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Mai

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Nouveaux programmes et nouveaux profits

Comment augmenter les profits de Lagardère ? Il suffit de faire de nouveaux programmes pour l'école !

L'accusation est un peu grossière, je sais. Mais voilà comment cette idée toute simple m'est venue.

Il y eu d'abord, indice un, cette phrase de notre Président: « Mais autant de questions qui ne sont pas encore l’essentiel, à savoir : que voulons-nous enseigner à nos enfants ? Ce problème crucial entre tous, nous l’avions abandonné à des « spécialistes », des « experts » qui rendaient en catimini une copie au ministre, lequel bornait souvent sa contribution, et par voie de conséquence, celle de la Nation, à apposer sa signature au bas d’un document pré-rédigé. Je dis que cela ne pouvait plus durer : les programmes scolaires sont un sujet politique et non technocratique. » (media.education.gouv.fr/file/fevrier/09/4/discours_president_perigueux_24094.pdf - )

En lisant les programmes, nous praticiens, nous avons compris que ce n'était pas un des nôtres qui a pu écrire ça. Bien sûr, je me joins à toutes les critiques déjà exprimés qui vont dans le même sens. Les premières, de Luc Ferry et Jack Lang, visent justes. Ces programmes sont simplistes. Ils privilégient les mécanismes à la réflexion. Enfin, alourdis, ils contribueront à faire baisser le niveau dans nos classes.

Luc Ferry développait ses critiques lors d'un Matin de France Culture, le 18 mars et, indice deux, il eu cette phrase où il s'interrogeait sur les rédacteurs de ces programmes. Il semblait même tenté d'exclure Xavier Darcos de cette réforme et lui recommander d'interpeller le Président pour remettre les programmes sur de bons rails. Deux minutes plus tard, il a cette phrase qui confirme cette vague impression : « Personne ne sait qui a fabriqué les programmes. C'est deux ou trois conseillers à l'Elysée,...ou à l'Education nationale, ce qui fait que ces programmes ont été fabriqués sur un coin de table, en secret... »).

Mais Luc Ferry loupe la bonne explication. Mais mon idée n'est pas encore tout à fait prête.

Relecture des programmes en vu de notre demi-journée de travail sur le sujet. Et là, troisième indice, il a cette phrase: « L’appui sur un manuel de qualité est un gage de succès pour cet enseignement délicat ». La phrase est reprise un peu plus loin et on retrouve le terme à plusieurs reprises. Qu'il y a-t-il de mal à utiliser un bon manuel ? Mise à part qu'il soit « conforme » aux derniers programmes, rien à redire. Pourtant, il ne faut pas oublier qu'en introduction la « Liberté pédagogique » (mise à mal par les nouveaux programmes) est réaffirmée. Or, rien ne cloisonne plus qu'un manuel. C'est pour cela que les enseignants du primaire font souvent les abeilles entre les manuels afin de choisir les meilleures présentations pour la classe, pour les élèves. Grâce à l'ordinateur et à internet, les enseignants créent ou échangent souvent de bons documents. Il est donc étrange que l'on insiste autant sur l'utilisation du manuel. Mais bon, passons , c'est là mon plus mauvais argument.

Lors de notre séance de réflexions et de concertations sur les programmes le samedi 29 mars, l'idée qu'il s'agit d'un coup commercial exceptionnel me vient. Mais bon, ne soyons pas paranoïaque, je suis certain que même si je ne suis pas d'accord avec les grandes lignes de ces programmes, il ne s'agit que d'un désaccord pédagogique. Alors passons...

Pourtant, en profitant du week-end pour relire les programmes, je m'aperçois d'un détail qui me chagrine. J'allais découvrir mon quatrième indice. Dans la partie qui traite de la préhistoire, la maîtrise du feu n'est pas évoquée au profit de la maîtrise du fer. Etrange, l'invention du fer n'intervient qu'à la toute fin de la préhistoire et est de moindre importance, pour la préhistoire, que la maîtrise du feu. Je vais donc voir s'il s'agit d'une nouveauté 2008 en vérifiant dans les programmes 2002. Et là, à ma grande surprise, je retrouve bien la maîtrise de fer (page 205). Mince alors ! Mais ceci me paraît toujours étrange. Je vais voir dans un autre document officiel, réglementaire et plus précis, les programmes d'application d'Histoire (page 10). Or, il faut bien enseigner le maîtrise du feu (-600 000 ans) et non celle du fer. Ainsi, les programmes 2008 ont été faits avec tellement de précisions par des experts si pointus que les coquilles de 2002 sont reproduites à l'identique. Il me sera difficile désormais de croire que l'on vise par ces programmes, fait à la va-vite, à « tracer un nouvel horizon pour l’école primaire, tout en restant fidèle à la grande inspiration de l’école républicaine : offrir à tous les enfants des chances égales de réussite et préparer, pour tous, une intégration réussie dans la société. ».

