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Google, cette bouilloire qui réchauffe (la planète)

14 g d'émission CO2, c'est le bilan carbone d'une bouilloire à thé. C'est aussi, d'après les calculs de Alex Wissner-Gross , jeune physicien d'Harvard, le coût énergétique de 2 recherches sur Google. Le genre d'information qui ne peut que se répandre à la vitesse de l'éclair sur l'Internet, dont les utilisateurs (je m'inclus) vivent dans un paradoxe déroutant : jouir de la puissance de cet outil, au point d'en dépendre parfois trop, mais par ailleurs se targuer d'être, par leur surinformation et leur capacité de veille permanente, à la pointe des débats de sociétés, le réchauffement climatique n'étant pas le moindre. C'est donc un joli pavé dans la mare que Wissner-Goss y a lancé, même si d'autres questions lient la web-Société à des préoccupations écologiques, comme par exemple le devenir problématique des ordinateurs en fin de vie, dont le recyclage est au mieux coûteux, au pire pas ou mal fait et générateur de produits toxiques dans des régions du monde sur lesquelles nos yeux d'occidentaux se ferment pudiquement.


Puisque tout va vite et qu'il est parfois bon de résister à cette vitesse, on peut prendre le temps de préciser deux choses à propos des chiffres de Wissner-Gross. D'abord, il ne semble pas que ces résultats aient été validés à ce stade par une publication en bonne et due forme. On apprend ici qu'il les a pour l'instant annoncés sur son blog ( que je ne retrouve pas, mais je commence à avoir des scrupules à googliser :) ) et qu'il les a soumis à publication à l'US Institute of Electrical and Electronics Engineers, ou plus précisément, j'imagine, à un des journaux de cette entité. Tout cela incite à une très basique prudence.


Par ailleurs, le jeune chercheur ne se cache pas d'être à l'origine du site CO2stats.com , dont le but principal semble être de commercialiser un logiciel destiné à « verdir » votre ordinateur, selon un principe marketing implacable : il vous informe de son bilan carbone et va régulièrement le compenser en achetant de la bonne chtite nénergie solaire toute propre, et votre bonne conscience avec. C'est un site commercial, vous irez donc à sa recherche comme des grands. De toute évidence, notre chercheur du jour sait conjuguer habilement ses activités et en citant le big-brother des moteurs de recherche dans son annonce choc, il s'est assuré d'une belle reprise.


Ceci étant dit, cela ne disqualifie pas le fond du problème. Cette société de l'information dont on nous fait des gorges chaudes est une société incroyablement consommatrice d'énergie : pour qu'un moteur de recherche vous donne l'impression de l'instantanéité, il faut des monstres de puissance, des centaines de serveurs. L'économie même d'une recherche est dispendieuse, puisque quand vous cliquez sur « search », votre demande est envoyée dans plusieurs directions différentes, et des serveurs sont d'une certaine manière mis en compétition pour leur rapidité à répondre. Wissner Gross a aussi calculé que la simple consultation d'un page web avait un bilan de 0,02 g, voire 0,2 g si elle est gavée de photos, vidéos et sons. Toute ces histoire m'ont remis en mémoire un papier assez sidérant que j'avais lu il y a quelques mois, où le blogueur Nicholas Carr calculait de manière simple et convaincante que pour des raisons similaires à ce qui précède, un avatar virtuel dans l'univers Second Life consommait autant d'électricité qu'un Brésilien bien humain et, si mes souvenirs sont bons, 5 ou 10 fois plus qu'un Africain de l'Ouest. (pour ceux qui l'ignorent : SL est un monde en images de synthèse accessible depuis le web où vous pouvez vous créer un personnage, votre « avatar »qui se déplace et intéragit avec d'autres avatars, ou avec l'environnement, en régulière expansion)...entre nous, ce genre de réalité jette un léger froid, non ?


