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Edwy Plenel ce matin sur France Inter
Ce matin même sur France Inter, pendant l'interview de Edwy Plenel au sujet de son livre "Combat pour une presse libre", le tout nouveau patron de France Inter Mr Hees s'est invité dans la conversation pour garantir, très suavement, que dans cette maison l'indépendance journalistique était garantie (la preuve: la présence de Mr Plenel au micro), que les soupçons de main-mise politique étaient infondés et que tout allait fort bien merci. Le retour de la méthode Coué?
Que le patron de France Inter intervienne en temps réel pour décrédibiliser Mr Plenel ("vous pourrez continuer à aboyer") au lieu de traiter du fond (l'indépendance journalistique) est énorme en soi, mais surtout ca démontre la vacuité du discours rassurant et politiquement correct de cette nouvelle direction à la botte du pouvoir. Montesquieu revient, ils sont devenus fous!
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Cela dit, j'ai été un poil déçu que Mr Plenel ne rentre pas illico presto dans le lard de Mr Hees (verbalement, bien sur) plutôt que de se réfugier derrière la métaphore du journalisme comme chien de garde.


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. Je n'ai pas entendu l'émission et je le regrette. . A noter que France Inter est une radio "participative", puisqu'il y a trois pelés le matin et deux tondus le soir qui s'expriment au nom de 4 millions d'auditeurs. Non sans être parvenus à franchir le standard. . Je pensais qu'Edwy dont "l'exigence camusienne" nous est connue aurait mis les choses au point et aurait invité tout le monde à venir participer sur Médiapart. . jpylg
Comme vous j'ai entendu cette émission. Etonnant en effet qu'un président juge urgent d'intervenir en direct à l'antenne pour interférer dans l'interview d'Edwy Plenel réduisant d'autant son temps de parole. Même si depuis de nombreuses années, les présidents d'antenne interviennent à tout bout de champ dans le cadre d'une médiatisation valorisante et recherchée par le plus grand nombre, il convient de lui rappeler que ce n'est pas son rôle. La meilleure façon de garantir l'indépendance des rédaction aurait été de laisser le journaliste conduire son émission comme il l'entendait. Les paroles ne comptent pas, seuls les actes comptent. Il nous a prouvé ce matin que nous avons raison de nous méfier et de dénoncer une information de plus en plus uniformisée, édulcorante par certains aspect, anxiogène par ailleurs. (entre 8 h30 et 8h40, entre les deux interventions d'Edwy Plenel, nous avons eu droit 'à un inventaire de crimes et délits franchement passionnant dans le cadre des problèmes qui se posent au monde d'aujourd'hui). Sans doute était-il absolument nécessaire également de faire intervenir, au même moment, Colombani sur l'Europe éditorial qui, c'est certain, ne pouvait attendre 24 heures. C'est subtil le décryptage de l'info aujourd'hui !!
"une information de plus en plus uniformisée, édulcorante par certains aspect, anxiogène par ailleurs." Juste après l'interview, lors du journal, le présentateur a parlé d'une affaire ou un prof est convoqué par la justice pour avoir, à Marseille, commenté à haute voix sur une vérification de papiers musclée de policier à l'encontre d'un quidam. Le présentateur introduit l'affaire en disant "quand on est témoin d'une interpellation policière, il vaut mieux passer son chemin" - sous peine de se faire soi-même interpeller. N'est-ce pas un peu inquiétant, pour un journaliste, d'en appeler ainsi à la passivité, l'acceptation d'abus et de violence policière?
On peut (ré)écouter Edwy Plenel sur France Inter ce matin ici : http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/septdix/
Bravo Vincent Verschoore d'avoir le doigt sur la grimace de la liberté. L'intervention de M Hess démontre jusqu'à la caricature le contraire de cette liberté de la presse qu'il s'est fait un devoir de venir souligner en courtisan fidèle et nouvellement nommé. Prenons cela comme un hommage à la dangerosité de Médiapart, de ses journalistes et de ses 12000 lecteurs.
