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Le roman d'un Trichet

L'information est passée quasiment inaperçue. Jean-Claude Trichet,le président de la BCE (Banque Centrale Européenne) vient de s'asseoir  dans le fauteuil de Pierre Messmer, à l'Académie des sciences morales et politiques.

Jean-Claude Trichet a une formation d'ingénieur des mines,puis il  fait l'ENA (promotion Thomas More où il était le condisciple de Claude Guéant). Inspecteur des finances,il a été gouverneur de la Banque de France et il occupe aujourd'hui le poste de président de la Banque centrale européenne. Il est aussi membre de ce club trés fermé,"Le siècle".

Je n'ai aucune antipathie (ni sympathie) pour ce "grand commis de l'état" . Qu'un banquier endosse l'habit d'académicien,cela ne me parait pas invraisemblable dans la mesure où il n'est pas le premier de son état (il va d'ailleurs retrouver Michel Pébereau sous la coupole). Mais ce que je remarque c'est le double symbole que constitue cette promotion, en dépit de ce qu'a brillamment écrit Alain Rémond dans son dernier billet de "Marianne".

Qu'une vénérable institution (l'Institut de France),considérée comme étant l'un des think tanks de la droite conservatrice,s'adjoigne un maître de la phynance plutôt qu'un intellectuel éminent (historien,sociologue,philosophe,etc) révèle son degré d'asservissement à l'argent,devenu désormais sous l'ère sarkozyenne,la valeur suprème.

Et qu'un européiste de choc succède à un grognard gaulliste,ce n'est pas non plus fortuit...

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Je me permets d'ajouter ceci : la présidence de JC Trichet a été marquée par son refus obstiné d'assouplir les taux de prêt de la BCE pour favoriser le financement de la production car il a campé sur la "ligne Maginot" de l'euro. Farouche adepte du libéralisme économique et financier,il aura fallu que déferle sur l'Europe le tsunami boursier engendré par la crise des subprimes,pour qu'il consente à baisser la garde et laisser les Etats prendre des mesures dirigistes.

Répéter à saciété une contre-vérité n'en change pas pour autant la nature:

1) la politique monétaire de la BCE a été presque constamment accommodante, l'inflation se situant le plus souvent au dessus de son objectif (proche mais inférieur à 2%). Trop accommodante même pour certains pays comme l'Espagne, où elle a alimenté une spéculation immobilière effrénée.

2) Vous faites la confusion habituelle entre les taux directeurs, fixés par la banque centrale, et les taux de marché, auxquels se financent entreprises et ménages.Il se trouve qu'une politique monétaire laxiste n'entraîne pas une baisse mais une hausse des taux de marché.

3) J'imagine que votre idéal de politique monétaire est celle de Greenspan qui a si bien "soutenu" la croissance américaine, avec le résultat final que l'on sait.

L'erreur cardinale de Trichet ne situe pas là où le pensent les perroquets souverainistes à la Guaino, mais dans son refus de tirer les leçons au niveau international de la politique monétaire plutôt raisonnable de la BCE, en s'alignant sur le dogme de la Fed selon lequel les banques centrales ne devaient pas se préoccuper de l'inflation des actifs ou de la formation de bulles spéculatives. Il a depuis changé d'avis mais il a fallu la crise financière mondiale pour cela.

Pour le reste, la distribution des hochets et autres gratifications honorifiques de la République a connu des cas autrement scandaleux...ou ridicules. Et cela ne s'arrange pas.

 

Bonjour Vingtras et merci pour cette étonnante nouvelle. Ceci pourra donner des idées à DSK, grand rival de JCT, semble-t-il. Que ce dernier ait été élu au fauteuil de Messmer, voilà qui lui donnera surtout le droit de s'asseoir dessus. Pour le reste, certes on l'aurait mieux vu à la section V (Economie, statistiques et finances) qu'à la section VI (générale), où il rejoindra tout de même d'autres grands noms de sa trempe : Jacques de Larosière, ancien gouverneur de la Banque de France et Thierry de Monbrial, fondateur de l'IFRI. A noter qu'il existe aussi une section des membres associés où l'on retrouve Jean-Claude Junker, mais aussi le Prince Charles, le Roi'n Carlos et le Benoît Seize. Mais enfin, on ne choisit pas toujours le lieu ni l'heure du décès de l'immortel à qui l'on doit succéder.

Cordialement. 

petite digression : j'ai eu du mal à retrouver l'auteur de votre portrait, Vingtras, mais je pense avoir fini par lui mettre la main dessus : Gustave Courbet. Me trompé-je ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Vall%C3%A8s

 

Non, vous ne vous êtes pas trompé...

J'ai pris ce pseudo en hommage à l'auteur du roman éponyme,qui est un arrière grand-oncle et pour lequel j'ai la plus grande admiration..

Sourire. J'ai bien aimé surtout "le Bachelier" qui me rappelle l'esprit de 68, toutes proportions gardées par ailleurs, et cette phrase : "à ceux qui, nourris de grec et de latin, sont morts de faim"

d'où vient ce snobisme qui consiste  à écrire phynance au lieu de finance et si ce n'est pas la même chose quel est ce nouveau concept ? 

@ amphigourion

par référence au maître absolu : le père Ubu.

@ Lincunable

Il faut lire aussi sa correspondance ("Le proscrit").

Mais son chef d'oeuvre est "L'enfant".

Que J.C.Trichet s'assoit dans le fauteuil de Messmer, j'en ai rien à foutre. Ce genre de "Hochet honorifique" est en principe réservé aux "idiots utiles". Et mes reproches faits à J.C. Trichet sont uniquement réservés à sa  "Politique économique" dans l'état actuel des choses. Sa politique monétaire laxiste des taux d'intérets entre l'argent prété par la BCE aux Banques et celui des taux pratiqués par ces Banques aux particuliers a été plus que scandaleuse? Elle a permis à ces Etablissements financiers de faire d'énormes profilts qui n'ont jamais contribué à relancer l'économie réelle, celle dont à besoin notre pays. Et tout ça sous l'oeil bienveillant des Politiques qui nous gouvernent. C'est l'Etat français qui aurait dû emprunter directement cet argent pour mettre en place un immense plan de relance par les investissemnst (Aéroports, Ports, Autoroutes, lignes de fret rail, et j'en passe) qui eux auraient été les emplois de demain. Mais voilà, on a prèférer les activitées financières qui rapportent uniquement à ceux qui ont de l'argent. Et faire aboyer le "Pantin Guaino" dans ce sens y contribut.

Oui,Michel P,je suis bien d'accord avec vous. Ce "grand commis de l'Etat" a en fait été le grand commis des banques. Il s'est comporté en européiste distingué c'est à dire en ultra libéral,privilégiant les spéculations financières autour d'un € fort plutôt que les investissements nécessaires à l'activité économiques pour une relance juste et équilibrée...Le "hochet honorifique" de l'Institut ne fait qu'ajouter une médaille en chocolat à ce "roman d'un Trichet".

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