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May

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Tarnac, la recentralisation et l'éducation populaire

La France d'aujourd'hui est le cas d'école d'un pays en pleine dérive totalitaire de type extrême droite fondée sur la corruption (morale autant que matérielle), la manipulation et l'intimidation (instrumentalisation notamment des "forces de l'ordre", "gestapotisation" des procédures judiciaires "à la Tarnac"), ne respectant ni la séparation des pouvoirs ni la décentralisation (la suppression des moyens d'autofinancement des départements ayant pour but la mise sous tutelle préfectorale - donc de l'exécutif - des départements) ni les bases de sa propre Constitution en matière de respect des droits de l'Homme.

Le problème est qu'aujourd'hui une forte minorité, voire une majorité de Français soit s'en fiche, soit ne s'en rend pas compte, soit est d'accord avec cela et préfère un néo-Pétainisme au moins en apparence centré sur l'Ordre à l'incertitude d'un monde réel en mal de repères.

 

Combien de temps faudra t’il avant que soit atteint le point de retour de balancier? Les optimistes diront que le combat engagé aujourd'hui contre la recentralisation, qui voit des gens comme Juppé et Raffarin s'opposer au régime, est un début. En tout cas ce ne sera pas une bataille entre la gauche et la droite, mais entre les courants éveillés de la population (représentés pas les élus locaux s'il en reste, ou par eux-mêmes dans la rue) et l'Etat central technocratique représenté par les robocops, la mafia (voir par exemple les obscurs contrats passés entre l'Etat et les fabricants de vaccins anti-H1N1) et la haute finance (dont les somptueux profits nécessitent des Etats marchant au pas de "there is no alternative", TINA pour les intimes).

 

La récupération politicienne de la question écologique est à l’image de ce jeu où rien ne doit vraiment changer (TINA) mais où on peut se donner bonne conscience en s’inventant des croisades impossibles qui néanmoins passent bien à la télé. Non pas bien sur que l’écologie soit impossible, au contraire, mais qu’elle ne peut s’affranchir d’un minimum de cohérence. Or le discours actuel est profondément incohérent : d’une part la menace de réchauffement lié au C02 qui est mécaniquement produit par la combustion des ressources fossiles, et d’autre part l’intensification de l’extraction pétrolière, gazière et minière au prorata de la montée des prix du pétrole (plus c’est cher, plus on creuse). Il devrait être évident que plus on creuse, plus on extrait, plus on consomme et plus on génère de C02. Pourtant les mêmes chefs d’Etats qui vont se rendre à Copenhague proférer des résolutions politiquement correctes vont au même moment applaudir les nouvelles découvertes, les nouvelles méthodes d’extraction que la cherté du pétrole rendra rentables et qui iront à l’encontre de leurs propres promesses.

 

La question, me semble t’il, est surtout de savoir comment refonder les nécessaires repères qui seuls empêchent ce type de dérive. La société civile doit créer ses propres repères si elle veut une alternative à la marche forcée du matérialisme technocratique. L'Education Populaire alongtemps été, avec plus ou moins de succès, un vecteur d'éveil et de développement de l'esprit critique, mais souffre aujourd'hui du poids d'une forme de consumérisme socioculturel qui accompagne plus qu'il ne conteste, anesthésie plus qu'il ne révolte, et ce malgré la meilleure volonté du monde. Elle dépend également beaucoup trop du bon vouloir des institutions et des collectivités locales, qui aujourd’hui sont exsangues et en passe de tirer un large trait sur le financement de ce type d’activité. L’Etat central technocratique, bien sur, ne pourra que s’en réjouir.

 

Le militantisme syndical a lui aussi largement atteint ses limites corporatistes. Le discours gauchiste contre le "méchant patron capitaliste", même s'il est encore assez juste vis-à-vis des grands patrons du CAC40, est un rideau de fumée qui ne sert qu’à attiser l’antagonisme ente cols bleus et cols blancs, alors que nous sommes tous dans la même galère, tous interdépendants. L’économie dite sociale et solidaire de démarrera jamais si le simple fait d’occuper un poste décisionnaire – et donc de devoir parfois effectuer des choix difficiles – suffit à l’opprobre dite populaire.

 

Il faut aujourd’hui inventer un processus de reprise de contrôle démocratique et informé (les deux étant de facto indissociables pour arriver à quelque chose de constructif). Il faut réfléchir en-dehors des contraintes et des normes imposées par TINA et véhiculées par les institutions (à commencer par l’Education Nationale) et la grande majorité des médias. Ces contraintes, comme le temps dans l’esprit d’Einstein, ne sont que des constructions intellectuelles et culturelles. Il nous faut inventer une nouvelle Education Populaire qui fonctionne par réseau plutôt que par institution, qui ne soit pas un service social ni un projet socioculturel mais une « onde porteuse » civique, un tapis d’épines plutôt qu’une pantoufle pour le pied technocratique.

 

Il nous faut oser proposer des nouveaux paradigmes, valoriser l’immatériel (le bien commun et ce qui le construit) et le matériel qui nourrit plutôt que celui qui détruit. Il nous faut surtout cultiver nos différences car, par définition, ce n’est que de la diversité que pourra naître un monde débarrassé de TINA et de ses valets.

 

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Tous les commentaires

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Je disais donc, ceci :

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Il faut analyser les conditions à travers lesquelles s'est mise en place la bananiérisation de la république.

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En dernier ressort, on trouvera comme cause première, la professionnalisation de la politique.

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La solution sautera aux yeux tout de suite : rendre au peuple la fonction de représentant du peuple.

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jean-paul yves le goff

http://www.lelivrelibre.net

Cher JPY,

Certes. Mais comment? That is the question à laquelle j'aimerais m'atteler un tout petit peu.

 

Merci Vincent

Et une, parmi d'autres, ébauche de réponse à votre question "comment ?" : le non-cumul des mandats ?

L'éducation populaire, certes, mais l'éducation à quoi et garantissant quoi ? Vous n'en dites rien me semble-t-il.

Ne pas oublier que si la culture allemande a donné Beethoven, Kant, Husserl, Heidegger, Marx, Freud, Einstein, etc., c'est-à-dire à peu près tous les plus grands depuis le XVIIIe siècle dans presque tous les domaines, elle n'a pas empêché l'horreur des horreurs, le nazisme, auquel Heidegger lui-même a adhéré

Si j'avais la réponse à cette question, ce ne serait déjà plus de l'éducation populaire. Les réponses sont à trouver ensemble.

L'Education Populaire chère à Léo Lagrange je présume Vincent.

" Une diffusion de la connaissance au plus grand nombre afin de permettre à chacun de s'épanouir et de trouver la place de citoyen qui lui revient. "

Née avec la révolution et Condorcet, relancée par le Front Populaire pour contrer la menace du fascisme, mise en sommeil par Pétain... C'est vrai que malheureusement, les temps actuels s'y prêtent.

Mais il faudrait lui donner un nouvel élan.

Beaucoup des responsables des instituts ou universités populaires d'hier sont à présent des notables bien frileux ou des gestionnaires étranglés par un système économique sans pitié. Pour survivre, il leur a fallu rentrer dans le rang, se soumettre à la loi du marché et aux politiques locales. L'Education Populaire y a perdu de son âme.

Tout à fait! Merci pour cet excellent résumé, chère Nef!

 

Oh que oui, on croirait voir une image de la Normandie dans cette description Nefertiti, et de bien d'autres regions, mais en Normandie ils ont tellement perdu leur âme d'eduqués populaires qu'ils la laissent mourir voire accélèrent son agonie :( Surtout qu'ils en ont les moyens, la plupart sont des élus de renom dans la région... ou en position de....

C'était une image d'Epinal. Mais une vraie image, et du vrai Epinal. (et de ses environs).

Je constate que l'agonie est partout. Confus

@ Vincent Verschoore

 

" comment? That is the question à laquelle j'aimerais m'atteler un tout petit peu. "

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Comment ? Ne me dites pas que vous ne m'avez jamais entendu parler de mes Quatre propositions simples pour améliorer la démocratie grandement ?

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J'ai donc fait quatre propositions. On peut en faire d'autres. Simplement, je dis que le mieux est l'ennemi du bien. Ségolène en avait fait cent, je crois, lors de sa campagne présidentielle de 2007 et Balladur 88 ?

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Mais il se trouve que mes 4 propositions sont jugées - à juste titre - irréalistes. Elles le sont car elles sont inadaptées à la culture et aux normes auxquelles elles s'attaquent. Donc, on les balaye.

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Si elles devaient avoir un avenir, cela ne pourrait être que dans le moyen et long terme; cinquante ans, cent ans. Dans l'immédiat, la seule chose à faire est de participer à la prise de conscience de la racine du problème : la politique professionnelle, le bluff fabuleux sur la démocratie.

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Les solutions ne peuvent pas précéder la prise de conscience.

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Cela étant, encore faudrait-il qu'il n'y ait pas de problème plus grave et plus urgent: le climat, la planète, l'armement, la faim, les virus ...

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jpylg

Cher JPY,

Oui, mais: comment faire adopter vos propositions? Qu'est ce qui ferait qu'on ne les balayerait plus, comme vous dites? Je pense que les problèmes que vous déclinez proviennent, en majeur partie, du problème initial à savoir le problème de gouvernance.

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Si ces propositions ne peuvent fonctionnner qu'à long terme, si les obstacles ne consistent pas en leur difficulté pratique, mais dans les mentalités, il n'y a rien à faire d'autre qu'à laisser travailler le temps.

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Et répéter les mêmes choses inlassablement, tout en acceptant de recevoir les insultes de certaines et certains.

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Ces mêmes choses, ce sont :

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deux propositions à destination des élus :

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Objectif: déprofessionnaliser la vie politique

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1ère proposition: un seul mandat, renouvelable une fois.

