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Sep

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Gauche/droite: un clivage dépassé ?

Des commentaires récents à un texte posté sur mon blog (jennar.fr) remettent en cause le clivage gauche/droite qui, selon leurs auteurs, serait daté, obsolète. Il ne correspondrait plus aux réalités de notre temps où, nul ne peut le contester, on voit des acteurs politiques (soutenus par des intellectuels) étiquetés à gauche promouvoir et, quand ils sont en capacité, mettre en oeuvre des choix qui appartiennent incontestablement aux options de la droite en ce qu'elles sont celles du monde des affaires et de la finance. Ce fut manifeste sous les gouvernements socialistes, à partir de 1983. C'est encore le cas des principaux candidats aux primaires du PS qui proposent un socialisme d'accompagnement d'un capitalisme plus débridé que jamais. 

Faut-il dès lors abandonner ce clivage gauche/droite ? Au motif que des acteurs politiques qui se disent de gauche alors qu'ils adhèrent à ce que la gauche est censée combattre, faut-il renoncer à ce mot pour désigner une orientation, des valeurs et des principes ? Je livre des éléments de réflexion forcément incomplets. D'abord parce que je ne dispose pas ici, au Cambodge, des références et des notes personnelles que je voudrais consulter. Ensuite et surtout, parce que je n'ai pas la prétention de fournir ici et maintenant un texte que je pourrais considérer comme définitif.

 

Aussi loin qu'on remonte dans l'histoire de la présence humaine sur terre, on observe que l'homme est à la fois un individu et un être social. Il n'y a pas, il n'y a jamais eu de sociétés d'individus isolés, sans liens entre eux. L'individu façonne la société. Comme l'observait déjà Aristote, l'homme est un "animal politique". Son rôle ne peut être réduit à sa fonction d'individu. Depuis les Lumières, on conçoit l'homme à la fois comme individu et comme citoyen. Un individu doté de droits et un citoyen assujetti à des devoirs. L'humain isolé ne survit pas en dehors du groupe. Mais sans les droits qui sont les siens, il peut être anéanti par le groupe. Il y a une tension permanente entre son statut d'individu et son rôle de citoyen. L'aspiration démocratique fournit l'espérance d'une réponse à cette tension. Elle permet, en quelque sorte, la rencontre de Kant et de Rousseau.

 

Or, l'idéal du "chacun pour soi" des tenants du néo-libéralisme est la négation même de la fonction citoyenne de l'individu. La question de la manière dont s'organise les rapports sociaux est donc centrale.

 

De toute éternité, s'opposent ceux qui vivent de leur travail et ceux qui vivent du travail des autres. Pendant des siècles, ce fut l'antagonisme entre les propriétaires de la terre et ceux qui la cultivaient. Puis, ce fut le conflit entre les propriétaires des machines et ceux qui les utilisaient. Entretemps, se sont affirmés ceux qui tiraient leur subsistance de l'échange. La pratique de l'échange s'est peu à peu répandue. A l'échange des biens se sont ajoutés celui des individus puis celui des capitaux en enfin celui des services. La libre circulation - en fait, la mise en concurrence - des personnes, des biens, des capitaux et des services est devenue une règle mondiale. Au nom du libre échange, que les Anglais et les Français inaugurèrent en faisant à la Chine une guerre pour qu'elle ouvre son marché aux vendeurs occidentaux d'opium, aujourd'hui, la souveraineté des peuples s'efface devant le droit à la concurrence "libre et non faussée".

 

A moins d'être aveugle, nul ne peut contester la réalité de l'exploitation, même si elle a pris des modalités diverses au cours des siècles et même si, aujourd'hui, elle revêt parfois des formes plus insidieuses et moins brutales Ce qui d'ailleurs n'est pas le cas dans les formes dites modernes de la production (écoutez les ouvriers de chez Peugeot) et dans les services (parlez avec les employés de France Télécom) où les cadences, le stress, la mise en compétition des exécutants ont remplacé les formes classiques de l'exploitation ; ce n'est pas le cas non plus dans les ateliers clandestins et sur bien des chantiers d'Europe et dans les usines des pays du Sud, même quand ils sont qualifiés d'émergents. Cette exploitation fut autrefois le fait des patriciens à l'encontre des plébéiens, ensuite, des seigneurs au détriment des serfs et, depuis près de deux cent ans, des patrons à l'égard des ouvriers et des employés. Point n'est besoin d'être marxiste pour constater la permanence de la lutte des classes, même si les formes de cette lutte et la structure des classes ont changé dans la partie du monde où a émergé une société post-industrielle.

 

Depuis le début du 19e siècle, on a pris l'habitude de qualifier de gens de droite les partisans des exploiteurs et de gens de gauche les défenseurs des exploités, prolongeant ainsi un étiquetage né de la disposition des membres de l'Assemblée après 1789, selon leurs choix dans les débats de la Révolution. Symétriquement, le maintien du système favorable aux premiers a été qualifié de conservatisme et la volonté de remettre ce système en cause a été la marque du progressisme. Droite conservatrice et gauche progressiste se sont affrontées tout au long du 19e siècle et pendant une bonne partie du 20e. Au gré des débats, ce clivage s'est enrichi de particularités nouvelles. La droite s'est retrouvée sur des positions nationalistes, militaristes, cléricales et conformistes. La gauche s'est voulue internationaliste, pacifiste, laïque et émancipatrice.

 

Le fascisme a violemment contesté la réalité d'une opposition des classes; il a rejeté la division droite-gauche ; il a condamné les corps intermédiaires, les partis politiques, les syndicats et les associations. Il a récusé libertés individuelles et libertés collectives. Au nom du culte de la nation, il a exalté l'unité du peuple rassemblé dans une même communauté de destin. Entre les deux guerres mondiales, ce fut l'idéologie au pouvoir en Italie, en Allemagne, en Autriche, en Espagne, au Portugal, en Grèce et, dans une certaine mesure, en Hongrie. Ce fut le thème dominant du 6 février 1934. Ce fut l'idéologie de Vichy.

 

Malheureusement, comme le bonapartisme, le fascisme a laissé des traces durables. En période de crise, le rejet du clivage gauche-droite en tant qu'expression de la lutte des classes, la condamnation des partis politiques, le dénigrement du parlementarisme, l'exaltation de l'unité nationale sont des thèmes récurrents. En période de crise, le désarroi, la confusion des esprits, la perte de repères fournissent un terrain favorable à ce type de discours. On l'a entendu en 1958. On l'entend de nouveau aujourd'hui.

 

Un ébranlement lent et long a remis en cause la clarté du clivage gauche-droite. La première secousse est venue pendant la période gaulliste où on a vu des hommes au profil de droite faire des choix en faveur d'options cataloguées de gauche. Et inversement, on a vu des gens se réclamant de la gauche soutenir des options réputées de droite. A tel enseigne qu'en face de la SFIO, André Malraux a pu ironiser sur une époque "où la gauche n'est plus à gauche, la droite n'est plus à droite et le centre n'est plus au milieu". La seconde secousse, planétaire, est venue la révolution néo-conservatrice de Reagan et Thatcher facilitée par la disparition de la crainte du communisme. Une formidable bataille des idées, engagée dans les lendemains de la deuxième guerre mondiale par des adversaires de l'Etat régulateur et redistributeur qui se mettait en place, a trouvé alors un terrain favorable.

 

Pour le monde des affaires et de la finance, il fallait franchir un pas décisif dans la reconquête du terrain perdu après la crise des années trente comme après 1945. Dès lors, tout fut mis en oeuvre pour remettre en question la notion de progrès et l'idée de réforme. Le progrès devait cesser d'être l'avancée continue vers la reconnaissance et la mise en oeuvre des droits collectifs (santé, éducation, logement, travail, ...) et la pérennisation d'un Etat régulateur et redistributeur. La réforme ne pouvait plus être la méthode par laquelle on réalisait cette conception du progrès. Ce qui fut désormais présenté comme un progrès, ce fut la remise en cause systématique de toutes les réalisations ayant favorisé l'intérêt général. Réformer est devenu synonyme de démanteler tous les instruments juridiques, institutionnels et organisationnels de la solidarité. C'est ce que j'ai expliqué dans mon exposé sur "l'actualité des valeurs du programme du Conseil National de la Résistance" dont on trouvera le texte sur ce blog (jennar.fr).

 

Ce que Serge Halimi a appelé "le grand bon en arrière" (Fayard) et Jacques Généreux "la Grande Régression" (Le Seuil) a d'abord commencé par un travail sur le vocabulaire dont se sont acquittés avec zèle des médias restructurés et passés sous le contrôle d'hommes d'affaires. Comme on a donné aux mots "progrès" et "réforme" un sens opposé à celui jusque-là en vigueur, de la même manière, des connotations péjoratives ont été affectées aux mots "fonctionnaire", "chômeur", "allocation", "impôt",..., bref à tout le vocabulaire ayant trait aux aspects d'une solidarité organisée. La gauche dite de gouvernement n'a pas échappé à cette perversion du vocabulaire. Bien pire ! A partir de 1983, elle a renié tout ce qu'elle avait chéri et est devenue un des acteurs décisifs du formidable coup d'Etat mondial qui commençait à s'opérer et qu'on appelle mondialisation néo-libérale. Un coup d'Etat, dont les gouvernements étiquetés à gauche (comme ceux s'affirmant de droite, mais de leur part, c'est naturel) ont été les acteurs principaux. Un coup d'Etat puisqu'il s'est agi de transférer les attributs de la souveraineté populaire vers des centres de décisions supra-nationaux où tout a été fait pour qu'elle ne puisse pas s'exercer : le FMI, la Banque Mondiale, l'Organisation Mondiale du Commerce, l'Union européenne. Nos gouvernements, tous ralliés aux attentes des milieux d'affaires et de la finance, ont confié à ces institutions, dotées de pouvoirs contraignants, la mission de procéder au démantèlement des avancées démocratiques et sociales susceptibles d'entraver la concurrence de tous contre tous. C'est ce que j'ai expliqué dans plusieurs de mes livres et en particulier dans "Europe, la trahison des élites"(Fayard) et dans "L'AGCS. Quand les Etats abdiquent face aux multinationales." (Raison d'Agir). La gauche qui a gouverné est co-responsable de ce coup d'Etat. Son rôle fut considérable avec des gens comme Delors, Rocard, Jospin, Pascal Lamy et Strauss-Kahn.

 

La mondialisation néo-libérale n'est pas un phénomène naturel incontournable. C'est un choix délibéré de gouvernements décidés ou résignés à satisfaire les attentes des acteurs économiques et financiers au détriment des intérêts des peuples. Ce qui fut décidé n'est pas irréversible et peut être remis en question.

 

Alors, bien d'accord, les cartes sont brouillées, la confusion règne. Mais aujourd'hui, à la différence des années gaullistes, on serait bien en peine de trouver, venant de la droite, des réalisations qui satisfassent l'intérêt général. Le bilan des années Sarkozy (2002-2011), que j'ai déjà esquissé sur ce blog, est effrayant : recul considérable de l'Etat de droit, démantèlement du droit du travail, poursuite des privatisations entamées par Balladur, Juppé et Jospin, destruction de l'école publique et de la santé publique, etc. Avec l'actuel occupant de l'Elysée, la France aura fait des pas de géants vers cette société du chacun pour soi voulue par les tenants de la révolution néo-conservatrice. La droite a réussi comme jamais depuis 1945 à restaurer une société des privilèges, à approfondir les inégalités, à pratiquer l'injustice comme méthode de gouvernement.

 

Par contre, le bilan de cet espace politique incertain qui s'appelle la gauche n'est pas davantage satisfaisant pour qui demeure attaché à une société solidaire. Outre sa participation à la mondialisation néo-libérale, la gauche qui a gouverné a échoué dans un grand nombre de domaines. Elle a renoncé, alors qu'elle était en capacité de le faire, à instaurer une nouvelle république plus démocratique et plus sociale. Elle a totalement négligé un droit fondamental : le droit de tous à la sécurité. Au nom d'un droit à la différence peu républicain, elle a cautionné une dérive vers la différence des droits, contribuant à l'échec de l'intégration de populations venues enrichir, à leur tour et comme tant d'autres avant elles, le fonds commun français. Elle s'est désintéressée de la formation de citoyens préparés à vivre dans le respect de l'autre et armés intellectuellement pour résister à tous les conditionnements. Elle n'a en rien perçu la gravité de la menace sur les équilibres écologiques et la biodiversité et elle a participé au tout nucléaire qui a considérablement aggravé le retard de la France dans le domaine des énergies renouvelables et des économies d'énergies, tout en compromettant l'avenir des générations futures.

