Yes We Care !
Michel (Onfray) a tenu à nous dire dans Le Monde du dimanche 13 juin dernier, ce qu’il faut penser de Carol Gilligan et de l’éthique du care, dans un billet intitulé "Martine, Carol, Simone et les autres". Profitons de l’occasion : Michel (Onfray) nous offre l’exemple pur de la position anti-care – réactionnaire, sexiste, et nationaliste.
Depuis quelques semaines en effet alternent, dans un jeu de balancier bien réglé, les revendications – plus ou moins informées – de l’éthique du care par un Parti Socialiste en mal d’idées, et les commentaires, successivement ironiques, acerbes, puis injurieux de la classe politique (de droite comme de gauche). Commentaires repris et suivis servilement par les figures du demi-monde intellectuel pour qui les idées n’existent que lorsqu’elles sont estampillées et mises sur le (second) marché par les partis politiques et la presse.
Ce n’est pas encore le moment de déterminer la responsabilité, dans cette dégradation du débat public, de ceux qui ont, au PS, cru exploiter une bonne idée et lancer sans réflexion ni critique l’idée de care, et l’exploiter pour se donner un statut moral à peu de frais. Mais le moment est peut-être venu de comprendre. Pourquoi tant de contre-vérités et de machisme « décomplexé » dans les médias ?
Ce n’est pas le moment non plus d’analyser les motifs d’un journal comme Le Monde d’offrir ainsi une tribune régulière à Michel. A-t-il perdu tout sens du sérieux intellectuel ? Ou ne voit-il plus la nécessité, sa fonction, de protéger la vie de la pensée, et la qualité du discours public?
On a tout entendu et lu sur le care (« nunucherie américaine », « maternalisme réactionnaire » ...). Mais Michel (Onfray) parvient, et tel est son talent philosophique particulier quelle que soit la question abordée, à l’expression la pluspure des réactions ou de LA réaction : anti-intellectualisme démagogique, sexisme de base (sous couvert d’universalisme : comment, on ne pourra plus insulter une femme sans se faire soupçonner de machisme? Mais où va-t-on?), nationalisme (nos bons philosophes Français plutôt qu'une Américaine), paternalisme (relisez vos classiques, les filles, qui n’avez rien compris aux « fondamentaux »)...
Profitons de l’occasion : Michel (Onfray) grâce au prestige que lui donne une position de “philosophe” qu’il ne cesse à la fois d’exploiter (se donnant le ton et la légitimité de la “voix universelle”) et de mépriser (en suscitant le ricanement, toujours facile à obtenir, sur les formes de pensée exigeantes), nous offre l’exemple pur de la position anti-care, réactionnaire, et sexiste.
1- L’anti-care est anti-intellectualiste. Carol Gilligan est l’une des plus grandes intellectuelles féministes américaines, auteur d’avancées remarquables dans le domaine de la réflexion féministe, et la première femme à avoir obtenu une chaire universitaire en Gender Studies. En l’attaquant, Michel (Onfray) est à la fois grossier et ignare (“Qui est cette femme?” demande-t-il - alors qu’elle est selon Time parmi les 25 personnes les plus connues sur la scène publique aux USA). Le livre Une voix différente a été traduit en France dès 1986 après son incroyable succès lors de sa parution en 1982. Il a été réédité par Flammarion en 2008 lorsqu’ont commencé à se développer en France les recherches sur le care, deux ans avant l’exploitation médiatique. En France, il est exceptionnel qu’une femme parvienne à cette place dans le monde universitaire...Michel (Onfray), au lieu de critiquer rituellement les “professionnels de la profession” philosophique, pourrait au moins noter cela.
2. L’anti-care est sexiste. On commence à le savoir : les ricanements des critiques du care (« la care academy et l’ état-mémère ») sont faciles à analyser. Rien de nouveau là-dedans. Mais dans le cas du care, le sexisme prend une forme argumentative bien connue. Un argument de droite classique était que les syndicalistes ou ceux qui tentaient de défendre le système français de protection sociale étaient “conservateurs” – être de gauche, c’est être conservateur. Le truc est éventé, mais semble marcher avec le féminisme. Gilligan n’est pas féministe, voyons ! Et Michel de nous dire qui est « vraiment » féministe, ou quel est le « bon » féminisme. Gilligan, dans de multiples ouvrages et articles, et toutes les chercheuses qui, comme Joan Tronto, ont développé des connaissances dans le domaine du care et ont travaillé sur sa dimension politique, ont déjà répondu longuement à ces arguments.