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2ème proposition: rémunération égale aux revenus antérieurs à l'élection

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deux propositions à destination des électeurs :

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Objectif: responsabiliser l'électorat

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3ème proposition : instaurer un droit de vote conditionnel et progressif

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4ème proposition : instituer une formation simple et progressive, locale, théorique et pratique.

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jpylg

Voter comme on veut et sans conditions est un droit pour tous.

C'est la base de la démocratie.

Un droit de vote conditionnel et progressif n'est plus un droit. C'est une carotte agitée sous le nez des citoyens pour les emmener là où on veut.

Et c'est surtout établir comme un fait avéré que les électeurs sont des cons, ignares, incapables de décider de leur destin.

Tout le contraire de l'objectif de l'Education Populaire et de l'Education Permanente qui considèrent toute personne comme capable de réfléchir, de décider, de s'approprier des savoirs et des savoir-faire, et de devenir acteur de sa propre vie et de " la vie de la cité ".

L'Education Populaire a comme utopie un peuple libre de ses pensées et de ses actes.

La troisième proposition de Jean-Paul, quelques soient son protocole et ses modalités, a comme objectif un peuple soumis et entravé dans son acte citoyen le plus libre : le vote.

 

 

Ah Néfertari, heureusement que vous êtes là pour sauver la démocratie...

Oui, c'est ce que je me dis tous les soirs en me couchant et tous les matins en me levant : " Sans moi, ils n'y arriveront pas ! "

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Salut Vincent, salut à tous,

La dérive actuelle, ou plutôt l'accelération actuelle de la dérive antidémocratique qui affecte notre société en réalité depuis des lustres (il serait d'ailleurs intéressant de confronter nos opinions quant au moment historique où le processus s'est engagé, ce serait un bon exercice de mutualisation de nos savoirs et de nos analyses, c'est à dire d'éducation populaire) motive un début de retour de l'éducation populaire vers le devant de la scène après trois décennies d'oubli.

C'est heureux, mais c'est encore très largement insuffisant, il faut enfoncer le clou, mobiliser tous les réseaux possibles et votre billet Vincent est à ce titre fort bien venu.

Je viens personnellement d'être témoin/acteur d'une journée de travail collectif encore inpensable il y a un an, organisée à l'initiative de la communauté d'agglomération de Rodez et de son conseil de prévention de la délinquance, sous l'intitulé "Politique jeunesse / Education populaire". Cette journée a connu un vrais succès avec une bonne centaine de participants dont un tiers d'élus locaux, c'est assez remarquable pour une petite cité comme la notre, plutôt "connue" pour son conservatisme catho plan plan.

Au delà de ce qui a été dit, de la liberté de parole et de l'écoute qui ont prévalu, cette journée a surtout témoigné de l'inquiétude et de la prise de conscience nouvelle qu'elle motive chez les "petits" élus locaux.

C'est qu'il y a me semble-t-il conjonction inédite en cette fin 2009 de facteurs convergents.

Sur fond d'aggravation de la crise sociale et des menaces latentes qu'elle fait peser sur la paix civile, sur fond d'aggravation continue des difficultés du système éducatif, viennent se rajouter avec brutalité, la phase active de la RGPP, la désorganisation qu'elle induit, des services de l'état et des services publics en général, avec mise en situation d'insécurité et d'échec de leurs personnels, les transferts de compétences qui l'accompagnent, la suppression de la taxe professionnelle et la réforme des collectivités territoriales.

C'est beaucoup, peut-être un peu trop, en tout cas suffisamment me semble-t-il pour faire naître et propager une inquiétude à la fois légitime et propice au réveil des consciences.

Il nous revient Vincent de faire fructifier cette situation, et de répondre à la question du comment, c'est à dire de réhabiliter, de faire valoir et partager cette conviction essentielle de l'utopie démocratique et consubstantielle du projet républicain : pas de citoyen sans éducation permanente.

Certes il convient de mettre en discussion comme le propose Jean-Paul les formes du politique, mais nous savons bien tous que tout cela n'a de sens qu'autant que nous cultiverons inlassablement nos propres capacités à nous en saisir collectivement. Nos élus nous représentent.

Bien cordialement.

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" il convient de mettre en discussion comme le propose Jean-Paul les formes du politique, mais nous savons bien tous que tout cela n'a de sens qu'autant que nous cultiverons inlassablement nos propres capacités à nous en saisir collectivement. "

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Merci de cette allusion à mes positions qui me change un peu du traitement habituel auquel, sur Médiapart, je suis habitué. Notamment, les insultes et les accusations des prétendus démocrates, prétendus progressites, prétendus gens de gauche.

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Je saisis l'occasion pour dire qu'à mes yeux, tous ceux qui proposent des solutions du type (en dernière analyse) "mettez-nous au pouvoir et tout va s'arranger", alors qu'il y ont été, qu'ils ont échoué et qu'ils n'ont pas analysé, bien sûr, les causes de leur échec, sont des partisans du statu quo, c'est-à-dire des gens qui empêchent toute possibilité de s'en sortir.

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jpylg

C'est que vous êtes parfois (souvent ;-) un peu trop abrupt cher Jean-Paul.

Mais vous le savez bien.

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@ Jean-Claude Charrié

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Je le sais en effet. Sans vouloir ajouter un chapitre sur le thème de ma légendaire prétention, j'ai été quelques années conseil en communication dans une grande entreprise. Je connais l'impact des mots.

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Mais je n'en rajouterai pas dans cette direction. Revenons au sujet.

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Ma position est que la démocratie est un bluff. La démocratie est une impossibilité; de même que la monarchie, d'ailleurs;il n'y a, dans nos types de société, de possible que l'oligarchie. Il est sûr que l'oligarchie qui fonctionne dans les régimes dits monarchiques n'est pas la même que celle qui fonctionne dans les régimes dits démocratiques.

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Donc, ce que je propose c'est un retour aux sources de l'illusion démocratique. Qu'est-ce qu'on appelle, ici et maintenant, démocratie ?

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Sans doute, un certain type d'intervention du peuple dans le système oligarchique qui est le système réel de gouvernance.

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Mon projet est de rechercher par quel moyen le système oligarchique pourrait être plus performant et comment l'intervention du peuple pourrait être plus réelle et aller plus authentiquement dans le sens de l'intérêt général.

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jpylg

Pour moi la démocratie n'est un bluff que lorsqu'elle est appropriée par l'oligarchie en tant qu'instrument de pure rhétorique. Ce qui est en effet le cas aujourd'hui.

Le corollaire c'est la dépossession du peuple de ce qu'est en réalité la démocratie, une utopie, la sienne. Et nous vivons depuis quelques temps une sorte d'expropriation. D'une certaine façon, la joute politique devrait s'articuler autour de cette confrontation entre le désir d'appropriation de l'oligarchie pour le service de ses intérêts et la défense de son "bien" par le peuple pour le service de l'intérêt général. Et la nullité du débat politique qui nous est donné en spectacle aujourd'hui résulte bien de cette expropriation qui en réalité a mis hors jeu l'un des deux protagoniste réel, le peuple. Autrement dit, le débat (dit politique) actuel n'en est plus un.

Je ne sais pas s'il s'agit de rendre l'oligarchie plus performante (par effet induit on peut le penser en effet), je crois par contre et plus immédiatement qu'il s'agit de nous réapproprier, de nous rétablir nous mêmes dans nos droits. Et je ne vois pas d'autre moyen que de cultiver simultanément la prise de parole et l'écoute, en repolitisant nos échanges, c'est à dire en les inscrivant non pas dans le simulacre du politique actuel et dans le plan de la démocratie factice qu'il cultive, mais dans le plan de cette opposition essentielle entre intérêts particuliers et intérêt général. Opposition essentielle qu'il s'agit donc de mettre en évidence, de réhabiliter et d'imposer comme objet et moteur du débat politique, loin, très loin des royaleries, peillonneries et autres strausscaneries qui nous sont servies comme autant d'attrappes couillons.

Nous en avons je crois la possibilité, et c'est bien, en dépit de votre phobie légendaire des oui-ouistes qui pullulent sur médiapart et dont nous faisons tous plus ou moins partie chacun à notre tour, ce qui se pratique assez souvent ici. Et qui me semble correspondre à une opportunité plus générale, en réponse aux inquiétudes et aux insatisfactions qui se généralisent.

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Oui-ouisme et oui-ouiste étaient des expressions plaisantes, du moins je les entendais ainsi et je crois que je ne les emploierai plus, car quand je me connecte sur Médiapart, j'ai de moins en moins envie de plaisanter.

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Pour le reste de ce que vous dites sur le simulacre de la démocratie, cela ne diffère guère de mes positions; simplement, je ne l'exprimerai pas ainsi sur un forum.

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Sur un forum, il me semble plus performant d'écrire:

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Rendez au peuple la fonction de représentants du peuple.

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jpylg

Merci pour ces échanges très constructifs!

Comme personnellement un peu de mal à envisager une condition d'accès au vote qui ne soit pas immédiatement discriminatoire, hors peut être (ce qui se fait en Belgique) le vote obligatoire. Par contre je pense comme JPY que l'idée de l'homme - ou femme - providentiel qui va tout arranger est un leurre. Voir Obama.

Jean-Claude me semble au centre du sujet quand il dit qu'il faut mettre au premier plan l'opposition entre intérêts particuliers et intérêt général. Selon l'orthodoxie économique actuelle, l'intérêt général est la somme des intérêts particuliers. Nous savons tous que ce théorème est faux, mais pour autant rares sont ceux (et je ne fais pas partie des rares) disposés à sacrifier leurs intérêts personnels au profit de l'intérêt général. Il faut arriver à sortir de cette dichotomie, donc commencer par la mettre sur la table, et l'éducation populaire serait un excellent cadre pour ce débat.

 

Le candidat providentiel est bien plus qu'un leurre, c'est la négation de l'exercice démocratique qui substitue la providence à la délibération, l'émotionnel au rationnel et le clientélisme à l'engagement. C'est l'antichambre de la dictature, c'est la tradition Bonapartiste bien franchouillard inscrite en filigrane de notre constitution de 58.

