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La Rom à l'enfant, selon Guéant

Un beau jour de septembre, Maria, appelons-la Maria, entre dans un magasin, Pedro, six mois, dans les bras, pour acheter... une tablette de chocolat. Mais quand Maria veut régler son achat avec un billet sorti de ses affaires, la caissière alerte le vigile : «ce billet, me semble-t-il, est un faux».Le vigile appelle alors la police : «une dame est dans notre magasin qui veut acheter une tablette de chocolat avec un faux billet». Des policiers arrivent et arrêtent Maria. Voilà donc Maria en garde à vue et Pedro...

Pedro, placé en urgence dans une pouponnière des services de l'aide sociale à l'enfance. Mais Maria, n'est-ce pas ? est roumaine : la garde à vue se transforme alors très vite en rétention. Une Roumaine ne peut pas rester plus de trois mois sur le sol français et surtout pas une Roumaine dont on pense qu'elle paye ses tablettes de chocolat avec de faux billets.

A ce stade là du récit, le lecteur devient peut-être perplexe. Le lecteur sait en effet qu'utiliser des faux billets est un délit : mais le lecteur pense aussi que les personnes soupçonnées de délit risquent de se retrouver éventuellement en détention provisoire, mais pas en rétention. Certes, mais Maria est ROUMAINE. Donc, pour elle, c'est le centre de rétention.

Et le petit Pedro ? se demande alors le lecteur, vaguement inquiet… Eh bien le petit Pedro reste dans sa pouponnière. Maria et son fils passeront ainsi cinq jours séparés, à hurler chacun de leur côté. Pendant plusieurs heures, Maria qui parle très peu français et n'a pas eu droit à un interprète, ne saura pas où se trouve son fils. Elle hurlera de peur mais aussi de douleur. En effet, elle allaitait Pedro quand elle a été arrêtée et se retrouve donc aux prises avec des problèmes de santé dus à la rupture brutale de l'allaitement. Pendant toute sa rétention, Maria ne verra qu'une infirmière qui lui donnera quelques comprimés de Doliprane.

Pedro, lui, habitué au sein de sa mère, refuse le lait maternisé. Le lendemain matin du placement de Maria en rétention, une militante de RESF reçoit un coup de fil affolé : « Maria est prévue sur le vol de 13h 30 pour Bucarest et il n'y a aucune trace d'un billet pour son fils ». Une demande d'asile est déposée in extremis pour bloquer l'expulsion. Aujourd'hui personne, pas même son avocat, n'a réussi à établir avec certitude si Maria devait être renvoyée en Roumanie avec ou sans son fils. Certaines versions disent que si Maria avait vraiment dû partir, des employés de l'ASE (aide sociale à l'enfance) seraient venus lui remettre Pedro au pied de l'avion, mais rien ne vient corroborer cette histoire. Ce qui est sûr en revanche, c'est que quand on a fait savoir à Maria qu'un avion était prévu pour elle, aucun détail ne lui a été donné sur l'enfant.

Après cinq jours de combat acharné de son avocat et de quelques militantes, après cinq jours durant lesquels de folles versions ont couru pour justifier l'injustifiable (Maria aurait trafiqué des billets de 200€, Maria serait une voleuse, Maria aurait peut-être maltraité son enfant, Maria, n'est ce pas, est une Rom), Maria ressortira libre de rétention et lavée de tout soupçon. La police lui rendra les quelques pauvres billets trouvés sur elle, tous tout à fait vrais et utilisables. Personne ne sait si Maria a fini par acheter du chocolat : ce qu'on sait en revanche, c'est qu'il lui a fallu encore 24 heures et quelques combats administratifs pour récupérer Pedro, qui lui, n'a jamais cessé de hurler du fond de sa pouponnière.

Dans un pays où des ministres font régulièrement des discours pour dénoncer le péril roumain au travers de statistiques qui n'existent pas, de nombreuses Maria risquent de se retrouver dans les mois qui viennent, soupçonnées, arrêtées, séparées de leurs enfants. Au-delà de l'ignoble qui consiste à priver aussi brutalement et sans explications un enfant de sa mère, au-delà des manquements flagrants de respect du droit (pas d'interprète lors de sa garde à vue, pas de suivi médical...), ce qui est le plus terrible peut-être dans cette histoire, c'est l'indifférence dans laquelle elle a eu lieu, ce sont les soupçons qu'a dû subir Maria tout au long de son calvaire.

