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"Pourquoi je démissionne de l'Education nationale"

Laurent Ott, membre du mouvement Freinet, a envoyé une lettre de démission à son Inspecteur d'Académie. Il y exprime sa colère face aux réformes dégradant les principes et le sens de l'école, son exaspération à ne pouvoir exercer pleinement et intelligement son métier et, enfin, sa lassitude à voir prospérer le déni des droits et besoins des élèves.

Je souhaite par ce courrier, monsieur l'inspecteur, vous présenter ma démission. Depuis la fin des années 80, je n'ai pu qu'assister à la dégradation de la liberté éducative et pédagogique de l'enseignant, et à l'appauvrissement du champ éducatif à l'école.

Sous couvert d'un « recentrage » perpétuel vers l'acquisition de « fondamentaux », de socle, l'école primaire s'est appauvrie, s'est repliée sur elle-même ; elle s'est coupée des ressources de son environnement naturel, à la fois urbain, familial et social.

Le temps et le champ de l'enseignement se sont retrouvés de plus en plus quadrillé d'objectifs, d'injonctions et de contrôles. Les possibilités pour les enseignants comme pour les élèves, de faire preuves d'initiative et d'autonomie sont progressivement et toujours plus rognées par des injonctions dans tous les domaines et une inflation de règlementations dissuasives.


Le plan Vigipirate, l'alourdissement des procédures d'autorisation de sortie, ou d'intervention de tiers, la règlementation des activités physiques […] ont constitué autant d'entraves au développement d'un climat éducatif souhaitable, dans les classes et dans les écoles.

Qui peut encore en effet, dans sa classe et dans son école, sortir en toute simplicité, faire la cuisine, utiliser les transports en commun, faire participer les parents au quotidien de la classe, faire une sortie vélo avec ses élèves ou organiser un séjour avec eux ?

Sans que l'on y prenne garde, c'est toute la liberté éducative nécessaire à l'apprentissage de l'autonomie et au développement des relations éducatives de base qui se sont retrouvées progressivement rejetée hors de l'école.


A la place, nous avons connu une inflation des évaluations en tous genres, nationales, de circonscription ou exceptionnelles, qui prennent de plus en plus de temps, de plus en plus de place et qui déterminent lourdement le quotidien des élèves, comme celui des enseignants.

Cette tendance est allée si loin, que l'on peut se demander si l'enseignement à l'école n'est pas en train de perdre tout sens en se réduisant à la simple préparation… de ses propres évaluations.

En vingt-quatre ans, je n'ai observé également aucun progrès dans la formation ou l'accompagnement des jeunes enseignants.

La formation éducative, l'accès à une formation consistante dans les domaines de la connaissance du développement psycho-affectif de l'enfant, de la connaissance des réalités sociales et contraintes des familles les plus précaires, sont toujours refusés aux jeunes enseignants qui subissent de plein fouet les peurs, les préjugés, auxquels les expose leur impréparation.


Membre de l'Icem pédagogie Freinet de longue date, j'aurais souhaité contribuer à l'intérieur de l'Education nationale au développement d'une pédagogie respectueuse de l'enfant, de ses besoins et de ses aspirations.

Je suis malheureusement aujourd'hui forcé de constater que de telles pratiques pédagogiques n'ont plus de place dans l'Education nationale, telle qu'elle est devenue.

Les sanctions, ou plus banalement les brimades et dénis de reconnaissance pleuvent sur nos collègues et camarades qui, partageant nos principes, refusent les modes d'évaluation néfaste, l'absurdité du » soutien scolaire » obligatoire, ou le fichage des enfants dans Base Élèves.

La relation avec la hiérarchie s'est tellement dégradée qu'il n'y a plus de place aujourd'hui dans notre institution que pour des relations d'autoritarisme et de servilité qui empêchent le développement de toute créativité nécessaire à l'acte d'éduquer. Aujourd'hui, Monsieur l'Inspecteur, il devient clair que c'est en dehors de l'école que peuvent se développer de véritables innovations pédagogiques et éducatives.


C'est pour cette raison, que dans le cadre de l'action associative, je contribue à promouvoir de nouvelles formes de travail éducatif qui, répondant à des besoins sociaux pressants, ne trouvent pas de place à l'école.