Quant au droit de vote conditionnel, il poserait bien plus de problèmes qu'il ne permettrait d'en résoudre puisqu'il instituerait l'inégalité en droits.

 

Concernant votre approche de l'intérêt général Vincent, je la trouve entachée d'un petit abus de langage. Pourquoi faudrait-il que le service de l'intérêt général suppose un sacrifice de votre part ?

En fait la question posée est bien celle de la solidarité, non pas des nantis avec les nécessiteux, les premiers devant en l'occurrence faire preuve de solidarité avec les seconds auxquels ils redistribueraient une quote part de leurs richesses, mais bien celle des nécessiteux entre eux.

Le capitalisme suppose en effet que les nécessiteux soient largement plus nombreux que les nantis. Ceci nous renvoi donc au suffrage universel comme mode d'expression de l'intérêt du plus grand nombre qui est me semble-t-il l'acception la plus recevable de l'intérêt général, et par voie de conséquence à la question initiale de l'éducation... à la solidarité. Car c'est bien connu, les bénificiaires du principe de solidarité sont rarement les premiers à y souscrire.

 

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" Quant au droit de vote conditionnel, il poserait bien plus de problèmes qu'il ne permettrait d'en résoudre puisqu'il instituerait l'inégalité en droits. "

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Je l'ai répété cent fois si ce n'est une; mais on ne veut pas l'entendre. Il ne s'agit pas de supprimer le suffrage universel, mais le caractère automatique (donc inconditionnel, en effet,) du suffrage universel.

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Le droit existe et il est le même pour tout le monde; il n'y a pas donc pas d'inégalité, liée à telle ou telle caractéristique, mais il y a des conditions mises à son application et ces conditions sont les mêmes pour tout le monde, donc il n'y a pas là d'inégalité non plus.

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Il y a des quantités de droits qui ne sont effectifs que quand certaines conditions ont été remplies et on ne parle pas pour cela d'inégalité fondamentale. Sur ce sujet, on a plusieurs fois évoqué le "permis de voter", par référence évidente au permis de conduire; le droit de conduire est acquis à tous; mais il faut remplir certaines conditions, qui sont les mêmes pour tous.

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Il y a d'autres droits, tels que contracter un mariage. Tout le monde, homme ou femme, a le droit de se marier; mais il faut remplir certaines conditions, dont la première est d'obtenir le consentement d'une personne du sexe opposé; il faut passer à la mairie, il faut auparavant publier des bans, etc.

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Je pourrais multiplier les exemples; mais c'est inutile si l'on ne veut pas envisager seulement cette perspective. Ainsi quand je parle de "formation", on me fait dire que les illettrés sont exclus, où on fait mine de comprendre qu'il s'agirait d'être passé par l'ENA...

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jpylg

Cher JPY,

Cette question de droit de vote est très intéressante. Est-ce que le droit de vote se situe du côté du droit de conduire (votre exemple) ou du droit de se déplacer en général, même à pied? On peut instaurer des conditions au droit de conduire, mais on ne peut pas à mon avis en instaurer au droit de se déplacer. Ce qui, à mon avis, fait différence entre vous et JC est que ce dernier place le droit de vote au même niveau que le droit de se déplacer (ou de manger ou de parler). On ne peut pas conditionner ces droits.

Bonsoir Jean-Claude,

"Pourquoi faudrait-il que le service de l'intérêt général suppose un sacrifice de votre part ?"

Je pense que c'est la question que je pose: si nous pensons que l'intérêt général n'est pas la somme des intérêts particuliers, cela implique a priori qu'il faille choisir entre l'un ou l'autre. C'est d'ailleurs la position classique française exprimée par Rousseau dans le contrat social, à l'opposé de la vision anglo-saxonne (l'intérêt général est la somme des intérêts particuliers) qui nous vient d'Adam Smith. Vision qui domine aujourd'hui, même en France, du simple fait que ceux qui détiennent les pouvoirs politiques et économiques agissent avant tout au nom de leurs propres intérêts. Vision au sein de laquelle il n'est pas nécessaire de choisir.

Mais bien sur la vrai question est: entre quoi et quoi, véritablement, faudrait-il choisir? Ce qui suppose une remise à plat de ce qui constitue effectivement l'intérêt particulier et l'intérêt général. Car, à moins d'une vision monastique ou spartiate du monde, l'idée de devoir sacrifier "l'intérêt personnel" pour "l'intérêt général" n'a en fait pas beaucoup de sens.

Comme je l'indique plus haut, la définition la plus facile consiste à dire je crois que l'intérêt général, c'est l'intérêt du plus grand nombre. Et qu'en conséquence le suffrage universel est apte à le désigner.

La chose devient plus difficile si l'on en vient comme aujourd'hui à invoquer l'intérêt des générations futures comme motif à décisions ; générations futures qui a n'en pas douter font bien partie en effet de l'universalité et pourtant demeurent bien en peine de s'exprimer.

Nous essayons de traiter cela à travers la question suivante : comment concilier Principe de progrès et Principe de précaution ?

Mais il se fait un peu tard pour une prise de choux et je dois vous quitter.

A très bientôt je pense.

" Il faut arriver à sortir de cette dichotomie, donc commencer par la mettre sur la table, et l'éducation populaire serait un excellent cadre pour ce débat."

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Non seulement, l'éducation populaire serait un excellent cadre pour ce débat, mais l'éducation populaire serait la solution d'une grande partie des problèmes ci-dessus évoqués, à condition que cette éducation populaire soit une éducation politique, hors du cadre de la compétition politicienne, laquelle consiste à dire que le parti auquel on adhère est le seul vraiment apte à diriger tandis que les autres ont vocation soit à suivre, soit à disparaître.

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Il faut relire le petit opuscule de Simone Weil sur la disparition générale de tous les partis.

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Les partis n'auraient qu'une justification, ce serait de prendre en charge l'éducation politique des citoyens et non de porter au pouvoir les candidats qu'ils ont discrétionnairement choisis et qu'ils vendent au populo, avec l'aide de la presse de connivence.

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Ce que je nomme comme la 4ème de mes "propositions simples pour améliorer la démocratie grandement" (voir mon message d'hier à O8h05, sur ce même fil") n'est rien d'autre que cette éducation populaire politique, comprise dans cet esprit, c'est-à-dire vivre ensemble dans nos différences et non éliminer l'autre qui est, en même temps, l'opposant et/ou le concurrent

 

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jpylg


La culture des différences, sujet à mon sens fondamental. Comment positionner la "différence" dans le triptyque "liberté, égalité, fraternité"?

Je reviens un peu sur la suggestion de Jean-Paul attribuant d'une part à l'éducation populaire la fonction d'émancipation politique des citoyens et souhaitant d'autre part la fin des partis politiques en tant qu'écuries électorales. Je m'étais moi même attardé il y a quelques mois sur cette question de l'opportunité d'une redistribution des rôles des corps intermédiaires, sans réellement aboutir. J'en étais arrivé à l'ébauche suivante.

Le problème que posent les partis politiques, c'est le cumul des fonctions. Ils sont censés dispenser une formation politique à leurs adhérents, élaborer un projet politique et mener la bataille électorale qui leur permettra en cas de victoire de réaliser ce projet.

De fait, ce cumul a induit l'inversion de l'ordre des fonctions et leur perversion. Ainsi c'est en effet pour gagner la bataille électorale qu'ils élaborent un catalogue de mesures généralement démagogiques en guise de projet politique et embrigadent leurs bataillons de militants pour développer la propagande promotionnelle dudit catalogue.

Sauf à renoncer comme Jean-Paul (me semble-t-il) au système de réprésentation, je ne vois pas comment éviter la bataille électorale et ses perversions. Dans ces conditions, autant assumer et assigner clairement aux partis politiques leur rôle d'écuries électorales, en leur confiant le soin de sélectionner le meilleur compétiteur pour le jour J.

Par contre réservont en effet la formation des citoyens et l'élaboration du projet politique aux associations d'éducation populaire et à leurs structures fédératives.

Il reste et ce n'est pas la moindre des choses à imaginer les formes possibles d'une séparation garantie, mais simultanément de l'articulation nécessaire entre ces deux champs.

Il ne faut pas oublier aussi que nos perceptions sont déterminées par les perversions dont sont porteurs nos modes électoraux et nos institutions actuels, personnalisants à outrance.

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" La culture des différences, sujet à mon sens fondamental. "

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On ne peut plus fondamental ! C'est tout à fait à juste titre, Vincent, que vous disiez que cette conception de la politique (et de l'économie) comme la somme (ou bien le conflit) des intérêts particuliers produisant ou détruisant l'intérêt général, a fait long feu.

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Le problème vital, en politique, c'est l'acceptation de la différence, l'intégration de l'autre qui ne se résume pas à abandonner son identité, sa différence, ses valeurs au bénéfice d'un modèle (ou d'un système) qui, en fait de supériorité, n'aurait que celle du nombre (ou, ce qui est une variante, de l'ancienneté).

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C'est de cette véritable révolution culturelle que les professionnels de la politique nous montrent tous les jours qu'ils sont absolument incapables, non seulement qu'ils en sont incapables, mais qu'ils s'y opposent, raison pour laquelle je souhaite leur prompte disparition et que l'on rende bientôt au peuple la fonction de représentant du peuple.

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jpylg

 

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Je; reviendrais Jean-Paul pour le droit de vote conditionnel.

Ce soir c'est un peu trop tard.

A bientôt

@ vincent verschoore et @ jean-claude charrié

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Je suppose qu'il faudrait distinguer entre le droit naturel et le droit culturel; le droit de marcher relève des conditions naturelles de la vie; on pourrait aussi parler du droit de respirer; exercer tel ou tel métier relève des conditions de vie en société qui sont posées contractuellement par la société elle-même; en France, il me semble que tout le monde a le droit d'exercer tous les métiers; mais il se trouve que pour en exercer effectivement un, il faut remplir des conditions précises; ce fait qu'il y ait des conditions ne supprime pas le droit de chacun à faire le métier de son choix.