On rabaisse la nouveauté et la radicalité du care en en reformulant le propos dans des termes familiers – patriarcaux et sexistes, pour remettre à « "leur" place ceux qui s’expriment d’une voix différente. On connaît le refrain : les "bons" sentiments – donc ridicules – qui fleurissent dans l’espace confiné de la Famille – donc mineurs – n’ont rien à dire par rapport aux « vrais » problèmes éthiques et politiques. Le retour à un discours apparemment neutre et universel est la meilleure façon de rester ignorant de ses propres impensés de genre, ceux-là même qui organisent toute la série des dualismes – raison/émotion, esprit/corps, culture/nature, Blanc/couleur – que Gilligan conteste et qui tracent des frontières si nettes entre l’important et l’accessoire, la politique et l’éthique, le public et le privé...
3. L’anti-care est nationaliste. Patriote en tout cas. Ici encore, l’expérience des spécialistes qui travaillent sur le care aurait pu être utile à ceux ou celles qui jouent avec. Une caractéristique de l’accueil de cette question en France, c’est qu’on essaie toujours de la rapporter ou de la réduire à de la pensée française : Ricœur, Levinas, maintenant Beauvoir. Ou plutôt Simone, comme le dit « sympathiquement » Michel (Onfray). Appellerait-il les premiers Paul ou Emmanuel comme il nomme « Martine », « Simone » et « Carol »? Le privilège du nom donc de la pensée ou de la figure « propres » serait-il réservé aux hommes ?… Beauvoir a beaucoup accompli, elle a irrigué le féminisme américain de ces trente dernières années, mais n’a pas conceptualisé le domaine du care, de la vie ordinaire des femmes. C’est aussi à la faveur de ces allers-retours entre le féminisme français des années 60-70 et l’actuel féminisme américain que la pensée du care s’est déployée. Michel (Onfray) en dehors de quelques poncifs philosophiques sur le raisonnement moral «universel », n’a guère autre chose à offrir qu’un retour à des valeurs « sûres ».
Nous vivons sous la domination des idées américaines sans que cela gêne grand monde. Certains auteurs américains, comme John Rawls, première cible des éthiques du care, sont entrés dans le débat public et intellectuel selon les mêmes modalités que Gilligan : tout le monde prétend connaître ses idées et savoir ce qu'il faut en penser, rares sont ceux qui l'ont lu. La différence essentielle, c'est que John (Rawls) ne fait pas ricaner. Mais pour les femmes, il en va autrement ! Les féministes américaines, même si elles se sont beaucoup inspirées des françaises, ont aujourd’hui à nous apprendre; notamment parce qu’elles ont, par leurs luttes, gagné quelques positions d’autorité dans le système académique. Le retard français dans le développement de départements spécialisés en études genre nous place loin derrière de nombreux pays. Ce que montrent les irritations anti-care de nos « amis », ces amis qui se targuent d’être plus et mieux féministes que nous, c’est que rien n’a vraiment changé : on fête les 40 ans du féminisme aujourd’hui, mais on se valorise toujours par la muflerie et le sexisme, y compris ou peut-être d’abord dans le monde intellectuel.
Déconsidérer tout à la fois une femme, une étrangère, une grande intellectuelle: voilà ce que veut faire Michel (Onfray), qui touche à ce qu’il y a de plus bas en chacun ou en chacune… il excite la petite jouissance mesquine qu'on éprouve à dénigrer ce qui, dans le rapport à l’autre, pourrait nous faire progresser, ce qui peut nous ébranler dans nos certitudes et notre sentiment de supériorité.
Le faux débat sur le care lui fournit, de façon consternante, une belle occasion.
Le but des socialistes, intellectuels et politiques, qui ont voulu jouer avec le care comme on joue avec le feu n’était sans doute pas de susciter ces réactions, ni d’encourager le déchaînement anti-care qu'illustrent exemplairement les propos de Michel (Onfray).
Mais elles ou ils auraient pu, auraient dû, prévoir. Et pourraient désormais se demander comment donner au débat un air plus digne. Cela aussi s’appelle la politique... du care!
Sandra Laugier (Université de Picardie)
Pascale Molinier (CNAM)
Patricia Paperman (Université Paris 8)
Anne E. Berger (Université Paris 8)
Elsa Dorlin (Université Paris 1)
Claude Gautier (Université Montpellier 3)
Estelle Ferrarese (Université de Strasbourg)
Bertrand Guillarme (Université Paris 8)
Vanessa Nurock (Université Montpellier 3)
Layla Raïd (Université Bordeaux 3)
Nadia Setti (Université Paris 8)
Eleni Varikas (Université Paris 8)


Tous les commentaires
ce "débat" (storm in glass water) est bien décallé par rapport aux réalités quotidienne !
