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Outreau : la partie n'est pas finie...

Outreau : suite. Consultable depuis près de deux semaines sur la Toile, la vidéo de Chérif Delay, l'aîné des enfants victimes dans ce dossier - court extrait de sa confession qui apparaîtra dans le documentaire que le journaliste Serge Garde est en train de terminer - commence à provoquer de sérieux remous.

 

Ce vendredi 25 mars 2011 est mis en ligne sur le site de France Info un article de Matthieu Aron : « Outreau : contre-enquête sur une vidéo-choc ». (1) Le texte est accompagné de fichiers audio avec intervention de Serge Garde, Me Eric Dupond-Moretti (un des principaux avocats de la défense intervenus dans cette affaire), et Stéphane Durand-Souffland, président de l'Association de la presse judiciaire. Manifestement de mauvaise humeur - et on le comprend ! - la terreur des cours d'assises n'y va pas avec le dos de la cuillère. Petit échantillon :

 

Attaques contre Serge Garde : « Je sais juste qu'il s'est déjà illustré dans sa couverture de l'affaire du petit Grégory en défendant les thèses les plus fantaisistes. » Lesquelles ? Précisez, Maître ! Pour rappel, dans son ouvrage « Affaire Grégory Autopsie d'une enquête » (Paris, Messidor, 1990), le journaliste de « L'Humanité Dimanche » soutenait l'idée d'une noyade de l'enfant dans une baignoire ou un lavabo, en s'appuyant sur le travail du docteur Duprez, qui avait constaté qu'il n'y avait ni corps étrangers ou particule végétale dans les poumons du petit Grégory. (2) Hypothèse qui n'a rien de fantaisiste, que la Justice elle-même n'a pas écarté - voir l'arrêt de non-lieu N° 32/93 en faveur de Christine Villemin de la chambre d'accusation de la Cour d'Appel de Dijon (p. 21).

 

Chérif Delay ? Un menteur, entre autres parce qu'il affirme dans la vidéo avoir été témoin du viol d'Aurore, la fille aînée de Sandrine Lavier (qui vient d'avoir 18 ans) : « cette jeune fille a été expertisée, [...] elle était vierge à l'époque, [...] elle dément formellement ce viol, elle dit que tout est faux, qu'il n'y a rien de vrai dans cette histoire » Marie-Christine Gryson, psychologue clinicienne ayant examiné Aurore durant l'instruction, l'a dit maintes fois : il existe des pratiques sexuelles dites « prudentes » qui laissent l'hymen intact, et les fellations et sodomies dénoncées par la petite à l'époque sont également des viols. Aurore dément avec force aujourd'hui ? Admettons. Outre le fait que Thierry Delay a bel et bien été condamné pour avoir violé cette enfant - c'est écrit dans l'arrêt de la cour d'assises de Saint-Omer du 2 juillet 2004 - qu'il me soit permis de rappeler ses déclarations faites à Charlotte Trinelle, rapportées par celle-ci dans son expertise psychologique datée du 16 juin 2004 : « Pour moi, je pense qu'ils croient davantage les coupables que nous, les innocents. J'ai pas eu assez de courage, pas assez de force pour dire ça, si j'avais été en petit comité avec le Président, les avocats, si j'avais pas eu le regards des accusés, qui m'ont fait peur, j'aurais pu parler... » La psychologue clinicienne indiquait également : « Aurore présente encore aujourd'hui des indices d'une souffrance pouvant être consécutive à un traumatisme affectif et sexuel, mais la majorité de ces symptômes est déjà ancienne. Nous avons mis en évidence un syndrome de stress post-traumatique accompagné à un moment donné de symptômes dépressifs. » Du reste, la fillette avait maintenu ses accusations jusqu'au procès devant la Cour d'Appel de Paris à l'automne 2005.