Vincent, J'ai écouté comme toi l'émission. Je ne peux pas reprocher à Plenel de ne pas être" rentré dans le lard" de Hess: Plenel a déjà depuis longtemps la réputation de "gauchiste" et point n'est besoin d'être agressif, ça vous dessert. L'insistance du journaliste de France-Inter à vouloir faire de Plenel un homme politique sous le prétexte de ses interventions dans des réunions politiques était choquante. Quand à l'intervention de Hess, elle avait quelque chose de pervers, tout se passant comme si le fait d'avoir dit "oui" à Sarkosy ne constituait en rien une menace pour son indépendance...Et le côté surréaliste du billet hebdomadaire de JM Colombani juxtaposant la présence de Plenel! Pendant quelques instants, on avait l'impression de regarder un film, genre "Les hommes du Président"!
Tout à fait d'accord avec vous, M. Philips, sur l'insistance choquante du journaliste, qui ne (se) posait pas de questiosn mais voulait faire avaler une thèse. Et j'aime beaucoup votre qualificatif de "pervers" pour l'intervention de Hess. Son insistance sur la liberté des journalistes de F Inter n'augure rien de bon pour cette liberté, je le crains : La perversité passe en effet par la torsion du langage en une "novlangue", qui proclame l'exact contraire de ce qu'elle fait (Orwell) A suivre par les auditeurs, à vérifier dans l'effective liberté (ou non) des infos de France Inter; revue de presse de 8 h 30 en particulier.
Ajout : un éclairage omplémentaire sur Mediapart : http://www.mediapart.fr/club/blog/li-muezzin/150509/interventionnisme-france-inter-ce-matin-mr-hesse-et-mr-plenel
Merci Corinne d'avoir donné le lien vers l'interview. Je n'ai pas trouvé Edwy Plenel très convainquant dans son rôle de commercial de "Mediapart", notamment sur deux passages : 1) quand il lie grands reportages et enquêtes approfondies au fait que son site est payant, débinant gentiment rue89 au passage : Edwy Plenel avait eu le discours contraire ici même au moment des évènements de Gaza : il avait fort justement écrit que les grands flux d'information sont ailleurs. La série sur l'Afrique du sud était particulièrement médiocre par rapport à ce qu'on pouvait trouver ailleurs sur le net, et validait finalement le choix de ne pas envoyer de journaliste à Gaza : sur les sujets traités par tout le monde "Mediapart" n'est pas compétitif. La valeur ajoutée de "Mediapart", c'est par exemple envoyer Claude-Marie Vadrot en Géorgie, ou les articles sur des régions dont personne ne parle (par exemple les Balkans hors périodes de conflit), ou encore le blog de Yolaine Maillet sur l'Irlande (mais "le figaro" propose également de nombreux blogs de journalistes basés à l'étranger, fort intéressants). Globalement pour tout ce qui est international "Mediapart" est plutôt moins bon que la concurrence. Et enfin le modèle économique de "Mediapart" reste à valider. C'est un site qui existe par les sommes investies par les fondateurs et des bienfaiteurs, le pari qu'un jour il pourra exister par l'argent des abonnements n'est pas encore gagné et de loin, et nul ne sait à quoi ressemblera "Mediapart" le jour où il sera éventuellement gagné. 2) quand il dit que la place d'un journaliste est aux côtés de tous les politiques du moment qu'ils s'opposent au pouvoir. Edwy Plenel pense qu'il est plus indépendant en faisant de la lèche à Bayrou ou à Royal que s'il en faisait à Sarkozy. Ca reste à voir dans la durée, quand l'échéance de 2012 approchera. Pour moi c'est juste une posture commerciale. L'intervention du PDG de la radio en fin d'émission est un peu inquiétante, semblant montrer qu'il ne va pas de soi qu'on laisse un temps d'antenne sans contradicteurs à quelqu'un qui gère un site internet d'aboiements anti-Sarkozy. Quelqu'un se souvient si la droite avait libre accès à France Inter sous Mitterrand pour populariser l'idée que cette radio serait sous influence ?