N'y a-t'il pas de sujets plus représentatifs des problèmes actuels que le nombrilisme d'"intellectuels" pas tentés ?
Attendez ... l'Equipe de France de football ? Par exemple ...
Ce débat m'intéresse, moi...
Merci aux auteurs et auteures.
je trouve très injuste votre reproche au mage d'Argencontan: il n'est pas antiquaire, et même plutôt homophobe.
Merci à vous de cet argumentaire, survolé ce matin ; je prendrais le temps de relire.
Désolé mais dire que l'anti-care est anti-intellectuel parce qu'Onfray ne connait pas Carol Gilligan....relève quand même d'un raccourci audacieux.
De même je n'ai pas bien compris porquoi dans votre argumentation il était sexiste ni porquoi il était nationaliste ( parce que Obfray appelle Beauvoir Simone ? Vous auriez voulu qu'il l'appelle Germaine?)
Le care pose effectivement problème.
Et il est vrai qu'il est rejeté spontanément par ceux qui ont pris l'habitude de raisonner en terme de contradiction capital/travail.
Par tous ceux qui ne croient qu'à la lutte( de classe)
Mais je n ai pas lu Onfray sur ce thème. J'eusse aimé cependant que votre argumentation soit plus solide et s'attaque au coeur du problème.
Bonjour et merci de cet éclairage. Sans avoir lu l'article de Michel, je vois à travers le vôtre que l'humanité a besoin de la pensée complexe avant toute autre chose !
Si l'on pouvait enfin cesser de réduire la pensée de tel ou tel, et ainsi d'en condamner à la fois les présupposés et les conséquences !
Vous me faites comprendre qu'un débat sur le "care" est autrement intéressant et digne que ce qui nous a été donné d'entendre ici et là...
Cordialement
CS
Merci.
Le sexisme de Michel Onfray (cf. :"la petite dame", etc) ne sera jamais assez dénoncé (ni sa prétention; lui qui, déjà dans ses anciennes émissions sur France-Culture, brocardait également Deleuze, par exemple).
I don't care, really. Lorsque je croise des féministes américaines je peux vous assurer que je change de trottoirs le plus rapidement possible. Au quotidien, il n'y a pas plus hystériques et fachos tendances qu'elles ...Jane Fonda au dire de Carol Gilligan est une inspiration pour elle: "Oh, she is very generous. I admire her so much. I love her. She's an inspiration, really." Onfray n'a pas les mêmes références sans doute en tout cas pas Jane.
Et c'est reparti...!
Pour Onfray.
Contre Onfray.
Ah que ça fait du bien de déblatérer, à charge uniquement bien sûr, hein Sandra Laugier !
Avec le soutien appuyé de Mediapart.... Se délectant décidément du pire comme du meilleur !
Pardon. Heu...
C'est sans doute super le "care"... Il semble même que tout un chacun est censé savoir de quoi il s'agit..?
Il me semble que cette manière d'en parler (très "entre nous") aurait plutôt tendance à alimenter l'anti-intellectualisme...
Peut-être que le texte d'Onfray m'en apprendra plus ?
...Oups. Non pardon. Tentative d'humour loupée.
Je m'éclipse_
...Finalement, en effet ça va un peu mieux après avoir lu l'objet de la diatribe :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/06/12/martine-carol-simone-et-les-autres_1371784_3232.html
And IMHO, he (Michel) does care as well...
j'ai lu donc merci à Limoubaille.
Et je redis ce que j'ai déja dit..je ne vois pas raison de fouetter mon âne..Pour ce qui est de la fameuse dichotomie raison/corps et émotion je rappellerai que c 'est aussi la distinctioin que faisait Senghor quand il parlait de négritude. Aux toubabs blancs Athènes aux nègres la musique le rythme et l'émotion. Mais il ne fixait pas aux nègres la mission d'harmoniser le monde en mettant un peu de rythme dans la pensée, un peu de swingue dans la dialectique, et de chaloupé dans l'argumentation Quoique Cleaver dans les années 60 regardant Presley pensait et ecrivait que la révolution du XXème était bien celle-ci qui faisait bouger le cul aux blancs.
Je suis d'accord une nouvelle fois avec MO et je ne vois dans ce texte et dans ses critiques de Gilligan que raison..Effectivement reviendrait-il à la femme, douce et émotive, de "corriger" la raison froide par le care?..je trouve ce genre de proposition comme Onfray machiste et stupide.
Quant au fait qu'il écrive "qui est cette femme?" je crois qu'il faut être un peu perturbé pour oser penser qu'il y a preuve d'anti-intellectualisme ou je ne sais quoi. Il pose la question car 99% des lecteurs se la posent. Il y répond. Donc il connait.