Pour être réglo, précisons néanmoins que Google a contesté les chiffres de Wissner-Gross, en rappelant que la société investit dans des programmes "écoresponsables" comme Climate Savers Computing (que c'est touchant) et surtout en annonçant un bilan de 0,2 g par requête en lieu et place des 7 g avancés. Certes, c'est plus de 30 fois moins, mais chacun s'accordera à dire que cela ne change pas grand chose à l'affaire, finalement. Même en prenant cette hypothèse basse, Google, qui répond à 400 millions de requêtes par jour, serait ainsi joyeusement comptable d'un bilan carbone quotidien de 80 tonnes de CO2 ! Si l'on se réfère aux exigences du Grenelle de l'Environnement concernant les émissions de CO2 par les voitures neuve à l'horizon 2012 (120g par kilomètre), c'est quand même l'équivalent de plus de 600 000 kilomètres-voiture parcourus par jour, et selon « l'hypothèse Wissner Gross », on monterait à 23 millions de kilomètres par jour !


Large sujet de réflexion (je ramasse les copies bientôt) : pourquoi même notre envie de connaître le monde doit-elle être une manifestation de notre voracité ? … je sens que ça va vous inspirer... Je pars boire les 47 litres de thé que ce billet a généré !

Tous les commentaires

Merci Thomas pour cette information. Néanmoins il me semble que la question n'est pas tellement de savoir si l'utilisation de Google, et d'Internet en général justifie l'émission de CO2 (vu l'utilité de l'outil, pour moi la réponse est clairement 'oui'), mais de savoir s'il est possible d'utiliser une énergie avec la plus petite émission de CO2 possible, et les gains en efficience énergétique du secteur NT prévus à court et moyen terme. Je présume que les calculs de Wissner-Gross sont basés sur l'utilisation d'énergie fossile?

Quel tissu d'ânerie au nom de l'idéologie pseudo verte... Le genre de non information, juste pour gloser dans le vide. Et sans Google on obtenait l'info comment ?? en téléphonant (échauffement des standards), en se déplaçant en voiture ou en transport... donc qui chiffrera l'économie d'énergie liée aux recherches faites en un instant sur internet (qu'elles se fassent via Google ou via n'importe quel autre moyen du net...)...

On se détend :) Mon billet ne se veut pas anti-google, ni technophobe et je vous laisse volontiers "l'idéologie pseudo-verte" si vous savez quoi en faire ... il est juste une matière à débattre et effectivement je suis preneur de tout ce qu'on peut mettre dans l'autre plateau de la balance ! C'est l'apparition de données chiffrées (et on l'a vu, contestées) sur un des deux plateaux de cette balance qui provoque ce billet. Celles sur l'autre sont au moins aussi intéressantes, mais donnez les, cela évitera de gloser dans le vide... Accordez moi seulement que les millions de requêtes "Paris Hilton" sur google sont cependant quasiment un pur effet d'opportunité généré par l'existence de l'Internet ... et que ca doit bien faire quelques tonnes de CO2 inutiles, ça, non ?... Accordez moi donc aussi que le monde ne se porte pas radicalement mieux depuis que les avatars de Second Life consomment autant d'électricité qu'un Brésilien... il y a quoi, là sur l'autre plateau de la balance ? Les emplois créés par Second Life ? Le plaisir de ceux qui y jouent ? Mouais bof, non ? OK avec vous, bien sûr, pour dire que dans bien des cas les recherches sur l'Internet sont des accélérateurs formidables et des économiseurs de transport/energie etc, mais réflechissons un peu sur tous les effets induits par la simple existence de cet outil ! C'était le but modeste... Cordialement TH

Navré mais Vincent a raison (peut-être pas dans le ton) de pointer cette idée : j'habite une petite commune, à 40 km de la première (petite) ville. Plus besoin de faire autant de fois le trajet qu'avant internet. Votre étude n'a de sens que si vous faites un bilan général, sinon on peut aussi calculer la quantité de CO2 induite par l'école depuis que l'instruction est devenue obligatoire. Si c'est pour nous dire que toute nouvelle machine, tout nouveau progrès, produit sa dose de CO2, on s'en doutait déjà. Incomplète, votre étude ressemble plus à un scoop pour faire vendre, et comme tout scoop bien souvent, à de la poudre aux yeux. On attend donc votre bilan complet avec impatience.

