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Nadia El Fani : "Le débat sur la laïcité doit avoir lieu en Tunisie"
A quelques jours de l'élection de l'assemblée constituante en Tunisie qui sera chargée de rédiger une nouvelle Constitution, la réalisatrice Nadia El Fani (Laïcité Inch'Allah, en salles depuis le 21 septembre) revient sur son combat pour la laïcité et sur ses craintes de voir enterrer au nom de la morale religieuse le principe de la séparation de la religion et de l'Etat.
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Dans L'Homme de cendres (1986), Nouri Bouzid dévoile un monde secret en filmant le mariage contraint de Hachemi, qui fait brusquement resurgir les fantômes du passé : lui et son ami d'enfance ont été violés... Comment se libérer d'un sentiment de honte qui doit pourtant rester caché dans une société arabe qui glorifie la puissance de l'homme, sa virilitéi. Enorme scandale à sa sortie, L'Homme de cendres (sélectionné au Festival de Cannes - Un certain regard) reste l'un des films les plus audacieux du cinéma arabe.
Poésie...
Dans Les Baliseurs du désert (1984) de Nacer Khmemir, un jeune instituteur découvre un monde étrange de vieillards, de femmes et d'enfants dans un village-forteresse cerné par le désert. Car les hommes, eux, sont partis "baliser le désert". Le temps s'écoule comme un conte des Mille et une nuits... Couronné dans de nombreux festivals, le premier film de l'auteur du fameux Collier perdu de la colombe entrelace le réel et la magie. La culture arabe, pour Nacer Khemir, essaime entre l'Andalousie et la Sogdiane, entre Cordoue et Samarcande. Il tire de cette culture toute son inspiration. Alors les images lumineuses éclairent des visages à la beauté mystérieuse et la poésie des gestes et des objets nous entraîne dans une quête vers un temps perdu d'amour et de liberté.
... et sensualité
Dans Halfaouine, l'enfant des terrasses (1990) , Ferid Boughedir filme le Tunis du petit Noura, douze ans, qui a fait un pari avec ses camarades afin d'être accepté par les "grands" du quartier d'Halfaouine : il devra entrer au hammam des femmes afin de décrire leurs charmes à ses compagnons. Une épreuve d'autant plus facile que le petit garçon, chétif en apparence, ne fait pas son âge et que la coutume locale autorise les garçons à accompagner leur mère jusqu'à la puberté.
Femmes : soumises...
Dans Les Silences du palais (1993) de Moufida Tlatli, c'est l'univers des femmes qui est exploré : lorsqu' Alia, jeune chanteuse dans les mariages traditionnels, apprend la mort du prince Sid Ali, son ancien maître et protecteur chez qui elle a passé son enfance, elle retourne au palais du prince, et revoit les images cruelles de sa jeunesse, de sa mère, des servantes, avec lesquelles elle a partagé des années de sa vie, des années de soumission et de souffrance.
... et rebelles
Dans Satin rouge (2000) Raja Amari suit Lilia, à la fois "femme rangée" et mère attentive, qui croit que Salma, sa fille, vit une "liaison dangereuse" avec un musicien dans un cabaret, le Satin rouge. La voilà prête à découdre quand soudain le plaisir et la joie de danser prennent le pas sur sa raison. Un premier long métrage subversif et troublant, loin des clichés habituels sur l'émancipation de la femme maghrébine.


Tous les commentaires
clair lumineux la façon dont elle parle de la laicite
Merci pour cette vidéo. Nadia El Fani nous explique son rêve pour la Tunisie, qui semble partagé par beaucoup en Tunisie, malgré les attardés vociférateurs...
Juste une question : Quel rapport entre la laïcité et un pays arabo-musulman qu'est la Tunisie?... Mais maintenant que ce n'est plus une dictature toutes les voix ont le droit de s'exprimer et il est vrai que les traditions arabes ne sont pas tourjours respectueuses des droits des femmes (bien que c'est le cas un peu partout dans le monde). Ceci doit évoluer et si Khadafi avait son livre vert, les musulmans ont leur guide qui est le Coran et la Sunna, ils doivent y puiser cette reforme des consciences pour que la femme reprenne la place que l'Islam lui a donné il y a 1400 ans. Pour rappel la première personne convertie était un femme, la personne qui a eu la responsabilité de compiler le Coran était une femme, la première martyre une femme...
On peut compter sur bien des Tunisien(ne)s pour ne pas laisser confisquer les droits des femmes et la laïcité par les islamistes.
Avec notre soutien, je l'espère !
Vous lisant, vous semblez très bien connaitre l'Islam et les droits des femmes...
J'ai 2 questions:
Bonjour,
Le tout est de s'entendre sur les raisons valables. Si elles sont valables pour des musulmans croyants, elles ne le sont pas nécessairement pour des personnes laïques ou athées, qui ont adopté le principe de l'égalité et de la liberté des hommes et des femmes.
Puis-je vous renvoyer à titre d'exemple à un site musulman qui explique pourquoi les femmes doivent porter le voile, pourquoi l'héritage peut être différent entre hommes et femmes...?
http://islam8.bloguez.com/islam8/page3/
Chaque pays adopte librement et souverainement ses propres principes de fonctionnement. La Tunisie est en train de le faire.
Les mesures relatives aux droits des hommes et non droits des femmes définis par la loi coranique sont appliquées par des pays musulmans, notamment ceux qui ont adopté la Charia. Ils accordent une influence déterminante à la religion, et restreignent considérablement la liberté des femmes. Cela peut à juste titre effrayer les personnes tunisiennes, notamment lorsqu'elles sont laïques ou athées, qui expriment le souhait d'une séparation de la religion et de l'état.
C'est à elles que je faisais allusion dans mon commentaire.
