Les parents bloquent les évaluations CM2
Le monde a les yeux tournés vers l'Amérique et Obama. Dans l'Hérault, mais aussi un peu partout en France, les parents sont entrés dans la bataille de l'école à l'occasion des évaluations CM2. Ils investissent les écoles et empêchent les évaluations de se dérouler correctement. L'administration ne sait plus où donner de la tête et menace de plainte pour vol les parents désobéissants. A mon avis, pour le gouvernement, mieux vaut ne pas en arriver là. Mais ne pas le faire, c'est voir se multiplier ces actes à condition qu'ils soient médiatisés. En scoop, un document de l'administration, vite fait, mal fait, à 9h du matin ce lundi. Je vous donne d'abord à lire des "comptes rendus" des situations sur le terrain.
"Des parents qui occupent l'école de XXX ont appelé les différentes écoles de la circo histoire de savoir si le mouvement était plutôt suivi ou non. A XXX , l'enseignante qui a fait passé les éval ce matin s'est retrouvée avec des élèves en pleurs. La correction des premières épreuves se révèle catastrophique (rien de surprenant !). Elle réunissait les parents ce soir pour les informer."
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"Du rififi à Gignac
Etait prévue ce soir, une réunion avec les enseignants à propos des
évaluations nationales... Mais, parents, enseignants et élus (en écharpes) de la circonscription de Gignac mécontents des menaces de fermetures qui pèsent sur leurs écoles, indignés par les évaluations CM2 avaient appelé à manifester devant l'Inspection départementale de Gignac le vendredi 16 janvier à 17h." L'action a eu lieu, les locaux envahis, la réunion annulée.
Sur la circonscription de Castelnau, XXX, l'IEN, a convoqué tous les directeurs et enseignants concernés le jeudi 15 à 17h30 pour une formation rapide concernant les évaluations nationales CM2. Une soixantaine de personnes y étaient présentes. Les collègues de Vendargues avaient passé la journée à téléphoner à toutes les écoles de la circo pour avoir une attitude commune devant l'IEN. Ils sont allés jusqu'au bout, ils n'ont pas mâché leurs mots. Ils ont bien précisé qu'ils étaient là uniquement par politesse mais qu'ils n'avaient pas du tout l'intention de faire passer les éval. Beaucoup sont partis sans les livrets. Imaginez la surprise de l'IEN... Elle a fini par les supplier de prendre les livrets (C'était son travail de les fourguer !) et face à leur détermination, elle leur a demandé de bien vouloir faire passer au moins les items correspondant aux notions étudiées. Sur Castries, les trois enseignantes de CM2 rencontrent les parents le mardi 20 pour leur expliquer les raisons qui les empêchent de faire passer les éval et le vendredi 23, nous organisons un conseil d'école extraordinaire réunissant les 3 écoles de Castries afin d'informer les parents élus."
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"Ecole de Lézignan-la-Cèbe-
Hier soir pendant la nuit des écoles, les parents présents ont été scandalisés par les évaluations et ont proposés de contacter ce week-end tous les parents des CM2 pour bloquer la classe dès lundi matin, prendre les livrets pour empêcher de les faire passer. Ils resteront dans la classe mais n'empêcheront pas l'enseignante de faire classe normalement."
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"Ecole d'Adissan idem que pour l'école De Lézignan
Les parents semblent déterminer à bloquer le processus d'evaluation des Cm2 en faisant lundi une intrusion dans la classe ils vont essayer d' établir un roulement en sorte qu'il y ait toujours des personnes présentes durant toute la semaine même chose Ils resteront dans la classe mais n'empêcheront pas l'enseignant de faire classe normalement.
Les parents d'élèves de Montarnaud soutiennent le mouvement de protestation au sein de l'Education Nationale. Ainsi, ils distribuent des tracts et posent des banderoles devant l'école notamment. Ce matin, jeudi 15 janvier 2009, les gendarmes sont venus à l'école de Montarnaud. Ils ont demandé le sens de cette banderole et qui l'avait posé. Ensuite, ils ont demandé les noms et coordonnées de tous les parents d'élèves élus...!"
"Aujourd'hui lundi à Saint Pargoire
Les parents d'élèves ont pris les livrets à la maîtresse du Cm2 et les ont gardé au bureau. Ils ont prévu d'occuper le bureau jusqu'à vendredi afin de surveiller que la maîtresse de Cm2 ne les reprenne pas."
