Lun.
20
Oct

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Pour la suppression des programmes du primaire et du collège

Cela me paraît une évidence. Il faut purement et simplement supprimer les programmes du primaire et ceux du collège. Ils n'entrent dans nos réflexions que comme des textes à inlassablement modifier, refonder. Pourtant, ils sont une aberration, un archaïsme, de notre système scolaire.

J'ai eu le plaisir d'un (trop) court échange avec Antoine Prost. Il me faisait part de son scepticisme sur la situation actuelle de l'école et sur la capacité des hommes de sa génération à apporter de nouvelles réponses. « [Ses] idées auxquelles [il] adhère en matière d'enseignement datent, m'écrivait-il, d'il y a plus d'un demi-siècle : ce sont, pour faire vite, celles des classes nouvelles de la Libération ». Elles ne répondraient plus aux défis de l'école du XXI siècle.

Je ne partage pas cette vision. Au contraire, il me semble que les idées nées des « classes nouvelles de la Libération » ont encore une force qui peut entraîner notre imagination et, malgré le fait qu'elles aient guidé la plupart des réformes jusqu'aux années 90, elles n'ont pas été totalement appliquées.

L'une d'elles avait pour but de repousser l'âge de la scolarité obligatoire et de permettre à tous les élèves d'avoir un même enseignement jusqu'à l'âge de 16 ans. La lente instauration du collège unique est l'emblème de cette réforme. (Sur ce sujet lire le court résumé très bien fait sur le site de la documentation française). Le but était de démocratiser un enseignement jusqu'alors coupé en deux : d'un côté, l'école pour le peuple formant les individus pour des places dans la société propres à être tenues par « les petites gens » et, de l'autre côté, l'école de l'oligarchie formant les élites ; L'école des hussards et « le petit lycée » ; L'école publique gratuite pour tous et l'école publique payante pour quelques uns. Ce n'est donc qu'en 1975, avec la réforme Haby, que tous les élèves feront un parcours (quasi-) similaire de la maternelle à la fin du collège. Difficilement, l'égalité pour tous avait été conquise.

platon_et_aristote.jpg

Mais rapidement les critiques se sont élevées. Les limites de la démocratisation avaient-elles été atteintes (« le niveau baisse ») ? A comparer les résultats de tous les petits français avant et après la démocratisation, le profit est indéniable comme dans tous les pays où il y a eu cette démocratisation (cf. Eric Maurin). Toutefois, la « qualité de vie dans les établissements [...] ne convient pas toujours aux professeurs et aux élèves, notamment à cause du développement des incivilités ». Il y a notamment incompréhension entre enseignants, parents et élèves sur un point essentiel : le collège doit accueillir tous les élèves et doit, en même temps, préparer « une partie d'entre eux à des études longues » (La documentation française) . Les uns et les autres attendent des comportements ou des résultats qui ne sont pas toujours au rendez-vous. Il est donc convenu de dire que le collège est le problème central de notre système scolaire très inégalitaire.

 

 

Mais le point souvent passé sous silence dans les débats médiatiques sur l'école, qui me semble pourtant bien plus central et problématique, est la césure au sein même de l'enseignement obligatoire : entre d'un côté l'école primaire et de l'autre le collège. D'un côté l'école héritière de l'école du peuple et de l'autre du petit lycée. Le statut différent entre les instituteurs et les professeurs incarne particulièrement bien cette césure. Leur formation et leur vision du métier est différente. Au sein même de la FSU, sur un sujet tel que la récente réforme de la formation, cette fracture est ressortie de manière abrupte paralysant le syndicat majoritaire. On peut même dire que cette séparation distingue à peu près les camps surfaits « des pédagogues » et « des républicains ». Si l'unification des écoles a été faite pour les élèves, elle n'a pas été réalisée pour les enseignants et ce sont les élèves qui en pâtissent. La reproduction sociale passe en « sous-main ».

La réforme de « l'école unique » n'a donc pas été menée jusqu'au bout. Une réforme qui a été faite à moitié est bien une mauvaise réforme. C'est une ambition que nous devons reprendre à notre compte. Cela est devenu vital car l'autre l'alternative est la réintroduction des deux parcours distincts comme le souhaite fortement une partie de l'UMP car « tous les élèves ne sont pas faits pour être au collège » (thème qui trouve un certain écho chez les enseignants du secondaire d'ailleurs).

 

diogene%20sur%20les%20marches%20.jpg

 

La première étape de ce « nouveau » projet pour l'école est la suppression des programmes du primaire et du collège et l'affirmation du « socle commun de connaissances et de compétences » comme seul référentiel de l'école obligatoire. N'est-il pas absurde d'avoirquatre référentiels pour l'école obligatoire ? (un programme pour l'école maternelle, « obligatoire » dans les faits puisque le taux de scolarisation des trois ans est de 100 %, un programme pour l'élémentaire, un programme pour le collège + le socle commun)

Il ne s'agit pas de laisser les enseignants dans le vide ou pire, leur laisser « la liberté » (sic) de fixer eux-mêmes les objectifs pour l'école. C'est plutôt la volonté d'affirmer l'ambition de l'école obligatoire et de penser le parcours des élèves de manière continue entre 3ans et 16 ans. C'est pourquoi, à côté du socle commun, des documents d'application par grandes compétences seront distribués dans les écoles et les collèges aux enseignants. Ils retraceront les progrès attendus des élèves par cycles de deux ou trois ans de la maternelle à la troisième. Chaque enseignant aura en main, quel que soit sa classe, le « programme » des élèves bien avant et bien après « sa » classe et selon le domaine des grandes compétences qu'il travaille. Le professeur d'histoire de 5ième saura ce que les élèves ont travaillé au primaire. Mais plus encore, ces documents d'application du socle commun, donneront des éléments de réflexion et des pistes de travail sur l'apprentissage des notions. Ainsi, ce même professeur d'histoire pourra voir comment se construit la notion du temps chez les élèves entre 5 et 8 ans (au cycle 2). En retour, l'enseignant de Grande Section reliera son travail sur le temps aux objectifs de la fin de la scolarité obligatoire. Le professeur de 6ième recevant un élève non francophone trouvera des indications sur les processus d'apprentissage de la lecture allant de la phonétique (travaillée en maternelle) aux techniques de décodages.

Les parents trouveront leur compte dans ce changement. Un document unique, aux objectifs clairs, fixant les objectifs terminaux (le socle) mais déclinant aussi, rapidement, par cycle, des objectifs intermédiaires. C'est l'institution d'un véritable « passeport pour l'école de 3 à 16 ans ».

Brochure_socle_commun-138x280.jpg

Mais cela ne suffira pas à combler le fossé entre le premier et le second degré. Cela ne résoudra pas tous les problèmes de l'école obligatoire. Un rééquilibrage budgétaire vers les petites classes est incontournable. Mais, c'est une première étape qui n'est pas négligeable. Et puis, ce ne sera pas une grande perte que la suppression de ces programmes (cf. l'intervention de Luc Ferry et Jack Lang). Sans cette suppression pure et simple, nous allons repartir pour une « guerre » de 100 ans entre les « républicains » et les « pédagogues », les uns prenant le pas sur les autres au gré des revirements électoraux. Alors que notre priorité est d'unifier le parcours des élèves tout le long de la scolarité obligatoire. C'est un chantier qui, s'il est entrepris avec détermination et ambition, peut bien tenir la politique éducative de notre pays pendant 20 ans (entre 2012 et 2032 ?). Les écueils ne manqueront pas car ils n'ont pas manqué par le passé. Bref, tout un programme.

Tous les commentaires

09/09/2010, 02:32 | Par Dominique C

Oui, cent fois oui!!! Tranquile

Ces foutus programmes sont un carcan imbécile et archaïque qui a pour principal résultat de créer de l'échec. Une bonne partie des instits connaissent leur boulot, et s'ils ne le connaissent pas, ce ne sont pas les "programmes" qui vont remplacer la compétence.

Je fus institutrice de classe rurale, en recherche perpétuelle, et pratiquant en grande partie des techniques Freinet. Certains de mes collègues de la même mouvance affirmaient souvent que c'était facile de pratiquer la pédagogie Freinet tout en respectant les programmes... Voire! Ils étaient peut-être très sûrs d'eux, très convaincants vis-à-vis des parents ou de leurs collègues... ou bien un peu fanfarons (???), niant avoir des difficultés, niant devoir parfois faire "un grand écart" pour marier la carpe et le lapin.

Le résultat de ce système de "programmes": un tas d'absurdités qui culpabilisent à la fois les enseignants et les enfants!!! Une sorte de "double contrainte", comme l'injonction: "sois libre"....

Corollaire des sacro-saints "programmes": les évaluations!!!

Quand elles sont apparues (je ne me rappelle plus exactement, mais c'était fin des années 80 ou début des 90) avec les livrets officiels (j'ignore si tu étais déjà en exercice), on a eu une 1/2 journée pédagogique pour déverser sur nous la "bonne parole". J'ai osé dire à l'inspectrice que c'était infaisable de les remplir sérieusement dans un temps raisonnable. Je me suis bien entendu rammassé une volée de bois vert!

Et tu sais quoi? ...6 ou 7 ans plus tard, nouvelle séance avec la même IEN, qui la gueule enfarinée nous sussurre (en nous présentant des livrets d'évaluation "simplifiés") que "Mes pauvres amis, si vous devez utiliser les livrets officiels, vous allez y passer vos mercredis, vos dimanches et vos nuits..."

Bon, moi je bossais terriblement, j'étais sérieuse, mais je me refusais à tenir un journal de classe détaillé avec des trucs que tu prévois et qui ne se déroulent jamais comme tu t'y attendais. Non, je bossais avecdes plans de travail individuels, chaque gamin à son niveau (et des temps collectifs aussi bien sûr). Mais ce n'était pas toujours facile avec certains parents inquiets qui aspiraient à ce que leur môme avale le "programme"...

Bon, je m'arrête là, j'aurais encore beaucoup à dire, mais on ne peut pas passer sa vie à "tout" dire... Indécis

09/09/2010, 22:31 | Par tiboite en réponse au commentaire de Dominique C le 09/09/2010 à 02:32

Mais pour qui cet article a t-il été écrit ?.. Nous ne parlons pas de la même école!!!