 

Eric Dupond-Moretti s'en prend également avec virulence à la table ronde organisée par l'Institut de Criminologie le 24 février dernier sur le thème « La Parole de l'Enfant après la mystification d'Outreau », et à ses participants : Serge Garde, Marie-Christine Gryson, Pierre Joxe, tous des adeptes du « révisionnisme judiciaire » ! Un climat de « révisionnisme judiciaire » que le journaliste Stéphane Durand-Souffland trouve « extrêmement dangereux ». S'incliner devant l'autorité de la chose jugée, à savoir les deux verdicts de cours d'assises du 2 juillet 2004 et du 1er décembre 2005, soit. Mais l'auxiliaire de justice qu'est le célèbre avocat lillois doit savoir aussi bien que moi que la vérité judiciaire, si elle doit être respectée, n'est pas forcément la vérité absolue, un « Saint Graal ». C'est triste à dire, mais nombre de non-lieux et autres verdicts d'assises laissent des questions en suspens, un cortège d'interrogations (je ne vais pas en dresser une liste ici). J'ai eu l'occasion de l'écrire ailleurs : il y a trop de pièces manquantes dans le puzzle criminel outrelois. Du reste, si Me Dupond-Moretti souhaite s'en prendre aux contestataires de la chose jugée, qu'il aille plutôt chercher du côté de Dominique Wiel, qui, dans une lettre adressée aux deux aînés du couple Delay-Badaoui, et datée de septembre 2006, a osé écrire : « je n'ai jamais cru un mot de vos "salades", [...] je n'ai jamais cru à vos récits de viols, et même jamais cru à la culpabilité de vos parents » [condamnés à Saint-Omer] Je rappelle par ailleurs que dans un ouvrage co-signé Philippe Houillon et Elisabeth Fleury - respectivement rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur Outreau et journaliste au « Parisien » - on peut lire que, à l'exception des actes commis sur Chérif et ses frères, les couples Thierry Delay/ Myriam Badaoui et David Delplanque/ Aurélie Grénon n'ont été condamnés que pour des « viols imaginaires ». (3) Alors, exit les huit autres enfants reconnus victimes par l'institution judiciaire ?

 

Les vives réactions à la mise en ligne de la vidéo de Chérif Delay nous donnent un aperçu de ce qui se passera quand son livre co-signé avec Serge Garde paraîtra le 12 mai prochain aux éditions du Cherche Midi, et lorsque le film réalisé par ce même journaliste sera présenté au public. N'en déplaise à Me Dupond-Moretti : la partie n'est pas finie...

 

(1) http://www.france-info.com/chroniques-le-plus-france-info-2011-03-25-contre-enquete-sur-une-video-choc-524157-81-184.html

 

(2) P. 267-268. Pratiquement introuvable de nos jours, l'ouvrage de Serge Garde peut être considéré comme un collector.

 

(3) « Au cœur du délire judiciaire Ce que la commission d'enquête parlementaire sur Outreau a découvert », Paris, Albin Michel, p. 243.

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Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on a là un nouveau magnifique fiasco à mettre sur le compte de la justice. Vraiment pas de quoi pavoiser quand on fait partie d'une magistrature qui titube entre l'incompétence et la corruption, entre le mépris du tout venant et la servilité devant les puissants. Trop d'affaires baclées, trop d'innocents condamnés, trop de coupables blanchis. Bref, c'est à l'image de toute la société qu'il faudrait refaire de fond en comble avec comme loi numéro 1, l'interdiction de péter plus haut que son cul.

Bonsoir Madame,

Un grand merci à vous pour vos compliments, et pour votre commentaire de samedi après-midi, dont je salue la pertinence. Il faudrait que je relise les auditions des psychiatres devant la commission d'enquête sur le site Web de l'Assemblée nationale. De manière générale, c'est indéniable, on observe un réel retour de balancier. Je suis curieux de voir les prochaines réactions de Me Dupond-Moretti et de quelques autres lors de la parution du livre de Chérif et de Serge Garde dans un mois et demi environ.

Bonne fin de soirée,

A bientôt,

Frédéric Valandré.

Bonjour Frédéric,

 

Je vous recommande une grande circonspection dans votre lecture du rapport de la Commission d' Enquête Parlementaire sur Outreau. J' ai pour ma part relevé 22 erreurs dont des contre-sens, lorsqu'on m' a donné à relire la trancription de mon exposé oral. Par ailleurs le rapport final n' a pas du tout tenu compte de mes arguments avec preuves à l' appui, qui démontraient que je n' étais pas en conflit d' intérêt avec le Conseil Général du Pas de Calais.

 

Cordialement,

MCG

Bonsoir Madame,

Merci pour votre dernier commentaire et pour vos conseils. J'avais déjà remarqué de petites différences entre l'audition de Madame Michèle-Laure Rassat (21 mars 2006) et la retranscription écrite sur le site de l'Assemblée Nationale. 22 erreurs, c'est beaucoup pour la retranscription d'un exposé ! Evidemment, le rapport final doit être lu avec circonspection... tout comme le livre co-signé par le rapporteur Philippe Houillon d'ailleurs, auquel j'ai fait référence dans mon dernier billet.