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"A Clermont l'Hérault, l'inspecteur s'est fait litéralement malmené par les parents qui ne se sont pas laissés faire: "Vous n'êtes qu'un pion, vous ne servez à rien et si, comme vous le dites, Le Ministre a décidé que les évaluations doivent être menées, nous, parents d'élèves, avons décidé que les enfants ne les passeraient pas !!! De plus, ce n'est pas les Rased qu'il faut supprimer, mais plutôt votre poste." Il a menacé d'appeler la gendarmerie, et les parents ont répondu: "On ne séquestre personne, alors, vous pouvez les appeler." Les parents ont eux-même menacés l'inspecteur: "Ne vous avisez pas de sanctionner l'instit de CM2 ou la directrice car nous n'en resterons
pas là". Quand l'inspecteur a demandé le nom à un parent, celui-ci, outré de se sentir "je vais être puni", a déclaré: "Je m'appelle Marcel Dupond!, et au revoir, Mossieu!". Sachez que, ces parents, lorsqsu'ils sont allés déposer les livrets à l'inspection, ont retrouvé Mossieu l'inspecteur, qui a demandé cette fois à un autre parent comment elle s'appelait: elle a répondu: "Yvette Dupond!!!!!!!" L'inspecteur a, je crois, passé une journée difficile. Les parents d'élèves concernés sont motivés et seront à Lodève samedi matin pour manifester.
Par contre, je crois qu'il serait bien que les écoles de XXX fasse un mot aux parents pour les informer un peu (sans les détails) de ce qui s'est passé: les parents ont emmenés les eval à XXX. Moi-même, en parent d'élève, j'ai interpellé un parent à 18 h après l'étude, je lui ai expliqué la nuit des écoles, les parents ce matin dans l'école, il m'a répondu qu'il en avait entendu parler par les médias, mais qu'il ne savait pas que, ici aussi, ça s'était produit."
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Ci-joint le document "Agitations" de l'Inpection d'Académie de l'Hérault "fabriquait" en toute vitesse à hier à 9h. On voit qu'il a été fait à partir de la liste des lycées utilisée durant la mobilisation lycéenne. Le fonctionnaire n'a pas pris le temps de les effacer. Je peux vous dire avec certitude que l'administration ne connait pas encore l'ampleur de la mobilisation des parents.

Tous les commentaires
Décidément le monde du primaire ( parents compris ) est en ébullition à la base et en proie à une forte crise de confiance, si l'on en juge par vos retranscriptions
La responsabilité en incombe au Ministre qui a joué à taper sur ce monde du premier degré comme un enfant qui ne connait pas de limites.
La question de la médiatisation semble essentielle pour éviter l'effet de protestations émiettées que la grande distribution des médias s'applique à répandre. Pourriez-vous nous dire ce qui serait, à votre avis, une réaction collective efficace de la part des lecteurs de Médiapart. Serge Koulberg
Une chose à faire est de faire circuler ce billet dans tous vos contacts personnel. Une autre peut être de la coller sur des sites d'informations où l'accès au commentaire est payant (comme sur le monde) ou gratuit (sur le figaro). Peut-être voir les sites des télévisions. Si vous avez d'autres idées.
Déjà ça fait du bien de lire ces réactions. Je vais regarder s'il se passe quelque chose dans les écoles près de chez moi. Une enseignante m'a déjà fait remarquer que les enfants de sa classe seraient testés sur des choses qu'ils n'auront pas apprises... Elle soupirait en disant cela, comme pour dire, depuis des années maintenant les réformes incohérentes se succèdent. J'espère que les enseignants verront la nocivité spéciale de celle-là.
Erratum : "J'espère que les [enseignants] verront la nocivité spéciale de celle-là." vous vouliez dire des parents, non ? Le principal dans cette affaire c'est l'action des parents. - Sur une autre école, les parents n'envoient pas leur enfants scolarisés en CM2 pour toute cette semaine...
Non, je voulais dire les enseignants, aussi ;-) - je voulais dire, parmi tout ce qu'on leur inflige comme réformes, certains sont peut-être fatalistes, découragés, démobilisés. Mais bien sûr j'espère tout le contraire. Je suis d'accord avec vous, Sébastien, c'est l'action des parents qui sera déterminante.
A Venerque (Haute-Garonne), les parents ont empêché les évaluations de CM2 de se tenir lundi 19 et mardi 20. L'inspecteur venu constater l'occupation les a mis en garde : l'inspecteur d'académie va peut-être demander au préfet d'envoyer les forces de l'ordre les déloger. Ce serait assurément un beau symbole pour nos enfants !