 

Au regard des valeurs et des principes de gauche, le bilan de la gauche qui a gouverné est, globalement (je n'oublie pas les quelques succès : abolition de la peine de mort et de la censure sur les médias audio-visuels, retraites à 60 ans et certaines des 110 propositions de François Mitterrand) celui d'un échec : là où elle devait résister, elle s'est alignée, voire s'est mise aux commandes ; là où elle devait transformer, elle s'est abstenue. Les faiblesses de la gauche syndicale, ses divisions, son éparpillement, son inaptitude à assurer l'indispensable résistance aux agressions et en même temps à opérer la nécessaire prise en compte des mutations sociales et technologiques ont contribué à cet échec de la gauche tout entière. Et les perspectives ne sont guère rassurantes puisque du PS ne viennent que des propositions d'adaptation mineure du système en vue d'une alternance où les décideurs changeront, mais pas les choix politiques majeurs. Et les principales confédérations syndicales confirment leur abandon d'un syndicalisme de combat et leur adhésion à un syndicalisme d'accompagnement en se limitant à l'organisation de journées d'actions soupapes.

 

En 2007, j'écrivais ici-même (jennar. fr) que la gauche offrait le spectacle d'un champ de ruines. Faut-il pour autant, comme le fait avec force un de mes correspondants, proclamer la mort de la gauche, de l'idée comme du courant politique? Faut-il affirmer son inutilité face aux défis du siècle qui commence ? Un idéal serait-il condamné à disparaître au motif que ceux qui s'en réclamaient l'ont trahi ? N'est-ce pas confondre un peu vite analyse et projection d'attentes personnelles ?

 

Comme je viens de l'indiquer, l'exploitation demeure. Les inégalités se perpétuent et même s'accentuent. A un stade jamais atteint jusqu'ici le capitalisme exploite les humains et la planète. Avec la mondialisation néo-libérale, la marchandisation a atteint des proportions nouvelles : tout, le minéral, le végétal, l'animal, l'humain et ce que l'humain produit est à vendre ou à acheter. L'accès à l'eau potable, aux médicaments essentiels, aux soins, à l'éducation, au logement, est soumis aux logiques marchandes et réservé à ceux qui peuvent en payer le prix. Faute de moyens financiers appropriés la famine et de grandes pandémies sévissent dans diverses parties du monde. Comme jamais auparavant, il est possible de supprimer la faim dans le monde et d'éradiquer les maladies qui tuent le plus et, en même temps, comme jamais auparavant, la production de richesse n'a été aussi élevée. Mais la captation de cette richesse n'a jamais été aussi réservée qu'aujourd'hui à un tout petit nombre. La nécessité d'un projet alternatif est criante.

 

Un idéal de justice n'est pas nécessairement le signe de la naïveté ou de la rêverie. "L'Histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l'indicible espoir." (Jaurès). Même si la servitude volontaire demeure un phénomène endémique, même si la résignation est largement encouragée par le prêt à penser médiatique, même si le scepticisme et le cynisme poursuivent comme de tout temps leur oeuvre démobilisatrice, l'aspiration à la justice dans la liberté ne meure pas. On observe même qu'elle se transmet aux générations qui viennent. L'espérance qu'elle suscite ne faiblit pas. La possibilité d'une mobilisation pour une vraie alternative existe.

 

L'émancipation de l'individu en harmonie avec son environnement dans un société organisée en vue de son épanouissement demeure l'objectif global de toute alternative. Il réclame le primat de la souveraineté populaire et une capacité d'action des pouvoirs publics dans le cadre de formes nouvelles de la démocratie interdisant toute espèce d'oligarchie. Une telle direction de devrait-elle pas servir de fil conducteur pour la construction d'une alternative ? Une telle perpective ne correspond-elle pas à l'idéal de gauche ? Et pourquoi devrait-on renoncer à l'appeler ainsi ?

 

Il n'y a de fin de l'histoire et de fin de la gauche que pour ceux qui voudraient qu'elles s'arrêtent au stade de puissance que le capitalisme a atteint. Les injustices et les inégalités imposent que se reconstruise une gauche fidèle à son idéal historique. Le chantier est immense. La tâche est ardue. Compliquée par les pesanteurs idéologiques et organisationnelles héritées du siècle passé. Compliquée par l'urgence sociale et écologique. Compliquée par la force du système et les contraintes des institutions existantes.

 

Des pistes se tracent peu à peu dans les décombres de la gauche en ruines. J'ai cru un instant que le NPA pouvait en être une. Ce fut une impasse. Peut-être est-il trop tôt pour parler structures alors que les idées en phase avec les réalités et les défis de notre temps commencent à peine à éclore. On en trouve d'intéressantes dans les écrits d'Arnaud Montebourg (en particulier son livre "Des idées et des rêves" - Flammarion) comme dans le "Manifeste des économistes atterrés" (Edition Les liens qui libèrent) ou encore dans certains textes du Parti de Gauche. Les échéances électorales de 2012 fournissent l'occasion d'un débat de fond sur l'alternative comme sur les moyens de la réaliser. Ne permettons pas qu'il soit escamoté. Et assurons-nous qu'il se poursuive au-delà des scrutins.

 

rmj

5-V-2011

 

 

 

 

 

 

 

 

Tous les commentaires

05/09/2011, 06:59 | Par prunelle

Analyse très intéressante. Mais, pour 2012, peu d'espoir d'alternative. Hollande, soi disant, en tête aux primaires , représente le candidat le plus droitier au PS. Hier soir, Ségolène Royal a, elle aussi, prétendu qu'il allait falloir prendre des idées auprès de DSK, pour sa grande connaissance de l'économie. Je ne sais plus à quel saint me vouer. Seul Montebourg ou Mélenchon proposent vraiment une autre politique. Mais, ont-ils la moindre chance?

05/09/2011, 09:41 | Par [email protected] en réponse au commentaire de prunelle le 05/09/2011 à 06:59

« Seul Montebourg ou Mélenchon proposent vraiment une autre politique. Mais, ont-ils la moindre chance? » OUI, si vous acceptez de la leur donner, c'est-à-dire si vous votez pour eux et faites voter pour eux !

Pour Montebourg, j'ai un doute : il dépend des primaires, ce vote de trop, imbécillité venue d'Outre-Atlantique.

Pour le Front de Gauche, c'est le militantisme qui fera la différence. Et c'est bien parti...

05/09/2011, 07:59 | Par Dilou

 

Merci Raoul-Marc Jennar. Belle leçon d'histoire. Belle mise en perspective. Je recommande , je partage sur facebook. Il faut diffuser ce genre de point de vue, sans relâche.

@ prunelle

Je crains que mettre toute son espérance dans l'échéance de 2012 ne soit pas LA solution. Les urnes ne suffiront certainement pas à changer la donne, surtout si l'on en croit les sondages (ce qui n'est pas forcément judicieux, mais, me direz-vous, il faut bien croire en quelque chose (!?)

 

05/09/2011, 09:45 | Par [email protected] en réponse au commentaire de Dilou le 05/09/2011 à 07:59

Qui vous parle de « mettre toute son espérance » ? 2012 est une étape de la reconquête par les peuples de leur souveraineté. Je comprends que le côté « quitte ou double » de cette élection présidentielle “pipolisée” puisse décourager, mais la vie continue (souhaitons-le...), et il y a les législatives, les luttes sociales (à condition de « raccompagner » à la niche les syndicats d'“accompagnement”), le militantisme, le débat...

05/09/2011, 09:08 | Par robert cavaillès

Bonne analyse historique propre à éclairer la genèse du contenu de ces concepts. Rien à redire.

Toutefois un élément essentiel en est absent, la vaste opération menée par la droite pour « dévitaliser » l’ensemble des concepts sociaux (gauche, liberté, réforme, progrès, liberté, solidarité, droit social et assistance ...), Deleuze parlerait de déstructuration et ce serait opportun)

Cette lourde opération de détournement de sens menée par les communicants (de gauche et de droite) qui tiennent la plume et la langue des politiques ont brouillé les cartes et enfumé l’électeur, elles font prendre, à grand renfort de citations de Jaurès s’il le faut, les mesures les plus réactionnaires pour des avancées inestimables.

CE qui change tout par détournement de l’histoire et falsification des valeurs annoncées. Aujourd’hui les étiquettes gauche ou socialiste ne désignent rien de clair, seuls les actes comptent et les programmes cohérents : est-on socialiste en menant la politique du FMI en Grèce, en appuyant le nèolibéralisme européen, en alimentant la menace (politiquement voulue) de la dette exprimée sur un an de PIB, en faisant payer aux peules la spéculation, en faisant semblant de prendre la finance pour de l’économie réelle alors qu’elle est artificielle, virtuelle et nourrie en vase clos, en acceptant le catéchisme du Traité de Lisbonne décliné par les théologiens de la presse et leurs panels d’experts triés sur le volet, en adhérant au culte du veau d’or qui met l’homme et la société au service non de l’économie mais de cette fallacieuse et spectrale finance alors que la finance doit être au service de l’économie et l’économie au service de l’homme. ... ?

07/09/2011, 11:36 | Par cereb en réponse au commentaire de robert cavaillès le 05/09/2011 à 09:08

 

à RobertC

exactement

sauf à préciser ,pour ma part ,que cette droite là a entrepris une sape insidieuse et persévérante , des institutions et des esprits ,dès 1977 (le projet Longuet) ,après avoir amorcé la bombe financière ,ici en France ,avec la loi monétaire de janvier 1973 qui nous a livrés pieds et mains liés en otages ....

Nous la foule des salariés!

05/09/2011, 09:45 | Par Yonas

Vous analysez bien ce que l'on perçoit souvent encore de manière parcellaire. Il est évident que la lutte des classes n'a jamais cessé ( contrairement à ce que beaucoup "à gauche" réfutent aujourd'hui...).

En tout cas merci de votre brillante analyse dont je vais m'empresser d'en adresser le texte à la plupart de mes connaissances.

05/09/2011, 09:58 | Par MARIE CAROLINE PORTEU

3L'émancipation de l'individu en harmonie avec son environnement dans un société organisée en vue de son épanouissement demeure l'objectif global de toute alternative. Il réclame le primat de la souveraineté populaire et une capacité d'action des pouvoirs publics dans le cadre de formes nouvelles de la démocratie interdisant toute espèce d'oligarchie. Une telle direction de devrait-elle pas servir de fil conducteur pour la construction d'une alternative ? Une telle perpective ne correspond-elle pas à l'idéal de gauche ? Et pourquoi devrait-on renoncer à l'appeler ainsi ?

 

La primauté de l'intérêt général sur l'intérêt individuel est-il une idée qui n'appartient à la gauche ?? Si oui , alors De Gaulle était à gauche et Dupont Aignan l'est aussi .

Personnellement ce qui me frappe aujourd'hui , c'est le fait que ce clivage est devenu un enfermement idéologique qui brouille totalement les perceptions .

 

Pour moi ce qui nous arrive aujourd'hui tient plus du coup d'état et de la tentation totalitaire qu'à un clivage droite gauche : ce que j'appelle le coup d'état de la junte financière . Les tentations totalitaires ne sont ni de droite, ni de gauche , ce sont des dictatures de la pensée et droite comme gauche ont très bien sû pousser ces systèmes à leurs limites, qui , l'histoire nous le démontre également, ont toujours fini par disparaître . Le pays dans lequel vous vous trouvez devrait amplement vous rappeler cette observation .

 

Alors avant de s'attacher aux clivages , attachons -nous déjà à la restauration de nos fondements démocratiques qui sont bien mal en point et qui ont tout cédé à cette junte financière qui nous gouverne depuis 30 ans à travers le modèle mis en place depuis 1973 et conforté par les stupides traités de Maastricht et de Lisbonne .

C'est en s'attachant aux grandes idées et non aux clivages que nous pourrons retrouver nos démocraties .

Egalité du citoyen devant la justice (mon dernier billet de blog est sur le sujet)

Séparation des pouvoirs et indépendance judiciaire .

Faire en sorte que les lois votées soient respectées (ce qui n'est plus le cas)

Commençons donc par retrouver un Etat de Droit .. en redonnant aux élus les pouvoirs régaliens qui devraient être les leurs et qui leur ont été volés par les financiers .


