Sun.
27
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

La très lente agonie des journaux

Dans une étude compilant les données pour 31 pays, l'OCDE dresse un état de «l'avenir de l'information et Internet». La France est l'un des pays dont la presse souffre le moins: le marché des journaux n'y a reculé que de 4% entre 2007 et 2009, contre -30% aux Etats-Unis et -21% en Grande-Bretagne, pourtant régulièrement citée en exemple. Même la presse allemande, qui a évité le développement des gratuits, accuse un recul de 10% en deux ans.

Source: PricewaterhouseCoopers LLP, PwC 2009Source: PricewaterhouseCoopers LLP, PwC 2009

La France affiche cependant un taux de pénétration des plus faibles: 122 quotidiens vendus par jour pour 1.000 habitants, contre 526 au Japon, 458 en Norvège ou 160 aux Etats-Unis. L'Espagne et l'Italie n'arrivent, elles, qu'à 90.

Contrairement à ce qui se passe dans les autres pays de l'OCDE, la presse régionale limite les dégats en ne reculant «que» de 12% (en valeur) en huit ans, alors que la presse quotidienne nationale a perdu presque 30%.

Ces baisses ne sont que piètrement compensées par la migration des lecteurs vers les sites web des journaux: alors qu'en Corée, 77% de la population lit les journaux en ligne, les sites français parviennent péniblement à 22%.

Le rapport complet:

 

Image cc funadium

Tous les commentaires

On achète directement des romans maintenant ?

Quand on est abonné à un journal du soir daté du lendemain, qu'on le reçoit vers midi mais qu'on ne peut pas le lire avant le soir en version papier alors que la version électronique est disponible la veille vers 15h, que fait-on ? On ne lit plus la version papier le jour où on la reçoit. On lit Le Monde en PDF la veille, dès que possible. De plus, Le Monde s'acharne à ne plus être distribué par la poste mais par d'autres moyens, ces autres moyens sont irréguliers au point qu'il manque un ou deux numéros par semaine... Le pire c'est le numéro du dimanche-lundi, que vous recevez en version papier le lundi matin alors que vous disposez de la version électronique le samedi à 15h. Pas étonnant que ça décline, le papier...

Je dois bien avouer que je ne lis plus Le Monde qu'en PDF. Cela me permet d'archiver et d'indexer les articles, mais c'est une utilisation professionnelle. Pour le plaisir, j'achète le papier (souvent Libération, qui est le journal que je lisais adolescent, ou le journal local) sans y chercher vraiment d'information et en me moquant de l'obscolescence des articles.

Il y longtemps que cette forme de journalisme est condamnée. Ce qui me semble plutôt le phénomène remarquable, c'est sa lenteur à disparaître.

.

Il n'y a d'avenir pour le journal imprimé que dans la spécialisation.

.

jpylg

.

Une fois de plus, je comprends très mal les réactions des abonnés.

.

Pourquoi, un tel engouement de leur part pour les tractations financières sur le rachat du Monde et une apparente indifférente à la mort annoncée de TOUS les journaux ?

.

C'est-à-dire de tous les journaux à l'ancienne ?

.

Nous savons que, traditionnellement, la presse libre et plurielle a donc été présentée (par elle-même, il faut dire) comme garante de la liberté de penser et synonyme d'une information également plurielle.

.

Les menaces qui pesaient sur elle étaient toujours présentées (par elle-même) comme une menace pesant sur l'information des citoyens, sur la liberté de penser, sur la démocratie.

.

Si ce n'était pas le cas, le sort de la presse traditionnelle ne serait pas pire que celui de tant d'autres activités économiques et industrielles que l'évolution des sociétés a irrémédiablement condamnées.

.

La question que je pose est de savoir si la disparition inéluctable de la presse à l'ancienne équivaut à une régression de la liberté de penser, ou si, au contraire, elle ne signifie pas un progrès, une libération du principal instrument de formatage de l'opinion publique, si elle ne signifie pas, à terme, quand l'évolution se sera accentuée, une bien meilleure information du citoyen, une information déformatée ?

.

jpylg

La dernière (en date) enquête EPIQ sur l'«audience» de la presse quotidienne (couvrant la période mi 2009-mi-2010, sur la base de 26.000 entretiens) montre que la baisse – continue jusque là – du nombre de lecteurs (différent de celui des acheteurs) des journaux se tasse. L'Equipe reste le quotidien national le plus lu (mais Le Figaro est plus vendu) avec 2,3 millions de lecteurs (+2,1%, taux de pénétration 46‰), devant Aujourd'hui (2,2 millions, +1,6%), Le Monde (1,9 million, +1,7%), Le Figaro (1,3 million, + 1,6%) et Libération (800.000 personnes, +6%). A l'autre bout, La Tribune a perdu 45.000 lecteurs sur la période (-12,4%, taux de pénétration 6‰) et L'Humanité 24.000 (-7,6% taux de pénétration 6‰).

L'audience globale de la presse gratuite est étale avec 4,5 millions de lecteurs (2,7 pour 20 minutes, 2,4 pour Metro, soit chacun plus que le premier des journaux payants).

La presse quotidienne régionale totalise 17,1 millions de lecteurs.

Newsletter
Je m'identifie