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Quant aux remarques de Jean-Claude Charrié, je suis conscient que mes "propositions simples" ne sont simples qu'en théorie. Dans la pratique, ce serait une révolution culturelle qui changerait tout; il faudrait pour commencer, une autre constitution. Je ne suis pas constitutionaliste et je n'ai pas de solutions clé en main.

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En exergue de mon petit livre sur les "4 propositions" (dont la question du vote est la troisième, sachant qu'elles sont toutes les quatre solidaires), j'ai répété inlassablement qu'il s'agit d'une utopie, mais répété aussi qu'en premier lieu la notion même de démocratie en est une. C'est là qu'est le bluff; faire croire que le peuple se gouverne alors qu'il est gouverné et manipulé. Et tout d'abord dans le cadre d'élections qu'on lui fait croire libres.

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J'ai mis en exergue du livre ce slogan " Rendre à la démocratie son statut d'utopie , ce n'est pas lui dénier sa valeur; c'est rendre cet idéal un jour réalisable".

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Il faut avoir des utopies et il faut vouloir les transformer en réalités. La question est : comment, à quels conditions, par quels chemins passer, dans quels délais, etc.

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jpylg

En ce qui concerne éducation populaire et droit de vote, il me semble que si on arrivait à mettre une éducation populaire (c'est à dire à tous) donnant les connaissances nécessaires pour un vote éclairé (ce qui ouvre en soi des tonnes de questions: quel est le contenu? qui le décide? qui donne cette formation? quand etc...), la question du "permis" de voter ne se poserait plus puisque tout le monde aurait reçu cette formation de base et obtiendrait donc ce permis. Autant alors ne pas l'instituer.

Il me semble donc que dans les points de jpylg, le point fondamental est l'éducation.

L'éducation populaire n'est pas tout à fait la même chose que l'éducation pour tous, cette dernière étant a priori du ressort de l'éducation nationale (je dis bien: a priori). L'educ-pop est le croisement des savoirs des gens qui ont le désir, ou au moins le besoin, de s'informer et qui acceptent en contrepartie de faire bénéficier autrui de leurs propres savoirs. Cette approche fait appel à des animateurs plutôt qu'à des enseignants, à des personnes-ressources plutôt qu'à des experts. Mais effectivement, s'il existait une culture nationale dont l'un des fondements serait ce type d'éduc-pop, la question des conditions d'accès au vote se résoudrait d'elle-même.

Bonjour,
Beaucoup de choses sur ce thème auquel j’adhère.
Permettez-moi de faire une rapide synthèse et en fait d’être moins pessimistes que-vous.
1. Limiter/contrôler les mandats de nos élus (idée très largement débattu ) [Le Goff, Charrié, Nefertari pour ne citer qu’eux] OUI un grand oui. Des livres et rapports le montrent. Pas très avancé, ils s’accrochent ……..
2. Parallèlement les syndicats. Pas trop discuté sur le blog. Il faut plus de pouvoirs. Mais aussi « casser » la situation actuelle. Faut des adhérents donc le syndicat apporte quelque choses, actuellement rien. Car si le syndicat réussit à décrocher quelque choses même les non syndiqués en profitent. Faut changer cela. Seulement les syndiqués profitent.
Désolé faut des bases qui se battent. Des contrepouvoirs.
Ces deux mesures doivent être prises en même temps. Et aujourd’hui c’est vrai pas très encourageant.
Mais je voudrais regarder un autre aspect (et je sais que cela t’intéresse Vincent).
La monnaie, l’argent :
Jamais au jamais les Medias n’ont on parlé autant.
Et des monnaies « alternatives » fleurissent par ici, par la. Des états on deux monnaies (La Suisse- le Franc, et le Wir en interne), certains économistes osent même dire que c’est un des secrets de la réussite du pays. Une région ( je ne me souviens plus de laquelle) , veut créer une monnaie pour mieux rémunérer ses fonctionnaires, etc…
Allez a cette adresse : http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/ruedesentrepreneurs/
Ecouter, regardez les sites de : Orléan, Noubel, Lietard.
Mais aussi Jorion sur son blog ( http://www.pauljorion.com/blog/ )et les interventions nombreuses ( il est actuellement dans tous les medias ( BFM dan une heure-comme tous les lundis), avec les politiques, etc… et il répète toujours la même chose ).
Je ne peux évidement pas tout répertorier mon blog - http://emile1111.kazeo.com/ - en recense d’autres et d’autres idées.
Je vois vraiment les gens « bouger », je les entends, faut continuer, et surtout c’est vrai réussir le point 1 et 2 en France.
Continuez, bravo.

Salut Emile!

La localisation de la monnaie est une arme essentielle dans le combat à mener pour remettre l'économie au service de la société et en évacuer l'énorme et délétère composante spéculativo-financière. La France (devinez pourquoi) est un pays complètement arriéré dans ce domaine, malgré les efforts de gens comme Viveret et Plassard (monnaie SOL). Chantier sur lequel l'éduc-pop à une place à prendre.

" le point fondamental est l'éducation "

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Absolument ! Dans mes quatre propositions (voir mon message du 28/11/2009 à 08h:05, ) la formation vient en quatrième position, mais je répète qu'elles sont solidaires et, s'il fallait établir une hiérarchie,

la formation viendrait en premier lieu.

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Il faut d'ailleurs rappeler qu'un point crucial du bluff généralisé qui constitue le formatage de l'opinion est de dire que la démocratie est inventée au Vème avant Jésus-Christ à Athènes. C'est une absurdité.

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Le régime que nous connaissons et que nous appelons - à tort selon moi - démocratie est un régime nouveau dont les racines anciennes remontent à notre Révolution de 1789, et la première tentative de mise en pratique à la IIème République (1848-1851) qui aboutit pour la seconde fois à une dictature.

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Ce régime nouveau, dit démocratique, est intrinsèquement lié à la mise en place d'un suffrage dit universel et qui accorde le droit de votre inconditionnel à tous les individus de sexe masculin. C'est ce suffrage qui porte à la tête de la IIème République un futur dictateur: le prince Louis-Napoléon Bonaparte. C'est ce même suffrage dit universel qui le soutiendra tout au long du second empire. A quelques mois de l'effondrement du régime, en juin 1870, si je ne m'abuse, Napoléon III est encore plébisicité par une proportion énorme de votants (90% ou quelque chose comme ça).

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Bref, tout ceci pour dire, que les usurpateurs de démocratie qui aujourd'hui nous gouvernent ne veulent pas que l'on réfléchisse aux conditions réelles de la mise en place de ce nouveau système de gouvernement qu'ils ont détourné, au fil des générations, à leur profit.

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Toutefois, les Républicains de la IIIème République étaient, exactement comme nos usurpateurs de démocratie d'aujourd'hui, vraiment attachés à l'utopie démocratique et voulaient lui donner une certaine consistance, une certaine réalité.

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Pour cela, ils jugeaient que l'éducation était la condition première. C'est pour cela qu'ils instituent l'enseignement obligatoire, laïc et gratuit. Cela n'avait pas de sens, pour eux, de donner le droit de vote à des masses ignares.

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Reste à savoir si les masses (nourries de télévision et de médias de connivence) sont moins ignares du simple fait qu'elles aient été alphabétisées. (D'ailleurs, soit dit en passant, fort imparfaitement). Donc, l'éducation, d'un point de vue politique, a échoué.

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Les gouvernants de la IIIème République se sont avérés, d'autre part, - tout en étant "patriotes", etc etc...- être des bourgeois complètement au service des intérêts de leur classe. On connaît la suite. On la connaît pour une part, et on la cache pour une autre, qui est essentielle : à savoir que le pouvoir politique, en France, a été confisqué.

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Mais, par ailleurs, avec la mondialisation et la montée en puissances d'extrêmes périls planétaires, ce problème devient complètement dépassé.

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De toutes façons, aujourd'hui les usurpateurs de démocratie n'ont à peu près aucun pouvoir; ils en ont seulement l'illusion et l'on ne sait pas qui détient vraiment le pouvoir. Certainement pas le peuple. Dans aucun pays.

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jpylg

 

 

 

 

Il me semble Jean-Paul que si pour les républicains fondateurs de la IIIème République l'éducation fut en effet le moyen par lequel ils entendaient prémunir le pays contre le retour de la dictature, on ne peut évacuer qu'elle fut aussi le moyen par lequel purent être mobilisées les masses laborieuses issues de leurs campagnes pour l'industrialisation du pays dans un contexte de compétition exacerbée avec l'Angleterre et l'Allemagne. Mais cela ne fait que confirmer ce que vous dites ensuite.

Pour revenir à votre proposition du droit de vote conditionnel, j'entends bien son indissociabilité d'avec les autres propositions en particulier relative à l'éducation, mais je crois que les nuances suggérées par Vincent quant à l'interprétation des droits justifient de creuser un peu plus la question.

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Je suis tout à fait d'accord sur la nécessité de nuancer et de creuser; mais ce n'est pas la démarche que j'ai voulu prendre. J'ai voulu, dans mon petit livre, "Quatre propositions simples pour améliorer la démocratie grandement" non pas nuancer ni finasser, mais DEFONCER, défoncer des idées reçues, défoncer des certitudes.

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J'ai déjà mis en ligne la bibliographie qui figure en fin de mon petit livre de 148 pages. (Mes 4 propositions elles-mêmes, introduction et conclusion comprises) font 112 pages de petit format (11x16,5). Si j'avais voulu faire dans la nuance et dans l'approfondissement, j'aurais fait au moins 300 pages. Ma bibliographie n'est pas fantastique; mais elle comprend tout de même près d'une cinquantaine de titres.