Arno Klarsfeld n'hésitait pas à soutenir récemment : « Les Roms qui sont renvoyés, disons en Roumanie, vont vers un pays où ils sont moins heureux qu'en France, mais c'est pas pour autant qu'ils peuvent rester en France [...] S'ils courent un risque d'accord. Mais s'ils ne courent pas de risque, je ne vois pas où est le problème ». Quoique il soit très certainement grand expert des questions de l'intégration puisque nouveau président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), il semblerait bien que Monsieur Klarsfeld n'ait pas lu le rapport rendu par la fondation Soros en 2010. Intitulé « la détresse des Roms », cette étude tire la sonnette d'alarme sur les conditions de vie des Roms en Roumanie, dénonçant notamment « les stéréotypes qui les visent, la discrimination et leur faible niveau d'implication dans la vie de la cité... ».

La France, pays des droits de l'homme, aurait-elle pour ambition d'adopter les pires pratiques sociales de ses voisins ?


Annick Vignes, RESF 75

Tous les commentaires

la sonnette d'alarme sur les conditions de vie des Roms en Roumanie, dénonçant notamment « les stéréotypes qui les visent, la discrimination et leur faible niveau d'implication dans la vie de la cité... ».

Ce billet est alarmant tant la politique actuelle de l'immigration atteint de grangrène jusqu'à la frange d'une population de ce pays dit "des droits de l'homme"

Il est en effet nécessaire de rappeler les conditions de vie des Roms en Roumanie, les persécutions menées à leur encontre.

Merci pour ces informations à faire circuler bien sûr.

Contes de l'horreur quotidienne.

Comment agir sur ces lois (et sur leurs agents) iniques ?...

Vite.

Il y a bien urgence, réellement : des enfants, des nourrissons sont menacés.

Jean-Jacques M’µ

La police de Vichy faisait la même chose malheureusemnt !

Je n'en suis pas moins scandalisée que vous si cette histoire est exacte. Il n'y a plus de machines pour contrôler les faux billets dans les magasins ? Mais non madame, ne comparer pas les flics d'aujourd'hui aux SS de l'Allemagne nazie, fort heureusement nous n'y sommes pas encore. Cela se produit quand le système économique n'a pas d'autres ressources pour survivre.

REPONSE DE L'AUTEUR:

oui, cette histoire est totalement vraie, les détails ont été vérifiés scrupuleusement avant d'être publiés. L'avocat qui a suivi cette malheureuse dame a même relu la dernière version.

Et c'est qui le chef suprème de ces flics font pire que les SS ?

D E G A G E S !!!

A vomir.

REPONSE DE L'AUTEUR:

Je crois qu'il faut tout d'abord faire connaître ces histoires tout autour de nous. Si vous ausi vous voulez vous battre, vous voulez dire "non", il faut vous rapprocher des associations et des réseaux , qui tel RESF se battent au quotidien pour arracher les malheureux sans papiers qui se font prendre, des griffes du gouvernement et des barbelés des centres de rétention. Il y a aussi des assocs qui s'occupent plus spécifiquement des Roms. Si Maria a fini par sortir de rétention et récupérer son bébé, c'est bien parce que des militantes de RESF, un avocat proche de ce réseau se sont battus avec acharnement pour la faire sortir.

Ah, elle est belle, l'ex "patrie des droits de l'homme" !!! A l'agonie, avec de pareils dirigeants. Honte à eux !!!!!!

 

@JJMU :

tout à fait d'accord avec vous.

On ne peut pas laisser oublier comme ça ce qui s'est passé.

Il faut qu'on sache où ça s'est passé et qu'on aille dire qu'on n'accepte pas ces comportements.

Qui pourrait donner une info complète ? Merci.

 

Je partage votre émotion.

Il nous faut alerter les salariés, les consommateurs, les gens dans les quartiers sur les conséquences de pareilles alertes anti-pauvres, qui sont autant d'actes discriminatoires quand il est avéré, comme ici, que, non seulement il n'y a pas délit, mais, de plus, que la Rrom en question ne faisait que payer, comme chacun, avec un billet, comme chacun...

