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X. Darcos va supprimer l'école maternelle ?

Le gouvernement va mettre en place un large plan d'économie dans l'Education nationale en réduisant la scolarité des élèves. Progressivement, les élèves de deux ans puis de trois ans et enfin de quatre ans ne seront plus accueillis à l'école maternelle. Le plan en préparation depuis plusieurs mois à Bercy sera bientôt mis en œuvre. En effet, la Caisse d'allocations familiales de Montpellier vient d'annoncer aux crèches et aux PMI qu'elles devraient s'apprêter à accueillir (ou plutôt garder en leur sein) les enfants de 2/3 ans à la rentrée 2009 puis, à terme, les enfants de 3/4 ans.

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C'est un responsable d'une structure d'accueil de jeunes enfants présent à la réunion qui m'a donné cette information.

 

 

Une tendance de fond et une accélération récente

 

 

En France, depuis les années 90, le taux de scolarisation des 3 ans avoisine les 100%. De nombreux rapports ont souligné les liens qui existaient entre le haut taux de natalité en France et cet accueil gratuit de qualité et très bien réparti sur le territoire. Par contre, une interrogation constante a toujours accompagné la scolarisation des 2 ans. Liée à la création des ZEP où elle s'est le plus effectuée, la scolarisation des deux ans a pour but principal de faire parler français des élèves qui n'auraient pas ce bagage à la maison. Cette scolarisation existe aussi dans les zones rurales où elle est une solution de mode de garde pour les parents. Depuis 2000, leur scolarisation a chuté. Ceci s'explique par le fait que ces élèves ne sont plus pris en compte par l'administration dans le calcul du nombre moyen d'élèves par classe qui détermine une ouverture ou une fermeture d'une classe. Ainsi, après une fermeture, les écoles ne peuvent accueillir ces élèves que dans la limite des places disponibles, même dans les zones les plus en difficulté.

 

 

X. Darcos, auditionné par l'Assemblée nationale sur l'exécution du budget 2007, a bien résumé l'état d'esprit actuel sur cette question : « comme père, je ne crois pas à l'efficacité de la scolarisation à deux ans ». Effectivement, la première rentrée pour les parents est toujours difficile même quand on se destine aux plus hautes fonctions de l'Etat. Se séparer d'avec son enfant alors que l'on est encore en pleine « fusion » avec lui quelle douleur ! (aller faire un tour lors de la prochaine rentrée devant les écoles maternelles...).

 

 

Pour être plus sérieux que X. Darcos qui ne fait appel qu'à ses sentiments de père pour juger de l'avenir socio-économique de la France et de sa place dans le monde car, c'est bien cela le sujet, on lira à profit le n°66 de Education et Formation de 2003 tiré du site du même du Ministère et qui fait le point sur la scolarisation en maternelle. La question y est clairement posée : « Faut-il développer la scolarisation à deux ans ? ». La synthèse développe son argumentaire en deux points. Le premier indique que « globalement l’avantage dû à une entrée à l’école maternelle à deux ans semble relativement faible. » (je souligne) et seconde que ce sont « les élèves des ZEP, ceux des catégories sociales défavorisées, mais aussi ceux des catégories sociales les plus favorisées, bénéficieraient le plus d’une scolarisation très précoce. ». Par ailleurs, les auteurs affirment données à l'appui que «l’effet bénéfique d’une scolarité maternelle longue peut se constater et les quelques élèves qui sont entrés en maternelle à quatre ans ou plus seulement, redoublent le CP ou le CE1 pratiquement deux fois plus que ceux entrés à trois ans. Lorsque l’on sait que les élèves qui redoublent le CP ou le CE1 ont des carrières scolaires plus difficiles et quittent plus souvent le système éducatif sans qualification que les autres, il apparaît nettement qu’une scolarisation longue en maternelle contribue à améliorer à la fois le devenir scolaire des élèves qui en ont bénéficié et l’efficacité globale du système éducatif. ». Le rapport préconise une politique volontariste pour favoriser l'accueil des deux ans en ZEP qui passerait par l'amélioration de la qualité de l'accueil.



Avec de tels rapports sur les effets bénéfiques de l'école maternelle, dont on dit que le monde nous envie, on comprend que le Ministre ait estimé le 3 juillet 2008 devant les sénateurs « que l'organisation de l'école pré-élémentaire [...] était difficile compte tenu de son caractère passionnel. ». (retenez bien ce mot de « pré-élémentaire », il servira à faire une distinction entre l'école « pré-élementaire » et l'école maternelle devenant synonyme de « jardin d'enfants » à l'allemande) A cette occasion, le Président du Sénat, Jean Arthuis, « a rappelé que la commission étudierait plus particulièrement la question de l'école maternelle à l'automne 2008 ». C'est à cette occasion que les attaques contre l'école maternelle seront portées.

 

 

Quels seront les apprentissages qui manqueront aux élèves ? Principalement, et c'est essentiel, le fait d'être élève (se tenir sur une chaise mais aussi ne pas mordre le copain, attendre son tour, ne pas crier pour prendre la parole...tout ce que l'on ne peut pas apprendre si l'on reste seul avec sa maman en relation duelle). L'autre apprentissage est la constitution d'un stock suffisant de mots pour aborder la lecture. Là, les inégalités sociales joueront encore plus à fond.

 

 

J'ai eu connaissance de cette information il y a quelques mois, en apprenant que Bercy travaillait sur le sujet mais, je l'avoue, je ne l'ai pas pris au sérieux. Un ballon d'essai avais-je dit ! Les objectifs d'accueil des enfants affichés par la CAF de Montpellier prouvent qu'il n'en est rien. Depuis que nous savons que « désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit », que « la France est en train de changer » et cela « beaucoup plus profondément qu'on ne le croit », plus rien n'est impossible ou, au contraire, « TOUT EST POSSIBLE ».

 

 


Après le « Munich pédagogique », la « campagne de Pologne contre l'école »

 

 

Antoine Prost nous a avertis qu'une ligne jaune avait été peut-être franchi par la réduction du nombre de jours de classe, nous pouvons affirmer que les offensives ne font que débuter selon les principes déjà éprouvés du « Blitzkrieg » (guerre éclair) politique. Le monde enseignant est encore derrière sa ligne Maginot. Il reste encore peu de temps avant que le dernier coup soit porté.

 

 

Après cette métaphore filée, je souhaite revenir aux conséquences concrètes de la mesure en évoquant les justifications prévisibles qui ne manqueront pas d'être données et auxquelles nous aurons droit. Tout comme un célèbre chroniqueur de France Culture le matin, je me risque donc à la prédiction politique.

 

 

 

Tout d'abord, Notre Président va annoncer un grand pas dans la lutte contre les inégalités scolaires. Mieux, il va faire ce qu'aucun gouvernement de gauche n'avait osé faire avant lui alors même que l'idée est défendue depuis longtemps chez les « progressistes » : il défendra l'allongement de la scolarisation pour la faire commencer dès 5 ans. Or, vous le savez maintenant, de fait, la scolarisation est « culturellement » obligatoire dès 3 ans puisque le taux de scolarisation à cet âge est quasiment de 100 %. Voilà donc un progrès qui fera régresser les élèves.

Il recentrera l'école sur ses missions fondamentales (« cœur de métier » terme cher aux entrepreneurs) en redéployant une partie des postes à l'école élémentaire, vers les élèves en difficultés (eh oui, il y aura du boulot dans le secteur sans scolarisation).

 

 


Mais un des enjeux de la scolarisation des enfants de deux ans à quatre ans, c'est la possibilité des parents de trouver un mode de garde gratuit de qualité et très bien réparti sur le territoire alors que la France manque cruellement d'un « service public de la petite enfance ». Tiens encore une idée de gauche, génial, Notre Président va pouvoir s'y jeter dessus. X. Darcos a déjà sous-entendu cette idée en regrettant devant les parlementaires le 18 juin que la « politique de la petite enfance n'ait jamais été faite » en France. Suivez donc mon raisonnement : l'Etat offrira aux parents la possibilité de faire garder leur enfant au sein même des « anciens » locaux de l'école maternelle. Pour eux, rien ne changera. Mieux même, ils y gagneront en souplesse car il n'y aura plus les contraintes horaires des écoles.