Pour finir, lundi 31 mars, je discute avec des collègues d'autres écoles sur les nouveaux programmes. Nous nous rendons compte que notre avis est le même et que nous avons fait remonter les mêmes désaccords. Mais un collègue nous conte (ou compte au final) une histoire. Dernier indice. A l'école XXX est arrivé un paquet la veille, le vendredi. Le samedi matin, au moment du café et avant de commencer le travail sur les programmes, ils ouvrent le colis. Ce sont les manuels « spécimen » commandés dans une maison d'édition faisant partie d'un grand groupe industriel français dont le Gérant-Commandité est ami du Président de la République française. Mais surprise... sur chaque manuel est écrit en grosse lettre capitale, non... ce n'est pas possible...mais si

 

CONFORME AUX NOUVEAUX PROGRAMMES 2008 !

 

Arnaud Lagardère sait que l'on peut toujours compter sur les bons amis. Surtout quand 36.000 communes seront obligées de renouveler les manuels de 364.000 enseignants et de 6.626.500 écoliers (un peu moins si on enlève les élèves des écoles maternelles) ! Merci sarkozy ?

Bon je l'avoue, c'est un peu gros. A vous de vous faire une opinion ou d'enquêter.

Tous les commentaires

Il n'y a pas que les manuels qui rapportent de l'argent. Il y a tout ce qui peut se transformer en produit et par exemple, la médicalisation des "difficultés scolaires" s'y prête bien : je n'ai enseigné que très peu d'années, en LEP, tous mes élèves avaient fréquenté l'orthophoniste et le psychologue et je suis sûr qu'en cas de privatisation de l'enseignement, le nombre de ces produits connaîtront une croissance exponentielle. Je crois comme NS que les programmes relèvent d'un choix politique. Il s'agit de délester l'enseignement de toute sa charge émancipatrice, d'apprendre à lire et à écrire sans prendre le risque de donner goût au savoir, à la recherche, à la maîtrise d'outils qui finissent par donner confiance dans les éclairages que sa propre pensée projette sur le monde. L'autre décision politique est les choix d'utiliser l'école comme outil de sélection sociale. Ce qui me frappe le plus c'est que nombre de mes amis qui semblent partager grosso modo mes vues politiques(pour faire bref) semblent mordre à belles dents à l'hameçon des propositions Darcos. Reste beaucoup de pain sur la planche glissante de l'instruction nationale. Serge Koulberg