Il nous faut sensibiliser les gens dans notre entourage quotidien.

Il y a quelque chose d'ahurissant et terriblement injuste, scandaleux, à pénaliser et mettre en danger des personnes qui remplissent NORMALEMENT les droits légitimes qui sont imposés à tous (payer ce qu'on achète est un droit et un devoir légitimes pour n'importe qui, et eux, et nous) .

Il est très important d'alerter la population que nul n'a à se donner le pouvoir de s'acharner sur des victimes de notre système. Ce pouvoir de briser la vie des autres qui ne font pourtant que se conformer à nos propres règles, c'est un pouvoir particulièrement pervers et cruel, un pouvoir sadique au sens où il met l'autre toujours dans son tort, victime même de se conformer à nos volontés !...

Où peut se situer la confiance, désormais ?...

Non seulement les victimes n'osent plus exister normalement (en payant ce qu'ils achètent), mais nous pouvons de moins en moins les aider : leur donner un billet de 20 € revient désormais à leur faire craindre les foudres d'une surveillance accrue.

Nous devons interpeller les pouvoirs publics des lieux où s'est passée cette terrible affaire qui met en cause la confiance en la loi.

Interpeller l'opinion publique, les pouvoirs publics, les salariés de l'entreprise, caissières et vigiles, les services de la DAS interpellés par la police, la préfecture, et mettre en concurrence sur ce véritable état de fait qui fabrique du coupable, à la fois la chambre des députés, le Sénat et la présidence de la république.

Jean-Jacques M’µ

(si un collectif s'organise autour d'informations précises, je veux bien en être, je n'ai pas envie de rester à récriminer en boucle sur un blog)

Guéant ne fait qu'ouvrir la porte, beaucoup de monde s'y engouffrent. La caissière, la police, les passants...

La France de Pétain n'est pas morte, le Français est encore un bon vieux collabo trop heureux de ruiner l'existence de quelqu'un.

Femmes, enfants, Roms, tout ceux qui ne sont pas assez fort pour abattre l'autre, craignez pour vous. Ici c'est la loi du plus fort qui règne.

J'espere que la caissiere en fait des cauchemars! Var elle ne saurait etre poursuivie pour denonciation calomnieuse, n'est ce pas? Mais surtout, que fait un sioniste declaré dans nos institutions française?

REPONSE DE L'AUTEUR:

non, la caissière ne va pas être poursuivie pour dénonciation scandaleuse, mais oui, moi aussi, j'espère qu'elle fait des cauchemars parfois.

Ne pas oublier le vigile ...

Je peux être d'accord avec la réponse implicite de ta question, Frédéric : il faut se porter partie civile. Les représentants des Rroms doivent ester au nom de la dénonciation calomnieuse. Je crains seulement que les Rroms ne disposent pas des mêmes moyens pour se pourvoir en justice que d'autres communautés dans notre pays. Mais s'ils parvenaient, avec RESF, à interpeller les pouvoirs publics et l'opinion publique avec une affaire d'une telle évidente injustice, le cas ferait école et les caissières, et les vigiles, et les policiers s'y prendraient à deux fois avant de s'acharner sur un individu sur lequel on pratique le délit de faciès.

Jean-Jacques M’µ

Qu'est-ce que le sionisme vient faire là-dedans?

je suis très étonnée de constater que la plupart des commentateurs ne remet pas en question la véracité de ce fait divers... C'est écrit dans le journal, donc c'est vrai!

Quelles preuves de cette histoire? Il ne suffit pas que le rédacteur assure que c'est vrai pour qu'on doive le croire. Pour moi, c'est un peu trop larmoyant pour me convaincre.