 

 

 

Mais qui gardera les enfants ? Réponse de l'Etat : du personnel qualifié à l'accueil de la petite enfance employé par les Mairies. En effet, X. Darcos qui connait bien (sic) ce qui se fait dans les écoles maternelles ne « comprend pas pourquoi recruter des bac+5 pour faire faire la sieste à des enfants » (le 18 juin encore), il y a donc des marges de manœuvres. Dans les intentions législatives ce personnel qualifié sera composé d'éducatrices pour jeunes enfants, de puéricultrices (actuellement, un minimum (sic) légal de 50% du personnel qualifié suffisent pour faire fonctionner un crèche) or, ces personnes sont rares sur le marché du travail et les formations sont longues.

Dans la réalité, les maires seront les seuls pilotes du personnel et de cette structure. Comment vont-elles agir ? De manière très simple puisque elles mettaient à dispositions des écoles du personnel municipal ATSEM (Agent Spécialisé des Écoles Maternelles). Une fois les classes maternelles supprimées, les ATSEM ne se retrouveront pas sans travail puisqu'il faudra organiser la garderie ! D'ailleurs pour tenter de calmer le mécontentement des maires qui commence à se faire sentir [1], l'Etat annoncera l'attribution de subventions pour les municipalités et « l'assouplissement » des contraintes d'accueil (pour 16 enfants : 4 adultes et de 120 à 160 m2 selon la législation actuelle) ou plus probablement en créant une nouvelle structure aux contraintes plus souples qu'en crèche donc. Je vois déjà le nom : « Les maisons de la petite enfance ». Il s'agit surtout de faire baisser le coût comparativement aux crèches. X. Darcos devant les parlementaires rappelait que la « crèche coûte 7 ou 8 fois plus cher que l'école ». Une politique de la petit enfance devra donc trouver une solution de garderie moins couteuse et supprimer des classes maternelles (un instit coute plus cher à l'Etat qu'une crèche ; quand on pense qu'il faudra le payer jusqu'à sa mort !).

 

 

 

A moins que la solution ne se trouve ailleurs :

 

 

 

« Au moment où l’Éducation nationale se désengage à l’égard des moins de trois ans, le temps est sans doute venu pour les établissements catholiques de redécouvrir leurs savoir-faire spécifiques pour l’accueil des tout-petits dès dix-huit mois (ou même en deçà) et de les mettre à la disposition de tous. » « Ce chantier exigera d’inventer des formules très variées, adaptées aux contextes locaux. Sortons des sentiers battus ! Utilisons, en ce domaine comme dans les autres, nos espaces de liberté ! Sachons être aussi audacieux que des enfants ! ».

Plus haut est écrit :

« L'enseignement catholique a depuis longtemps une tradition et une expérience dans l’accueil de la petite enfance, notamment grâce au jardin d’enfants qui constitue, pour certains d’entre nous, le premier souvenir d’un trop lointain passé. Même si,comme en attestent les témoignages du dossier « Place aux tout-petits ! »,cette pratique originale est restée vivante sous des formes diverses, le développement des classes maternelles a conduit à la scolarisation des enfants en bas âge, et ce avant même trois ans.

 

 

Le traditionnel débat sur les avantages et les inconvénients d’une socialisation des enfants par la famille ou par des institutions éducatives est désormais largement dépassé. Il a été profondément renouvelé par le développement du travail des femmes, l’évolution des modèles familiaux et la nécessité de faciliter l’insertion scolaire de beaucoup d’enfants dont les parents ne sont eux-mêmes pas parfaitement intégrés sur les plans professionnel et social.

 

 

 

Des enfants ont besoin de nous pour grandir, des familles attendent de nous une aide pour les accompagner dans leur mission de premiers éducateurs. »

Enseignement catholique actualités | n° 321 | février 2008




Ce gouvernement s'apprêterait il encore à faire un cadeau au privé ? Souhaite t-il démontrer que notre système scolaire fonctionne mal en le privant des ressources pour s'assurer qu'il marchera mal ? Le débat sur la scolarisation des jeunes enfants n'est-il dépassé que pour le privé ?



La messe est-elle déjà dite ?


Les oppositions (partis et syndicats) trouveront t-elles des arguments pour éviter cette « campagne de Pologne contre l'école » ou doit-on tout faire tout seul ?

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Pour en finir:

On voit donc bien les choses se dessiner selon ce qui est mon hypothèse : les parents aux moyens financiers suffisants placeront leurs enfants jusqu'à 4 ans dans des structures à fort taux d'encadrement (crèches, écoles privées), les plus démunis dans les maternelles (le mot « école » disparaitra) quasiment gratuite, avec un taux d'encadrement peu élevé (selon les possibilités de la mairie, en fait) sans garantie de formation et enfin, une école « pré-élémentaire » pour les 4-5 ans. Il s'agit de la copie du modèle allemand accumulant les inconvénients de la mauvaise préparation à l'école (la qualité n'est pas garantie partout sur le territoire) et de la stigmatisation forte des familles qui ont plus d'un enfant (les femmes ne sont plus rapidement disponibles sur le marché du travail).

 

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[1] Le Monde du 05 juillet 2008 (version Internet)

« Les élus locaux sont exaspérés. "Il y a une montée d'adrénaline", reconnaît Jacques Pélissard, le maire (UMP) de Lons-le-Saunier et président de la très influente Association des maires de France (AMF). Le détonateur a été les réformes successives imposées par le ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos. Cela a commencé en mai, avec le projet de service minimum d'accueil dans les écoles. Un dispositif "inacceptable" en l'état, juge le président des maires.Cela continue avec la semaine de quatre jours, imposée à la rentrée prochaine par un décret du 15 mai. Les élus considèrent qu'ils n'ont pas le temps, d'ici à la rentrée, d'organiser l'accueil périscolaire et dans les cantines que suppose la réorganisation de la semaine. Jacques Pélissard a donc demandé à Xavier Darcos le report de la réforme. »

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 PS :

Il s'agit d'un dessin de ma fille de 2 et demi. On y voit le soleil et le ciel en haut, une souris, des plantes et des fraises en bas ( hé oui, j'ai des fraises des bois devant chez moi ; pas courant dans une ZEP, non ?!)


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Même si rien n'est encore plié ( et heureusement car cela donne un plein sens à ce billet ) il y a lieu d'y réfléchir et d'être vigilant. Merci à Sébastien Rome pour ces informations et cette mise en garde, ainsi que pour son souci de références et d'argumentation dans un domaine controversé.

Effectivement rien n'est encore plié mais tout est déjà très avancé. Excusez-moi, mais je crois qu'il n'est plus temps de réfléchir mais d'agir. J'ai beau faire mon maximum, billets sur Mediapart et travail sur le terrain, sans l'aide des organisations d'opposition, mes déclarations ne sont que pures plaisanteries. Je profite de ce commentaire pour renvoyer à un autre billet (court) posté la même nuit du 11 juillet sur la fin des voyages scolaires liée à l'annonce des suppressions des 13500 postes dans l'Education nationale.

Je pense, Sébastien, que votre prévision sur l'école obligatoire à 5 ans est une bonne solution sarkozienne - s'ils ne l'ont pas encore pensée, en lisant Mediapart ils vont l'adopter ! "ne pas mordre le copain, attendre son tour, ne pas crier pour prendre la parole...tout ce que l'on ne peut pas apprendre si l'on reste seul avec sa maman en relation duelle" Tout à fait d'accord sur l'enjeu de socialisation, mais je proteste sur "la maman" : la fusion et la relation duelle ça peut marcher avec n'importe quel sexe,ou personne. Résister à la fusion, c'est tout un boulot, pas très gratifiant de nos jours, boulot que bien des "nouveaux pères" voire grands parents etc. rechignent à faire...
Je rajouterai que le démantèlement de l'école-maternelle-à -la-française-que-le-monde-nous-envie avait commencé dès la loi Jospin, avec l'alignement de ses principes sur ceux de l'école primaire : disparition du système d'inspection propre et d'une formation véritablement spécifique. Conséquence très rapide, la disparition des pédagogies globales pour arriver au découpage séquentiel permettant une"évaluation" de chaque petit moment de classe. Tout était en place pour que l'école dite maternelle devienne une école pré-CP.