Il me semble que Plenel tentait de distinguer "le pouvoir" des gens intéressés par le pouvoir. C'est pour cela, si j'ai bien compris, qu'il ne cite pas Sarkozy dans son manifeste, sa critique est envers le système plus que contre les gens qui le font. Dans cette logique, si Royal ou Bayrou était omni-Président(e) et Sarkozy dans l'opposition criant au scandale des nominations princières, Plenel aurait pu écrire exactement le même bouquin et se serait fait accuser par le même présentateur de partager certaines tribunes avec Sarkozy. Dans quelle mesure cette posture est-elle crédible, that is the question.
Tout à fait d'accord avec vous, Vincent Verschoore. Dans l'hypothèse d'une victoire d'un candidat de gauche en 2012, "Mediapart" tentera-t-il le grand écart de fédérer droite et extrême-gauche contre un pouvoir décrit comme nécessairement mauvais ? Et si le candidat gagnant en 2012 est Ségolène Royal "Mediapart" saura-t-il mener le combat contre elle ? A suivre avec curiosité.
Bonjour et Bravo à Vincent, Vous fûtes en effet le premier (chrono en mains) à nous informer via votre blog, de l'affaire des "aboiements" à géométrie variable, selon que l'on se situe soit du côté du 55 Faubourg Saint-Honoré soit du côté des médias encore libres. Il faut toujours rendre à César, ce qui appartient à Vincent, mmddrr de mmddrr !!! Quant à la pertinence du modèle économique de Médiapart mon cher Béber, je vous invite à consulter les toutes récentes déclarations respectives de Ruppert Murdoch et de Warren Buffet (NYT et Financial Times notamment), qui tendent dorénavant tout deux à l'adopter, tant pour leurs investissements personnels, que pour leur groupe de presse. @ +NEO-
Cher Vertubleu, Intéressant votre hommage à la presse anglo-saxonne. Vous avez des liens à nous proposer ou vous répétez ce que racontait Vincent Truffy ? Depuis vous n'ignorez sans doute pas que des medias à accès payant américains ont sauté.
Certes mon cher Béber, des sites d'information payants ont bel et bien d'ores et déjà péréclités. Mais, c'est le jeu naturel de la pertinence, tant des choix éditoriaux, que de la vie de toute concurrence économique. Il n'en demeure pas moins vrai, qu'un dollar investit aujourd'hui sur de la presse papier a fortement plus de chance d'être perdu, que le même dollar misé sur de la presse internet, nul besoin d'être d'ailleurs grand clerc pour s'en rendre compte. En ce qui concerne mes informations relatives au monde de la phynance en général, considérez mon cher Béber que n'étant point un béotien en ce domaine bien particulier, j'ai toujours globalement environ 15 jours à 1 mois d'avance dans le pire des cas. Une analyse et un archivage éventuel de tous mes billets en la matière depuis l'origine sur médiapart vous le prouvera d'ailleurs aisément (donc sans effort). @ +NEO-
Sur internet, il n'y a pas de recyclage papier, donc plus écologique
Cher Beber, Laissez moi vous dire combien vous me surprenez, mais surtout combien je suis heureux de voir que vous considérez aujourd'hui, comme tout à fait objectivement probable que Mme Royal, pourtant une folle comme chacun sait, puisse se retrouver en 2012 à la tête de l'Etat. Ah, ne vous mordez pas la langue, on peut bien dire la vérité par inadvertance de temps en temps. En fait, MDR.
Cher Pfsim, Sarkozy a bien été élu, alors pourquoi pas Royal ? Même Le Pen s'est retrouvé au second tour...
