en se faisant avorter, elle n'avait fait que de se débarrasser d'un petit bout de chair, et rien d'autre. Et une autre femme me disait qu'elle s'était faite avorter, pour éviter une très grande souffrance. Alors la loi va donc d'abord dans le sens des femmes qui veulent ce droit là. Là encore, la loi permet. Mais c'est à mes yeux, une permissivité.
Et donc, si l'on veut que tout soit permis - que donc la loi autorise tout, à ceux qui le veulent -, quelles limites aux fantasmes des hommes et des femmes ?
Pour moi donc, l'abolition de la peine de mort a été un progrès pour l'humanité. Et un réel progrès verrait le jour, le jour où, consciemment, les femmes comme les hommes ne refuseraient pas l'avortement, mais choisiraient plutôt de donner la vie. Ce qui est donc différent.
Je suis donc pour que la loi aille dans le sens de la Vie, progrès pour l'humanité de l'homme.
@ Mithraillette à bêtises
"Car, si l'on veut légaliser l'euthanasie, c'est qu'on est aussi pour la peine de mort."
Vous arrétez de sortir des inepties. La peine de mort, en usage dans de nombreux pays chrétiens et musulmans, est fondée sur la loi biblique et coranique du Talion :
"La Loi du talion est utilisée comme argument par des partisans de la peine de mort, partageant l'idée de Joseph de Maistre, qui considère qu’une personne qui a tué mérite la mort, seule peine équitable. Le point de vue opposé a été largement défendu par Beccaria et Victor Hugo ("Que dit la loi ? Tu ne tueras pas ! Comment le dit-elle ? En tuant !").
Rien à voir donc avec l"euthanasie:
À l'origine, l'euthanasie (du grec ευθανασία - ευ, bonne, θανατ mort) désigne l'acte mettant fin à la vie d'une autre personne pour lui éviter l'agonie.
Quant à votre "Humanité de l'homme" c'est une tautologie comme Dieu est Dieu, l'humanité est le propre de l'homme.
@ Cacochyme
Des propos mesurés permettent de garder au débat son intérêt. L'invective n'est pas un argument accceptable de la part de défenseur à mourir dans la dignité. Soyez cohérent en commençant à respecter celle des vivants. Merci pour votre attention.
Merci.
@POJ
La dignité n'autorise pas les indignes à écrire n'importe quoi!
@ Cacochyme
Vous vous estimez supérieur en vous arrogeant le droit de décider qui est digne de qui ne l'est pas. Cela éclaire utilement les lecteurs sur les prédispostions des partisans d'une loi sur l'euthanasie.
Si quelque chose a une valeur c'est bien la vie !
il faut aller dans ce sens ,en même temps que dans le sens du soulagement
non dangereux de la souffrance!
Un soulagement de la souffrance ? Mais qu'entendez-vous donc par souffrir ?
Souffrir, n'est-ce pas éprouver sa vie, c'est-à-dire son corps ?
Et le jour où l'on dit sa souffrance, à l'écoute de quelqu'un qui l'entend, elle disparaît.
@ cereb
Je ne sacralise pas la vie à ce point. J'aurais au moins autant peur d'un acharnement que d'une euthanasie, pour le moment où, peut-être, je ne pourrais plus m'exprimer.
Je suis réservée sur la légalisation car je crains des dérives euthanasiques si l'on s'autorise à la prendre, cette vie, quels que soient les garde-fous et collèges en tous genre qui seront bien sûr élaborés....
Ensuite je me demande toujours pourquoi c'est mon travail de la prendre. Mais heureusement pour les tenants de la légalisation, tous les médecins ne pensent pas comme moi.
@ Mithra
Si la souffrance pouvait disparaître comme ça, uniquement avec une réelle écoute, cela serait bien, mais me paraît un peu hors du réel, concernant qui éprouve son corps via une artérite aigue invétérée ou une métastase du foie ou des os ... Ce qui n'enlève rien aux bénéfices de l'accompagnement psychologique, évidemment, pour moi.
