Sun.
27
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

PS. « La nature a horreur du vide »

Pour expliquer le nouvel épisode de la crise sans fond que connaît le parti socialiste, il suffirait de se souvenir de l’aphorisme d’Aristote, « la nature a horreur du vide ». Les déclarations répétées et cependant guère décisives de Manuel Valls adepte de la petite phrase et du coup de pub ne méritaient certainement pas la mise en demeure de rentrer dans le rang que lui adressa la première secrétaire. Le premier résultat de cet acte d’autorité en fut son échec cuisant, le député-maire d’Evry renvoyant Martine Aubry dans ses cordes. Le second fut de donner à Manuel Valls l’audience qu’il recherchait précisément et d’en faire désormais le premier opposant à la ligne majoritaire. Maintenant,il écrit dans le Financial Times sans que néanmoins sa pensée déployée ce matin dans les colonnes du journal britannique ne change le destin du socialisme français. Mais Valls occupe à sa façon – mais à juste raison, qui pourrait lui en faire le reproche ?- le terrain de la réflexion que le parti a déserté, et c’est là le grand enseignement de la nouvelle crise. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une découverte, et ceux qui lisent ce blog ou les tribunes de Mediapart comme la « Lettre à ces socialistes qui nous désespèrent » publiée par Edwy Plenel le 9 juin 2009 savent de quoi ils en retournent : un parti et une direction incapables non seulement d’agir politiquement en face de la droite sarkozyste mais aussi d’apporter à des militants, des sympathisants, des électeurs, une pensée qui leur donnerait la fierté ou du moins la raison de demeurer socialistes, de gauche quoi. Le parti n’est pourtant dépourvu de moyens pour cette ambition. Les socialistes ont une histoire d’abord qui n’est pas seulement un passé que l’on décline dans la rubrique « passé » en mettant quelques historiens et historiennes sur un coin de table, mais un pouvoir que l’on se donne de penser avec gravité, avec distance, avec critique (c’est ce que j’ai développé dans mon livre paru en mars dernier au Seuil, La gauche devant l’histoire. A la reconquête d’une conscience politique, et que les récents événements, depuis l’échec aux européennes jusqu’à cette nouvelle crise de gouvernement tenteraient plutôt à valider qu’à infirmer).

Le socialistes disposent aussi de lieux nombreux de réflexion qu’ils sollicitent à marche forcée ces dernières semaines, les fameux think tank du PS, Terra Nova, la Fondation Jean Jaurès, Le Lab ou Laboratoire des Idées, dont le moins qu’on puisse dire est que « cela ne prend pas ». Pourquoi cette impossibilité d’exister par les idées alors qu’on y met semble-t-il tellement de bonne volonté rue de Solférino ? Je répéterai ce que j’ai exposé devant le député Christian Paul, leader du Lab, lors d’un débat organisé par le journal Libération *, à savoir que les think tank permettent certainement de penser le monde grâce au travail des experts offrant des boites à outils très sophistiquées aux dirigeants du PS. Mais le problème est que l’on ne peut s’approprier de telles solutions qu’à condition de se penser soi-même, disons d’un point de vue historique, moral, philosophique. Or, c’est précisément cette dimension qui manque aux socialistes d’aujourd’hui alors qu’elle les caractérisait hier, de Jaurès à Blum, de Mendès France **à Mitterrand même ***. Je renverrai cependant aux efforts d’un autre think tank, L’OURS, qui vient de publier un nouvel ensemble de débats sur la question des libertés. Mais ces « pages roses » du mensuel sont-elles lues en haut lieu hormis dans le bureau d’Alain Bergounioux qui les co-animent courageusement ?

La première secrétaire elle-même s’emploie à exister sur le plan des idées. Mais elle finit par caricaturer cette exigence, comme lorsqu’elle parle de « post-matérialisme » dans un entretien du Monde qui a du sidérer pas mal de militants dont l’horizon est surtout celui d’un attachement aux libertés (y compris celle de pouvoir héberger chez soi un étranger si on le souhaite, comme le rappelait Jean-Pierre Vernant dans un très beau texte, un testament politique, « Quand quelqu’un frappe à la porte… » **** ) et du sens d’une histoire faite de combats improbables et pourtant victorieux pour la plupart, un socialisme à la française qui ressemble beaucoup finalement au libéralisme américain ou progressisme à la Paul Krugman, auteur en 2007 d’un essai incomparable L’Amérique que nous voulons qui sonna le glas du bushisme Martine Aubry a révélé aussi qu’elle ne croit peut-être pas autant qu’elle dit à cette dimension des idées et du projet puisqu’elle s’est précipitée simultanément dans le jeu des alliances électorales, avec son appel à gauche pour une « maison commune » que les alliés pourtant naturels du PS ont rejeté les uns après les autres.

Le résultat de cette incapacité à se construire dans la profondeur et dans la continuité explique alors que le vide ainsi produit ait donné des idées à Manuel Valls appliquant la stratégie qui a triomphé avec Nicolas Sarkozy, à savoir s’imposer par un incessant commentaire du monde, de la France et de soi-même. L’actuel président de la République a, de ce point de vue-là, réussi comme François Mitterrand naguère. Ce succès est l’une des explications de la séduction, parfois sincère, qu’il a opérée sur un certain nombre de socialistes. Et ce n’est certainement pas fini comme n’est certainement pas terminée la descente aux enfers d’un parti qui manque jusqu’à son devoir premier d’incarner l’opposition en démocratie, « le pouvoir qui arrête le pouvoir ». Rien que cela, cette réflexion sur le devoir démocratique, ferait un programme pour le PS !

« Que faire ? », doit se demander la camarade Aubry dans son bureau de la rue de Solférino. Puisque l’on ne m’a rien demandé, j’ose justement quelques conseils que les lecteurs de Mediapart pourront commenter ou accompagner des leurs. D’une part, qu’elle existe par elle-même, c’est-à-dire qu’elle cesse d’apparaître comme le jouet (c’est le sentiment que j’ai en eu entendant ses lieutenants expliquer le sens de sa lettre à Manuel Valls) des grands barons du PS, et qu’elle arrête de prendre au pied de la lettre les concepts abscons style « post-matéralisme » qu’on lui fournit sur des fiches et qui l’égarent plus qu’ils ne l’ancrent dans une posture intellectuelle.

D’autre part lire, écrire, se donner à elle-même, en ces temps de vacances qui approchent quand même, une pensée sur le socialisme à la française, une réflexion sur la possibilité que ce courant politique fondamentalement progressiste puisse de nouveau incarner un espoir de changement, développer un projet de liberté, contribuer au roman national. Enfin s’exprimer en des temps et des lieux qui soient choisis par elle pour lancer, dès cette rentrée, une opération de sauvetage politique d’un parti qui erre désormais.

La tâche de première secrétaire est de donner aux socialistes la capacité de s’entendre et de se déterminer sur un certain nombre de principes, « les quelques valeurs pour lesquelles on est capable de se battre voire de mourir » comme on dit. Mettre en retrait sa propre ambition personnelle/présidentielle pour permettre la discussion sur le fond, établir une déclaration de principe –comme celle qui existe mais dont on n’entend guère parler -, se situer par rapport aux derniers désastres, le 21 avril, le 7 juin, afin de tourner justement la page, avec intelligence.

Dans ce registre, Mediapart pourrait prendre aussi l'initiative, accueillir des contributions qu’on verrait limitées à une et une seule par auteur, et qui émanerait non seulement de dirigeants, d’élus, d’intellectuels mais aussi de militants, de sympathisants, d’électeurs ou de futurs électeurs, bref des assises du socialisme hors-les-murs. Le temps de l’été est propice à la réflexion, à l’écriture, à la lecture, au partage. C’est la meilleure façon je crois de conjurer le vide, la peur qu’il inspire et les erreurs auxquels il mène.