. L'élection à la magistrature suprême est bien réservée (contre le principe de base de la démocratie) aux politiciens professionnels, non ? . Madame Royal est bien une politicienne professionnelle ? . Je ne vois pas, dans ce cas, ce qui s'oppose à son élection. . jpylg
D'après beber, qui semble s'être acheté un style et une modération qu'on ne lui connaissait pas jusqu'alors (t'as un nègre, ou plusieurs, beber ?) : "[...] quand il dit que la place d'un journaliste est aux côtés de tous les politiques du moment qu'ils s'opposent au pouvoir. Edwy Plenel pense qu'il est plus indépendant en faisant de la lèche à Bayrou ou à Royal que s'il en faisait à Sarkozy. [...]." Il me semble que ce n'est pas tout à fait la même chose de lécher Sarkozy, monarque au pouvoir, que de lécher ses opposants. Cela dit, Edwy Plenel ne me parait pas "faire de la lèche" à qui que ce soit. Quant à rabaisser ses convictions au niveau de préoccupations commerciales, c'est de nouveau du beber traditionnel... Cela dit, Edwy Plenel est le pilote d'un média qui a besoin d'argent comme tous les médias non possédés par des nababs comme Dassault, Lagardère ou Bolloré, personnages qui lèchent Sarkozy, avec probablement réciprocité. Y a le Fouquet's pour cela...
Très pertinent ;-)
J'ai trouvé assez juste E Plenel et assez étrange l'ensemble du programme de ce jour que j'écoute très souvent. Peut-être que l'intention du PDG est mal comprise et que nous nous faisons des idées... mais je n'ai pas du tout apprécié. L'avenir immédiat nous donnera tort ou raison...
Je ne sais pas dans quelle mesure on peut encore se permettre de donner le bénéfice du doute à des gens dans la position de Mr Hess. Ce qui me semble relativement évident, c'est que le pouvoir continuera de tolérer que quelques chiens de garde aboient, pour autant que le pouvoir seul garde la capacité de mordre.
@ En contrepoint, le billet d'Antoine Perraud ré-ouvre la réflexion, avec un bénéfice du doute. Mais c'est bien l'avenir -censure, autocensure, ou non- qui tranchera sur les intentions de JL Hees , ou sur sa liberté d'action.
L'intervention du nouveau PDG n'a pas laissé indifférent : http://www.ozap.com/actu/jean-luc-hees-intervention-direct-france-inter/276372 http://www.lexpress.fr/actualite/media-people/media/quand-hees-s-invite-sur-le-plateau-de-france-inter_760779.html
Monsieur Plenel était-il au courant de la "visite" du pédégé de Radio France pendant son interview? Apparemment, JL Hess a sauté sur l'occasion pour dire, "en passant", que sa nomination par sarkozy n'avait rien de connivençatoire. Ben voyons!
Il se passe exactement 10 minutes entre l'allusion de Plenel à la nomination des chefs d'antennes et la venue de Hees dans le studio: entendant ce que disait Plenel, Hees ne pouvait pas, sous peine de se faire "déjà" taper sur les doigts par "le château" ou de se faire discréditer dans la maison ronde, ne pas intervenir! La vérité probable, est que Hees est un vieux de la vieille, un très ancien de France-Inter, qui "a beaucoup donné" et s'est fait jeté ensuite. En acceptant le poste de Nicolas, il ne s'est pas posé la question de l'éthique, a juste saisi la branche qui lui permettait de "finir" sa carrière en beauté. C'est l'intelligence de Nicolas que de deviner l'épaisseur de l'orgueil et de la vanité de ses interlocuteurs et de savoir s'en servir pour y placer le coin de sa cognée. On n'en finirait pas de citer les exemples de tous ceux qui, plus ou moins à gauche, ont accepté de venir boire dans la gamelle tendue. Hees en fait partie, quoiqu'il en pense et quoiqu'il s'en défende. Tant pis pour nous.