 

Réponse de l'auteur:

 

c'est un peu le cas de tous les articles de journaux de rapporter des faits sans donner de preuves directes! Pas facile d'incorporer dans mon article une vidéo avec le témoignage des divers protagonistes (et encore j'imagine que vous la qualifieriez de montage!). Ce texte a été relu par l'avocat qui a suivi l'affaire et qui certifie que tout est vrai: il est posté sur un blog de RESF qui a la réputation de vérifier ses sources et ses histoires. Enfin, vous savez forcément que le site Hoaxbuster a lancé une enquête sur votre demande (j'imagine que vs êtes le Momo de hoaxbuster), enquête qui a confirmé cette histoire. Question: c'est l'histoire qui est larmoyante ou la police actuelle, qui sous l'influence de la préfecture et les objectifs chiffrés s'est mise à faire n'importe quoi?

Une photo terrible au Centre de rétention administrative de Rennes -

 

"Parce qu'il n'y a pas d'étrangers sur cette terre!"

 

 

Efants enfermés au Centre de rétention de Rennes, en VendéeEfants enfermés au Centre de rétention de Rennes, en Vendée© Anonymes

 

Cette photo [pièce jointe ou voir plus bas] n'a pas été prise en Pologne, ni à Guantanamo, ni en Tchétchénie (leur pays d'origine où leur vie est en danger )
Cette photo a été prise à Rennes au Centre de Rétention Administrative (on ne dit pas
prison car dans ce cas, on ne pourrait pas y enfermer des enfants !!!)
Il y a quelques jours, ces enfants étaient à la roche sur Yon avec leur père et leur mère.
Ils étaient scolarisés à Montessori, Renoir, ...
Jusqu'à cette semaine, nous disions aux migrants de ne pas vraiment s'inquiéter, qu'ici,
en vendée, la préfecture n'expulsait pas les familles comme ça.
Voilà, c'est fait. C'est salement fait.
A six heures du matin, plus de 20 flics, le quartier bouclé pour arrêter 8 enfants (de 2 à
18 ans) et leurs parents (ils logeaient à la mosquée, électoralement parlant, ça fait
toujours bien de boucler une mosquée!!)
La reconduite en pologne de cette famille a coûté très cher (un avion affrété, les flics
utiles pour forcer l'embarquement : l'aîné a été emmené à l'horizontale, jambe attachées
(dixit un témoin bénévole d'une asso))
L'intégration d'une famille dont les parents ne demandent qu'à travailler, enfants
scolarisés, etc... aurait coûté moins cher que leur expulsion.
Quelle urgence d'expulser cette famille? Quel danger pour la france?
Aucune. Aucun.
Le préfet a un pouvoir discrétionnaire, il pouvait choisir d'accueillir ces personnes.
Début août, lors d'une réunion avec diverses associations, le préfet (ancien préfet d'Eure
et loire) nous a dit avoir toujours en tête l'exemple d'un de ses prédécesseurs... Jean
Moulin (également ancien préfet d'eure et loire) ...
Je suis perplexe.
Cette famille n'était pas délinquante, ni terroriste, ni agressive. Elle était aux abois, usée
et demandait une aide.
Je ne sais pas très bien écrire ni formuler mon indignation, mais je sais ouvrir un livre
d'Histoire
La France pue,
L'Europe pue
et moi, je me sens sale.
Nadège T.

 

 

Soutien aux élèves sans-papiers : Le Préfet sarkozyste perd contre la Région Ile-de-France qui avait déclaré les prendre sous sa protection.


Le 1er octobre 2010, le Conseil Régional Ile-de-France adoptait une résolution par laquelle il déclarait placer sous sa protection tous les élèves étrangers mineurs ou majeurs menacés d'expulsion.

Le Préfet de région a fait un recours au TA (tribunal adminstratif) afin d'annuler cette résolution.

On a appris hier que le TA de Paris rejette la requête du Préfet : Cette résolution "ne saurait être regardée comme de nature à troubler l'ordre public"

Les populations précarisées par la loi fournissent de la main-d'oeuvre bon marché, corvéable à merci, à nos chers industriels, artisans etc...

La misère est provoquée pour faire peur aux couches moyennes : un épouvantail qui fait baisser la tête et se taire le quidam qui aurait trop peur d'être rejeté un jour à la rue comme ça.

La pauvreté n'est pas une fatalité, elle est une fabrication des pouvoirs pour terrorriser la population.