Vincent Duclert

 

*C’était le 25 juin. J’en profite pour signaler l’intéressante tribune de Laurent Bouvet publiée ce matin 21 juillet sous le titre « Qui a peur de Martine Aubry ? » ; sur la page d’à côté, une nouvelle offensive des partisans des Primaires, d’Olivier Ferrand à Arnaud Montebourg, qui relèvent la tête puisque la première secrétaire vient de griller la cartouche qui lui avait permis de repousser l’offensive des têtes d’affiche en arguant de la primauté du projet, des idées. Mais comme ceux-ci s’avèrent finalement une coquille vide, la contre-offensive est de retour.

**Je ne vais pas tarder à écrire sur PMF dans ce blog, mais considérons ici qu’il appartient aux socialistes par ce qu’il leur a apporté, à savoir la doctrine qui permit au PS de François Mitterrand de triompher.

***François Mitterrand avait très bien compris que cette dimension était essentielle pour fonder un projet politique à la fois collectif et individuel. Le problème est qu’il en a fait le paravent de pratiques de pouvoir qui posent problème à tous les socialistes dotés d’un peu de morale.

****in Entre Mythe et politique, Paris, Le Seuil , coll. «La Librairie du XXe siècle », 1996)

Tous les commentaires

Je ne suis pas historien, encore moins spécialiste du PS, mais il me semble qu'un des problèmes de la social-démocratie française (et peut-être européenne) est qu'elle épouse peu à peu les thèses libérales (ou néo-libérales pour reprendre la distinction de Michel Foucault) dans ce qu'elles ont de franchement réactionnaires tout en en rejetant les aspects progressistes (je pense ici au discours épouvantable du PS sur les étrangers - Mauroy dénonçant notamment des ouvriers de l'automobile en grève sous l'expression "chi'ites étrangers aux réalités sociales et économiques de la France"). Si le PS, reprenant un bel héritage 68tard, défendait enfin une France arc-en-ciel, il est possible, par exemple, qu'il aurait à nouveau un ancrage populaire - dans les banlieues par exemple. http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/07/17/le-malaise-social-democrate-entre-flux-financiers-et-flux-migratoires-mathieu-potte-bonneville-et-thomas-gerard_1219958_3232.html#xtor=EPR-32280229-[NL_Titresdujour]-20090717-[opinions]

Vous avez raison, l'héritage 68tard est encore à retravailler, nptamment en direction de ce que le mouvement à représenter pour le monde ouvrier. Il est en tout cas à distinguer de certaines caricatures de l'événement qu'on nous propose. C'est aussi cet héritage qui est à l'oeuvre dans Europe Ecologie, je pense. Pourquoi ne pas développer votre réflexion à ce sujet ?

Merci Vincent Duclert pour cette analyse. Si "la nature a horreur du vide", elle n'apprécie pas davantage à mon sens la cacophonie. Rendons grâce à Martine Aubry de l'avoir compris et d'avoir cherché sans succès à ramener l'harmonie dans sa maison commune. Que Manuel Valls et les autres se sentent pousser des ailes et disent publiquement le contraire de ce que dit la première secrétaire générale est un défi à son autorité. Que tous les ténors du PS lui emboîtent le pas en mettant en cause son leadership, voilà qui est encore plus inquiétant quand on sait que sa victoire électorale interne a été dès le départ entâchée d'illégalité selon sa rivale Ségolène Royale qui l'a menacée de la trainer devant les tribunaux pour tricherie. Ce n'est pas le vide qui mine le PS mais la cacophonie. La cacophonie entraine la paralysie qui entraine l'absence de réponse cohérente en tant qu'opposition républicaine. Qu'on arrête de nous raconter des histoires. Nous ne voulons pas de roman national où la fiction et la démagogie l'emportent sur la réalité de la complexité. Nous voulons des contre-projets de société clairs et crédibles sur tous les sujets dont s'est emparés la majorité présidentielle même s'ils ne font pas plaisir à tout le monde. Peu importe si le PS disparait pourvu que le phénix soit capable de renaître de ses cendres.

Merci pour votre commentaire et pour les autres réactions de lecteurs. Juste une précision. Lorsque je parle de "contribuer au roman national", cela ne signifie pas nécessairement que je verse dans la fiction, la démagogie, le populisme, le nationalisme. Des "contre-projets de société clairs et crédibles" comme vous l'écrivez peuvent très bien aussi contribuer à la définition de la France. Lorsque pour ma part j'avais tenté de définir "l'identité démocratique" de la France dans l'ouvrage du Seuil qui porte ce titre, je me situais dans cette perspective, j'essayais de réunir une méthode raisonnée, fondée sur une critique des textes, et l'objet "national". La gauche ne doit pas laisser à la droite le monopole de la réflexion sur la nation ni sur la République. Comme le dit Dominique Schnapper, la France est d'abord une nation politique. Repenser le "vivre-ensemble" et l'ancrer dans des valeurs comme la solidarité a du sens je pense. Vincent Duclert

dianne Vite le PS2. PS1 obsolète comme la console de jeu.

Belle analyse, merci. Dans votre socialisme à la française, encore à penser, l'égalité , vous en faites quoi ? et d'ailleurs n'est ce pas étriqué que d'imaginer que ce socialisme là ne peut être que français ? La pensée est hors les murs du PS .... Armelle C. FASE (Fédération pour une Alternative sociale et écologique).

Je n'oublie pas la dimension internationale, européenne et des mondes plus lointains. C'est aussi à travailler. Quel cadre donner au socialisme ?

A mon humble sens il ne peut être qu'à l'échelle de notre monde ...Mais nous ( Français ? ) portons l'héritage des Lumières, de la Révolution et de la Commune et au nom de cet héritage et de ces aspirations universelles, il nous revient de reprendre la parole, de re-penser le socialisme et le communisme pour horizon à venir.

Depuis la défaite de Jospin ça patine... Certes depuis le PS a gagné les élections régionales. Mais qu'a-t-il a proposé d'enthousiasmant ? Quels outils offre-t-il à chacun pour comprendre notre époque ? Que reste-t-il d'une pensée, d'une théorie "de gauche" au PS ? Mystère et boule de gomme. Et moi, et moi, et moi... Qu'est-ce qu'être de gauche aujourd'hui, à l'époque du capitalisme financier et de la mondialisation ? Une démocratie est-elle possible à ce niveau ? Le seul programme du PS est d'attendre que les français se lassent de la droite. Pour l'instant ce n'est pas efficace... Mais après tout, de quoi je me mêle, je n'ai jamais voté PS au premier tour ! Ça va les militants; ce n'est pas trop dur ?

Ce qui mine le PS ce n'est pas, contrairement à ce qui se dit actuellement couramment, la cacophonie. Ceci n'est qu'une conséquence d'un état de pourrissement avancé. Ce qui mine le PS vient de plus loin : c'est la conversion progressive au néo-libéralisme économique depuis les années 80, et au mitterandisme politique, qui ont conduit peu à peu, non à l'absence d'idées, mais à l'absence de conviction. L e souci de "bonne gestion" et la "notabilisation" des cadres et des élus du PS a remplacé peu à peu la volonté d'imprimer une marque dans l'histoire en développant, puis seulement en protégeant, le socle de l' "esprit de gauche" à savoir les acquis sociaux (expression qui fait, étonnons-nous, fureusement ringard et conservateur aujourd'hui). Les exemples de cette conversion au Néant de la transformation sont foison. La dernière grande tentative d'action, à mes yeux, est l'imposition des 35 heures par Jospin, malheureusement noyée dans le blocage des salaires ouvriers puis la petite phrase suicidaire sur "l'Etat qui ne peut pas tout" : suicidaire électoralement mais au combien pensée! J'ai un exemple "près de chez moi" à vous donner malgré tout, dont je peux vous certifier la véracité puisque j'en ai été le témoin direct : notre président de conseil général (aujourd'hui qui plus est sénateur), dans un département de droite (la Drôme) qui, après avoir présenté les missions et le rôle du conseil (printemps 2007), a au détour d'une phrase osé affirmer (puis, étant contredit, oser maintenir) : "nous sommes une entreprise"... Le conseil géré comme une entreprise, il faut déjà oser (pour un socialiste évidemment), mais se présenter comme une entreprise... Voilà le résultat en cette fin de première décennie du XXIème siècle à quoi est parvenue l'impuissance à parer idéologiquement à la vague ravageuse de la "droitisation des esprits" des gouvernants.