Soufflé comme beaucoup d'autres par la présence impromptue du nouveau Directeur Jean Luc Hess venu spécialement donner la réplique...........vous êtes libres et nous sommes une radio libre puisque vous êtes là... sa seule présence comme un apprenti en com. sarkozyste bon élève en en démontrant exactement le contraire. Il s'agit bien d'un scandale. Mais qu'a pu penser le journaliste chargé de l'interview de se voir ainsi renvoyé à son incapacité de tenir son rang. Mépris, arrogance, et rapt des gens gauches assoiffés de pouvoir comme on le verra avec Val la rouleau compresseur du Sarkozysme continue sa route
Vous pointez une question que je me pose dès le début : qu'en pense l'interviewer ?
Hees va certainement rapporter des abonnés à "Mediapart" : http://www.marianne2.fr/Hees-en-direct-sur-France-Inter-Plenel-a-defaut-d-Obama_a179638.html
Ce qui prouvera, Mon cher Béber, qu'à défaut de faire de l'information M Hees est un bon communicant ou un mauvais. Tout dépend d'où on se place mais un communicant quand même.
Finalement Mr Hees n'aura fait que jeter de l'huile sur le feu, si j'en juge par les différents articles et commentaires qui fleurissent sur ce sujet - merci à beber pour les liens. Si en plus les journalistes de FI lui tombent sur le dos et que Sarko l'appelle pour lui tirer les oreilles, il va regretter de s'être levé ce matin!
On en parle même sur slate.fr, le journal en ligne de Colombani: http://www.slate.fr/story/5293/jean-luc-hees-est-il-pr%C3%A9sident-ou-intervieweur
Il me semble qu'on pouvait difficilement mieux faire pour mettre sous les projecteurs et faire une super publicité à Médiapart. C'est la raison pour laquelle en plus des auditeurs, des journalistes de FI, des syndicats de Radio France, Hees va aussi en prendre plein les oreilles de la part de $@rko... très mauvaise pub pour ce dernier, en revanche. N'est-il pas d'ailleurs dans sa période d'essai actuellement ? En tout cas, si cela augure des futures actions/déçisions de Val à FI, ça promet ! A mon avis il y aura plein de nouveaux abonnés aujourd'hui...
251 visites sur ce blog, au moment où j'écris, Vincent,c'est superle compteur là, en bas du billet ! Mince, au moment où je termine ce commentaire, je le vois à 1 !
Pour le service après-vente et réclamations au sujet du compteur, voir DanN, c'est lui qui nous a filé le tuyau! Pour info, le compteur est configuré en mode IP journalier, c'est-à-dire que plusieurs visites par la même adresse IP sur 24 heures ne comptent que pour 1.
Oui 251 c'est bien. De temps en temps ces compteurs délirent un peu ; je crois que ça vient de chez les FdC, Fournisseurs du Compteur ;o)
Oui Vincent, je partage votre double appréciation que vous avez rappelée dans le fil de l'article en une de MDP. Je pense que le "style" un peu trop lyrique de Plénel affaiblit son message, mais je me répète ... L'art c'est de ne pas être violent, ce qui dessert l'émetteur mais en même temps assez agressif pour signifier l'inadmissible et même l'insupportable.
D'accord avec vous Marielle, pour l'art. (les arts les plus pertinents à cultiver pour qu'un message verbal passe, sans être contredit par le message de l'attitude). J'ajouterais bien un certain art de l'indifférence, à employer avec modération pour certaines broutilles relatives. Je ne sais pas trop comment dire. Je passe par un exemple : Quelqu'un que j'appréciais à la radio,(ou dans le temps lors de soirées électorales à la télé), pour sa façon de naviguer dans la jungle** audiovisuelle : Noël Mamère. Mais je ne saurais pas trop dire en quoi consiste son style. L'art de prendre en compte ce qu'a dit l'interlocuteur mais sans pour autant se laisser entrainer là où l'autre veut l'amener ?