Je partage aussi l'idée que les programmes sont un choix politique. Je ferai le parallèle avec la mobilisation légitime du passé par les hommes et femmes politiques pour donner du sens à l'avenir. S'il est possible de mobilier des "mémoires" qui ne correspondent pas totalement avec l'Histoire, on ne peut pas non plus, tordre le bras de l'Histoire pour lui faire dire n'importe quoi. Or, c'est à quoi NS nous a habitué. Et c'est ce même processus qui est en œuvre pour les nouveaux programmes où les travaux scientifiques sur les processus d'apprentissages ont été écarté. La vision des mathématiques, par exemple, est très inquiétante car elle met en avant la technique contre la compréhension. En CE1, nous arriverons à faire apprendre la division au prix d'une histoire, d'une comptine : "70 divisé par 2, je prends le premier nombre qui est là, à gauche, et je me pose la question, combien je peux mettre de 2. 3 donc j'écris 3 sous la barre du 2. Combien il reste de à 7, si je lui est pris trois 2 : 1, j'écris le 1 sous le 7 et je fais descendre le 0 ; ça fait 10, combien de 2 dans 10..." On est loin la véritable compréhension de ce qu'est une division et qui passe par les écritures fractionnaires et la manipulation de Q x d + r = D. Cette compréhension n'est pas du luxe car nous n'avons plus le besoin vital que les élèves sachent faire la division dans leur vie quotidienne car les calculatrices existent mais nous avons besoin qu'il sache la faire pour aborder des problèmes plus complexes. Dans les comparaisons internationales PISA, les petits français ne savent pas mobiliser leurs connaissances pour dans des situations nouvelles. Ils se focalisent sur les techniques plutôt que sur les principes. Un article paru dans le Monde il y a peu faisait état d'une étude "prouvant" que les notions apprises à partir des exemples étaient moins bien maîtrisée par les étudiants. Deux groupes apprenaient une même notion, l'un à partir d'exemples nombreux, l'autre à partir des principes sans exemple. Un test où la notion était en jeu est proposé aux étudiants. Les seconds réussissent bien mieux que les premiers. Après entretien, on s'aperçoit, quand travaillant à partir d'exemples, les étudiants se focalisent sur des "détails" qu'ils érigent en règle. C'est exactement ce que nous retrouvons chez les élèves qui apprennent déjà, aujourd'hui, trop tôt les techniques opératoires (si pour l'addition, on montre seulement des additions à deux nombres, parce les élèves n'ont pas aborder les nombres plus grand que 100, les élèves en déduisent que la retenue est toujours le signe "1" sur la colonne de gauche suivante alors que ceux qui ont compris les principes de la numération savent qu'il s'agit d'une dizaine ou d'une centaine... et que donc il peut y en avoir 2, 3...) Déconstruire ces images mentales est une tâche immense. Cela me prend plusieurs séances en petits groupes pour l'addition avec des élèves de CE2 qui ont appris la technique en CE1. Donc oui, s'est aux élus de décider du contenu des programmes et la proportion de telle ou telle discipline mais il serait bon de se renseigner avant tout de même...

Et la lecture! Quand je pense au travail effectué avec passion, par tous les enseignants , dans les années 70, sur les méthodes d'apprentissage de la lecture. Enfin, on dépassait le B.A BA, pour considérer l'enfant intelligent qui devient lecteur, en s'appropriant les mots, les phrases, le sens dans la joie. Et le CP devenait un laboratoire de magie. A part quelques rares exeptions, ce fut un mélange différencié de global pour amorcer (et faire fonctionner le cerveau droit) puis renforcé par du codage systématique (pour faire fonctionner le cerveau gauche). Et, tous ces efforts et ces recherches ont été dévaluées sous prétexte que tous les élèves ne savent pas lire en 6ième. A-t-on essayé de savoir pourquoi? Pourquoi le niveau de lecture est-il aussi haut, en compréhension, s'entend? Pourquoi les textes sont-ils si loin du référent des élèves en difficulté? Les méthodes syllabiques permettront-elles à ces élèves d'accéder au sens? Le métier d'enseignant est un métier d'engagement et de passion pour transmettre la joie d'Etre en devenir.....Cette société est-elle capable de créer les conditions nécessaires pour permettre cela?

M. Brighelli, tel un véritable ami du Ministre durant l'émission Ripostes (un "tu" et des "on" en parlant des réformes) disait à peu près ceci : avant, il n'y avait pas de liberté pédagogique, des enseignants qui utilisaient la méthode Boscher devaient se cacher ; maintenant, ils sont libres. - Vive la liberté !

" et que nous avons fait remonté les mêmes désaccords." hum! "36.000 communes seront obligés de renouveler " hum!hum! l'ortografe est une mandarine, disait-t-on en 68, mais quand même! Merci quand même pour le fond fort intéressant.

remarques intégrées.