N'oubliez pas l'échec phénoménale de l'école... dont les programmes ne servent qu'à sélectionner les esclaves, les portes fouet, les petits chefs, les grands chefs soumis aux "saigneurs"... Les castes sont plus que présentes mais il est tabou de les nommés. L'occident a parait-il éradiqué les privilèges? mon cul oui !!!

"La religions du capital" veut que l'on travaille "à plein temps (je ne me souvient plus dans quel évangile c'est écrit!!!)" pour que la plus grande partie de sa vie on se préoccupe d'acheter des frigos et des machines à laver qui tombent en miette avant 5 ans... et qu'on se bourre la gueule de saloperies qui refilent le cancer...N'y a t-il pas mieux à faire, merde à la fin?.. je ne sais pas moi... jouer!!!

 

09/09/2010, 22:33 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de tiboite le 09/09/2010 à 22:31

@ tiboite :

Je l'ai écrit pour vous mais vous avez raison, les programmes modifier, confirmer ou supprimer ne changeront que peu de choses, à eux seuls, aux progrès des élèves. Mais, il s'agit de remettre dans le débat public la question de l'enseignement obligatoire du mur (alorsque l'ensemble des réformes tendaient à passer outre ce mur) entre le CM2 et la 6ième.

Mettre de la continuité, c'est peut être faire en sorte de rapprocher école et collège, partiques du primaire et du secondaire et donc améliorer le parcous des élèves ; mais cela ne suffira pas non plus si l'on ne renforce pas le travail dès les premières annnées de l'enfance et pas seulement à l'école...

09/09/2010, 22:37 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de Dominique C le 09/09/2010 à 02:32

@ Dominique Couturier

 

Je partage beaucoup de vos vues sur le métier : la culpalisation, le specticisme sur UNE méthode reine, sur les évaluations-sanctions. Par contre des évaluations fréquentes pour repérer là où il faut encore travaillé plutôt que ce qui n'a pas été appris me semble incontournable. Et je crois que les parents doivent avoir des élèments lisibles du parcours de leurs enfants. Ils faut donc voir les progrès et ce qui a été appris par leur enfant.

 

09/09/2010, 07:39 | Par fauxNicole Delattre

Merci de mettre en ligne ce projet de véritable socle commun, qui correspondrait à refonder un cycle élémentaire englobant l'antique Certificat d'études primaires. Car c'est ce fameux certificat d'études qui a, depuis sa fondation, élevé dans des proportions inimaginables aujourd'hui le niveau scolaire global de toute la population française, y compris dans les campagnges où les familles ne parlaient pas français.

 

Non seulement les idées nées des « classes nouvelles de la Libération » ont encore une force qui peut entraîner notre imagination, mais la situation d'alors est la même qu'aujourd'hui, étant donné que l'école actuelle accueille justement des catégories nouvelles de population scolaires nées des grandes mutations sociologiques de la société française. C'est d'ailleurs à de telles mutations que répondait la réforme Haby en 1975, dont il faut rappeler qu'elle répondait plus directement à la profonde crise du système scolaire en 1968-72, sans parler de la crise sociale dans son ensemble. Le point central de cette réforme, définitif jusqu'à aujourd'hui, a en effet été le collège unique 6°-3°, donc le "petit lycée"

Mais très vite il est apparu aux enseignants de collège et de lycée que le collège unique était le maillon faible du système aux deux extrêmités : de plus en plus d'élèves insuffisamment formés à l'entrée en seconde comme à l'entrée en 6°. C'est exactement à cette double césure que la réforme Jospin a essayé de remédier par des mesures dont j'ai oublié les dispositions excates

Mais le plus important de la réforme Jospin est qu'elle a été prcédée dès sa prise de fonctions d'une longue consultation nationale de tous les enseignants du collège et du lycée (et si je me souviens bien, les instituteurs étaient mécontents à juste titre de ne pas être associés à la consultation); celle-ci n'a pas consisté seulement en un questionnaire d'une grande précison, mais en séances de travail collectifs organisées par les chefs d'établissemnt et suivies de rapports au Ministère. Dans les années 80, donc quand la gauche était au pouvoir, tous les enseignants de France étaient régulièrement invités à proposer des mesures au ministre, tant sur les programmes que sur la vie scolaire en général ; ces propositions étaient ensuite plus ou moins suivies de mesures officielles, mais le système de la consultation nationale a duré jusqu'à la période où François Bayrou a été ministre. Aujourd'hui, les jeunes enseignants, qui étaient eux-mêmes élèves dans ces années, ont certainement du mal à imaginer un tel régime ; malgré la déception croissante des enseignants du "petit" et du "grand" lycée, leurs relations avec le Ministère dans les années 80 étaient le parfait contraire de ce qu'elles sont depuis le début des années 90, et de plus en plus spectaculairemnt depuis ces dix dernières années.

Jusqu'au début des années 90, l'école primaire restait plus moins préservée des grandes réformes de programmes, de cursus scolaire et d'évaluations des élèves : elle ne l'est plus depuis la prise main du système entier par Sarkozy. La grande réforme emblématique de son quinquennat n'est pas celle des retraites, c'est celle du système scolaire de l'école maternelle à l'université. On en a eu une preuve au cours de la manifestation parisienne du 7 : les syndicats enseignants défilant les uns derrières les autres dans l'ordre : instituteurs, collèges-lycées, université ( un beau symbole aussi de l'unité des syndicats enseignants qui n'a pas toujours été au rendez-vous).

Contrairement à ce que répète Sarkozy après Allègre et dont de nombreux Français sont persuadés, l'éducation nationale n'est pas inréformable. Mais si les ministres en charge voulaient consulter autant les enseignants que la quantité d'experts dont ils suivent à la lettre les recommandations, tout le monde risquerait de voir que les solutions sérieuses et applicables ne manquent pas, et sans augmentation du budget !

09/09/2010, 18:40 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de fauxNicole Delattre le 09/09/2010 à 07:39

Dans les années 70, il ya eu une expérience éducative très intéressante Summerhill organisée S.Neil qui permettait une grande liberté dans les programmes scolaires.

Le problème essentiel en a été que ces programmes n'étaient pas reconnus dans les filières officielles et le seul nom de Summerhill fermait de nombreuses portes d'écoles puis d'entreprises traditionalistes...

S.Neil s'est vu reproché ce fait, même par ces anciens élèves, ce qui me semble injuste.

Il suffisait de dire aux parents que leurs enfants allaient être particulièrement créatifs et anti traditionalistes pour qu'ils créent avec leurs enfants le projet de vie qui va avec cette évidence...

S. Neil n'a aidé aucun de ses élèves à devenir milliardaire mais de nombreux ont pu avoir une vie très heureuse grâce à lui.

Le rappeler n'est peut être pas inutile dans ce débat.

09/09/2010, 22:47 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de Vivre est un village le 09/09/2010 à 18:40

Merci de le rappeler pour ne pas oublier que je n'en appelle pas à la créativité des enseignants et des élèves. Je ne demande pas la fin d'un référentiels de savoirs et de compétences, je demande la fin des programmes du primaire et du collège.

L'utilisation d'un seul référentiel pour le collège et le primaire (maternelle et élémentaire) a pour but d'indiquer une volonté de rapprocher, voire unifier, l'enseignement obligatoire.

09/09/2010, 10:31 | Par alterna

Mmmm c'est très joli et très intéressant tout ça mais à l'heure du numérique, de l'internet et du savoir accessible partout et tout le temps, n'est ce pas un débat un tantinet dépassé ?

Le problème principal ne vient il pas des instituteurs/professeurs/enseignants/ministres totalement en inadéquation avec l'ère informatique ?

A l'heure où n'importe quel collégien trouve une information instantanément sur son ipod, on trouve encore dans une salle obscure au fond d'un collège, un enseignement informatique sur des "PCs" aussi modernes que peut l'être le char à boeufs comparé à l'automobile...

Il ne s'agit pas d'inculquer essentiellement un savoir dans la tête de nos chers bambins mais de leur apprendre à critiquer ce savoir qui est à leur accès facilement et instantanément en toute part, qui les déborde et les enveloppe d'analyses pondues à la va-vite par n'importe qui sur n'importe quoi...

Le problème de l'école d'aujourd'hui est de se remettre en question à la même vitesse que l'informatique pour permettre aux élèves de ne pas se retrouver coincés entre ce que peut dire un instit ou un prof et ce qu'ils peuvent lire dans la seconde qui suit sur leurs écrans...

Le débat ne doit pas porter pas sur le programme à destination des élèves mais sur le programme qu'il convient de mettre en place pour adapter l'école, ses structures et ses employés à l'ère numérique d'aujourd'hui...

Just my two cents...

09/09/2010, 22:57 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de alterna le 09/09/2010 à 10:31

1° il me semble que ceux qui ont pensé les ordinateurs, ipod, internet...ont accumélé de nombreux savoirs. Donc l'école doit donner à ces savoirs pour les technologies de demain.

2° La culture classique est incontournable. Le coup à l'achat des nouvelles technologies est décroissant alors que les contenus est fixe (Madame Bovary restera rentable et sa création est unique). Ceux qui feront la différence (comme tojours), ce sont les individus produisant du contenu ; que l'on soit entrepreneur ou citoyen.

3°lire de manière critique ce que l'on lit sur Inetrenet est plus que jamais incontrournable et cela ne s'apprend pas sur internet.

10/09/2010, 09:14 | Par Vivre est un village en réponse au commentaire de alterna le 09/09/2010 à 10:31

"Mmmm c'est très joli et très intéressant tout ça mais à l'heure du numérique, de l'internet et du savoir accessible partout et tout le temps, n'est ce pas un débat un tantinet dépassé ?" Je viens de passer un week-end en demeure d'un informatitien émérite et le spectacle de voir mon petit-fils de 5 ans scotché au jeux violent que son père lui avait suggéré...Ce jeux était vraiment un char à beufs culturel...

Internet peut être un magnifique outil culturel, ce forum en est une preuve, mais cet outil ne peut devenir culturel que par la réflexion et le pensée des parents!!!

Que faire pour que cette évidence soit évidente ???