* jungle, car presque toute entière tournée vers des jeux de domination. Que "l'auditeur" semble d'ailleurs rechercher ou apprécier, me semble-t-il
Chère Marielle Votre phrase tourne dans ma tête.... et si l'art c'était de ne pas être agressif, ce qui dessert l'émetteur mais en même temps assez violent pour signifier l'inadmissible et même l'insupportable? En effet, l'agressivité implique la violence, mais pas l'inverse. Mais peut être que je chipote inutilement, là...
Cher Vincent, je parlais d'agressivité volontairement car ce mot est souvent dévoyé ; il signifie d'abord "aller vers" (ad-gressere), il est le signe d'un vouloir vivre, une "bonne" force ; un peu d'agressivité fait cheminer un désir. Cette agressivité (qui n'est pas forcément dans le ton) signifie à l'autre qu'on n'a pas peur, qu'on avance... En revanche, violence signifie abus de force (et éventuellement elle peut être recours à la force par faiblesse réelle) Les deux sont bien différentes, tout en supposant toutes deux, une forme de "force". Je suis très attachée à ne pas succomber à cette pression de l'air du temps qui condamne les manifestations trop intempestives, je pense que c'est une forme d'émasculation (pardonnez le terme outrancier) du vouloir-vivre, du vouloir-penser-libre. Assez d'accord avec votre vision de Noël Mamère. J'ai vu récemment un magnifique exemple de cela dans la dernière émission de PPDA sur la crise sur Arte, l'avez-vous vue ? Un syndicaliste guadeloupéen (Alex, de son prénom) a mouché comme il faut JKF Copé et Chérèque, et cela dans un grand "style" : le ton calme, le propos hyper-radical. Bel exemple de ce que j'appelle - une bonne utilisation de l'agressivité - Copé s'est retrouvé cul par dessus tête. Dans les milieux policés des intellectuels, on a tendance à ne plus savoir se battre, à assimiler parfois agressivité et "faute de goût", on en perd un peu la radicalité nécessaire (ce qui n'est pas de mon point de vue, de l'intolérance).
Chère Marielle, Cette vision de Noël Mamère n'est pas de moi mais de Fantie, et de plus je ne suis pas sur de la partager :) Intéressante votre approche de l'agressivité. J'ai plutôt tendance à considérer l'agressivité comme négative car comme cherchant à imposer une vue par la violence (violence chaude ou froide selon les cas) plutôt que par la saine argumentation. J'ai tendance à cantonner l'agressivité positive à des matchs sportifs. Pour caractériser quelqu'un qui n'a pas peur, qui avance, j'utiliserais plutôt des termes comme conviction, détermination, passion.
J'ai plutôt tendance à considérer l'agressivité comme négative . Ceci m'amène à revenir sur le pouvoir des mots et la question de savoir qui dispose d'un pouvoir sur le pouvoir des mots. . Ce qu'on appelle "aggressivité" relève d'un certain type de phénomène qui relève lui-même d'un autre type plus vaste de phénomènes qu'on peut appeler le comportement (animal et humain). Le phénomène de l'agressivité, qui n'est qu'une part d'un tout est, en lui-même, complexe, donc composé, c'est-à-dire peut, éventuellement, se ramener à un aspect, à une facette de quelque chose de plus vaste, qu'on va appeler, par exemple, la lutte; toute lutte n'est pas nécessairement agressive. Qui décide que le comportement dont on parle, qu'on étudie, auquel on réfléchit mérite de s'appeler "lutte", car - déjà - ce comportement pourrait éventuellement être désigné autrement que lutte. Qui va décider que cette lutte, si c'est le terme qui est choisi, présente des traits que l'on va dire "agressifs"? . Pour faire plus court, je dirai que ce qui est désigné par "agressivité" chez certains peut se désigner