Oh! hélas , comme je suis d'accord avec vous ! Que lui reste-t-il de gauche à ce parti ?

Absence de conviction, soumission aux facilités du temps, c'est exact. Mais comment fonder une morale de la conviction, car c'est bien là l'enjeu ?

Peut-être en revenant aux principes de base? Liberte, Egalité, Fraternité.... plutot que Travail, Famille, Patrie qui serait la tendance d'aujourd'hui (UMP oserais-je raccourcir?).............. non je n'ose pas, mais tout de même, quand on s'y penche de plus près, ce n'est pas totalement idiot. J'ai beaucoup aime l'analyse et l'article de Denis Quinqueton (http://www.mediapart.fr/club/edition/socialisme-hors-les-murs/article/130809/il-y-des-coleres-tres-saines). Ja partage tant son avis quand il dit : "Chacune et chacun se faufile comme elle ou il peut dans une tapageuse indifférence mutuelle secouée d’accès violents. Il n’aura pas fallu plus de six ou sept décennies pour que, de petits renoncements en petits renoncements, notre société tourne le dos à l’essence viscéralement humaniste du Conseil national de la Résistance."...................... Surement, remettre l'Humain au centre de la réflexion socialiste aujourd'hui me semble important. Autant que les valeurs qui forment notre devise nationale depuis la Révolution. Fait-on un programme avec une devise, ou une devise avec un programme?

dianne Ce qui mine le socialisme, pas seulement français ? Si l'on en croit Orwell, c'était programmé depuis 1937 ! voir là http://www.mediapart.fr/club/blog/dianne/210709/orwell-le-quai-de-wigan

Bien vu, Dianne. j'objecterai à Espaillac qu'il n'y a pas eu de conversion du PS au néo-libéralisme mais une reconnaissance des lois du marché dans un monde capitaliste dont le socialisme avait pour vocation de corriger les injustices et les inégalités et non de se substituer à lui par une étatisation des moyens de production. Il y a toujours des courants différents au PS mais une seule ligne du secrétariat général. En revanche, c'est bien la cacophonie qui rend aujourd'hui inaudible sinon atteint d'extinction de voix.

dianne Le calcul, pas si cynique que ça au départ, consistait à dire : laissons prospérer même de manière insensée, même par n'importe quels moyens léconomidemarché, il redégoulinera forcément un peu des profits à l'étage du dessous. Mauvaise pioche. Les théoriciens à la mie de pain n'avaient pas imaginé tous les verrous scélérats qui empêcheraient la redistribution. Empêtrés désormais dans leurs réthoriques dévoyées, les "socialistes" rose très pâle, se contorsionnent pour justifier par l'absurde leurs erreurs d'appréciation passées. Il y en a même qui sont au FMI et à l'OMC. Voilà pourquoi, Madame, votre fille est idiote.

Par ailleurs, je trouve assez désolant de chercher encore et toujours un roman national quand il s'agit d'établir une nouvelle cohérence face à une nouvelle réalité et non de proposer une nouvelle fiction pour oublier la réalité.

Bon, bon, Lincunable, ma réponse se situait bien dans cette perspective de cohérence et non dans la fiction visant à faire oublier la réalité. Il ne faut pas s'arrêter au terme "roman", qui n'est peut-êre pas si bien approprié que cela, et encore que, parfois la littérature propose ce face à face lucide avec la réalité. Mais on est d'accord sur le fond.

Comment se sentir socialiste, dans ce qu’il contient de beau (humanité, solidarité, égalité) quand son parti ne parvient pas, par exemple, à condamner la lourde responsabilité de François Mitterrand dans le génocide au Rwanda ?

François Mitterrand, et pas seulement lui. Sur le Rwanda, il est indispensable de regarder les choses en face, et de permettre aux historiens de travailler.

Je crois que la gauche du socialisme, c'est fini comme Mauduit et Desportes l'avait justement analysé dans leur livre du même nom. La période du communisme et du socialisme est maintenant derrière nous comme d'ailleurs le tout qu'était sensée constituée la révolution française. 89, 92, ce n'est pas 93 année fondatrice du totalitarisme qui inspira la révolution d'octobre. la révolution n'est jamais d'un bloc. La gauche des socialisme est fini aussi par son incapacité à tenir la ligne de l'intérêt général et celui de l'universalité bref a être dans l'héritage des lumière inventif et progressistes et sachant comprendre le monde tel qu'il est. Aujourd'hui la gauche est européenne et écologiste entre autre précisément parce que la thèse écologiste montre où est l'intérêt général (la développement durable) et son universalité la défense de la planète sans rejeter ni la question social ni la question politique. Europe écologie a incarner cette gauche nouvelle lors des européennes fidèle par delà les intentions de ses dirigeants à l'intérêt commun et à l'universel concret. Pour autant, s'ils ouvrent une voie politique il ne sont sans doute pas la voie politique de la gauche. . Comme le PC et depuis le congrès de Reims le PS, les verts sont également un parti foutu. La gauche des partis est condamné, une nouvelle forme doit-être inventé dans le cadre de l'affrontement droite gauche et des primaires: parti démocrate, fédération, alliance qui sait? Mais la forme partis léniniste (au PS le centralisme démocratique s'appelait la synthèse) qui domina jusque dans les années 80 est maintenant déclinante. Elle se meurt tant mieux. . Il reste à al gauche à comprendre ce qui s'est passé en juin 2009 aux européennes et dans le processus qui conduit de l'effondrement du mur de Berlin à la victoire de Barak Obama pour se relever.

Les urgences restent. La nécessité reste d'approfondir et d'infléchir dans le sens de l'"idéal" (jauressien) les conquêtes républicaines, qui ne sont pas négligeables et nous permettent déjà un peu d'avoir prise sur le réel..

.

Cher Vincent, Pour brillante qu'elle soit je ne prtage pas tous les termes de votre analyse. Martine Aubry avait beau jeu de tancer Manuel Valls, dont les atours droitistes, et trop sarkompatibles agacent, voire plus, de nombreux militants. Elle marquait aussi l'aile droite du parti, et amorçait le débat, public. Puisque personne n'a imaginé qu'un Valls pourrait se taire. Le PS entrait dans la scène médiatique de sa rénovation. Elle marquait aussi le retour à la prétention de trouver un disours commun, et une ligne commune, cette fois, sarko-incompatible. Pour le nébuleux de la doctrine PS, actuelle, je vous suis sans peine. Mais je l'inscris dans un partage des valeurs, qui provient de la nouvelle assise sociologique du PS. La direction, les élites PS ont réussi. Et il n'est pas étonnant, que tout le monde ait vu ses quenottes s'émousser, quand il s'agit d'aller s'opposer franchement, du fait que l'on partage trop de valeurs, qu'il ne faudrait pas. La seule à ne pas le faire, c'est Ségolène. Et encore, elle est sauvage, d'abord, à vouloir la première place. C'est la sienne, de nature, comme toutes les bêtes de compétition. Ensuite, parce qu'il y a un conflit de valeurs rédhibitoires, de conceptions de l'humaine condition, entre la catholique, mais libérée Ségolène, et l'iconoclaste, sans éthique, Sarkozy, ainsi que de la conception qu'on peut se faire du service républicain, entre la très autoritaire, mais déférente, et l'arriviste autoritariste, apolitique, et vaniteux. Tout les sépare. Les socialistes ne croient plus assez dans le socialisme. C'est le problème fondamental. D'où la difficulté de proposer autre chose, puisque seuls les projets alternatifs, à la Larrouturou, sont vraiment novateurs, et aussi, bien trop marqués, pour convenir à des gens, qui, franchement, ne se voient pas trop changer, sur le fond. Ne pouvant discuter sur l'essentiel, on se chamaillera, et même pire, sur l'accessoire. C'est l'histoire de ces dernières années. Mais le militant, lui, reste socialiste. Et le votant du parti, l'est encore plus, à gauche. Par réaction contre le sarkozysme, une vraie caricature entre néo- libéralisme et autocratie. Valls peut bien faire beaucoup d'effets, il n'a pas l'assise nécessaire, pour faire un candidat, ni même un chef de poids. Une fois élagués toutes les inimitiés, une fois mis à plat les problèmes de préséance, il ne restera plus au PS, que l'incontournable Ségolène. La seule façon de changer cet ordre annoncé, serait de tout précipiter. Les individualités peuvent s'exprimer dans les situations extrêmes. Mais les socialistes ne sont plus révolutionnaires. Depuis 1981.

