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Les enfants français n'aiment pas l'école. Est-ce étonnant ?
Je suis une jeune 'ex' enseignante, j'ai donné mon dernier cours au mois de juin, j'ai quarante ans et, dans mon lycée, nous sommes quatre à démissionner, du même âge et de la même expérience. Pour terminer sur mon expérience, je précise que je n'ai jamais travaillé dans les jolis lycées de centre-ville : pour moitié dans un collège de Zep, pour moitié dans un lycée polyvalent, avec séries générales, technologiques et BTS en plus.
Je viens de lire un billet qui s'étonne du fait que les enfants français n'aiment pas l'école. Tous les chiffres et comparaisons sont là, je pense que ce billet s'appuie sur des faits difficiles à réfuter, et ce n'est pas mon idée ici.
Par contre, qu'on s'étonne que les enfants n'aiment pas l'école me paraît étonnant, justement. C'est une évidence absolue: tout n'est-il pas fait pour que les enfants se sentent mal à l'école?
Malheureusement, quand vient le sujet, on pointera des choses qui n'existent plus pour expliquer ce désamour contemporain. On parlera des professeurs, qui s'obstineraient dans des comportements archaïques, humiliants ( mais ils sont de bonne foi, ils ne se rendent pas compte ), contre-productifs etc. On évoquera la supériorité absolue du français et des mathématiques sur toutes les autres matières. Le français et les mathématiques ne sont plus des matières primoridales depuis des années : cela n'empêche aucun passage, ni en S ni en L.
Vous pouvez être élève de T S ( ex C /D ) et peiner gravement à obtenir un 5 ou un 6 de moyenne en math. Vous pouvez être élève de L sans jamais lire un livre, sans jamais faire d'effort d'écriture ( je ne parle ni de syntaxe, ni d'orthographe, à sanction abandonnée depuis des lustres). Ceci est en place depuis au moins 15 ans. Ceci ne vous empêche pas plus d'obtenir votre baccalauréat.
Parlons donc de l'école qui existe en ce moment :
Sur une classe de 34-35 élèves ( c'est la norme basse au lycée - dans mon lycée ), il y en a toujours au moins 10 qui m'étonnent parce qu'ils ne hurlent pas, parce qu'ils sont là et restent sages quand même.
Le pire étant au collège. On rejette la faute sur les profs obsédés d'évaluation. Elle n'est pas drôle cette remarque. Elle est même infamante pour les enseignants, mais qu'y faire ? C'est devenu la règle du jeu.
Ce que j'ai vu, en plus de 15 ans, dans mes classes, avec de vrais élèves et pas des idées d'élèves, ce sont des enfants, plus ou moins vieux, mis dans un contexte insupportable.
Comment voulez-vous être heureux et fier de vous quand, dans une classe, vous faites partie de ceux qui n'y arrivent pas, alors que dans le même temps, vous entendez les autres réussir, comprendre, questionner, participer ? Les classes hétérogènes c'est très joli sur le papier. C'est une horreur dans la réalité. Ca donne des coups, des insultes, des intellos qui jouent aux racailles, des racailles qui surjouent, du racket aux devoirs, des sentiments de mal-être au minimum.
Tout le monde est malheureux dans l'histoire : ceux qui ont besoin d'aide et qui se feraient couper le bras plutôt que d'avouer devant les autres qu'ils en ont besoin; ceux qui ont l'impression que ça traîne, et que ça n'avance pas, et qu'on perd du temps; ceux qui sont timides et qui n'osent pas ouvrir le bec, et n'avouent cela qu'en privé, en tête à tête avec le 'prof'.
Mais - il faut un mais : ce sont les classes rêvées des conseils de classe : celles où parle des éléments moteurs ( et celles qu'on regrette quand on n'a pas d'éléments moteurs ) - dans la réalité, ces éléments moteurs sont ceux avec qui s'engage le dialogue avec l'enseignant, et qui encourageraient les autres à se dire que 'ce' n'est pas inaccessible. Il est exact que ces classes à moteurs, à partir du moment où on n'entend pas les problèmes entre élèves sont assez agréables pour un enseignant, et demandent moins d'investissement ( difficile de prendre une classe de niveau très faible )
Un exemple ? j'ai eu la chance - en fait oui - d'avoir peur des années durant avec les classes dites de troisième d'insertion ( supprimées depuis, évidemment ). Ces élèves étaient si violents qu'ils n'avaient pas les mêmes horaires que les autres - pour vous situer. Le recrutement de ces classes se faisait par le biais du chef d'établissement, elles étaient particulièrement diversifiées donc. Nous étions en Zep, c'était une vraie Zep, avec de vrais problèmes. Donc des élèves vraiment violents. Passons. J'avais peur parce que j'étais l'image de l'Ennemi. Et il me fallait commencer par désamorcer cela, avant de pouvoir avancer avec eux.
Ces élèves n'ont travaillé que lorsque j'ai fait mettre des rideaux aux fenêtres qui donnaient sur le couloir, de façon à ce que personne ne sache qu'ils avaient accepté de travailler. Il m'a fallu le temps de comprendre ce bête détail. Avant, ils 'jouaient' pour les autres, ceux qui traînaient dans le couloir.
Ils avaient entre 15 et 16 ans, certains ne savaient pas lire du tout, certains ne voulaient pas, certains avaient passé trop de temps avec la police et la justice, certains venaient juste d'être scolarisés, certains étaient dépressifs etc etc. Mais tous refusaient une chose : qu'on se rende compte de ce qu'ils ne savaient pas - ce qu'ils appellent : être nuls. Or cette nullité, pour eux, était une évidence - parce qu'à 15 ans ils en savaient moins que les gamins de 6° et qu'ils ne sont pas idiots au point de ne pas s'en rendre compte, bien au contraire. Et les premiers à claquer dans le mur le petit gamin tout mignon qui sort du CDI avec son livre qu'il aime bien, c'étaient eux.
Pour qui est-ce 'bien' qu'ils soient ensemble ? Pour les enfants, les adolescents, je me permets d'avoir un doute.
C'est vrai, il est plus facile de critiquer les enseignants que d'aller dans une classe, dans des couloirs ou dans les cours. Mais ceci fait, que se passe-t-il ? Une énième réforme ?
On critique l'évaluation. Mais l'évaluation est bouclée durant la première semaine de septembre. Avant tout devoir, toute note. C'est une évaluation entre élèves. Mais cela, il faut être le prof pour le voir, pour le savoir, parce que le prof voit toute la classe, voit tous les visages, voit ceux qui se ferment, ceux qui s'absentent, ceux qui rayonnent, ceux qui dominent, voit le placement des élèves ( il paraît qu'il ne faut pas les placer - ça donne un placement par auto-évaluation de son niveau : ce code est assez simple pour que tous comprennent. )
Les notes ne changent rien, ne créent rien. Toute situation de cours où vous sollicitez la classe conduit à une évaluation des uns par les autres. Quand la classe est à peu près homogène, on s'en sort ( le prof et les élèves sont dans la même barque, vous savez - ce métier ne se fait ni pour l'argent ni pour la sécurité, nous n'avons ni l'un ni l'autre, même si on n'a pas terriblement le droit de le dire, de déposer des plaintes ni rien du tout - ceci est une parenthèse ... ): en troisième d'insertion, en classe de niveau de fait par le jeu des options lourdes, en classe européenne, en BTS, dès que les élèves sont peu ou prou à niveau entre eux, on peut travailler avec eux sans que s'installent des conflits de ce type entre eux.