Je m'étonne que tant de gens compétents, d'enseignants de nos universités s'unissent pour produire un texte aussi intellectuellement indigent.
Merci de votre réaction, effectivement le texte à charge est vide de pense et plein des préjuges. Mediapart est une tribune prestigieuse et facile d'accès pour des personnes que parfois font des réponses aussi rapides que fausses.
+1
+1 (j'ai commencé par ce billet avant de lire le texte critiqué)
++++++++OK
Ces donzelles!!!
Mon oncle est antiquaire. Pourriez-vous le ramener à la raison ?
J'avoue que le débat me dépasse d'où ce préambule qui se veut un bon mot. Ce que je ne saisis pas c'est qu'à peine ce nouveau concept CARE est-il en débat, immédiatement les anti donc anti-care sont taxés d'être des réacs, sexistes et nationalistes.
Etes-vous si peu confiants dans vos idées ? Comment imaginez vous devenir crédibles ? Pensez-vous que c'est en dénigrant ainsi ceux qui ne pensent pas comme vous que vos idées passeront ?
"lancer sans réflexion ni critique l’idée de care, et l’exploiter pour se donner un statut moral à peu de frais. "
Voilà... Une nunucherie exploitée par des nunuches. Le cautère sur la jambe de bois érigé en thérapeutique universelle. Il fallait s'attendre au pire. Le p'tit bonhomme s'en fait le chantre. On avance, on avance...
Chère Sandra,
Onfray me fait tomber les yeux d'ennui, avec ses analyses abreuvées aux vieilles blessures de son ressentiment.
Concernant le CARE, évoqué comme la découverte d'un nouveau monde par Martine Aubry, fallait-il être en panne de tout, d'idées, de projet, d'engagement !
Le projet du CARE, pour améliorer la vie des gens au boulot (ou au chômage), on l'entend aussi dans le projet du BIEN ETRE, pour améliorer la vie des animaux d'élevage.
La prise en compte du BONHEUR ! en stereo. la vaseline un vieux remede pour adoucir les moeurs.
Le mot care fait fureur comme tous les anglicismes à la mode. Il me semble que le mot social, comme dans Sécurité Sociale ou Services sociaux, vie en société et même Socialisme le recouvre amplement dans son acception essentielle d'attention à l'autre.
Ce mot ne signifie pas grand chose de plus, d'ailleurs, que l'attention à l'autre (to take care of oneself - to be careful), c'est-à dire une attitude plutôt restreinte car prêter attention n'implique pas l'action.
Bref, à quand les défilés de mots à la mode ?
"les défilés de mots à la mode"
cf Orwell 1984 / " vous croyez que notre travail principal est d'inventer des mots nouveaux ? pas du tout ! nous détruisons chaque jour des mots ..."
le Novlangue prendra du temps, dit Orwell, sera opérationnel vers 2050.
pourquoi aller chercher loin ce que l'on a à portée de main dans notre propre sentence républicaine : liberté, égalité, fraternité et j'ajouetrai laïcité, aucun de ces quatre mots ne vaut quelque chose pris séparement, ensemble, c'est la plus belle du monde. le fameux "care" s'appelle aussi l'empathie en français, le souci de l'autre, du bonheur autour de soi, donner et être plus heureux que lorsqu'on reçoit. Et dire ce que l'on a pu entendre comme grossièretés et injures infâmes lorsque Mme Royal a lancé la fête de la fraternité !!!!
Bon, comment dire... il me faudrait le temps que je n'ai pas...
...cet été peut-être.
En tout cas lire le texte à charge ne suffit pas !
Juste un mot pour Kakadoundiaye :
Analyse sous l'angle du care et analyse sous l'angle capital-travail ne s'opposent pas ; ce sont deux éclairages différents qui peuvent s'avérer complémentaires, en particulier en sociologie du travail (travaux de Pascale Molinier).
et : Traduire la philosophie du care par "promotion du bien-être", c'est un contre sens sur le plan politique !
"97 % des salariés du secteur du service à la personne sont des femmes et font parties des plus mal payés des salariés" (coïncidence, je viens d'entendre ça en écrivant, c'est l'émission de France Culture en cours, Du grain à moudre, sur les femmes).
C'est ça aussi que certains courants du care prennent en compte. Et qui peut faire complément avec d'autres analyses.
Mais vous pouvez tous continuer à changer du trottoir devant le mot care, bien sûr !
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Suite de l'émission : présence de Geneviève Fraisse, etc. Question : Quelle part de féminin dans les femmes (qui sont aussi des acteurs sociaux, des citoyennes, des sujets, bref des personnes...)
Mais là à mon avis on s'éloigne du care, du moins de celui qui m'intéresse.