Bonne soirée,

Cordialement,

FV.

Dans une affaire qui me concerne directement, pour avoir voulu interpeller une infirmière puéricultrice de PMI, au sujet d'une fillette qui présentait psychologiquement et physiquement les symptômes d'une enfant sodomisée, PMI dépendante du CG 83 (où sévit actuellement un réseau pédocriminel d'une monstruosité effroyable) je me suis vue privée de mon droit de travail après 23 ans de loyal exercice!

Dans mon dossier , il manque 5 rapports!

Un faux s'y est glissé, ainsi qu'un faux appel téléphonique (que j'aurais pu facilement réfuter, si le CG m'avait donné la possibilité de lui présenter les attestations écrites).

Si donc, juste pour avoir questionné la puéricultrice de secteur au sujet d'un anus rouge et béant , je me suis vue sanctionnée par la perte de mon emploi, (je le rappelle, après 23 ans d'exercice sans soucis) on peut tout à fait imaginer quels moyens auraient utilisés les personnes inquiétées dans l'affaire d'Outreau pour faire taire ceux qui ne voient pas comme eux!

Si les enfants de cette affaire d'Outreau sont enfin entendus et je l'espère justifiés, alors, c'est aussi une lueur d'espoir pour la fillette que j'accueillais , et pour tous ceux qui actuellement subissent des abominations sans nom.

Merci pour tous ceux qui se lèvent en faveur de la vérité et de la justice.

.

Je vois que OUTREAU ne va pas s'arrêter là pour l'instant...

Mais, face à ce scandale, face à ces non-dits, il serait très intéressant de connaître les prénoms et noms des personnes réellement et totalement innocentes dans cette affaire...

Frédéric, ton article est très intéressant à plus d'un titre, car il permet vraiment de se faire une opinion sur cette affaire...

Amitiés

Dominique

Hello Dominique,

Merci à toi pour ton commentaire. Si la vérité judiciaire sur Outreau, qu'il convient de respecter, n'est pas tout à fait satisfaisante, je me pose, moi, les mêmes questions que Jean-Claude Monier, qui présidait le premier procès : quel est le socle de vérité dans cette affaire, qui a fait quoi ? Interrogations sans réponse, jusqu'ici.

Bonne fin de journée,

Amitiés,

Frédéric.

Outreau a fait Maître Moretti, Outreau peut le défaire, il le sait très bien. Cependant, il faut bien reconnaître que Rose Godard sa cliente a l'air très sincère et fait sincèrement pitié lorsqu'on la voit à la télévision. Je n'ai pas compris si elle était la maîtresse de la maman de Chérif ou pas, cela ne ferait pas d'elle une coupable. Si Maître Moretti a utilisé sa verve d'orateur pour faire libérer une innocente, que dieu le protège, dans l'autre cas, il restera dans les mémoires d'ici quelques années, comme l'acquittator aux 100 acquittements, et la fonction même d'avocat sera remise en question. Comme tout le fonctionnement de la justice en général.

L'avocat n'a pas pour fonction de base de faire acquitter tous ses clients mais de protéger le juste équilibre, la balance de la justice, deux poids deux mesures. Il doit être digne de cette fonction. Un avocat qui détourne sa mission pour frimer auprès de ses collègues et rouler des mécaniques, car il a obtenu 100 acquittements, s'il y avait des coupables dans le lot et qu'il le sache (ce que je n'espère pas pour Maître Moretti), n'a pas compris du tout l'importance de sa fonction et ce que la société attend de lui. En France un avocat est un auxiliaire de justice. Les auxiliaires de justice sont des professionnels du droit qui ne sont pas magistrats mais participent toutefois directement ou indirectement à la mission de service public de la Justice. Un avocat doit participer à la mission de la justice. 

Etymologie : du latin justitia, justice, ayant lui-même pour racine, jus, juris, le droit au sens de permission en matière de religion.

La justice est un principe moral de la vie sociale.

Un avocat qui contourne le droit, conseille à ses clients de plaider innocents lorsqu'ils sont coupables, intimide les témoins pour qu'ils perdent leurs moyens, n'est pas au service d'un principe moral régissant la vie sociale.