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Il ne faut donc pas croire que, parce que j'ai choisi, en l'occurrence de m'exprimer à l'emporte-pièce, il ne me soit jamais arrivé de réfléchir ou que je ne sois pas susceptible de le faire encore; d'ailleurs, je lis attentivement TOUS les commentaires de ce fil.

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http://www.lelivrelibre.net/bibliographie4.pdf

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jpylg

Je fus à mon tour un peu lapidaire et abrupt dans mon expression, toutes mes excuses.

Comme quoi l'emporte pièce n'emporte pas forcément l'approbation.

Contrairement à d'autres, votre expression me concernant n'a jamais eu rien de déplacé.

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Quant à l'emporte-pièces qui n'emporte pas l'adhéion, je le sais bien. Tout le malentendu que je ressens dans ce club vient de là; bien des gens s'imaginent que je veux les convaincre. Il n'en est rien: je veux dire mes opinions, pas rallier d'autres à mes opinions.

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Si je voulais amener quelqu'un à mes opinions, je commencerais par ne pas les lui dire; et je prendrai mon temps.

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jpylg

Nous sommes tous dans le même train (ou la même galère si vous préférez) mais certains voyagent en première classe et d'autres dans les soutes, ce qui ne facilite pas la solidarité. Je n'en suis pas moins d'accord avec vous sur la nécessité de ne pas enfermer les gens dans leur statuts.

Pour ce qui concerne l'éducation populaire et à côté de la question de son organisation et de son financement, il y a de mon point de vue la question déterminante de l'engagement : nous n'avons envie de savoir, de nous former, que dans la mesure ou ce que l'on apprend et ce que l'on découvre participe au pouvoir d'influence que nous gagnons sur la réalité qui nous entoure. Pouvoir toujours microscopique sur les grandes institutions, pouvoir un peu plus réel sur la vie locale ou la vie professionnelle, mais le moteur d'énergie de tout apprentissage, de toute éducation consentie ou choisie reste cette prise de responsabilité sur son environnement au moins immédiat.

Cela n'enlève rien à la valeur des modes d'organisation de l'éducation populaire que vous proposez, mais cela suppose une revalorisation de l'action collective et non pas "ces démocraties participatives" qui laissent les participateurs dispersés face aux pouvoirs, marinant bavardement dans leur impuissance.

Bonjour Serge,

Que faut-il réellement entendre par "action collective"? Je ne pense pas que l'action collective, ou le besoin de participer au pouvoir d'influence, soit un pré-requis pour la participation à une action d'éducation populaire, la capacité à l'enrichissement personnel et au partage peut très bien exister sans être rattaché à une quelconque action, collective ou non. Je dirais même que ce type d'enrichissement peut tout simplement constituer une forme de protection contre la désinformation et la manipulation du pouvoir, pour autant qu'il cultive effectivement l'esprit critique.

Il me semble que la prise de responsabilité, dont vous parlez, dépends du produit de plusieurs variables. Il faut bien sur que l'enjeu en vaille la peine mais il faut aussi que la personne se sente outillée (aspect éducation) et qu'il existe une relation - même ténue - entre l'effort fourni et le résultat. Si l'un de ces trois éléments (valeur, capacité et causalité) est inexistant, on ne peut pas envisager d'action autre que purement idéologique.

Et c'est là, à mon avis, qu'entre le facteur d'échelle: il faut définir des périmètres au sein desquels l'action - selon mes trois variables - soit envisageable. Autrement dit il faut pousser très loin la décentralisation.

Rebonjour Vincent,pour avoir observé de près les différences de rythme d'acquisition de nouvelles compétences et de nouveaux savoirs entre des personnes engagées dans un projet de prise de responsabilité (responsabilités syndicales, promotion sociale, responsabilités associatives etc...) et des personnes que l'on assoit sur des bancs d'apprentissage à des fins de dissimulation du chômage, pour avoir mesuré l'incroyable capacité à se former très vite des premiers et le piétinement des seconds, je suis persuadé que la motivation par le choix d'une responsabilisation est la plus efficace.

La question de l'échelle est ici essentielle et je vous suis entièrement sur la nécessité de pousser bien plus loin la décentralisation : c'est dans le concret de notre environnement immédiat qu'on apprend à mesurer ses propres forces.

En résumé, je pense que personne ne se sent déficient en esprit critique et que la capacité à construire son information ne motive en soi pas grand monde.

L'action collective dans mon esprit, c'est la reconnaissance des rapports de force existants et la reconnaissance du peu d'influence qu'exerce l'individu isolé malgré toutes les victoires de l'idéologie individualiste.

Bien d'accord avec vous dans le contexte que vous décrivez, qui me semble être un contexte d'apprentissage / formation classique "top down" et ou la motivation des "étudiants" est essentiellement due au fait qu'ils savent que cette formation est, d'une part choisie, d'autre part va leur apporter quelques chose de très positif, à court ou moyen terme. Ce qui n'est évidemment pas le cas des "chômeurs dissimulés".

Mais dans le cadre de l'éducation populaire, le savoir se crée à partir de l'échange et est constamment soumis à une appréciation critique (du moins c'est la théorie, dans la pratique de très nombreuses activité dites d'éducpop sont en fait top-down, mais il reste que le gens y vont par choix et non par obligation).

Autrement dit, la notion de performance y est caduque, l'idée même d'une norme (bon, moins bon, pas bon par rapport à un set de critères définis ailleurs) n'ayant aucun sens dans ce contexte.

Il faut je crois prendre en compte le plaisir, et le réhabiliter dans le champ de l'éducation.

Les remarques de Serge sont certainement justes, mais je crois qu'elles renvoient bien plus au champ de la formation qu'à celui de l'éducation.

Et il faudrait là discuter un peu de l'utilitarisme.

Copieux et nourrissant fil que je découvre avec gourmandise :o) Merci de ne pas vous offusquer mais j'y ai fait mon petit marché perso... en toute amitié

 


L'éducation populaire a longtemps été avec plus ou moins de succès un vecteur d'éveil et de développement de l'esprit critique

Devons nous revenir aux principes de l'éducation populaire (formation par les pairs) au motif que l'EN se transforme en séminaire d'entreprise ?

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Née avec la révolution et Condorcet

Que le "peuple" en ses représentants musclés s'est empressé de conduire à la mort sans autre forme de procès

 


Pas de citoyen sans éducation permanente

C'est pour l'heure TF1 qui s'en charge et le citoyen n'a plus le temps pour autre chose...


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Le peuple

C'est qui "le peuple" comment le définit-on à l'heure de toutes les exclusions ? Si déjà les SDF avaient une carte d'électeur, par exemple...


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il faut mettre au premier plan l'opposition entre intérêts particuliers et intérêt général

 

Ouh laaa, on sent vite venir les méchants intérêts particuliers et le vertueux intérêt général. Pour l'heure l'intérêt particulier semble se résumer à l'instinct de survie : pas de boulot = pas de logement = pas de famille = pas de vie... Je me suis toujours interrogée sur la justesse d'un principe qui permet de faire le malheur d'un seul au nom du confort de beaucoup (bretelle de circulation qui surplombe le pavillon laborieusement acquis après une vie de travail) sans compter que c'est toujours aux mêmes que l'on demande des sacrifices (une autoroute détournée pour ne pas endommager la propriété d'un people)


 

question initiale de l'éducation.... à la solidarité

Avec les exemples crapuleux venus du sommet de l'Etat ? Impossible pour tout pédagogue un peu lucide...

 

Le permis de voter

instauré après suppression de la philo et de l'histoire géo au lycée ?

 


 

L'intéret général n'est pas la somme des intérêts particuliers, cela implique a priori qu'il faille choisir entre l'un ou l'autre. C'est d'aillerus la position classique française exprimée par Rousseau dans le contrat social à l'opposé de la vision anglo-saxonne (l'intérêt général est la somme des intérêts particuliers) qui nous vient d'Adam Smith. Vision qui domine aujourd'hui, même en France.../...
à moins d'une vision monastique ou spartiate du monde, l'idée de devoir sacrifier l'intérêt personnel pour l'intérêt général n'a en fait pas beaucoup de sens

 

 

 

A ce sujet, il serait intéressant de décortiquer les motivations du secteur associatif, présenté comme l'alpha et l'omega du désintéressement en matière de régulation sociale... Qui n'a jamais assisté à une réunion municipale où les intérêts contradictoires des différentes assos s'affrontent en de sanglantes querelles pour une salle ou une boîte à lettres ne peut savoir de quoi il s'agit. Chaque association est un regroupement de particuliers qui s'organisent en groupe de pression. Cela n'en fait pas des défenseurs de l'intérêt général...


 

Je crois que l'intérêt général, c'est l'intérêt du plus grand nombre

 

 

Chaud-brûlant : et les minorités ?


 

"Par contre réservons en effet la formatiion des citoyens et l'élaboration du projet politique aux associations d'éducation populaire et à leurs structures fédératives". En ce qui concerne éducation populaire et droit de vote, il me semble que si on arrivait à mettre une éducation populaire (c'est à dire à tous) donnant les connaissances nécessaires pour un vote éclairé"

 

 

 

Si déjà les partis politiques formaient leurs candidats en amont de leur candidature, histoire qu'ils connaissent un peu ce dont ils auront à débattre, ce ne serait déjà pas mal. Et éviterait les plaidoyers du genre "Il faut au moins deux mandats parce que pendant le premier on apprend". Il faut quand même être gonflé pour se présenter à un scrutin dont on ne maîtrise pas le coeur de tâche...


 

Il y a de mon point de vue la question déterminante de l'engagement : nous n'avons envie de savoir, de nous former, que dans la mesure où ce que l'on apprend et ce que l'on découvre participe au pouvoir d'influence que nous gagnons sur la réalité qui nous entoure

 

 

D'accord avec ça. Et les citoyens, pour l'heure, savent bien que les formes ISO 9000 de notre supposée "démocratie" ne servent qu'à alimenter en postes beaucoup de traqueurs de suffrages sans projet autre que leur propre survie...

 

 

Que faut il réellement entendre par action collective ?