Jean-Jacques M’µ

Voilà deux français (la caissière, le vigile) qui ont perdu leur dignité pour jouer les délateurs au service du fric et du pouvoir... ils s'élèvent ainsi au rang de larbins !

je n'arrive à croire ce que je viens de lire, il est temps que ces choses change, pour moi l'europe est en train de devenir à dégueuler j'habite à l'ile Maurice et tant mieux sa ne pue pas ici.

Bien à vous.

JP Bachmann

Ne vous faites pas trop d'illusion, Jean-Paul, le propre de nos dictatures financières c'est qu'elles s'appuient sur un « effet domino en boomerang » :

- les conseils d'administrations des grandes compagnies d'affaires internationales veulent des résultats en chiffres (en données chiffrées, au prix de l'or, du pétro-dollar, ou du CO², le gaz à effet de serre, peu importe pour eux, ce sera toujours ce qui rapporte le plus, et sachez que ce qui rapporte le plus, à chaque jour qui passe, maintenant, c'est l'armement militaire...), pour obtenir ces résultats chiffrés, ils demandent à leurs fondés de pouvoirs, PDG et traders de se donner tous les moyens, et les moyens, ils les prennent, s'ils ne les ont pas :

- ils appuient de tous leurs moyens sur les politiques et les grands groupes de presse pour que les populations du monde travaillent et se taisent, en appliquant des directives fondées sur des réultats chiffrés, et alors, les administrations et les entreprises se mettent à raisonner en résultats chiffrés, avec des "enveloppes et des budgets restreints", et les besoins humains sont de moins en moins servis et couverrts : dormir, manger, boire deviennent de plus en plus rares et coûteux...

- les populations étouffent et veulent échapper à ces systèmes, souvent très coercitifs, militaires, corrompus, qui ne donnent aucun espoir à la jeunesse et entretiennent les haines et les rancoeurs locales, avec rébellions sanglantes et génocides inter-ethniques préparés de longue date par les services de nos pays...

- nos pays européens rompent avec la libre circulation des personnes et des bien, à partir des accords de Schengen, qui sont en total désaccord avec la Déclaration universelle des droits de l'Homme, et ils ferment les frontières en fabriquant du délinquant : toute personne qui voudrait sauver sa famille en cherchant refuge dans des pays plus cléments se trouve hors-la-loi, avec une série de dispositions qui l'excluent de fait et criminalisent toute forme de solidarité ;

- nos protestations ne servent de rien, les systèmes répressifs se renforcent, les populations incriminées sont aux abois, poussées à la faute, pénalisées, stigmatisées, rejetées, expulsées... La presse en rend compte selon l'angle qui impressionne les partis-pris des popualtions civiles, qui consomment et qui votent : ou bien selon un point de vue charitable et complaisant pour les victimes, ou bien selon un point de vue frileux et sécuritaire en s'inquiétant des dommages provoquées par les effets de cette situation...

- la situation dont on rend compte prend rarement en considération l'origine des dispositions administratives et judiciaires, souvent criminogènes, sinon pousse-au-crime auprès des populations de fonctionnaires qui appliquent les règlements en les interprétant "a minima", sans considérer les besoins humains des demandeurs : manger, boire, dormir, soigner son enfant...

- les positions se font de plus en plus étriquées, avec de moins en moins de moyens : les lieux de revendication ferment, les dossiers de plainte s'entassent dans les tribunaux et dans les administrations, les rétributions de pensions retraite et les remboursements de soin de plus en plus restreints, réduits, tout est verrouillé. L'individu peut toujours essayer de réclamer, qu'importe !... les messageries électroniques vous demanderont en musique de bien vouloir patienter en appuyant sur la touche étoile et plus si affinités.

- que ce soit chez vous, chez nous, en Argentine, à Taïwan ou ailleurs, les soins deviennent des "actes", qui ont un coût, chiffré, qui vous est demandé à titre personnel ou payé par la collectivité, collectivité de moins en moins solidaire parce que soumise aux enveloppes restreintes et aux budgets de précarité qui gèrent la crise provoquée en haut lieu, les gouvernements tombent, d'autres les remplacent, mais le système continue, continue, continue de broyer les individus en les isolant...

- Vous croyez échapper au marécage ambiant du monde entier qui, à chaque étape, obéit inexorablement aux diktats du chiffre de la dictature économique ?..