07/09/2011, 11:48 | Par cereb en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/09/2011 à 09:58

retrouver un véritable état de droit

donc une vraie REPUBLIQUE avec exact respect de séparation des 3 pouvoirs

et restauration du pouvoir parlementaire et judiciaire affaibli par l'expansion démesurée de l'éxécutif !

Retrouver une direction politique du pays

avec une économie réelle privilégiée de sorte à sortir du carcan financier invisible qui paralyse les forces productives!

Il nous faut des solutions concrètes !qui nous délivrent des articles coercitifs de Maestrict et de Lisbonne!('entre autres)

 

08/09/2011, 12:01 | Par MARIE CAROLINE PORTEU en réponse au commentaire de cereb le 07/09/2011 à 11:48

La Cour Constitutionnelle allemande vient de prononcer une décision très importante et très attendue .

Oui à la légalité des aides déjà apportées à la Grèce , mais consultation systématique du Bundestag pour tout nouvel engagement de dépenses européen .

Elle renforce les pouvoir du Parlement .

Le cas des Verts allemands est peut être symptomatique du fait que ce clivage est désormais passé de mode . Et c'est aussi ce qui fait leur force.

Je pense que les idées majeures de la prochaine décennie seront bien à la fois sur l'énergie et bien sûr le nucléaire , et les financements , c'est à dire les modèles de financement des états . Et il n'y a pas de vrai clivage politique sur ces sujets , car ce sont des sujets d'intérêt général qui rassemblent toutes les tendances ..

05/09/2011, 11:04 | Par dianne

"l'homme est à la fois un individu et un être social. Il n'y a pas, il n'y a jamais eu de sociétés d'individus isolés, sans liens entre eux."

Certes. Mais le moteur de l'action est toujours la concurrence, qu'elle soit territoriale ou biologique. Ce qui est la condition primitive de la survie.

Comment faire avec ? Il me semble que tous les systèmes ayant montré leurs limites, y compris celui du modèle d'entreprise coopérative (cf Godin), on pourrait changer un peu de lunettes pour l'analyse globale.

05/09/2011, 12:24 | Par [email protected] en réponse au commentaire de dianne le 05/09/2011 à 11:04

Pour moi l'humanisme libertaire est de gauche, l'affairisme totalitaire de droite, et c'est bien gentil de se définir mais le vrai problème est la conquête du centre. D'où l'intérêt d'une stratégie de rassemblement.

05/09/2011, 13:06 | Par mtb74 en réponse au commentaire de [email protected] le 05/09/2011 à 12:24

Il me semble que le propos de Raoul Marc Jennar et l'enjeu de cette discussion dépassent largement les questions de "conquête du centre", de stratégies électorales et "stratégies de rassemblement" (auxquelles s'abandonne le PS) même si la conquête pacifique du pouvoir politique n'est pas une voie à négliger.

05/09/2011, 14:04 | Par [email protected] en réponse au commentaire de mtb74 le 05/09/2011 à 13:06

Bien sûr, vous avez raison. Pardonnez-moi d'être si terre-à-terre. La conquête du pouvoir politique est une chose de si peu d'importance. Et puis, qu'est-ce qu'on en ferait ? Je vous demande un peu.

07/09/2011, 11:57 | Par cereb en réponse au commentaire de [email protected] le 05/09/2011 à 12:24

à Dianne et Melchior

avez vous entendu Borloo ce matin aux 4 vérités?

Il me semble avoir exprimé un désir de "changement" !!!pas assez précis

encore mais...

Mr Bayrou exprime de nobles idées et une moralité sans faille les accompagne ,contraire au désordre affairiste;est-ce suffisant pour un mouvement de renouveau?

Mammon OU les VALEURS résumerait bien les deux pôles du courant en train de se dessinner entre les forces !

Vient un moment où s'il y a encore des humanistes ,ils devront choisir entre soit les VALEURS non financières soit l ARGENT!

05/09/2011, 11:18 | Par Faunus

@Raoul-Marc Jennar

"Comme jamais auparavant, il est possible de supprimer la faim dans le monde et d'éradiquer les maladies qui tuent le plus et, en même temps, comme jamais auparavant, la production de richesse n'a été aussi élevée. Mais la captation de cette richesse n'a jamais été aussi réservée qu'aujourd'hui à un tout petit nombre. La nécessité d'un projet alternatif est criante."Oui, mais encore ? Ce discours on l'entend depuis bien longtemps déjà. Ce n'est pas le projet alternatif qui fait défaut, me semble-t-il, mais bien la pensée alternative. On ne peut guère contester la pertinence du constat que vous faites Raoul-Marc Jennar, mais il reste a en désimbriquer les éléments qui le rende non seulement indigeste mais, de plus, inévacuable. Et ceci parce que la droite a tellement à bien réussi à piéger ce qui, jusqu'alors, était la pensée de gauche que la gauche n'a plus de pensée... L'internationalisme prolétarien aujourd'hui c'est la droite qui, dans les textes de sa doxa, s'en est emparé elle appelle cela: 'la libre circulation des personnes". Et, sur ce point, la gauche ne peut que surenchérir sur une pratique qui n'est pas à la hauteur de l'ambition affichée... Et aussi, l'idée du progrès, hier portée par le Conseil National de la Résistance, que la gauche ne peut renier, et ses grands commis de l'Etat industrieux, c'est aujourd'hui la droite qui s'en prétend l'héritière puisqu'elle peut affirmer qu'abandonner l'électronucléaire c'est le retour au moyen âge... Frédéric Lordon dans son article "la mondialisation et ses ennemis"* met le doigt la ou, pour la gauche bien pensante (à cette occasion, quelques membres du conseil scientifique d'ATTAC), ça fait mal car en effet " Sauf à poursuivre la chimère d'une humanité entièrement réconciliée, il faudra bien se faire à l'idée que la communauté humaine au sens large est nécessairement traversée d'antagonismes, et que certains d'entre eux s'établissent selon les tracés des nations." Et c'est bien cette désimbrication (ou déconstruction) d'une construction idéologique fondamentalement de droite que la gauche à du mal à penser et donc à entreprendre.

Cordialement

* Le Monde Diplomatique n ° 689

05/09/2011, 13:25 | Par Art Monica en réponse au commentaire de Faunus le 05/09/2011 à 11:18

Sauf à poursuivre la chimère d'une humanité entièrement réconciliée, il faudra bien se faire à l'idée que la communauté humaine au sens large est nécessairement traversée d'antagonismes, et que certains d'entre eux s'établissent selon les tracés des nations (Lordon).

 

Un message qui n'est pas audible par la doxa de gauche, convaincue de sa bonne pensée.

05/09/2011, 17:51 | Par gerald rossell en réponse au commentaire de Art Monica le 05/09/2011 à 13:25

forcement

on se bat toujours à partir de sa langue

 

 

05/09/2011, 11:25 | Par malto cortese

Merci beaucoup à l'auteur de cette analyse, excellent outil pédagogique , de mon point de vue; ce qui est grave, c'est que cette nécessaire pédagogie de nommer le clivage droite / gauche (d'autres s'y essaient également depuis quelque temps), arrive un peu tard; les clivages de toute sorte, eux, sont bien là.

Gardons espoir. Un espoir de discernement et de rassemblement.

@Marie caroline, la junte financière comme vous la nommez justement, n'a t-elle pas tous les attributs de la droite, et même de la droite dure?

 

05/09/2011, 11:37 | Par MARIE CAROLINE PORTEU en réponse au commentaire de malto cortese le 05/09/2011 à 11:25

La junte financière a toutes les caractéristique d'une dictature .. Et les dictatures n'ont pas de tendance gauche ou droite .. Regardez donc l'histoire de nos pays .. Il y en a eu autant de gauche que de droite .

Faire taire les opposants , utiliser les médias et les politiques comme outils de propagande , en faisant en sorte que surtout , ils évitent de poser les bonnes questions .. Les menacer de ne pas leur prêter donc de les mettre dans l'impossibilité de faire fonctionner l'état quand ils sont au pouvoir .

 

La Grèce et l'espagne devraient quand même vous faire réfléchir , sur les réactions dites "de gauche" vis à vis de la junte en question

05/09/2011, 11:57 | Par malto cortese en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/09/2011 à 11:37

Je continue de penser que des régimes marxistes ont dévié vers des dictatures droitières,c'est à dire la confiscation du pouvoir par quelques uns, en l'occurence les membres d'un parti, au nom d'une idéologie de gauche.

05/09/2011, 12:08 | Par MARIE CAROLINE PORTEU en réponse au commentaire de malto cortese le 05/09/2011 à 11:57

Pol Pot , pas plus que l'URSS n'étaient "droitières" ... et pourtant , c'étaient des dictatures

Le fait que la dictature financière soit plus proche du capitalisme sauvage que de tout autre chose , je ne peux que vous le concéder , mais le problème n'est pas là .

 

Tant que les peuples européens passeront leur temps à discuter sur la couleur de l'étiquette , la junte sera tranquille .. Car la seule chose qui lui fait vraiment peur , c'est un véritable rassemblement autour de la notion d'Etat de Droit et une restauration des fondements démocratiques ..

05/09/2011, 13:15 | Par malto cortese en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/09/2011 à 12:08

Là dessus nous nous rejoignons!

05/09/2011, 15:21 | Par [email protected] en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/09/2011 à 12:08

J'ai toujours dit que Staline était un home de droite. Bien plus que Monsieur Thiers.

 

Je ne pense pas que les peuples européens discutent beaucoup de "la couleur de l'étiquette", ils ont autre chose à faire.

 

Construire une fédération européenne "Etat de Droit", je partage cette perspective.

05/09/2011, 18:06 | Par n le brun en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/09/2011 à 12:08

Wilhem Reich dans son analyse de l'Urss montre en quoi elle n'est justement plus progressiste ni révolutionnaire ,très rapidement, et n'a pas mis en place un système de réappropriation et d'autonomie mais un système où une catégorie autoritaire s'est emparé de la production pour son propre pouvoir et explique combien pour le bien commun , il faut étudier ce qui justement permet sa mise en place et ne pas se contenter ni des étiquettes, ni des classes sociales .

En effet, la terminologie est une terminologie économique mais qui n'est pas obligatoirement celle qui est la véritable représentation des êtres , donc un des premiers dangers est de se contenter de celle-ci :

par exemple , un ouvrier même ouvrier peut être réactionnaire et donc faire fonctionner un système qui lui est défavorable .

De même explique-t-il que si la seule loi était économique soit il serait évident de se mettre en grève , soit le vol serait une autre possibilité de rééquilibrage , mais au contraire il y a acceptation , ou peu de résistance en règle générale et en cas de crise , le fascisime peut être choisialors qu'il va contre l'intérêt de l'ensemble.

Ce qu'il explique très bien dans les années 30 ; où une partie de l'ensemble se révolte contre un sentiment d'une injustice réelle mais cette "révolte" n'est en rien un acte révolutionnaire , car il ne s'agit pas de changer pour le bien commun pour un ensemble , mais plutôt une rebellion "infantile " car la solution est de mettre en place une situation autoritaire renvoyant à la famille avec un leader "protecteur " faisant figure de père et la société renvoyée à l'image de patrie , donc de foyer maternel .

Déjà c'est cette démarche qu'incarnait Sarkozy , que les Allemands avaient décrit, s'étonnant que cette figure d'autorité paternelle ait pu marcher auprès des électeurs et électrices .

On continue à voir cela et même si Sarkozy a échoué et s'est montré incapable d'être le "protecteur" , une partie de l'électorat cherche cela et rejette en partie la droite ,comme la gauche, parce qu'elle ne les protège plus , plus leur "famille" et c'est en cela que la démarche est réactionnaire, car c'est bien un intérêt privé et non une démarche de la société qui est induite dans leur revendications .

C'est une représentation plus proche des valeurs traditionnelles de la classe moyenne , y compris pour des classes défavorisées qui ne s'identifient plus à ce que l'on appelle le prolétariat et encore moins les classes défavorisées , percues comme des "êtres barbares, du chaos" .

On retrouve cette représentation véhiculée par les médias pour les émeutes à Londres et la désolarisation des classes moyennes : cf l'article du Monde diplomatique de ce mois et les termes employés pour désigner les émeutiers, dignes d'un Kadafi , sans que personne ne réagisse .

Pour recentrer à gauche réellement et vers des valeurs progressistes , celle-ci ne peut se contenter de la terminologie de la lutte des classes économiques qui n'est pas pertinente dans le ressenti mais encore moins dans le vocabulaire réactionnaire de droite qui ne permet pas de s'émanciper .