Je n'ai pas (encore) lu l'article incriminé. Mais depuis plusieurs semaines, je me demande pourquoi les socialistes sont allés chercher ce concept pour le copier-coller sur la France. Laquelle ne comprend pas l'anglais, comme on le sait. Les socialistes en question, s'ils trouvent juste ce concept (et pourquoi ne le serait-il pas ?) auraient pu chercher à le traduire pour le vulgariser et le rendre accessible à tout un chacun. L'ouvrier chômeur qui arpente les couloirs de Pôle Emploi méritait mieux. Et moi aussi.
D'accord avec vous.
C'était d'ailleurs l'objet du précédent billet de Sandra Laugier :
extrait : "SandraLaugier, philosophe, Pascale Molinier, psychologue, et Patricia Paperman, sociologue, mettent en cause la vision conformiste et électoraliste qu'en donne actuellement le Parti socialiste."
+ 1
le take care est simple comme pensée accéssible et pourtant indispensable pour retrouver santé .
ce philosophe pervertie tout pour être à la une des journaux.
le take care sera une avancée magistrale dans les droits de l'homme .
Pouquoi tant de haine ???
Ça a commencé avec Roudinesco, la grande prêtresse de l'église freudienne et avec les gardiens du temple, et ça continue avec l'article où Sandra Laugier attaque Onfray, et dont je me contente de citer un extrait où elle définit la position d'Onfray comme relevant de :
"la plus pure des réactions ou de LA réaction : anti-intellectualisme démagogique, sexisme de base (sous couvert d’universalisme : comment, on ne pourra plus insulter une femme sans se faire soupçonner de machisme? Mais où va-t-on?), nationalisme (nos bons philosophes Français plutôt qu'une Américaine), paternalisme (relisez vos classiques, les filles, qui n’avez rien compris aux « fondamentaux »)"... Et je ne cite qu'un extrait, tout le reste étant à l'avenant.
Roudinesco l'avait déjà traité de nazi, mais allez-y, tant que vous y êtes, traitez-le aussi de pédophile, zoophile, cannibale (il n'y aurait pas quelques affaires crapuleuses non résolues du côté de Caen, et qu'on pourrait lui mettre sur le dos?). Traitez-le aussi de footballeur, pour faire bonne mesure. Et allez savoir, c'est peut-être aussi le gigolo de Liliane Bettencourt...
ce neo reactionnaire m'ennuie,sa betise et sa fatuité n'a d'egal de son ignorance,il est contre tout ce qui est de l'ordre de prendre soin de soi ou des autres,normal,il n'y a que lui qui l'interesse,ce mec est si minable,que il rejoint tout les cretinus neoreacs,alors n'en parlons plus et vive la poésie,la psychanalise et la compassion!!
Svp, par compassion, arretez vos neo-reactions
ce neo reactionnaire m'ennuie,sa betise et sa fatuité n'a d'egal de son ignorance,il est contre tout ce qui est de l'ordre de prendre soin de soi ou des autres,normal,il n'y a que lui qui l'interesse,ce mec est si minable,que il rejoint tout les cretinus neoreacs,alors n'en parlons plus et vive la poésie,la psychanalise et la compassion!!
oh les bisounours, n'oubliez pas que l'homme est un loup pour l'homme!