C'est également pour cette raison que dans le cadre de la formation professionnelle, je contribue à développer des actions de formation propres à aider les éducateurs d'aujourd'hui à devenir les véritables promoteurs et ingénieurs de leur pratique professionnelle et éducative.

Constatant que ces objectifs n'ont plus aujourd'hui de place dans l'Education nationale, je vous prie donc de prendre en compte ma démission. Dans cette perspective, je vous prie de croire en mon attachement profond à l'éducation et à la pédagogie.

 

lettre trouvée sur Rue 89

 

Tous les commentaires

 

Belle lettre. Assurément.

 

Tout ceci est bien triste.

Ces propos sonnent si juste. Quel courage il faut pour se résoudre à cette extrémité. Je ne l'ai pas eu, tout en ayant la même tristesse et la même colère.

"il n'y a plus de place aujourd'hui dans notre institution que pour des relations d'autoritarisme et de servilité"

Voilà, tout est dit.

 

Belle lettre et superbement motivée ! Mais Sébastien, je te l'avoue, j'ai eu un moment de panique, en lisant le titre, j'ai cru que c'était toi.....

Billet recommandé (comme souvent, même si rarement en commentant) !

 

Viens de signer la pétition de soutien.

 

Pilippe Wain, ce "citoyen-désobeisseur" à qui l'on lui retire le poste de directeur qu'il n'a jamais eu sur le papier...

Nous avons écouté son témoignage à La Rochelle, témoignage plein d'entrain, sans démotivation, avec pas mal de cette saine colère nécessaire pour faire avancer les dossiers. Il était invité à prendre la parole par l'une des candidates à la Primaire.

 

J'avais déjà signé l'appel de son comité de soutien mais j'ai entendu pas mal de camarades demander le lien pour le faire, j'espère que c'est fait parce que pour faire de petits pas dans le combat social plus que les grands discours et les bonnes intentions ce sont les actions et l'implication de tout un chacun.

Mais alors, comment mange-t-il ce maître Freinet?

Pourtant, sur des fils on se moquait de moi, en me disant que je me trompais le mouvement Freinet se portait très bien!

Je me demandais comment?

Oui, j'ai beaucoup aimé la pédagogie, le respect des élèves, leur autonomie et leur créativité mais quand on vit seule, il faut bien sa paie pour pouvoir manger et dormir dans un lit.

Si la France régresse complètement, ce n'est point de ma faute. Alors tant pis j'essaierai de continuer à enseigner.

Bref, j'ai eu de la chance!

Triste bilan. Un geste symboliquement fort qui devrait questionner l'ensemble du corps enseignant..

MARIELLE BILLY,

Lettre exemplaire d'un enseignant exemplaire. Le Ministre de la Destruction Nationale, s'il la lit, s'il sait lire, s'il a jamais lu, ne comprendra probablement qu'un mot sur trois. Sa logique est autre.

Une revue, initiée, entre autres, par Jacques Rancière avait jadis pour nom : "Les Révoltes logiques".

Nos révoltes sont logiques. Elles sont, avant tout, des constructions. La logique d'Etat est une destruction.

"Silence aimable", l'autre nom de la peur.

Je pense bien à vous, chère courageuse.

à Marielle Billy

Moi aussi ,je pense à vous!

SEBASTIEN ROME,

Merci. Je recommande.

J'ai "croisé" Laurent Ott autrefois, notamment sur les premières listes d'échange au temps du minitel... Je regrette qu'on en soit là.

Ceci dit, mon jeune collègue (celui qui venait de prendre le poste de cycle 2 dans le RPI où j'étais maîtresse de cycle 3), après 8 ou 9 années, envisage de faire comme laurent.

Oui, je n'aurais jamais cru ça: Sébastien (un autre!) envisage de quitter le métier. Dégoûté de toutes les contre-réformes, des pressions diverses exercées sur les enseignants... mais pas qu'à cause de cela.