09/09/2010, 11:04 | Par christophe lemardelé

Merci pour cet article. J'ajoute une petite chose, le collège unique pourrait ou devrait être pensé comme s'ouvrant à trois types de lycées: le général, le technologique et le professionnel, donc une structure horizontale. Mais on en reste dans les faits à une structure verticale: 1) le général, 2) le techonologique... et le professionnel qui reste le parent pauvre plus ou moins ignoré voire méprisé par les enseignants de collège. Il faut savoir si la vocation de l'école du présent siècle doit être celle des carrières d'élites, donc une minorité, ou celle des formations en vue d'emplois et de carrières professionnelles. Les deux ne s'opposent pas totalement, il s'agit de les concilier un tant soit peu, ou un peu plus.

09/09/2010, 23:00 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de christophe lemardelé le 09/09/2010 à 11:04

Parfaitement d'accord. Peut être qu'une revalorisation du lycée professionnel passe par une revalorisation salariale des emplois "ouvriers-employés".

09/09/2010, 12:51 | Par Serge Koulberg

Pondus par des experts en ingénierie et des ingénieurs en expertise, donc par de gens qui n'ont eu vent des difficultés scolaires que par ouï-dire et qui n'imaginent pas d'autres formes de réussite dans la vie que la leur, les programmes sont devenus de plus en plus des outils de déresponsabilisation des enseignants, imaginés comme des auxiliaires administratifs chargés de noter la place de chacun dans la hiérarchie des sélections monolithiques, de rappeler ce qu'il faut savoir plus qu'à transmettre un apprentissage à savoir formuler ses questions et à savoir aller chercher des réponses.

Heureusement la majorité des enseignants détourne régulièrement ces injonctions qui courent l'entre-lignes des programmes... et tout ce qui défend le droit pour tous de garder son envie d'apprendre tout au long de la vie et essentiellement de 3 à 16 ans me semble offrir une bonne respiration à l'école.

09/09/2010, 23:02 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de Serge Koulberg le 09/09/2010 à 12:51

"Pondus par des experts en ingénierie et des ingénieurs en expertise", c'est pire. Les déniers programmes du primaire ont été pondu par une personne qui déclare ne pas connaître l'école primaire...

09/09/2010, 13:29 | Par Catotep

Merci de ce billet qui tente de remettre l'essentiel au centre: l'avenir de nos futurs citoyens.

Je suis prof des écoles moi aussi. Je suis rassurée de constater que je ne suis pas la seule à trouver délirants ces programmes infaisables et qui ne se soucient pas du tout des élèves et de leur rythme.

Est-ce que je vous ai parlé de la division au CE1? De l'imparfait et du passé composé balayés en une séance pour boucler ce fichu programme à la con et bachoter pour ces évals poudre aux yeux?

Il n'y en a pas tant que ça des collègues qui décident de faire classe en désobéissant à tous ses ordres toujours plus éloignés de l'intérêt des élèves (des ppre au kilo, vite, vite, plus de formation de maîtres spé).

De la merde, quoi! De la merde pour nos enfants!

09/09/2010, 23:06 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de Catotep le 09/09/2010 à 13:29

Et, 24h pour faire le programme des années où il y avait 30 heures de classe et où l'horaire d'histoire était de deux fois 15min (et où il n'y avait pas d'informatique, de sécurité routière, d'apprentissage aux premiers secours, d'anglais...cf d'anciens billets).

 

09/09/2010, 13:41 | Par ithchio

Il me semble que vous retardez quelque peu. Cela fait quand même 4,5 ans que tout le monde reconnaît en France que le maillon faible, ce n'est pas le collège. Heureusement. La question à se poser selon moi est celle-ci : Comment est-il possible qu'il ait fallu plus de 10 ans aux gouvernements successifs pour établir ce constat. Répétons-le : c'est au collège que les dégâts se font le plus voir, mais tout comence en primaire, et l'on peut remonter plus tôt : tout se joue dans la famille. N'allez pas chercher des théories fumeuses sur les programmes, le clash instits/profs. Tout ceci, vrai dans une certaine mesure, n'explique rien en fait du problème. Il s'agit d'un problème social. Vous me laissez 1 semaine avec des élèves de CE2 et je vous dis ceux qui ont une chance d'aller en seconde à 95 pour cent. Ceux qui disent le contraire sont des idéalistes. Combien d'élèves sortant de primaire connaissent les bases de la conjugaison ? Combien ? Le savez-vous ? Pendant 10 ans, les professeurs de collège ont fait passer des évaluations aux élèves qui arrivaient en sixième. Seulement, c'était une vaste foutaise. Les professeurs ne comprenaient même pas ce qui était évalué. Demandez-leur. Depuis l'année dernière, il me semble que c'est au CM2 ( entre autres ) qu'elles sont menées. Conclusion : Tout cela n'a servi à rien, puisqu'on ne pourra plus comparer les résultats, qui déjà ne voulaient rien dire. Là-dessus, une bonne partie des instits se sont rebellés en disant que l'on fichait les élèves. Ne comprenez-vous pas que tout ceci n'a aucun sens ? La seule question qui mérite un arrêt est la suivante : Dans quelle mesure cet enfumage est-il délibéré ? Après la grande folie des années Jospin-Allègre-Meyrieu ( et tous ceux qui suivent ), nous avons droit au sarkozysme et l'on en voit les effets dès aujourd'hui. Question : Se concertent-ils pour mener ce travail de sape ou est-ce de la pure bêtise ( de la part de la gauche, la droite sait ce qu'elle fait ). Et vous, avec votre article, vous dites quoi ? Ne savez-vous pas que dans une partie non-négligeable des écoles et des collèges de la République, il n'y a déjà plus de programme. C'est-à-dire qu'ils sont inapplicables. En français, vous pensez vraiment qu'il y a encore un programme. Tous les inspecteurs savent qu'il est impossible de le boucler. Prenez seulement la partie conjugaison et menez une vraie enquête de terrain. Ne commencez pas pas les idées, mais rendez-vous dans les collèges si vous le pouvez. Commencez par les écoles d'ailleurs. Ce sera plus logique. Le socle de compétences, c'est bien beau, d'ailleurs c'est inattaquable. Mais regardez mieux et vous verrez que la seule finalité, c'est de surcharger les professeurs. Ca va de pair avec le fait de se retrouver dans 2, voire 3 collèges différents. Cela aurait du sens si un élève qui ne maîtrise pas telle compétence profitait du système pour avoir une chance de l'acquérir l'année d'après. Mais est-ce le cas. Les professeurs de France vont diagnostiquer pour chaque élève les compétences acquises ou non, et après que se passe-t-il ? Réponse : Rien. Il ne se passe rien. Les élèves dans la merde y restent. Les élèves qui n'ont aucune base en sortant de primaire n'en auront guère plus au collège, et là il y a 2 façons de réagir : ceux qui se transforment en huître et qui intériorisent leur échec ( on ne parle jamais d'eux ) et ceux qui l'extériorisent et qui nuisent à l'ensemble de la classe. Ce qui a changé depuis quelque temps, c'est que déjà en primaire, les élèves qui extériorisent leur mal-être ( familial ) se font voir et croissent régulièrement. Arrêtons avec toute cette dialectique ( imposée par les pédagogues ( les plus mauvais )) et parlons simplement. Parlons de ce qui se passe dans une classe.

09/09/2010, 14:35 | Par fauxNicole Delattre en réponse au commentaire de ithchio le 09/09/2010 à 13:41

Combien d'élèves sortant de primaire connaissent les bases de la conjugaison ? Combien ? Le savez-vous ?

Oui, on le sait, tout le monde le sait et surtout les enseignants. Et que c'est un problème social on le sait aussi. Mais justement l'école publique jusqu'à ces dernières années et même exactement le début de ce dernier millénaire, servait à compenser l'effet de certains phénomènes sociaux. Ce qu'on sait moins, c'est qu'il existe des propositions pour refonder le système primaire-collège, qui est en effet aujourd'hui bien plus que le maillon faible des années 80. C'est d'ailleurs pourquoi le projet présenté par Sébastien Rome est celui d'un socle commun, d'une refondation de la base du système.

Et pour ce qui est de parler simplement de ce qui se passe dans une classe, vous n'avez qu'à lire certains témoignges ici ici même.

09/09/2010, 16:14 | Par cereb en réponse au commentaire de ithchio le 09/09/2010 à 13:41

BRAVO itchio

Par mon expérience professionnelle ,je n'ai rien à ajouter à votre bilan

et je persiste à dire que Allègre a bien mis en chantier la démolition programmée de notre école, de la maternelle à l'université

MERCI

c'est un réconfort de vous lire

pas vous seulement ,mais vous surtout ,avec aussi N Delattre

Pourtant la question des programmes demeure

mais pas elle seule!

09/09/2010, 23:23 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de ithchio le 09/09/2010 à 13:41

Je ne vois pas en quoi nous sommes en désaccord :

  1. Je ne pense pas, moi, que le collège soit le maillon faible.C'est un avis assez courant dans lemonde des observateurs de l'éducation. Vous avez raisons, très tôt, on peut repérer les élèves qui courent vers l'échec car, les moyens (c'est à dire aussi en terme d'organisation, pas seulement en argent) ne sont mis là où il faut.
  2. Supprimer les programmes ne réglera pas les problèmes de niveau. Vous faites le lien entre programmes et niveau alors que le lien que je fais est entre programmes et organisation de l'école obligatoire. L'idée est d'enclencher un processus de réorganisation de l'école obligatoire qui après aura un effet sur le progrès des élèves (cf. les lancinants modèles scandinaves)
  3. je sais ce qui se passe dans les école maternelle, élementaire et au collège. " Parlons de ce qui se passe dans une classe." parfaitement d'accord mais comme vous le laissez entendre au début de votre texte, beaucoup de solution ne sont pas forcement dans la classe et là Esther Duflo est une source d'inspiration assez forte.

09/09/2010, 13:42 | Par ithchio

" Ces foutus programmes sont un carcan imbécile et archaïque qui a pour principal résultat de créer de l'échec "

 

Il faut faire une analyse logique et politique de cette phrase, je pense

09/09/2010, 17:19 | Par cereb en réponse au commentaire de ithchio le 09/09/2010 à 13:42

 

OUI,l'article défini est toujours dangereux enn raison de son imprecision et de sa généralisation ;

c'est une vue de l'esprit de penser que tout le mal réside dans tous les programmes et ce n'est certainement pas ce que nous voulons dire ,les uns et les autres ,quand nous critiquons l'impérialisme officiel et réducteur de cette vision totalisante des souverains programmes!