 

 

En voilà une bonne question. Les actions, associative et politique, sont elles les deux seules options ?


Bonsoir Dianne,

Alors, pas trop mal achalandé, ce marché? :)

Je rebondis - très légèrement - sur deux de vos points:

Qu'est ce que le"peuple"? Perso j'évite ce terme car pour moi il ne veut plus dire grand chose, je préfère le concept de "multitude", des courants de gens ayant des intérêts différents voir divergents mais reliés par quelques dénominateurs communs.

 

Les motivations du secteur associatif: diverses et variée! Il faudrait graduer en fonction du degré d'institutionnalisation. La motivation principale d'un mouvement fortement institutionnalisé est souvent sa propre survie.

Très bien achalandé le marché ! On en redemande... Point de courroux ni de horions... Du débat. Bref, du grain à moudre et du bon. On ne refera pas le monde, hein....Clin d'oeil

Pour le "peuple" je suis comme vous un peu gênée aux entournures pour une définition...

Soyons nombreux puisqu'il semble que les multitudes soient la clé sur le web et ici en particulier ! Clin d'oeil

http://www.alchimiedesmultitudes.atelier.fr/pdf/extrait5.pdf

"En nous promettant le passage du savoir à la
compréhension, David Weinberger, l’auteur de Everything is
Miscelaneous, ne nous promet rien moins que le passage de la
connaissance – quête dominante, en Occident, du moins depuis
la Renaissance – à la sagesse, quête asiatique millénaire. Une
sagesse qui – travers occidental – se trouverait dans les données
et les métadonnées."

Vous semblez tous partager l’idée que la qualité d’un vote dépend du niveau de connaissance du votant.

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J’ai déjà exprimé un doute le 28 à 00h36 (auquel, cher Vincent, vous avez répondu sans y répondre), citant le cas de l’adhésion de Heidegger au nazisme.

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Dans toutes les strates de l’échiquier politique vous trouverez des bac+x et des « analphabètes », preuve que l’éducation, certes non négligeable, n’est pas le nœud du problème que vous soulevez. Rappelez-vous Claude Lévi-Strauss dans La Pensée Sauvage, démontrant que « non seulement les peuples sans écriture pensent autant que nous, mais leur modes de pensée révèlent, grâce à l’analyse, des formes d’organisation logique aussi élaborées que les nôtres » (Christian Delacampagne).

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L’explication de nos choix est à chercher ailleurs que dans nos niveaux de connaissance. Ce serait trop simple et très vite résolu. .On peut, par exemple, commencer à réfléchir sur cette idée de Sartre disant (je n’ai pas la citation exacte) que la réponse à une question posée à une personne est déjà dans le choix de cette personne.

Je ne crois pas que l'on parle ici du niveau de connaissance en général, ou plus exactement du niveau de connaissance amené par notre système éducatif. Un thésard en géologie n'est pas plus apte à voter qu'un CAP en électro-magnétique par exemple.

Il ne s'agit pas non plus d'établir des qualités de vote, et encore moins des bons et des mauvais votes, ce qui va à l'encontre des valeurs républicaines et démocratiques.

Il s'agit à mon sens, de donner un certain nombre de clés pour permettre de voter en connaissance de cause.

cher bjm, il n'est pas question de faire de la maîtrise de l'écriture le critère de sélection quant au niveau de structuration de la pensée requis pour voter... Evidemment on peut penser sans lire ni écrire (l'inverse est exact aussi, quelques productions récentes qui encombrent les linéaires le confirment).

 

Ce n'est pas le niveau formel de "connaissances" du votant qui est en débat (de mon point de vue) mais, pour ce qui concerne la société française, ici et maintenant, de son niveau d'information et d'outillage intellectuel nécessaires au décryptage des enjeux.

 

"Ce n'est pas le niveau formel de "connaissances" du votant qui est en débat (de mon point de vue) mais, pour ce qui concerne la société française, ici et maintenant, de son niveau d'information et d'outillage intellectuel nécessaires au décryptage des enjeux."

 

Je vote pour. Enfin je veux dire, je suis d'accord :) Et pas seulement la société française. J'ajouterai: la capacité de voir le sens, ou manque de sens, des propositions, au delà des slogans et des démonstrations à priori cohérentes mais en fait simplistes ou rationalistes que maîtrisent parfaitement nos "élites".

J'insiste : Heidegger possédait cette "capacité de voir le sens, ou manque de sens, des propositions, au delà des slogans et des démonstrations à priori cohérentes mais en fait simplistes ou rationalistes que maîtrisent parfaitement nos "élites". Et pourtant...

 

Je suis persuadé qu'il faut chercher ailleurs.

Il faut chercher aussi ailleurs mais là en priorité. Les séquences de décryptage du discours, qu'il soit écrit ou oral devraient prendre place dans tous les cursus scolaires. Lire entre les lignes, interpréter le non dit... Couper le son en regardant sarko, par exemple...Sourire

Je ne nie pas du tout l'apport efficient de la culture, mais seulement son ordre d'importance dans ce qui motive le comportement humain.

Et là bjm il y a effectivement une vraie divergence de fond.

Supposer que la culture (peu importe qu'elle soit écrite ou non) ne puisse jamais être, et surtout devenir, le déterminant premier des comportements humains, c'est vouloir la reléguer définitivement au rang des accessoires et simultanément inscrire l'humanité dans les limites de l'inhumanité originelle.

C'est en conséquence interdire à la culture d'advenir comme culture de l'humanité par elle même.

Et c'est en effet le contraire de ce que nous devons souhaiter et pour quoi il faut s'engager.

Pour prendre un comportement humain basique (ou fondamental) comme le nombre d'enfants par femme, il est directement corrélé au niveau d'éducation des filles.

Jean-Claude Charrié, vous m'obligez à me répéter :

 

Je notais seulement que deux hommes ayant acquis le même bagage culturel peuvent avoir des comportements totalement opposés, constat qui ne revient pas à mettre la culture au rang des accessoires (où avez-vous vu que j’écrivais cela ?) mais à demander si l’on ne s’égare pas en en faisant la panacée universelle pour rendre les électeurs politiquement majeurs (puisque c’est le thème principal de ce fil de discussion).

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On trouve des énarques au NPA comme à l'UMP et même au Front National, et des philosophes encartés au nazisme. La culture comme seul remède, navré, mais il y a matière à en douter.

Désolé pour la répétition.

Je ne pense pas que la question soit de chercher et trouver une panacée universelle. Elle pourrait être éventuellement de savoir s'il existe une alternative à l'éducation comme facteur d'émancipation.

Il n'est surtout pas juste de prétendre que tel ou tel engagement partisan, fut-il extrémiste, soit un signe d'échec de cette émancipation par la culture.

Il y a là me semble-t-il une perversion du raisonnement qui repose sur la confusion de deux registres : celui de la culture ou de l'éducation, et celui des opinions ou de l'engagement.

L'un et l'autre ne sont évidemment pas sans rapport, mais ils ne sauraient être confondus. Il s'agit d'un droit et d'une liberté, la jouissance du premier autorise le plein exercice de la seconde. Tel est à mons sens le thème principal du fil.

Et à cet égard,considérer que le droit à l'éducation n'est pas essentiel à la liberté d'opinion consiste bien à l'accessoiriser, un peu abusivement.

Mais telle n'était pas votre intention, je veux bien le croire.

Je n'ai surtout pas apprécié que vous transformiez ce que je dis (la culture n'explique pas tout, loin de là) en m'accusant de proclamer quasi inutile cette culture. C'est malhonnête et ne me donne plus le goût de poursuivre.

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" ne me donne plus le goût de poursuivre. "

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Tant mieux ! C'est une excellente nouvelle !

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Je sais que le propos s'adresse à un autre, mais laissez-moi vous dire mon état d'âme et même ajouter que j'espère qu'ils seront nombreux, dans votre genre, à vous imiter.

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jpylg

M... alors JPYLG, c'est juste pas possible une réplique pareille pour un intellectuel tel que vous ! Non mais on se croirait à l'UMP...

Vous m'obligez, vous aussi, à me répéter:

Je ne crois pas que l'on parle ici du niveau de connaissance en général, ou plus exactement du niveau de connaissance amené par notre système éducatif. Un thésard en géologie n'est pas plus apte à voter qu'un CAP en électro-magnétique par exemple.

Il ne s'agit pas non plus d'établir des qualités de vote, et encore moins des bons et des mauvais votes, ce qui va à l'encontre des valeurs républicaines et démocratiques.

Il s'agit à mon sens, de donner un certain nombre de clés pour permettre de voter en connaissance de cause.

 

Pas bien cette expression: éducation populaire.

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Les deux termes sont problématiques et leur réunion deux fois plus

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jpylg

Pas bien en effet... Tout dépend d'où on regarde le marigot. Si c'est depuis Neuilly, on peut craindre les effets de l'éducation populaire sur la docilité de la domesticité...

 

L'éducation populaire est un courant d'idées qui milite pour une diffusion de la connaissance au plus grand nombre afin de permettre à chacun de s'épanouir et de trouver la place de citoyen qui lui revient.

Sur la question de la connaissance et son influence dans une décision de vote: Au moment du vote, c'est déjà trop tard, le choix entre (par exemple) une Royal et un Sarko n'a rien à voir avec une quelconque connaissance et tout à voir avec un ressenti, un positionnement idéologique, un choix émotionnel. La connaissance va jouer loin en amont, sur le diagnostic économique, politique et social, sur le mode de fonctionnement que l'on désire avoir, sur les propositions que l'on pourra faire - ou défaire.

A ce niveau il faut aussi distinguer entre la connaissance verticale (l'expert en machin, le spécialiste qui ne voit qu'un morceau de l'ensemble, même s'il voit ce morceau très bien) et la connaissance transversale qui recoupe plusieurs champs et permet de donner du sens, de voir toute l'image et même les images encore invisibles C'est à cette deuxième forme que s'attache essentiellement l'éducation populaire.