Sur la fusion et la maman, ma remarque ne faisait état que du fait que c'est souvent les mères qui "gardent" les enfants mais les pères ne sont pas, bien évidemment, exclus de cette fusion. La remarque est juste sur la résistance à la fusion : je constate presque chaque jour que bien des difficultés viennent de la culpabilité qu'éprouve les parents à punir leur enfant et, pire, à " les faire" pleurer. Ils sont déjà nombreux les parents qui pleurent dans mon bureau de directeur en me faisant cet aveu. - Par contre je ne serais pas aussi catégorique que toi sur l'origine jospinienne du démantèlement de la maternelle. Au contraire, ce que l'on a pu constater, c'est la diffusion des principes pédagogiques de la maternelle (plus axé sur individualisation) à l'école élémentaire. Qu'il y ait des objectifs à atteindre ne me semble pas non plus une mauvaise chose. - Enfin, sur ta première phrase, ils y ont pensé puisqu'ils commencent à agir en préparant l'accueil des enfants en crèche. Cela est d'autant plus certain que c'est Bercy qui a préparé le projet.

Vous avez eu quelques images, métaphores ou références allemandes. En 2007, j'ai assisté à une réunion qui fut ouverte par l'invité d'honneur : le Ministre-président de l'Etat libre de Saxe (CDU). Il nous expliqua que le Land, sous sa présidence, avait décidé d'abandonner les jardins d'enfants, d'aller vers une école maternelle à la française, une façon de contribuer à la l'Europe de la connaissance. Il était prêt à y mettre le prix. - C'était aussi un moyen de permettre aux femmes de travailler et de faire profiter le pays de leur formation et de leurs diplômes trop souvent inutilisés quand elles sont mères, bien qu'en Saxe (ex-RDA) ce problème soit beaucoup moins important qu'ailleurs. La CDU d'Angelika Merkel, il y a peu, a fait une déclaration bruyante selon laquelle le système éducatif devait être revu pour que l'Allemagne puisse conserver son rang dans le monde, être à la hauteur des ambitions nationales et européennes. Il n'y aurait pas assez de diplômés. Certains y voient la préparation des prochaines législatives et mettent en doute sa sincérité politique. La mise en relation de ces deux informations est intéressante : un grand parti de droite veut réformer un système dont le système décentralisé est plutôt difficile à gérer, même s'il n'est pas question de revenir là dessus. On essaie par exemple d'aller vers un Abitur (bac) plus national et de niveau homogène. La comparaison se fait souvent avec la France, son sens de l'égalité... Des magazines font parler de jeunes allemands qui ont étudié un temps en France et souvent le système français est préféré au système allemand. Et c'est tout cela que M. Sarkozy revoit moins pour l'améliorer que pour le rendre "rentable"...

Merci pour ces précisions qui n'étaient qu'implicites dans mon texte et que je n'aurais jamais aussi bien exposé. Il prouve une chose : la droite française déteste la France. Est-ce que la gauche ira attaquer la droite sur ce terrain (avec une fameuse triangulation : "Nicolas Sarkozy, vous détestez la France et ce qu'elle a de grand ! Aucune réforme n'est bonne quand elle n'est pas guidé par l'amour de la France. La France, tu l'aimes ou tu la quittes, il serait temps de penser à la quitter Môsieur". - Petit chipotage : Il ne s'agit pas de le rendre plus "rentable" (en fait, "rentable" va très bien) mais plus "performant". C'est une conséquence de la mauvaise utilisation de la LOFL (car je crois qu'il y en a une bonne).

Très intéressant et ... inquiétant. Juste pour pinailler (entre enseignants) : "Après que Antoine Prost nous a (ou eut) averti-s ..."

merci, je rectifie. Je suis étonné qu'il y ait que celle là, vu que j'ai écrit ce texte en deux nuit entre 1h et 4h du mat.

Merci à Sébastien pour cette remarquable argumentation. Ce régime est vraiment le pire que la droite ait engendré : on démantèle tout, on revient sur tout, on démolit. Notre système d'écoles maternelles est très certainement le meilleur au monde. Le détruire serait, une fois encore, favoriser les classes sociales les plus iasées, qui, elles, auront un recours.

Mr Darkos prépare l'avenir, et dire qu'en même temps ou il y a peu de temps, notre Président préconisait de calmer par voie médicamenteuse les enfants les plus coriace. Quant à Mr Darkos, il invoque son role de père, et bien cela ne devrais pas l'empecher de penser comme un ministre de l'Education. comment comparer l'education d'un petit bourgeois a qui tout est donné, a ceux d'enfants pour qui tout dès l'enfance est difficile, car le millieu famillial lui-même n'est pas a la hauteur. voila la première des inégalité dont paurait put parler Rouseau. est-ce vraiment comprendre que nous ne somme plus en 1950 et que les femmes dans leurs grandes majoritées travaillent et que toutes les familles de france ont besoin de lieu d'acceuil afin de donner a notre nation les moyens de l'égalité des chances entre tous. bref vous préparez les malheurs futur de la Nation en voulant réfléchir a court terme, et si tout ne se joue avant 5ans, il est clair aussi que cet age-là et particulièrement cet age-là, doit requérir de la part de l'Etat sa plus grande attention. le futur citoyens, l'homme et la femme future, sont deja présent dans ces petits bout de choux, et bien comprendre que le supplément d'education que peux leur donner l'Etat est en-soi, dans nombre cas, un très bon moyen de prévenir une part des difficultés future de socialisation du jeune adolescent et du jeune adulte. faut-il que vous revoyez "poil de carrote" Mr le ministre de l'education, pour bien comprendre que tous ne naissent pas une cuillère en argent a la bouche,et avec des parents de haute culture? si le cas de cet enfant roux ne vous fait rien, c'est que vous etes comme son père aussi lache que lui, alors que vous vous devriez en tant que ministre de l'education nationale être ce père protecteur prenant a coeur ce premier devoir de l'Etat, celui que contacte la société au travers de son administration d'Etat envers tout les tiers encore mineur. les parents depuis 20ans ne peuvent courrir deux lièvre a la fois Mr Darkos, voila tout le problème de notre pays et des problèmes récurant de sociabilisation des plus jeunes, argent ou éducation, notre société a fait son choix c'est l'argent, notre société doit donc prendre et assumer ses responsabilités et cela dans son interet futur le plus évident. travailler plus pour gagner plus, certes vaste programme comme aurait dit le Général, il n'en reste pas moins qu'a ne pas voir audela du bout de sa comptabilité, l'on finit par oublier l'éssentiel, celle de prendre en charge l'education des futurs citoyens, donc de renouveler le pacte citoyens. en supléant de bonne grace a ceux et celle qui de cette charge éducative s'en trouve débordé. l'on ne saurait vouloir d'un coté une société active et riche, et de l'autre fussiller l'avenir de notre fait sociétal par l'abandon de ce devoir-là, celui d'organiser pour le bien de tous l'education des plus jeunes, leur socialisation, voir la garde des tout petit au besoin. l'on enferme bien les plus récalcitrants 18ans plus tard sans que cela ne gène personne, prévenir putôt que punir, seras il me semble toujours un signe de sagesse.