autrement chez d'autres. Idem pour lutte. Par exemple, chez Bergson que j'ai évoqué il y a quelques jours, je suppose que ce qu'il appelle "l'élan vital" relève de la lutte et peut revêtir des aspects qui peuvent être désignés comme "agressifs"; mais également autrement, par exemple créatif... pourquoi et surtout qui décide que tel comportement relève de l'agressivité, de la lutte, de l'élan vital, de l'instinct, ou tant d'autres mots possibles encore ? . Qui et pourquoi ? Pourquoi, si ce n'est pour produire un effet ? Il est évident que agressif ne produit pas exactement le même effet que vindicatif, ou vengeur, ou tenace ou déterminé,ou volontariste, ou déterminé, etc...Or ce peut être le même phénomène qui est désigné... d'un mot par les uns, d'un autre mot par d'autre... . Je crois qu'on n'est pas hors sujet dans ce fil consacré à Edwy Plenel sur France-Inter rencontrant Hees. Il y a une utilisation de termes dans cette histoire qui me semble effarante, partant de "démocratie" et finissant à "aboyer". . Je crois que le choix du mot dépend plus d'une volonté de convaincre (ou, d'influencer, peut-être de tromper) que d'une volonté de désigner avec exactitude un comportement ou un phénomène ou quelque aspect que ce soit d'une certaine réalité. . Je profite de cette contribution pour relever une remarque précédente de marielle : " on en perd un peu la radicalité nécessaire (ce qui n'est pas de mon point de vue, de l'intolérance). " . C'est exactement le même problème : ce qui est radicalité pour les uns va être intolérance pour les autres, et vice-versa. . jean-paul yves le goff démocrate utopiste républicain réaliste militant anarcho-monarchiste
C'est aussi pour toutes ces raisons que tu exposes que j'en reviens souvent à l'étymologie des mots, histoire de voir ce que l'usage commun (et l'air du temps) en fait ...Si aujourd'hui (plus qu'hier) on assimile radicalité à intolérance, agressivité à comportement négatif (violent), c'est aussi le signe de quelque chose. J'aime réhabiliter certains mots, c'est ma manie !
"ce qui est désigné par "agressivité" chez certains peut se désigner autrement chez d'autres. Idem pour lutte. Par exemple, chez Bergson que j'ai évoqué il y a quelques jours, je suppose que ce qu'il appelle "l'élan vital" relève de la lutte et peut revêtir des aspects qui peuvent être désignés comme "agressifs"; mais également autrement, par exemple créatif... D'accord avec vous deux, Jean-Paul-Yves et Marielle (aie, oui-ouisme en vue ! ) Vue par l'éthologie, l'agressivité fait partie de la nature animale et humaine (et tant mieux, sinon nous serions tous des oui-ouistesà plein temps...) Un animal défend son territoire, ou cherche à manger pour vivre -survivre. Pour cela, il emploie un comportement d'agression, ou de prélude à l'attaque. Peut-on dire qu'il est violent ? Le chien aboie, en général c'est considéré comme agressif. Mais le chien, en aboyant, signale quelque chose. Une limite, par exemple.
D'ailleurs il parait qu'il faut surtout se méfier des chiens qui n'aboient pas, ceux là peuvent vous sauter dessus impromptu (il faudrait demander aux facteurs).
Oui, l'étymologie est très salutaire (alors que les jeux de mots ou les contrepèteries sont souvent de l'ordre de la diversion voire de la confusion imposées). Perso j'ai une autre "manie", celle de remplacer le plus souvent possible le verbe "être" par le verbe "faire": Agressivité ou pas agressivité? Violence ou pas violence? L'agressivité, c'est juste violent ou c'est nécessaire? Questions si bloquées, si figées, bon sang on se sent emmuré, on a l'impression d'être dans du béton en train de prendre!