D'une part, cela sera jamais à la hauteur ni d'un fasciste, ni d'un réactionnaire mais brouille la perception; d'autre part en faisant cela , elle invalide son but .

Il faut mettre en valeur des propositions concrètes permettant de sortir de la paupérisation et de la stigmatisation ; comme la remise au pas de la finance, mais aussi par exemple une réelle indépendance des femmes qui passe par un statut réellement égalitaire économiquement . Si elles sont isolées face à la société autoritariste comme on l'a vu en Angleterre, avec des moyens très faibles, et une société qui ne prend pas en charge les enfants mais les laisse supporter cette charge , inutile de penser que progressivement ce soit des idéologies fascistes qui gagnent puisqu'à défaut d'autre chose , elles rassurent et exacerbent les frustrations pour en faire leur seul fonctionnement, c'est d'ailleurs leur seule logique .

Le clivage droite / gauche est pertinent , seulement si il y a une gauche consciente de ses buts, si c'est une droite à enrobage social, ce clivage n'existe pas et si elle trop idéologique sans conscience des êtres, elle vire aussi dans un autoritarisme de fonctionnement qui très vite est réactionnaire .

05/09/2011, 12:18 | Par MARIE CAROLINE PORTEU en réponse au commentaire de malto cortese le 05/09/2011 à 11:57

Ou dit autrement : Quand il y a le feu , est-ce le moment de discuter de la couleur de l'uniforme du pompier ???

05/09/2011, 12:21 | Par - en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/09/2011 à 12:18

Une grande échelle ? Et hop ...

 

Vote FN en milieux populaires, « le point de rupture »

Daniel Bernard - Marianne | Lundi 5 Septembre 2011 à 12:01 | Lu 294 fois

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Selon l'essai d'Alain Mergier, sociologue, et Jérôme Fourquet, sondeur, Marine Le Pen profite notamment du discrédit des autres candidats, suspectés de connivence avec les milieux affairistes et financiers, et dont la figure emblématique est Nicolas Sarkozy.

(La direction du Front national - Wikimedia)

(La direction du Front national - Wikimedia)


Amis internautes, accrochez-vous au bastingage. Il n’est pas habituel de publier, dans la presse ou sur internet, d’aussi longs extraits d’un ouvrage. Mais l’opuscule d’Alain Mergier et Jérôme Fourquet n’est pas ordinaire.

D’abord parce qu’il est gratuit et téléchargeable sur le site de la Fondation Jean Jaurès. Au-delà, dans Le point de rupture, le sociologue et le sondeur renverse la perspective sur le vote FN. Par leur approche croisée des milieux populaires, ils ne se cantonnent pas dans le vote Marine Le Pen, mais cherchent à capter l’attente à laquelle la candidate du Front national semble répondre. Utile, percutant, éclairant.

En outre, cette approche contraint les lecteurs, citoyens et candidats, à imaginer les réponses politiques calibrées pour répondre, sur la forme et le fond, à l’appel d’une partie non négligeable de l’électorat français. Après ce livre, plus personne n’aura d’excuse pour gloser sur l’idéologie de Marine Le Pen. En 2006, Alain Mergier et Philippe Guibert avaient livré, avec Le descenseur social, la clé de l’élection présidentielle. A coup sûr, le texte, dont nous avons extrait quelques pépites, aide à deviner et permettra de décrypter le scrutin qui s’annonce.


EN VOICI DONC QUELQUES EXTRAITS...

A l’enquête sur les milieux populaires que nous avions réalisée en 2006 avec Philippe Guibert, nous avions donné le titre deDescenseur social6. Nous constations que, pour les milieux populaires, l’avenir s’était assombri. En contradiction avec la promesse républicaine que constitue l’ascenseur social, les Français des milieux populaires craignaient de vivre moins bien demain et avaient surtout peur que leurs enfants aient une vie plus difficile que la leur. Nous décrivions donc une crise de l’avenir proche, personnelle et générationnelle. Cinq ans après, les milieux populaires n’en sont manifestement plus là. Il ne s’agit plus pour eux d’une crise de l’avenir proche mais d’une crise du présent. D’une crise de la vie quotidienne dans son immédiateté. Loin de se substituer à la précédente, cette crise s’y additionne. Par un effet cumulatif, non seulement le présent semble de plus en plus difficile à vivre, mais on ne peut pas le considérer comme un mauvais moment à passer : les perspectives, les projections dans l’avenir proche ou lointain semblent tout aussi impossibles qu’il y a cinq ans. La sortie de crise n’apparaît alors pour les milieux populaires que comme une figure de communication politique sans aucun rapport avec la réalité actuelle ni avec la marche du monde.

La conjonction des crises du présent et de l’avenir proche est d’autant plus difficile à accepter qu’elle ne concerne pas que soi, mais aussi ses enfants. Cette extension générationnelle donne à cette double crise le caractère tragique du dérèglement d’une société qui sacrifie ses enfants. Ce sentiment de sacrifice suscite bien des questions : au profit de qui ou de quoi ? Est-ce que cela mène à quelque chose ? Y a-t-il une perspective qui se dessine ? Ou bien au contraire n’est-ce que le résultat d’un phénomène de délitement progressif de la nation ? Finalement, n’est-ce pas la France qui sombre inexorablement ? Cette hypothèse est d’autant plus présente que cette crise du quotidien se développe sur fond d’une mondialisation médiatiquement très présente. L’hypothèse du délitement de la nation auquel ces raisonnements conduisent constitue le troisième registre de l’insécurisation, celui du pacte social. Il renvoie à tout ce qui règle les modes de vie, aussi bien qu’aux grands mécanismes de la société, économie, justice, éducation, etc. Nous avons vu que les atteintes à la laïcité dans certaines situations, la figure des tricheurs et profiteurs économiques et la corrélation entre enrichissement des uns et appauvrissement des autres ruinent l’idée même de ce pacte. Nous sommes face à un effet de système : l’insécurité ressentie corporellement par l’individu au travers de la peur se concrétise dans la fragilisation de sa place d’acteur et prend un sens négatif dans l’effondrement du contrat social. Le processus d’insécurisation structure le discours des milieux populaires, traversant tout le spectre de leur expérience sociale, l’organisant, depuis le vécu personnel et quotidien jusqu’à une interprétation plus abstraite et globale de la situation du pays. Le troisième registre d’insécurisation se concrétise autour de la question de l’injustice.

L’injustice apparaît aujourd’hui moins liée aux inégalités qu’aux détournements du fonctionnement social. Les milieux populaires détestent les tricheurs, les profiteurs, ceux qui, selon eux, ne jouent pas le jeu. Dans leur imaginaire, il y a, d’une part, les profiteurs d’en bas : ceux qui trichent avec les prestations sociales, ceux qui travaillent au noir, ceux qui savent se débrouiller pour obtenir des aides, des logements. Ce n’est pas nouveau. Envers cette population, souvent perçue comme étant d’origine immigrée, s’est développé depuis des années un fort sentiment d’injustice, qui va grandissant au fur et à mesure que la situation personnelle se dégrade dans les milieux populaires, que la situation économique du pays s’aggrave, que les prestations sociales s’amenuisent. Ce sentiment d’injustice par le bas menant à la dénonciation de l’assistanat se double aujourd’hui d’un sentiment d’injustice par le haut – ou pour mieux dire par le très haut – de la société. Là encore des profiteurs, là encore des tricheurs. Mais d’un autre calibre. Ce n’est pas tant l’écart considérable qui sépare les milieux populaires de
« l’oligarchie financière » – grands patrons, actionnaires du CAC 40, traders, etc. – qui est ressenti comme une injustice inacceptable, que le fait que cet écart se creuse.

Alors même que la situation des milieux populaires se dégrade économiquement, alors même que les fins de mois sont de plus en plus difficiles à boucler, les médias annoncent des résultats historiques pour les entreprises du CAC 40. Parmi elles, certaines sont emblématiques : les banques, notamment la Société Générale, sauvées par l’Etat pendant la crise financière mais qui n’a pas contribué, en échange, à la relance de l’économie selon les milieux populaires. Tricheuses, donc, les banques qui n’ont pas joué le jeu. Tricheurs, Total et les distributeurs qui, manifestement, se portent très bien alors que le coût des carburants et les prix alimentaires flambent. Qui plus est quand la communication gouvernementale évoque ces résultats comme un indice positif de sortie de crise. Fin 2010 et début 2011, les milieux populaires parviennentà la conclusion qu’il y a sortie de crise pour les puissants et aggravation de la crise pour les autres. (...)

Mais il y a pire : l’idée naît peu à peu d’une relation de cause à effet entre ces deux mouvements. Le constat
« plus nous nous fragilisons, plus ils se renforcent » devient alors : « notre affaiblissement permet leur renforcement ». Et il y a pire encore : cette corrélation serait délibérée. Il y aurait volonté de la part du vrai pouvoir – celui des marchés financiers – de vulnérabiliser les populations pour renforcer leur puissance. Or, selon les milieux populaires, cette oligarchie financière est caractérisée par son rôle d’acteur de la mondialisation. Ce sont ses membres qui profitent de la mondialisation. C’est à travers eux que la mondialisation progresse inexorablement et impose sa loi aux nations en général et à la France en particulier. Autrement dit, cette oligarchie est le levier de la mondialisation dont la France est l’objet.

Ajoutons que la répétition des scandales politico-affairistesa renforcé l’idée d’une intrication des acteurs politiques et des milieux de la mondialisation financière, si bien que le pouvoir en place apparaît comme partie prenante de cette injustice. Nicolas Sarkozy, ancien maire de Neuilly, est souvent dépeint comme
« le président des très riches ». (…)

De tout ceci résultent deux grandes conséquences. D’une part, les milieux populaires perçoivent de plus en plus nettement qu’ils sont en train de financer la mondialisation, que c’est sur leur dos qu’elle progresse en France. D’autre part, pour contrecarrer ce processus inacceptable, les électeurs que nous avons rencontrés jugent les hommes politiques de gauche trop tièdes face à la mondialisation et ceux de droite trop impliqués dans ses intérêts. Au travers du délitement de leur quotidien, ils se sentent deux fois sacrifiés sur l’autel de la mondialisation et de ses flux dérégulés : flux migratoires et flux financiers. L’Europe manque à sa place. Par mollesse, elle expose la France au lieu de la protéger dans un monde de guerre concurrentielle, elle l’affaiblit par sa monnaie au lieu de la renforcer pour affronter le géant
« tricheur » qu’est la Chine aux yeux des milieux populaires. (…)

Mais s’il en est ainsi, si les acteurs politiques ne peuvent plus que mettre en oeuvre ce qui leur est imposé par les marchés financiers, par l’Europe, par la dette, alors peu importe qu’ils soient de droite ou de gauche. Les différences liées à l’opposition idéologique perdent leur pertinence. Ce thème de l’
« UMPS », introduit par Jean-Marie Le Pen, évolue aujourd’hui. L’idée d’une collusion entre les deux grands partis politiques peut persister chez des électeurs habituels du Front national, mais elle est moins présente chez ceux qui sont tentés par ce vote en 2012. Chez ces derniers domine l’idée que la différenciation entre l’UMP et le Parti socialiste ne se situe pas au bon endroit. Si le terme d’UMPS retrouve une pertinence pour eux, s’ils reprennent le refrain du « bonnet blanc et blanc bonnet », ce n’est pas seulement parce que, à droite comme à gauche, ce sont les mêmes, mais pour une autre raison, plus fondamentale : leurs différences – et même leur absence de différence – importe peu puisque, qu’ils soient de gauche ou de droite, tous sont soumis aux mêmes restrictions de pouvoir. Pour que la différenciation gauche / droite soit pertinente, il faut que les différences puissent s’exprimer. L’existence de marges de manoeuvre permettant d’opérer des choix motivés par des positions politiques distinctes est la condition de la différenciation. Sans espace d’expression, les différences entre gauche et droite perdent leur signification. Pour des ex-électeurs de gauche ou de droite, le sens du sigle UMPS ne signifie pas seulement « ce sont les mêmes à l’UMP et au PS » mais : « même s’ils n’étaient pas semblables, cela ne changerait rien, cela revient au même puisqu’ils sont les uns comme les autres frappés par la triple confiscation du pouvoir par les marchés financiers, les contraintes européennes et la dette ». Doit-on conclure que toutes les offres politiques ne peuvent que s’équivaloir à force de ne plus valoir grand-chose ? Doit-on conclure que les Français les plus sensibles à cette perte que subit le pouvoir politique ne croient plus à la politique ? Ne comptent plus sur elle ?