Surtout qu'ils sont assortis de souveraines déesses EVALUATIONS qui cachent le vrai besoin en servant d'alibi.Pensez qu'on annonce ,pour cette année ,des évaluations aux gosses de 4 ans en maternelle? A vérifier car mon info est récente et je n'ai pu vérifier!

Enfants rangés dans des catégories et parents rassurés/effrayés?En College,

ces évaluations ,telles qu'elles étaient conçues ,devaient être suivies de "remédiations" appropriées.Ce fut une tentative vite tournée en pure Hypocrisie par des surenchères inapplicables (comme la pédagogie individualisée dans des classes de plus de 25 ).Il est possible de faire un suivi individuel;il est impossible d'avoir une pédagogie pour chaque élève dans un enseignement collectif.

Même les petits groupes dits de soutien ne sont qu'un palliatif ,avec des niveaux d'intervention diversifiés ,sur des supports variés ,et des échanges entre élèves si possibles.mais c'est mieux que rien.

Quant à ces évaluations ,elles étaient devenues incohérentes par leurs critères ,prenant rarement en compte une compétence globale comme l'écriture d'un texte en français courant correct à l'écrit.

Je dis PAR LES CRITERES servant de grille d'analyse et formulant des "trucs" techniques épars et morcelés,n'ayant q'un rapport incertain avec la compétence visée explicitement.Les classes de profs transformées en salles de doléances ,on connaît.....

LE nec plus ultra est venu avec les IUFM à la place des MAFPEN!

Rideau!

Ultime question: par quel mystère allez vous apprendre à écrire à des gosses de 6ème qui ne maîtrisent pas la matérialité de l'écrit, je veux dire dans aucun de ses aspects, et à qui on met entre le mains un ordinateur(pour deux)?

En procédant je suppose par suggestion hypnotique,cher adepte de l'ordi tous azimuts?

Déjè faut-il qu'ils soient capables delire /comprendre les indications de l'écran ,alors qu'une phrase simple ne fait pas sens pour eux!

Mais en TECHNOLOGIE , pardon!là magnifique programme, avec des termes mirobolants!j'aime bien le jeune prof qui se passionne pour l'algorihme!mais l'élève§Cela me rappelle un autre jeune prof qui regrettait

que ces gosses n'arrivent pas à s'intéresser aux capétiens ) quand on sait,au bout d'un long parcours que l'attention a des cycles courts et fluctuants ,que l'acquisition dépend des acquis antérieurs (on s'en doutait), que...par exemple la majorité des élèves ne peut absorber plus de deux ou trois notions nouvelles en une "heure" de cours ..et que ,en raison de cela, TOUT PASSE finalement par la connaissance du vocabulaire (sémantisme).

Bref ,il n'y a pas de panacée technique (pas même de technique

pédagogique)

Ici je rejoins serge koulberg et catotep/

09/09/2010, 13:48 | Par Domtonkin

Enfin de la cohérence ! ce serait pas trop tôt Sourire

En tant que parent d'élève je souscris des deux mains, dommage mes enfants sont déjà ados ... mais que d'absurdités dans les apprentissages et ces programmes qui n'enrichissent que les éditeurs.

09/09/2010, 14:07 | Par fauxNicole Delattre

Pour ce qui est de l'orientation en 3° vers les trois types de lycées, c'est le cas (comme en Allemagne). Mais c'est trop tard pour quantité d'élèves qui entrent au lycée avec un niveau insuffisant dans les matières générales, maths et surtout français.

Il y a beaucoup plus d'instituteurs qu'on le croit qui détournent les injonctions ministérielles surtout dans le suivi des programmes, mais aussi pour les évaluations. Une institutrice de CE1, comme vous Catolep, a annoncé aux enfants qu'il auraient des bons points et après 10 bons points, une image. Ma petite-fille (puisque c'est de sa maitresse qu'il s'agit) était toute étonnée (et ravie) parce en CP dans la même école, elle avait connu les "évaluations" de janvier. Avec le mot "évaluation" au lieu de contrôle ou exercice. Ce n'est pas un acte de désobéissance bien grave pour un instituteur de dire "contrôle" au lieu d'évaluation, mais c'est une décision personnelle de rebellion ; comme les bons points avec une image après 10. C'est une façon personnelle de refuser d'exercer une pression de concurrence sur des enfants de 6 ou 7 ans. Il faudrait vraiment pouvoir "évaluer" la façon concrète et quotidienne dont les instituteurs appliquent les consignes.

09/09/2010, 14:32 | Par âge du faire

puisque vous parlez de l'ECOLE, je me lance!

je suis en retraite.......

Mais j'ai pratiqué les méthodes Freinet en primaire et en ville....ce qui n'est pas pareil qu'en milieu rural!

J'ai fait beaucoup de recherches pour aider mes élèves en difficultés.
Quand, enfin, ils progressaient tous...Les collègues, le directeur, les parents m'ont demandé de me faire SOIGNER!

Les enfants revenaient me voir quand, seule je tenais un stand au forum des associations!

Ici, je ne dévoilerai pas mes sources!

Je faisais tout simplement, ce que dit "Etoile 66" sur la pédagogie de l'Allemagne.
Moi, victime civile de la guerre....à cause de celle-ci , j'avais des problèmes auditifs et apprendre que maintenant ce sont les Allemands qui enseignent obligatoirement la musique dès la maternelle.
Et oui, la musique prépare à l'ECOUTE et au respect.

 

j'avoue que tout cela me fait encore mal au coeur!

J'ai aidé un peu, quelques élèves à être heureux de vivre. C'est tout.

09/09/2010, 17:58 | Par Luciole Camay en réponse au commentaire de âge du faire le 09/09/2010 à 14:32

Bien entendu, il doit être - encore plus aujourd'hui - terrible d'osciller entre appliquer un programme qu'on réprouve et préparer de jeunes cerveaux à s'arranger de la compétition internationale.

Il y a simplement l'art et la manière de procéder. Tout le monde ne peut, ne sait comment faire passer cette pilule de la nécessité de contrôler le niveau de chaque élève. Bons points et image de récompense en primaire seraient de retour ?... L'élève reconnaissant(e) du temps de la France rurale apportait en retour un bouquet de fleurs à l'institutrice.

"J'ai aidé un peu, quelques élèves à être heureux de vivre. C'est tout".

Chère Rose du Sud, plutôt que des raseurs ou des austères voulant enfoncer des inepties dans les jeunes crânes afin qu'ils deviennent "quelque chose" plus tard (au lieu de déshonorer leurs parents !), c'est des authentiques enseignants comme vous, occupés de l'éveil des esprits de manière ludique, soucieux de la relativité du temps qu'on passe sur cette terre qu'on peut garder le souvenir le plus vif (j'ai 58 ans).

Je reste encore saisie par une prof de latin qui prévenait "si ce n'est pas vous qui mangez la vie c'est elle qui vous mange" (exact !) et par l'optimisme de cette prof de musique qui faisait sourire son auditoire avec son "Habanera" dont elle énonçait en chantant chaque note égrenée sur son piano... Les deux me sont aussi chères.

 

10/09/2010, 00:30 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de Luciole Camay le 09/09/2010 à 17:58

Peut-on enseignenr sans croire à ce que l'on enseigne ?

09/09/2010, 14:41 | Par denis bourgois

Il me semble que la seule obligation qui devrait être faite à l'école est d'inculquer l'envie d'apprendre. A chacun sa méthode. Car après tout, comme disait Mark Twain "I never let schooling interfere with my education" (Je n'ai jamais laissé l'école interférer avec mon éducation). Principe qui explique sans doute pourquoi il y a aux Etats Unis, plus d'enfants d'une classe d'âge qui accèdent à l'enseignement supérieur qu'en France d'une part et également pourquoi, alors que le niveau du secondaire y est dit médiocre (encore que...) il est si vite relevé lorsqu'on accède au supérieur. Lorsqu'on a envie d'apprendre, lorsqu'on a compris l'application de ce que l'on peut faire de son savoir, les lacunes se comblent très vite.

09/09/2010, 14:58 | Par joel schnapp

Pour info, le snes, dont je fais partie, est absolument opposé au socle commun de compétences. Le projet de livret de compétences qui nous a été fourni par le ministère est repoussant pour de multiples raisons, parmi lesquelles une tout a fait simple: évaluer des élèves sur des "compétences" par oui ou par non est parfaitement stupide et antipédagogique... Le snes dispose d'un projet intitulé pour une culture commune: http://www.snes.edu/IMG/pdf/socle_culture_stage_competences.pdf

10/09/2010, 00:44 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de joel schnapp le 09/09/2010 à 14:58

Je suis d'accord sur trois points avec vous :

- "livret de compétences qui nous a été fourni par le ministère est repoussant pour de multiples raisons" .

- Il faut se méfier de la notion de compétences (mais elle peut être aussi utile) du fait qu'elle instrumentalise les élèves (elle les fait devenir des instruments des entreprises - la référence à Lisbonne dans le pdf est pertinente)

- une culture commune est indispensable (dans les temes du snes)

 

Mais

je crois fortement que si nous ne nous retouvons pas ensemble (primaire et collège) dans les années qui viennent, l'école, en France, tombera en grande partie sous la coupe libérale et régionale. C'est la Grande bataille des années à venir. Réussir à renforcer l'école obligatoire en créant de la continuité entre nous (je suis du 1er degré, vous êtes du 2nd) ou nous perdrons l'essentiel de ce que le priamire d'un côté et le collège de l'autre côté veulent garder.

 

09/09/2010, 16:11 | Par fauxNicole Delattre

Mais le "socle commun de compétences" que vous recevez n'a rien à voir avec celui dont parle Sébastien Rome ; et en plus, il porte bien son nom, il ne concerne que des compétences, et vous avez certainement la liste de celles qui doivent être acquises par tous les élèves d'une classe chaque trimestre (!) et même pas chaque année ; et encore moins dans chaque cycle du primaire comme c'était le cas dans les temps préhistoriques d'avant la réforme : cp-ce1-ce2, cm1-cm2. Si bien qu'un enfant disposait de 3 ans pour savoir lire parfaitement n'importe quel livre ou support écrit ; aujourd'hui, après un an la "compétence" doit être acquise en même temps par tous. Mais la compétence à faire quoi exactement ? Les compétences pour savoir lire couramment n'importe quel texte écrit doivent avoir beaucoup changé depuis Darcos et Chatel !