Il avait repris le flambeau du mouvement Freinet en Charente, mais il a d'autant plus l'impression de lutter contre les moulins qu'il se sent de plus en plus isolé, au milieu d'une cohorte de nouveaux instits (pardon!!! Profs des écoles...) sans véritable idéal, qui font tourner les photocopieurs à fond, et remettent de moins en moins en cause le système.

Cette lettre reflète le dire de tant d'enseignants rencontrés en 8 années de présidence d'association de parents d'élèves. Elle est si juste qu'on ne peut qu'être attristré de sa décision motivée par l'impossibilité d'action. Je souhaite vivement que cette lettre de démission en fera réagir beaucoup non pas pour démissioner systématiquement mais pour que la mobilisation soit plus forte dans le corps enseignant, qui semble en partie se résigner une bataille est déjà perdue. Un combat se gagne toujours sur la durée.

Le départ de Sébastien ne signifie pas abandon de ses convictions mais sa nouvelle vie est une nouvelle voie pour mobiliser autour des valeurs éducatives dans la construction d'un citoyen. Bon courage.

 

Sébastien va s'engager ,ou plutôt poursuivre et rebondir ailleurs!

cé pa cébastien cé loran

Ce Monsieur se dit attaché "à l'éducation et la pédagogie", si bien qu'on ne comprend pas très bien pourquoi il démissionne. L'école que nous préparent de concert la droite et la gauche molle (PS, Verts) sera une école de non-savoir et de non-instruction : elle devrait donc lui convenir, non ?

Moi aussi j'ai démissionné en janvier 2011. Mais parce que je suis attaché à la Connaissance.

@degos,

Ce Monsieur comme vous l'appelez est un des moteurs de la pédagogie Freinet qui entend donner vie à l'enseignement. Si vous n'en avez jamais entendu parler c 'est que, féru de connaissance, vous n'apportez guère de crédit et de connaissance à l'enseignement et transmission de cette connaissance et des connaissances car qu'est la connaissance qui se transmet?

Je suis prof des écoles à la retraite depuis deux ans. Retraite que j'ai prise à 55ans sans avoir toutes mes annuitées, motivée par une perte totale de toutes les motivations qui m'animaient. Cettre lettre de Laurent Ott, malgré toute la désillusion et tout la fatigue qu'elle véhicule est une lettre à faire lire aux jeunes qui se lancent dans le métier non pas pour les désespérer davantage mais pour leur montrer tout ce que l'on pouvait faire dans l'éducation nationale et que l'on ne fait plus.

C'est idiot, il ne faut pas démissionner, pour laisser la victoire aux salopards?

Surtout ne pas démissionner. Faire le gros dos, et rendre les coups autant que l'on peut.

Si les bons s'en vont, qui va rester?

pf simeoni.

"Les traders , les dealers , les arnaqueurs , les trafiquants , les spéculateurs ,les tricheurs et les sociopathes parvenus constituent aujourd'hui le haut du panier de notre société néolibérale en crise ."

c'est la raison pour laquelle ceux qui n'espèrent plus rien d 'un système tel que vous le decrivez plutot que d'apporter quelques lueurs ça et là prefèrent, et on les comprend et on les soutient, s'en aller tirer l'échelle..

En espérant que le système Chatel-Sarkozy se retrouve nu deshabillé de l'ardeur et de la passion enseignantes qui, ça et là, continuent à lui tenir lieu d'habit

LESÉPARGES,

Saisissante analyse.

Vive l'Idée du communisme ! Sans elle — pour ceux que la démocratie intéresse d'abord — aucune démocratie possible, jamais.

Michel Onfray a démissionné de l'Education nationale et a créé l'Université Populaire de Caen.

GUYDUFAU,

Onfray est un filou.

Le pire dans tout cela est q les politiques de l'UMP peuvent se réjouir !

En effet, si le but ultime est la privatisation du système éducatif, plus les enseignants démissionnent et fondent des écoles privées, moins il y aura de fonctionnaires et plus se délitera l'éducation nationale...

Bref, un problème insoluble tel qu'il est posé !

Merci pour ce temoignage important !

Dommage pour les demissions ....

Je travaille dans l'université et le climat n'est pas meilleur ....