Non, non, vous n'attendez rien avec impatience, vous le faites avec moi :) Un petit peu de making of : ici, je n'enquête pas, je réagis aux nouvelles. J'amasse ce que je peux de faits, et je vous les offre. Pour les enquêtes, vous voyez mes petits camarades de la partie payante... Non que cela ne m'intéresse pas évidemment, puisqu'au risque de me répéter je redis qu'évidemment ici, il y a l'autre plateau de la balance a prendre en compte : les économies que génère l'Internet. Mais les faits sont simples : un chercheur claironne un calcul sur le bilan carbone de Google. Ca buzze de partout. Je vous le livre avec des éléments de contexte et des considérations de prudence. Cela vous fait réagir car il ne prend pas tout en compte, et vous avez entièrement raison : donnez-nous des chiffres pour étayer ! ils se trouve qu'ils sont beaucoup plus difficiles à obtenir... Mediapart = participatif : je lance la balle, qui veut l'attraper au bond le fait, et tout le monde se régale. Bonne soirée ! Et bien sur vous l'avez noté : je n'ai rien à "vendre". Juste du temps a partager. Pas tout a fait pareil...

Sans parler des horaires de train ni des horaires de ciné, avant les moteurs de recherche, quand on avait soudain une curiosité, une question, si on avait une encyclopédie sous la main on recherchait. Mais la plupart du temps on laissait tomber. Maintenant, surtout pour les jeunes, il me semble constater un véritable changement : toute curiosité exprimée peut conduire à allumer l'ordinateur. Et une fois lancé dans uen recherhce, il n'est aps rare qu'on embraye sur uen autre, par extension. (Que devient Paris Hilton, au fait ?).

Oui, mais prendre conscience que derrière un moteur de recherche se cachent plusieurs serveurs qui vont tous traiter la même requête et donc produire du CO2 peut-être inutilement, ce n'est pas rien. Je connais nombre de personnes qui utilisent Google en page d'accueil de leur navigateur et qui réalisent systématiquement une recherche pour aller sur un site pourtant bien connu. Alors qu'il est simple d'utiliser les fonctions historique ou marque pages. Et si Médiapart améliorait son moteur de recherche pour permettre la recherche paramétrique, je n'utiliserais plus Google pour retrouver un ancien article (bon, en fait j'utilise maintenant un agrégateur).

@ Thomas Heams N'ayez crainte, je sais que vous faites ici dans le bénévolat et vous en remercie. "Scoop pour faire vendre" n'était qu'une image pour qualifier la façon dont j'ai en partie reçu votre article. Amicalement.

@ snp Pourquoi me piquer mes idées avant que j'ai eu le temps de réfléchir. La course à la rapidité est consommatrice de stress et donc de CO2. Ce n'est pas bien.   Heureusement, j'ai un complément à rajouter : J'habite à 10 000 km de la Bibliothèque Nationale de France. Si je veux lire dans le texte "les horribles et espoventables faictz et prouesses du très renommé Pantagruel", j'ai deux solutions : - 1 - ou bien je le fais par le moyen de 3 clics de souris, - 2 - ou bien, j'achète un billet d'avion aller-retour, 2 ou 3 polars pour passer le temps dans les aéroports après avoir abattu les arbres nécessaires pour la fabrication du correspondant papier d'encre pollué. Je loue une chambre d'hôtel pour 2 nuits, plus de menues dépenses de frais de bouches, tickets de métro, RER et autres cafés consommés à un prix prohibitif sur la terrasse vitrée et chauffée d'une quelconque brasserie, plus les frais de consultation de mon ouvrage préféré dans le temple du livre.   Après mûre réflexion, je veux bien payer en espèces sonnantes et trébuchantes l'équivalent en CO2 de mes trois coups de clics si je reçois en échange l'équivalent des dépenses que j'aurais engagées si j'avais choisi la 2ème solution.

bug gaspilleur de CO2

bug gaspilleur de CO2

re-bug

Exemple imparable. Allez, une petite recherche pour voir la proportion d'utlisateurs de Google qui veulent lire Pantagruel dans le texte, ou un autre ouvrage introuvable sauf déplacement en avion ;-)

Merci miradou pour ce sage conseil : "La course à la rapidité est consommatrice de stress et donc de CO2." Je le fais mien. ;-)

re-bug

Bonjour à vous deux, j'allais faire le même commentaire que Vincent, mais en pensant aux économies de papier, et d'arbres et autres matières ligneuses... bien qu'il ne soit pas encore prouvé que les ordinateurs nous ont fait réduire notre consommation de papier. Le tournant vert, c'est ça aussi.