Pour info : le snes est-il opposé à l'idée d'un socle commun ou à celui d'aujourd'hui ?

09/09/2010, 16:27 | Par robespierre1715

Franchement, en tant que professeur du secondaire, d'histoire en particulier, gardez votre projet pour le primaire, SVP!!!

Faire de l'histoire, ce n'est pas simplement "construire une notion du temps"!!! Nous transmettons une culture, et un esprit de finesse et de critique, et nous pour cela nous avons besoin de contenus clairs!

Il n'existe pas de réelles différences de statuts entre instits et certifiés (c'est la même rémunération), mais des différences de méthodes et d'objectifs, que vous ignorez totalement visiblement. Une simple grille de compétences ne peut remplacer une réelle exigence de contenu! Le socle commun de compétence, d'expérience, au collège, c'est un gadget!

N'oubliez jamais, avant de proposer des méthodes pour le secondaire (je n'ai aucun avis sur le primaire, je n'y ai jamais travaillé), que la base de l'enseignement y est disciplinaire!

Ps: à vous lire, on comprend mieux les problèmes qui tiraillent la FSU!

09/09/2010, 17:39 | Par fauxNicole Delattre en réponse au commentaire de robespierre1715 le 09/09/2010 à 16:27

Et voilà, la concurrence entre profs du secondaire qui "transmettent une culture", et les inférieurs qui se contentent de faire comprendre ce qu'est une suite : de nombres, de lettres, de mots, de dates, de siècles.

Exemple (j'ai été prof de philo en terminale) ; à la question en TC , l'élite: :"savez-vous à quelle époque vivait Galilée ?" réponse : "au 5° siècle avant Jésus-Christ". Après correction : "c'est la même chose, c'était il y a longtemps". Cet élève avait la culture, il savait qui était Galilée et même ce qui lui était arrivé, mais entre le 5° siècle après J.C. et le 17° après il ne voyait pas de différence, les deux périodes étaient il y a longtemps. Un efftet de l'histoire sans chronologie.

09/09/2010, 19:43 | Par robespierre1715 en réponse au commentaire de fauxNicole Delattre le 09/09/2010 à 17:39

J'ai constaté qu'il existe de multiples expériences pédagogiques en primaire (dont je ne juge pas des résultats, je n'en suis pas capable) qu'on tente d'appliquer souvent sans distinction dans le secondaire, alors que les conditions d'enseignement sont fort différentes me semble-t-il, ne serait-ce qu'en raison de la spécialisation des enseignements. A l'IUFM, instituts aujourd'hui quasi-morts, je n'ai eu le droit qu'à des lectures pédagogiques concernant le primaire..., fort intéressantes ma foi, mais souvent en partie ou totalement inadaptées à un enseignement disciplinaire, notamment en histoire.

Vous me prêtez un mépris qui n'est pas le mien. Je considère que l'enseignement de la lecture et de l'écriture comme l'apprentissage fondamental. L'école primaire est à ne pas en douter le maillon essentiel de l'ensemble du système éducatif. Je voudrai simplement que l'on me laisse faire mon travail tranquillement, sans devoir subir des exigences mal calibrées avec mon enseignement réel.La collaboration entre le primaire et le collège est vitale, mais elle ne doit en aucun cas se traduire par une primarisation du collège unique -ceci n'est pas une insulte-qui nous éloigneraient de l'idéal initial de celui-ci. Enfin, je rappelle quand même à tout le monde, que le fait d'avoir des programmes, c'est ne pas pour embêter le monde, mais pour assurer l'égalité républicaine entre les élèves.

Enfin, pour ce qui est de la chronologie, je pense que vous devez savoir ce qui signifie le verbe "se limiter à". Votre élève possèdait une culture bien formelle, puisqu'il était incapable de replacer Galilée dans son époque, et de comprendre la signification de ses découvertes et de son procès. L'Histoire, c'est un travail de contextualisation, pas simplement de chronologie inepte (à moins que vous ne fassiez partie des "Républicains"), comme la philosophie ne se limite pas à apprendre stupidement la biographie de Platon ou de Kant, vous en conviendrez.

09/09/2010, 21:09 | Par jdapr en réponse au commentaire de robespierre1715 le 09/09/2010 à 19:43

J'ai eu , il y a longtemps , un vieux collègue qui conseillait les petits nouveaux ..

Tout enseignant devrait commencer par la maternelle , disait-il , la connaissance des tout jeunes permet l'humilité .

 

09/09/2010, 21:47 | Par robespierre1715 en réponse au commentaire de jdapr le 09/09/2010 à 21:09

J'abandonne... Sans doute que l'humilité n'est pas ma qualité première, mais vous n'avez sans doute pas connu l'enseignement de l'IUFM du secondaire et son inadéquation avec le réel. Ceci explique ma méfiance. J'aurai aimé moi aussi rencontrer votre ancien collègue.

10/09/2010, 01:11 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de robespierre1715 le 09/09/2010 à 16:27

Vous touchez le coeur du débat.

  1. Je suis heureux que le primaire vous apprenne à comprendre la FSU comme quoi, on peut apprendre des choses avec le primaire (boutade, bien sûr)
  2. (je garde un ton léger) Vous aurez remarqué qu'un enfant de 5-6 ans ne ressemble en rien à un enfant de 15-16 ans, il ne sera donc pas difficile pour vous d'accepter que l'on ne fasse ni la même chose ni de la même façon avec des élèves aussi différents. Une connaissance des capacités d'apprentissages des enfants permet de savoir qu'il est assez long et difficile pour un enfant de se situer dans l'espace et le temps (200 ans ou 2000 ne veulent rien dire à 7 ans quand on a même pas encore appris les nombres des milliers...). En posant un peu, je crois même dire que le temps long est une chose difficile à saisir pour la plupart des adultes sauf les histoiriens...
  3. Je ne vous demande pas de faire comprendre la notion de temps car à l'âge de vos élèves, s'en en passant à travers le temps (et l'ennui parfois) qu'ils saississent ce qu'est le temps de l'histoire.Construire la notion de temps se fait au primaire. Et je peux dire que cela doit se faire car les élèves qui passent au travers sont perdus (ne sachant pas si leur anniversaire est en été ou en hiver ou leur année de naissance), mais avec l'adolescence, il parviennent à maquiller leur difficulté alors qu'elle est là enfouillie sous des kilos (pas des tonnes) de savoirs.
  4. Vous avez tord de croire que je ne propose pas de contenu à mes élèves ou mêm que l'on n'en propose pas dès la maternelle. Une grille de compétences n'est pas une réelle exigence de contenu, bien sûr, se fixer pour objectif que des contenus soient, de manière incontournable, sus est une réelle exigence de contenu.
  5. "Il n'existe pas de réelles différences de statuts entre instits et certifiés (c'est la même rémunération), mais des différences de méthodes et d'objectifs, que vous ignorez totalement visiblement." : c'est bien parce que je connais trop ces différences et que je crois que notre Ecole en souffre que je pense qu'il faut travailler à de la continuité. Ces différences sont issues de l'histoire de l'école "que vous ignorez totalement visiblement." . (toujours sur le ton léger)
  6. Je ne porpose pas des méthodes pour le secondaire, je dis simplement que nous devons un référentiel commun et savoir que les uns et les autres font. Quand vous enseigner votre discipline il vous sera utile de savoir ce qui a été vu et la manière dont cela aété abordé avec vos élèves. Il n'est pas d'outil plus précieux pour connaître le présent que de connaître le passé. Cela vaut pour l'histoire comme pour nos élèves.

09/09/2010, 17:33 | Par cereb

Tou l'enjeu des apprentissages futurs se situe à l'Ecole Primaire!

Si l 'enfant arrive en 6ème (oui, Rose du sud!) non écoeuré des contraintes scolaires ,c'est déjà assez bien;

si de surcroit il arrive à comprendre une page de texte narratif et à en rendre compte oralement -avec un ,deux ou trois personnages -

c'est mieux.

S'il arrive à écrire un texte narratif de dix lignes environ (ou plus) en Français courant correct à l'écrit ,alors là on peut espérer pour lui.

Dans les parcours scientifiques d'études et de formations ,les difficultés majeures des étudiants viennent de leurs "ratés" d'apprentissages en ...Français.

Mais pourquoi répéter cela ,encore ,alors que c'est crier dans le désert!

09/09/2010, 17:41 | Par kakadoundiaye

bonnes questions et pour l'essentiel bon débat . Des gens directement concernés et qui chacun dans son coin voire dans son syndicat a conduit une réflexion sur son rôle ce qu'il faisait et ce qu'il pouvait faire.

Mais comment bâtir une école égalitaire sur un terreau inégalitaire?

Car il est certain et cela a été affirmé avec force que c'est au primaire que l'essentiel des apprentissages se met en place... et que le secondaire n'est là que pour compter les points et panser quelques plaies trop ouvertes.

Deux points donc ; le premier, quant au programme, laissez à l'équipe enseignante le soin de se diriger

Deuxièmement : avoir une formation digne de ce nom ce qui n'est pas mais pas du tout ce qui se passe dans les IUFM.

Corollaires : constituer des équipes soudées pratiquant une pédagogie déclarée ( il ne peut y avoir de pratique Freinet par exemple pour deux élements d'une école de dix profs). Restructurer les instituts de formation et donner les moyens aux écoles de pratiquer la concertation ( ce qui signifie plus d'heures donc plus de salaires)

09/09/2010, 18:49 | Par Luciole Camay en réponse au commentaire de kakadoundiaye le 09/09/2010 à 17:41

Lire-écrire-compter, des bases indispensables à tous en primaire, et même avec quelques fautes toujours rattrapables dans la vie d'adulte si la volonté d'apprendre, les bienfaits de l'effort sont intégrés !

J'apprécie, Kakadoundiaye que vous rappeliez la "formation continue" ou "formation pour adultes" qui reste, comme l'autoformation par les livres, les films, la rugosité de la vie quotidienne (si éducative à condition d'avoir déjà développé une stratégie toujours perfectible !) toujours possible pour rattraper les écueils scolaires !