Merci à vous, Sébastien Rome, de votre vigilance. Vous pensez que le temps d'agir est venu, et vous n'êtes pas le seul. Mais il me semble que cela suppose de rallier les divers intervenants qui s'alarment - enseignants, étudiants, chercheurs, psy, etc. "L'heure n'est plus aux petites différences mais au rassemblement", écrivait JA Miller avant-hier. Disposant de peu de temps - je pars demain pour quelques jours de vacances bien nécessaires - je poste ici rapidement un billet que j'ai rédigé en février 2008 à l'intention de collègues psys et travailleurs sociaux belges. Les bases de l'idéologie sarkozienne en matière de prise en charge des enfants y sont abordées en fin de texte. Si c'est trop long, on peut passer tout simplement ou sauter les paragraphes jugés inintéressants ! Je n'ai pas le temps de retravailler ce texte pour faire plus court. . BILLET DU MOIS Février 2008 Au XIVe siècle, la Querelle des Universaux , querelle des nominalistes et des réalistes, opposa Guillaume d’Occam, moine franciscain se comptant au nombre des nominalistes, à Saint Thomas d’Aquin, tenant du réalisme rationnel. Pour les réalistes, « les concepts universels ne sont pas seulement des concepts mais existent au sens fort, c’est à dire qu’ils ont une réalité en dehors de notre esprit ». Un ordre existe donc qui possède une réalité naturelle. Les nominalistes, eux, soutiennent au contraire, que « seuls les individus sont réels : l’Homme n’existe pas, il n’y a que des hommes ». Si les individus sont désignés par des noms propres, que sont alors les universels ? Que deviennent les Idées au sens platonicien du terme ? Ce ne sont que des noms, des représentations mentales. . « Quel rapport avec la question du droit naturel ? » interroge Edouard Delruelle. (1) Pour les réalistes, la Cité et ses relations entre individus « existent indépendamment des individus qui la composent ». Cette Cité « s’intègre dans l’ensemble général qu’est la Nature » créée par Dieu. Mais si nous considérons avec les nominalistes que « les universels ne sont que des noms, alors le droit naturel objectif n’existe tout simplement pas. Seuls existent des individus, rien ne subsistant ontologiquement au-dessus d’eux. (…) Par voie de conséquence, un ordre juridique n’a pas de consistance réelle. (…) Cela signifie que les hommes construisent eux-mêmes l’ordre juridico-politique dans lequel ils vivent. » Le droit n’est donc plus institué par Dieu mais par les hommes. Le nominalisme change donc « complètement l’idée qu’on peut se faire des rapports d’obéissance entre gouvernants et gouvernés ». . Il vaudra mieux pour nous que ceci soit clair car la querelle des Universaux ne semble pas terminée. En effet, qui a dit, en 2005 ? « Le code moral provenant de Dieu est la base intangible de toute législation humaine dans n’importe quel système, en particulier dans le système démocratique. La loi établie par l’homme, par les parlements et par toute autre instance législative humaine, ne peut être en contradiction avec la loi naturelle, c’est-à-dire, en définitive, avec la loi éternelle de Dieu. » Qui ? C’est Jean-Paul II, dans le texte intégral du chapitre « Lumières et idéologies du mal » du document intitulé Mémoire et Identité paru en mars 2005. « Les idéologies du mal sont profondément enracinées dans l’histoire de la pensée philosophique européenne », écrit Jean-Paul II qui n’hésite pas à étendre sa condamnation à la Renaissance elle-même. Ainsi que le fait remarquer Jean-Luc Mélenchon dans sa « Réplique au discours du Latran » (2), Sarkozy a fait de copieux copié-collés du texte de Jean-Paul II quoique Sarkozy ne remonte pas plus haut que les Lumières dans son accusation sur les origines du mal européen. Texte de la réplique disponible sur le site voltairenet.org, réseau de presse non alignée renseigné en note. A l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas terminé ma lecture de Mélenchon car je viens juste de découvrir ce site. Mais j’ai extrait du discours du Latran (3) prononcé par Sarkozy quelques points : - Un éloge suspect car répété de l’espoir.. « Je suis comptable des espoirs », ainsi se présente le président au Saint Père. « L’espérance est une des questions les plus importantes de notre époque. (…) Un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent. » - Une présentation de lui-même par le président qui se compare au religieux. « Nous avons quelque chose en commun, c’est la vocation. On n’est pas prêtre à moitié, on l’est dans toutes les dimensions de sa vie. Croyez bien qu’on n’est pas non plus président à moitié. Je ne me suis jamais assis pour me demander si j’allais faire ce que j’ai fait, je l’ai fait. » Lui aussi a fait des sacrifices pour répondre à sa vocation: « Je mesure – aurait-il là le sens de la mesure ? - les sacrifices que représente une vie entière consacrée au service de Dieu et des autres. » On perçoit ici la dimension messianique que Sarkozy veut imprimer à son discours, dimension que Victor Klemperer (4) avait déjà isolée. On percevra dans le paragraphe qui suit la dimension de visionnaire de la société qu’il promeut. - Une question se pose en effet : pourquoi vanter ainsi l’espoir ? Parce que « la morale laïque risque toujours de s’épuiser quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. A terme, le danger est que le critère de l’éthique ne soit plus d’essayer de faire ce que l’on doit faire mais ce que l’on peut faire. » Mais nous savons que, pour Sarkozy – ce sujet sans idéal symbolique - l’avenir, c’est maintenant car « l’avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l’avenir, on le fait. L’optimisme est une fausse espérance à l’usage des lâches. » Allons-nous devenir pessimistes et suivre ainsi notre « comptable désespoir » ? Pourquoi pas puisque « la plus haute forme de l’espérance, c’est le désespoir surmonté ». - Pour quel avenir immédiat dans cette société qui endette ses enfants ? « Dans la transmission des valeurs et l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le pasteur (…) parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. » S’adressant au pape, Sarkozy conclut ainsi : « Partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue interreligieux, dans les universités, je vous soutiendrai. La France a besoin de votre générosité, de votre courage, de votre espérance ». . Oui, il nous en faudra du courage pour agir là où il aura porté le désespoir. « De quoi Sarkozy est-il le nom ? » (5) Les enfants seront en effet désormais invités à se lever pour les valeurs imaginaires du drapeau et de l’hymne national et ils rencontreront à l’école 6) - « évitons tout jargon » - « l’ensemble d’un cursus disciplinaire (…). Il appartient en effet aux élus du peuple de déterminer, ce qui, dans le champ immense du savoir, mérite d’être étudié par les élèves de France ». Chaque enfant de CM2 se verra en outre « confier la mémoire d’un enfant français victime de la Shoah ». En effet, "rien n'est plus émouvant pour un enfant que l'histoire d'un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui." Voilà qui en dit long sur l’espérance que Sarkozy nourrit pour les enfants de France... Il s’agirait là selon Emmanuelle Mignon (7), proche de Sarkozy, de lutte contre le racisme. Car la Shoah « n ‘est pas un drame politique », c’est un drame issu de « la bête immonde du racisme », un drame que l’on ne peut « amalgamer aux autres drames » et « il faut prémunir toute la société contre ce fléau. (…) Il ne s'agit ni de traumatiser, ni de culpabiliser les enfants, mais il ne faut pas non plus les infantiliser en permanence » (sic), ajoute-t-elle. La Shoah… Pas un drame politique ? Il suffit de regarder l’excellent documentaire de Noël Mamère sur la chasse aux âmes de « L’affaire Finaly » (8) pour se persuader du contraire. . (1) Edouard Delruelle, Métamorphoses du sujet, Ed. De Boeck. (2) Réplique au discours de #1CE3D8 - http://www.voltairenet.org/article154954.html Réplique au discours de #1CE39B - http://www.voltairenet.org/article154980.html (3) Le discours du Latran est disponible sur le site de l’Elysée via Google. (4) Victor Klemperer, LTI, Lingua Tertii Imperii, la langue du IIIe Reich, paru chez Albin Michel. (5) Livre d’Alain Badiou, paru aux Ed. Lignes. (6) Discours de Périgueux sur AFP : « Nicolas Sarkozy prône un retour aux « fondamentaux » à l’école primaire ». (7) Mémoire de la Shoah : malgré les critiques, l’Elysée veut mener le projet « sans fléchir » - paru sur lemonde.fr le 17 février 2008. (8) Taper « L’affaire Finaly » sur Google ou écrire à Manuela DA COSTA m.dacosta@program33.com pour se procurer le documentaire.

Moi qui m'effforce de faire l'apologie de l'école maternelle française en Irlande où aucune structure publique n'existe pour la petite enfance. .. L'école y est obligatoire et gratuite à partir de 5 ans. L'école maternelle y est inconnue. Il y a des "crèches" ou des "Montessori" privées et chères (environ 1000 euros par mois pour un enfant) où l'encadrement est rarement formé aux métiers de la petite enfance. Toutes les mères irlandaises rêvent du système français - elles qui sont obligées de choisir entre travail à l'extérieur ou rester "avec les enfants". Bien souvent, le salaire qu'elles perçoivent ne remboursent pas la crèche. Les plus riches envoient leurs enfants en pre-schools. Les autres enfants restent avec maman jusqu'à 5 ans.