Dans tous les autres cas, le choix est simple : soit on continue le jeu du cours interactif et c'est un jeu de massacres entre élèves : ce n'est pas une métaphore, les violences physiques entre eux, hors les cours, hors le collège le plus souvent, sont réelles. Soit vous jouez au cours à l'ancienne, et là, vous sombrez, parce que ce sera trop difficile pour 10, trop facile pour 10 - il n'en reste que 10 pour être à peu près contents.
Dans le meilleur des cas, vous avez une classe 'relativement' hétérogène.... où le principe qui motive d'imposer cela partout devient efficace. Mais malheureusement, c'est le 'meilleur des cas', soit un cas assez rare.
La situation ne peut pas s'arranger, parce que je n'ai jamais vu un élève imbécile. J'ai eu un élève de 6° qui lisait avec la plus grande difficulté et qui refusait d'écrire, qui m'expliquait qu'il n'avait pas besoin de travailler parce qu'il avait déjà redoublé, or on ne redouble qu'une fois. C'est un très bon raisonnement, de son point de vue.
C'est facile d'expliquer à un élève de 6° qu'il joue son avenir, surtout quand on a oublié ce que c'est que d'être un enfant. C'est moins facile quand il faut le convaincre de travailler quand même alors qu'il ne voit pas pourquoi il le ferait.
J'ai entendu des élèves commenter leurs cours et leurs professeurs. La critique la plus grave, c'est : 'on ne travaille pas'. Après : 'il/elle est nul/lle.' Ensuite : " C'est le bordel dans la classe " : est-ce si difficile de traduire ? de comprendre que les élèves attendent d'aller en cours pour apprendre des choses, pour 'travailler' comme ils le disent.
Le scandale le plus grave, c'est de les abandonner là, tous, sans souci de qui ils sont, de ce qu'ils savent, avec des idées gentilles et catastrophiques et de les obliger à tous avoir un baccalauréat.
La destruction des filières professionnelles, des BTS maintenant, conduit à des situations d'une cruauté insupportable. Qui ici, dans ceux qui me liront, aurait supporté d'être à des années-lumière de différence avec des jeunes gens de son âge ?
Or c'est cela qu'on impose aux élèves en France. Cela crée de la violence et tous les surveillants du monde n'y changeront rien. Cela crée de la rancune envers l'institution et tous les beaux sentiments n'y changeront rien non plus. Cela crée une 'haine de l'intello', parce qu'il faut encore expliquer au fils du bûcheron que le métier de son père ... non, n'est-ce pas.... avoir le bac c'est mieux.
Et je passe sur les programmes - sur la durée, ennui absolu, sentiment absolu de nullité, parce que, du primaire au lycée on reprend les mêmes choses ( les mêmes titres) , et c'est insupportable ( qui n'a pas entendu :" Encore ? mais on le fait depuis qu'on est petits ! - Oui, mais c'est le programme, regardez vos livres. Et nous allons approfondir")
Je suis d'accord pour que français et maths ne soient pas incontournables - mais s'exprimer en français, lire le français, compter à peu près bien, avoir des notions de géométrie, c'est indispensable pour aborder d'autres matières. On ne comprend rien au cours d'Histoire, au cours d'Anglais, d'Allemand, d'Espagnol, quand on ne comprend pas bien le français (- je ne parle des enfants d'origine étrangère ! ) -etc.
Tout ceci pour dire que oui, l'école est insupportable.
A cause de la structure des classes.
A cause de l'uniformisation absolue des études ( la réforme du lycée ne va faire qu'aggraver le processus, en mettant ensemble, jusqu'au bout, des élèves qui ont des centres d'intérêt différents )
A cause du refus de l'institution d'évaluer les savoirs ( contrairement à la vulgate en cours, j'en suis désolée : les évaluations sont devenues des leurres pour obsédés de stats - consultez les grilles d'évaluation du brevet, du bac, vous comprendrez ).
A cause - pardon si je semble vous mettre en cause pour certains, je ne doute de la bonne foi de personne - du refus de donner l'autorité sur ses enfants à des "enseignants" , dont on dira partout qu'ils sont soit trop stricts, soit trop vieux, soit laxistes, soit gauchistes, soit trop ci, soit trop ça, paresseux avec leurs 18 heures, toujours en vacances, étonnés par le niveau de leurs élèves, remis en cause par internet, bref toute la série des discours qui détruisent ce métier.
Quand je travaillais en Zep, je savais qui dans mes élèves avait un couteau, qui avait du shit, qui les deux, le CPE le savait aussi, les surveillants, les autres élèves et ... nous n'avions rien droit de faire, on ne fouille pas un élève, on respecte son cartable, ses poches, sa vie privée. Ok. Il y a eu de nombreux blessés dans ce collège. Il y a eu un cocktail molotov dans la cour. Preuve qu'ils suivent en physique.... et nous ne pouvons rien faire, parce que depuis des années nous sommes les méchants adultes suspects de tout.
Alors tant pis. Les enfants n'aiment pas l'école, c'est assez normal.
Quant à ce qu'il faudrait faire ?
- permettre à tous d'avoir les fondamentaux, comme on dit de nos jours, et cela à leur rythme. N'est-ce pas idiot d'attendre que tous les enfants, de 2 à 18 ans apprennent tous tout au même moment, alors que tous les travaux montrent que les rythmes d'apprentissage sont différents ?
Si on pouvait sortir du système classe=âge, on aurait déjà fait un grand pas.
- arrêter de croire qu'un bon va aider un faible, parce qu'il est bon et que le faible sera content > ces relations sont avant tout personnelles, les élèves s'aident entre eux en fonction de leurs affinités personnelles et pas en fonction de leurs niveaux.
- arrêter de croire qu'un enseignant peut avoir en charge au moins 130 élèves et réussir à personnaliser son enseignement.
- arrêter de se noyer dans des mythes ( les notes, l'autorité, la sanction, le redoublement ) pour trouver les sens : les notes sont la marque d'une réussite à un moment donné et rien de plus, l'autorité permet juste de gérer 35 élèves en même temps et ne s'acquiert que lorsque les élèves ont confiance en leur enseignant, la sanction est plus le révélateur de l'assurance du professeur vis à vis de ses classes qu'un moyen éducatif, et le redoublement a une très grande valeur lorsqu'il est souhaité par l'élève - au passage, il devient très difficile de redoubler, maintenant cela se mérite, j'ai en mémoire un conseil de classe fabuleux où notre principal nous expliqua la 'logique des flux tendus' appliquée à l'éducation nationale -> en gros, on gère les élèves comme d'autres gèrent des stocks, et ils sont supposés passer ( avoir leur sort réglé tout au moins dès le mois de janvier, pour qu'on puisse en février établir les dotations horaires de l'établissement = nombre de professeurs, heures d'enseignement par matière, estimation des effectifs ).
- accepter de discuter, tous, de ce qui doit être enseigné - et trouver un discours qui permettra d'expliquer à tout le monde pourquoi les enseignements professionnels ou techniques doivent être éliminés. C'est facile à dire quand on n'est pas dans le milieu des artisans, des ouvriers - très difficile à maintenir face à des gens qui estiment leurs métiers. Je trouve un peu léger d'abandonner la tâche aux enseignants, de venir les critiquer après, et leur laisser toute la charge de ceux qui viennent dire ensuite que les profs sont dans leur bulle et ne connaissent pas la vraie vie !