 

Sur le terme "éducation populaire": il n'est pas de moi (!) et je pense qu'on aurait pu mieux trouver, mais il existe et est relativement bien compris par ceux qui s'en préoccupent. Mais la composante "contre-pouvoir" implicite au concept s'est perdue dans l'institutionnalisation de la chose, par exemple le fait que le Ministère de la Jeunesse et des Sports, organe d'Etat, soit aussi un des principaux (ou du moins était, avant la RGPP) diffuseurs et financeurs de "l'éduc-pop" est antinomique avec une telle idée.

Aujourd'hui l'éduc-pop est à un croisement: soit elle disparait par manque de moyens, l'Etat et de par le nouveau système de financement les collectivités locales la réduisant à un simple accompagnement sous perfusion des politiques publiques, soit elle se réinvente dans une beaucoup plus grande indépendance vis-à-vis des institutions et retrouve un rôle réellement politique enraciné dans la base, dans les terroirs. Comment, that is the question.

Eh oui, c'est bien la question.

Comment concilier financements publics et respect de l'indépendance du projet associatif ? Intérêt général et intérêts particuliers.

En fait il y a bien des solutions et des garde-fous, ce qui manque c'est la volonté politique et surtout me semble-t-il la claire conscience politique des enjeux. (J'ai poussé mon petit cri là).

C'est à dire que nous en sommes aujourd'hui au point où les premiers "clients" de l'éducation populaire devraient être les élus (je parle au moins pour ceux de gauche).

 

 

Juste un truc, vite fait : "le choix entre (par exemple) une Royal et un Sarko n'a rien à voir avec une quelconque connaissance" sauf si on avait pris le temps de lire le programme des deux et celui d'étudier leur parcours antérieur. Rien qu'un truc, tiens, la suppression du 49-3, au hasard...

Chère Dianne,

Le soucis est que les promesses électorales ne lient que ceux qui y croient, et comme pas grand monde y croit pas grand monde ne lit les programmes.

Certes. Enfin pour le reste, pas de souci non plus. L'analyse de l'affaire de Tarnac est limpide : le programme était là et il ne donnait pas mal à la tête. Juste une image à "lire" :

Excellente, cette image! Tout est dit.

« La question, me semble t’il, est surtout de savoir comment refonder les nécessaires repères qui seuls empêchent ce type de dérive. La société civile doit créer ses propres repères... « L'Education Populaire alongtemps été, avec plus ou moins de succès, un vecteur d'éveil et de développement de l'esprit critique, mais souffre aujourd'hui du poids d'une forme de consumérisme socioculturel qui accompagne... »

 

De mon point de vue, nous, les individus humains, qui venons de loin quant à l'hermétisme et à son accès sommes rentrés bien trop allègrement dans cette forme de consumérisme facile de l'information.

Information/désinformation/manipulation/propagande... il faut pouvoir et savoir se démener dans les méandres de cette épaisse et vaste forêt...

Peut-être que saturés, sentons-nous enfin le désir d'émancipation, le désir individuel de compréhension du monde qui nous entoure, pour mieux l'intégrer à notre petite échelle événementiel des faits.

 

Je suis consciente qu'en tant que citoyenne de « à pied » je ne laisserai qu'une minuscule et presque invisible empreinte au travers de ce que j'ai pu donner en participant à l'intégration sociale de mes enfants tant qu'ils ont eu besoin d'un accompagnateur.

Je suis très consciente de la temporalité de mon passage sur terre, alors si j'aime participer au collectif je me désintéresse de plus en plus de grandes messes oratoires d'experts que de manière récurrente parcourent les plateaux pour distribuer leur bonne pensée.

Je change et je crois que je ne suis pas seule.

 

Je viens de visionner la vidéo en guise de conclusion de l'UPPC tenue au théâtre Djazet, lundi dernier sur le thème « D'une rive à l'autre, l'Euro-Méditerranée en questions ». Des quelques mots de la part de quelques des intervenant, je retiens des phrases pour moi matrices, telles que:

  • « ...contribuer, mais pas en proposant, en écoutant simplement... »

  • «depuis de siècles ... nous entendons le père Unique, le Dieu Unique, le policier Unique, le mari Unique... laissez-nous le temps... »

  • « lorsque je rencontre un israélien je le comprends mieux ... »

  • « apprendre de l'autre... »

 

commentaires qui, sortis du contexte Euro-Méditérranéen, ont toute sa place dans le débat de grande qualité qui s'est tenu ici. Merci Vincent d'avoir su réunir et maintenir ce niveau de dialogues.

 

Le travail de fond de formation populaire je le crois est bien en marche mais, à mon avis, il est en train de basculer et de retourner la pyramide. (Désolée, Nef, si tu mes lis, de toucher à tes monuments sacrés. J'ai beaucoup apprécié ton commentaire. qui manifeste également de ta souplesse d'esprit)

A mon avis, ce travail de fond est novateur et de grande qualité. C'est ce qui compte ou devrait compter comme principal critère pour redonner l'espoir lorsque nous nous sentons déphasés par rapports aux dérives de l'information tous azimuts, de la formation paternaliste et du civisme.

Je crois que nous partirons moins idiots... et que le changement des comportements est en bonne voie! Moins de TF1 ou de réunions d'experts "mâles" derrière un écran à pontifier et à se couper la parole et plus de contact citoyen serein et d'information diversifiée à recueillir aux sources, c'est ce que j'observe autour de moi.

 

Ce n'est pas parce que les journaux qui délèguent tout de même leurs envoyées pour faire toujours meute un moment autour de tel ou telle responsable politique espérant sortir la pépite qui fera les grands titres, ce n'est pas parce que les éditorialistes à solde, et les autres aussi, occultent plus tard le travail de fond qu'un collectif venant de tous horizons essaye de formuler, ce n'est pas parce qu'il y a une mauvaise volonté ou une indifférence ou une ignorance de ce qui est en train de se passer que l'événement n'est pas, lui, en train de passer. Et l'événement est autour de citoyens qui se déplacent, qui se regroupent pour prendre part et mieux comprendre la vie de la cité.

 

Personnellement, habitant très loin de la capitale je n'ai pas l'occasion d'assister à toutes les rencontres à Paris mais j'organise souvent mes voyages familiaux ou professionnels autour des dates connues de manière à en profiter à fond.

 

Je le fais aussi lorsque je sais que dans ma région il y a un café participatif ou une UPPC, ou autre proposition venant de collectifs qui m'intéressent, et je me félicite toujours de la qualité des apports et de l'intensité de participation de la part du public présent, qui m'apprend presque autant que les interventions des praticiens présents.

 

Je lis beaucoup des classiques et des contemporains. Je complète ma formation personnelle ici, tout simplement avec des apports de billets dont j'ai sélectionné après plusieurs lectures les auteurs. Des commentaires à ces billets sont souvent une bonne source d'auto-formation et de compréhension du genre humain.

 

C'est ce que je me fais comme idée de l'Agora mythique. Alors les médias et l'information? Franchement, pour ce qu'ils donnent comme image à l'heure actuelle, autant s'en passer.

 

Je n'osais pas trop le dire, mais pour moi des sites tels que Mdp - et notamment le Club - sont de facto des initiatives d'éducation populaire, et c'est ente autres pour cela que je participe. A la différence près que les initiatives d'éduc pop sont généralement modérées, c'est à dire qu'il y a un modérateur qui permet de cadrer le débat et éviter qu'il ne soit noyé dans des dispersions trop souvent nombrilistes.

Sur la toile la modération est plus dangereuse car elle ne se fait pas en face à face, c'est trop facile quand on est planqué derrière un écran de passer de la modération à la censure - et c'est là que je rejoins JPY sur le refus de la modération du Club. Mais il existe néanmoins une forme de modération accessible à celui qui mène un débat sur un sujet donné, tel que l'initiateur d'un billet de blog. Il est toujours possible de désamorcer, au pire ignorer, les tentatives de plombage, volontaires (trolling en bon français) ou non.

 

Excusez cette digression qui n'a rien à voir avec le film..

 

Je me demande pourquoi tu te prives de le dire !! Oui, Mediapart est un bel exemple d'éducation populaire même si ce n'est pas son but premier, qui est quand même d'informer ! Le Club oui, un embryon.... en espérant que pour qu'il grandisse les éditions participatives aient plus de candidats à l'écriture.

Bonjour Christel

Je ne le dis pas haut et fort car la Rédaction de Mediapart n'est pas dans une démarche d'éduc pop, cela se fait un peu malgré elle. Je ne commente pas sur les éditions participatives, n'y participant pas moi-même.

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" la Rédaction de Mediapart n'est pas dans une démarche d'éduc pop ..."

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Ah bon ?

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jpylg

Je ne veux pas répondre à la place de Vincent, mais je voudrais profiter de son affirmation et de votre question Jean-Paul pour extrapoler un peu (Vincent voudra bien m'en excuser je pense) sur la complémentarité (ou pas ?) de la liberté de l'information et du droit à l'éducation, comme outils et modalités de l'émancipation.

Je pourrais résumer la problématique par deux questionnements :

- Presse d'information/Presse d'opinion quelle(s) distinction(s) possible(s) ? où, à partir de quand et comment passe-t-on de l'une à l'autre ? Quels sont les enjeux ?

- Droit à l'éducation/Liberté d'opinion quelle(s) combinaison(s) possible(s) ? où à quelles conditions l'éducation peut-elle ne pas se résumer au formatage des esprits ? n'est-ce pas Jean-Paul ;-)

Salut Jean-Claude,

Je suspecte, mais je peux me tromper, que la réponse de JPY ci-dessus est un poil cynique...

Vos deux questionnements me font penser à l'emblème yin/yang: L'information existe dans l'opinion et inversement. Une presse d'opinion sans information est une presse idéologique ou totalitaire, une presse d'information sans opinion est une base de données. Idem pour la seconde question, un droit à l'éducation (terme qui me pose problème car il implique une obligation éducative et donc une justification technocratique, mais passons) sans liberté d'opinion est du lavage de cerveau, et la liberté d'opinion sans éducation est du trollisme (ou du n'importe quoi démagogique et tout ce qui lui ressemble).