Je suis enseignante en maternelle et j'ai lu lors de sa parution, le rapport Bentolila sur l'école maternelle. Ce rapport dénigrait complètement le travail des enseignants. D'autres attaques ont eu lieu contre la maternelle, comme cette critique anonyme d'un inspecteur. Le but me semblait très claire, l'école maternelle ne devait pas survivre en l'état. Les nouveaux programmes me donnent raison. Je trouve que l'on se focalise beaucoup sur les pertes de postes dans l'éducation : c'est important certes, mais on vide de sa substance les programmes, les élèves sont considérés comme des machines à répéter à mémoriser. Il faudrait diffuser largement la critique du rapport Bentolila faite par le professeur Hubert Montagner. Cet homme qui en connait sûrement plus que Bentolila sur la socialisation des tout petits montre bien la dangerosité des nouveaux progammes (largement inspiré par "l'ami" Bentolila). A lire sur le site du cafe pedagogique.

Remarquable article: complet, dépassionné. Avec derrière moi presque 40 ans d'expérience à la fois comme père, comme pédiatre et comme médecin de PMI, j'ai quelques remarques...mais aucune certitude ni proposition définitive! La première place de l'éducation devrait rester dans la famille (au sens large). C'est par le biais de sa "mère" que, dans une ambiance de confiance et de sécurité, le tout petit "apprend" le monde. Une institution peut la remplacer si elle respecte l'enfant (école de ? en Pologne): le respect peut, à la rigueur, être un substitutif de l'amour... Le terme "Education Nationale" devrait être remplacé par le précédent "d'Instruction Publique": trop de parents pensent (surtout dans la culture de l'Islam dans laquelle "ceux qui savent" occupent une place privilégiée) que tout ira bien dès lors que leurs enfants fréquenteront l'école. Cela les encouragent à abandonner leur rôle d'éducateur. La fréquentation scolaire dès 2 ans peut constituer une formidable chance d'intégration, mais ce ne devrait pas être systématique (allocation pour parent à la maison). Il n'y a pas que l'école qui "socialise" même si elle y contribue pour beaucoup. L'Etat doit responsabiliser et aider les parents (maison de quartier, structure de voisinage). Mais je pense que notre civilisation française aurait le plus grand mal à faire marche arrière. Dommage. Quand à profiter de cette complexité pour faire des économies ou privatiser, c'est ignoble. Dans cette histoire, comme dans tant d'autres, ce sont toujours les milieux privilégiés qui tirent le mieux leur épingle du jeu.

Et qu'est-ce qu'une telle évolution prépare ? Un déplacement ultime de la responsabilité sociale vers une responsabilité plus individuelle. Une plus grande stigmatisation et disqualification des parents "forcément défaillants" lorsque le comportement de cet enfant scolarisé tardivement troublera la société en grandissant. Un repérage encore plus tardif des manifestations psychopathologiques des enfants. Et au final, un renforcement des inégalités de classes, comme si ce n'était pas déjà criant.

On ne peut mettre sur le même plan famille et école. Les parents sont toujours, par définition, défaillants mais scolarisation tardive ne veut pas dire inadapté social automatique. Mais l'inégalité renforcée, c'est vrai.

Je suis très d'accord avec vous, je n'ai pas été très claire. Je voulais simplement dire que lorsqu'il y aura inadaptation sociale, ou dépistage tardif d'une souffrance psychique, ou troubles du comportement etc., alors la responsabilité de l'école sera davantage encore dégagée et que les regards se porteront sur la famille jugée forcément défaillante, démissionnaire, dépassée etc. Dans le milieu socio-psycho-éducatif que je connais, celui qui prend en charge les familles migrantes en difficulté de la région parisienne, les parents se retrouvent très vite sur la sellette quand les enfants vont mal. Nous ne sommes pas si loin d'une époque où le placement était la meilleure réponse aux manifestations de souffrance des enfants, et où le traitement social consistait à éloigner l'enfant d'un lien à ses parents et à son environnement jugé toxique. Il me semblait, mais je peux me tromper, que les arguments du type "poursuites judiciaires si l'enfant ne va pas à l'école" ou "suspension des allocations familiales", répressives à l'égard des parents, témoigne de la prégnance du lien qui est habituellement fait entre milieu familial et difficultés de l'enfant, lorsqu'il y en a... Et que le genre de mesure ici mentionnée (plus d'école maternelle) représente un risque d'amplification d'une telle approche.

Tout-à-fait d'accord avec le commentaire de M Philips (13/07/2008 13:16) et en désaccord avec celui de Yolaine Maillet (12/07/2008 11:50).
En Finlande où je vis depuis longtemps et que je connais bien même si je n'ai pas de grandes qualifications pour l'analyse, la sociologie etc théories et études, en Finlande donc, au bas mot ce qui se fait de mieux tout simplement à la surface de la Terre à la fois en éducation, protection et harmonie sociale, et compétitivité économique, et bien l'école obligatoire c'est à 7 ans. Et quand vous leur dites que les enfants français vont à l'école à trois ans, ils se taisent comme si vous étiez en train de leur avouer que vous maltraitez vos enfants...
Non mais comme dit M Philips, c'est tout un système qui a substitué à la famille, l'amour et la vie de quartier, "l'état", "la collectivité", et le parallèle avec la vision des Musulmans et de l'école coranique est particulièrement bien choisi.
Ainsi, je ne remets pas en cause les inquiétudes de Sébastien, tant il semble avoir raison dans ce contexte faussé de la société française qui semble bannir l'affectif, la construction de la confiance en soi et en la vie, pour les remplacer par "l'état".
Yolaine: Souhaiter travailler au lieu d'élever son enfant convenablement, c'est faire le jeu du "marché" et de la logique économique inhumaine. La solution n'est pas dans l'adaptation aux lois du marché de plus en plus inhumaines si on les laissait faire. La solution, c'est de revendiquer des congés parentaux dignes de ce nom (deux ans est un minimum, cumulables et adaptables/interchangeables en fonction de la situation des deux parents), mais aussi toute une façon de vivre dans laquelle enfants et adultes sont toujours très proches et cohabitent partout avec bonheur (alors que dans nos mentalités françaises les enfants sont une gêne et un handicap), avec beaucoup de crèches et autres "écoles-garderies" qui existent parallèlement au système éducatif de l'école.
"Faire marche arrière", dites-vous M Philips? Je ne sais pas si ce ne serait pas plutôt un progrès?

Une fois de plus je suis d'accord avec Axel. Mais, dès qu'on parle de congés parentaux dignes, des voix s'élèvent pour dire: "Vous voulez remettre les femmes à la maison!!". J'ai lutté pour encourager allaitement maternel et entendait le même discours. Vous voulez empêcher les femmes de travailler!! Pas simple!

Cher Monsieur Rome, tout d'abord, merci pour les informations et analyses, de premier ordre, que contient votre billet. Si "Mediapart" a un sens, il est bien là : Que quelque chose soit dit de notre monde, de notre pays, de nos existences, de notre devenir plutôt que rien. Ce que j'appelle "rien", c'est le babillage ininterrompu des midinettes des médias, de tous les spécialistes de la marche du monde tel qu'il va - à sa perte. Vous posez une question importante : "Les oppositions (partis et syndicats) trouveront-elles des arguments pour éviter cette "campagne de Pologne contre l'école" ou doit-on tout faire tout seul ?" Je crois que vous connaissez la réponse à votre question, mais peut-être hésitez-vous encore à la faire entièrement vôtre. Tout se passera - si quelque chose se passe, bien sûr - sans les syndicats et sans les partis. Nécessairement ! Pour le dire autrement : Partout où les syndicats et les partis seront présents, il ne se passera rien - ou presque rien, ce qui revient au même. Regardez le passé, tout le passé, le passé récent et le passé moins récent, et vous en conviendrez - je suppose. J'ai bien dit : Les syndicats, les partis. Je n'ai pas dit : Les gens des syndicats, les gens des partis. Je crois qu'il y a des gens bien partout. "Doit-on tout faire tout seul ?" Qu'appelez-vous "tout seul" ? Est-ce : Nous, les gens, qui menons une campagne pour que l'école maternelle continue d'exister, sans les syndicats, sans les partis, sans les associations, sans les organismes, sans les institutions, etc. ? Si "tout seul", c'est ça, alors ce n'est pas "tout seul" et c'est : Oui.