trois petites remarques 1) les manuels sont beaucoup trop chers, particulièrement au lycée où leur prix pourraient être divisés par 5. et en plus, au lieu d'impliquer au moins symboliquement les parents, certains conseils régionaux jouent l'assistance publique en payant intégralement ces livres. 2) les programmes sont toujours en partie politiques, et faits rapidement. Ils sont aussi trop ambitieux et ne clarifient pas assez la technique de la compréhension, et les fondamentaux du reste. Il ne faut pas s'étonner des résultats avec confusion, manque d'exigence sur des points clairs. 3) le monde a changé. L'autorité venue du ciel (on écoute par principe son homme, son patron, son curé, son instituteur, etc.) n'existe plus. On ne peut donc plus enseigner comme autrefois. Alors ..espérer que le passé idéalisé (une mère - même pas un père - à la maison qui a du temps, des capacités, l'envie de s'occuper durant des heures des devoirs des enfants) va revenir est triste. A l'éducation nationale de trouver des heures, sans assistanat, et d'être clair sur telle exigence en montrant le bon exemple du sérieux, de la rigueur, ceux de l'adulte responsable qui se donne des limites, et ainsi, naturellement, par identification, en impose aux autres, notamment les enfants. Et surtout sans des manuels qui enrichissent les éditeurs...

J'ai toujours pensé que l'école ne servait qu'à "fabriquer des bons citoyens", c'est à dire des adultes "acceptant" la société dans laquelle ils vivent: que d'imaginations bridées, que d'originalités déniées, bref que de gens "cassés". Autre chose: les enseignants s'adressant aux enfants les plus jeunes devraient être les mieux formés et les mieux rémunérés, bien avant les profs d'unif, car c'est à eux que reviennent les plus importantes responsabilités. A l'unif (j'en sais quelque chose, je suis bac+12!), on pourrait apprendre sans profs, juste en étudiant les programmes... Enfin, dernier mot: catastrophe d'avoir remplacé ENSEIGNEMENT par EDUCATION NATIONALE. Depuis, les parents pensent que, dès lors que l'enfant est à l'école, il ne leur restent plus qu'assurer le gîte et le couvert... TOUT EST A REPENSER!

Et la plupart des parents étant obligés de travailler tous les deux pour assurer le gîte, le couvert et le confort moderne, les gosses restent "tranquillement" chez eux en regardant les barres de téléchargement sur les écrans de leur PC. Sans parler des programmes et autres publicités nocturnes adressés aux adolescents et s'occupant de leur "éducation sexuelle". Tape 3618 et prononce Ulla : et regarde la se déshabiller sur l'écran de ton portable ! Pendant les années 50, les professeurs et instituteurs gagnaient trois fois plus. Pourquoi les salaires se sont-ils dégradés à ce point ? Parce que la profession s'est féminisée !! (Entendu sur France culture).

Il y a eu des tartes qui se sont perdues entre temps !

Je suis prof de maths en collège. La réforme des programmes touche niveau 3ème la rentrée prochaine. Il est donc d'usage de changer les manuels de 3ème. Il se trouve qu'un collectif d'enseignants bénévoles a créé un outils extraordinaire appelé "mathenpoche" (http://mathenpoche.sesamath.net/). En suivant le lien, vous comprendrez pourquoi je n'utilise que très peu un manuel d'éditeur avec mes élèves. J'informe donc ma hierarchie que je préfèrerais que l'argent qui va au manuel soit transformé en crédit photocopies dont je suis très consommateur (car je "fabrique" les fiches d'exercices à partir des "cahiers mathenpoche" téléchargeables en ligne). Et Kafka pointe le bout de son nez: le crédit "photocopies" est pris sur le budget du collège et le crédit "manuels" sur celui du conseil général (décentralisation oblige): la conversion est donc impossible. Je suis obligé de choisir un manuel qui fera joli dans la chambre de mes élèves !

Magnifique article!! Humour, fond, doute...Dommage pour l'orthographe, mais tant pis!