si seulement ça sonnait en français, et c'est sans doute là ou se trouve le "petit" problème markéting de cette idée de "care". . le problème n'est eut-être pas le fond, mais bien la forme, et cela est une vrai position philosophique de base, qui se partage entre platon et aristote(deux phalocrate meditéranéen bien machiste, soit dit en passant). . vous voulez une politique pour la nation, qui est tout de même l'exréssion d'un peuple, de sa culture et de son savoir-faire, de son savoir pensée. pour ma part la première critique qui me viens est bien de la forme elle-même du paquet. le PS est un parti se voulant promoteur d'une certainne idée de la liberté de l'égalité et de la fratenité, nationaliste, je ne pense pas, mais promouvoir sans même l'ombre d'un complexe un vocabulaire qui n'est pas le nôtre au prtecte de ce vouloir moderne et mondialisé c'est oublier tout de même toute une bonne part de la population française a qui la langue de shakeapeare n'est pas vraiment la tasse de thé. . la critique es aisé, car il est clar que le PS a clairement opté pour cette forme dans le seul but de faire le "buzz". . pour ma part, l'on ne saurait prtendre au plus haute fonction de ce pays sans tenir compte d'une certinne forme de respect et de dignité envers la langue de la république et de ses institutions. . pour finir, même en tant que philosophe j'ai du mal a cerner une telle politique, j'ai lut trois ou quatre trucs dont ceux ublié sur mediapart et qui sommes toutes reste très peu clair quand au finalité intrinsèque de cette politique. . le care, s'oppose au soin, le soin est médicalisable, il est une pratique, dument maitrisable, du simple bandage a l'acte chirugical. le care, politique "d'attention à l'autre" politique de présence et de "soutien" à autrui, reste il me semble un oint difficilement politisable, puisqu'il rejoint plus la sphère morale, soit la sphère culturelle. l'attention, l'acte de présence, peut-il vraiment être payé? car au final toute poitique publique se finit par un engagement financier public... L'Etat at-il sa place a être humain, alors qu'en tant que structure juridique, l'Etat a d'abord pour mission, la droiture et une certainne froideur envers ce que l'Homme est. il se doit a sa justice, de rndre justice, de faire justice. mais en raison, et non de coeur. là est le parradigme de l'état de droit, il pense et raisonne, plus qu'il n'aime et ressent. monstre froid, plus que simple somme d'une culture et d'une humanité, et nécéssairement froid pour avoir cette distance, ce recul nécéssaire por que justice soit rendue. en vertue de la loi. . l'Etat peut-il être présent au chevet des malades ? est-ce vraiment à lui de le faire, une fratenité même bien pensé ne remplaceras ce que peuvent faire des proches, ce que fond les fratrenités "naturelle" chez l'Homme. . mais je pense tout de même que je n'ai pas tout bien compris a ce que "care" veux dire. et si on me le remplace par soutiens a la personne, j'aurais deja en tant que français plus de facilité a soutenir ce concept.
Ayant reçu cette tribune par une liste de diffusion, j'en avais apprécié le ton, ayant entendu ici ou là des critiques, effectivement ricanantes du terme. Je ne sais si il en existe une bonne traduction en français. De fait, j'ai également été sensible (comme d'autres) aux propositions lues par exemple dans le Canard Enchaîné, de (re)parler plutôt de socialisme ou (pourquoi pas ?) de fraternité (ou de sororité ?). Quoiqu'il en soit, je suis de ceux qui estiment que commencer (ou continuer) à penser les prises en charge, le travail de soin, de soucis des autres, serait un bon levier politique pour la gauche aujourd'hui, comme pour ceux qui se préoccupent de l'égalité entre les sexes, de la prise en charge des personnes dépendantes, de l'avenir des générations futures, etc.
Mais il faut dire aussi que je ne vois pas si clairement dans l'article d'Onfray tout ce qui a été dénoncé ici : est-ce de ne pas connaître certaines de ses prises de positions antérieures ? Ou est-ce parce que ces attaques seraient par trop allusives (comme l'usage des prénoms, ou cette façon de suggérer de façon pas très franche, sous la forme d'une possibilité "théorique", que Carol Gilligan serait "nulle") ? Bref, assez d'accord avec la contextualisation générale d'une importation un peu ratée du mot (sinon de la notion) dans le débat politique français, pas trop d'accord sur la cible ici choisie, ou bien sur la manière de l'épingler. Si Onfray cherche à discréditer le care (ce qui n'apparaît pas si évident quand on le lit avec des yeux de béotien), peut-être aussi et surtout cherche-t-il à discréditer certainEs de ses promoteurs en France, qui en gros choisiraient mal leurs porte-drapeau. Attention alors à ne pas tomber dans le piège, typiquement médiatique, de surréagir à des provocations, qui pour la plupart des lecteurs risquent d'apparaître quasi-subliminales, en se ruant sur qui ose mettre en doute telle ou telle figure de la pensée politique féministe.
