Je lis dans le journal Le Monde daté d’aujourd’hui, que l'agence de notation Fitch a relevé d'un cran, vendredi 17 février, la note de crédit de l'Islande, celle-ci passant de BB+ à BBB-. Je trouve que la nouvelle est bien amusante, il me semble qu’elle se suffit à elle-même. Une agence de notation se prononce de facto pour la bonne solution : face aux dettes, il faut refuser de payer. C’est le peuple islandais qui par deux fois, et deux référendums, a décidé de refuser de payer pour les banquiers. Je m’étonne que ni François Hollande, ni le Candidat Président ne nous promettent un référendum sur la dette (enfin je m’étonne c’est de l’ironie). La démocratie c’est notre régime, et nous pourrions nous prononcer sur une bonne question? Le Monde n’écrit pas que la relative bonne santé économique en Islande viendrait de sa bonne pratique démocratique : Fitch récompense ainsi le rétablissement de la stabilité macroéconomique du pays, qui avait connu une grave crise bancaire en 2008 et n'avait dû son salut qu'au secours du Fonds monétaire international (FMI). Merci le FMI ! C’est mimi comme explication. Je trouve que cette brève du Monde est un joli bijou langue de bois poétique à encadrer. Ce serait mieux de dire que Le Premier ministre islandais Jóhanna Sigurdardóttir est, depuis janvier 2009, à la tête d'un gouvernement de coalition Alliance sociale-démocrate et Gauche-Verte.On aimerait à ce propos connaître l’action d’Éva Joly quand elle fut consultée par le nouveau gouvernement Islandais.
Mais les faits sont têtus : La Grèce paye, et s’enfonce, l’Islande a refusé et les perspectives financières de l'île apparaissent désormais stables, selon l'agence de notation. Epargnée par la crise qui frappe la zone euro, dont elle ne fait pas partie, l'Islande devrait afficher une croissance de 2 % à 2,5 % sur la période 2012-2013, estime Fitch.
Les Islandais en montrant les dents, on réussit à attraper la croissance en plus, c’est Nicolas Sarkozy qui devrait faire un stage à Reykjavik. On aimerait savoir ce que François Hollande en pense ? Son parti il est socialiste ou libéral ?
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ces agences tigres de papier monnaie
Tigre de Papier certes, mais la comparaison des divers notations - à mon avis - montre que le Tigre se parfume à la dynamite.
Bien d'accord, avec un bémol : La folie financière de l'Islande a duré assez longtemps, et n'a pas concerné que les banquiers, beaucoup ont participé à cette folie et/ou en ont profité.
bonjour, j'aimerais bien en savoir plus là-dessus, vous avez des références? Personnellement je n'ai trouvé que "la spectaculaire déroute de l'Islande"! et vu deux documentaires qui tapaient bien sur la finance... Merci de m'informer!!
Bonjour,
Références, non, mais j'ai une fille (ancienne lycéenne islandaise qui a passé un an chez moi, en 91) en Islande. Nous sommes restés en contact....
on doit pouvoir trouver des stats sur l'abandon de certaines professions au cours des 15 dernières années.
Mais je suis admiratif sur la reconquête de la démocratie, et je voudrais bien que les français soient capables du même courage (je ne le crois pas). J'ai mis sur un autre article que ma fille serait surprise d'apprendre qu'elle et les islandais sont "l'avant-garde du prolétariat" de notre siècle.
Cordialement
PM
Il est intéressant que vous ayez évoqué la "réponse démocratique" donnée par l'Islande. Et à ce propos, Eva Joly que vous citez dans votre billet, y fait référence dans son dernier livre "Sans tricher" dans le chapitre "la leçon islandaise" (pgs 201/212; éditeur Les Arenes).
[...]"Ajoutons que la colère et la mobilisation des Islandais ont contraint leur nouveau gouvernement à pratiquer une politique très différente de ce qui se fait ailleurs. Au lieu de renflouer les banques, ils les ont laissé couleur".
"Revenu dans ce pays en 2011, le même Paul Krugman, [économiste américain, chroniqueur du New York Times] confessait sa surprise et son admiration. 'Là où tous les autres ont renfloué les banques et laissé les citoyens en payer le prix, a-t-il écrit dans son journal, l'Island a laissé les banques aller à la banqueroute et a en fait augmenté son filet de sécurité social. Là où tous les autres étaient occupés à essayer de rassurer les investisseurs internationaux, l'Islande a imposé temporairement des contrôles sur les mouvements de capitaux afin de se laisser une marge de manoeuvre'.
"Ces deux aspects des choses, comme la scandaleuse affaire de l'accord sur la géothermie [développée dans ce chapitre], ont été trop peu soulignés par la presse internationale. Il est vrai que l'aggravation de la crise de la dette en Europe a vite relégué l'affaire islandaise au second plan de l'actualité. Cela n'enlève rien à sa prodigieuse exemplarité".
Merci beaucoup c'est exactement ce que j'aimerais avoir comme réaction à ce petit billet pour en apprendre plus
L'Islande est encore une démocratie, ils ont été floués, ils ont refusé de payer la note, ils ont bu la tasse et maintenant ils sont tranquilles ....(CQFD). Il est plus que temps de claquer la porte de l'Europe.
Je me suis permis de citer votre billet sur l'Islande, dans un "papier" que j'ai publié à partir d'un texte reçu des "amis du festival Résistances". Et je constate que même si on parle peu, cela intéresse beaucoup de monde.
http://blogs.mediapart.fr/blog/arthur-porto/110412/silence-radio-sur-lislande