Cher Passifou, Que Manuel Valls puisse irriter, cela se conçoit. Mais la méthode de Martine Aubry n'était pas la bonne, et du reste elle s'est retournée contre elle. Un bon texte d'elle sur son ambition comparée à celle du député-maire d'Evry aurait été aussi efficace et ne l'aurait pas placée dans le registre d'autorité. Pour le reste, il est indispensable d'argumenter comme vous le faites. Cordialement Vincent Duclert

je ne pense pas, la méthode me semble logique pour remettre en place manuel valls qui se joue des médias, de le faire également par voie médiatique, cela n'aurait eut aucun impact sinon, un peu d'autorité et d'ordre ne me semble pas un mal au ps. - par ailleurs, je pense que l'intelligence de martine aubry consiste à ne pas exclure systématiquement tout ceux qui vascillent à droite ou contre le ps en en faisant parti, car il resterait peu de monde, exclure valls, drey, lang, peillon, etc ... parceque ils n'y croient plus , ce serait un peu se saborder également. il est simplement rappelé qu'il y a un parti duquel ces personnes sont membres, que si valls par exemple a décidé de jouer un autre son de cloche, il n'a rien a faire au ps.

Cher Vincent, Votre remarque me semble très juste. Plutôt que simplement choisir le registre de l'autorité, y ajouter le débat d'idée, changeait tout, et m'aurait donné raison. Ce qui n'est pas le cas. Merci bien pour votre point de vue.

J'avais des corrections à apporter mais l'accès n' pas été possible. Les voici donc: "Je crois que la gauche du socialisme, c'est fini comme Mauduit et Desportes l'avaient justement analysé dans leur livre du même nom. La période du communisme et du socialisme est maintenant derrière nous comme d'ailleurs le tout qu'était censée constituer la révolution française. 89, 92, ce n'est pas 93, cette année malheureuse et fondatrice du totalitarisme qui inspira la révolution d'octobre. la révolution n'est jamais d'un bloc. La gauche des socialismes est finie aussi par son incapacité à tenir la ligne de l'intérêt général et celle de l'universalité, face à l'hétéronomie. Bref a être dans l'héritage des lumières, inventive et progressiste, sachant comprendre le monde tel qu'il est et non tel qu'elle veut qu'il soit. Aujourd'hui, pour ces quelques semaines et eput-être des années (voir Castoriadis dans ses entretiens avec A. Finkielkraut et R. Legros retranscrits dans le recueil de textes: "C. Castoriadis: réinventer l'autonomie" ed du Sandre) la gauche est à l'échelle européenne et écologiste entre autre précisément parce que la thèse écologiste exprime le devoir du politique à défendre l'intérêt général (la développement durable) et son universalité la défense de la planète sans rejeter ni la question social ni la question politique. Europe écologie a incarner cette gauche nouvelle lors des européennes fidèle par delà les intentions de ses dirigeants à l'intérêt commun et à l'universel concret. Pour autant, s'ils sont aujourd'hui La Voix politique de la gauche en crise ils ne sont sans doute pas La Voie de la gauche. La droite elle, exprime l'intérêt particulier, la conception propriétaire, particulière, accumulatrice et traditionnaliste, la dépendance au passé du Monde, nécessairement (et il en faut) dirigée par l'instinct de conservation. En fondant l'UMP Chirac a posé sans le vouloir un nouveau modèle à droite dont Sarkozy a su profiter arcque 'il avait travaillé les idées, la rupture avec l'ancienne droite en crise de Giscard à Chirac. . Comme le PC et depuis le congrès de Reims le PS, les verts sont également un parti foutu. La gauche des partis est condamné, une nouvelle forme doit-être inventé dans le cadre de l'affrontement droite gauche et des primaires: parti démocrate, fédération, alliance qui sait? Mais la forme partis léniniste (au PS le centralisme démocratique s'appelait la synthèse) qui domina jusque dans les années 80 est maintenant déclinante. Elle se meurt tant mieux. L'ancienne gauche de Mitterrand et de Marchais se meurt. (Mendès c'est tout autre chose) . Il reste à la gauche à comprendre ce qui s'est passé en juin 2009 aux européennes et dans le processus qui conduit de l'effondrement du mur de Berlin à la victoire de Barak Obama pour se relever. La gauche existait avant le socialisme elle existera après.

Réponse à Lincunable : Comment est-il encore possible aujourd'hui, en 2009 (soit deux ans après le début d'une crise majeure aux Etats-Unis), que l'on puisse tenir une position comme celle-ci : "il n'y a pas eu de conversion du PS au néo-libéralisme" ???? à moins : de ne pas savoir ce qu'est le néo-libéralisme, ou d'avoir le nez dans le guidon, ou encore de ne pas y trouver à redire (peut-être les trois à la fois, sans chercher à vexer personne) ? Quel premier minitre a engagé en France la conversion à la rigueur, voyant que ses principaux partenaires économiques en faisait de même ? (Rép. : Mauroy) Quel premier ministre a participé à ce qui, à l'époque, été appelé "la réhabilitation de l'entreprise" ? (Rép. : Fabius, eh oui !) Quel premier ministre a le plus privatisé ? (Rép. : Jospin) Quels premiers ministres ont grandement engagé la France dans une intégration européenne dont la thématique première était (et reste) le grand marché et la monnaie unique, et non pas l' "Europe sociale" ? (Rép. : allez, un petiti effort...) Mais oser poser ces questions, c'était, il y a peu, être à la gauche du PS, n'est-ce pas ? C'est-à-dire hors-sujet d'office, pour les auto-proclamés bien-pensants ?... Aujourd'hui, c'est être aussi de droite (cf. les discours écrits de la plume des conseillers de Sarkozy!). Mais toujours pas socialiste, pas vrai ?! Faut-il encore rappeler aux néophytes ce que le terme "socialisme" voulait dire à ses débuts ? Voire même, près d'un siècle plus tard, dans la bouche de J. Jaurès ? Voire même encore, dans la bouche du grand cynique F. Mitterrand, dans les années 1970 ? Ce n'était pas acceptation du capitalisme. Faut-il donc être né après le début des années 1990 pour ne plus s'en souvenir ou, carrément, ne pas le savoir ? La gauche du socialisme est peut-être condamnée dans nos sociétés, mais pas pour les raisons évoquées par certains ici. La principale des raisons est à mon humble avis (et je peux me tromper) d'ordre démographique et sociologique : nous sommes une société vieillissante qui, de plus, a de plus en plus peur du changement et ne croit plus au progressisme. Trois raisons majeures, qui s'entrecroisent. Comment expliquer autrement le vote, croissant selon l'âge, en faveur des partis de droite ? Comment expliquer autrement la thématique sécuritaire prégnante dans la société, y compris chez une part non négligeable des jeunes (notamment issus de milieu populaire) ? Comment expliquer encore l'adhésion (temporaire) d'une partie des milieux populaires à la thématique sarkozyenne ("gagner plus en travaillant plus" !!!, sécurité, immigration...). Je vous laisse continuer la liste des questions dont la réponse, pour qui veut voir plus loin que l'agitation actuelle du PS comme source de déclin, n'est pas si dure à deviner, même maladroitement.