- revenir sur un vrai pacte qui n'existe plus entre l'école et la société. Il y a quiproquo qui va s'aggravant entre les deux, et je pense qu'il devient urgent de traiter vraiment le problème ( parce qu'en attendant, ceux qui en pâtissent d'abord, ce sont les élèves, les plus jeunes d'entre nous ) : savoir d'un côté que l'école a un coût, qu'il est très élevé et que la majeure partie d'entre nous ne pourrait pas le payer sans système de répartition ( + 7000 euros par an par enfant, 10 000 en filière professionnelle ): détruire ce système revient à détruire l'éducation pour tous, mais vraiment et ce n'est pas l'enseignement privé classique qui compensera cette destruction, étant donné qu'il est, actuellement, pris en charge par l'Etat ; savoir de l'autre que l'école crée des attentes et en tenir compte : les demandes des parents chez Acadomia et autres se résument en général à : orthographe/calcul. Ne peut-on l'entendre ?

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Je recommande 1000 fois si je pouvais. Ayant deux enfants au collège je m'intéresse de près à la chose, et ce que vous dites me paraît bien coller avec la réalité vécue par ces enfants, même si par ici nous sommes encore assez loin, je l'espère, des cocktails molotov dans la cour.
Bottom line: l'institution éducative nationale française est une catastrophe pour la majorité des enfants. Question: que faire?
Mille MERCIS...
J'en avais les larmes aux yeux de vous lire...
Tout commence en fait dans la toute petite enfance, lorsque l'acquisition du vocabulaire de base manque, ces enfants ne comprennent pas ce que dit le prof, dès le CP.
C'est déjà trop tard, la souffrance commence, la stigmatisation qui va avec, et la rage monte, monte...
Le pire en France c'est ce qu'on appelle "les banlieues", les "quartiers", les "cités", les "zep".
Les "élites" bien-pensantes habitant dans les villes et notamment à Paris, ont parqué hors de leur vue les pauvres, à l'extérieur des villes, tous ensemble.
Quand on parle d'EGALITE (on se fout de la gueule des citoyens qui croient cette devise Liberté Egalité Fraternité bafouée tous les jours) on fait croire que les conditions d'acquisition des connaissances seraient les mêmes à Henri IV à Paris que dans une fameuse "zep".
Il n'y a que des naïfs ou des inconscients pour le croire.
Cette politique de l'urbanisme, voulue autant par la droite que par la gauche - qui en a d'ailleurs profité pour récolter les voix et obtenir des "élus", on se souvient de la "couronne communiste" de Paris à l'époque - est un crime contre l'HUMANITE. Elle tue socialement des millions de personnes sans leur laisser aucune chance, alors qu'elle finance grassement ceux qui ont la chance d'habiter les quartiers chics et d'être "bien nés".
Ce phénomène de rejet hors des villes des gens pauvres, je ne le connais pas en Allemagne où je vis. A l'extérieur des villes, il y a les régions vertes où on va se promener le week-end et où s'installent des gens qui ont de l'argent pour y construire une maison. Les "pauvres" que la France rejette de ses villes, y ont accès aux transports en commun, aux administrations, aux infrastructures.
Lorque j'ai suggéré lors d'une réunion d'information politique dans le VIIIème que l'on réintègre toutes ces personnes dans les villes en France, une dame BCGB a dit tout haut "Surtout pas!"
Voilà la mise en pratique de la devise LIBERTE EGALITE FRATERNITE que l'Etat fait gober à tous ses citoyens.
Voir:
Les enfants français n'aiment PAS l'Ecole. Pourquoi ?
Pourquoi les gens sont différents dans les différents pays ? - Photos
Engagement citoyen: Une triste cour d'école - transformée en paradis pour enfants - Photos
A la base de toute société: son Ecole - Qui est le "3eme enseignant"? Photos et vidéo
Idem !
La situation est à peu près semblable à l'école primaire. Les gamins que j'ai eus en soutien tenaient le même discours : un prof qui les ennuyait, les cours qui allaient trop vite, les "intellos" qui "se la pétaient" et eux qui ramaient, puis n'avaient plus envie que ... de taper sur les mêmes !
Je n'ai pas su comment leur expliquer que ce n'était que le début, qu'ils avaient intérêt à bosser pour eux, parce que tout allait vite, très vite... Un des petiots est parti au collège alternatif Flavien à Paris... On va voir ce que ça donnera... Mais c'est une solution tellement marginale !
Merci à vous.
Je ne sais plus trop ce qu'il faut faire. Je sais que je ne comprends pas, depuis le début de ma courte carrière d'enseignante, pourquoi il y a une sorte de lutte entre les parents et l'institution. Ca s'est manifesté avec la carte scolaire, avec la suppression des 'bonnes' classes réclamées par les parents, avec la folie ( quel autre mot ? ) de la filière S, pas pour les sciences, mais pour cet espoir qu'enfin ( mais en Première ), leurs enfants seront tranquilles et pourront étudier. Et de notre côté, on a tout fait pour contrer ce désir, légitime, des parents, qui ne sont pas tous d'ignobles bourgeois ( ceux que je connais ne le sont pas ! ). Ils veulent que leurs enfants soient bien en classe. Et ils croient que seule la S permettra cela ( ce qui est faux, mais comment convaincre des gens qui se sentent floués depuis des années ? )
Maintenant, cela se joue 'à la chance' - il y a des élèves qui s'en tirent très bien, aujourd'hui, des élèves brillants, des élèves qui ont de très bonnes bases, des élèves qui s'en tireront, c'est une évidence. Mais on joue trop sur la part de chance.
Pour exemple, j'avais cette année deux classes de seconde. L'une était 'popote', gentillette, tout s'est très bien passé, l'ambiance était gaie, ils étaient 35 et ils s'aidaient , s'aimaient bien et tout. L'autre, avec la même équipe ( moins 1 ) d'enseignants, a été une torture, d'abord pour eux : les écarts étaient trop forts, on ne pouvait pas passer outre, on ne pouvait pas ne pas entendre les insultes, on ne pouvait pas faire le tiers de ce qu'on faisait dans l'autre classe, et ils le savaient, puisque c'étaient les mêmes enseignants, ils avaient tenté de se passer les devoirs - étrange, ce n'était pas les mêmes ?Là ils se disent, sans nous, qu'ils sont les nuls et les autres sont les bons. Et ce n'est pas vrai. Mais ils sont dans une classe bien plus difficile à gérer. Ce n'était tout simplement pas possible de faire la même chose, parce que le '"mélange" pardon du terme ) était raté pour leur classe. C'est horrible.
Je crois qu'il faut, avant toute chose, que tous les citoyens de ce pays s'emparent du débat. Cela coûte assez cher pour que cette soit légitime, il me semble.
Les enseignants sont disqualifiés, nous n'avons plus franchement droit à la parole. Alors c'est aux autres, à ceux qui se battent pour mettre leur fils, leur fille, dans une classe tranquille, à ceux qui en ont assez de ne plus savoir comment choisir des options, ceux qui ne comprennent pas pourquoi leur enfant rentre en étant excédé ( mon fils en moyenne section de maternelle rentrait tous les jours dans un état d'énervement invraisemblable et s'est mis à détester l'école ! à 4 ans ! - et il n'était pas le seul ), ceux qui ne comprennent pas les notes et les devoirs de leurs enfants, en se souvenant de leurs notes à eux; ceux qui attendent des choses de l'école, il faut qu'ils parlent.