Je suis même près à vous garantir l'inverse: l'informatique génère plus de papier que le papier sans l'informatique. Énormément de gens impriment pour lire. Allez dans n'importe quel séminaire ou conférence et vous recevez des tonnes de papier, copies de powerpoint, etc... dont l'existence est entièrement due à l'accès informatique.

Au cours des 15 dernières années, la superficie des forêts européennes s’est accrue de 13 millions d’ha (soit la superficie de la Grèce) : http://www.vertetnet.fr/mod/le-saviez-vous/au-cours-des-15-dernieres-annees-la-superficie-des-forets-europeennes-s-est-accrue-de-13-millions-d-ha-soit-la-superficie-de-la-grece-,414. Cessons donc de répandre l'idée (fausse) que la consommation de papier réduit la surface boisée. Les arbres, c'est comme pour le blé : en mangeant du pain, on ne se rend pas coupable d'un risque de disette. Il est bon aussi de noter, surtout en période de fort chômage, que l'industrie du papier concerne beaucoup d'emplois, du bûcheron à l'imprimeur et même au distributeur de pubs dans nos boîtes aux lettres (je ne refuse plus la pub papier depuis que je connais la politique de reboisement de nombreux pays).

Il faut choisir : je me fais un thé, ou bien je fais uen recherche sur Google ?
......
J'ai trouvé : je bois de l'eau du robinet en faisant une recherche sur Mediapart (moteur de recherche certainement plus économique)
Article déprimant. Surtout, que personne ne fasse le calcul de la dépense énergétique d'un commentaire 0095.gif

Déprimant, je ne sais, mais article nécessaire, comme les articles aussi sur les nouvelles maladies induites par les portables, les ordis etc. Merci Thomas. Vanc'

En accord avec laiguilleur et d'autres snp, pas besoin d'en rajouter ...

Nicolas Chapelle avait aussi fait un billet écologiste sur les vertus économiques des lettres blanches sur fond noir, "négatif", quoi. Et en plus, c'est joli tout plein, vous ne trouvez pas? (control-option-command+8 pour les utilisateurs de Mac OS X)
(pardon, je voulais dire control-alt-pomme+8)

Pour lutter contre la surproduction de CO2, l'OMS prépare un plan de bataille d'envergure.   Tous les humains vont être appelés à rester au lit en bougeant le moins possible pour tendre à obtenir une respiration la plus faible possible. Tous les bovins vont être systématiquement stérilisés en attendant leur progressive disparition.   Chouette. Plus de footing harassant. Plus de course dans le métro et vers les stations d'autobus, de la maternelle à la garderie, et de la garderie chez le boulanger.   Parallèlement il est prévu une destruction à grande échelle des forêts eu égard à la massive diminution de CO2 résultant des mesures drastiques sus-énoncées.

Vous ne prenez pas assez soin de vous miradou : vous oubliez votre bon conseil. Et avec tous vos bugs (volontaires n'est-ce pas ?) l'eau doit être assez chaude pour votre thé.

J'ai longtemps cru que Paris Hilton était un établissement hôtelier sis en la ville lumière. Vous en faire part valait bien que je me privasse de thé.

@ Melchior Va-t-on trouver un polytechnicien pour évaluer la production de CO2 résultant de l'existence du phénomène Paris Hilton ? Car pour être un phénomène, c'est un phénomène.