Economie de marché et néo-libéralisme, est-ce la même chose, selon vous ?

Economie de marché = économie fondée essentiellement sur le marché (échanges marchands) comme mécanisme d'affectation et de répartition de la richesse issue de la production. Néo-Libéralisme = doctrine économique prônant une place prépondérante des marchés dans les échanges et rapports humains (= marchandisation de la société), sans questionner les rapports de pouvoir existants sur les marchés réels (gigantisme). [C'est pourquoi le Néo-libéralisme est une version abâtardie, et darwinienne économiquement, du Libéralisme d'Adam Smith qui, tout en cherchant à favoriser la place du marché aux dépens de celle de l'Etat, reconnaissait une place à l'Etat-producteur pour toutes les activités nécessaires jugées non-rentables pour le marché (exemple : les infrastructures) et, surtout, dénonçait les oligopoles privés et tout affaiblissement de la concurrence entre entreprises au détriment des salariés comme des consommateurs.] Exemple de néo-libéral : le monétariste Milton Friedman qui ne trouvait rien à redire aux pratiques des multinationales (que d'aucuns estimeraient, à raison, peu portées sur la concurrence). Le Néo-libéralisme politiquement pratiqué dans les pays occidentaux, s'est ainsi caractérisé avant tout par la focalisation sur principalement deux types de marchés : le marché du travail, qui doit être, là, davantage concurrentiel (du côté des salariés surtout) et les marchés financiers ; les uns comme les autres devant absolument être dérèglementés le plus possible. En conclusion : le PS qui a, depuis le tournant de 1983, fortement contribué à alléger les charges (on ne dit plus cotisations) sociales, développé et parfois créé des emplois temporaires, flexibles, mal rémunérés, ouvert les marchés monétaires et financiers (là encore dans les années 1980!), etc., eh bien, non, et j'en suis triste, ce n'est pas de la seule reconnaissance de l'économie de marché. C'est de la contruction de l'économie de marché. Aux dépens des valeurs progressistes et d'un gros mot, le souci d'égalité.

Je ne suis pas sûr de comprendre que vous distinguiez nettement les deux notions.
Pour poser la question autrement, dans le régime que vous appelez de vos voeux, par qui et comment seront fixés les salaires et les prix ? Par quels mécanismes se fera l'allocation des ressources ? Le PS, malgré tous ses défauts, est assez clair là-dessus, depuis juin 2008 et l'adoption de sa déclaration de principes.. Et vous ?

Vous avez tout-à-fait raison : je ne distingue pas en effet nettement les deux. Parce que l'économie de marché est un concept plus large que la doctrine Néo-libérale qui le promeut. Parce que le Néo-libéralisme, tout comme le Libéralisme dont il diffère, renvoient tout deux à l'économie de marché. Car il existe toute sortes d'organisation de marchés. Autrement dit, il est possible d'être en faveur de l'économie de marché sans être Néo-libéral (il suffirait simplement d'être libéral à la Smith...). D'être pour une économie de marché réellement concurrentielle, à bien des aspects éloignée des marchés actuellement et réellement existants (cf. les ententes constamment découvertes et parfois condamnées, partie émergée d'un iceberg de pratiques anti-concurrentielles). Pour ce faire, il suffit (suffirait) de promouvoir en toute occasion la transparence, la concurrence, la protection des "petits" et de combattre sans merci les contournements de concurrence... le lobbying aussi ! Quant à moi, puisque vous me demandez mon avis, je vais plus loin que cela, même si, ayant à choisir, je préfèrerais le Libéralisme au Néo-libéralisme. Je ne me reconnais pas dans le concept d' "économie de marché"... Certes, je reconnais l'utilité des marchés, mais je ne veux pas de marchés (quelle que soit leur mode d'organisation) prépondérants sur la logique de service public. Je suis au contraire pour une dé-marchandisation partielle de l'économie, du moins autant que faire se peut. Pour en tout cas davantage d'activité fonctionnant selon les principes du service public. Demain, aujourd'hui peut-être pour un certain nombre de nos concitoyens, se souviendra-t-on encore du temps où les télécommunications relevaient d'un service non-marchand car d'une administration (les fameux PTT), la distribution de l'eau, l'éducation pour tous (avec le développement des boites privées de soutien), le placement et le traitement des chômeurs (cf. les nouvelles du jour) ?...

Complément : il fut un temps où l'on qualifiait ce type d'économie où les marchés n'avaient pas toute leur place d' "économie mixte". Je ne sais s'il est joli, s'il ne faudrait en trouver un autre, mais il serait plus doux à entendre chez ceux qui se réclament "socialistes" qu' économie de marché...

Cher Melchior, Par n'importe quel bout que vous le preniez, l'économie de marché conduit à la vision néo-libérale. Il faut une diriger, et contrôler politiquement l'économie de marché, qui en perd alors sa nature. Tout le débat devrait être sur la méthode de contrôle, et certainement pas sur son bien fondé. Il y a loin de l'économie de plan communiste de l'URSS, aux systèmes de taxes et de contrôles des différents pays d'europe occidentale et d'ailleurs.

Oui c'est possible, comme vous l'explique Melchior. " Utilisé depuis quelques années en Europe, le néolibéralisme, voire l'ultralibéralisme, est un terme plutôt vague, ayant une connotation péjorative, pour désigner tout à la fois une idéologie, une vision du monde, des modes de gouvernement, des théories marquant un renouveau et une radicalisation du libéralisme, forme actuelle du capitalisme, à l'instar de ce qui était préconisé par Mrs Thatcher et Mr Reagan dans les années 80. Réhabiliter l'entreprise comme lieu de développement économique et de progrès et non comme simple lieu de l'exploitation de l'homme par l'homme me parait aller dans le bon sens. Il n'y a pas de différences fondamentales entre socialisme du début et socialisme de la fin mais adaptation politique aux nécessités du moment. Sous Jaurès comme sous Blum et Mitterrand, il y a eu des courants divers avec parfois un courant dominant entre révolutionnaires qui voulaient abattre le capitalisme et réformistes qui voulaient humaniser le capitalisme. Le débat ne fait que se poursuivre. Il n'a pas changé de nature.

Je suis désolé pour vous mais vous faites erreur en cherchant à gommer les différences entre un socialisme originel et le "socialisme" actuel, dans une tentative vaine pour rattacher au socialisme doctrinal la pratique des auto-proclamés "socialistes" modernes. Jaurès ne voulait pas se limiter à une humanisation du capitalisme comme vous l'affirmez sans sourciller : il voulait supprimer à terme le capitalisme par des moyens non révolutionnaires. Les réformes ne devaient pas s'arrêter à une humanisation mais aboutir à dépasser le capitalisme. Et à instaurer le socialisme: c'est-à-dire à cette époque, la collectivisation libre des moyens de production (quel gros mot !). Eh oui, c'est loin, mais il faut le relire !

"c'est-à-dire à cette époque, la collectivisation libre des moyens de production"
Et comme nous ne sommes plus à cette époque vous proposez autre chose. Quoi ?