Franchement, si j'étais prof, je me creuserais la tête pour faire admettre l'utilité de savoir sur le bout des doigts les tables (de multiplication par exemple) alors qu'une calculette ou un ordi s'en chargent sur commande.

Oser prendre la parole face à l'adversité, apprendre à se présenter simplement mais autrement qu'un tiroir-caisse, émettre une critique objective (pour et contre puis synthèse) : socle commun autrement plus utile à mémoriser que 1515 Marignan, une date que j'aimerais m'extirper du cerveau mais impossible.

Toutefois, c'est difficile de trouver quoi enseigner dans un contexte aussi troublé rappelant la chansonnette ci-après :

C'est quand même un peu galère

D'aller chaque jour au chagrin

Quand t'as tell'ment d'gens sur Terre
Qui vont pointer chez "fous-rien"
'vec les d'voirs à la maison
J'fais ma s'maine de soixante heures,
Non seul'ment pour pas un rond
Mais en plus pour finir chômeur!

Veulent me gaver comme une oie
'vec des matières indigestes,
J'aurais oublié tout ça
Quand j'aurai appris tout l'reste,
Soulève un peu mon cartable,
L'est lourd comme un cheval mort,

Dix kilos d'indispensable
Théorèmes de Pythagore !

L'essentiel à nous apprendre
C'est l'amour des livres qui fait
Qu'tu peux voyager d'ta chambre
Autour de l'humanité,
C'est l'amour de ton prochain,
Même si c'est un beau salaud,
La haine ça n'apporte rien,

Pis elle viendra bien assez tôt

Quand j's'rais grande j'veux être heureuse,
Savoir dessiner un peu,
Savoir m'servir d'une perceuse,
Savoir allumer un feu,
Jouer peut-être du violoncelle,
Avoir une belle écriture,
Pour écrire des mots rebelles
A faire tomber tous les murs !

 

09/09/2010, 17:48 | Par varlenge

Il y a un point qui est complètement occulté dans tous ces post (tiens pourquoi ?) c'est celui des rythmes scolaires démentiels que l'on fait subir à nos chers enfants à l'école et au collège. Pour ne pas toucher aux sacro-saintes vacances d'été... et à toutes les autres (surtout ne pas déplaire au business du tourisme... surtout ne pas braquer les syndicats)... on inflige à des pré ados des cadences infernales dénoncées par tous les chronobiologistes. Programmes ou pas programmes, tant que l’on n’aura pas limité à moins de 20h par semaine les heures d'enseignement jusqu'à la 4ème, on passera à côté de LA réforme fondamentale. Cela permettrait de réduire cet invraisemblable et catastrophique hiatus de l'été. 6 semaines l'été, une semaine à Noel et à Pâques, ce serait bien suffisant pour des gamins qui n'auraient pas été essorés par des travaux forcés toute l'année.

Je ne suis pas contre le pédagogisme, je suis à fond pour l'utilisation massive des nouvelles technologies de l'information et de la communication car, comme cela est dit par carole, l'essentiel aujourd'hui c'est de donner l'envie d'apprendre et donc de donner les outils pour utiliser avec profit cette profusion d'informations en ligne... mais svp arrêtons ce gavage totalement contre-productif.

 

http://www.jeanpierrevarlenge.com

10/09/2010, 12:48 | Par Catotep en réponse au commentaire de varlenge le 09/09/2010 à 17:48

Je vous rassure, pour le vivre quotidiennement, le rythme de la journée imposée à nos élèves est vraiment délirant (à moins de jongler avec les programmes et les directives officielles, ce qui n'est pas facile facile)...

Dans mon école les gamins arrivent à 8h20 au mieux, partent à la cantine à 11h30 où le centre de loisirs associé à l'école les prend en charge. On reprend les cours à 14h (soit 2h30 de "pause"), avec des petits déjà crevés/surexcités.

Et classe jusqu'à 17h.

Hier dans la nuit( deux enfants en bas âge souvent malades, une classe de cp, et un petit hyper actif à intégrer nourrissent mes insomnies), je me disais qu'il serait tout à fait possible de faire 9h-12h de reprendre à 13h30 max jusqu'à 15h30 et que le centre de loisir prennent les enfants après la classe jusqu'à l'arrivée des parents...

Alors pourquoi est-ce qu'on continue de leur infliger des journées aussi longues?

On pourrait aussi commencer plus tôt et déplacer le temps d'accueil du matin l'après-midi...

Enfin, j'entends partout qu'alléger la journée pose un problème d'infrastructures, mais les infrastrucutres on les a, alors, on attend quoi?

09/09/2010, 18:43 | Par Michel Fauconnet

L'existence de programmes est la garantie d'un minimum d'égalité.

Reste à les prévoir correctement, ce qui n'est pas simple, certes.

Quant à l'égalitarisme, c'est une ineptie sans nom : l'égalité dans les possibilités, oui, tout le monde pareil, surtout pas !

De plus, que se passera-t-il pour les déménagements ?? en empilant des pratiques différentes sur des années, comment les enseignants géreront-ils les différences entre formations reçues par les élèves ??

"compétence" signifie souvent "approximative" et évaluée à la louche (mais extrémisée en "oui" ou "non" !), résultat : il sait presque lire mais ce qu'il ne sait pas va terriblement le handicaper quand même en 6e : tout va bien au CM2 mais le collège coince ! Et comme on lui a dit "compétence acquise", il n'a pas forcément cherché à faire mieux ! (un 10/20 correspondant à un "compétence acquise" laisse la possibilité de voir qu'il serait préférable d'améliorer quand même là où le "acquis" ne demande rien de plus !)

Quid des redoublements ? (officieusement déconseillés car perte de "productivité" (avec des redoublants faut beaucoup plus de profs) car officiellement on nous sert autre chose évidemment) Que fait un gamin de son primaire s'il ne sait pas bien lire ?? (et on ne s'en aperçoit qu'en 6e ??)

Je suis d'avis de maintenir des programmes nationaux (question d'égalité et de garantie d'un socle utilisable partout !), avec des exigences en termes de niveau, tout en prévoyant beaucoup plus tôt (dès après la 6e ?) des filières différenciées, vers l'apprentissage, vers le technologique, vers le général, sans considérer l'une comme "plus prestigieuse que les autres" : combien de bac généraux pour rien ensuite alors que des ex-apprentis roulent bien leur bosse ? Certains métiers dits "manuels" peinent à fournir...

l'objectif jospinien égalitariste faussement ambitieux (car pour y arriver on a juste diminué les seuils d'octroi) "80¨% d'une classe d'âge au bac" a été une erreur majeure et cet esprit qui semble persister encore m'inquiète au plus haut point.

La réforme actuelle du lycée est notamment une usine à gaz avec des programmes flous rompant l'égalité : ça va déjà être dramatique à ce niveau, mais si en plus on commence plus tôt...

A lire tout cela, je me dis qu'on n'est pas sortis de l'auberge !

Le plus simple serait de supprimer l'éducation nationale. Y aurait plus de problème, chacun verrait avec son précepteur ou l'entreprise qui fournit le service ! Pendant qu'on y est ??

10/09/2010, 01:18 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de Michel Fauconnet le 09/09/2010 à 18:43

Si vous m'avez bien lu, je ne demande pas la disparition de "référentiels" à la fin et tout le long de la scolarité mais je demande que primaire et collège aient les mêmes outils. Et oui, l'autre alternative (au rapprochement primaire collège) c'est la suppression de l'éducation nationale.

09/09/2010, 22:58 | Par Leséparges

L'école , vaste sujet ...

Les évaluations : purée le cauchemar ! Quand j'ai commencé dans la profession , combien de réunions, de demi journées obligatoires , pour pondre un référentiel possible , et ça a duré des années ...!.Alors que les éditeurs avaient déja sorti le leur qui ressemblait aux anciens ....J 'ai tout vu , tout entendu à ce sujet , jusqu'à un dirlo détaché plein temps qui voulait nous en imposer un , dès le CP avec 500 items Furieux : tout était répertorié et devait être évalué en acquis , en voie d'acquisition et en non acquis...Le problème , c'est qu'en enseignement rien n'est jamais acquis : ce qui semble acquis en juin est à reprendre en septembre... Et puis 500 items ! : le ou ou le où , le a et le à , etc, etc,...

Je lui ai dit à c'directeur que son livret me semblait peu pratique ,très encombrant et assez incompréhensible pour les parents , qui se réfèrent au double page cartonné d'autrefois . Certains collègues failloteurs ont fait semblant de lui donner raison , mais d'autres m'ont approuvé ...Donc , nous avons eu le droit à un livret light ,après moultes autres réunions ....

Ce qui n'a pas empéché que je sois en permanence en train d'évaluer : les évaluations nationales , les évaluations zep , les évaluations maisons , plus les évaluations que nos conseillers pédagos voulaient nous imposer quand on démarrait une notion : ex: la division , ou le futur , ou la fabrication de la pâte à crèpe : ça donnait évaluations initiale, médiane , terminale ...!

Du coup , mon dirlo vicelard m'a fait chier toute l'année , en me refusant les manuels dont j'avais besoin pour ma classe double niveau , affirmant que les manuels , c'était de la m...Donc pas un bouquin sauf une vieille série d'objectifs calculs , très prétentieux et pas du tout adaptés ....

Ca c'est pour la " liberté pédagogique "...Faut pas confondre avec l'anarchie !!!Indécis

 

Le problème c'est que j'avais hérité d'une classe en large échec au point de vue lecture , CE1, sans doute parce que le dirlo et ses conseillers pédagos avaient imposé au CP une méthode sans manuel ...

Des " étiquettes ", de la construction de mots ,de la production de textes...Total : 60% d'élèves ne sachant pas lire ...Et quand j'en parlais il me répondait que ces élèves étaient "normaux", comme s'il s'agissait de ça !

Pour celui qui pense que l'enseignement doit se mettre à l'heure d'internet , je lui répondrais que l'informatique est un outil comme un autre , comme la vidéo , mais qu'il ne doit pas tout envahir : ce n'est pas avec l'informatique que l'on apprend l'écriture , le vocabulaire , la grammaire ,à conjuguer , les tables de multiplications, et les fables de La Fontaine...