Je suis totalement dégouté de ce qu'il est devenu la mission d'enseignant (ou Ensegnant-Charcheur) : on vide les contenus des programmes et on augmente chaque annee la burocratie la paperasse ....

Ces nouveaux rapport avec la nouvelle hierarchie sont devenus insupportables : ces nouveaux princes prets a poignarder tout et tous et a sauter du bateau au moment ou il va couler ..... : ils meritent toute la haine de ce monde, pour leur lacheté ...

Parfois j'aurais aussi l'envie de les abandonner dans cette merde que eux même ont permis de construire, avec leur complicité obeissante et opportuniste, .... mais je me dis que nous n'avons pas le droit (sauf cases extremes) et qu'il faut continuer à se battre car on ne peut pas abandonner les lieu où se forme la jeunesse .... même si ceux-ci se sont tellement degradés....

Il faut rester pour ne pas laisser la place libre de vainqueurs à ces traitres et continuer à defendre l'Education Nationale même dans des conditions extremes !

 

Karachi, Bettencourt, Wildnstein, et maintenant les menaces de mort ..... ce pouvoir est au but de sa vie il faut rester pour etre là au moment où ces criminels quitteront les commandes et pour recommencer à reconstruir ....

J'espere que le nouveau parti au pouvoir en 2012 sache PUNIR les profitteurs de la nouvelle hierarchie, acteurs-complices de cette degradation - epouventable metamorphose - en les renvoyant à la derniere echelle de l'EN et en les poursuivant pour tous leurs actes illegaux .....

Il est difficile de dire quelle doit être la conduite à tenir face à un gouvernement "d'autistes" qui tourne totalement le dos à l'intérêt général, qui marchandise tout, y compris l'éducation.

La résistance a ses limites, et malheureusemnt dans un pays qui ne respecte plus les droits élémentaires et accroît sans se poser de questions le nombre de "pauvres" et leur degré de pauvreté, il est compréhensible de vouloir survivre malgré tout.

C'est à nous citoyens de soutenir ces enseignants et de se poser des questions sur les méthodes et outils d'évaluations mis en place : A qui profitent-ils?

Pour moi, la réponse est simple comme leur raisonnement! On quadrille la population et les enfants. Ils doivent rentrer dans les cases préétablies et ceux qui ont le malheur de ne pas entrer dans ces cases sont exclus comme des lépreux, ou des pestiférés.

Il faut permettre à chacun d'avoir une place qui soit reconnue et qui lui donne les mêmes droits

Laurent écrit là tout ce que bien des acteurs du monde de l'éducation pensent.

Je le salue très amicalement et le félicite pour son courage.

L'Education nationale perd avec lui un éducateur de grande classe.

Puiss-t-il trouver dans d'autres cadres les moyens de poursuivre ses combats pour une éducation créatrice d'humanité, selon le mot de Pestalozzi.

Votre combat aussi, Sébastien, est digne de mon admiration. Contniuez à semer ainsi : les seuls fruits que l'on est sûr de ne jamais manger, ce sont ceux qui auraient été produits par les graines que l'on n'a pas semées.

Je vous prie... de bien vouloir trouver ci-après...

 

___________

 

Faut-il ici énumérer les politiques sociales, culturelles et économiques qui ont pu conduire en trente ans et plus, des pans entiers de la population française marginalisés à rejeter l'école, les savoirs et la Culture : celles des livres, des auteurs, des sciences, des langues ?...

 

Des dizaines de milliers d'ados ou pré-adultes quittent l'Education Nationale chaque année sans maîtriser l'écrit ou la lecture ; 50% des étudiants inscrits à la Fac abandonnent leurs études dès la fin de leur première année.

 

D'aucuns seraient tentés de croire que l'Education Nationale est principalement occupée à gérer un échec de masse, sans oublier la gestion des carrières des pédophiles qu'il faut muter de temps à autre, ici et là, quand vraiment, ça sent le roussi parce que la presse locale, alertée par des parents dégoûtés et en colère, s'en mêle...

 

Occupée aussi cette institution à préparer les nouveaux outils et les méthodes pédagogiques qui, nul doute, plomberont l'avenir des gosses des classes populaires - et plus particulièrement ceux de l'immigration -, au grand désespoir de leurs parents, impuissants face à cette montagne qu'est devenue l'accès à une réussite scolaire digne de ce nom, pour leurs enfants...

