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Le New York Times cherche de nouveaux modes de (représentation de la) participation
Le New York Times a imaginé une façon originale de mettre en scène les débats que le journal a choisi de porter. Les carrés, représentant des thèmes de la conversations — des sous-catégories prédéterminées — apparaissent aussi gros qu'il y a de commentaires. On y voit autant de participants qu'il y a de commentaires «récents». Ces commentaires récents sont cliquables directement (ils apparaissent en infobulle) et l'ensemble de la conversation reste consultable et... commentable.
L'idée me semble à la fois séduisante — parce qu'elle redécoupe l'espace de la discussion en sujets singuliers, un peu comme, dans une soirée, des petits groupes se forment pour aborder des sujets divers sans que cela remettent en cause la participations des uns et des autres à la même soirée — et gadget. Qu'en pensez-vous? Comment sortir du kitsch léger de cette représentation pour en faire quelque chose d'utile, de rapide mais qui conserve ce caractère novateur?


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A réfléchir...
*A combiner peut-être avec le système du recommander sur Mediaprt.
Je veux dire :
- on ne peut recommander qu'une fois : égalité de tous.
Tandis que les carrés indexés sur le nombre de participants - mêmes récents on retrouve le problème des commentateurs qui commentent de multiples fois, en très peu de temps.
Alors, pour la taille du carré, faire une moyenne entre le "recommander" et le nombre de commentaires récents ?
***Le problème reste celui des billets "intemporels", ceux qui ont intéressé, et peuvent encore le faire, même s'ils n'ont pas été commentés récemment.
Alors, pouvoir choisir entre deux systèmes sur la même page :
- le récent
-l'inactuel
Très juste pour ce qui est des «+ commentés», quoique, si l'on avait considéré les billets comportant le plus de commentateurs différents, on eut probablement corrigé un bonne partie du problème, car nombre de billets pouvaient apparaître en «une» en n'étant qu'une longue algarade entre deux abonnés (voire, ça s'est vu, l'auteur qui se commentait, se recommentait, se surcommentait sans que quiconque ne lui réponde).
Il faut noter aussi qu'on ne commente pas un article particulier, mais un sujet (ou plutôt un aspect du sujet). Donc le risque d'autopromotion est amoindri.
Néanmoins, l'idée d'organiser la rareté (on ne peut recommander qu'une fois) pourrait même être poussé plus loin: pourrait-on par exemple ne disposer que d'un crédit limité de recommandation pour «abraser» les différences de comportement entre ceux qui recommandent à tout va et les parcimonieux. En poussant les premiers à se montrer «économes», on obtiendrait probablement un jugement plus posé.
Quels inconvénients peut-on trouver à cela? A première vue (il y en a sûrement d'autre), celui qui m'apparaît le plus clairement est que plus rare, la recommandation aurait plus de valeur. On risque alors de voir apparaître une forme de marché plus ou moins formel de la recommandation, soit des échanges (recommande-moi, je te recommanderai et nous monterons ensemble à la une) sans rapport avec la qualité réelle des contributions, soit des effets de réseau (recommandation d'un individu plutôt que de ses travaux) qui mesurerait en réalité l'entregent de l'auteur.
La mesure mixte que vous proposez reste effectivement moins manipulable. A vrai dire, plus on ajoute de facteurs, plus il devient difficile à un individu ou à un groupe de détourner l'outil de sa fonction. Et plus on tient compte des différences d'implication des membres du Club.
Par exemple: certains ne font que lire, d'autres impriment, offrent par mail, partagent sur Facebook ou Twitter, certains recommandent, commentent ou finissent par écrire un nouveau billet pour déployer leur argumentation dans toute sa complexité, d'autrent enfin se regroupent en édition pour monter collectivement une publication thématique sur un sujet. Autant de façon de participer. Autant de mesures qui pourraient entrer dans le calcul de l'intérêt général.
On pourrait aussi se dire que l'avis du Club parce que le Club de Mediapart n'est pas une entité suffisament structurée et pertinente, et que l'on préfère par exemple obtenir cette mesure auprès de son Club choisi, le réseau de ses contacts. On obtiendrait ainsi mille Mediapart, chacun pertinent pour celui qui le lit.
Pour ce qui est de l'inactuel (j'aime beaucoup le choix de ce mot nietzschéen qui me fait penser qu'il signifie aussi «intempestif»), on rejoint le concept de la longue traîne: la demande totale pour les articles peu demandés dépasse la demande totale des articles très demandés. Mais la particularité de cette «loi de puissance» est que, précisement, elle se passe de la promotion et de l'exposition; elle vit par ses propres moyens, par ses réseaux, par ses recommandations informelles. Où l'on retrouve la proposition précédente de Club personnalisé...
merci de cette longue réponse, avec des tas d'idées.
*Tenir compte de la diversité des interventions sur un billet :
"nombre de billets pouvaient apparaître en «une» en n'étant qu'une longue algarade entre deux abonnés" [ou un auto-colloque d'auteur]
Oh que oui...
*D'accord pour la valeur du recommandé :
"pourrait-on par exemple ne disposer que d'un crédit limité de recommandation"
Il me semble que ça a existé un temps ? Effectivement, ça fait réfléchir.
Et c'est très juste (et drôle) ce que vous évoquez, les possibilités les échanges de bons offices es-recommandation : ça m'a rappelé les moeurs universitaires, même entre "ennemis jurés" , je soutiens ton poulain cette année, tu soutiendras le mien l'an prochain.
