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Mahmud Darwish
Malgré les apparences
Malgré les mille et une raisons qu'il aurait eu de le faire
Malgré tous ceux que cela aurait pu réjouir d'étouffer une voix aussi forte
Mahmud ne nous a pas laissé tomber, il chante encore pour longtemps.
...on en a quand même gros sur la patate.
Ce petit extrait de jawaz as-safar (Passeport), poème de M. Darwish, chanté par son ami Marcel Khalifa a été enregistré (sans jawaz at-tasjîl) le 15 avril 2008 à l'Opéra du Caire, lors des trente ans du journal du parti Tagammo'.
"Ils ne m’ont pas reconnu dans les ombres qui effacent les couleurs de mon passeport
Et ma blessure était pour eux un objet de spectacle offert aux touristes passionnés de photographies
Ils ne m’ont pas reconnu
Ah !
Ne laissez pas ma paume sans soleil
Parce que les arbres m’ont reconnu, m’ont reconnu tous les chants de la pluie
Ne me laissez pas livide comme la lune"
Un article complet sur Mediapart en dit davantage sur l'oeuvre de Mahmud Darwish qui méritait effectivement de détrôner les J.O. dela Une.


Tous les commentaires
Merci Sylvie pour cet hommage en chanson à Mahmud Darwish. J'ai, il y a quelques années, cherché en vain un CD de Marcel Khalifa reprenant le 33 tours sur lequel il chantait plusieurs de ses poèmes (dont l"e passeport" et "ma mère"). Cordialement. Nouara B.
"avec mes cils, je coudrais un mouchoir que je broderais du poème de tes yeux et du nom qui me prodiguera un jardin lorsque je l'arroserais de mon coeur meutri par le chant..."; salut Mahmoud, 20 ans que je cherchais à te rencontrer, 20 ans où je déclamais ta poésie (grâce au travail remarquable de ton premier traducteur en français: Abdellatif Laâbi) dans les soirées et les spectacles de soutien à ta terre natale, puis j'ai fini par te saluer en décembre 2007 à Carthage, je ne m'y attendais pas, je me suis senti si ridicule de ne pas avoir su te témoigner dans cet instant inespéré toute mon admiration et ma tendresse pour celui qui était devenu un compagnon (comme Léo Ferré) de mes tribulations existentielles, je crois que j'ai eu peur, il me semblait que je ne méritais pas cette rencontre tant ton oeuvre transcendait ma petite personne qui s'évertuait modestement à retrouver ton souffle sur scène, j'ai pas pu-pas su-te rendre hommage alors que ta prose hante ma mémoire sempiternellement; maintenant que tu es parti, je n'ose même pas sonder l'abyme qui s'ouvre aux abords de ta perte, j'ai honte de ne pas avoir été à la hauteur quelques mois avant ton départ irréversible, je suis triste mais je n'ai pas mal: la consécration (ou les deux), sans doute, d'une errance et d'une solitude définitive puisque tu n'es plus là....
J'ai eu la chance d' assister au concert de Marcel Khalife à l'opéra du Caire, en avril dernier. C'était un moment magique, d'une grande intensité. Le public qui connaissait les poèmes de Mahmoud Darwich par coeur les chantait avec le musicien. Qu'ils soient Egyptiens, Libanais, Syriens, Palestiniens, tous étaient à l'unisson. J'ai senti la ferveur de la conscience arabe dont Mahmoud Darwich était l'un des initiateurs à n'en pas douter. C'est une grande perte pour le monde arabe et pour le monde en général. Le poète meurt mais pas sa pensée. A lire sans modération.