On n'est pas dans des pbs de cartable. Ni dans des pbs de rythme : qui a vu un emploi du temps de classe de seconde ? Aucune heure n'est disponible. Qui a vu l'emploi de l'élève x de cette seconde ? Des trous partout ! Parce que la classe doit être hétérogène, parce qu'on y mettra jusqu'à 6 options différentes, pour mélanger vous comprenez, pour que les parents ne puissent pas 'créer' des 'bonnes' classes. Ceci n'est pas normal.
Cette lutte entre parents, futurs parents, anciens parents d'élèves et Education Nationale doit cesser. Il faut un accord entre ce service public et le public. Si on ne commence pas par là, on ne s'en sortira pas.
( sinon, oui, je sais, pour avoir corrigé le bac, que les disparités de niveau entre les lycées chics, de centre-ville, et les autres sont terrifiantes - et très bien lissées par les barèmes d'examen. Mais elles réapparaissent juste après, ces disparités.... )
Ensuite on peut parler du nouveau recrutement des professeurs, du fait qu'ils vont devenir fous, je pense, à être traités comme du bétail ces nouveaux professeurs, de la réforme du lycée qui ne va faire que creuser un peu plus le trou, du fait que les enseignants sont recrutés de plus en plus par le Pöle Emploi pour les remplacements, sans être enseignants du tout, mais ce n'est pas grave - ce sont des noms, le contrat de dupes est rempli : il y a quelqu'un.
Mais le plus important reste à restaurer le contrat entre l'école et les citoyens ( français et étrangers d'ailleurs. Heureusement pour moi, j'ai eu des élèves étrangers, et c'est fort utile dans une classe pour ouvrir un peu l'esprit de tous au monde extérieur - mais ça, je le reconnais, c'est une remarque un peu perfide de ma part... )
Que les parents eux-mêmes fonctionnent naturellement comme autant d'ennemis, chacun seul contre tous les autres, n'est pas anodin car c'est aussi le résultat de toute une éducation qui les a rendus incapables de réfléchir ensemble, de se solidariser pour faire face ensemble, et bien sûr encore moins de pouvoir se mettre d'accord sur l'intérêt pourtant commun de leurs enfants, de nos enfants.
Par sympathie, j'ai donné des cours de soutien à la fille de voisins, 11 ans.
Pour voir où étaient ses problèmes de compréhension, j'ai choisi un texte simple dans le journal local.
Elle ne savait pas - à 11 ans - ce qu'était le béton, ni l'axe d'une voiture... et tout à l'avenant. Elle avait dû comprendre à peu près la moitié ou le tiers du texte.
C'est dès la maternelle, même avant si possible, qu'il faudrait veiller à une extension du vocabulaire des tout petits. Arrivés en CP, c'est déjà beaucoup trop tard.
Les parents ne parlant pas beaucoup avec eux, ou les mettant devant la TV quand ils ont été les chercher à la crèche ou chez la nounou [ il ne s'agit pas de parents des "beaux quartiers", mais de tant d'autres.], il faudrait absolument leur offrir dès l'âge de 2 ans, des possibilités pour l'extension de leur vocabulaire, sous forme de jeux et de lecture d'histoires.
Comme ce que je connais à Hambourg par exemple, où des grands-mères viennent régulièrement dans les jardins d'enfants lire des histoires aux enfants, pendant que les responsables du groupe prennent les autres pour d'autres activités.
C'est en écoutant les contes et en en parlant que le vocabulaire s'installe et se fixe au travers d'une activité bénévole et sans contrainte, par le JEU.
Car la pensée a besoin de MOTS - et ils ne comprennent pas ce dont il s'agit. D'où la frustration, la souffrance et plus tard la violence...
Ce qui me terrifie, c'est que toute personne dotée d'un peu de bon sens (et il y en a plus qu'on ne pourrait l'imaginer dès qu'il s'agit d'éducation) ne peut qu'abonder dans le sens de ce Billet très riche et des commentaires qui le sont tout autant.
Je n'ai pas peur de dire que depuis l'entrée à l'école de ma fille jusqu'à la sortie d'école de mon fils, ce furent 20 années de combat, avec des instants homériques, mais aussi des instit extra, des profs exceptionnels, et l'obligation de redimensionner la notion de massacre institutionnalisé.
@Vincent Vershoore
Bottom line: l'institution éducative nationale française est une catastrophe pour la majorité des enfants. Question: que faire?
hypothèse1 : Se passer de l'école publique. Nécessite des moyens (précepteurs). Taux de réussite sans aucune commune mesure (>).
Hypothèse 2 : Créer, comme aux EU, des écoles indépendantes (constituées par des parents et/ou des associations), et ne rentrer dans "l'appareil" qu'au motif des titres et diplomes clairement indispensables. S'il y en a.
Hypothèse 3 : S'expatrier
Outre les "solutions" proposées, il faudrait aussi remettre l'Ecole auprès des citoyens, arrêter cette idiotie vieille de plusieurs décennies d'une Education Nationale, totalement idéologisée et formatée par les politiques de tout bord depuis Paris.
L'Ecole doit être près des enfants et des parents dans sa gestion, son organisation, ses décisions, ses réactions, son écoute...et doit travailler main dans la main avec les parents.
Ce n'est possible que si la structure est régionale, Paris n'a RIEN à faire dans l'Ecole citoyenne, juste à fixer les normes des diplômes et les objectifs à atteindre. Tout le reste devrait être décidé dans le dialogue Ecoles-parents-enfants au niveau régional, là où les gens se comprennent et vivent leur citoyenneté dans le respect de leur identité.
Mais c'est un autre débat, les liens que j'ai proposés plus haut parlent plus fort.
Je suis parfaitement d'accord avec vous sur le nécessaire "travail de fond".
Non
Tout raser et tout reconstruire.
Mais même en commencant demain (et çà n'en prend pas le chemin), il faudrait un temps considérable. J'ai juste suggéré des solutions réalistiquement possibles...dès demain. Des pis-aller qui peuvent être encore mieux que çà.
A ce jour, pour moi, il y a une volonté délibérée de négliger l'Education de tout le monde et de privilégier la formation d'une "élite". Et pour une raison très simple : c'est plus rentable.
Mais çà ne l'est qu'à court-terme. Sauf que le "court-termisme" sévit absolument partout.
Dit autrement : Nos enfants, tout les ministres s'en foutent pourvu qu'il y ait du saumon et des petits fours au Cap Nègre et que l'on puisse maintenir la température de sieste à l'Assemblée Nationale.
Merci pour vos liens étoile ( et quelle horreur ajoutée aux autres : je n'avais pas osé parler des conditions matérielles de l'enseignement, des classes qui tombent en ruine, du choix entre le chauffage et l'internet, des isolations phoniques qui rendraient fou le professeur Tournesol etc etc. ) Ca, c'est tellement loin de notre réalité qu'on n'ose même plus l'évoquer !
Tout raser ? Je serais presque pour - mais que fait-on de ceux qui sont là ? - ce qui m'écoeure actuellement, c'est que les enfants semblent être devenus des cobayes d'une révolution sociale qui n'aura jamais lieu - les cobayes donc les victimes. Parce qu'entendre que l'orthographe ce n'est pas important, par les formateurs d'Iufm, c'est entendre aussi quelqu'un qui vous propose d'envoyer dans la vie adulte des gens qui auront toutes les peines du monde à trouver du travail. Lire Bourdieu c'est très bien, mais refuser en son nom l'école de la bourgeoisie, c'est condamner les élèves à faire la révolution ou à rester soumis à cette fameuse bourgeoisie. Or je ne pense pas que ce soit le rôle de l'école de préparer la révolution sociale - c'est une affaire d'adultes.