Je pense Espaillac que c'est vous qui êtes dans le contre-sens : vous vous appropriez la mémoire de Jaurès comme s'il représentait le PS authentique par rapport au PS dévoyé. Jaurès est une synthèse de la gauche révolutionnaire et de la gauche réformatrice. Il appartient idéologiquement autant au PC qu'au PS dont la scission de Tours a consacré le divorce. D'ailleurs l'Humanité qu'il a fondée en 1904 est devenue l'organe de presse officiel du parti communiste français.

Pour que mes propos, entre les deux courriels, ne semblent pas incohérents, je complète : la gauche du socialisme n'est pas le PS en tant que tel. Aussi les raisons du (selon moi) manque d'avenir de la gauche du socialisme se surajoutent aux raisons spécifiques du déclin du PS (dés-idéologisation). A ce propos, les proches conseillers de Sarkozy ne citaient-ils pas Gramsci en rappelant à raison qu'une victoire politique se gagne d'abord culturellement (c'est-à-dire idéologiquement) ? La gauche, et le PS en particulier, perd, depuis des années (car cela ne date pas d'aujourd'hui : rappelez-vous 2002!), ses électorats parce qu'il (ou elle, la gauche...modelée par le principal parti) a très largement cédé du terrain idéologiquement. La société a entendue finalement les mêmes sirènes que les directions successives du PS. Et comme lui, la société (ou sa part nettement majoritaire) n'est plus aujourd'hui convaincue.

" Dans ce registre, Mediapart pourrait prendre aussi l'initiative, accueillir des contributions qu’on verrait limitées à une et une seule par auteur, et qui émanerait non seulement de dirigeants, d’élus, d’intellectuels mais aussi de militants, de sympathisants, d’électeurs ou de futurs électeurs, bref des assises du socialisme hors-les-murs. Le temps de l’été est propice à la réflexion, à l’écriture, à la lecture, au partage. C’est la meilleure façon je crois de conjurer le vide, la peur qu’il inspire et les erreurs auxquels il mène. " - ce serait pour ma part avec plaisir, je veux bien consacrer encore un peu de temps à ce qui me semble utile de défendre comme ligne de pensée, par l'affirmation de prinicipes simples et rendus possibles par le monde politique. - parceque notre époque se pourrait de faire preuve davantage d'enthousiasme ( mot à méditer tant le désarroi et la morosité semblent de rigueur ), en souhaitant que cette réflexion à gauche et en politique pourrait permettre de se comprendre et éventuellement d'agir, je reste cependant relativement dubitatif sur nos différents moyens d'actions, quelquesoit la pertinence d'une pensée de gauche.

Bonjour à jlamo et à tous, Vincent Truffy, journaliste à Mediapart, a d'ores et déjà ouvert une édition à l'adresse http://www.mediapart.fr/club/edition/socialisme-hors-les-murs pour recueillir les contributions. Merci à lui. Mon idée est d'organiser la publication, chaque jour au mois d'août (et pourquoi pas en septembre si cela marche bien), d'une contribution ouverte à tous, "recherche de la base et du sommet" comme écrit René Char. Nous allons solliciter les dirigeants du PS, les élus, les cadres, et aussi les militants, les sympathisants, les électeurs et futurs électeurs, les lecteurs de Mediapart et les futurs lecteurs, etc. (tout ceci conjugué bien sûr au féminin). Il me semble qu'il ne faut pas trop de règles, sinon des textes pas trop longs (maximum 20 000 signes, c'est déjà bien), sincères, dont on puisse ne pas rougir quelques années après, avec une grande liberté de contenu mais aussi de forme (texte théorique, texte intimiste, testament personnel, lettre ouverte, déclaration de principes, souvenirs, évocation littéraire) tout en écrivant avec gravité. Pour ceux qui craignent de signer avec leur propre nom (tout le monde n'est pas protégé dans sa profession ou dans sa vie personnelle), merci de vous décrire en quelques mots. Les textes peuvent se répondre bien sûr, mais ils doivent aussi se suffire à eux-mêmes Même si l'idée est d'en faire un "feuilleton du mois d'août", on peut commencer dès maintenant. Les textes déjà publiés seront facilement accessibles et l'ensemble, pourquoi pas, pourra être publié en librairie à l'automne. On peut débattre aussi de la méthode avant de commencer. Celle-ci me paraît relativement simple. Cordialement. Vincent Duclert

bravo merci, c'est trés simple, et à la fois relativement compliqué puisque pour aborder la question du socialisme on peut s'étendre à une infinité de thèmes notamment philosophiques, selon différents angles, mais la volonté me parait louable et bienvenue dans l'esprit de la démocratie participative et de la pensée de gauche, de soumettre de s'exprimer, le plus simplement et objectivement du monde sur la définition d'une pensée socialiste, tout est toujours à inventer et à renouveller. - merci pour cette initiative.

Le grand énarque Olivier Ferrand a refusé le vote militant lors de la dernière législative dans la 4ième circonscription du pays catalan. Parachuté dans une circonscription a gauche depuis 50ans soutenu par M Vall, D Staus Kan, M Rocard, L Jospin il n'a pas passé le 1er tour et refusé de soutenir ouvertement le candidat socialiste face à une UMP pour le 2ième tour. Grace à lui l'UMP a remporté cette circonscription. Le mal du PS le voilà des énarques débordant d'ambitions personnelles. Aucune réalité de terrain par contre lisez terra nova alors là il vous transforme le monde. Non merci, Charles Campigna secrétaire de section Argelès sur mer.

Cher Charles Campigna, Développez donc votre propos, racontez, tirez-en des conclusions, écrivez un texte pour cette édition qui se lance, "socialisme hors-les-murs" (cf mon commentaire précédent). C'est l'occasion. Cordialement Vincent Duclert

Vincent, je suis surprise que vous présentiez comme des nouveautés ce qu'au sein du PS chacun déclame sur tous les tons, depuis des mois et des mois: le PS doit réfléchir, comprendre les changements de la société, revoir ses théories...etc ... Il a d' ailleurs consacré des réunions à ces réflexions. Quant à la méthode contributive, la première à l' avoir mise en pratique, sur Désirs d' Avenir, pour les présidentielles, c' est Ségolène Royal. Elle l' a reprise de façon beaucoup plus élaborée, sur le site "congrès utile et serein"pour le congrès de Reims, avec une vingtaine d' experts pour exploiter les contributions ( très nombreuses) de tous, y compris de militants; résultat: sa contribution de congrès était la plus riche en propositions concrètes, au delà des déclarations d' intentions. Constatons que vous approuvez la méthode, et pourquoi en effet ne pas l' appliquer sur un site voué à une certaine médiatisation! Je trouve injustes ces déclarations incessantes, y compris de la part de socialistes, estimant que le PS ne travaille pas, n' a pas de propositions... Ce qui est vrai, c' est qu'il a lui-même fait l' erreur de lancer la libéralisation des finances et certaines dénationalisations... mais de cela, il pouvait se remettre. La grosse erreur dont il ne se remet pas , c' est d' avoir participé à l' échec de sa candidate aux présidentielles, puis d' avoir attendu 16 mois entre la présidentielle et le congrès, pour qu' elle perdre son capital de sympathisants... Pendant qu' alors les "responsables socialistes" y allaient de leurs contradictions face aux médias, le gouvernement détruisait à pas de charge toutes sortes de libertés et d' acquis sociaux. Autre erreur pas du tout idéologique, mais contraire à un idéal de démocratie, c' est le choix de désigner la 1ère secrétaire dans des conditions plus que douteuses! La moitié des électeur s' est sentie trahie. Le fait de maintenir ostensiblement S Royal en dehors de toute instance dirigeante , de la mépriser ouvertement, puis de considérer qu'elle se devait d' animer la campagne de ses "amis" sans contrepartie, n' a rien arrangé! Autre réalité: tout ce temps perdu se répercute encore sur les actions du PS depuis le congrés: le plan de relance, le "printemps des libertés", le choix des thèmes de campagne, sont toujours arrivés trop tard ... Ajoutons à cela un fléau que Médiapart connait bien, puisque c'est ce qui l' a fait naître: la MAIN MISE du pouvoir sur tous les grands MEDIAS! En ce qui concerne le PS, elles ne diffusent pas l'info, ou bien elles la présentent de façon à la ridiculiser, à souligner ce qui divise , rarement ce qui est positif..... Dans ce contexte morose, une lueur d' espoir : il semble que les socialistes qui souhaitent une réelle rénovation, mais pour lesquels tout est vérouillé, s'organisent ... espérons qu'ils vont réussir !

