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Billet de blog 29 décembre 2014

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Le FMI se dévoile : c'est Daech avec la french touch

La Grèce a rejeté la nomination du candidat de la finance internationale à la présidence du pays et cette finance internationale, frileuse de ses intérêts et de sa fraude fiscale, a aussitôt dénoncé son soutien à nation grecque (L'aide du FMI à la Grèce suspendue). Par leur " non ", les Grecs réhabilitent l'iségorii (ἰσηγορίη) d'Hérodote " On pourrait prouver de mille manières que l'égalité entre les citoyens est le gouvernement le plus avantageux " (V, 78).

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La Grèce a rejeté la nomination du candidat de la finance internationale à la présidence du pays et cette finance internationale, frileuse de ses intérêts et de sa fraude fiscale, a aussitôt dénoncé son soutien à nation grecque (L'aide du FMI à la Grèce suspendue). Par leur " non ", les Grecs réhabilitent l'iségorii (ἰσηγορίη) d'Hérodote " On pourrait prouver de mille manières que l'égalité entre les citoyens est le gouvernement le plus avantageux " (V, 78).

Demosthène, sur la Liberté des Rhodiens, met en garde contre la menace qu'il y a à s'allier avec des oligarchies - la passion de dominer -  qui n'offrent pas la confiance qu'on peut avoir avec un pays où règne l'égalité de parole - l'égalité civique.

Ces deux exemples vieux de plus de 2000 ans établissent la persistance de défauts, qu'on s'emploie aujourd'hui à cacher en prétendant que l'étude du Grec et du Latin ne servent à rien. La réaction des Grecs n'est pas une saute d'humeur. Elle s'inscrit dans une expérience sociale vielle de plusieurs milliers d'années. Le FMI n'a que quelques années d'expérience. A la sagesse de la pensée grecque il n'oppose qu'un aréopage d'économistes astrologiques à la crédibilité d'haruspices.

Le FMI, en méprisant le bon sens d'un pays riche de sa culture et de son histoire, commet deux erreurs grossières.

D'une part, il confirme qu'il n'agit que pour sauver les intérêts et la fortune d'une minorité indifférente à la Grèce et aux Grecs. Le moteur de la société contemporaine témoigne, à travers la réaction du FMI, de son profond mépris pour la culture et l'Humanité. L'acharnement contre la Grèce est un signal universel et précurseur pour les peuples d'Europe.

D'autre part, le FMI se trompe totalement de public en s'adressant aux Grecs sans distinction, notamment à la plus grande majorité d'entre eux qui n'ont plus rien à faire de lui.

En menaçant les Grecs, pense-t-il que la majorité d'entre eux qui vivent dans la misère redoutent d'être privés des millions qu'il verse pour protéger les millionnaires grecs ? Il se fourvoie gravement. Les pauvres n'en ont rien à faire de ses millions puisqu'ils ne les ont jamais vus et ne les verront jamais.

Bien au contraire, les Grecs n'ont vu et subi qu'une énorme casse sociale. Tels les Routiers du Moyen Age, la finance internationale cherche jusqu'au fond des poches des plus modestes l'argent que refusent de verser ceux qui en ont les moyens insultants et s'en exonèrent par une fraude fiscale qui coûte plus de 2000 milliards d'euros par an à l'UE (La fraude fiscale coûte 2 000 milliards d'euros par an à l'Europe). Combien de Grèce contribuent à couler les cabinets fiscalistes et les banques sans que le FMI ne s'en émeuve ?

Le FMI, en sanctionnant le refus des Grecs à qui il a fait supporter abusivement l'effort qu'il aurait du demander à d'autres, qui s'y refusent illégitimement, démontre son inutilité et sa partialité.

Inutilité, puisque la crise n'est pas résolue en Grèce, ni ailleurs. Les Grecs s'interrogent même où sont passés les milliards d'aides en plus des milliards qu'ils ont payés de leurs poches. Des milliards fantômes qui ont provoqué des ravages et des sinistres sociaux ne peuvent qu'amener au rejet.

Partialité, parce que le FMI n'avait pas à soutenir des plans d'austérité mais à exiger de l'Etat grec de la rigueur et de la cohérence dans ses finances publiques. Cela commençait par la nécessité de réviser la fiscalité, introduire un impôt distributif et progressif sur toutes les sources de revenus. Au contraire de cela, il a promu une politique qu'il a d'ailleurs reconnu erronée mais dont sa réaction prouve qu'il ne tient même pas compte des constats qu'il fait lui-même. Ce qui confirme bien l'inutilité de ses avis.