- Vous le croyez vraiment ?...

- ... Les actions en bourse se portent bien, elles. Merci.

Jean-Jacques M’µ

Je vais dire à tous les commentateurs indignés, que l'indignation ne fait pas une politique réfléchie et que la question de l'immigration n'est pas avant tout une affaire de "droits de l'homme" . A tout mélanger on rend service à l'extrême droite : Non, la caissière qui trouve un faux billet ne fait pas partie de la police de Vichy ...

Les faits relatés sont scandaleux, mais cela n'apporte rien à la démonstration de parler de SS ; au contraire cela affaiblit la crédibilité du récit .

Oui, les roms sont victimes de la Roumanie, de la Hongrie et de la Bulgarie, mais appeler à accueillir les roms sans dire grand chose de l'origine du problème, c'est indéfendable . On se fourvoie à tout ramener aux droits de l'homme : On fait des guerres coloniales, on explique aux citoyens au chômage et en galère tous les jours que l'accueil de plus malheureux qu'eux est nécessaire ... Et Marine rigole .

à Nelson,

Je pourrais vous donner raison sur deux ou trois points :

- l'indignation n'est pas un programme politique (d'accord, mais c'est surtout une réaction exprimée face à un réel scandale, et c'est donc, ici, une expresion qui a toute sa place afin de pouvoir interpeller l'opinion publique et les services publics sur ce problème),

- l'immigration n'est pas d'abord une affaire de Droits de l'homme (pas seulement, pas d'abord, ok, mais c'est aussi une affaire de Droits de l'Homme, et, donc, les Droits de l'Homme sont à prendre en considération dans les paramètres de réflexion, peut-être pas davantage que d'autres paramètres, je vous le concède, mais comme paramètre au moins aussi pertinent que d'autres...)...

... d'autres paramètres que les Droits humains ?..

Tiens, tiens ?!...

Il en existe, certes. Je pense à certains (la dictature financière, la fabrication de la pauvreté et de l'exclusion, la répartition des ressources, la dette des pays, l'appauvrissement des populations dans le monde en même temps que grimpent les PIB de toutes les nations, etc.)

Et vous ?... À quels paramètres pensez-vous donc ?... (le bénéfice supposé de nos cris d'orfraie en direction du FN, est votre interprétation, que je vous laisse bien volontiers : je prèfère, pour ma part, dire ce que je sais, plutôt que de me taire sous prétexte d'une peur bien impalpable de conséquences qui ne m'appartiennent pas et dont chacun est maître, et, donc, responsable, au moins en partie.).

Jean-Jacques M’µ

JJMU : Je n'ai pas employé le terme de "paramètre" . Je pense en résumé ( il est difficile de nuancer) :

- Que l'immigration est une affaire de politique et de politique économique surtout, aussi bien pour le résultat ( les migrations ) que pour la cause ( la misère ) et que s'en occuper c'est d'abord s'occuper de cela .

- La question des droits de l'homme est ici, seconde. Elle existe bien sûr dans des actes scandaleux de mauvais traitements, eux mêmes souvent exploités par l'UMP pour coller au FN . Et qu'il faut dénoncer évidemment .

- L'inversion fréquente des deux points ci-dessus, c'est à dire la revendication de l'immigration libre, la revendication de la régularisation de tous les sans-papiers, l'opposition systématique à toute expulsion des immigrés illégaux, ... au nom des droits de l'homme est indéfendable devant nos concitoyens en grandes difficultés; elle est souvent le fait de personnes de milieux intellectuels aisés qui sont dans un monde largement virtuel, et pour tout dire sans détours, apportent de l'eau au moulin de l'extrême droite, sans le vouloir (pas de faux débats) .

Voilà pour les "paramètres" .

Vous refusez le dialogue au motif que j'utiliserai un terme que vous n'avez pas utilisé !... C'est un peu de mauvaise foi, ça, non ?...

Jean-Jacques M’µ

Je crois vous avoir répondu .