Sans parler de ceux qui ne peuvent plus clairement la dire .... nombreux, ils sont.
Cher Anne Gentry, c'est que vous savez sans doute pas ce que dire veut dire. La psychanalyse peut effectivement guérir le corps de son mal. Je peux en témoigner.
En effet, c'est que je ne le sais pas, pas de doute :-).
@ Mitrhaillette
La psychanalyse peut effectivement guérir le corps de son mal. Je peux en témoigner.
Ouais ben, y a encore du boulot et quelques heures de divan...
@ Cacochyme
Vos commentaires sont inutilement blessants et misogynes.
Désolé, je ne savais même pas que Mithra était une femme. Ensuite, je suis prêt à débattre avec des arguments et des propos cohérents qui réfutent mes avis. Mais là, Mithra dépasse les bornes.
Regardez, je suis courtois avec Liliane Baie tout en réfutant une partie de ses écrits.
Offrir le flanc aux blessures des commentaires, rend la victime aussi coupable que l'auteur des blessures. Elle doit être un peu maso d'après ses commentaires sur la souffrance, moi je suis plutôt sado.
On doit être fait pour s'entendre...
"Et le jour où l'on dit sa souffrance, à l'écoute de quelqu'un qui l'entend, elle disparaît."
C'est cela, oui.
Dites ça à quelqu'un en proie à une crise aiguë de coliques néphrétiques.
Ou à quelqu'un en phase terminale d'une saloperie telle que rien d'autre ne peut soulager son insupportable douleur que de le transformer en légume.
C'est beau, c'est grand, la théorie...
@ Joël Martin
Il existe une alternative à l'euthanasie pour une colique néphrétique. Il y a des soins palliatifs en phase terminale.
Mis à part le fait évident que l'euthanasie permette de faire rapidement des économies sur les soins palliatifs (et peut être même la colite néphrétique si on vous lit) ; les malades, abandonnés dans leur chambre ou chez eux, iraient beaucoup mieux s'ils ne l'étaient pas, quelque soit leur âge.
Il faut avoir fréquenté des services de pédiatrie pour voir que cet abandon touche aussi des enfants qui ne reçoivent jamais de visite de leurs parents et qui attendent des jours en fixant la porte de l'ascenceur de l'étage du service.
Les très rares visites sont de quelques minutes et l'enfant hurle sa douleur des heures après le départ de ses géniteurs venus remplir leur service minimum. Ce ne sont pas des gens qui manquent de moyens. Ils ont des choses plus importantes à faire. C'est du vécu.
Imaginons la réaction de tels parents en cas d'affection pouvant laisser entrevoir un diagnostic susceptible d'ouvrir une possibilité d'euthanasie.
Il me semble que l'on confond plusieurs choses : le problème de l'acharnement thérapeutique, celui de la lutte contre la douleur et les conditions difficiles de la fin de vie, le vécu douloureux des proches d'un mourant, et le désir de suicide pour quelqu'un qui se sait condamné et chez lequel ce désir n'est pas la conséquence d'un état dépressif non pris en charge. Ce dernier point comprenant deux aspects, selon qu'il survient chez quelqu'un qui est capable de se donner à lui-même la mort, ou chez un malade tellement affaibli qu'il ne peut plus le faire.
Selon moi, seul ce dernier cas mériterait que le législateur se penche sur la question de son intervention. Or ce cas-là est très rare : dans la réalité, les personnes atteintes d'une maladie incurable ont devant elles un long temps pour mettre en acte une volonté arrêtée, et non dépressive, de se suicider. Et il arrive qu'elles le fassent (telle cette personne qui s'était renseignée sur le moyen le plus doux de se donner la mort, et qui a demandé une sortie de l'hôpital afin de mettre fin à ses jours parce qu'elle ne voulait pas se voir défigurée par la maladie). La question de l'aide médicalisée, et de la demande de la famille ou des proches, me semble dangereuse, surtout dans une période où l'on ne pense qu'économie : une agonie à l'hôpital peut durer longtemps, il n'y a pas assez de services de soins palliatifs, et tout cela coûte cher.