Intéressant article. Moi, je suis pour une socialisation le plus tôt possible, avec toutes les garanties possibles pour que les parents puissent concilier travail et "parentalité". Je suis pour une possibilité de "temps choisi" (utopique, je sais), où les employeurs ne pourraient rien faire contre le temps partiel choisi par la personne qui veut s'occuper un peu plus de son enfant. Au moins, je l'ai dit, et c'est une utopie totale. Par contre, scolariser dans un cadre aussi rigide que l'école maternelle (reste assis, bouge pas, apprends cela etc..) me paraît pas génial. D'autres pays comme la Finlande n'ont pas cette scolarité et les enfants s'en sortent très bien. Il faudrait autre chose que des professeurs : on leur demande beaucoup trop. Il y a l'instruction, l'éveil, le divertissement, lez suivi psychologique, le sport, l'éducation à la vie ensemble, etc... Le pauvre prof ne peut pas tout faire. D'une manière plus générale, il faudrait savoir ce que l'état doit prendre en charge, et ce que les parents doivent prendre en charge. Comme les études après l'école, le cas des grèves, etc... Dans une société riche comme la nôtre, il faudrait aider en proportion des revenus, mais en étant vigilant sur l'âge de l'enfant (trop apprendre trop tôt est inutile), sur le non-assistanat, sur les exigences. Je donne juste un exemple avant d'arrêter : laisser sortir les enfants de 5 à 16 ans à cinq heures (ou même trois heures comme je le souhaiterais), ce serait favoriser quelle frange de la population (notamment les femmes ) ? Cela dépend de ce qui existe au niveau de l'aide au devoir, des activités sportives, du divertissement, des transports, etc.. Et puis, les congés parentaux sont actuellement trop faibles, mais s'ils duraient deux ans, je ne suis pas sûr que les hommes et les femmes le souhaiteraient. Il faut que l'enfant se sente obligé d'entrer dans la société, et qu'il n'a le choix de rester avec ses parents, même si eux et lui le souhaitent. Mais progressivement, de manière non inhumaine. On confond employeur et état : l'état tranche et oblige l'enfant à se séparer des parents en entrant dans la logique du monde, mais les employeurs n'ont pas à décider quoi que ce soit sur le temps de travail. Ils sont au service de la collectivité, et pas le contraire.

L'école maternelle n'est pas une école du "reste assis et ne bouge pas" mais une école de l'apprentissage par l'action et où le corps à la première place avec la parole.

L'école maternelle n'est pas une école du "reste assis et ne bouge pas" mais une école de l'apprentissage par l'action et où le corps à la première place avec la parole.

Ces commentaires pleins de bon-sens ne me semblent pas réfléter le côté "latin" des Francais! Les Francais aiment les positions tranchées, sans trop de nuances! La question de l'école maternelle devrait être toute en nuances, souplesse, adaptation. Le sarkosysme en jouera.

Laurent Malbrunot: “Concilier travail et parentalité. Je suis pour une possibilité de "temps choisi" (utopique, je sais), où les employeurs ne pourraient rien faire contre le temps partiel choisi par la personne qui veut s'occuper un peu plus de son enfant. Au moins, je l'ai dit, et c'est une utopie totale.”
Non seulement ce n'est pas utopique, mais ce serait un progrès social, et aussi économique pour les entreprises et les employeurs, car on serait alors dans une société bien plus harmonieuse où tous les pôles, aussi dissemblables qu'ils puissent paraître à nos mentalités cloisonnées, fonctionneraient en interactions et en correspondances constantes, à la manière d'un village où tout le monde se croise et se connaît plus ou moins et a plus ou moins le même intérêt commun, se rend de menus services etc. Il y a des cas "exceptionnels et pionniers" qui ne demandent qu'à se généraliser, par exemple des députés (en Allemagne et en Finlande j'en suis sûr, peut-être ailleurs aussi) qui n'avaient accepté leur prise de fonction qu'à la condition qu'ils pourraient s'occuper convenablement de leurs bébés...
“juste un exemple avant d'arrêter: laisser sortir les enfants de 5 à 16 ans à cinq heures (ou même trois heures comme je le souhaiterais)”
Cher Laurent, décidément vous semblez ne plus oser penser le progrès, tant le système du béton-prison général français pèse lourd sur les mentalités. Oui, à cinq heures c'est mieux, et oui, à trois heures c'est encore mieux, et ce n'est pas "utopique" mais au contraire réaliste et souhaitable, pas seulement socialement mais aussi économiquement.
“Les congés parentaux sont actuellement trop courts, mais s'ils duraient deux ans, je ne suis pas sûr que les hommes et les femmes le souhaiteraient.”
Deux ans minimum en droits. Après, on en fait ce qu'on veut, on les prend ou on ne les prend pas, on les partage entre mari et femme ou on alloue par exemple trois ans au mari et un an à la femme, ou on n'en prend que la moitié ou le quart, ou on dépasse en prolongeant, etc. Souplesse et liberté, bon sang! Sortons de la rigidité de pensée. (et le billet de Sébastien, sur quoi il se base pour trouver toutes ces inquiétudes, est lui aussi trop basé sur la rigidité de vues de la mentalité française; mais je ne trouve rien à lui redire tant j'ai exactement la même inquiétude à propos de "son opposant" Xavier Darcos)

Une étude récente (je n'ai plus les références en tête, scandinave me semble t'il) a montré que plus tôt l'enfant était pris en charge par une strucutre professionnelle au taux d'encadrement satisfaisant, meilleures sont les "performances" scolaires. Dans ce dispositif, la place, équilibrée, des parents est essentielle. Parfois une mère diplomée est la meilleure des écoles mais nous ne travaillons pas pour ces enfants là. Je ne suis pas forcement pour Une école maternelle avec que des enseignants. Un dispositif type crèche démocratisé et avec 100 % de personnels qualifiés est une bonne chose pour les enfants jusqu'à 3/4 ans (selon les enfants). L'école maternnelle est aussi un très bon dispositif où il manque un personnel qualifié pour la petite enfance qui entoure un enseignant porteur du projet de la classe. Les critères discrimants pour savoir si une structures est "bonne" pour la petite enfance sont simples : 1° du personnel qualifié qui inscrit les gestes et paroles de l'enfant dans un projet de développement (par exemple : les différentes étapes des gestes de la main pour arriver à un geste fin qui permettra entre autre l'écriture mais aussi bien d'autres choses) et 2° un taux d'encadrement assez fort (ce qui manque à l'école actuellement) pour parler un maximum de temps aux enfants et les faire parler afin d'augmenter leur "habilité linguitique.

Juste un mot en passant pour signaler que la famille est une institution comme une autre, et donc que tous les enfants n'y trouvent pas l'épanouissement, l'éducation et la socialisation nécessaires pour leur développement; C'est en cela que l'école maternelle à deux ans pouvait agir sur une certaine "égalisation" toute relative des chances... Renvoyer tous les enfants dans leur famille c'est , je pèse mes mots, sacrifier certains d'entre eux davantage qu'à l'heure actuelle. D'autre part la famille exerce rarement une fonction de mixité sociale.

et de socialisation

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Je voudrais aussi attirer l'attention sur une autre donné du problème dont je n'ai pas parlé dans le contenu du billet. Supprimer des classes d'écoles maternnelles pour les remplacer (dans les même clocaux) par des "structures" qui ne sont pas des crèches (contraintes trop importantes) permettra de créer de l'emploi non qualifié et précaire en masse. Un des enjeux est aussi là : comment reclasser tous ces travailleurs (euses, en fait) non qualifiés ? Le service à la personne est "La" réponse qui s'impose pour nos dirigeants tant la France a du retard dans la fomation professionelle (et tout le long de la vie) et tant nos dirigeants ont du mépris pour le petit peuple "d'incultes". La socitété envisagée est nécessairement très clivé. Les classes supérieures et classes moyennes supérieures doivent pouvoir se payer directement le travail des autres. C'est pour cela qu'il faut "libérer leurs capacités financières" par les ristounes sur les impôts et le "travailler plus". La conséquence est la création d'une société de dépendances (les uns ayant besoin de la force de travail des plus pauvres afin d'être disponibles pour travailler) et de balkanisation sociale (les travailleurs aux services d'autres personnes n'ont plus à faire à une entreprise ou l'Etat mais à d'autres individus-employeurs ; le lien possible, et donc la lutte, unifiant ces travailleurs pauvres est impossible). Retour au XIX siècle ? En partie seulement car il y a de la nouveauté dans cette relation de dépendances entre égaux...