LA POLITIQUE, LES POLITIQUES ET LES ACTEURS POLITIQUES

Le penser serait se tromper sur les raisons de l’émergence de Marine Le Pen. Le personnel politique est largement discrédité, ce n’est pas nouveau et cela ne va pas en s’améliorant. L’image de la connivence avec les milieux affairistes et financiers s’est accentuée au cours des quatre dernières années. On l’a dit, Nicolas Sarkozy en est la figure emblématique. La sphère politique, elle, nous venons de le voir, est perçue comme étant frappée d’impuissance. Pour autant, la politique comme mode d’action sur la réalité ne fait pas l’objet de rejet de la part des milieux populaires. Les catégories populaires sont bien loin d’abandonner tout espoir politique, contrairement à ce que les discours d’experts répètent avec une certaine insistance.

Les Français et, de façon plus prononcée, les milieux populaires nourrissent une attente forte envers la politique et ont, en même temps, une image négative du personnel politique et de ses possibilités d’agir. Rien de contradictoire ici : plus l’attente est forte, plus sévère est le jugement. Ces considérations nous conduisent à aborder une question fondamentale : si la notion d’UMPS est aux yeux 6 d’une partie importante des milieux populaires si juste, c’est que le clivage politique pertinent pour eux n’est plus l’opposition entre gauche et droite. Nous le savons au moins depuis 2002. Mais la situation a changé. Pendant une longue période, la perte de pertinence du clivage gauche / droite a eu pour corollaire, au-delà des milieux populaires d’ailleurs, une perte de sens du politique, favorisant des transferts de voix des partis
« de gouvernement » vers les partis d’extrême droite ou d’extrême gauche, mais aussi un désinvestissement se traduisant par l’abstention. On l’a assez souligné, une bonne part de la montée en puissance du Front national en 2002 est liée à un mécanisme négatif : le rejet de l’UMP et du PS, rejet couplé de ces deux partis liés par leur équivalence. Pourtant, nous ne pensons pas que la situation soit aujourd’hui similaire à 2002. Il y a une différence majeure. La perte de pertinence du clivage gauche /droite était liée à la difficulté d’imaginer un enjeu clivant d’une envergure suffisante pour structurer le débat politique. En 2011, un enjeu de ce niveau réapparaît. On l’a vu, les milieux populaires pensent que les marchés financiers et l’Europe ont rendu impuissants les politiques et, malgré ce constat, espèrent encore dans la politique. L’idée qu’il puisse y avoir un clivage en matière d’offre politique est donc sous-jacente à cette attente envers le politique.

La question centrale devient donc : en quoi les offres politiques se distinguent-elles dans leur capacité à reprendre sinon le pouvoir du moins du pouvoir sur l’association marchés financiers / Europe / dette ? Il y a alors deux catégories d’offres politiques : celles qui rendent la sortie de l’impuissance politique envisageable, et celles qui ne le font pas. Celles qui le font sont en capacité de dire comment elles recréent des marges de manœuvres suffisantes pour reprendre politiquement
« les choses en main », pour changer la réalité et non plus s’y plier. Cette capacité est celle d’aller à l’encontre de ce qui aujourd’hui corsète le politique, c’est-à-dire ce qui en limite le champ, en restreint la portée, en confine l’action à la gestion de ce qui est imposé. Il s’agit donc d’aller à l’encontre de ce qui constitue et dessine les limites du champ politique, de ce qui le constitue actuellement.

Cette capacité est celle du refus, de la contestation. Tout semble joué d’avance, tout semble surdéterminé,
« plié » mais, en même temps, les Français demeurent adeptes du volontarisme politique (« quand on veut on peut », maxime qui avait contribué au succès de Nicolas Sarkozy en 2007). Plus la situation paraît contrainte, plus le volontarisme politique s’impose comme valeur fondamentale. Face au pouvoir hégémonique des marchés financiers et aux contraintes européennes, les Français estiment que le rétablissement du pouvoir politique est possible. Les milieux populaires se distinguent en étant très en pointe sur cette vision qui devient, chez eux, une attente centrale. Ce rétablissement est non seulement possible, mais il est nécessaire. Il constitue la condition sine qua non de la crédibilité de l’offre politique. La croyance dans la politique sous l’aspect du volontarisme pose un problème dans l’argumentation. La confiance dans la politique tend, pour les milieux populaires, à être conditionnée par un volontarisme exprimé par le refus de se soumettre à ce qui est vécu comme un diktat des marchés financiers et de l’Europe. Les argumentations relevant de rationalités structurant le réalisme politique actuel perdent de leur efficacité : la rigueur budgétaire, l’appartenance européenne, l’ouverture nécessaire sur les marchés mondialisés... Pour une partie de l’électorat populaire, la crédibilité du socle commun aux partis de gouvernement perd sa fonction de référent politique établissant le champ dans lequel se déploie le débat. Autrement dit, face à un discours de Marine Le Pen, dont la posture revendiquée est celle du volontarisme politique, les argumentations fondées sur le peu de sérieux de ses propositions se heurtent au moins pour l’instant à une difficulté logique : l’échelle du sérieux est établie par ceux-là mêmes qui en dénoncent l’absence, en référence à des vérités données comme indéniables : l’Europe, l’euro, la concurrence mondiale, etc. Certes, cette échelle de valeurs n’est pas favorable au discours de Marine Le Pen mais elle est remise en cause par une autre échelle de valeurs qui est celle du volontarisme politique. Plus l’énonciateur est haut placé sur l’échelle du volontarisme, moins il est affecté par l’échelle de valeur des « réalités indéniables ».

Tout se passe donc comme si le volontarisme politique permettait de nier ce qui est donné comme indéniable et de se libérer d’une réalité vécue aujourd’hui comme extrêmement contrainte par l’ensemble des Français. Et insupportable par les plus vulnérables d’entre eux. Le refus des
« indéniables réalités » chères aux élites conditionne aujourd’hui pour les milieux populaires la crédibilité politique.

Les milieux populaires sont confrontés à une difficulté : comment trouver une sortie, en urgence, à une situation devenue à la fois insupportable et si incroyablement complexe qu’elle paraît impossible à démêler ? L’attente politique ne se formule plus sur le registre de l’action ou, si l’on préfère, sur le registre du programme mais sur celui laires, à être conditionnée par un volontarisme exprimé par le refus de se soumettre à ce qui est vécu comme un diktat des marchés financiers et de l’Europe. Les argumentations relevant de rationalités structurant le réalisme politique actuel perdent de leur efficacité : la rigueur budgétaire, l’appartenance européenne, l’ouverture nécessaire sur les marchés mondialisés... Pour une partie de l’électorat populaire, la crédibilité du socle commun aux partis de gouvernement perd sa fonction de référent politique établissant le champ dans lequel se déploie le débat. Autrement dit, face à un discours de Marine Le Pen, dont la posture revendiquée est celle du volontarisme politique, les argumentations fondées sur le peu de sérieux de ses propositions se heurtent au moins pour l’instant à une difficulté logique : l’échelle du sérieux est établie par ceux-là mêmes qui en dénoncent l’absence, en référence à des vérités données comme indéniables : l’Europe, l’euro, la concurrence mondiale, etc. Certes, cette échelle de valeurs n’est pas favorable au discours de Marine Le Pen mais elle est remise en cause par une autre échelle de valeurs qui est celle du volontarisme politique. Plus l’énonciateur est haut placé sur l’échelle du volontarisme, moins il est affecté par l’échelle de valeur des
« réalités indéniables ».


 

 

 

05/09/2011, 15:13 | Par malto cortese en réponse au commentaire de - le 05/09/2011 à 12:21

Texte intéressant; en ce qui est de la mondialisation, celle ci n'est pas une idéologie, c'est un état de fait: la planète s'est soudainement rétrécie, tant par la réduction du temps de déplacement, que par l'instantanéité des communications, l'inter dépendance des échanges commerciaux, la question de l'impact écologique des populations sur la Terre;

les oligarques en font une idéologie, sauf que c'est leur mondialisation, leur crise, leur dette ;

c'est intéressant également d'écouter l'historien Dominique Vidal sur la façon dont le FN fait son marché dans les idées de gauche, et ne peut être combattu par l'invective et le rejet.

05/09/2011, 13:23 | Par Art Monica en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/09/2011 à 12:18

Merci de regarder le feu, Marie-Caroline, et non les barrettes sur les costumesTranquile

05/09/2011, 13:57 | Par - en réponse au commentaire de Art Monica le 05/09/2011 à 13:23

Et hop ...

 

 

au feu les pompiers

Couplet 1

Au feu, les pompiers,

V’là la maison qui brûle !

Au feu, les pompiers,

V’là la maison brûlée !

Couplet 2

C’est pas moi qui l’ai brûlée,

C’est la cantinière,

C’est pas moi qui l’ai brûlée,

C’est le cantinier.

 

07/09/2011, 11:05 | Par Virgil Brill en réponse au commentaire de Art Monica le 05/09/2011 à 13:23

Marie Caroline Porteu et Art Monica

 

Les filles, sur ce coup là je vous trouve un peu…hum, distraites.

RMJ a clairement (tout son billet est d'une clarté époustouflante) distingué le registre des valeurs de celui des étiquettes.

D'une façon générale je vois qu'il avait répondu d'avance à la plupart des objections qui lui sont faites dans les commentaires...

05/09/2011, 13:16 | Par mtb74 en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/09/2011 à 11:37

Qu'une dictature puisse se dire de droite ou de gauche, et qu'il en ait en effet existé de différentes formes, ne signifie aucunement que toutes les dictatures se ressemblent, et encore moins que la différence entre "droite" et "gauche" soit oblitérée.

Si on accepte de définir comme "de droite" la confiscation par quelques-uns du bien commun de l'humanité et des richesses produites par le plus grand nombre, et comme "de gauche" la répartition la plus juste possible de ces mêmes richesses entre tous, alors nous vivons bien dans une dictature financière "de droite". Dictature qui ne se perpétue pas par l'emprisonnement et la torture (tout au moins chez nous) mais dictature néanmoins.

05/09/2011, 19:40 | Par mtb74 en réponse au commentaire de [email protected] le 05/09/2011 à 14:42

Oui, puisqu'elles essaient de maintenir par la force le pouvoir de quelques-uns sur tous. Ça c'est être "de droite", pas "de gauche".

Mais en tirer argument pour dire que la gauche et la droite c'est pareil c'est sauter dans une autre dimension logique, qui m'échappe.

Alors finalement on est d'accord? Clin d'oeil

06/09/2011, 16:15 | Par [email protected] en réponse au commentaire de mtb74 le 05/09/2011 à 19:40

Pour ma part, je ne dis pas du tout (je n'ai jamais dit et je ne dirai probablement jamais avant d'être atteint de naseaux aux gémonies ou je ne sais quoi) que droite et gauche c'est pareil. Je pense, à rebours, que c'est la même chose sauf que c'est le contraire. La droite tire vers la réaction, la gauche vers le progrès. Reste à définir réaction et progrès de façon opératoire, ce qui n'est pas donné.

05/09/2011, 14:05 | Par Art Monica en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/09/2011 à 11:37

Et rappelons que les Mouvements citoyens d'Indignés qui ont éclos dans le monde se situent au-delà, et en dehors, du clivage droite/gauche.

 

Sans doute une condition nécessaire à leur émergence, inexistante en France du fait d'une polarisation pléthorique.

05/09/2011, 14:13 | Par [email protected] en réponse au commentaire de Art Monica le 05/09/2011 à 14:05

Si la droite c'est l'Ordre (pas l'ordre juste, mais le désordre établi), la crispation sur l'institué, et si la gauche c'est le Mouvement vers le progrès et la générosité de l'instituant,, alors il me semble que les indignés - en dépit de toutes leurs limites - évoluent nettement à gauche.

05/09/2011, 14:43 | Par Art Monica en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/09/2011 à 14:16

Cher Melchior,

 

Si Les Indignés se définissent eux-mêmes au-delà de la polarisation, pourquoi et au nom de quel dogme les y réintroduirions-nous? Ce qui nous importe, c'est ce qu'ils font et comment ils le font. Pas comment ils se dénomment selon nous. Ils sont Indignés (et nous décrivons contre quoi).

 

Si un pays ne peut pas être gouverné par moitiés opposées l'une à l'autre (vous-même parlez du centre) il ne se mettra pas en mouvement en se collant des étiquettes ("il est de droite", "je suis de gauche"), mais en adoptant des principes radicaux de lutte contre l'ordre et le désordre générateurs d'injustice.