Les personnes qui, de bonne foi, réclament une législation permettant de donner une mort légale à une personne incurable, ne craignent-elles pas qu'un jour on aboutisse à des calculs macabres concernant le temps auquel on a droit pour son agonie ? N'imaginent-elles pas que l'on puisse se mettre peu à peu à regarder d'un mauvais œil économique ceux qui s'accrochent et veulent goûter leurs derniers instants de vie, tous leurs derniers instants de vie, même si ces personnes sont grabataires, sub-comateuses, ou incontinentes?
Ayant accompagné des mourants, je considère que ce qui se passe dans les derniers instants de la vie, c'est de la vie, autant pour celui qui meurt que pour ceux qui restent. Qui sommes-nous pour nous arroger le droit de penser que cela ne vaut pas la peine d'être vécu ? Je pense exactement le contraire, et, en ce qui me concerne, autant j'espère que l'on m'aidera à moins souffrir dans mes derniers instants, autant j'exige que l'on laisse la vie faire son œuvre, et que ce soit elle qui me conduise à la fin, qui viendra quand ce sera le moment.
Je continue donc de dire que l'essentiel, c'est le soutien du patient en fin de vie, et de son entourage. Pour avoir vu tellement de personnes humiliées par la perte de telle ou telle fonction, auxquelles un soutien chaleureux et adapté permettait de surmonter ce sentiment pour accepter ce nouvel handicap, ce qui leur permettait de se concentrer à leur tâche du moment (le deuil de leur propre vie) je m'oppose à l'utilisation du terme de dignité.
Une société évoluée doit aider les personnes faibles : les bébés, les enfants, les femmes enceintes, les malades, ceux qui n'ont pas pu s'insérer socialement, les personnes présentant des problèmes psychologiques, les personnes en fin de vie... Ne nous trompons pas de combat, et, parce que la mort est quelque chose d'intolérable, ne nous leurrons pas de l'illusion que nous pouvons la contrôler : c'est en l'acceptant que nous arrivons à nous en libérer, pas en la précipitant pour ne pas avoir à la subir.
C'est du moins mon point de vue, subjectif, forcément.
Merci pour ce point de vue argumenté.
@ Liliane Baie
Les personnes qui, de bonne foi, réclament une législation permettant de donner une mort légale à une personne incurable, ne craignent-elles pas qu'un jour on aboutisse à des calculs macabres concernant le temps auquel on a droit pour son agonie ? N'imaginent-elles pas que l'on puisse se mettre peu à peu à regarder d'un mauvais œil économique ceux qui s'accrochent et veulent goûter leurs derniers instants de vie, tous leurs derniers instants de vie, même si ces personnes sont grabataires, sub-comateuses, ou incontinentes?
Liliane, vous confondez Euthanasie avec Etat nazi
, pour le reste de votre commentaire "humaniste" et solidaire, je le partage à 100%.
Subjectivité partagée, forcément...
Liliane,
-D'accord avec vous pour penser que la question d'un accompagnement actif à la fin de vie ne concerne sans doute que peu de gens. Encore peut-on se poser la question de la "liberté" d'expression sur cette question chez ceux qui savent que leur démarche est "hors la loi" dans la société actuelle.
Dans les pays voisins où la loi donne cette possibilité, il est vrai, cela concerne peu de gens. 800 cas en Belgique en 2009, soit environ 5.000 cas en France si la même loi existait. 5.000 cas pour 800.000 décès, c'est très peu!
-Plusieurs de vos arguments concernant les "risques" d'abus me font penser aux arguments "rationnels" du même genre exprimés par les adversaires de la loi sur l'IVG en son temps: "Si on autorise l'IVG, ne va-t-on pas assister à une explosion du nombre de cas? L'IVG ne va-t-elle pas servir de méthode de contraception?". On trouve TOUJOURS des arguments rationnels pour argumenter une opposition ou une inquiétude.