Super sujet! Donnée s'écrit "ée", Sébastien, et société, même maternelle, pas "soci-têtée"! Ca fleure bon la coquille révélatrice, le lab-suce doudou qui cause! Ceci dit, j'ai toujours pensé que 100% d'une classe d'âge en maternelle à deux ans était quelque chose de risqué à cause du sevrage plus ou moins correct des pitchounes à deux ans, tout comme 80% d'une classe d'âge au bac, ou alors c'est sans lauréat. Retour au XXIe siècle, donc, avec un petit coup d'oeil outre-Rhin où la maternelle n'existe tout simplement pas, ce qui n'est pas sans poser des problèmes aux femmes. That's also the question.

Prendre exemple sur le Canada, le Royaume-Uni, l'Allemagne, pour justifier les réformes : c'est ce que le gouvernement français fait depuis 14 mois. En omettant de préciser que dans pas mal de domaines, ces mêmes pays sont en train de faire marche arrière, en regardant, eux, ce qui se passait chez nous il y a encore... 14 mois...

oui, c'est bien terrifiant!

Terrifiant... Comment se mobiliser ? Je ne suis pas encore parent, mais je ne souhaite pas que mes futurs enfants vivent une éducation contrainte à une politique de privatisation à tout va.

Il me semble que tout cela est un faux débat à propos d'une simple réduction de crédit. La question est comment faire passer la pilule par des justifications pédagogiques. Ceux qui entrent dans le débat pédagogique se trompent (ou abusent leurs lecteurs, d'où l'accusation possible de défense du statut quo, et du statut des enseignants en particulier). Accumuler les arguments de part et d'autre n'enlève rien à l'hypothèse (cela tendrait au contraire à la confirmer).
Posons la question autrement. Si le débat est la qualité pédagogique (et toutes les positions et possibilités doivent être admises dans la discussion); et si la contrainte budgétaire impose des économies (chose toujours possible, et sans doute probable aujourd'hui); qui est prêt à accepter une baisse de salaire de 5, 10%... pour maintenir le niveau de qualité (voire l'augmenter). Notons que la question se pose toujours pour un budget donné. Or, il y a toujours un budget donné. Donc elle se pose toujours ainsi.
C'est ce que j'appelle bien séparer les problèmes pour une discussion rationnelle et dénuée d'arrière pensées.

Ah la fausse objectivité de la logique comptable! Comme il est heureux pour ce gouvernement que l'on ait tant de contraintes budgétaires aujourd'hui, par un hasard bien fait, cela lui permet de dérouler un programme anti-Etat providence séculaire. Quantifier les problèmes et les exprimer en langage budgétaire, ce n'est pas simplement prendre en compte les données fondamentales du problème. C'est re-cadrer et reformuler entièrement ce problème, sans avoir l'air de vouloir y toucher.

La "fausse objectivité" est un concept connoté stalinien. Ce que je dis c'est que tout système a un coût. Il y a toujours une logique comptable (à moins de truquer les comptes). Et s'il faut faire des économies; et qu'on veut maintenir la qualité, ou l'augmenter, on peut accepter des réductions de salaire. Une solution est d'ailleurs le partage du travail avec partage des revenus. A moins que vous vouliez travailler plus pour gagner plus (ou travailler moins en gagnant plus). Je n'ai rien contre, mais alors, ne parlons pas de pédagogie. Car parler de pédagogie devient une falsification (ou une illusion - ou un piège à gogos - pour les gens que le sujet passionne).

Je n'entrerai pas dans le débat du déficit mais je dirai en bref qu'"il [ne] faut [pas] faire des économies" à tout prix. L'investissement dans l'école maternelle est peut-être un moyen de faire des économies à terme ; enfin, c'est que pense les économistes de la société de la connaissance et Angela Merkel. Pour terminer, je ne parle pas de pédagogie mais seulement du taux d'encadrement des enfants (l'amélioration du niveau de langage est pratiquement automatique à condition que (cf. le second point) et de la formation du personnel (peut importe que cela soit des enseignants / si l'objectif de cet article est d'alerter sur le creusement des inégalités sociales impliquées par ces mesures / par contre, si l'objectif est de défendre l'emploi dans la fonction publique, effectivement "ne parlons pas de pédagogie" / Pour ma part je l'ai écrit en pensant au premier objectif mais libre à vous de le lire comme étant de l'ordre du second objectif).

Petit commentaire, ma fille ayant testé les 2 systèmes : * Maternelle francaise de 3 ans à 4 ans (Petite et Moyenne sections) * Kindergarten allemand à 5 ans Apprentissages formels : evidemment, beaucoup plus poussés à la maternelle. Au Kindergarten, ils ont meme interdiction de leur apprendre lecture et écriture, de facon à ne pas les "déformer" avant l'école !! Vie en collectivité : égalité. Le Kindergarten permet aussi d'apprendre à se tenir tranquille, ranger ses affaires, ne pas hurler et se battre toutes les 5 minutes, respecter les horaires, manger correctement Ouverture, Créativité : je dois dire que ma fille a developpé une créativité phénoménale au Kindergarten. Elle part d'un petit bout de tissu, de scotch, de n'importe quoi et fait des collages, des formes. De plus, ils ont fait des petites expériences scientifiques, deux spectacles, beaucoup de chansons, des visites Autonomie : le système allemand laisse les enfants faire beaucoup de choses par eux memes, il semble moins normatif que le système francais. En conclusion : nous aurions trouvé dommage de la laisser 3 ans dans le système allemand sans faire de lecture/écriture/math.. mais en dehors de ce "bourrage de crane" académique, notre fille a appris beaucoup de choses au Kindergarten. Il est vrai que nous sommes sans doute "bien tombés", d'autres Kindergarten s'apparentant plus à de la garderie. Olivier, 38 ans, vivant à Francfort

Je dois malheureusement vous répondre que : prmièrement, votre nuance finale est tout à fait justifiée. Le principal problème d'une fin de l'école maternelle telle qu'elle existe maintenant est qu'il existera une inégalité de territoires forte selon la richesse de la commune ; cette inégalité se superposant très bien avec les territoires actuellement en ZEP. Secondment, je dois dire qu'en Allemagne, comme en France la réussite scolaire est fortement corrélée avec le niveau socio-culturelle des parents. Les éléments de comparaison tengibles que nous ayons nous ont été fourni par R. Lorient : "La CDU d'Angelika Merkel, il y a peu, a fait une déclaration bruyante selon laquelle le système éducatif devait être revu pour que l'Allemagne puisse conserver son rang dans le monde, être à la hauteur des ambitions nationales et européennes. Il n'y aurait pas assez de diplômés. Certains y voient la préparation des prochaines législatives et mettent en doute sa sincérité politique."

doublon, désolé Olivier,

Le systeme français a été mis en place pour accueillir les enfants alors que les femmes travaillaient: école maternelle veut bien dire ce que cela veut dire. Par la suite, il est évident que beaucoup de femmes (et de maris) y ont trouvé un mode de garde peu coûteux alors qu'ils travaillaient tous les deux. Puis on a découvert les avantages de cet accueil en groupe: un lieu de socialisation. Puis les enseignant se sont rendu compte des manques familiaux, se sont vu comme des suppléants, souvent à juste titre...mais en déresponsabilisant les parents. Puis on a vu tout ce que cette scolarisation précoce pouvait apporter de positif aux enfants venus d'ailleurs, langage, intégration. Bref, aujourd'hui on se retrouve avec un lieu d'accueil complexe, à usages multiples! Y porter atteinte ne peut se résumer à un simple calcul du coût. Il faut voir au-delà. Exemple de vision à court terme: ça coûte cher de vacciner contre la rubéole, ne vaccinons pas. Résultat: enfants sourds, aveugles, cardiopathes, bref des coûts énormes à échéance...