Il y a déja trop d'élèves qui pensent savoir parce qu'ils ont entendu parler de telle ou telle chose , mais si on approfondit , on se rend compte qu'il s'agit de notions très superficielles et non de savoir .D'où le concept d'ennui ...!

Et puis si vous voulez des enfants bons en lecture , il faut qu'ils lisent et qu'ils en aient aussi le goût ,

surtout à la maison : en CP théoriquement avec une bonne méthode mixte appuyée sur un manuel , les élèves apprennent à lire..Mais si après il n'y a rien , juste de la télé, des jeux vidéos , du foot et des "copains copines ", c'est cuit .

L'apprentissage de la lecture , c'est comme la conduite automobile : le permis vous donne la possibilité de prendre le volant mais si vous ne pratiquez jamais , c'est cuit ...!

Voilà , voilou..

C'est bien d'avoir pris Porte à MDP...C'est vrai ? Il y a un portrait de Pol Pot dans le bureau d'E. Plenel ? J'aurais plutot vu Franco !Clin d'oeil

10/09/2010, 01:21 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de Leséparges le 09/09/2010 à 22:58

Ca c'est pour la " liberté pédagogique "...Faut pas confondre avec l'anarchie !!!

C'est le sens de mon intervention...

09/09/2010, 19:06 | Par Souris Bleue

Maintenir un programme national, s'est continuer d'infantiliser les enseignants (qui ont eux-mêmes connus les mêmes programmes, comme si par exemple l'Histoire n'avait jamais évolué depuis Jules Ferry...) pour les empêcher de s'emparer de leur matière de façon responsable dès les petites classes (histoire, géographie, philosophie, langues, technologie, histoire des sciences) et de réellement adapter les contenus à leurs publics.

09/09/2010, 19:09 | Par fauxNicole Delattre

Il ne faut quand même pas demander trop à l'école, surtout primaire. Sans avoir jamais été enseignant il suffit d'avoir eu soi-même des enfants pour réaliser à quel point apprendre à lire est difficile, que séparer les mots quand on écrit n'est abolument pas naturel, que faire une une soustraction et encore plus une multiplication sans même parler de la division est complètement contre-intuitif, comme c'est invraisemblable de compter 0 comme un nombre, et et si on ne l'a pas compris, "le nombre x plus grand que y" restera du chinois en 6°.

Donc les programmes et leur progressivité fondée sur la manière dont l'enfant apprend à différents âge, ce n'est pas de la merde de pédogos, c'est capital. Evidemment les enfants d'aujourd'hui apprennent beaucoup plus vite à utiliser un ordinateur, leurs jouets sont bourrés d'informatique dès le berceau et rien ne leur est plus familier. La question la plus importante est donc de savoir ce qu'on veut qu'ils apprennent : à devenir performants dans l'usage des ordinateurs, ou une formation intellectuelle et sociale.

09/09/2010, 19:21 | Par Alain Ewrard

Je trouve les échanges intéressants et plutôt éclairants. Je pense que ce sont essentiellement des enseignants qui s’expriment, donnent leurs témoignages et expriment leur désarroi. Je voudrais donner à mon tour mon témoignage… d’ancien élève du collège.

J’ai été presque jusqu’à la fin un cancre. Mon souvenir de cette époque est essentiellement habité par une longue série d’humiliations gracieusement assénée par mes profs. Je n’étais pas un élève perturbateur mais, fils d’ouvrier, j’étais en retard sur mon cursus notamment en matière de grammaire, d’orthographe et de condition physique. Mauvais élève, j’avais plutôt droit a des critiques qu’à de l’aide ou à une once de compréhension et d’écoute.

D’humiliations en humiliations, j’ai appris à me défendre en développant un sens de la répartis, de l’humour et de l’ironie. Et à mon tour, j’arrivais régulièrement à humilier mes profs en mettant au jour leur incompétence. Je crois que je le faisais suffisamment intelligemment pour ne pas avoir pris une seule heure de retenu. Finalement, comme humiliation finale mes profs en conseil de classe m’ont envoyé sur une « voie de garage », en lycée technique.

Au cours de cette période j’ai observé que la plupart, une très large majorité, des profs sont conformistes, sans courages et peu curieux. Ils préfèrent les élèves conformistes, peureux et sans imagination (qui d’ailleurs éprouvent le plus grand choc du réel lorsqu’ils entament leurs études supérieurs).

Les rares profs qui m’ont écouté et aidé plutôt qu’humilié ne faisaient pas l’erreur de croire qu’il existe une panacée pédagogique et montrait un courage extraordinaire à s’opposer réellement, et pas seulement par les mots et une vague grève sans lendemain, au conformisme de l’institution et des collègues. Ceux-là ont participé à faire ce que je suis devenus et je leur suis reconnaissant. Je suis stupéfié de constaté que les enseignants constitue une des corporations la plus nombreuse de France et, qu’ils sont incapables de faire poids, de décliner leur idéal en réalité et, finalement, de sombrer dans la dépression au sens propre et au sens figuré.

J’ai eu raison de persister dans mon comportement : j’ai eu un bac technique avec mention, j’ai fait une taupe (mes meilleures années de ma vie) puis une Grande-école pour devenir ingénieur. Et, ô suprême revanche, au cours de mes dernières années on me jugea plus sur la qualité littéraire de mes compositions que sur les dizaines de fautes qu’elles contenaient : toute mes copies, même celles hors sujets, étaient lues publiquement.

Sur la base de mon expérience, j’approuve les paroles de Samuel Clemens cité plus haut. J’ai bien retenu que finalement, ce que m’ont enseigné certains, il vaut mieux une tête bien faite qu’une tête bien pleine. N’est ce pas cela le but de l’éducation ? L’œuvre ne vaut t’il pas mieux que la technique ?

10/09/2010, 01:26 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de Alain Ewrard le 09/09/2010 à 19:21

Merci, vous avez visé...juste, d'un bout à l'autre.

09/09/2010, 20:21 | Par Bougainville

@ Sébastien Rome

Encore faudrait-il s'entendre sur "la démocratisation de l'enseignement". Rien que le mot "démocratiser" est employé à tort et à travers. L'utopie des réformes étalées sur une trentaine d'années et animées en grande partie par Philippe Méirieu, tout puissant penseur de la Rue de Grenelle avant de verser dans la politique (Europe Ecologie), a été de considérer que le collège unique, en dispensant une culture standard à tous les élèves, allait donner les mêmes chances à tous. C'est bien prétentieux et c'est surtout faire fi des principes élémentaires de la nature humaine, eu égard aux nombreuses différences que chacun véhicule en soi dès sa naissance. Mr Méirieu dira plus tard s'être trompé (je l'ai personnellement entendu le dire). Mais il est trop tard, d'autant qu'il s'est obstiné dans cette voie mouvante, alors même que les alarmes étaient tirées depuis longtemps un peu partout.

Alors, oui, il fallait réformer un enseignement devenu inadapté aux exigences de la marche du siècle. Il aurait été judicieux de commencer par une réforme en profondeur de la formation des enseignants. On en est loin, et aujourd'hui, les malheureux jeunes enseignants sont jetés en pâtures dans ce qui ressemble de plus en plus à une fosse aux lions.

Je rappelle tout de même que la Constitution Européenne a fait que les Etats européens ont perdu leur droit régalien, entre autres celui du choix de l'Education à dispenser dans les Etablissements scolaires sous contrôle des Etats , et que les grande lignes se décident par une poignée de commissaires européens, bien souvent sur la place de Londres d'ailleurs.

Le "savoir" n'intéresse plus nos élites !

 

10/09/2010, 01:30 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de Bougainville le 09/09/2010 à 20:21

L'utopie était de croire que la "démocratisation" allait régler tous les problèmes, le bon fond de la nature humaine étant niché au coeur de chaque enfant. Mais l'erreur est de croire qu'il n'y a pas eu des succès de la "démocratisation".

Bien d'accord sur les élites et le savoir.

09/09/2010, 23:21 | Par Leséparges

C'est vrai P.Meirieu est plutot casse c..., mais avec J.P Brighelli, ils font la paire !

Marrant comme la profession recèle de gourous de tout poil , les fumeux et les réacs ! Et si on faisait confiance aux enseignants , sans leur imposer des faut faire ci, faut faire ça ? A bac + 4 ça doit être jouable , non ? D'autant que le pire est de ne pas laisser l'enseignant fabriquer ses propres outils au fur et à mesure de l'expérience...Ce que je veux dire est qu'un maître consciencieux qui hérite d'un CP , a besoin de quelques repères sécurisants pour avancer lui et sa classe : par exemple un livre de lecture avec ses prolongements...

ET si au bout de dix ans , il se sent capable de fonctionner différemment et bien qu'il le fasse ! Mais qu'on ne lui impose pas d'emblée quelque chose qu'il ne maîtrise pas .

Et puis les modes et les programmes !...

Dès la sixième j'ai connu les maths modernes et la théorie des ensembles...Pour mon prof agrégé c'était évident , mais pour moi c'était du chinois ...Et puis une année j'ai eu un prof à l'ancienne qui nous a expliqué les équations , les inéquations , les fonctions simplement , et en plus il y avait plein de livrets pour approfondir...Alors petit à petit je me suis décoincé et quand j'ai abordé la physique , j'ai enfin compris à quoi servait les maths !