-Vous évoquez des demandes émanant de tiers: il y a un peu de mauvaise foi à sortir cet argument alors que vous savez parfaitement (je le suppose) que les lois de nos voisins sur le sujet précisent d'emblée que la demande ne peut émaner que d'un demandeur et en aucun cas d'un tiers.
-"Qui sommes-nous pour nous arroger le droit de penser que cela ne vaut pas la peine d'être vécu ?"
Et vous, qui êtes-vous pour vous arroger le droit de penser que "cela" vaut la peine d'être vécu? Cela appartient à chacun et en aucun cas à un tiers.
-"je m'oppose à l'utilisation du terme de dignité."
Oui, c'est votre droit le plus strict. Heureusement que, à ce sujet, vous concluez par un " mon point de vue, subjectif, forcément", tant, sur ce thème, c'est affaire de chacun. Dès lors, il eu mieux valu supprimer ce paragraphe.
- " la mort est quelque chose d'intolérable, ne nous leurrons pas de l'illusion que nous pouvons la contrôler","c'est en l'acceptant que nous arrivons à nous en libérer, pas en la précipitant pour ne pas avoir à la subir."
Encore une foi, point de vue strictement personnel. La mort, pour moi, n'a rien d'intolérable. Je la vois comme faisant partie intégrante de la vie. Et, à ce titre, elle mérite un regard chaleureux, empathique et en aucun cas être objet de répulsion.
Et d'où vient cette idée qu'il y aurait une illusion à penser qu'on peut la contrôler? Pourquoi relier la mort à quelque chose qui ne nous appartiendrait pas? Un peu comme les catholiques disent que notre vie ne nous appartient pas mais appartient à Dieu. Point de vue strictement personnel, encore une fois.
-Je partage tout ce que vous dîtes au sujet d'un appel à la solidarité entre les générations. Votre refus d'avoir recours à une "solution" facile pour gommer ce qu'il peut y avoir de douloureux et de difficile dans l'accompagnement d'un mourant. Votre idée que ces instants peuvent être porteurs de choses d'une extrême importance pour le mourant...et ses proches. Nous pensons tous à cette mort survenue paisiblement dans les minutes qui suivent une dernière rencontre. Oui, il y a de la vie jusqu'à la dernière seconde.
En définitive, je trouve votre point de vue être celui d'un humaniste. Mais d'un humaniste pessimiste. Quelqu'un qui ne fait pas trop confiance aux humains.
Ce n'est pas, vous l'avez compris, mon point de vue.
Bien à vous.
+1
Merci pour ces précisions M. Philips.
D'accord avec vous, Michel Philips.
Merci Michel Philips. Quelqu'un qui m'était proche est mort dans d'atroces souffrances, mais il a vécu les derniers instants de sa vie, jusqu'au bout, sans aucun palliatif - et sa mort -, ayant choisi de la vivre ainsi.
Oui, je crois donc que jusqu'au dernier instant, la vie et sa souffrance (et souffrir c'est ressentir), quelle qu'elle soit, vaut d'être vécue.
Je suggérais plus haut de regarder ce qui se passe dans d'autres pays qui ont légiféré sur les différentes formes d'euthanasie. C'est le cas des Pays Bas depuis 2001. Ce sujet est très sensible, car il y est question de mort, de fin de vie, de maladie, et les fantasmes d'assassinat sont très présents dans nos têtes. Une loi encadrant très rigoureusement des pratiques d'euthanasie (comme aux Pays Bas) ne serait pas faite pour inciter à l'assassinat, cependant. Elle rendrait explicites des pratiques aujourd'hui implicites, se faisant sous le manteau, "au petit bonheur la chance". Reconnaissons, quoi qu'il se passe, une chose: les débats autour de ce sujet nous obligent à parler de ce qui est si souvent, trop souvent, tu.