S'occuper de politique ET d'économique c'est prendre en considération :

1. sur le plan politique : les intérêts du plus grand nombre (des collectivités rassemblées, notamment, et de leurs échanges), ça, c'est très intéressant, et c'est incalculable, comme bénéfice, en termes de paix sociale, de partages de savoirs et d'expériences, en termes d'autonomies et de libertés de personnes, de parole et de mouvement ;

2. sur le plan économique : les intérêts de quelques-uns peuvent être tolérés POURVU qu'il n'y ait pas pauvreté, pourvu qu'il n'y ait pas misère provoquée et entretenue contre la plus grande partie de la population. Le prélèvement de 1 seul "pour-cent" des mouvements de capitaux n'appauvrirait pas les riches et les boursico-tueurs, mais il permettrait de financer un revenu INCONDITIONNEL d'existence pour chacun, il permettrait d'ouvrir des écoles, de former des équipes enseignantes, d'intégrer des étrangers, de favoriser d'autres relations entre les générations et entre les genres, entre les cultures... Cette petites sommes qui ne coûteraient rien de rien aux riches qui se paient actuellement des luxes insensés sont actuellement refusées et on préfère dépenser des fortunes à créer des CENTRES DE RÉTENTION qui sont l'autre nom des camps de concentration du siècle dernier, on préfère payer des fortunes sur le denier public pour réquisitionner des charters, alors que notre pays vieillit et que nous avons besoin de jeunesse pour le faire vivre.

L'économique ni le politiques ne sont des sciences coupées des réalités du vécu.

Ces paramètres-là existent. Vous ne pouvez les nier.

Jean-Jacques M’µ

Les droits humains sont élémentaires : circuler, parler, manger, dormir, se laver, se soigner, éduquer ses enfants, soutenir les plus faibles et les plus démunis. La déclaration universelle des Droits de l'homme les garantit. Le traité de Schengen s'en détourne et ne permet que la circulation de l'argent, et la persécution de ceux qui sont stigmatisés par nos propres systèmes (car ce sont nos FMI et autres banques mondiales qui imposent aux peuples qui fuient des économies et des politiques catastrophiques reposant sur la corruption des régimes et leur militarisation à outrance).

Notre Union européenne, en fermant ses frontières aux peuples persécutés (et qu'elle a permis de persécuter) se comporte de manière xénophobe et autoritariste. Elle fabrique des haines et des rancoeurs, des désespérances et des ressntiments : le continent africain a une démographie de 15 ans d'âge en moyenne, alors que notre vieux continent investit ses recherches dans les domaines de la gérontologie...

C'est ça le monde de l'avenir que vous promettez à nos enfants ?... Ça ne vous gêne pas un peu, non ?...

Jean-Jacques M’µ

Les populations dont vous vous souciez, cher Nelson, sont adultes. Ils sont capables d'entendre des arguments. Si les seuls qu'ils entendent, ce sont les frontistes et les maraudeurs des associations caritatives, évidemment, ils penseront frontalement nationaliste.

Que chacun d'entre nous mouille donc sa chemine et aille à leur rencontre.

Pour ma part, je participe à des chorales avec eux, nous apprenons ensemble à chanter NOMADE ou MARIA SZUSANNA de Michèle Bernard, ou SANS LA NOMMER, de Georges Moustaki, je les entends raconter leurs dérives et je publie les textes qui en résultent, et qui sont jouer : LES ÉTRANGES ou LA FORCE DES GUEUX, de la compagnie NAJE (Nous n'Abandonnerons Jamais l'Espoir), je ne les soutiens pas seulement par principe, mais je sais que beaucoup, qui étaient sensibles aux discours protectionnistes parce qu'ils avaient besoin de protection, ont progressivement pris sur eux de porter une parole qui soit la leur et entre en dialogue avec les nôtres : personne n'est unique, Nelson, ni eux, ni nous, ni vous, ni moi. Nous évoluons. Ce n'est pas pour rien que nous avons deux yeux et deux oreilles. Et même si nous n'avons qu'une seule bouche, pour parler, nous avons deux mains pour écrire. Nous pouvons tout (dé)multiplier. Pourvu qu'on le veuille.

Jean-Jacques M’µ

Je vous laisse dans votre monde, celui où les centres de rétention sont des "camps de concentration" ! Votre univers est fantasmé, je n'y peux rien et le torrent qui s'en échappe m'est étranger .

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