 

Beaucoup de personnes ne se retrouvent pas, ou plus, dans ces qualifications, notamment à cause de tout ce qui s'est passé "à gauche"en France et ailleurs (qu'on appelle ces dérives une déviance ou un défaut structurel). C'est un peu comme ces gens qui crient contre "le féminisme" alors qu'ils le mettent en oeuvre.

 

Ce n'est pas le mot qui compte, mais l'analyse qui porte la lutte.

05/09/2011, 15:27 | Par malto cortese en réponse au commentaire de Art Monica le 05/09/2011 à 14:43

Je suis d'accord avec vous, Art Monica, mais si les Indignés ne sont pas entendus,et qu'il ne se passe rien, que feront-ils au moment des urnes, vont-ils s'abstenir majoritairement?

05/09/2011, 17:58 | Par Art Monica en réponse au commentaire de malto cortese le 05/09/2011 à 15:27

Les Indignés auront-ils le choix dans les urnes?

 

Partis de droite et socialiste leur proposent la règle d'or pour obtenir la "bonne note" en pratiquant encore plus de rigueur.

 

Il semble n'y avoir à ce jour aucune alternative partidaire, ce qui montre la nécessité d'un mouvement citoyen européen, faisant pression pour refuser ces solutions iniques. Il reste à espérer qu'ils s'organiseront et rencontreront sur leur route un certain nombre de groupes politiques...

05/09/2011, 15:30 | Par [email protected] en réponse au commentaire de Art Monica le 05/09/2011 à 14:43

Je ne force personne à se dire de gauche. Je dis que quand les Indignés en arriveront à donner un débouché politique à leur lutte ils se situeront tout naturellement à gauche, sans qu'il soit besoin de leur fournir étiquette et petit pot de colle.

Je ne fais pas de politique, mais...

Je ne suis pas féministe, mais...

 

Phrases finalement assez sympathiques, mais qui ont pour pendant:

"Je ne suis pas raciste, mais...

"Je ne suis pas nationaliste, mais..."

 

La conscience politique est chose complexe.

09/09/2011, 15:46 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Art Monica le 05/09/2011 à 14:43

Les indignés sont du bord opposé à celui de ceux contre lesquels ils s'indignent.

Lesquels me paraîssent plutôt de droite...

Donc...

05/09/2011, 14:51 | Par [email protected] en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/09/2011 à 14:16

L'instauration d'un Etat de Droit est un processus de gauche. Dans le cadre de l'Etat de Droit, la lutte politique se poursuit, pacifiée, entre une tendance à maintenir l'ordre établi (tendancede droite) et une tendance à aller plus loin vers la réalisation des idéaux humanistes (tendance de gauche). Vouloir sortir de l'Etat de Droit conduit toujours, très naturellement par la droite, paradoxalement par la gauche, à un processus de droite et à une dictature, anti-humaniste par nature.

09/09/2011, 18:29 | Par cereb en réponse au commentaire de MARIE CAROLINE PORTEU le 05/09/2011 à 14:16

 

L'état de droit?

ni contenant ni contenu

conditions existentielles d'égalité réelle et d'ordre juste !

07/09/2011, 11:08 | Par Virgil Brill en réponse au commentaire de Art Monica le 05/09/2011 à 14:05

Art Monica

 

Et rappelons que les Mouvements citoyens d'Indignés qui ont éclos dans le monde se situent au-delà, et en dehors, du clivage droite/gauche.

Précisons : du clivage partidaire droite/gauche.

 

 

07/09/2011, 11:17 | Par [email protected] en réponse au commentaire de Virgil Brill le 07/09/2011 à 11:08

En effet. Ils sont beaucoup plus apartidaires qu'apolitiques. Les émeutiers du 14 juillet 1789, interrogés, auraient répondu comme un seul homme ou presque: "Oh moi mon bon monsieur, j'fais pas de politique, je veux seulement que..."

05/09/2011, 11:28 | Par Jean-Paul Moreau

En tant qu'analyse, description, mise en perspective, de la situation desesperee ou nous nous trouvons, le texte de M.Jennar est un chef d'oeuvre insurpassabe, absolu.

L'absence de consignes (en tous cas de recommendations) d'action precises en conclusion est certes frustrante. C'est pire qu'en Juin 1940. En ce temps la, on pouvait au moins voler une barque et rejoindre de Gaulle a Londres. Mais aujourd'hui, qui rejoindre ?

Plutot que jadis "La flamme de la resistance", pour le moment, c'est "l'indicible espoir" qui nous fait tenir.

Pas d'illusion. Ce n'est pas seulement que "la tache est immense": Nous avons devant nous quelques annees terribles. On ne sait pas combien. Dans quel etat en sortirons nous ?

05/09/2011, 11:54 | Par JJMU en réponse au commentaire de Jean-Paul Moreau le 05/09/2011 à 11:28

C'est effectivement le point de crise extrême auquel nous sommes tous soumis : se soumettre ou se démettre.

Nous en sommes tous et toutes, chacun, chacune, dans nos boulots respectifs, à ce point de double contrainte, où, quoi qu'on choisira, comme moindre mal, ce sera toujours une mauvaise solution ; et nous aurons toujours tort : ou bien contre l'autre, le puissant, ou bien contre nous, les misérables.

Gauche ou droite m'importe peu. Je veux bien que d'autres courent après l'argent pourvu que le reste de l'humanité ne soit pas maintenue dans la pauvreté.

Depuis la fin des années 1990, les objecteurs de croissance font de mieux en mieux entendre l'idée d'un revenu inconditionnel d'existence. Nos personnels politiques restent sourds à ce jour aux études pourtant brillantes qui en prouvent la mise en place. Et ce n'est pas parce qu'une bien-pensance de droite y serait sensible (avec des bémols qui frisent l'inacceptable charité religieuse) que la gauche n'aurait pas à prendre en charge cette solution qui permet en toute objectivité de sauver 7 milliards d'individus dans la planète.

......

J'insiste : il nous faut tous et ensemble sortir de ce système qui nous emprisonne : l'étouffement est arrivé à son point de rupture maximum.

Aucune solution de rustine, aucune solution temporaire ou locale, non non non, ce serait perpétuer ce système libéral qui nous écrase !... Non !... Je réclame une solution universelle applicable par chaque nation selon son PIB : et c'est possible, chacun à son rythme, selon les moyens considérés.

Aucune concession au libéralisme : en finir définitivement avec les dictatures économiques et financières et obliger les politiques à proposer des mesures dans ce sens.

Agir sur le politique.

Ou c'en est fait : de nous, passe encore. Mais il y a nos enfants, à qui nous avons parlé d'épanouissement, de partage et de justice.

Jean-Jacques M’µ

07/09/2011, 11:36 | Par Virgil Brill en réponse au commentaire de Jean-Paul Moreau le 05/09/2011 à 11:28

Jean-Paul Moreau

- Je suis d'accord avec vous sur la qualité de ce véritable vademecum articulé et rédigé avec une rare combinaison de vision synthétique qui embrasse un large champ et d'attention portée aux éléments concrets.

Pour ma part je me réjouis de l'absence de consignes (en tous cas de recommandations) d'action precises en conclusion. C'est au lecteur attentif de faire le lien avec le champ de l'action politique ici et maintenant.

 

- Je trouve exaspérantes et contre-productives les exclamations de partisans de tel ou telle qui nous assomment avec des "Il n'y en a qu'un (e) et c'est

Un(e)tel(le) !"

Cependant, puisque vous cherchez "la flamme de la résistance" et un débouché dans l'action, je vous suggère de regarder les deux vidéos suivantes :

http://www.dailymotion.com/video/xkvjmh_jean-luc-melenchon-invite-a-l-emission-c-politique-le-04-09-2011_news

http://www.dailymotion.com/video/xkrgy8_jean-luc-melenchon-discours-au-remue-meninges-grenoble_news

Pour ma part, j'avoue que cela m'a redonné un certain courage.

Si vous êtes sensible à ce qui s'exprime dans ces deux vidéos, je vous suggère de les mettre en perspective avec cette analyse :

http://www.marianne2.fr/Vote-FN-en-milieux-populaires-le-point-de-rupture_a209855.html

Il me semble qu'il y a du grain à moudre…

 

09/09/2011, 18:41 | Par cereb en réponse au commentaire de Jean-Paul Moreau le 05/09/2011 à 11:28

"Tout ce que je demande

c'est de vivre assez

pour voir le ciel changer

et le vent tourner"

Eluard je crois !

 

Les principes de notre état de droit sont contenus dans notre constitution!

oui mais dans la mesure où les lois et mesures administratives détournent le sens de ces principes ,où est l'état de droit!

Dans le virtuel de nos illusions!

 

05/09/2011, 11:56 | Par kakadoundiaye

Je ne voudrais pas bouder mon plaisir, ni assombrir celui des autres mais ,et bien que je sois dans l'ensemble d 'accord avec l'historique présenté des relations de classes, je n'y vois rien de plus éclairant que ce qu'un citoyen moyennement informé et réfléchissant ne sache déja;

Il y a quand même quelques petites perles que Marie Caroline a ci-dessus relevé. La gauche n'a rien à faire des bons sentiments . Vous n'avez pas disait Giscard à Mitterand "le monopole du coeur" ( c 'est,je pense, un résumé éclairant des realtions droite/gauche). J'ajouterai ,mais c 'est anectotique, cette phrase " il n'y a jamais eu de société d'individus isolés" Soit c est un oxymore soit c est faux. Cela, en ethno, s 'appelle les isolats. Il y en eu beaucoup. Il y en a encore beaucoup.

Mais l'essentiel n'est pas là. Mais dans cette cécité que je crois voir en oeuvre .

La mondialisation, ou plutôt la financiarisation, la globalisation du monde , quelque soit le nom qu'on veuille bien lui donner s 'est effectué sous l'égide idéologique du neo-libéralisme qui constitue aujourd'hui l'idéologie dominante sans qu'il ait encore trouvé d'idéologie concurrente sinon de fortes poussées à la fois écologiques et altermondialistes comme on parle de poussées de fièvre. La gauche telle que vous la décrivez -celle de Mitterand etc...- est complètement hors jeu, elle entend mettre de la vaseline là où les autres mettent de l'energie, de la vitalité et un sens viril de la domination. On ne joue plus dans la même cour. Le problème n'est plus de mieux redistribuer, de façon plus juste, équitable, les fruits de l'expansion mais bien dans la production et l'ordre du monde.Le problème n'est plus dans de jolies phrases dégoulinantes quelque peu de BONS sentiments "L'émancipation de l'individu en harmonie avec son environnement dans un société organisée en vue de son épanouissement demeure l'objectif global de toute alternative. Il réclame le primat de la souveraineté populaire et une capacité d'action des pouvoirs publics dans le cadre de formes nouvelles de la démocratie interdisant toute espèce .."

J'ai, excusez moi, mais l'impresssion d'entendre un abbé du haut de sa chaire récitant son évangile et d'autant plus rempli de bonnes intentions que sa hierarchie en Amérique Latine et/ou en Afrique bénissait les massacreurs et les assasssins.

Qui ne veut "l'épanouissement" de la société? Même Hitler parlait d'épanouissement. Pinochet aussi, et Wade, récemment, Duvalier hier..

Que signifie le "primat de souveraineté populaire"? L'obligation d'écouter Lady Gaga et/ou Johny Halliday, de bombarder le Palais présidentiel de Cote d 'Ivoire et/ou celui de Tripoli?

Dites " primat de souveraineté populaire" et je sors mon révolver. Pour me suicider bien sur. Je n'en ai pas envie.J'ai 80 ans tous mes cheveux toutes mes dents et la capacité encore de botter le cul à beaucoup. Tous les curés entre autre qui veulent nous charmer et nous faire prendre vessies pour lanternes.

05/09/2011, 12:35 | Par JJMU en réponse au commentaire de kakadoundiaye le 05/09/2011 à 11:56

Bon, Kakadoudiaye, ce n'est très sympa sympa de relever les quelques insuffisances du texte, mais j'ai envie de le prendre comme une réaction qui peut être saine et salutaire à ne pas trop se laisser endormir par nos propres phrases, après tout, ça nous arrive tous, y compris, très certainement à vous aussi, eu égard à votre âge.

Je crois que l'alerte de Raoul-Marc Jennar, qui a lui aussi une certaine expérience de l'Europe et de l'Asie, mérite plus d'attention de la part du monde politique, une fois qu'on aura eu enlevé ces quelques scories que vous avez justement signalées.