Je me permets de vous faire 4 réponses à votre commentaire : * - Merci pour le commentaire (sa totalité) - Tout le monde aurait intérêt à ce que les commentaires sur l'orthographe soit plus constructif : les rédacteurs de billets pour se corriger et les futurs lecteurs pour leur confort. Le principe participatif doit être aussi utile à cela ; puisque les textes ne sont pas soumis à un correcteur (j'entends une personne), la communauté devrait servir à cela. Comme Helvétius l'écrivait au sujet de la Vérité pour l'Homme, on peut l'écrire de l'orthographe pour le bloggeur : "il sait combien il est utile de tout penser et de tout dire ; et que les erreurs même cessent d’être dangereuses, lorsqu’il est permis de les contredire. Alors elles sont bientôt reconnues pour erreurs ; elles se déposent bientôt d’elles-mêmes dans les abymes de l’oubli, et les vérités seules surnagent sur la vaste étendue des siecles." Et ceci surtout quand les erreurs sont corrigées. Dons s'il y a encore des erreurs, merci de me les signaler. - Je propose qu'un onglet "mise en forme" soit inclus dans les billets et les commentaires pour signaler les liens inactifs, par exemple, et les fautes d'orthographe. L'idée est de signaler rapidement les "coquilles" (sans passer par les messages privés), de les corriger rapidement (pour le rédacteur), et d'éviter, soit l'étalage des fautes, soit la remarque lapidaire. - Me connaissant bien et sentant le coup venir, j'ai posté un billet sur ce sujet. Il fait suite à celui de Serge Koulberg à qui j'ai repris une partie de son titre. * Le billet de Serge Koulberg : http://www.mediapart.fr/club/blog/serge-koulberg/130508/mediapart-et-l-epineuse-question-de-l-orthographe mon billet : http://www.mediapart.fr/club/blog/sebastien-rome/210508/l-epineuse-question-de-l-orthographe-une-biographie-orthographique

Réflexion intéressante de Sébastien Rome J'aimerais vous soumettre un détail supplémentaire que la lecture de cet article a mis en exergue. Ce mois d'octobre 2007, la FCPE a mené à nouveau une "opération cartables"; le poids des cartables est un sujet récurrent pour cette fédération de parents d'élèves; "l'opération cartable" consiste à être à l'entrée du collège avec un pèse-personne et peser les sacoches, une calculatrice permettant, lorsque les données sont analysées, de constater que les cartables pèsent entre x et y% du poids des élèves, ce qui est beaucoup trop; s'ensuit un message alarmiste 'de santé publique' et de scolioses inférentes ... sauf que les gamins du collège se sont très vite lancé des défis, à qui aurait le cartable le plus lourd, et qu'ils bourraient une seule sacoche du contenu de 3 cartables ... Ah! l'esprit potache! Le ministre avait déjà mentionné qu'il faudrait dialoguer avec les éditeurs afin de trouver des solutions pour alléger les cartables, dans sa conférence de presse du 24/10/2007, il lançait un concours d'imagination (et de dialogue) auprès des établissement afin d'aboutir à des propositions concrètes. Les rectorats relayaient l'information du ministère et les CESC (comité d'éducation à la santé et la citoyenneté) étaient appelés à formuler des propositions. Les CESC se sont donc emparés du sujet, tout au moins celui de mon collège, et nous avons en groupe discuté quelques constats: - les 6° croulent sous les cartables alors que les 3° (surtout les filles) arrivent au collège avec une pochette de 20X10 cm; - des casiers, en nombre suffisant, sont à disposition pour entreposer les livres et cahiers; ils ne sont pas utilisés; - les profs de 6° s'évertuent à trouver des astuces pour éduquer les petits à s'organiser: des leçons définies sur la semaine pour toute l'année (lundi, grammaire, vous ne prenez que le livre de grammaire, mardi etc), ou vous travaillez en binome et vous apportez le livre à tour de role, etc - on constate que les 'petits' ont tellement peur de ne pas avoir leurs affaires qu'ils prennent tout, tous les jours, y compris pour les matières qu'ils n'ont pas (pour compenser avec les 3° qui ne prennent rien, pas même un stylo pour écrire). Durant ces réflexions du CESC, donc, est bien entendu arrivée la solution de facilité: un double jeu de manuels, un qui reste au collège, un à la maison. Cette solution a été mise en place dans d'assez nombreux collèges, le jeu supplémentaire de manuels étant payé par le conseil général, ou les fédérations de parents d'élèves, souvent la PEEP. Je me suis indignée, en public et en direct, contre cette solution visant à engraisser les éditeurs. Et j'ai ouvert un nouveau paragraphe pour m'indigner des tarifs pratiqués par diverses "associations" qui proposent des interventions de prévention et d'information dans les collèges! Education nationale vache à lait! Je voudrais préciser que notre collège a 6 ans d'existence, et que les envelloppes destinées à couvrir les achats de livres n'ont pas encore permis que toutes les matières soient couvertes dans tous les niveaux! Je fulmine Pardon des digressions - comme Sébastien, j'ai voulu vous faire suivre le cours de ma réflexion. On s'attaque au poids des cartables, on précipite pour bien montrer que personne avant n'avait vraiment pris le sujet à bras le corps, on somme les établissement de faire des propositions dans un délai de ? 4 mois? 6 mois? pas de réel travail possible, pas de réflexion, fusent les deux solutions de facilité: double jeu de manuel - miammiam pour les éditeurs-, ou cartable électroniques - miammiam pour les vendeurs de PC (alors que le cahier de tex te électronique consultable sur le web n'est rempli que par 1/10ème des professeurs) et j'ajouterai que cela n'améliorera pas la calligraphie de nos chères tête blondes qui est déjà minimaliste! En conclusion, je pense que l'analyse de Sébastien est juste, mais j'y ajouterais un bémol: je ne pense pas qu'il y ait collusion, je ne crois pas à la théorie du complot, je pense que nous avons affaire à de l'Homo sapiens moyen, qui identifie un problème simplifié, et qui se tournera vers des solutions simplistes. Et je crains fortement que le poids des cartables, ou l'enrichissement des éditeurs, ne soient pas les seuls sujets auquels s'appliquent ces adjectifs