 

Et si l'on en croit les témoignages : institution dont la vocation consiste aussi à broyer les enseignants qui tenteraient de se révolter...

 

Et n'oublions pas leurs représentants syndicaux, bedonnants (même les femmes !), à force de déjeuners bien arrosés, avant d'aller négocier, sur le dos des gosses, qui... une heure en plus, qui... une heure en moins, qui... une augmentation... enfin bref ! Tout ce que vous voudrez, sauf les conditions d'une prochaine réussite scolaire des classes populaires.

 

Il est vrai que l'on nomme depuis quarante ans des ministres de l'Education de gauche comme de droite qui confient leurs enfants aux meilleurs lycées, et aussi et surtout, aux écoles privées, tellement la confiance y règne et les résultats y sont encourageants... dans ces établissements publics...

 

Quant aux enseignants : aussi préparés à affronter une réalité sociale dont aucun mur ne pourra les protéger que leurs élèves le sont à recevoir un enseignement qui les ignore puisqu'ils ne sont pas supposés s'y épanouir ou y triompher dans et avec cet enseignement...

 

D'autres enseignants et d'autres établissements y pourvoient, ailleurs.

 

Pensez donc !

 

Seulement 12% de la population possèdent un diplôme d'enseignement supérieur (un des taux les plus faibles des pays occidentaux, sinon... le plus faible !).

 

La caste des diplômés n'a pas de souci à se faire et les enseignants non plus puisque ce sont majoritairement, leurs enfants qui obtiennent ces diplômes.

 

Ces mêmes enseignants, si prompts au procès d'intention à l'encontre de leurs élèves !

 

Elèves de 12 ans...

 

Mais alors, ne savent-ils donc pas qu'à 12 ans... on ne fait que chercher à devenir ; et la route est sacrément dure et longue jusqu'à l'âge adulte ?!

 

Sans oublier le fait que la parole d'un enfant n'est pas seulement sa parole mais... celle de tous ceux qui, bien ou mal, pour le meilleur et pour le pire, contribuent à son développement ; jusqu'au jour où, une fois adulte, cet enfant qui n'en est plus un, décide d'être ce qu'il dit et ce qu'il fait.

 

Faudra-t-il dans les années à venir parler de la haine des profs face à leurs élèves auprès desquels ils auront épuisé toute capacité de pardon et de compréhension en vertu d'une nouvelle loi (peut-être pas si nouvelle que ça) selon laquelle quiconque empêche un enseignant de faire son métier n'aura qu'un devoir et qu'un droit : s'effacer et disparaître.

 

Confrontées à un environnement difficile, souvent violent, les enseignants auraient-ils sombré, à l'instar de leurs élèves, dans le fatalisme, le désintérêt, le défaitisme, le mépris et la colère ?

chiche! j'en rêve...

Dans mes dernières années de fonction (copsy) j'étais atterrée par cela qui advenait et constatais que les gévistes n'étaient pas trés nombreux... ...du jour où je suis parti à la retraite mon époux m'a fait remarqué que je gagnais plus qu'en travaillant ... ben oui ça coûte de faire gréve (même si certains laissent entendre le contraire)

oui nous avons tous toutes des obligations financières mais TROP c'est TROP .... Alors CHICHE... et je suis prête à cotiser à une caisse de solidarité!

Je suis à la retraite cette année, j'ai en quelque sorte démissioné...

Et sans regrets

La stupidité hautaine de la hierarchie, la paperasse , les grands mots, les réunions , on est loin du souci pour les enfants, on est des pions sans importance et sans aucun pouvoir, des champions de la statistique, des clowns qui ne font même plus rire les parents.

 

Kafka

Bien heureux quand certains ne nous collent pas tout sur le dos...

Un de mes très bon pote instit, pareil. Il a devancé sa retraite sans avoir les trimestres. Tant pis. Trop de sens perdu. Trop de néant.

"Pus le peine" il a répondu, quand j'ai demandé pourquoi.