Quelques rappels impératifs sur lesquels je reviendrai, au besoin :

- la nécessité de reprendre l'action politique sur les terrains habituels qu'avaient su engager au début du XXe s. les partis ouvriers et paysans, en Europe, en Russie, en Chine... Ce qui reste actuel, c'est la lutte contre les impérialismes, même si les luttes anticoloniales ont débouché de fait sur un néocolonialisme qui ose à peine dire son nom (pensons à la Françaafrique) ;

- la nécessité de réactualiser la reprise en main des ressources locales et la redistribution des richesses, au regard des PIB de chaque pays tant qu'on raisonne en nations souveraines (et je crois savoir que, notamment en Afrique, la souveraineté est souvent la feuille de vigne de potentats oligarchiques et leurs cours corrompues dont les comptes alimentent les banques des paradis fiscaux).

J'en reste là ?...

Jean-Jacques M’µ

(pas facile avec Drupal, parfois on peut mettre des liens pour faciliter les notes et les preuves, parfois non : quelqu'un pourrait voir ça, du côté des web-masters ?...)

07/09/2011, 12:20 | Par Virgil Brill en réponse au commentaire de kakadoundiaye le 05/09/2011 à 11:56

kakadoundiaye

 

J'ai le sentiment que tes objections procèdent d'une lecture réductrice (et peut-être un peu rapide ?) du texte.

 

J'ajouterai ,mais c 'est anectotique, cette phrase " il n'y a jamais eu de société d'individus isolés" Soit c est un oxymore soit c est faux. Cela, en ethno, s 'appelle les isolats. Il y en eu beaucoup. Il y en a encore beaucoup.

Certes.. Mais RM Jennar ne dit pas le contraire. Il parle de société d'individus isolés, pas de sociétés isolées. Tu définis ta remarque comme portant sur un aspect anecdotique alors qu'en fait il s'agit d'un aspect fondamental de la vision hyperlibérale de la société. Et c'est bien à mon avis à cause d'un malentendu induit par une lecture trop rapide.

Quant à ton image de l'abbé du haut de sa chaire elle rappelle judicieusement la question de l'enfumage par les belles paroles qui couvrent (d'un écran de…fumée) des agissements contraires aux principes affirmés. La vigilance à cet égard est toujours d'actualité mais cela ne remet pas en cause la validité des dits principes tels que RMJ les a énoncés.

 

La souveraineté populaire n'est pas censée désigner le primat de la vision du monde propagée par TF1 mais s'opposer à la captation du pouvoir réel de décision par l'oligarchie financière au détriment des instances politiques, censées en démocratie exprimer la "volonté générale". Il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont ça marche (souvent mal) mais c'est un autre sujet…

07/09/2011, 13:09 | Par kakadoundiaye en réponse au commentaire de Virgil Brill le 07/09/2011 à 12:20

@Virgil,

Ok vous avez raison RMJ parle bien de " sociétés d'individus isolés" et non de "sociétés isolés" une lecture peut être, effectivement, rapide, m'a fait déraillé et la "nuance " est de taille.
Mais là aussi.. il y a toujours eu des " sociétés d'individus isolés " Marx en parle d 'abandance :c 'est la métaphore du sac de blé constitué de grains, d'éléments, de parties, d'individus isolés mais qui forment un tout, le sac, le tout, la societé.

Marx utilise cette métaphore pour induire la notion de conscience de classe et parler des raports dialectique entre tout et partie.

Il n'en demeure pas moins et c 'était l'essentiel de ma contriburion que je continue à penser que la Gauche, disons le PS pour être plus précis, est pour moi dans un registre complétement obsolète dépaéssé et ringuard : le problème n 'est plus dans la redistribuition , une meilleure redistribution des frutis de la production mais dans le processus même de production".
Le débat est là et RMJ passe, à mon avis, complètement à coté.

08/09/2011, 09:16 | Par Virgil Brill en réponse au commentaire de kakadoundiaye le 07/09/2011 à 13:09

Kakadoundiaye

 

je continue à penser que la Gauche, disons le PS pour être plus précis, est pour moi dans un registre complétement obsolète dépaéssé et ringuard : le problème n 'est plus dans la redistribuition , une meilleure redistribution des frutis de la production mais dans le processus même de production".

J'ai l'impression que c'est là-dessus que tu travailles au Sénégal. Je pense en effet que c'est une question de fond et qu'elle se pose partout. Mais pourquoi la séparer de la question d'une répartition équitable et solidaire qui est une importante ligne de front dans la lutte contre l'hyperlibéralisme et sa guerre de tous contre tous ?

Je ne pense pas que RMJ passe à côté. Peut-être qu'il te précisera ça dans un prochain billet. J'aimerais bien…

 

 

09/09/2011, 15:29 | Par kakadoundiaye en réponse au commentaire de Virgil Brill le 08/09/2011 à 09:16

@Virgill,

bien sur que je ne peux être contre une redistribution plus équitable. Mais elle porte un autre nom celui de justice fiscale par exemple ou tout simplement de Justice et à un autre but celui de rassembler, autour d 'un projet .

L'important est d'inventer une autre production, une autre consommation, un autre sens social, une autre démocratie, d'autres régles d '"échange etc....à partir bien sur de ce que nous avons, connaissons, aimons et/ou detestons mais de nous tourner vers un ailleurs car le monde est ailleurs par rapport aux réponses qu'apportait la Gauche il y a 50 ans.

09/09/2011, 15:39 | Par [email protected] en réponse au commentaire de kakadoundiaye le 09/09/2011 à 15:29

car le monde est ailleurs par rapport aux réponses qu'apportait la Gauche il y a 50 ans.

C'est ce que je me tue à répéter. Voir mon "Assumer sa gauchitude". Mais on me répond que j'ai vendu mon âme au Grand Vilain Méchant Marché en route vers l'Apocalypse.

09/09/2011, 20:15 | Par Virgil Brill en réponse au commentaire de kakadoundiaye le 09/09/2011 à 15:29

Kakadoundiaye

 

Oui.

Comme souvent (en tout cas avec toi…et quelques autres) il suffit de préciser.

09/09/2011, 18:34 | Par cereb en réponse au commentaire de Virgil Brill le 07/09/2011 à 12:20

 

VOICI un billet de blog

plutôt trapu et nourrissant

à tous point de vue!

appelle des prolongements!

Ici mes petits mots ne sont pas critiques!

05/09/2011, 12:24 | Par -

Et ... " l'indicible espoir " ?

 

Et si la mondialisation était positive ?

Elie Arié - Tribune | Lundi 5 Septembre 2011 à 05:01 | Lu 1675 fois

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Remise en cause de l'ordre établi, progrès sociétaux : nombreux, pour cet amoureux des paradoxes qu'est Elie Arié, sont les points positifs liées à la mondialisation. Et même s'il y a une sorte de vertige à considérer tout ce qui aura été balayé en une trentaine d’années, remarque-t-il, cela n'empêchera pas pour autant les générations futures d'écrire leur histoire...

(Dessin : Louison)

(Dessin : Louison)

l y a de nombreux éléments réconfortants dans certaines disparitions liées à la mondialisation, et que l’on ne peut qu’espérer définitives.

La plus positive est sans doute celle des grands appareils à penser, religieux ou politiques, dans lesquels il ne faisait pas bon manifester ses divergences : car le plus grand des crimes, le seul à y être vraiment imprescriptible, était celui de s‘être opposé à la hiérarchie, à tort ou à raison ; crime qui restait impardonnable même si celle-ci venait ultérieurement à admettre les positions de ses contradicteurs : il a fallu plusieurs siècles à l’Eglise pour réhabiliter Galilée en toute discrétion et de mauvaise grâce – on sentait bien que le cœur n’y était pas – et Kravtchenko, qui fut le premier à faire état des camps staliniens, attendra éternellement de ne plus être considéré comme un « traître » par tous les communistes qui l’avaient si copieusement injurié à l’époque et qui ne nient pourtant plus aujourd’hui leur existence.

Positifs, sans doute, et conséquence directe de cet effondrement de la tyrannie des systèmes imposés, les progrès des libertés dites « sociétales », des conditions des femmes, des libertés de comportement et des mœurs individuelles, notamment sexuelles.

Positifs, sans doute, dans l’absolu, les changements permanents et à un rythme accéléré de toutes les professions, la disparition de beaucoup d’entre elles et l’apparition incessante de nouvelles, obligeant chacun à s’adapter et à évoluer sans cesse, à en changer plusieurs fois dans sa vie, voire à en inventer lui-même, permettant l’épanouissement de toutes les capacités d’imagination, de créativité et d’initiative, et libérant enfin les hommes du lugubre enfermement dans la même activité répétitive et toujours identique à elle-même, exercée de la même façon immuable et au même endroit toute leur vie, alors qu’ils n’en disposent que d’une seule ; enfermement pourtant recherché par certains, au nom d’une illusoire sécurité dont ne bénéficient effectivement que les condamnés à la prison perpétuelle (1). Encore faut-il ne pas avoir la malchance de vivre cette mutation dans des pays, comme la France, voués à la décroissance économique, et dans lesquels la débrouillardise obligée ne sera que la condition pour pouvoir survivre de petits boulots en contrats éphémères…

Positif enfin, peut-être, Internet, en tant que moyen de communication globale, si nous parvenions un jour à trouver le moyen de le doter du recul indispensable à toute réflexion, alors qu’il n’est aujourd’hui qu’un outil de décervelage, de diffusion d’informations invérifiables, de rumeurs, de fantasmes, et du triomphe de la réaction immédiate et purement émotionnelle.

On ne peut néanmoins qu’être saisi d’une sorte de vertige à la vue de tout ce qui aura été balayé en une trentaine d’années et qui paraissait éternel : le sentiment de vivre en démocratie et de pouvoir influer sur la politique de son pays, l’engagement militant désintéressé, tous les systèmes de valeurs autres que celles du CAC-40, la recherche de davantage d’égalitarisme et de justice sociale, la solidarité collective, le patriotisme, le respect du savoir, des connaissances, et de la rigueur intellectuelle…Difficile, par exemple, de ne pas considérer comme une démarche voulue par les pouvoirs financiers qui dominent le monde la régression de tout esprit critique grâce à un mode d’enseignement qui privilégie l’acquisition des seules connaissances techniques porteuses potentielles de rentabilité, mais qui a su imposer, pour créer des citoyens majoritairement dociles, le « pédagogisme » démagogique et le mythe des connaissances qui pourraient s’acquérir passivement par seule immersion dans une école-lieu-de-vie-épanouissant et en se dispensant de la contrainte ingrate de l’effort personnel.

Après le maelström qui a vu se succéder, en France, en à peine 25 ans, la Révolution, le Directoire, le Consulat, l’Empire et la Restauration monarchique, Alfred de Musset pouvait écrire : «Alors, sur ce monde en ruines, s’assit une jeunesse soucieuse» (2) Celle d’aujourd’hui se trouve à nouveau face à une page blanche, et tout dépend de ce qu’elle saura y inscrire , sans chercher à reconstituer le passé ; son grand atout est qu’elle l’ignore largement, grâce à cette inculture qui pourrait bien se retourner contre ceux qui l’ont sciemment organisée ; car les mieux armés pour écrire l’Histoire d’un monde nouveau sont toujours ceux qui ont oublié les chapitres précédents, ou, mieux encore, qui ne les ont jamais lus.

(1) «Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux.», phrase attribuée à Benjamin Franklin

(2) « Confession d’un enfant du siècle », 1836

05/09/2011, 15:52 | Par Leséparges en réponse au commentaire de - le 05/09/2011 à 12:24

Merci de laisser Elie Arié à ses élucubrations sur Marianne 2 où il peut émettre des opinions à l'abri de la contestation et merci de ne pas nous faire de copié collés trop volumineux et indigestes .

Quelques lignes de votre main et des liens sont préférables .

05/09/2011, 16:21 | Par - en réponse au commentaire de Leséparges le 05/09/2011 à 15:52

Quel bel esprit de tolérance !

Et si ce copié-collé vous dérange , alertez votre censeuse , votre dirlo , l'auteur de ce billet et demandez lui de faire disparaître ce texte .

Parfois je préfère lire certains articles volumineux que lire dans les lignes de votre main .... je n'ose même pas vous dire ce que je devine : trop volumineux et çà pourrait aussi vous rester sur l'estomac !