Vous êtes contre l'euthanasie?
Moi, je suis contre la maladie.
@ Paul François Siméoni.
Moi aussi. Je prends de la vitamine C.
Notre corps fut obligatoirement propriété de l'Eglise, de l'Etat et des médecins. Il est de la liberté de chacun-e d'aliéner son corps et donc d'obéir à une loi ou une doctrine du corps. Simplement, et juridiquement, et tout au moins dans les démocraties modernes, tout individu est propriétaire de son corps et peut donc en disposer librement, y compris en utilisant si nécessaire une aide au suicide.
Vous parlez d'utiliser quelqu'un, venant en aide au suicide. On est donc en effet bien là dans l'aliénation, comme vous dites. La loi doit-elle aller dans ce sens là ? C'est toute la question de l'éthique.
Ce passage par un tiers apportant son “aide”, c'est-à-dire fournissant la potion létale et un accompagnement, qui semble aller de soi pour beaucoup, pose effectivement question. Comment concilier cette “aide au suicide” avec l'interdiction en France de l'ouvrage Suicide mode d'emploi publié au début des années 80 ?
Bonsoir Anne,
C'est en effet la question de la liberté qui se pose.
"Il est de la liberté de chacun-e d'aliéner son corps et donc d'obéir à une loi ou une doctrine du corps."
Est-on libre si (ou quand ) on choisit l'aliénation ?
Il y a une réplique euthanasique.
Soit.
C'est un point de vue. Ce n'est pas le mien. D'où ce billet.
@ akayoshii
La libre dispostion de son corps est un débat juridique. Il est normalement hors commerce. On n'en fait donc pas ce que l'on veut. C'est une question d'ordre et de moralité publiques.
Le marchand de Venise de Shakespear illustre le sujet.
Enfin, lequel est le plus libre entre celui qui s'aliène à la question de savoir quand et comment et pourquoi il veut mourir et celui qui sait s'en détacher quelqu'en soit les circonstances ?
Est-on aliéné lorsque l'on refuse les soins des psychiatres?
Ne pas se laisser faire me paraît bon signe.
Loi ou pas loi?
Ce débat paraît quelque peu "universitaire" quand sort, comme je viens de le vivre, d'un service de réanimation, où j'ai pu être au côté de mon frère, victime d'un grave AVC, quand il s'est éteint.
Mon sentiment est que le problème est avant tout la qualité humaine et professionnelle de l'équipe médicale.
Celle à qui nous avons eu à faire a été formidable.
Les décisions à prendre sont difficiles, autant pour la famille que pour les médecins.
Jamais un texte ne pourra éviter des choix entre des options dont certaines ne sont que des hypothèses dans le cas de coma profond.
Jamais un texte ne pourra "aider" une épouse à "choisir" entre un hypothétique retour à un état de "légume", et un débranchement de l'assistance respiratoire conduisant à une agonie de quelques heures à plusieurs jours qui, même en se répétant que la personne ne souffre pas, est horrible à voir.
Jamais un texte ne pourra dire quelle dose de morphine apaisera ce corps qui se bat et/ou le fera mourir.
Tout cela, les médecins et infirmières l'ont fait en ayant réuni la famille pour des entretiens où les dits et les "impossible à dire" ont été entendus.
Merci à cette équipe qui nous a permis d'être présent quand il s'est éteint, et d'avoir tout fait pour que l'environnement de cette séparation ait priorité sur toute autre considération.
@ Chris 43
Merci pour ce témoignage, qui, je crois, rejoins le fond de mon propos.
J'ai volontairement écarté l'aspect moral d'où la sécheresse que vous reprochez et que j'assume.
Je défends le point de vue à faire prévaloir l'humain et de ne pas légiférer au risque de justifier et couvrir des comportements qui se caractérisent surtout par une absence d'humanité.
La médecine n'est pas une science exacte mais un art. Exclure la dimension humaine de la pratique médicale en fait une technique dangeureuse.