 

Tu as démissionné et c'est un choix tout à ton honneur. J'ai failli en faire autant après 5 ans en Lycée Professionnel... Non à cause des élèves attachants, mais écoeurée par la hiérarchie; il n'est qu'à lire les critères d'évaluation des enseignants ! ! ! Tu trouveras ailleurs des lieux où tes qualités pédagogiques créatrices apporteront un plus. Dommage pour tes élèves de l'Education Nationale.

Je viens de découvrir, bien en retard, la lettre de démission de Laurent Ott. Je n'ai pas le temps de lire tous les commentaires mais je réagis rapidement car pour moi cette nouvelle est catastrophique ! Laurent Ott est une personne dont le travail de terrain aussi bien que les écrits sont d'une importance fondamentale que j'apprécie et qui me donne du courage depuis des années.

Pour moi c'est tout un pan d'espoir pour l'avenir des enfants qui s'écroule avec sa lettre de démission et une alerte d'une importance capitale sur le non devenir d'une véritable réflexion concernant le respect de l'enfant au sein de ce que l'on ne peut plus appeler l'"éducation" nationale.

Je n'aurais pas dû lire ce billet : je suis effondrée !

Merci de nous avoir informé, cependant !!!

Yeap, Sébastien ! Depuis ce matin ce billet a le grand honneur de figurer deux fois en "une" du Club. Quand je pense que je n'ai pu le recommander qiu'une seule fois....

J'approuve cette démission et cette lettre. L'école est devenue prison. Il faut en sortir pour vivre.

Et les enfants ? Qu'ont-ils fait pour mériter la prison ? Naître est-il si criminel ?

Je ne comprends pas vos questions par rapport à ce que j'ai écrit. Pourquoi vous en prenez-vous à moi ? Je n'ai rien dit contre les enfants, il me semble.

Désolée, il n'y a rien de personnel dans ma réponse, il s'agit d'un débat d'idées, pas de confrontation de personnes, ce qui serait stupide de ma part : je ne vous connais pas !

Je m'interroge seulement sur la signification et les conséquences du fait que les bons enseignants quittent l'école : quid des enfants qui eux sont bien obligés d'y rester en compagnie des autres ?

Si l'école est une prison pour les enseignants, ce avec quoi dans ce contexte je suis d'accord, qu'est-elle pour des enfants qui n'ont pas les mêmes possibilités de se défendre face à ce qu'on leur impose ?

Voilà le contenu de mes questions, celles que je pose aux ami(e)s EJE qui n'en peuvent plus de voir le sens de leur travail dénigré et saccagé, aux ami(e)s enseignant(e)s qui démissionnent - et j'en connais pas mal, hélas ! A ceux qui me traîtent de maso parce que je supporte (mal) la dégradation de mes conditions de travail pour tenter d'apporter un peu de relationnel positif aux enfants.

La détresse des enfants je la vois tous les jours et je me demande : devons-nous, pour nous protéger, les laisser affronter ce que nous-mêmes, en tant qu'adultes, nous ne pouvons supporter ?

Ce n'est pas non plus une critique par rapport à Laurent Ott qui mène le combat de front sur plusieurs terrains, en particulier celui d'intermèdes Robinson

http://assoc.intermedes.free.fr/

 

Hélas, trois fois hélas ! Je connais des textes de Laurent Ott fort sympathiques...

Rappelons que Célestin Freinet lui-même a démissionné et qu'en compagnie de son épouse Elise il a ouvert une école privée à Vence. (Que les tenants du public y réfléchissent! Public n'implique pas "bien" ni privé "mal"). Il a pu y retrouver des forces et faire son possible pour changer l'éducation nationale de l'extérieur !

Malgré tout, l'école publique est notre école (et celle des enfants, avec des droits) et il est temps de comprendre qu'une minorité s'approprie nos ressources (relisez Engels).

Cette captation de l'école par le courant ultra réac, est quelquechose de vraiment grave. Qui grève l'avenir.

Parents ! alertez- vous ! reprenez pied. récupérez l'Ecole dans l'intérêt des gosses.

CE N'EST PAS MOI QUI DEMISSIONNE !

J'avais remarqué, et déjà signalé.

Ils lisent trop vite.

 

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