Pour le bilan à charge ou à décharge de la laïcité, je ne l'ai pas fait. Mais je suis résolument laïque, car la laïcité garantit la liberté pour les croyants et les non croyants, dans le respect des règles républicaines inaliénables.
Je connais les raisons, je suis musulman.Vous êtes laique et défendez votre position, c'est tout à votre honneur. Vous avez raison de dire que les raisons sont valable ou pas en fonction de ses convictions.
Prenons le hijab, si une femme décide de ne pas le porter en Tunisie elle est libre de le faire, pourquoi craignez-vous que le gouvernement l'y oblige ?
Même dans une famille musulmane et qui enseigne l'importance de porter le hijab il peut y avoir une fille qui décide néanmoins de ne pas le porter : elle est libre de le faire. l'Islam ne le lui impose pas de force comme il n'impose pas d'être musulman. L'Islam explique les raisons et les conséquences de ne pas le porter, après la personne est libre de son choix et en est responsable.
Je suis d'accord que vous attiriez l'attention sur le libre arbitre des femmes et des hommes dans un pays quel qu'il soit mais ne jugez pas avant d'avoir vu...
Je ne juge pas du tout. J'aime beaucoup la Tunisie, et je fais confiance à son dynamisme et à sa sagesse. Et puis la démocratie est une conquête quotidienne, pour tous les pays...
Même sans interdit, il y a des pressions qui s'exercent, vous le savez bien, et qui finissent par s'intérioriser. Et la religion est importante car elle dispose d'un pouvoir sur les âmes. Mise au service d'une certaine politique, elle peut faire des ravages. L'histoire mondiale nous le montre.
L'histoire mondiale nous montre que les denrière guerres étaient des guerres de colonisation (combodge, Corées, Algérie), de pouvoir (Russie contre la tchetchénie), de dominance (vietnam) et de concurrence entre les nations (Allemagne vs Anglettere à la seconde guerre). Alors si nous comptabilisions le nombre de mort juste pour la seconde guerre , je compte 64 millions, Vietnam 1,5 millions...guerres américaines en Irak 655000 civils irakien
Rappellez-moi les ravages en nombre de morts qu'a fait les dernières guerres de religions ?Les seules vrai guerres de religions (non manipulées par l'extérieur) sont les les croisades et les conflit protestants / catholiques et cela fait un bon bout de temps qu'il y en a plus eu...
L'Islam ne cherche pas le conflit, les personnes sont libres de l'accepter ou non. Il ne faut pas écouter les médias et leurs discours uniformes et parlez avec ces musulmanes qui ont adopté l'Islam de leur propre volonté, renseignez-vous, vous vous enrichirerais de connaitre l'autre ...
Que faire de l'apostasie, soit pour rejoindre une autre religion, soit pour devenir polythéiste, ou athée ? Faut-il punir, si oui, comment ? faut-il bannir ou au contraire continuer à accepter ces personnes avec bienveillance et amour dans la famille et la communauté ?
C'est une question bien précise et votre réponse en tant que croyant ouvert au dialogue avec les internautes m'intéresse beaucoup. Merci.
Je suis musulman mais pas un spécialiste de la jurisprudence islamique ( comme un juge musulman pourrait l'être). Il y a un wiki sur ce thème avec des versets du Coran qui parle d'égarement pour ces personnes (mais pas de peine de mort, je suppose que c'est à quoi vous faites allusion).
Un verset dit aussi "Point de contrainte en religion".
Extrait du wiki :
"Rien dans la biographie de Mahomet ne contient la moindre information crédible favorisant la mise en exécution d'une telle sentence"
Ce que je confirme,en effet, des biographies du Prophète que j'ai lu et entendu.
C'est un peu comme le sujet de la lapidation.Il y a une loi qui condamne ET l'homme (ce que les propagandes anti musulmanes oublient de dire) ET la femme de la peine de mort mais dans l'histoire du Prophète (paix et bénédiction sur lui) je ne connais qu'un seul cas etdans ce cas c'est la femme qui est venue et a insisté pour subir la sentence...
Donc oui, l'apostasie est fortement rejeté par l'Islam mais on ne peut - évidemment - obliger quelqu'un à être Musulman donc chacun est libre de sa religion.
@ Mohamed.ha
Nous sommes sur le Fil de Nadia El Fami, et son abord du problème semble être informé, interrogateur et bienveillant. Les femmes qui adoptent de leur plein gré des pratiques oppressives existent dans toutes les cultures, c'est bien l'un de leurs points communs, hélas.
Avant de parler de ce problème qui me concerne (comme tous les problèmes du monde), je me suis renseignée, très longtemps, et j'ai beaucoup réfléchi avec d'autres personnes. Je ne m'exprime pas seulement sous l'influence des stéréotypes et des enfumages.
Je ne parlais pas des ravages en nombre de morts, mais en conflits quotidiens, en interdits divers et variés, et en emprisonnement des âmes et des corps.
Bonne journée.
Voilà c'est une question de point de vue : vous dite "les femmes qui adoptent de leur plein gré des pratiques oppressives existent dans toutes les cultures".
L'Islam fournit une batterie de droits, d'avantages (par rapports aux hommes) mais demande aussi des devoirs. Certains de ces devoirs sont vitaux pour la perrénité de la sociét, de la stabilité et du bonheur : ex. L'éducation des enfants, le soutient familial, la protection de la bienséance, la pudeur, la bonne relation avec ses voisins, l'honneteté, le respect des preceptes religieux (devoirs qui beaucoup sont aussi assignés à l'époux).
A côté de cela rien ne l'empêche de travailler, gérer ses propre biens comme elle l'entend, divorcer si elle a une raison (et l'incompatibilité peut être une raison valable), voter (la preuve en Tunisie), s'instruire, ...