Mais cette idéologie de refus de l'accès à la culture dite 'des élites' perdure toujours, et on a pu entendre cet automne d'infects personnages, issus de l'X, de Normale, de l'ENA, d' HEC, des classes prépas les plus dures, vous dire qu'il fallait supprimer ces classes prépas, parce que trop élitistes. C'est à dire qu'il faut supprimer celles qui sont gratuites et on les remplacera par des payantes - et là, on l'aura, la vraie reproduction sociale. Parce que malgré tout, il y en a encore qui passaient à travers le maillage et qui parvenaient à intégrer Sciences Po sans marquage 'pauvreté' ...
Ca aussi, il faut le dénoncer, ou au moins obliger les tenants de ces idées à les assumer : faire avouer qu'ils font la révolution avec des enfants, ce ne sera pas si facile à assumer devant le peuple, vous ne pensez pas ? Mais ces gens ne font pas autre chose ( même s'il m'arrive de penser qu'ils s'aveuglent au point de ne plus se rendre compte de cette conséquence évidente de leurs choix. )
@ Samines : Je ne suis pas tout à fait d'accord avec vous. Le problème, c'est que l'école telle qu'elle est permet déjà des libertés qui permettent de faire plus ou moins ce que l'on désire (en-dehors des programmes, mais il est vrai de moins en moins). Exemple : chaque école peut soumettre son projet d'enseignement Freinet (ils sont toujours validés par l'inspection). Pourqui pas ? Le souci, c'est que personne ne veut s'en charger. Une école "alternative", c'est un choix de vie, pour bien connaître le sujet... C'est-à-dire que peu de gens ont encore envie de consacrer leur temps à des mômes, encore moins à des collégiens ou des lycéens...
Alorstout détruire ? Je ne suis pas sûre... Réformer les IUFM, sûrement. Changer les programmes et ce système de sélection à peine caché, bien sûr. Par exemple, je ne comprends pas pourquoi le ministère va supprimer le latin : il serait très salutaire d'avoir de vraies ambitions scolaires au niveau national plutôt que de laisser des disparités aussi grandes entre beaux quartiers, milieu rural et ZEP. Exemple tout bête : mettre du latin obligatoire, à Versailles comme à Trappes, hé bien, je pense que ce serait intéressant, déjà au niveau de l'apprentissage de la grammaire et de l'orthographe. Alors évidemment, pas sous la forme que j'ai pu connaître (version de Tacite et conjugaisons du plus que parfait passif) mais c'est fou comme cette vieille langue sympathique peut aider.Evidemment, les réformes actuelles et les suppressions de poste, et même la suppression du Capes de Lettres Classiques ne va pas aider..
S'expatrier, hélas, ne sera guère mieux en UE, mis à part peut-être en Allemagne (et encore la sélection se fait très tôt, on oriente dès le CM2 les enfants vers les filières qu'ils veulent, mais ce n'est pas évident) ou en Belgique, en Finlande peut-être ? Je ne sais pas ?
@ Shadokskaia : Je ne vois pas du tout pourquoi vous dites que les gens qui demandent la suppression des classes préparatoires veulent la révolution ? Peut-être au contraire un accès plus égalitaire à ces formations ?
Je ne crois pas que le discours sur la suppression des classes préparatoire soit exactement celui-là. Là aussi, il faut bien se rendre compte des disparités entre Paris et le "reste", à part quelques "grands lycées". Là où ce système est élitiste et pervers, c'est qu' il fonctionne sur les interdictions mentales des gens, exactement comme pour le lycée. Et quand un professeur éclairé lance cette piste et qu'elle aboutit, le système des classes préparatoires tel qu'il est aujourd'hui est presque inaccessible à un élève qui n'a pas déjà les codes de l'élite et l'effet de choc est énorme. Je suis bien placée pour le dire, je vous l'assure...
Alors que faire ? Les étendre, les étendre, ces formations, les démocratiser, et qu'elles ne servent plus seulement à alimenter des écoles de prestige dont on ressort avec un carnet d'adresses, puisque ces écoles ne jurent que par le "réseau", mais par exemple les collectivités, la fonction publique, etc.
L'autre problème, c'est la suppression des BTS et la sous-évaluation par le privé et le public des formations dispensées par l'université. Ces formations sont pensées comme plus accessibles par les étudiants, mais ce n'est pas une question de niveau, seulement de rythme et de but (insertion professionnelle plus rapide). Or elles sont aujourd'hui dévalorisées (loi LRU) et seront de plus en plus chères, de plus en plus sélectives, en même temps qu'elles se videront de leurs contenus théoriques et pratiques.
Mais vraiment, vraiment, les rares solutions que j'évoque sont utopistes, avec les réformes actuelles...
Alors en fait, je pense qu'il va falloir la faire, cette révolution de notre Mammouth...
Combien vous voyez juste et trouvez les mots pour l'exprimer.
Merci infiniment !
Et Anne n'a pas tort lorsqu'elle écrit:
"Alors en fait, je pense qu'il va falloir la faire, cette révolution de notre Mammouth..."
Cependant, pour connaître fort bien ce système de l'intérieur, je sais que ce n'est pas l'Enfant - le futur adulte en devenir dans la société - qui est l'essentiel, mais l'Adulte, les enseignants dans leur grande majorité et les parents. Tout est fait pour répondre à leur "lobby", car ils se sont organisés en groupes de pressions et font passer leur volonté majoritaire, soit par l'intermédiaire des syndicats - qui représente leurs intérêts - soit par les associations de parents d'élèves. Parmi ces dernières, celles qui l'emportent sont celles qui sont les plus fortes.
C'est tout simplement un rapport de force, et il n'y a PAS de lobby pour les enfants.
C'est donc à toute la société de prendre le problème à bras le corps en réfléchissant à cette question: "Quel pays voulons-nous pour demain ?" et en en définissant les contours de manière la plus détaillée possible.
Car le pays de demain se forge à la maternelle d'aujourd'hui. Le récent ministre de l'Education nationale en avait une idée précise.
Et là, il ne s'agit plus de partis politiques, mais de toute la société dans son ensemble. J'écoutais Juppé sur France Inter ce matin, il ne disait pas autre chose... dans un autre contexte.
Et c'est à la société de s'organiser. La France est le pays du "chacun pour soi", avec le plus fort taux de corporatisme - défense d'intérêts particuliers - et le taux de syndicalisation et d'organisation citoyenne au niveau national les plus faibles d'Europe.
C'est là qu'il faut mettre le paquet.
On n'a rien sans rien.
La seule chose que je puisse ajouter à votre commentaire, qui est fort juste, c'est que les syndicats d'enseignants ( je parle du secondaire ) ne sont pas représentatifs des volontés des enseignants. Et ce qui s'est passé en 2003 n'a pas arrangé les choses. Sauf que nous sommes obligés de passer par là pour les mutations par exemple, pour ne pas être sur trois établissements en même temps etc etc.
Mais les syndicats d'enseignants, dans leur ensemble, se soucient comme d'une guigne des problèmes réels des enseignants. Il y a écart - pour ne pas dire rupture entre eux et nous.... D'autant plus qu'ils ont réussi l'exploit de nous faire détester d'une partie de la population - ce qui a achevé de nous isoler et de discréditer notre parole.