Bref, un petit travail de décryptage du choix des citations, des raccourcis, des allusions éventuellement perfides, plus analytique, serait peut-être ici plus efficace, surtout que le texte d'Onfray n'est peut-être pas ce qui s'est fait de pire, dernièrement, dans l'"anti" (-intellectualisme, féminisme, care? on en revient au refus d'abandonner "nos" philosophes au rayon des "anti-quittés"). Un des malentendus que je trouve les plus redoutables dans l'article d'Onfray, notamment, c'est cette possibilité qu'il y a de renvoyer les constats qu'on peut faire sur l'assignation des femmes aux différentes formes de travail de prises en charge quotidiennes et aux sentiments qui s'y développent et y jouent un rôle important, bref à ce qui, dans l'éthique du care, tend à convoquer la question du genre (encore une importation, celle du terme "gender"), à des formes de clichés renvoyés hâtivement dans l'article d'Onfray à l'"uterus", comme si celles et ceux qui travaillent à analyser les logiques de genre (c'est à dire de construction d'identités, d'assignations, de rôles sexués) qui sont derrière ce type de clichés sexistes (renvoyer les femmes aux bons sentiments, par exemple) ne faisaient que redécouvrir des clichés sexistes ! Je trouve ce genre de renversement rhétorique (ou de malentendu?) redoutable, mais ce n'est pas facile à démontrer sans connaître un peu le débat en question, comme le montrent (peut-être) certaines réactions. Ah, qu'il serait bon de penser qu'Onfray voulait juste nous suggérer, non pas que Carol Gilligan, la philosophie du care ou la direction du PS ne sont pas assez bonnes (ou trop "nulles"?) pour repenser toute notre philosophie politique en remettant le souci des autres en son coeur (une question de mieux-disant), mais que des hommes (de "coeur", ou de "care" ?) aussi pourraient (ou devraient?) jouer un rôle dans une telle entreprise, ou encore que les (trop?) rares caregivers hommes et les nombreuses femmes de tête et de raison devraient unir leur force en ce sens.Et si tout cela n'était, au fond, que du dépit (dépit amoureux, dépit macho, je ne sais) de ne pouvoir adhérer à un féminisme sans craindre d'être appelé à y jouer un rôle mineur, ou négligeable (n'est-ce pas aussi de cela qu'il est question dans l'article incriminé) ? Mais après tout, à tous ceux qui veulent faire la synthèse entre "l'immense continent du socialisme" (pas forcément français et pas forcément "non marxiste" d'ailleurs...) et les politiques du care, et même si c'est par crainte de je-ne-sais-quel essentialisme (une crainte intéressante, d'ailleurs), pourquoi ne pas dire, simplement, "chiche" ?
Ce texte est difficile à lire. Répondre à un article bâclé d'Onfray (c'est le style d'Onfray: bâclé, prétentieux, agressif, et ennuyeux) n'est pas de bonne méthode. L'appeler Michel répétitivement nuit à la lecture.
Sans Onfray et sans Aubry, le concept de "care" a une histoire aux USA qui mérite d'ête lue. Une histoire féministe. Dont acte.
Il serait intéressant que l'une au moins des signataires de ce texte collectif réponde sur ce fil. Et développe, sans les polémiques avec ce "philosophe à 2 euros" d'Onfray, ce concept.
"Il serait intéressant que l'une au moins des signataires de ce texte collectif réponde sur ce fil. Et développe, sans les polémiques avec ce "philosophe à 2 euros" d'Onfray, ce concept." OH OUI !
Qu'on sorte de cette nouvelle polémique et de ce texte (ce billet) largement outré par rapport à l'article, certes affligeant - mais qu'attendre d'autre de ce sire, article à la camomille relevée de vinaigre. Et dire que Michel enseigne !
Rien à battre soyons, é, ée !
Ni sujets, ni sujettes.
Loves
Care : en français, 1 souci, inquiétude, préoccupation ; 2 soin(s), attention, ménagement, d'après le dictionnaire Happaps.
Visiblement il s'agit là d'une terminologie du domaine personnel et non social.
Que des intellectuel(le)s américain(e)s aient socialisé la chose, c'est leur affaire. Mais elle est fort criticable, car cela me paraît une dérive qui va encore au delà de ce qu'on appelle le "politiquement correct" - notion qui vient aussi des USA et qui a fait des ravages pour ce qui est de l'approche scientifiques des problèmes contemporains (colonialisme, racisme, communautarisme, etc.), tout étant idéologique et seulement idéologique.
Un partie de la gauche - y compris de grands esprits comme Sartre ou Foucault - se sont laissés aller à de tels errements, que Julien Benda avait pourtant dénoncés il y a longtemps (La trahison des clercs, Grasset, 1927) à propos de ce qu'on appellera 50 ans après le gauchisme...
Il me paraît donc normal que cette confusion d'origine sémantique soit combattue sur le champ philosophique.
Mais, politiquement parlant, la bévue est bien plus grave de la part d'un(e) dirigeant(e) d'un parti dont le but - bientôt centenaire - est la lutte contre les injustices SOCIALES.
Sandra Laugier ne s'est pas manifestée, ni sur Médiapart ni ailleurs, lorsque MichelOnfray a donné la pleine mesure de son "talent philosophique particulier" dans son livre sur Freud. Pourtant, une philosophe de larigueur y aurait trouvé matière à déboulonner l'une des idoles du Monde, qui en effet, trouve dans ce journal un crédit disproportionné par rapport à ses nombreux talents. Ici, S.Laugier tonne contre l'article de M.Onfray sur le Care, que je viens de lire grâce à Limoubaille : merci, parce que Sandra Laugier ne permet pas elle-même de juger sur pièces le monument de "machisme, d'anti-intellectualisme et de nationalisme" qu'elle a lu. Bien que je n'aie aucune estime pour M.Onfray, je n'ai rienlu de tel dans son article.