Cher Thomas, . Je me risque - sur la pointe des pieds - à ajouter un commentaire sinistrement sérieux après la volée de mots d'esprit qu'a suscité votre billet (mais vous l'avez bien cherché, avec ce titre !). . Oui, la consommation d'énergie des TIC (c'est un peu moins compliqué de parler d'énergie que d'émissions de GES) est un vrai sujet trop négligé. Je n'ai pas pris le temps d'aller rechercher les sources mais voici quelques ordres de grandeur que j'ai en tête : - dans les pays les plus développés, ce secteur est en train de devenir le premier poste de consommation d'électricité. - en Europe, la puissance électrique nécessaire pour faire fonctionner tout cela est de l'ordre de la dizaine de térawatts (milliard de watts) 20, 30, 40,... je ne sais pas, c'est-à-dire de la dizaine de réacteurs nucléaires, en gros. - lorsqu'on utilise un ordinateur en réseau, sa consommation ne représente que 10 % environ de la consommation totale des opérations qu'on effectue ; le reste est consommé de façon répartie (donc assez peu visible pour l'utilisateur final) mais notamment dans les data centers, monstres énergivores où tournent 24h/24 non seulement les serveurs mais aussi les systèmes de climatisation qui permettent d'évacuer la chaleur qu'ils dégagent. . Une fois qu'on a dit cela, que faut-il en faire ? Des travaux prétendent que cette fabuleuse consommation d'énergie permet d'en économiser encore plus (selon le principe exposé dans le billet de miradou). D'autres prétendent exactement le contraire. Mais est-ce bien la question ? Faut-il vraiment choisir entre la requête Google ou la tasse de thé ? . Non, la vraie question est de réduire drastiquement la consommation énergétique des TIC sans pour autant dégrader le service offert. Il semble que la simple généralisation de technologies aujourd'hui disponibles permettrait une diminution de 50 % de la consommation. On a d'ailleurs su le faire, par exemple, pour concevoir les ordinateurs portables, avec des composants et une gestion de leur fonctionnement compatible avec l'autonomie de leurs batteries. Y'a qu'à... Ce n'est une fois de plus qu'une question de volonté politique. Et pour nous qui sommes en bout de chaîne, même si nous ne représentons qu'une petite partie du problème, c'est être attentifs à ne pas laisser en veille des appareils qu'on n'utilise pas, c'est s'intéresser à leur consommation d'énergie au moment de leur acquisition, etc. . En tout cas, pour moi, ce sera Internet ET la tasse de thé ! Et merci cher Thomas pour ce billet (et tous les autres qui précèdent) qu'on savoure comme d'habitude avec délectation, ce qui n'empêche pas, tout au contraire, qu'il nous fasse réfléchir !

Excellents, tous ces compléments ! Merci beaucoup à vous. On avance, on construit ensemble ! Complément a vos compléments : dans ce que je lisais en préparant le billet, on annonçait que les TIC représentaient déja 2% de la conso mondiale d'énergie et/ou autant que celle des transports aériens. Plausible ?

Moi aussi, Gilles, thé et Internet :-) Et en tâchant de regarder l'origine du thé... malheureusement, le thé pousse loin de chez moi. J'évite le plus possible d'imprimer, et pourtant, je n'aime pas lire de longs textes sur Internet. Arbitrage entre satisfactions et désagréments, toujours arbitrer... (Sérieusement, si quelqu'un a la réponse: est-ce qu'écrire un commentaire génère une consommation d'énergie notable ?)

@ Thomas Oui, l'ordre de grandeur n'est pas aberrant. Le problème, c'est que les études sur la question ont beaucoup de mal à suivre la diversification et la croissance exponentielles des usages. L'Agence Internationale de l'Energie s'est livrée en 2002 (c'est très loin à l'échelle d'Internet) à un exercice de prospective à l'horizon 2010 (demain, en gros...). Il faut souligner qu'en 2002, beaucoup des "blockbusters" de l''Internet d'aujourd'hui (Google, eBay, YouTube...) étaient encore dans l'enfance, ou n'existaient tout simplement pas. Les projections de 2002 sont donc sans doute très en-dessous de la réalité. Mais ça donne quand même quelques idées sur les ordres de grandeur, les enjeux, la méthode... On pourra en particulier consulter les présentations relatives aux USA et aux Pays-Bas. Et si quelqu'un sait où trouver des données plus récentes, je suis intéressé ! . PS Dans mon commentaire précédent, il fallait lire "gigawatts" et non "térawatts". Pas la peine d'exagérer, on a assez de soucis comme ça...

Doublon. 7g de CO2 pour rien. Et toc ! Demain je me prive de thé.