05/09/2011, 17:02 | Par - en réponse au commentaire de Leséparges le 05/09/2011 à 15:52

Et puis , cher Lesérpages ...

Pas d'inquiétude , mon abonnement se termine très bientôt , alors j'en profite encore un peu ... j'aime pas les liens trop sérrés et comme dit JFK : " il y a des épreuves qui sont des libérations " !

J'ai insisté ... mais j'ai très certainement eu tort .

ciao ciao !

07/09/2011, 12:48 | Par Virgil Brill en réponse au commentaire de - le 05/09/2011 à 12:24

Pseudo de …

 

Je comprends l'agacement de Leseparge , c'est vrai qu'un lien c'est bien pratique et ça permet de ne pas alourdir le fil...

Mais cependant je te dis merci : tu mets sur la table quelque chose d'important que je me garderais bien d'écarter d'un revers de main en le qualifiant d'élucubration.

 

Nous avons une fois de plus à faire à une confusion due au vocabulaire. Je répète donc une fois de plus qu' à mal nommer les choses on augmente le malheur du monde car on ajoute à la confusion.

 

On désigne en effet du même mot mondialisation des phénomènes qui sont d'ordre différent. Cela conduit à confondre d'une part, la circulation des idées et l'élargissement de l'horizon mental des différents groupes humains qu'elle engendre, et d'autre part la circulation débridée des capitaux, ainsi que de marchandises produites dans des conditions sociales et/ou environnementales très différentes, entraînant toutes sortes d'effets gravement délétères. Il me semble que sur le plan du développement humain il y a une mondialisation bienfaisante et une une mondialisation nocive. Et un enfumage, un de plus, consistant à mettre la première en avant, avec de belles paroles humanistes (l'abbé de Kakadoundiaye) pour nous fourguer en douce la seconde et s'en mettre plein les poches.

A nous de distinguer. Et de choisir.

Résister, c'est aussi ça.

11/09/2011, 19:48 | Par Boris Carrier en réponse au commentaire de Virgil Brill le 07/09/2011 à 12:48

à Virgil Bril

 

votre remarque est toute bête de simplicité et tout simplement géniale !

 

... Dans mon esprit confus en effet (ne vous méprenez pas, ce n'est pas de l'ironie) les deux mondialisations que vous distinguez étaient imbriquées,et en tant que cosmopolite que je suis je ne cessais de ressasser mes remords de participer à la mondialisation/globalisation en vantant les mérites des échanges interculturels, des mariages mixtes, de l'ouverture de l'esprit , croyant me faire de la sorte le chantre du néolibéralisme.

 

Soyez assuré que je méditerai votre point de vue et merci. BC

05/09/2011, 14:25 | Par denis fernandes

Rejoignez les indignés et là vous aurez un réel contre pouvoir fort de sa spontanéité et du nombre croissant des gens insatisfaits

05/09/2011, 17:46 | Par gerald rossell en réponse au commentaire de denis fernandes le 05/09/2011 à 14:25

alegria para luchar

organisacion para vencer

 

mais ... c'est le Front de Gauche !!!

05/09/2011, 15:12 | Par gilles sainati

Merci Raoul

Gilles

06/09/2011, 13:59 | Par Marie-Anne Kraft

Excellent billet. J'ai la même analyse que vous, le même diagnostic, la même aspiration à la justice, à la démocratie, à l'intérêt général et à la coopération. Je n'aime pas les dérives du capitalisme basé sur l'égoïsme, l'individualisme et le chacun pour soi. Et pourtant, sans être de droite, je ne me considère pas "de gauche". Comme vous le savez si vous me lisez, je soutiens la ligne de François Bayrou, du Mouvement Démocrate, qui vise l'humanisme plutôt que le socialisme. Ce qui correspond à votre citation : "L'émancipation de l'individu en harmonie avec son environnement dans un société organisée en vue de son épanouissement demeure l'objectif global de toute alternative".

Ce que je reproche à "la gauche", c'est de croire et vouloir faire croire que l'Etat peut tout résoudre, qu'il peut tout prendre en charge, tout payer, se substituer aux entreprises, aux banques etc. C'est déresponsabilisant et illusoire. Nous avons besoin d'un Etat fort pour garantir la loi, la justice, l'égalité des chances, la sécurité, mais pas qui fasse tout à la place des citoyens et des entreprises. Je pense qu'il faut à nouveau plus responsabiliser les citoyens et développer leur conscience, leur adhésion aux valeurs humanistes, de solidarité, de partage, de culture et d'épanouissement plutôt qu'au valeurs matérialistes et à l'argent. Le "centre" incarné par F. Bayrou partage ces valeurs de la gauche. C'est dans l'application de la politique qu'il y a des différences. J'apprécie beaucoup à la fois François Hollande et Arnaud Montebourg, mais pas une bonne partie du projet du PS qui tire des chèques en bois. Je pense aussi que la démondialisation est un leurre, un terme marketing qui vise à faire croire qu'on peut "sortir" de la mondialisation et se protéger par protectionnisme sans voir toutes les conséquences sur nos exportations et sur nos emplois (1 emploi sur 4 en dépend).

Je ne suis donc pas "de gauche" et encore moins "de droite".

08/09/2011, 09:30 | Par Virgil Brill en réponse au commentaire de Marie-Anne Kraft le 06/09/2011 à 13:59

Marie-Anne Kraft

 

Ce que je reproche à "la gauche", c'est de croire et vouloir faire croire que l'Etat peut tout résoudre, qu'il peut tout prendre en charge, tout payer, se substituer aux entreprises, aux banques etc.

Ce que je reproche à Marie-Anne Kraft c'est d'assigner (en toute bonne foi) à la gauche, toute la gauche et une fois pour toutes un profil étatiste et borné puis de se lamenter sur cet étatisme et cette bornitude. Un certain manque de vigueur dans la réflexion, ou un manque d'information ? Dans votre billet Dérive droitière… vous regrettez que RMJ s'arrête en route (ce que je conteste complètement). Je pense que c'est ce que vous faites dans votre critique du capitalisme financier : vous n'allez pas jusqu'au bout de la réflexion.

09/09/2011, 15:55 | Par JoëlMartin en réponse au commentaire de Virgil Brill le 08/09/2011 à 09:30

Un des critères gauche-droite pas plus bête que d'autres :

Le gus de droite parle d'assistanat, celui de gauche parle de solidarité.

 

 

 

26/09/2011, 21:43 | Par JJMU en réponse au commentaire de Marie-Anne Kraft le 06/09/2011 à 13:59

Exemple avec le vote du Sénat que tout le monde voudrait croire de "gauche" :

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Ceux qui souhaitent une politique qui en finisse avec la pauvreté et l'exclusion peuvent cependant noter sans illusion que les élus PS actuels ont su faire au Sénat leur place dans le clientélisme des grands électeurs [sic] avatars de ceux des deux républiques précédentes.

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Ce clientélisme aura certainement son prix : la gôche libérale qui, depuis 1983, colore le PS de rose caviard, est en train de se préparer à gérer “humainement” la crise provoquée par les ultra-libéraux. Les mesures dites d’austérité dictées par les zones de non-droit économiques (privatisation hyper-technocratisée du service public, socialisation des pertes bancaires de la haute finance, poursuite du programme nucléaire et de la libération des marchés actuels majoritairement vendeurs d'armes, fermeture des frontières et expulsion des étrangers...) changeront de nature, en se montrant un peu moins brutales et moins arrogantes qu'actuellement, mais ces mesures ne changeront pas de fonction : maintenir en place les circulations de capitaux, la suprématie du tout-économique sur tout suffrage citoyen.

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Ce qui va changer, c'est la taille de la serpillère pour écoper : ils ne fermeront pas les fuites déclenchées davantage que les précédents, juste autrement.

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Ceux qui souhaitent une réelle politique de répartition des ressources, de fraternité internationale pour l'abolition de la dette du tiers monde et d'alternatives au nucléaire savent que leurs objectifs ne seront pas pris en compte par cette "nouvelle chambre" (sic) qui ne change rien à la nécessité de poursuivre nos efforts en informant sur l'objection de croissance et pour un revenu inconditionnel minimum d'existence financé par notre PIB.

Jean-Jacques M’µ

06/09/2011, 14:08 | Par mauwa09

Exposé lumineux, réconfortant qui montre à qui veut bien adhérer qu'il n'est pas seul à penser ...Mais (hélas il y a un "mais")combien de gens sincères?

Même les politiciens qui professent ce genre d'idées sont peu fiables, sachant que les gens qu'ils croiseront sur la route du pouvoir sauront leur montrer où est l'interêt de la classe dirigeante à laquelle ils appartiennent!

09/09/2011, 21:22 | Par Dominique C

@ Dennis Fernandes: "Rejoignez les indignés et là vous aurez un réel contre pouvoir fort de sa spontanéité et du nombre croissant des gens insatisfaits"

Ben tiens justement je (re)publie sur mon blog des billets (traduits) d'un jeune Néerlandais qui accompagne les protestataires du 15 mai (15M) remontant à Bruxelles depuis Madrid. Il y a déjà 8 billets, il manque les deux derniers.

Dilou de son côté, désire participer, je lui ai suggéré de s'attaquer aux billets plus anciens de ce "Spanish revolution"

Ceci dit, je suis un peu sceptique sur l'efficacité pratique de ce groupe, quoiqu'au niveau symbolique, ce soit un acte fort, trop peu relayé (mais bon, on ne s'attendait pas à ce que les medias chantent les louanges de quasi va-nu-pieds qui vont protester à Bruxelles!)

Peut-être les Indignés de Paris sont-il plus forts. Pour ma part, je trouve que leur parti pris de ne pas vouloir mener des actions en liaison avec les partis, syndicats et même associations est tout à fait naïf. En tous cas, bravo à leur courage!

Tout cela pose également la question d'une lutte des peuples à l'échelon européen !!!!.... puisque nos gouvernants prennent toujours prétexte des "autres" (Européens) qui ne pensent pas comme nous Français, pour nous entraîner dans des politiques mortifères et destructrices. On avait presque failli me convaincre en 2005, qu'il fallait faire évoluer l'institution européenne par l'élection de députés qui auraient (un peu) plus de pouvoir. Mais j'ai assisté à une conférence de B Cassen, et j'ai ensuite lutté farouchement pour le "non"!

10/09/2011, 23:36 | Par JJMU en réponse au commentaire de Dominique C le 09/09/2011 à 21:22

Très juste, Dominique. Les organisations se sont discréditées elles-mêmes en accompagnant la financiarisation des pays de la planète ; on comprend la farouche fermeture que leur opposent les Indignés espagnols qui ont vu, comme chez nous, mais avant nous, les syndicats et les partis édulcorer la dictature économique. Nous verrons bien s'ils sauront imposer cette vision inédite de la protestation populaire.

Bernard Cassen et ATTAC ont su nous convaincre en 2005 au sujet du référendum sur le projet de Constitution européenne. Ce sont pourtant les mêmes qui, durant le même été 2005, s'épuisaient en luttes stériles fratricides qui allaient voir l'éclatement du mouvement.

Tout se passe comme si nous avions peur de nos réussites, quand nous réussissons, à gauche. Serions-nous programmés pour laisser les systèmes nous dominer ?...

Jean-Jacques M’µ

11/09/2011, 20:40 | Par Boris Carrier

Voici un billet et un fil qui ne me fait pas regretter d'être finalement resté abonné: dans un vocabulaire accessible au commun des mortels et avec une louable vision synthétique la gauche est passée au scanner. Cela a de la tenue.

 

Il y a cinq ans, Bayrou voulait nous convaincre que l'antagonisme gauche-droite était devenu obsolète , misant sur la victoire complète du néolibéralisme (il voulait instaurer l'austérité avant l'heure). Tant qu'il y aura des chambres du parlement en arc de cercle, les élus devront choisir leur place et en général au centre on trouve des travées voire des strapontins (détrompez-moi, je ne suis jamais allé en visiter!).

 

Quant aux déclarations de principe qui rappellent en effet les discours en langue de bois ("l'émancipation de l'individu en harmonie avec son environnement " etc) elles sont la verbalisation d'idéaux qui accompagnent ceux/celles qui n'abdiquent pas et poursuivent leur rêve enfantin de justice et de bonheur. (...à gauche donc!)

26/09/2011, 17:42 | Par RAOUL MARC JENNAR

Bonjour et merci à celles et ceux qui ont commenté mon texte. Je vais répondre, mais je ne suis pas en capacité de le faire avant une quinzaine de jours. Merci de votre compréhension.

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