*L'inactuel, l'intempestif, la longue traîne, autant de mots qui comptent pour désigner ce qui aussi est important. Et c'est vrai que ça vit "tout seul" ou plutôt en réseau de ce qui sont à l'affût. les "nouveaux" peuvent ainsi savourer eux aussi la joie de ces pépites du passé.
Mais un tout petit carré obsolète traînant dans un coin de la Une du club...
Il y a effectivement le problème des «nouveaux» et de l'immédiat. Le temps de se faire connaître et de se tailler une place dans le Club est long. A tel point qu'on peut parier que beaucoup se sont découragés avant d'y parvenir.
Et en même temps, «discriminer positivement» les nouveaux venus (considérer par exemple que ceux qui écrivent, commentent pour la première fois), accorder plus d'indulgence donc (on est souvent gauche quand on commence), c'est risquer d'encourager la maladresse au détriment de ceux qui ont un peu de bouteille participative.
Peut-être faut-il envisager une zone «bac à sable» comme dans Wikipedia, où l'on pourrait se faire les dents sans subir les sarcasmes et l'exaspération des habitués, où l'on pourrait se ménager un peu de visibilité sans fausser le système général de recommandation. Un lieu où les abonnés pédagogues, les conviviaux, les bien intentionnés pourraient accueillir les arrivants.
Pour les «obsolètes», une piste: un classement non des billets mais des auteurs recommandés pourrait faire l'affaire. Celui qui se trouve en une du Club (et les onglets équivalents dans les pages blogs et éditions) consacre des auteurs peu prolixes souvent mais qui se sont fait apprécier.
Je sépare de mon commentaire ce qui avait trait à la référence longue traîne :
Le début du texte pose le problème récurrent de tels espaces du net :
(traduction approximative) :
Un thème récurrent pour ceux qui écrivent au sujet des aspects sociaux de l'activité "blog",
noter et en général se lamenter à propos de l'existence d'une liste A, celle d'un petit nombre de blogueurs qui (draineraient) la majorité de l'activité des blogs. Cette plainte suit un schéma commun que nous avons vu avec MUDs, BBSes, et des communautés en ligne comme Echo et the WELL (??). Un nouveau système social (socialisé) démarre, il semble délicieusement affranchi de l' élitisme et des cliques des systèmes existants. Ensuite, alors que le nouveau système grandit, des problèmes d'échelle apparaissent. Tout le monde ne peut pas participer à chaque conversation. Ce n'est pas tout le monde qui se fait écouter. Quelques noyaux semblent plus connectés que le reste d'entre nous, et ainsi de suite.
Avant les récents travaux théoriques, les explications usuelles se référaient à des comportements individuels : certains membres de la communauté (had sold out ? était partis ?), l'esprit des premiers temps avait été dilué par les nouveaux arrivants. Ce qui compte, c'est ceci : La diversité plus la liberté de choix crée de l'inégalité, et plus la diversité est grande, plus l'inégalité est grande."
....Du grain à moudre pour les discussions sur un horizon d'égalité ...
"l'esprit des premiers temps a été dilué par les nouveaux arrivants", auto clin d'oeil ...
Je dirais plutôt qu'un espace commun de la nature du club Mediapart est vivant : nouveaux, anciens et autres construisent et reconstruisent en permanence leurs places, selon ce qu'ils perçoivent de la nature de cet espace.
L'organisation collective du cadre elle aussi peut être en chantier permanent.
Dans un horizon d'égalité mais aussi de diversité?
(sans oublier que Mediapart est aussi une entreprise).
The WELL, c'est le Club de Salon.com, un journal d'information en ligne non adossé à un média «in real life» qui est passé en 2001 au modèle payant (gros clin d'œil). Au moment où se lançait Mediapart, Salon a ouvert Open Salon qui permet aux membres de devenir contributeurs et de poster des articles (clin des deux yeux).
Le souci demeure, comme le soulignait Grain de Sel dans un autre fil, que seuls les articles de blog peuvent être recommandés. Pas ceux des éditions, et c'est dommage, il y a des perles dans les éditions.
Beaucoup de personnes, qui écrivent dans leur blog ne comprennent ni le pourquoi ni le comment des éditions, qui servent pourtant à "agglomérer" des compétences. Voir ici. D'autres estiment que c'est le meilleur moyen de sacrifier le temps passé à écrire, parce que c'est la garantie de tomber dans les oubliettes du site en un temps record.
L'idée est intéressante, sur la forme comme sur le fond, cela permet à mon sens de visualiser les sujets qui attirent des commentaires, et d'orienter les lecteurs vers ce qui fait débat. Dans le même ordre d'idée, pourquoi pas un nuage de tags (ou un nuage de 'thèmes'), évolutif et visuel, permettant de montrer les sujets qui prennent ou qui montent, ou qui sont en phase avec l'actualité ?
Le principe de la recommandation d'articles est intéressant (il faudrait que les articles des éditions puissent être recommandés, les articles du journal en premier, ainsi que ceux des éditions participatives, pour leur intérêt ou parce qu'ils sont en plein dans l'actu (je pense notamment à des articles de DanN, de Michbret, de Yannick Jadot...).
Pour finir, je verrais bien un regroupement par thèmes des billets, des blogs ou des éditions aux sujets similaires ou approchant, de sorte de créer une 'navigation' à l'intérieur des pages du journal et du club, permettant de prolonger, de partager...