(Gilles Garcia): “On a d'ailleurs su le faire, par exemple, pour concevoir les ordinateurs portables, avec des composants et une gestion de leur fonctionnement compatible avec l'autonomie de leurs batteries. [...] être attentifs à ne pas laisser en veille des appareils qu'on n'utilise pas, s'intéresser à leur consommation d'énergie au moment de leur acquisition, etc.”
Les puissances des ordinateurs allant toujours augmentant rapidement, les barettes de mémoire RAM qui se mesurent en gigas de plus en plus nombreux, aussi les capacités des disques durs, on en est mainteant à "au-dessous de 500GB tu n'as plus rien... tout ça aussi correspond à une grosse demande en énergie.
il fut un temps, la force des Macs par rapport aux PCs était précisément ça: optimisation et intégration machine-système, dans laquelle l'ordinateur personnel était aussi rapide, performant et utile qu'un PC, mais avec deux fois moins de mémoire, deux fois moins de "MHz" et besoin de peu d'espace-disque. Mais hélas, même chez Apple on a abandonné cette philosophie, qui n'a jamais existé chez "Microsoft-toujours-plus", et aujourd'hui une plaisanterie courante est de se dire que ce qu'il fallait pour faire tourner impeccablement tel logiciel, de nos jours est à peine suffisant pour en gérer l'icône!
Mais là aussi, il faut l'espérer, on est dans des cycles de hauts et de bas, alors dans quelques années quand tous nos ordis seront tous équipés de "mégatéras-disques durs" rien que pour stocker deux ou trois films, de dizaines de Gigas de RAM et de mémoire vidéo rien que pour éviter de justesse certains hoquets, et de fréquences si élevées que nos ordis feront double-emploi en remplaçant utilement les chauffages électriques domestiques, les ingénieurs se tourneront encore une fois vers la voie de l'optimisation, et cette fois encore ça passera par des techniques complètement nouvelles et inexplorées, non encore imaginées (un seul exemple à l'esprit, probablement faux: on fabriquera des machines hybrides avec des composants électroniques et d'autres organiques...).

Axel, Comparer capacité et consommation n'est pas très pertinent. C'est plutôt la vitesse qu'il faut prendre en compte (comme en voiture finalement). Pour une RAM, on parlera ainsi d'une 1Go ~ 400MHz et pour un disque dur de 1To ~ 7200 tr/min. Le problème de l'optimisation des ressources matériels (le hardware) découle du fait que les utilisateurs n'ont vraiment pas envie de savoir comment ça marche et comment optimiser leur machine afin exploiter le plus efficacement les ressources qu'elle possède.   Pour ne parler que de Windows XP qui est encore le système le plus courant, combien de fois, ai-je entendu quelqu'un me dire, « j'ai acheté de la RAM (voir un PC) car mon PC n'avançait plus ? ». Après un rapide coup d'œil dans le gestionnaires des taches, je me rends souvent compte qu'il a 500 Mo de RAM monopolisée en permanence, sans rien faire. Après optimisation (style suppression de services non utilisés), la charge de la RAM pouvait être divisée par 2.   Les ingénieurs se tourneront vers la voie de l'optimisation, quand il y aura une demande pour ça. Aujourd'hui, le consommateur demande toujours plus de vitesse qui est d'ailleurs le principal argument de vente des commerciaux, et ne souhaite surtout pas savoir comment ça marche. Il veut tout simplement une machine toute prête à utiliser dès le déballage. Je suis d'accord sur le fait qu'il faille optimiser, mais quelle configuration faut-il choisir, sachant qu'il y en a presque autant que d'utilisateurs. Le risque étant alors de retomber sur les travers passé de Linux avec un système que seuls quelques geeks savaient faire marcher. L'optimisation ne serait-elle pas aussi le problème de l'utilisateur ? Quant au problème de surchauffe des composants, il a toujours existé, puisque le but est de les pousser à leur limite de fonctionnement (et tant pis si ça diminue leur espérance de vie, c'est pas ce que demande le consommateur)   http://www.greenit.fr/article/energie/surfer-sans-pub-reduit-votre-consommation-electrique