 

Avant de poursuivre plus loin, juste une "réponse" sur le droit à l'éducation.

Il implique en effet une obligation, "et une justification technocratique" (?) je ne sais pas. Mais une obligation de moyens sûrement, comme je dis qu'ils sont aujourd'hui mal et insuffisamment mobilisés dans mon billet sur l'éducation.

"Presse d'information/Presse d'opinion quelle(s) distinction(s) possible(s) ? où, à partir de quand et comment passe-t-on de l'une à l'autre ? Quels sont les enjeux ?"

 

Intéressant sujet pour élèves journalistes ! Il me semble que dès que l'on quitte le domaine de l'info brute (tel le fil de l'AFP) on est dans la presse d'opinion. Et encore, la simple sélection des brèves qui sont publiées ou pas est déjà le fait d'un journalisme d'opinion...

En effet, et poursuivant à propos de l'intervention de Vincent relative à la position d'un projet tel que Médiapart au regard d'enjeux d'éducation populaire il me semble que la question ne se pose pas. Il y a de fait et indépendamment de toute intentionalité, production de sens et action éducative.

Mais, nous voilà en pleine digression.

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"La liberté de l'information et du droit à l'éducation, comme outils et modalités de l'émancipation.

Je pourrais résumer la problématique par deux questionnements : "

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Ce sont, très exactement les thèmes qui m'intéressent, liberté de l'information et droit à l'éducation, en conséquence de quoi, mes questionnements pourraient être exactement les mêmes.

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A ceci près que j'en suis venu à me méfier, pour commencer, des termes mêmes et des catégories (termes et catégories, c'est finalement la même chose), avec lesquels ou à travers lesquels on s'interroge.

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J'ai tendance, maintenant, à considérer que ces termes et ses catégories sont des stéréotypes qui nous sont imposés et qui nous amènent à penser les problèmes d'une façon telle que l'on est plus ou moins contraint d'aboutir à telle ou telle conclusion (formatée) tout en excluant, sans examen, telle ou telle autre conclusion possible (non formatée).

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Donc, puisque ce que VV et vous appelez "éducation populaire" est ce qui, de mon point de vue, devrait s'appeler "moyens de déformatage") à vos deux questionnements, tels qu'ils sont formulés, je substituerai cette formulation-ci :

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qui parle d'où avec quels moyens à qui dans quel but ?

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jpylg

Bonjour JPY,

 

qui parle d'où avec quels moyens à qui dans quel but ?

J'ajouterai: dans quelles conditions, ou dans quelle relation entre les deux "qui". Quoique votre "d'où" intègre peut être cette dimension, si c'est un "où" relatif.

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Effectivement : d'où, c'est le contexte - lequel est généralement déterminant.

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Cela avait été évoqué récemment dans un autre fil: "Internet poubelle et l'applatissement des statuts"

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Souvent celui qui parle ne tire pas son autorité des propos eux-mêmes mais de la fonction qu'il occupe.

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D'autre part, au sujet du cynisme, c'est une erreur (à laquelle je prête souvent le flanc, comme l'accusation de fascisme). Je suis tout sauf cynique.

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jpylg

OK je retire le cynisme. Ironie, peut-être?

"qui parle d'où avec quels moyens à qui dans quel but ?" l'hypothèque du cynisme n'est pas la moindre à lever au regard de cette question et l’ironie n’est pas mauvaise compagne. Poursuivons donc.

L'éducation populaire peut être en effet ce moyen ou cet outil de déformatage, d'émancipation dit-on plus habituellement, qui ne saurait cependant s'abstraire ou se décontextualiser. Bien au contraire puisqu'il s'agit de valoriser les potentialités éducatives du quotidien, des relations sociales et affinitaires, de l'actualité banale ou de l'évènementiel.

Alors se pose bien en effet les questions "qui parle d'où, avec quels moyens, à qui, dans quel but ?"

La dernière n’est pas la moindre.
Ne perdant pas de vue, c'est essentiel, l'objectif revendiqué d'émancipation du citoyen (de conquête de l'indépendance et du libre exercice de son jugement), il me semble possible de poser qu’éducation populaire et propagande politique partisane ne peuvent faire bon ménage, sont en réalité incompatibles.
S’agissant toutefois d’une démarche de coéducation initiée par des citoyens en vue d’éclairer leurs propres engagements dans le débat politique, l’exercice est donc délicat.


D’où en effet la pertinence des questions « qui parle d’où ? », « avec quels moyens ? », « à qui ? »


C’est à l’occasion du référendum sur le traité constitutionnel européen que l’éducation populaire est revenue au devant de la scène, revendiquée en particulier par Attac.
Et il est indéniable qu’à cette occasion un véritable travail d’élucidation et d’appropriation des termes du débat fut conduit, toute la question est de savoir si ce travail fut abouti, et si le résultat électoral doit et peut tenir lieu d’évaluation de cet aboutissement.
Personnellement je ne le pense pas, ni au droit du « travail » accompli, ni au droit de la preuve par le résultat. Il me semble au contraire qu’il y a là dévoiement du concept d’éducation populaire et instrumentalisation au bénéfice d’un exercice de prescription.
Eduquer le citoyen, faire de l’Education Populaire ce n’est pas mobiliser l’électeur en vue d’un résultat électoral particulier, ni à fortiori sur un mot d’ordre de vote, c’est exactement le contraire.
Mais notre objet du moment n’est pas de relancer une vaine polémique sur cet épisode, il peut être par contre de rechercher et de trouver ( ?) les conditions d’un travail collectif authentiquement éducatif entre citoyens engagés, par lequel ils vont donc trouver le chemin, la direction à suivre.


L’avant dernier billet de Philippe COURCUFF sur son blog intitulé « Esquisse d’une méthodologie altermondialiste pour l’émancipation au XXIe siècle » (lien), est je pense assez démonstratif de cet abus de langage qui amalgame éducation populaire et formation politique, et déconsidère la première, quelle que soit par ailleurs la légitimité de la seconde qu’il ne s’agit pas pour moi de contester le moins du monde (quoique…). Mais il y a me semble-t-il confusion des registres et le fil de discussion qui suit ce billet est je crois assez révélateur en l’occurrence de l’impasse où conduit cette confusion.

Bien d'accord avec cela, bien sur. La "méthodologie altermondialiste" à la Corcuff n'est jamais que l'intellectualisation à outrance d'un concept purement politique et n'a, à mon sens, pas grand chose à voir avec le sujet de ce billet, qui est justement de passer de l'intellectualisation hiérarchisante à la compréhension transversale.

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" Ironie, peut-être? "

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Absolument ! Dieu sait que ce n'est pas la même chose et, en même temps, qu'on peut facilement confondre.

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jpylg

Personnellement, je suis loin d'être certain que Dieu sache en fait faire la différence.

"Souvent celui qui parle ne tire pas son autorité des propos eux-mêmes mais de la fonction qu'il occupe."

 

Bon résumé de l'expérience de Milgram. La soumission à la "blouse blanche"...

Une mine : "L'autorité" par Maurice Marsal Que sais-je n°793 (PUF)

En voilà un sujet qui passionne les gens, vu le nombre de commentaires. Pourquoi c'est pas sur TF1 alors?

Trêve de plaisanteries, je trouve le début de l'article particulièrement juste.

" La France d'aujourd'hui est le cas d'école d'un pays en pleine dérive totalitaire de type extrême droite "... et vous parlez d'éducation!!!

Vous n'avez pas remarqué qu'on supprime les cours d'histoire en terminale?

Avant de penser l'éducation de demain, défendre ce qui reste de celle d'aujourd'hui?

http://www.mediapart.fr/club/blog/camembert/241109/de-quoi-segolene-royal-est-il-le-nom

Les cours d'histoire et de géographie ! non mais ! ;-)

et la philo ? et la poésie ?

Bonjour Camambert,

Nous parlons surtout d'éducation populaire, ne pas confondre. Pour ce qui est de l'éducation nationale, mon point de vue simpliste ne mérite pas une grande discussion: l'ensemble est à dynamiter et à reconstruire de bas en haut, point barre. Ségolène ou pas Ségolène.

J'aime beaucoup votre papier, Vincent, le ton et le contenu.

Ce que je trouve à la fois passionnant et définitivement insécurisant dans l'époque, c'est la mise au jour de l'idée que rien ne peut se prévoir d'avance, s'organiser - je veux parler des changements de société - mais que tout peut se produire par émergence de formes originales et déterminées de "luttes" (entendez que penser c'est déjà lutter), par l'imagination qui soudain peut se débrider à cause du rejet soudain d'une pression trop forte et mortifère (bel exemple des travailleurs sans papiers).

Je crois à l'éducation mais là aussi, le terrain mité, miné, s'écroule. Alors il y aura des idées qui arriveront de là où on ne les attend pas.

Je ne suis pas du tout fataliste, même si je suis à l'heure actuelle très pessimiste. En revanche, je pense qu'il faut travailler, militer à l'inattendu, voir le désordre comme un terrain possible d'invention, ouvrir des chantiers sans cesse, et réfléchir à la sublimation de la violence. Plus ça va plus je me sens "en partie" anarchiste : est-ce possible de l'être en partie !!??

Bonjour Marielle, et merci!

Peut-on être en partie anarchiste? Tout dépends de quoi est faite l'autre partie.... Je pense que vous et moi en sommes au même stade de réflexion à ce sujet, que j'illustrais dans mon billet "Vous avez dit Anarchiste?" de l'an dernier.

Imaginer, penser hors-cadre, réintégrer la poésie (votre billet d'hier) comme la critique constructive et la reconnaissance de la complexité au lieu du désir de simplisme et d'abandon aux idées toutes faites, vaste programme...

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