Or l'avocat prête serment; « Je jure, comme avocat, d'exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité ».

Le serment engage l'avocat, pour toute sa vie professionnelle, à l'acceptation sans réserve de ces règles morales et juridiques. S'y ajoutent également, sans toutefois être exprimés à l'occasion du serment, les principes :« d'honneur, de loyauté, de désintéressement,de confraternité,de modération et de courtoisie ».

L'avocat doit aussi faire « preuve à l'égard de ses clients de compétence, de dévouement, de diligence et de prudence ». Le règlement intérieur de la profession d'avocat (qui regroupe l'ensemble des règles déontologiques) rappelle que « la méconnaissance d'un seul de ces principes, règles et devoir, constitue (...) une faute pouvant entraîner une sanction disciplinaire ».

http://www.conferencedesbatonniers.com/home/index.php?page=275

RADIATION –RÉINSCRIPTION - AMENDEMENT
1) Réponse du 27 novembre 2003 et Déonto Info n° 4

C’est au Conseil de l’Ordre qui a radié un confrère de se prononcer seul sur sa réinscription : c’est le seul à pouvoir apprécier l’amendement du confrère (cf. 1ère chambre civile de la cour de cassation du 7 juillet 1993)

Possibilités de réinscrire un confrère ?
Cf. article 11 alinéa 4 de la loi du 31 décembre 1971 : « ne peut accéder à la profession d’avocat une personne qui a « été l’auteur de faits ayant donné lieu à condamnation pénale pour agissements contraires à l’honneur, à la probité et aux bonnes moeurs. » La question de la réhabilitation n’est pas clairement résolue en jurisprudence, mais la réhabilitation intervenue en application des dispositions de l’article 133 du code pénal n’est pas en soi une condition suffisante pour permettre la réinscription. Comme l’amnistie, qui efface la peine, mais ne permet pas pour autant la réinscription du confrère. Certes la condamnation qui a suivi la commission des faits est effacée, mais les faits demeurent.

Or conseiller un client coupable de crime grave, de plaider non coupable lorsque l'on sait qu'il l'est, est contraire à l'honneur, à la probité et aux bonnes moeurs.

C'est donc une énorme responsabilité que prendrait l'avocat. Car s'il était avéré que ce soit le cas, il devrait être radié du barreau de Paris.

La vocation de l'avocat était de défendre les plus faibles face aux injustices.

C'est dans cet esprit-là que Me Antonowicz a défendu Chérif Delay le 8 décembre face à Lavier . Encore merci à lui!

D'autres visent l'argent ou la gloire, et d'autres encore l'argent et la gloire. 

L'avocat se permet tout, pourvu qu'il parvienne à son but: faire acquitter son client. Non pas qu'il ait du soucis pour lui, mais parce que sa réputation d'avocat est en jeu! Mensonges, intimidation, bluff, cris, accusations mensongères, indignation, allégations infondées, faux et usage de faux, tout y passe...

La qualité morale de l'avocat indiffère le client qui lui, ne veut qu'une chose: obtenir gain de cause, logique.

Maitre Magnée, défenseur de Dutroux avait de la compassion pour les petites filles qui avaient été massacrées. EDM & Consorts, ont méprisé les enfants victimes, les ont calomniés, écrasés, détruits... EDM est tellement habitué au mépris qu'il s'est même permis d'agresser verbalement un contrôleur SNCF qui voulait le verbaliser pour un défaut de transport... Il n'est pas rare qu'il dise à son interlocuteur: "Savez-vous qui je suis?"

C'est au grand public de se réveiller et de manifester sa désaprobation pour que soient virés des prétoires les avocats indignes et abjectes. Mais jusqu'à maintenant, personne ne semble dérangé par l'iniquité de certains, car ce qu'on leur demande c'est d'être efficace: la fin justifierait donc bien les moyens.

ps: le déni semble être la nouvelle arme que les avocats aient mis entre les mains de leurs clients dans cette affaire d'Outreau. Certains après avoir avoué se sont rétractés en niant en bloc ce qu'ils avaient avoué.

Aujourd'hui, on voit bien que cette méthode est efficace puisque pour l'affaire de corruption de mineurs et de violences habituelles, les Lavier continuent de nier, malgré l'évidence et vont même jusqu'à faire la démonstration de leur déni devant des caméras de TV! 

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