Plutôt la vitesse d'accord, mais quand je dis optimisation, c'est en tant que vrai moyen d'aller vraiement plus vite (non la simple illusion et l'obligation de remplacer son ordi tous les trois ans). L'optimisation ne doit effectivement pas venir de l'utilisateur, qui devrait pouvoir rester novice: un ordinateur devrait être conçu comme un Mac pré-OS X, c'est-à-dire avec un esprit d'intégration si fort que même tous les développeurs de logiciels travailleraient tous dans le même esprit d'optimisation, rivalisant d'ingéniosité, ne laissant jamais à la puissance le soin de compenser leurs tonnes de lignes de codes inutiles.
Capacité, consommation, vitesse, chaleur, etc, tout ça est pertinent, tout ça est lié, sinon au niveau de l'utilisateur, au moins au niveau de la conception plus exigeante ou qui demande des usines plus gourmandes en ressources et en mains d'oeuvre qualifiée et formée.
Rappelez-vous pourquoi Apple a abandonné le PowerPC pour Intel: La puce "G5" poussée au max, le PowerBook (G4) aux limites du confort, tellement on était arrivés aux limites de surchauffe pour un portable?
Mais prenons un autre exemple plus parlant: Quels composants choisiriez-vous pour envoyer votre ordinateur sur Mars, pour lui confier la mission de piloter un petit véhicule autonome (exemple vécu NASA)? Eh oui, non pas des composant hyperpointus, surpuissants, surchauffants et fragiles, mais des composants les plus basiques possible, soigneusement choisis ensemble les uns par rapport aux autres.
Ce qui provque l'emballement commercial actuel, c'est beaucoup les logiciels et les nouvelles techniques vidéo et jeux, extrêmement mal écrits et extrêmement gourmands en mémoire et en capacité. Et comme tout le monde est parti gaiement sur les autoroutes du "toujours plus gros", c'est aussi au niveau des fabricants de PCs individuels qu'on assiste aux gaspillages divers et variés, sur la base que "la puissance et la rapidité seront toujours capables de compenser".

@Lémur Il faut distinguer les catégories de consommateur de matériel informatique, il y a une large marge entre le gamer qui recherche puissance avant tout, et de nombreuses applications qui recherchent fiabilité avant tout, et la fiabilité informatique s'établit par l'absence de chauffe des composants et l'absence de pièces en mouvement (ventilateurs, disques rotatifs). Il existe aujourd'hui un important marché pour des unités tournant à 1,5 Ghz (genre Celeron M), non ventilés (refroidissement par conduction), à faible consommation énergétique (30 W), utilisant des disques flash de quelques Go (sans partie rotative) et prévus pour tourner 24h/24 pendant des années. Ces unités tournent des versions Linux ou la version industrielle de Windows XP (Win XPE, inconnue du grand public), très peu gourmande (cet XPE tourne sur une flash de 1 Go et 256 Mo de RAM). La course à la puissance, sponsorisée par Intel et Microsoft afin de s'assurer un turnover rapide (un PC d'un an est déjà "obselete" marketingement parlant), est un marché de dupes: Microsoft alourdi volontairement ses logiciels pour obliger de passer à des machines plus puissantes, donc vendre des licences Windows, rien que pour faire du mail et surfer sur Internet. Mais il existe des solutions alternatives, pour ceux qui les veulent.

Mais j'y pense: de même qu'on fabrique des téléphones portables qui font aussi appareil photo, réveil, agenda et tire-bouchon, serait-ce si compliqué d' intégrer à nos ordis une fonction théière ? Et j'te clic sur Mediapart, et j'te clac sur l'icone infuser maintenant.

Attendez que j'édite ma théière qui a trop infusé.
"Doublon. 7g de CO2 pour rien. Et toc ! Demain je me prive de thé. 14/01/2009 22:33Par Gilles Garcia " Donc vous pensez tous qu'un commentaire consomme autant qu'une recherche sur Google ? Commenter ou rechercher, s'exprimer ou apprendre, autre dilemme. Sinon, le doublon étant de la responsabilité de la Netscouade, on la prive de thé ?

Eh bien non, Fantie, le doublon était de mon entière faute, laissons la Netscouade en paix... De toute façon, je préfère de loin le café au thé.

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