Ces notions figées, fixes, qui SONT, un point c'est tout, qui SONT là pour ÊTRE, comme d'énormes rocs qu'on n'aurait pas le droit de bouger... C'est pourquoi je crois que ce n'est pas contourner les problèmes que de se demander dans un réflexe, comme une "manie", "qu'est ce que ça FAIT?" Ainsi dans la question qui nous occupe, on en vient à mieux cerner que par exemple ce qu'il faut éviter, ce n'est pas tant l'agressivité ni même la violenec, c'est surtout ne pas blesser inutilement.
Chercher les verbes qui se rapportent aux rochers en question: "Attaquer", mais peut-être aussi "secouer" dans le sens "réveiller", etc.
. Agressivité ou pas agressivité? Violence ou pas violence? . Non, non, mon cher Axel, dans votre cas, il s'agit de naïveté. . Ce qui vous dote d'un facteur, presque irrésistible, de sympathie et, partant de là, d'une certaine efficacité, pour peu qu'on veuille vous manipuler, à condition, bien sûr de savoir le faire; mais il y en a dont c'est le métier. . jpylg
Bonjour Axel, C'est une approche. Mais si ca ne fait rien, est-ce pour autant un non sujet? Quand vous dites: "Ainsi dans la question qui nous occupe, on en vient à mieux cerner que par exemple ce qu'il faut éviter, ce n'est pas tant l'agressivité ni même la violence, c'est surtout ne pas blesser inutilement." Peut-on blesser utilement?
"ne pas blesser inutilement." (Axel) "Peut-on blesser utilement?" (Vincent). L'éducation est un processus qui peut faire souffrir l'enfant, le blesser peut-être., surtout quand c'est une éducation "de groupe" comme l'est l'éducation scolaire par ex. Puisqu'il s'agit de sortir l'enfant de sa quête du plasir immédia, de ses savoirs immédiats.
Si au moins elle pouvait aussi lui permettre de cicatriser ? L'éducation, c'est un problème très difficile (surtout en pratique !)
"Attaquer", mais peut-être aussi "secouer" dans le sens "réveiller", etc."( Axel) : tout à fait ! Là je verrais plutôt la formation des "adultes" ; Si "l'adulte" est celui qui s'est enfermé dans une routine, facile, d'actes ou de pensée.
Vincent, "peut-on blesser utilement?' - bon, j'aurais pu écrire "…c'est surtout ne pas blesser car blesser pour blesser est inutile/contreproductif". et j'aurais pu aussi écrire "…c'est surtout ne pas trop blesser, ou ne pas mal blesser".
Je cherchais juste à sortir de la confusion à propos de l'agressivité et de la violence. Le verbe blesser, tenté comme remplaçant de ces substantifs, aura déjà éliminé toute une partie de ce qu'ils contenaient.
Axel, cette histoire de "blesser" est à examiner, je vais dériver : (et appliquer votre règle des verbes) Il y a vouloir 1.blesser, 2. avoir l'impression de blesser / 1. être blessé, 2. se sentir blessé ... Et vous constaterez que souvent les choses ne se correspondent pas 2 à 2, ce serait trop simple. Du coup il faut rajouter : développer la culpabilité des gens ou remplacer la culpabilité par la responsabilité / imbiber les actes d'affectivité ou distinguer les actes et leur supposée signification (en un mot mettre du jeu) Après tout ça, quand les idées sont plus claires, on peut sans problème être un peu agressif sans que ça fasse une histoire (c'est un des "malheurs" qui concernent aujourd'hui l'école) et on pourra plus tranquillement faire la part de la violence réelle de la violence ressentie. Ce qui entraînera un traitement intelligent du problème (ce dont on est presque incapable today). On peut transposer la chose dans le traitement du harcellement au travail. Voilà, c'était la météo en ce dimanche de mai.
. " c'est ma manie !" . Toi, tu penses. . Tu es dangereuse. . jpy
Fais gaffe, j'ai des griffes et je hulule la nuit.
. j'adore avoir peur. . jpy