Je ne crois pas non plus à la théorie du complot mais je me souviens de la conversation "captée" par Pierre Carles et qui a donné "Pas vu pas pris". Étienne Mougeotte discutait avec Léotard, alors Ministre de la Culture. Léotard soumettait son idée lumineuse de baisser le temps de pub sur le service public, ce qui avait le double avantage de "faire culturel" et d'augmenter les recettes pub de TF1. Quelque chose comme cela a dû se passer. D'une pierre ("en finir avec le pédagogisme") ont fait quelques coups.

Je reviens sur cette affaire de fer et de feu dans la préhistoire. Ai-je bien lu ou s'agit-il d'un glissement, d'un dérapage sémantique? Tout change si vite! y compris le sens des mots. Le feu serait du passé dépassé, la place de feu le feu est aux oubliettes, au fond du trou de mémoire avec les belles promesses de Prométhée. Place au faire, fer de lance du laissez-moi faire de nos technocrates, ce faire dont seront forgées des générations bonnes à tout faire, prisonnières de leurs fers. Bravo, Sébastien et merci, continuez à secouer le cocotier. Vos billets nous remontent le moral en ranimant la flamme protestataire. (Encore le feu!)

Désolée, mais je crois, moi, à la théorie du complot.. et ne pas fermer les yeux, il n'y a pas de paranoïa: Lagardère est ami du président, patron de Hachette dont la filiale sont les éditions Hatier. Trois livres de ces éditions font partie des pires et devraient être retirés de l'enseignement. On y trouve des textes obcènes et vulgaires détournés d'oeuvres classiques, des omissions historiques, ou la méthode de lecture appliquant intégralement la méthode globale ... Si avec cela on continue de ne pas croire que le groupe Lagardère n'est pas favorisé alors c'est que c'est moi qui suis parano. Merci en tous cas de poser ce sujet et de ne pas en rester là. .