Un exemple : entendre un **** comme Poivre d'Arvor parler de sa jeunesse dans des classes de plus de 40 élèves et n'avoir en face personne pour l'obliger à préciser :
- 40 élèves triés sur le volet, ce n'est pas difficile à gérer.
- 40 élèves par classe, 2 / 3 classes par enseignant, cela fait au plus 120 élèves à gérer....Pour français et mathématiques cela faisait 80 élèves : or on fait plus travailler 80 élèves que 140 ( en années basses pour l'enseignant de lycée actuel ).
Mais ça, personne dans nos instances ne le dit - je ne sais pas pourquoi mais je sais qu'ils ne le disent pas et que c'est la croix et la bannière pour obtenir tous ces chiffres 'historiques'. On laisse donc parler des gens qui jouent à détruire la machine.
J'avoue que cela me dépasse.
Mais je suis sûre de ce que j'ai entendu cet hiver : dès septembre 2010, les cours d'exploration seront donnés sans contrainte d'effectif autre que physique ( comprendre : on prendra une salle et on la bourrera jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de place. ) Aucun problème à cela : ces cours ne seront soumis à aucune évaluation.
C'est le système des cours en Amphi, collé dans un lycée avec des élèves de seconde - qui sont tenus d'être présents, et c'est tout. De qui se moque-t-on ?
@shadokskaia' ...D'accord avec tout ce que vous dites, et ceci est à méditer :
Mais cette idéologie de refus de l'accès à la culture dite 'des élites' perdure toujours, et on a pu entendre cet automne d'infects personnages, issus de l'X, de Normale, de l'ENA, d' HEC, des classes prépas les plus dures, vous dire qu'il fallait supprimer ces classes prépas, parce que trop élitistes. C'est à dire qu'il faut supprimer celles qui sont gratuites et on les remplacera par des payantes - et là, on l'aura, la vraie reproduction sociale. Parce que malgré tout, il y en a encore qui passaient à travers le maillage et qui parvenaient à intégrer Sciences Po sans marquage 'pauvreté' ...,
par certains qui ne comprennent pas ce qu'il y a de force résiliente émancipatrice dans l'école républicaine (malgré les "réformes", l'entreprise de démolition et de dénigrement de nombreux pouvoirs politiques, cela culmine avec l'actuel), étant aussi bien entendu qu'elle n'est pas une institution parfaite et ne l'a jamais été. Ceux qui veulent" jeter le bébé avec l'eau du bain" (sans voir qu'il y a un bébé dans le bain, du moins je présume), rejoignent dans certaines de leurs critiques les plus virulentes (sans le savoir, du moins je présume) ces "infects personnages" dont vous parlez, toujours proches du pouvoir (quel qu'il soit). Mais à qui profitera le crime? Que chacun se le demande.
Merci pour ce point de vue très instructif et interessant.
Sur le constat, on ne peut que vous faire confiance, et ce que vous dites recoupe bien mes souvenirs de collège et lycée, ainsi que ce que j'entends dire de beaucoup d'enseignants.
Sur l'analyse, je crois qu'il manque la connaissance, ou l'intégration dans l'analyse, de ce qui se passe avant le collège. Lorsqu'un élève arrive en sixième en ne sachant pas trop pourquoi il devrait apprendre, en ne voyant la note et le passage en classe suivante comme seul but, en n'étant pas capable d'une intégration sociale dans la classe, c'est que tous les apprentissages sociaux et philosophiques (pas au sens acadamique du terme) devant être fait en maternelle, en primaire et au sein de la famille n'ont pas été fait ou réussis.La formation des enseignants du primaire autour d'approches plus pédagiquse par les IUFM aurait pu réorienter la façon d'enseigner des enseignants et d'interagir avec les familles. Mais il semble bien que ces méthodes tendent à disparaitre avant qu'une réelle évaluaton de ses façons d'enseigner n'ait pu être effectuée à grande échelle.
Sur les remèdes, je voudrais revenir sur deux phrases qui m'ont choquées, peut être parceque mal comprises ou insuffisemment développées:
"accepter de discuter, tous, de ce qui doit être enseigné - et trouver un discours qui permettra d'expliquer à tout le monde pourquoi les enseignements professionnels ou techniques doivent être éliminés"
Pouvez vous expliquer en quoi l'abandon d'enseignemens techniques serait un bienfait, alors même que certaines personnes ont des esprits et des dons tournés vers le concret plutôt que vers l'abstraction?
"savoir d'un côté que l'école a un coût, qu'il est très élevé et que la majeure partie d'entre nous ne pourrait pas le payer sans système de répartition"
En quoi savoir que l'école a un coût pourrait aider? D'autant que selon moi, il ne s'agit pas d'un coût à ramener à un élève, mais d'un investissement à ramener sur une génération.
@ Christophe : la première phrase est l'expression d'une amertume : je sais très bien que l'abandon de ces filières est une catastrophe, et une violence sur les enfants ( d'autant mieux que mon grand-père était passé par là, pcq il détestait l'école, et qu'il a fini ingénieur aéronautique ). L'amertume vient de là et du fait qu'on laisse ( le ministère, la presse ) les enseignants faire le sale boulot, et qu'on doit faire les imbéciles à persuader un enfant qu'il est bien mieux en filière générale alors qu'on sait très bien que ceci n'est dû qu'à la fermeture programmée des autres filières.
Pour ce qui est du coût - je suis d'accord avec vous, il s'agit, dans un pays rationnel, de comprendre que c'est un investissement. Mais la dimension rationnelle n'est plus présente dans nombre d'esprit. Nous voyons deux problèmes : d'une part les élèves, qui changent d'attitude quand on leur dit ( je ) que leur présence est voulue par la communauté, que tout le monde paie pour eux, et que le montant est élevé -> ça n'a l'air de rien, mais le montant les secoue et on a un peu moins de dégradations du matériel - et p-être un peu moins de rejet de la société, puisqu'ils constatent qu'elle est là, avec eux, la société ( comme ils disent ).
D'autre part, j'ai croisé nombre de gens, d'adultes, qui imaginent avoir tous les droits sur l'institution, parce qu'ils paient des impôts : or connaître le coût réel peut permettre de calmer cela ( tous les droits cela veut dire : demander et obtenir la suppression de notes trop basses, des sanctions pour triche, des heures de retenue etc -> ceci, dit 'difficiles relations entre les parents et l'institution' n'est plus un phénomène marginal, et pour que leur enfant ait un dossier parfait, tout est permis, et les rectorats croulent sous les lettres de protestation. Jusqu'à présent, l'administration faisait tampon, depuis deux ans, chez nous au moins, ce tampon est émoussé et j'ai vu des moyennes remonter en flèche et des notes supprimées - c'est pratique l'informatique pour cela vous savez, des professeurs convoqués et priés d'être compréhensifs, moins ambitieux etc etc ).
Voilà pour cela - en ajoutant au passage que cela permettrait aussi d'éviter le 'ce qui est gratuit n'a pas de valeur' - ce n'est pas gratuit du tout, l'enseignement.
Merci pour ces précisions.
A vous relire.
@ anne : en fait, je pense qu'on nous recrée de véritables castes sociales, et que les institutions scolaires ( le public et le privé conventionné sont sou:mis aux mêmes règles ) 'populaires' n'ont plus pour fonction que d'être des leurres.