j'approuve l'ensemble de votre message sauf la partie remettant en cause l'élection du congrés de reims, je trouve que cela manque d'un certain fairplay qui fait mal également à l'image de cette formation. - M. Vincent Duclert me semble plutot sur une ligne royaliste, peu importe, son initiative me semble louable en espérant que un échange ne puisse se nouer de façon pragmatique concernant les idées du ps, en essayant de mettre de côté cette forme de fanatisme pro-royale qui je pense ne lui sert pas également. - je ne comprend pas pourquoi aprés avoir perdu lourdement en 2007, certains du ps peuvent encore souhaiter rejouer ce scénario, je comprend pas.

Il faut accepter de ne pas tout comprendre, jonathan. Personne ne comprend tout. Le monde est complexe, et il y a des gens qui ne supportent pas la complexité, en tant qu'elle leur échappe. Ceux-ci n'ont de cesse de vouloir tout simplifier, au risque d'appauvrissement général, et sur tous les plans.

c'était une image, il sagirait alors de démontrer pourquoi le score de ségolène royale serait forcément différent en 2012 qu'en 2007, face au même opposant. d'une certaine façon et pour de nombreux français, nicolas sarkozy dans sa façon de gouverner n'est guère différent de jacques chirac,ou bien simplement vous pensez que le bilan discutable de ns ne permettra fatalement de faire gagner sr , c'est une stratégie perdante à mon avis. -

Y a rien à "démontrer", jonathan, juste à observer ce qui se passe, sans oublier de s'intéresser à l'histoire, celle des élections par exemple, également celle du Ps, la Sfio, le Psu, toutes ces choses très "concrètes".

je vois pas le rapport avec 2012, royale a perdu contre sarkozy à 47 % en 2007, pourquoi ferait-elle mieux en 2012 ?

Mitterrand (tonton) a perdu contre Giscard en 74, pourquoi aurait-il gagné en 81 ?

c'est juste, mais je préfère pas comparer royale à mitterand sincèrement, j'ai pas les chiffres de 74 entre giscard et mitterand, mais le 47 % aurait du l'amener à avoir la même réaction que jospin pour ma part, un échec une fois c'est ok, un échec deux fois ça devient de l'inconscience, si elle représente le ps en 2012, le ps perdra à nouveau. jamais ségolène royale ne sera présidente de la république, il faut rester un peu sérieux.

Pourquoi jonathan écrit-il systématiquement, d'une part Martine Aubry, et d'autre part, royale ?-;) 1ère leçon : traiter les noms propres à égalité, et les écrire correctement. Exemple : si on écrit Aubry, on écrit Royal, Sarkozy Autre exemple : si on écrit MA, on écrit SR, NS etc ...

Cher jlamo, Visiblement vous vivez dans un autre monde. Comment démontrer pourquoi le score de Ségolène Royal serait forcément différent en 2012 qu'en 2007, face au même opposant? Bientôt trois ans de sarkozysme ne vous ont pas interpellé sur un certain nombres de changements dans le pays? 2012 se fera bien sûr sur un bilan. Celui du quinquennat, mais aussi celui des sept années précédentes, ou les acteurs de ce régime avaient déjà des responsabilités. D'autre part le soutien de SR, dans son propre parti a sérieusement évolué. L'anti ségolénisme s'est sévèrement calmé. Qui aurait pensé, au sortir de la présidentielle qu'elle puisse même imaginer,de se présenter au secrétariat général du PS? Et elle y a fait presque la majorité. Je serais curieux de véritable primaires, non à gauche, mais au PS, aujourd'hui. pour des primaires à gauche, je n'ai pas de doute, non plus. Entre les éléphants, les autres et SR, mais sans truquer les chiffres, au PS, selon une très mauvaise habitude. Ensuite, on l'enterre vraiment trop vite ce PS. Il est fini dans sa forme actuelle, c'est à dire sans direction véritable, parce que non reconnue par tous. Un minimum de consensus, un changement de personnel, et le PS redevient le premier parti de France. Actuellement, c'est Martine Aubry qui est sur la sellette. Si SRreste au-dessus de la mêlée, comme elle le fait, et prend ensuite une vraie part aux opérations de rénovation, on peut voir l'impensable. C'est à dire Aubry se retirer d'elle-même, avec les honneurs. Et si SR est candidate du PS, elle sera candidate de la gauche. Et elle gagnera en 2012, sans l'ombre d'un doute. Sarkozy, actuellement, pèse 30 à 35 % de l'électorat français. Et c'est tout. personne d'autres que les siens, les inconditionnels, pour le soutenir. Il ne peut pas avoir de majorité. Je n'imagine même pas un score semblable à celui de SR en 2007, mais certainement un peu en dessous, à 45 ou 46%, grand maximum. Aujourd'hui, il ferait 40/44%. Sauf à faire ce qu'il dit qu'il va faire sans arrêt: c'est à dire une politique de gauche et écologiste. Un comble. Et la crise ne va vraiment rien arranger.

(j'ai passé les commentaires, j'y reviendrai plus tard) Beau texte, révélant une finesse d'esprit qui manque souvent à bien des analystes d'un PS malade.

Bonne analyse ,on va finir par donner une autre signification au PS : Passé Simple. .

Par contre contre vent et marée je resterai au PS, car on ne pourra changer les choses que de l'intérieur.

Je pense que pour le résultat du congrés, une moitié des socialistes a accepté les résultats annoncés, et q'une autre moitié (cela fait beaucoup !) n' y a pas cru ... je sais de quoi je parle! Pour ces derniers, impossible d' admettre qu' accepter des résultats faussés soit une marque de "fair-play" ! Ce n' est pas une erreur de second ordre. Une façon de faire passer la pillule aurait été de donner à Ségolène Royal un rôle dans la direction, compte-tenu de ses résultats auprès des militants... surtout que les déclarations de la nouvelle direction allaient dans le sens du respect des militants!... et les faits étaient contraires ! Grave manquement à l' honnèteté qui sapent la confiance. CELA AURAIT ETE FAIR-PLAY ! ( comme l' a fait Obama avec Hilary Clinton).

oui enfin, ça sert à rien de faire voter des motions si chaques représentants de ces motions se retrouvent aprés les élections aux mêmes fonctions quelquesoit les résultats, - mais ségolène royale et martine aubry semblent réconciliées c'est l'essentiel.

Ce que je supporte mal et qui me met en colère, c'est la destruction systèmatique du service public (cela ne date pas d'hier) et la référence à "L'Entreprise" et à la rentabilité comme critères de bonne gestion. Réhabiliter le "Service Public" (beau concept...), n'est ce pas déjà tout un programme, un socle minimum ? Le citoyen lambda que je suis n'en a franchement rien à faire de ces combats de chefs et de ces friction dégo. Pardon pour mon inculture politique mais s'il vous plaît, Mesdames et Messieurs du PS, donnez nous quelques raisons d'espérer en vous !!