D'abord,cet article s'adresse explicitement à Martine Aubry et à sa dernière trouvaille en matière de slogan rassembleur de la gauche; il lui oppose « d'explorer l'immense continent du socialisme français non marxiste, libertaire en particulier, et d'une certaine Simone de Beauvoir ». Simone de Beauvoir et non « Simone », pas plus que Carol Gilligan n'est appelée "Carol". Etant donné tout le poids historique du terme "nationalisme" en France, (Barrès, la révolution nationale de Vichy, Le Pen), parler de nationalisme à propos de références au socialisme français, à la pensée libertaire et à S. de Beauvoir est proprement infâme, surtout de la part d'une philosophe que l'on croyait plus exigeante sur l'usage des mots. D’ailleurs, elle ne cite aucun des mots ni des phrases d'Onfray mais les englobe dans desparenthèses en elles-mêmes disqualifiantes, donc à peu de frais : « nos bons philosophes français plutôtqu'une américaine, comment, on ne pourra plus insulter une femme sans sefaire soupçonner de machisme? Mais où va-t-on? Relisez vos classiques, les filles, qui n’avez rien compris aux fondamentaux ». A part S. de Beauvoir dont il vante le« livre magnifique » qu’est le Le Deuxième Sexe, où Michel Onfray parle-t-il, ici ou ailleurs, de « nos bons philosophes français » ? A mon avis, c’est plutôt Sandra Laugier qui fait preuve ici d’un nationalisme philosophique des plus détestables.
Mais le gros morceau de cette diatribe concerne la 2° figure de "LA réaction": le machisme. Or, Onfray ne dit pas ce que Laugier prétend qu'il dit de concert avec tous les machistes, mais : « Quand une femme est nulle, on doit pouvoir le lui reprocher sans s'entendre dire qu'on ne le lui enaurait jamais fait la remarque si elle n'avait pas été une femme, un argumentsexiste qui vaut celui des hommes phallocrates. » Il ne s'agit pas d'insulter (ce qui n’est jamais bien), mais de faire remarquer à une femme qu’elle est nulle quand elle l’est : situation aussi fréquente chez les femmes que chez les hommes. Et en effet, « tu ne me dirais jamais que je suis nulle si je n’étais pas une femme » est un argument aussi sexiste que nul. On peut aussi être fière qu’un homme nous dise qu’on est nulle quand on l’est, par rapport à tous ceux qui ne nous en feraient même pas «l’hommage» puisque nous le serions par définition.
Reste le Care. Plutôt qu’une attaque de «Michel» pour nationalisme, sexisme et anti-intellectualisme, on aurait préféré que Sandra Laugier, qui apparemment s’y connaît, en dise davantage sur ce concept du soin et du souci, et surtout en quoi il est radicalement nouveau dans les Gender Stuidies.Pour ma part, je n’y vois rien de plus que la solidarité, voire la fraternité qui est l’une des devises de la République Française. Et si «fraternité» a l’air de signifier que l’humanité n’est composée que de pères, de fils et de frères, pourquoi pas «humanité» ? Et pour faire un peu dans la philosophie, ni française ni américaine, pourquoi pas : « traiter toujours l’humanité, en toi-même et en autrui, toujours comme une fin, jamais comme un moyen » ? Bien qu'elles aient été très souvent assignées au tâches du soin (aux enfants, aux pauvres, aux malades), les femmes font-elles davantage preuve d'humanité que les hommes dans la vie sociale en général et en particulier dans la vie politique ?
Sandra Laugier ne s'est pas manifestée, ni sur Médiapart ni ailleurs, lorsque
le "care" vocabulaire du "New Age" en langue "Angsac", est parlé par des groupes les plus hétéroclites. Que le concept soit devenu à ce point politiquement correct pour pouvoir être introduit dans le débat politique, par l'actuelle femme forte du Ps, est à mon gôut de très mauvais gôut.
je me suis déja exprimée à ce sujet, rappelant que ce courant de pensée se manifeste aussi dans Gaïa "sauvons la terre", dans le "aménageons "le bien-être" animal dans les élevages et les labos ", - "donnons des serviettes de table aux vaches folles", et soyons zen et harmonieux dans nos relations sur les plateformes de FranceTelecom, compatissants comme les mamans.
C'es à l'évidence de la poudre aux yeux, la nouvelle ideologie du capitalisme mondial ultra-concurrentiel impitoyable, la Société de Contrôle SOFT auprès de laquelle le néopaganisme nazi paraitra un folklore.
a bon entendeur salut !