Refuser aux enfants l'accès aux savoirs 'bourgeois' que sont les bases du français, du calcul, le latin, le grec, le faire consciemment ( ce sont des professeurs d'IUFM qui disent cela - qu'il faut cesser ces apprentissages, qu'ils rendent imbéciles, et que cela 'vient tout seul' et tout un discours très rôdé ) permet de mettre la très large majorité des enfants dans une situation de décalage par rapport aux 'bourgeois' pour reprendre les terminologies en vogue dans ce milieu.
Pour avoir corrigé des copies de très bons lycées, très bourgeois, très abrutissants selon certains tuteurs d'iufm, je peux vous affirmer que ces copies sont parfaites et que ces élèves n'auront pas de problème à intégrer toutes les grandes écoles et universités du monde.
Pour les autres cela devient compliqué.
Si on ajoute à cela la suppression des classes préparatoires ( publiques - gratuites ), on permet une chose très simple : les lycées de centre ville en question, certes dévolus aux classes moyennes et supérieures, vont eux aussi devoir appliquer les règles du vulgus pecus et on n'aura plus en province, de lieu - gratuit - pour espérer réussir.
Cette année, une maman m'a demandé mon avis : elle voulait savoir s'il valait mieux que son fils reste chez nous jusqu'en terminale ou si il était préférable qu'elle paie l'internant et l'envoie au lycée/prépa de la grande ville du coin. Comme il voulait être ingénieur et faire sup et spé, comment vouliez-vous que je lui conseille de rester chez nous ? Je sais très bien que dans l'autre lycée, il aura la possibilité de faire ces études. Et c'est gratuit, accessible à ses parents -> supprimez cela et les 15 élèves qu'on envoie en prépa n'iront plus. Ce sont 15 élèves de classes populaires et moyennes.
Je ne comprends pas qu'on prétende leur refuser cet accès.
( Je sais bien que les prépas sont difficiles. J'y suis passée aussi. Je sais bien que tout le monde "n'intègre pas" - mais on n'y perd pas son temps et le changement de parcours n'est pas trop difficile. )
Je ne comprends pas que, sous couvert de cette difficulté, on joue la suppression, en sachant très bien que les prépas privées resteront ouvertes - et que les excellentes prépas publiques deviendront privées. Le truc "on supprime tout", je n'y crois pas une seule seconde. Ce qu'on veut supprimer c'est tout accès possible aux 'autres' là, ceux d'en bas qui prétendent avoir des capacités intellectuelles. Mozart assassiné devient la mode en France.
Mettez-vous à la place de ces jeunes gens : vous êtes brillant et tout le monde s'en fout ? Soit on fuit la France, soit on fait la Révolution, soit on s'aigrit durablement. Les trois solutions sont insupportables, je trouve. ( on n'est pas dans une mentalité anglo-saxonne, en plus : ici avant de trouver un financement parce qu'on est brillant, on peut s'aligner, d'autant plus qu'il n'y a plus de critère objectif fiable : les notes du bac servaient à cela, elles sont discréditées dans le métier, le recrutement se fait sur dossier, avec les appréciations des enseignants et les notes de l'année - qui sont souvent très inférieures à celles du bac - mais pour cela il faut être dans le métier, il faut pouvoir évaluer ce type de dossier, je ne vois pas les banques françaises jouer à cela ).
A part une rancoeur horrible, qu'en sortiriez-vous, de ce système ? Et les autres, ceux qui sont coincés avec leurs fautes d'orthographe ? Ceux qui entendent : moi les CV bourrés de fautes, poubelle. ( message que refusent d'entendre les grands pontes de l'Education Nationale, qui sont capables de sanctionner les enseignants qui font encore des cours d'orthographe - nos rapports d'inspection commencent enfin à circuler, et c'est terrifiant : mon collègue de lettres qui a démissionné s'est vu reproché son emploi du passé simple, par exemple. Ses cours portant sur Sophocle, Eschyle et Euripide, parce que ce ne sont pas des auteurs français et qu'on n'en a pas besoin pour comprendre Racine - auteur trop difficile aussi d'ailleurs. A moi, on a reproché le nombre de livres à lire qui est trop important, l'étude de poésies de Rimbaud trop difficiles, mes heures d'aide individualisée consacrées à la maîtrise de la langue française, les 3 points que j'enlève quand il y a trop de fautes - et que, comme une vraie conne, je rends quand les fautes sont corrigées, ce qui me fait double correction à chaque fois. Faisait. Il faut que je me souvienne que je ne suis plus prof et que, protégée comme tous les fonctionnaires, je suis partie sans rien. A la professeur d'Espagnol, qui est partie aussi, ce fut le fait qu'elle travaillait sur Cervantes, qu'elle faisait des cours de grammaire et des interrogations de vocabulaire, et qu'elle perdait du temps à faire cela et que c'était néfaste pour ses élèves. Etc etc. ).
Vous comprenez ? Je sais que j'exagère sans doute en parlant de Révolution, mais ce dont je suis sûre, c'est qu'on nous vend deux éducations, une de décorum, gratuite et volontairement inefficace, mauvaise, et une bonne payante ( et vraiment payante, ce ne seront pas les 200-300 euros des écoles dites privées - mais les 8/9 000 des écoles privées non conventionnées, où vont les enfants de nos ministres souvent.... l'école Alsacienne est pleine des enfants de gens qui se disent socialistes. Le lycée Américain, les lycées internationaux, il y a des voies, quand on paie cher. )
- d'esprits - internat !
Zut je n'arrive pas à modifier tous mes messages, et j'ai besoin de me relire, surtout quand je suis dans un sujet qui me tient autant à coeur !
@ Shadokskaia : D'accord avec vous !!!
Sinon, pour modifier, il y a parfoisdes complications techniques... On s'en fiche des "s" qui manquent et des fautes de frappe
( Je sais bien que les prépas sont difficiles. J'y suis passée aussi. Je sais bien que tout le monde "n'intègre pas" - mais on n'y perd pas son temps et le changement de parcours n'est pas trop difficile. ) Je pense que les choses ont changé depuis que vous y êtes passée... La sociologie des classes prépas comporte bien peu de "classes moyennes", il me semble, de ce que j'en ai vu.... Le changement de parcours est horriblement difficile, surtout dans les classes littéraires.
Imaginez ma copine beur de Trappes arriver à Henri IV... Cet exemple n'est pas très représentatif mais accéder à la "culture de l'élite", et en fait, surtout à ses codes, lui a demandé, m'a demandé dans une moindre mesure, un effort énorme, sans compter les sympathiques camarades bien bourgeois qui s'y trouvent, toujours prêts à vous enfoncer. Il n'était même pas question, pour elle comme pour moi, "d'intégrer", mais juste de tirer ce que l'on pouvait. Nos différences, nos manques, notre orthographe, notre langage, etc... tout nous a été reproché et on nageait en plein Bourdieu ! Mais en effet, la nécessité fait que : elle n'aurait jamais eu l'agreg sans être passée par cette formation, selon elle... Elle n'aurait jamais pu non plus payer une prépa privée... Néanmoins, j'aimerais idéalement que d'autres évitent cette violence qui n'avait rien de symbolique...En effet, ça rend vite amer, ou aigri... Et pas seulement sur des questions de réussite, sur le fait de se sentir plus faible, etc... Plutôt de se rendre compte que les jeux sont faits d'avance depuis longtemps sauf pour une très petite minorité (vos 15 élèves)...