Ce que je supporte mal et qui me met en colère, c'est la destruction systèmatique du service public (cela ne date pas d'hier) et la référence à "L'Entreprise" et à la rentabilité comme critères de bonne gestion. Réhabiliter le "Service Public" (beau concept...), n'est ce pas déjà tout un programme, un socle minimum ? Le citoyen lambda que je suis n'en a franchement rien à faire de ces combats de chefs et de ces friction dégo. Pardon pour mon inculture politique mais s'il vous plaît, Mesdames et Messieurs du PS, donnez nous quelques raisons d'espérer en vous !!

Bonjour Thomas-Luis, Développez ce socle minimun selon vous, ce programme de réhabilitation du Service public. Les raisons d'espérer que les responsables du Parti socialiste pourraient donner sont fonction je pense de l'exigence que la base et le pays en général pourraient exercer sur eux - et de son expression. Cordialement.

Bonjour à tous, le texte ci-dessous ouvre désormais l'édition "socialisme hors-les-murs" : http://www.mediapart.fr/club/edition/socialisme-hors-les-murs A vous Dans un texte publié le 21 juillet (« PS. “La nature a horreur du vide” »), je proposais que Mediapart puisse « accueillir des contributions, qu’on imaginerait limitées à une et une seule par auteur, et qui émanerait non seulement de dirigeants, d’élus, d’intellectuels mais aussi de militants, de sympathisants, d’électeurs ou de futurs électeurs, bref des assises du socialisme hors-les-murs. Le temps de l’été est propice à la réflexion, à l’écriture, à la lecture, au partage. C’est la meilleure façon je crois de conjurer le vide, la peur qu’il inspire et les erreurs auxquels il mène. » Le projet a été repris le jour même, à la fois par des journalistes de Mediapart qui vont solliciter des signatures et par des lecteurs du journal prêts à participer à l’aventure, l’idée étant d’aller à la « recherche de la base et du sommet » - pour paraphraser le titre d’un recueil de poèmes de René Char (1955), de la théorie à la pratique, des connus aux inconnus, des lieux proche au vaste monde, du temps perdu au temps retrouvé. Une édition a été immédiatement ouverte par Vincent Truffy sur Mediapart, à l'adresse http://www.mediapart.fr/club/edition/socialisme-hors-les-murs, et un autre journaliste, Stéphane Alliès, s’est chargé de coordonner avec moi la publication des textes qui doit intervenir durant tout le mois d’août (et pourquoi pas en septembre si le succès est au rendez-vous), à raison d’une contribution par jour. La liberté d’écriture et de pensée est bien sûr de règle. Les contraintes sont légères. Que les textes ne soient pas trop longs (maximum 20 000 signes, c'est déjà bien), qu’ils soient accessibles, sincères, graves, bien écrits. Qu’on puisse, longtemps après, revendiquer cette écriture et la fierté de ce moment estival. Il faut imaginer que ces textes vont durer, qu’on les retrouvera peut-être en libraire dès cet automne, qu’ils deviendront des références pour l’action et la réflexion futures. Les textes peuvent bien sûr se répondre, et ils le feront certainement. Mais ils doivent aussi se suffire à eux-mêmes et pouvoir être compris sans nécessairement revenir à la contribution initiale. Pour ceux qui craignent de signer avec leur propre nom (tout le monde n'est pas protégé dans sa profession ou dans sa vie personnelle), merci de vous décrire en quelques mots simples. Il est conseillé en revanche de ne pas se faire le porte-parole de tel ou telle responsable du parti. C’est souvent contre-productif pour le leader qui est ainsi soutenu, et de toute manière « Socialisme hors-les-murs » n’est pas une réunion politique ou une séance de congrès. Le but est bien davantage de réfléchir à l’avenir du socialisme et de la gauche (qui ne se confondent pas, nous en sommes conscients), et d’abord en France mais sans que la question européenne, la question de l’étranger et du monde ne soient écartées : elles appartiennent pleinement au débat, à la réflexion sur l’identité de la gauche. L’édition ouvrira officiellement le 1er août. D’ici cette date, adressez-nous votre texte (avec son titre) ou informez-nous de votre intention d’écrire (en donnant une date d’envoi de votre contribution) à Stéphane Alliès et Vincent Duclert : stephane.allies@mediapart.fr et vincent.duclert@wanadoo.fr Après cette date, continuez bien sûr. Toute proportions gardées, il existe un précédent à cette expérience aussi bien intellectuelle que journalistique lorsqu’en à l’été 1898 Jean Jaurès publia dans La Petite République, à raison d’un article ou presque par jour, les chapitres qui allaient former quelques semaines plus tard l’ouvrage Les Preuves par lequel il démontrait à la fois la conspiration ayant visé le capitaine Dreyfus et le devoir de solidarité des socialistes. Ce faisant, il faisait du socialisme un principe décisif de démocratisation de la République. Pour sauver le soldat PS, le temps de l’été est compté. Vincent Duclert

Tant que l'ombre maléfique de Jospin empêchera le soleil d'entrer dans les caves de Solférino,il sera inutile de gloser et contre-gloser sur l'adaptation d'une néo-social-démocratie à l'analyse du réel et à l'attitude de la gauche en face de la crise... Ségolène a raison de se retirer sur l'Aventin lorsque débordent les écuries d'Augias. Le problème n'est plus du ressort de la stratégie politicienne. Il est ontologique. En effet,qu'est-ce que le socialisme ? Que veut dire ce mot,ce concept au XXIe siècle ? J'invite mes aimables correspondants à lire l'excellent livre de Dominique Missika sur le dernier combat de Léon Blum. Ils en tireront sans doute des réflexions ou des enseignements utiles sur la marche à suivre pour les combats à venir...

Pourquoi pas, Vingtras, nous donner les passages qui vous ont plus particulièrement marqué, dans le cadre d'une contribution pur "Socialisme hors-les-murs" ? Bien à vous

A Mr Vincent Duclert Merci de votre réponse. A vrai dire, je ne m'étais pas préparé à "développer" ce qui m'était venu spontanément au fil de la plume ; mais votre invite me séduit... Pour le moment, si je part de ces exigences minimum, il faudrait commenc er à définir ce que pourrrait être un service public et donc définir les rapports Etat-Citoyens. Dans quels domaines la notion de rentabilité doit-elle être bannie ? Ceci impliquant de se poser la question des ressources de l'Etat et donc d'une redéfinition du mode d'imposition. Je ne pense pas que le citoyen lambda que j'espère représenter soit hostile à l'impôt s'il est assuré que celui-ci servira la collectivité. Là aussi, des priorités seraient à dégager par voie démocratique je pense... (Je veux bien payer plus d'impôts mais je refuse de financer un second sous-marin nucléaire !) Et Quid de la taxe sur les revenus financiers ? Qui osera contrôler l'activité des banques ? le cynisme des grandes entreprises ?...etc... Ces quelques commentaires ne vont pas loin sur le plan théorique et j'ai conscience qu'une élaboration nécessite un travail de réflexion collectif . Bien cordialement.

Merci, mais prenez encore quelques jours, développez et préciser, par exemple sur "la voie démocratique" que vous suggérez, sur les contre pouvoirs, etc. Le travail de réflexion collective est d'autant plus réussi qu'il prend appui sur de bonnes contributions individuelles. Bien à vous.

Je réponds à Vincent Duclert. Pour faire court,je crois que le meilleur (et le seul) moyen de nous opposer à la stratégie pernicieuse et diabolique du mari de la chanteuse,est un recours à L'ETHIQUE. Pour cela,il suffit de se reporter à Léon Blum ("A l'échelle humaine" plutôt qu'à sa plaidorie du procès de Riom),aux "causeries" de PMF,voire à l'admirable discours de Robespierre devant la Convention le 8 thermidor an II. Il n'y a aucune fatalité du malheur ! Yes we can...

A Vingtras et Thomas Luis, voulez vous vous inscrire pour une des trente premières contributions ? Si oui, à quelle date pouvez vous nous adresser votre texte ? Cordialement

Newsletter
Je m'identifie