Peut-etre que le grand public (qui n'a pas forcement des enfants en ecole primaire en France) est un peu perdu et ne comprend pas tout ce qui se passe actuellement à l'ecole (c'est mon cas). Peut-etre serait-il possible de mettre au clair ce qui se passe (reformes, evaluations CM2) pour provoquer des reactions ? Vu de l'exterieur, c'est un peu confus. Mais peut-etre suis-je la seule dans ce cas... Je m'en vais donc (re)lire tout le blog de Sebastien :-)
Il y a tellement de réformes et j'ai tellement peu de temps que je n'ai pas pu informé sur tous les points importants. Le meilleur résumé sur mon blog est, me semble t'il, ma lettre de désobéissance.
En cette période de pénurie pour les services publics et en particulier pour l'Education nationale (que je connais bien), ces évaluations bidons -qui ne servent à rien puisque les compétences évaluées en cette période de l'année n'ont pour la plupart, pas été travaillées- constituent un gaspillage d'argent inadmissible. Beaucoup de maîtres et maîtresses de CM2 le disent depuis longtemps mais le ministre n'entend rien. Encore un formidable FLOP pour lui... que tout le monde -même lui- reconnaîtra tôt ou tard. Jusqu'à quand allons-nous accepter de nous faire gouverner par ces nullissimes?
Mais non ! Le gouvernement n'hésitera à clamer sa réussite quelque soit la réalité du terrain.
Courage Sébastien et tous les parents et enseignants en résistance pour vos efforts déployés à défendre l'école... Je vous soutiens et fait passer l'info de mon côté... Bien cordialement V. artiste-terroriste tapi dans l'ombre
Je compte une petite dizaine d'écoles où, dans le proche lodèvois, les parents n'envoyent pas leur enfants de CM2 à l'école.
Bonjour, . J'ai reçu hier soir le message ci-dessous, sans plus de précisions sur l'endroit exact où ça s'est produit, ni sur la source de l'information. Pourriez-vous confirmer (ou infirmer) ces interventions des gendarmes ? . Bonjour à tous, . Gros choc aujourd'hui. La gendarmerie nationale est venue dans plusieurs école primaire de l'Hérault (à la demande de la direction de l'Education nationale ?) pour vérifier si les enseignants de CM2 faisaient bien passer les évaluations du Ministère. . Les gendarmes voulaient savoir si des parents occupaient l'Ecole pour empêcher le déroulement de ces évaluations. Ils ont demandé aux directeurs des écoles de leur fournir le nom de parents, le cas échéant, ainsi que leur propre nom puisqu'ils laissent des parents occuper leur école. Les gendarmes cherchent aussi à connaître l'identité des enseignants qui n'ont pas fait passer ces évaluations. . Comme vous le savez peut-être ces évaluations sont les ex-évaluations d'entrée en 6eme, que l'on fait passer au CM2 en janvier. Ces évaluations vont donc mesurer des compétences erronées puisque le programme de CM2 n'est pas terminé en janvier... Les résultats de ces évaluations seront forcément "mauvais", ce qui légitimera toutes les réformes en cours. Par ailleurs, ces mêmes gendarmes sont présents lors des réunions d'information et de concertation lors des assemblées générales et des réunions entre l'IEN et les enseignants. Lors d'une réunion entre une IEN et ses directeurs d'école, des parents souhaitant s'exprimer, les gendarmes ont fait évacuer dans un calme relatif l'assemblée. . Les enseignants et les parents s'exposent à des sanctions administratives et/ou judiciaires. Ces actions sont-elles en accord avec l'idée que nous avons de l'école. Sommes-nous fliqués au sens propre comme au figuré dans les écoles ?
Merci d'avoir laissé ce commentaire que je confirme, malheureusement.
Je viens de recevoir un appel : apparemment les gendarmes cherchent à me rencontrer. Ils cherchent l'organisateur de la manifestation du samedi 24 janvier à Lodève. Je ne sais même pas moi-même si j'en suis l'organisateur...C'est le propre des réseaux. En quelque sorte, la mise en réseau de l'action sociale devient une titrisation de la responsabilité...
merci d'avoir diffusé l'info, aucun grand média n'en parle.
De rien, Mediapart est là pour ça. Je peux aussi vous affirmer que cela s'est produit partout, au quatre coins de la France ; pas dans toutes écoles mais pratiquement dans toutes les circonscriptions.