Copie d'un commentaire dont la place ici est plus appropriée. Par alain Gillis L'intégration scolaire! Puisque nous en sommes à dénoncer les manoeuvres économiques, il en est une qui passe inaperçue, on ne sait pourquoi, tant elle est voyante! Il s'agit de cette malheureuse idée qui consiste a pallier les insuffisances de la psychiatrie de l'enfant en demandant à l'école de pratiquer l'intégration scolaire des enfants présentant des troubles psychologiques graves. On passe, grâce au mot "handicapés", des enfants handicapés moteurs ou sensoriels aux enfants handicapés de la communication ! Il est bien évident que l'amalgame n'est pas acceptable... Pour un enfant sourd ou paraplégique, la chose peut avoir du sens. Pour un enfant qui présente une profonde originalité psychologique empêchant un abord ordinaire de la signification, il est nécessaire de mettre en oeuvre une réflexion, au cas par cas, de mobiliser une expérience et un savoir faire qui excède, et de loin, les capacités des jeunes gens soudain baptisés "auxiliaires de vie scolaire", quelle que soit leur bonne volonté ! Il existe environ 100000 enfants en france qui présentent des troubles psychiques allant des Troubles envahissants du développement (autisme) aux différentes catégories de déficiences plus ou moins harmonieuses. Pense-t-on sérieusement que l'éducation nationale peut représenter une alternative aux 1200 institutions spécialisées qui les prennent en charge ? Personne ne croit ça!Ni Sarkozy, ni Bachelot, ni les enseignants, ni les psychiatres... Pourtant, comme la chose a des allures de générosité égalitaire, on est sommés de ne pas la dénoncer. Pour le cas où l'on aurait cette audace, on vous opposerait, à tout hasard, la souffrance des parents... Eh bien justement! Cette souffrance des parents, si elle nous émeut et nous concerne, nous devons y répondre par autre chose que du semblant! Dénigrer les institutions psychiatriques ou médico sociales, en vrac, comme on critique l'école d'ailleurs, celà relève de l'irresponsabilité et d'un réel manque de respect vis a vis des populations concernées. En privé j'ai rencontré de très nombreux enseignants désespérés par cette disposition et désarmés devant les difficultés qu'elle impose. En public, dans les journaux, rien ! Mais les enseignants sont-ils libres de critiquer cette fantaisie de l'intégration sans nuance? Lequel n'est qu'un montage économique qui s'avance sous les couleurs de l'humanisme, de la tolérance, du respect des différences, et de la croyance étrange que la fréquentation des enfants "normaux" va arranger les affaires de ceux qui attendent tout autre chose : un immense effort de compréhension et des conditions de prise en charge réellement adaptées. Mais bien sûr, c'est plus cher ! Doter convenablement les établissements spécialisés en personnels efficaces, accompagner réellement les parents... Faire preuve d'un vraie solidarité, oui, c'est plus cher que d'intégrer. La ruse est parfaite, car très difficile à dénoncer sans avoir l'air d'une brute! CF mon blog sur "l'intégration scolaire pour oublier la psychiatrie" 22/05/2008 16:17 Par alain Gillis

L'intégration scolaire! Puisque nous en sommes à dénoncer les manoeuvres économiques, il en est une qui passe inaperçue, on ne sait pourquoi, tant elle est voyante! Il s'agit de cette malheureuse idée qui consiste a pallier les insuffisances de la psychiatrie de l'enfant en demandant à l'école de pratiquer l'intégration scolaire des enfants présentant des troubles psychologiques graves. On passe, grâce au mot "handicapés", des enfants handicapés moteurs ou sensoriels aux enfants handicapés de la communication ! Il est bien évident que l'amalgame n'est pas acceptable... Pour un enfant sourd ou paraplégique, la chose peut avoir du sens. Pour un enfant qui présente une profonde originalité psychologique empêchant un abord ordinaire de la signification, il est nécessaire de mettre en oeuvre une réflexion, au cas par cas, de mobiliser une expérience et un savoir faire qui excède, et de loin, les capacités des jeunes gens soudain baptisés "auxiliaires de vie scolaire", quelle que soit leur bonne volonté ! Il existe environ 100000 enfants en france qui présentent des troubles psychiques allant des Troubles envahissants du développement (autisme) aux différentes catégories de déficiences plus ou moins harmonieuses. Pense-t-on sérieusement que l'éducation nationale peut représenter une alternative aux 1200 institutions spécialisées qui les prennent en charge ? Personne ne croit ça!Ni Sarkozy, ni Bachelot, ni les enseignants, ni les psychiatres... Pourtant, comme la chose a des allures de générosité égalitaire, on est sommés de ne pas la dénoncer. Pour le cas où l'on aurait cette audace, on vous opposerait, à tout hasard, la souffrance des parents... Eh bien justement! Cette souffrance des parents, si elle nous émeut et nous concerne, nous devons y répondre par autre chose que du semblant! Dénigrer les institutions psychiatriques ou médico sociales, en vrac, comme on critique l'école d'ailleurs, celà relève de l'irresponsabilité et d'un réel manque de respect vis a vis des populations concernées. En privé j'ai rencontré de très nombreux enseignants désespérés par cette disposition et désarmés devant les difficultés qu'elle impose. En public, dans les journaux, rien ! Mais les enseignants sont-ils libres de critiquer cette fantaisie de l'intégration sans nuance? Lequel n'est qu'un montage économique qui s'avance sous les couleurs de l'humanisme, de la tolérance, du respect des différences, et de la croyance étrange que la fréquentation des enfants "normaux" va arranger les affaires de ceux qui attendent tout autre chose : un immense effort de compréhension et des conditions de prise en charge réellement adaptées. Mais bien sûr, c'est plus cher ! Doter convenablement les établissements spécialisés en personnels efficaces, accompagner réellement les parents... Faire preuve d'un vraie solidarité, oui, c'est plus cher que d'intégrer. La ruse est parfaite, car très difficile à dénoncer sans avoir l'air d'une brute! CF mon blog sur "l'intégration scolaire pour oublier la psychiatrie" 22/05/2008 16:17Par alain Gillis éditer répondre