La création de l'école maternelle française est due à l'action déterminée de Pauline Kergomard au XIXème. Celle ci s'est indignée de ce qui se passait dans ce qu'on appelait alors les " salles d'asile" qui accueillaient les enfants des femmes travaillant en usine. Elle a beaucoup travaillé ausi la théorie des apprentissages des jeunes enfants, basée sur une pédagogie plutôt "globale" (apprendre par le jeu entre autres), plutôt que sur des apprentissages formels.
Qu'importe ! revenons donc aux salles d'asile et aux immenses garderies par des personnes sous qualifiées! En avant toute pour le grand bond sociétal en arrière. Quelle meilleure manière que de préparer les jeunes générations au monde actuel !
**************************** édité : J'ai retrouvé un commentaire de Sebastien Rome plus haut, qui me semble important : "Les critères discrimants pour savoir si une structures est "bonne" pour la petite enfance sont simples : 1° du personnel qualifié qui inscrit les gestes et paroles de l'enfant dans un projet de développement (par exemple : les différentes étapes des gestes de la main pour arriver à un geste fin qui permettra entre autre l'écriture mais aussi bien d'autres choses) et 2° un taux d'encadrement assez fort (ce qui manque à l'école actuellement) pour parler un maximum de temps aux enfants et les faire parler afin d'augmenter leur "habilité linguitique. Le 1°correspond à ce que je tentais de dire par "pédagogie globale", corps et "esprit" ne sont pas séparés dans les apprentissages réels. Le 2° est essentiel pour les enfants qui n'ont pas assez l'occasion chez eux de s'exprimer et d'être écoutés, encouragés dans leurs tentatives d'expression.

Ma chère Fantie, J'espère que vous n'avez pas pensé que je voulais en revenir aux asiles du XIX siècle! Mais, dans chaque problème, il est souvent très utile d'en revenir aux sources pour comprendre l'aujourd'hui. Pas pour vouloir y retourner mais pour essayer de comprendre la suite. Par exemple, pourquoi n'y eut-il pas ces types de strutures en Allemagne? En Belgique, par exemple et aussi, on ne dit pas "école maternelle", mais ECOLE GARDIENNE, ce qui n'a rien à voir! Le sens des mots n'est jamais innocent! PS En parlant des "enfants qui n'ont pas l'occasion...", je suppose que vous faites allusion à une FRANGE de la population infantile. Notons aussi qu'il n'y a pas que le langage verbal, il y a aussi le langage gestuel! J'ai souvent constaté que les petits maghrébins, dans les toutes premières années, étaient plus à l'aise avec leur corps que les petits français!

"C'est un responsable d'une structure d'accueil de jeunes enfants présent à la réunion qui m'a donné cette information." Pas hyper fiable comme source, non ? Alors que le gouvernement veut faire en sorte d'augmenter les capacités d'accueil des jeunes enfants pour faciliter la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, votre information n'est étayée par aucune source sérieuse. Vos développements en perdent cruellement leur intérêt.

Cette information m'a été confirmé par une seconde source présente lors de la même réunion. De plus, elle confirmait les propos tenus quelques mois plus tôt par une personne travaillant à Bercy.

"le gouvernement veut faire en sorte d'augmenter les capacités d'accueil des jeunes enfants pour faciliter la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle" (jb): De la pure langue de bois comme on sait en faire dans les sphères publicitaires ou gouvernementales ! Un peu de concret, SVP : à combien d'enfant par groupe et avec quelle qualification du personnel ? (voir mes remarques précédentes sur les salles d'asile).

Fantie, votre question "à combien d'enfants par groupe et avec quelle qualification du personnel?" me rappelle celle que les maires se posaient concernant le service minimum de garde des enfants, qu'ils ont été vivement encouragés à mettre en place pendant les grèves des enseignants. Ils n'ont jamais su quelle qualification devait avoir le personnel mais les enfants ont quand même été gardés...Tout ça pour dire que "le concret" notre gouvernement, ne le met pas en place quand les mesures sont en vigueur...alors, avoir du concret maintenant!!! Pour rebondir sur le concret, Sébastien, je trouve votre rapprochement entre l'abandon de la maternelle et une éventuelle solution que l'Etat trouverait avec l'enseignement catholique, un peu hâtif. C'est l'enseignement catholique lui même qui parle...vous lancez juste une hypothèse n'est ce pas?Rien de concret?

Bonne matinée, Désolé de répondre aussi tard mais, les vacances sont les vacances. Le rapprochement n'est pas hâtif puisque l'Etat a déjà fait appel à l'enseignement privée pour "offrir" des écoles privée aux élèves vivant dans les quartiers "sensibles". Je ne crois pas que l'Etat y voit une solution. C'est, comme vous le dites, l'enseignement catholique qui parle, qui se positionne sur un marché qui jusqu'à présent était monopole d'Etat. Dans ce billet, deux informations sont "concrètes" : le travail de Bercy sur la suppression de l'école en tant que tel jusqu'à 4 ans (ce qui ne veut pas dire qu'il n'y aura plus rien, attention) et la demande faite aux crèches de s'apprêter à accueillir les enfants jusqu'à 4 ans. Le reste est effectivement hypothèse mais je me suis efforcé de l'appuyer au maximum ces hypothèses sur du concret. - Je ne crois pas être loin de l'erreur car je viens d'apprendre, il y a deux jours que l'on a permis à une amie assistante maternelle de garder les enfants jusqu'à 4 ans. Le faisceau d'informations est trop grand mais il s'agit bien d'hypothèses, je peux donc, tout de même, me tromper. (C'est pour cela que je faisais référence à A. Alder dans mon texte. En effet, ce dernier n'hésite pas à se tromper dans ses "prévisions" internationales)

Une source proche du ministère de l'Education nationale m'informe que ce projet est bien réel mais que les décisions ne sont pas encore prises. L'information existe donc bien.

Exhaustif comme d'hab et félicitations à l'artiste en herbe...

Merci pour le "comme d'hab"...et pas merci pour le "comme d'hab" : cela implique que je dois tenir le "rythme" pour vous...

où en est-on maintenant ?

  • réaffirmation de la "sanctuarisation" de l"école maternelle dès 3 ans ; sauf que, et je le redis,  si rien n'est fait législativement pour obliger les écoles a acceuillir les élèves à trois lorsque les parents le demande, ce qui implique que le ministère doit ouvrir des classes en cours d'année, c'estsouvent à 4 ans que les élèves rentreront à l'école par manque de place. Et là un problème d'égalité et de performance se pose.
  • le taux d'encadrement dans les crèches et chez assistantes maternelles a été relevé (PFLSS 2008 et 2009) ce qui implique une dégradation des conditions d'acceuil.
  • Il y a l'intention de Sarkozy de reduire le congé parental et la remise en cause des 2 ans de bonus retraite pour les femmes.
  • Le travailler plus pour gagner plus est mis à mal par la crise ce qui aurait dû remettre à plat l'ensemble des dispositifs nécessitant de laisser les enfants à des structures d'acceuil. 
  • L'échec, noté par l'IGEN, des réformes Darcos pour le primaire fait retourner les yeux vers la maternelle et la petite enfance. L'investissement de qualité dans toute la petite enfance est donc plus que jamais nécessaire. 

Je souligne votre dernière phrase, sébastien Rome :

"L'investissement de qualité dans toute la petite enfance est donc plus que jamais nécessaire."

J'ajouterais : dans la toute petite enfance ! L'ouverture de possibilités de  parole des familles autour de la naissance (dans les maternités, avec les sages-femmes par ex.) est primordial et parfois décisifs pour la prévention dans divers domaines.

 

Un lien vers une actualitéliée à votre billet :

http://www.mediapart.fr/journal/france/081009/en-seine-saint-denis-l-ecole-se-desinteresse-des-tout-petits

Absolument : lire et relire Gosta Esping-Andersen.

Un an de congé maternité accompagné (conseil allaitement, regroupement de mamans, suivi pédiatre intense, conseils infiermiers gartuits...) + des structures de qualité gratuites et universelles de 1 à 3 ans puis l'école où l'on améliore l'encadrement (pas plus de prof mais plus d'adultes).

Impossible ? cela s'appelle de l'investissment et dégager des marges de manoeuvre pour les entreprises en rendant disponible les femmes dès une année après le congé de maternité...

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