10/09/2010, 01:32 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de Leséparges le 09/09/2010 à 23:21

Je ne suis ni Meirieu ni Brighelli, je serai plutôt Wittgenstein mais cela c'est un autre billet (Pour une pédagogie wittgensteinne)

10/09/2010, 00:33 | Par Claire Amadou

Lecture passionnante! tous ces témoignage, beaucoup d'enseignants, tous d'ex-élèves - en apparté, je soulignerais que ces témoignages de citoyens épris de notre système éducatif (ce qui n'interdit les crtiques) fait chaud au coeur

Je souhaiterais revenir sur les propositions de S.Rome: supprimer les évaluations annuelles, trimestrielles, etc pour établir un livret de compétences, entre 3 et 16 ans

Je sais que beaucoup de profs renaclent contre le livret de compétences

pour ma part, j'y suis plutot favorable - je milite pour une juste repartition entre délivrer des savoirs, et apprendre à utiliser des outils, role du prof

prof d'anglais, je l'aime qui incite à se référer à des sites dictionnaire et de prononciation

prof de science, se doit d'enseigner aux élèves les notions d'échelles de mesures, mais doit inciter à trouver les outils qui donneront la distance de la terre à la lune

j'ai trop d'émotion en mémoire de mon viel oncle décédé, qui se désespérait que les enfants n'apprennent plus par coeur les départements et sous-préfectures - je n'ai jamais reussi à lui faire comprendre qu'il était préférable que les élèves sachent utiliser dictionnaire, encyclopédies et maintenant internet pour aller chercher les infos

 

Sur les roles des professeurs et des programmes, , je reste de l'avis de S.R: tel niveau = telles compétences certifiées - en fait, sur ce point, je ne sais si je suis en accort avec Sébastien - l'EN lie compétences et age, et moi je suis convaincue qu'il faut dissocier les deux - bref, enseigner tous ages confondus en fonction des compétences - bref, je suis convaincue que le role des profs est d'aider à développer des compétences - oui, le prof pourra nommer une hercacée sur le bord du chemin, comme le faisait si bien l'arière grand-mère, mais le prof aujourd'hui saura dire je ne sais paas, je chercherai, et saura transmettre à ll'élève curieux les sites d'information, ce que ne pouvait faire la grand-mère- le seizième est loin où ceux qui savaient savaient tout - ceux qui savent aujourd'hui sont ceux qui savent apprendre

 

bien à tous

Clai re

10/09/2010, 00:54 | Par Alain ROUSSARD

Enseignant en primaire, j'ai eu la chance d'accéder pendant une année entière à une fomation de grande qualité sur les enfants en difficulté (CAPSAIS). C'était l'époque dorée (96-97) puisqu'aujourd'hui, la même formation se fait en 10 petites semaines... formation remise en cause puisqu'on cherche à supprimer les RAZED désormais.

Or, je me souviens que, de retour dans une classe dite "normale", je n'avais qu'une idée en tête (ce qui montre que c'était une bonne formation!): donner un grand coup de pied dans ces fameux programmes... J'ai pris beaucoup de liberté avec ceux-ci.

Un exemple? Au 3è trimestre dernier, avec mes CM, j'ai travaillé sur la coupe du monde 2010. C'est un support extraordinaire: on peut y étudier la géographie (situer les 32 pays sur une carte), de l'histoire (les colonies à partir de l'Algérie ou du Cameroun), de l'instruction civique (le drapeau, l'hymne, le type de gouvernance), du vocabulaire (l'apartheid, la foule, les joueurs, le jeu...), des maths (mesure de surface/terrain de foot, durée, géométrie/ballon, classements...), de la conjugaison (en partant d'un compte-rendu de match écrit au passé simple), de l'art visuel (réaliser une affiche), de l'orthographe (histoire du football découpée en dictées), du langage oral (exposé individuel sur chaque pays, mini-débats sur l'arbitrage...), etc...

On peut donc enseigner sans programme! On peut aussi enseigner sans les notes. Les livrets de compétences doivent être construits par nos soins afin qu'ils se rapprochent le plus possible de notre réalité.

Le bilan, c'est que mes élèves ont pris leur pied... et moi aussi! Ont-ils retenu plus de choses pour autant? Je le pense mais difficile de mesurer. Ils ont au moins appris à perdre avec l'équipe de France.

Pour fonctionner ainsi, il faut trouver néanmoins des arguments solides pour convaincre les parents, voire les collègues. J'insiste beaucoup sur le plaisir d'apprendre... Oui, mais ceux qui détestent le foot alors? En fait, la coupe du monde n'est qu'un prétexte car en réalité, on parle peu de foot.

Ce qui fait peur à beaucoup d'enseignants, c'est l'Inspecteur! Que va-t-il dire si je n'ai pas suffisamment d'heures dans telle discipline? En fait, je n'en ai pas rencontré un seul qui soit accroc au programme. A l'esprit, si. Je suis toujours étonné par la puissance inconsidérée que les enseignants du primaire accordent (plus ou moins consciemment) à ces inspecteurs. Ca n'encourage surtout pas l'innovation! A tort, je pense.

Je suis surpris des commentaires négatifs sur Philippe Meirieu car il est un des pères de la pédagogie différenciée et un grand apôtre du "donner du sens aux apprentissages". Je me retrouve assez dans le post terminal de Patrick Favé (voir plus haut).

"Tout est discutable" dira tout enseignant qui se respecte. Mais je vote donc pour cette école qui privilégie le socle commun.

10/09/2010, 01:37 | Par Sebastien Rome en réponse au commentaire de Alain ROUSSARD le 10/09/2010 à 00:54

...et il n'y pas de pédagogie "maîtresse" mais une question à renouveller à chaque "leçon" : comment je m'organise cette fois pour faire le mieux comprendre ce que j'ai à faire comprendre...

10/09/2010, 07:44 | Par fauxNicole Delattre

L'EN lie compétences et age, et moi je suis convaincue qu'il faut dissocier les deux.

Moi aussi; mais je crois en plus que la notion de compétences dans le vocabulaire de la pédagogie est une profonde erreur pédagogique, psychologique et sociale.

 

Pédagogique pour une raison plusieurs fois évoquée ici : elle conduit à morceler les apprentissages en tâches distinctes, dont la maîtrise devrait s'inscrire dans une suite dans le temps, permettant des moments d'évaluation trimestrielle. Ce qui suppose que tous les élèves d'une classe devraient progresser au même rythme et dans le même ordre de maîtrise de telle ou telle compétence. Or ce n'est pas le cas, même entre deux enfants d'une même famille ; à plus forte raison dans une classe et encore moins dans un établissement. Car au bout du compte des évaluations, il ne faut pas oublier que ce sont les établissements, écoles, collèges, lycées qui sont eux-mêmes évalués et classés. Remplacer comme si c'était tout naturel, la notion d'apprentissage par celle de compétences est un contresens pédagogique qui uniformise à un âge pour tous un modèle de progressivité sorti d'on ne sait où, mais certainement pas de la pratique enseignante.

Pour rester dans le domaine fondamental de l'apprentissage de la lecture : on peut évaluer si Untel sait seulement déchiffrer ou déjà lire, s'il est capable de lire correctement des phrases dont il ne comprend pas le sens, c'est à dire n'importe quel texte, s'il a acquis la lecture silencieuse, s’il sait distinguer différents types de phrases comme une description et une consigne ; avant de passer à des distinctions plus subtiles comme celles de Wittgenstein, un philosophe qui a choisi d’être lui-même instituteur pendant 5 ans, et on peut en effet parler d’une pédagogie wittgensteinienne pour la lecture et les mathématiques. S’il n’existe pas de « pédagogie maîtresse », c’est d’abord parce que personne ne sait comment ni surtout dans quel ordre un enfant finit par savoir lire. En revanche tout le monde sait que un jour donné, tel enfant sait parfaitement lire n’importe quel texte, alors que la veille il ne savait lire que son livre de lecture. Un autre jour,il trouvera évident en mathématiques ce qui était pour lui du chinois.

Ce contresens pédagogique est aussi et d’abord un contresens psychologique sur la façon dont l’enfant apprend, et la meilleure preuve est l’échec massif de la méthode globale pour l’apprentissage de la lecture. Sur la base des importantes avancées de la Psychologie de la forme au début du 20° siècle, des pédagogues ont cru que, si la perception était d’abord globale avant d’être analytique, on pouvait en tirer une méthode d’apprentissage. Or savoir lire consiste au contraire à remplacer une perception globale des mots et des phrases par la discrimination des éléments les plus petits, le classique b.a. ba. Mais de là à hurler contre « les pédagos » qui inventent des théories fumeuses etc… Surtout en France où la réforme de l’école prévue dans le programme du CNR(sur lequel S.Rome commence son artcile), le programme Langevin-Wallon était entièrement fondé sur les travaux de l’un des plus importants psychologue de l’enfant du XX° siécle

Erreur sociale enfin, bien qu’il nes’agisse pas d’erreur mais de choix politiques européens comme le rappelle Bougainville. Car au bout du compte des évaluations transmises dans le « carnet du maitre », ce sont les établissements, écoles, collèges, lycées qui sont eux-mêmes évalués et classés. Avce la réforme Darcos-Chatel, le but de l'école est explicitement de "renforcer la compétitivité de la France dans la concurrence internationale" conformément aux directives européennes. En tout cas, c’est la première fois dans l’histoire de l’éducation nationale en France que le site officiel du Ministère s’ouvre sur ce programme.

 

15/09/2010, 08:45 | Par Lincunable

Bonjour Sébastien Rome,

Je ne sais pas si ce sont les programmes qu'il faut supprimer, mais en attendant, ce sont les écoles qu'on ferme (je ne savais pas d'ailleurs qu'il existait toujours des avenues de l'URSS) :

JORF n°0214 du 15 septembre 2010 page 16656
texte n° 11
ARRETE
Arrêté du 1er septembre 2010 portant suppression d'une école primaire et d'une école élémentaire
NOR: MENE1022866A
Par arrêté du ministre de l'éducation nationale, porte-parole du Gouvernement, en date du 1er septembre 2010, l'école primaire Bénézet sise 37, rue Bénezet, à Toulouse, et l'école élémentaire Saint-Agne sise 56, avenue de l'URSS, à Toulouse, annexes de l'IUFM de l'académie de Toulouse sont supprimées.
Le présent arrêté prend effet au 1er septembre 2010.

15/09/2010, 17:07 | Par voxrat

Allons plus loin !

Le système éducatif français est un anachronisme. Il faut, non pas des réformes, mais une refonte.

Abolissons purement et simplement le collège. Faire du lycée (entrée en 6ème) deux cycles de 5 ans + 2 ans. Pourquoi ?

1. Les 4 ans au collège aujourd'hui ne suffisent pas. Les programmes sont trop denses.

2. Reporter le brevet d'une année éviterait d'inonder le marché du travail de jeunes de 15 ans sans qualifications. (Encore faut-il qu'ils obtiennent le brevet à 16 ans, mais c'est un autre problème.).

3. C'est les 5 années de la 6ème à la 2nde qui sont les années essentielles, pas la 1ère et la terminale qui permettent seulement aux élèves destinés à l'enseignement supérieur à affiner leurs connaissances des matières qu'ils souhaitent poursuivre.

Je crois que j'ai assez dit...

Bon courage !

 

 

 

 

 

 

Newsletter