Wow, rien qu'avec les trois premiers textes, les deux vôtres et celui de Serge, j'ai déjà gagné une somme de réflexion personnelle considérable: merci et respect. Cependant attention, vous faites peut-être une conclusion trop définitive, vous-même avec l'approche même que vous dénoncez, c'est-à-dire la généralisation à partir d'un exemple. Ce qui paradoxalement vous donnerait raison, puisque si vous vous trompez, c'est parce que vous partez trop de l'exemple et pas assez de la théorie...:-)
En un mot, je pr´cise ma pensée: vous dites, c'est une tâche immense, que de passer à la deuxième centaine, et moi je dis: absolument pas, c'est même toujours aussi facile de remplacer un 1 par un 2 ou par un 3, avec toujours autant "d'automatisation sans comprendre". (je vous dis ça parce que je me rappelle encore, comme un souvenir grandiose, de l'instant où j'ai compris la rotation des planètes autour du soleil, et surtout de la Terre elle-même, alors que jusque là je me représentais le cliché moyennâgeux de la Terre fixe et du Soleil surgissant de l'horizon Est au matin et parcourant le ciel terrestre immobile, toute la journée jusquà "l'horizon Ouest", et, croyez-le ou non, j'avais dix ans à l'époque, mais j'étais conscient, j'en tirai même un plaisir indicible, du fait que ma "croyance de départ", qui s'avérait erronée, était bel et bien la méthode qui m'avait permi, partant d'une base "délibérément" fausse, de trouver "la vérité" en fin de compte. J'y savourais en même temps une autre chose, un côté presque philosophique: des idées fausses pouvaient jaillir la lumière en fin de compte, autrement dit, je n'avais plus besoin dorénavant, de me défier des idées fausses!
Autre argument en faveur de la "robotisation" (psalmodie des tables de multiplication etc): Les Epoques de l'intellect d'un enfant ne sont pas les mêmes que celles d'un adulte. Tout comme un régime alimentaire équilibré et fortifiant d'enfant, sera basé sur des proportions de sucre et de gras tellement élevées, que pour un adulte ce serait carrément mauvais pour la santé et l'obésité, le régime de départ de l'apprentissage, doit d'abord se baser beaucoup sur le système de "l'éponge qui absorbe, absorbe, absorbe". Pensez à l'extrême commencement de la chaîne du savoir: quand vous avez à peine 6 mois, puis un an, puis 18 mois, vous apprenez à marcher et à lire (livres d'images en prétextes avant tout affectifs etc), et à parler, et tout et tout et surtout, vous en êtes encore à apprendre avant tout par le sens du toucher plus que les autres sens qui s'éveillent à peine: on est encore loin de la théorisation, n'est-ce pas, et vous voyez bien qu'elle ne serait que confusion et bruit informe voire nocif au bébé.
Et bien entre ce stade de bébé et le stade adulte, différentes formes d'apprentissage se succèdent et se remplacent, et il serait aussi dangereux de choisir l'unique méthode "bébé", que la seule méthode "adulte", ou que le seul choix d'un compromis intermédiaire.

Laure Darcos est désormais directrice des relations institutionnelles (avec l'Etat ?, ce ne sait pas comment comprendre ce titre) chez Hachette livre.

http://www.salondulivreparis.com/site/FR/Programme/Zoom_Exposant/HACHETTE_LIVRE,C971,I1212,Zoom-87b1bad271f02fca3df05d8464aed2e7,SType-LETTRE,Lettre-H.htm

 

depuis le 1er septembre 2009 (si les infos que j'ai sont les bonnes).

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