Le FMI, en sanctionnant par avance les Grecs de résister au programme de Madame Lagarde prend parti contre le peuple grec au profit de la finance internationale et des millionnaires.

Il s'affirme ainsi comme le porte parole des intérêts capitalistiques, montre que son souci n'est pas le développement de la planète, ni même celui du marché, mais seulement celui de l'optimisation des profits.

La réaction du FMI montre à quel point la finance a investi la politique.

La fabrication de Nicolas Sarkozy à qui elle a fourni l'ingénierie communicante dont il dépend jusqu'à provoquer la faillite de l'UMP avec, entre autres, Bygmalion. Cela montre la superficialité à laquelle la finance a réduit l'action publique. Du vent, du baratin. Personne n'est capable de démontrer la vacuité du programme du FN parce que les autres programmes sont tout aussi bidons.

Le FMI n'est pas une organisation au service de la communauté internationale mais seulement un club de bookmakers qui ont fait de la planète un champ de paris, réduisant les pays et l'humanité au rôle de canasson.

Les Grecs n'en veulent plus et on ne peut que les comprendre. Il n'y a qu'un bourrin pour s'en étonner.

Le FMI, finalement, ne vaut pas mieux que Daech, avec le dollar en lieu et place de Dieu.

Il n'est pas sur qu'un bilan comparé de la sinistralité de ces deux organisations internationales plaide en faveur de Madame Lagarde, si on tient compte du nombre de suicides que provoquent les plans du FMI dans le Monde. Passera-t-il à la postérité comme le djihadiste du capital ?

C'est ce que retiendra l'histoire, qui n'est pas la Cour de justice de la République.

Il n'est pas encore dit que Syriza remporte les prochaines élections et que cela permette de résoudre la situation des Grecs, mais à choisir ces gens semblent préférer autant savoir pourquoi il faut faire des efforts, en en prenant directement la responsabilité plutôt que de se les faire imposer pour des raisons et des motifs illégitimes.

Le retour manqué de l'homme sandwich de la finance à droite donne des ailes à son concurrent de gauche qui n'a jamais travaillé de sa vie et qui ne recule pas dans l'audace d'annoncer aux Français, à partir d'un pays étranger qui contraint son peuple," du sang et des larmes " (Valls et le social : l'heure du sang et des larmes ?).

Sinistre et grotesque plagiat d'un petit prétentieux qui tente de s'approprier, dans l'inconscient, une notoriété par procuration, pas la moindre, celle d'un homme qui a du résister seul aux conséquences d'une politique libérale ayant armé les fascismes d'Europe (voir aussi Un espion au coeur de la chimie nazie | ARTE).

Il y a une étrange mansuétude pour le verbiage et le plagiat d'un personnage artificiel qui fausse l'idée même de ce qu'est et de ce que doit être la politique. Admettre de telles impostures à la tête d'un pays est une abdication, c'est le degré zéro de la culture et de l'intelligence.

Voilà la véritable racine, la vraie cause du populisme qui expliquent la montée des fascismes.

Voilà pourquoi les Grecs ont raison de dire non et de supporter Syriza, plutôt qu'Aube dorée, contre laquelle on entend très peu de critique de la part du FMI.

Hérodote et Démosthène confirment. La démocratie n'existe pas sans l'iségoria. La force des cités résident dans l'esprit des citoyens selon Thucidyde et les coeurs de ceux-ci selon Isocrate, pas dans la fortune des millionnaires. Cela 2500 ans que l'Europe le sait.  Et Europe est grecque.

La Grèce et le FMI le prouvent. Le premier ministre aussi. Il est impérativement nécessaire d'exiger des responsables d'avoir de la culture classique. 

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mise à jour :

Les financiers jouentl’intimidation face à la Grèce  Par martine orange

Dès l’annonce des élections, le FMI a annoncé la suspension de ses aides en attente de la formation du nouveau gouvernement. La troïka comme les milieux financiers ont commencé à rappeler leurs règles à Syriza, potentiel vainqueur des élections : la Grèce n’a d’autre alternative que la soumission ou le chaos.

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