Bien sûr que Mozart assassiné devient la norme en France ! Et on l'assassine tous les jours... Mais dans sa caste !
D'où la solution : révolution du Mammouth, afin de le décloisonner, mais sur quelles bases, comment ? Je ne le sais pas mais j'espère que d'autres y travaillent.
Et petit clin d'oeil, j'ai eu un prof dans votre genre au lycée, qui m'a bien sauvé la mise... Quoi qu'en disent les inspecteurs !
Mais vous exprimez exactement les réalités, c'est le principal.
C'est un de mes sujets principaux, car toute société est formatée par son Education...
Je rappelle quelques-uns de mes articles que vous confirmez grandement par votre liberté d'expression, notamment en ce qui concerne les syndicats pour les "mutations". Ayant une grande partie de ma famille dans l'EN en France, j'ai pu assister à ces dévoiements... le syndicat utilisé - car c'était le seul moyen - pour une mutation des DOM-TOM vers la métropole, avec certificats médicaux de complaisance pour justifier le tout...
OÙ sont les enfants dans ces pratiques ?
Voici quelques articles à ce sujet, vus du pays où je vis:
Pourquoi les gens sont différents dans les différents pays?
Engagement citoyen: Une triste cour d'école - transformée en paradis pour enfants - Photos
A la base de toute société: son Ecole - Qui est le "3eme enseignant"? Photos et vidéo
"Un violon ou violoncelle pour chaque enfant" en cours préparatoire - comment est-ce possible ?
Infantilisation acceptée par toute un population
La formation de la "pensée" française et ses conséquences
Le rôle de la TV dans l'acquisition du langage
L'orthographe et l'illetrisme
Les enfants français n'aiment PAS l'école. Pourquoi?
et en dernier...
Pourquoi se dédouanner de ses propres responsabilités en nommant Sarkozy?
En outre, j'invite à écouter l'excellente émission sur France Inter de ce jour, qui confirme ce que j'écris depuis bientôt 3 ans, je viens d'en faire un commentaire sur ce fil:
Le collectif a-t-il encore un sens ?
Je découvre votre billet... Merci tout simplement. Votre vibrant plaidoyer, j'aurais souhaité l'écrire. Il confirme les constats que j'ai pu faire en presque quatre décennies d'enseignement.
Je me suis permis d'en extraire ceci
1-"les évaluations sont devenues des leurres pour obsédés de stats"
2- "Si on pouvait sortir du système classe=âge, on aurait déjà fait un grand pas."
3-"le redoublement a une très grande valeur lorsqu'il est souhaité par l'élève - au passage, il devient très difficile de redoubler, maintenant cela se mérite, j'ai en mémoire un conseil de classe fabuleux où notre principal nous expliqua la 'logique des flux tendus' appliquée à l'éducation nationale -> en gros, on gère les élèves comme d'autres gèrent des stocks, et ils sont supposés passer ( avoir leur sort réglé tout au moins dès le mois de janvier, pour qu'on puisse en février établir les dotations horaires de l'établissement = nombre de professeurs, heures d'enseignement par matière, estimation des effectifs )."
Ce dernier passage amplement validé par Jean-Pierre Le Goff dans "La Barbarie Douce" : la catastrophe qu'a été l'introduction à l'Ecole des méthodes de management de l'entreprise...
Merci encore.
Merci pour votre article, je pensais en vous lisant à "La journée de la jupe", film que tout commentateur du système éducatif devrait avoir vu avant de tenter quelque recommandation ou quelque critique.
Merci à vous tous.
J'ai trouvé aujourd'hui un article qui peut vous éclairer aussi sur l'état d'esprit des jeunes gens que nous avons comme élèves et qui voient très bien que l'avenir pour eux sera pavé d'épines :
http://eco.rue89.com/2010/08/18/les-jeunes-face-au-chomage-une-generation-perdue-162822
Que ce soit la réalité ou un fantasme exagéré, cette idée selon laquelle ils ne s'en tireront pas est terriblement ancrée et là aussi, comment faire comprendre qu'il faut travailler ( contre tous, même contre l'institution qui vous laisserait croire que tout va bien ) et que ça va marcher ?
J'attends un parti politique qui saurait porter le problème sur la place publique.
Pour l'instant, rien - ou plutôt si : entre la droite et son obsession du coût ( et son ignorance absolue de la théorie des 'coûts cachés' > les économies faites d'un côté peuvent s'avérer tellement plus onéreuses que les dépenses acceptées et comprises - les investissements ) et la gauche et son obsession du professeur-à-mater, tout croule sous nos yeux !
Je viens de relire votre article que j'ai cité sur le fil et trouve vos phrases:
les syndicats d'enseignants ( je parle du secondaire ) ne sont pas représentatifs des volontés des enseignants. Et ce qui s'est passé en 2003 n'a pas arrangé les choses.
Sauf que nous sommes obligés de passer par là pour les mutations par exemple, pour ne pas être sur trois établissements en même temps etc etc.
Mais les syndicats d'enseignants, dans leur ensemble, se soucient comme d'une guigne des problèmes réels des enseignants. Il y a écart - pour ne pas dire rupture entre eux et nous.... "
Vécu dans mon entourage proche. Une mutation des DOM-TOM vers la métropole et vice-versa, obtenue grâce aux syndicats avec des moyens ne correspondant nullement à la vérité.
Du lobbysme pur et dur, politique, sur le dos des enfants et des enseignants.
Mais tant que tout le monde se tait...
Exact - et on ne dit rien non plus de la Maif/Mgen ... mgen trop chère pour moi, par exemple... des prix qui défient la concurrence, pour quand on sera obligés de s'arrêter.... Maif qui a récupéré l'an dernier la "petite" association professionnelle où nous nous couvrions des risques du métier...
Je lis ce jour dans Le Monde:
"Un rapport confidentiel, que Le Monde s'est procuré, montre en effet que les discriminations de toutes sortes ont tendance à se banaliser au sein de l'institution scolaire.
Alors même que l'école est supposée intégrer chacun dans la communauté républicaine.
Le constat établi par le groupe de travail qui a rédigé le rapport est préoccupant, qu'il s'agisse du handicap, de sexisme, d'orientation sexuelle ou d'origine.
L'enfant handicapé fait encore trop souvent "peur". Les stéréotypes sur les différences "naturelles" entre filles et garçons restent répandus. Cela a des conséquences scolaires, mais cela conduit aussi à des violences parfois justifiées par des "convictions culturelles ou politico-religieuses".
L'homophobie se banalise et l'école se montre trop rétive à réagir. Les conséquences, pourtant, peuvent être dramatiques pour les victimes.
En matière de racisme, d'antisémitisme et de xénophobie, enfin, le groupe de travail constate "une prise de conscience progressive, mais une banalisation des injures et des actes". Et si les élèves en sont victimes, les enseignants ne sont évidemment pas épargnés.
Globalement, c'est le " vivre ensemble" qui se détériore, préviennent les auteurs du rapport."
Comme l'a montré la discussion sur ces articles:
Le système éducatif en France
La morale selon Kant
Pourquoi les gens sont différents dans les différents pays?
C'est la rentrée demain...
On entend sur les ondes françaises plein de jeunes profs qui commencent à enseigner sans aucune formation, ils n'ont eu que DEUX JOURS de "préparation". Ils s'en plaignent à la radio...
C'est criminel pour le pays de demain.