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Billet de blog 9 juin 2013

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Éducation et autogestion vont-ils bien ensemble ? Forum : Education et Pédagogie alternative. 2° Foire à l’Autogestion

2° Foire à l'autogestion à la Parole Errante  MontreuilHommage à Clément MéricCeci est le résultat d'une prise de notes lors de ce forum passionnant. Comme c'est très long je l'ai divisé en deux parties : celle des intervenants qui sera suivie ultérieurement des interventions du public participant. Ce qui m'a impressionné aussi bien dans ces discussions que lors des rencontres dans les stands divers c'est l'atmosphère d'écoute réciproque, de douceur (je ne trouve pas de mot qui évoque mieux  ce que j'ai ressenti partout) dans les échanges. Le lieu est agréable et il faisait très beau.Suite : la  Discussion faisant suite à la rencontre sur le thème : Éducation et autogestion vont-ils bien ensemble ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

2° Foire à l'autogestion à la Parole Errante  Montreuil

Hommage à Clément Méric

Ceci est le résultat d'une prise de notes lors de ce forum passionnant. Comme c'est très long je l'ai divisé en deux parties : celle des intervenants qui sera suivie ultérieurement des interventions du public participant.

Ce qui m'a impressionné aussi bien dans ces discussions que lors des rencontres dans les stands divers c'est l'atmosphère d'écoute réciproque, de douceur (je ne trouve pas de mot qui évoque mieux  ce que j'ai ressenti partout) dans les échanges.

Le lieu est agréable et il faisait très beau.

Suite : la  Discussion faisant suite à la rencontre sur le thème : Éducation et autogestion vont-ils bien ensemble ?

C'est la deuxième édition de la foire à l'autogestion.

L'an dernier c'était en lien avec les 30 ans du lycée autogéré de Paris et le forum a eu lieu au sein du lycée. La question de l'éducation est largement présente dans la société dans la mesure où l'institution scolaire concerne quasiment la totalité des personnes qui ont été confrontées de nombreuses années avec des souvenirs pas toujours joyeux.

On reparle de la morale, morale laïque et d'autres sujets comme la question des rythmes scolaires, la question des vacances. Emballement médiatique au sujet des cours en anglais à la fac et comment défendre la culture française.

Le Sénat s'est posé la question sur les classes préparatoires ou autour de la gratuité ou non de ces lieux. Le paiement a été décidé en argumentant que ces classes étaient, la plupart du temps, pour des enfants de cadres. Parallèlement, il existe la question de la méritocratie avec la mise en place de quotas pour tous ceux qui ont une mention très bien. Cela permet un petit nombre de places réservées dans ces classes préparatoires. Cet exemple est illustrateur au niveau de l'égalité républicaine. À aucun moment, le système élitiste et la question du rôle de ces classes par rapport à d'autres n'ont été posés. À aucun moment le fondement du système scolaire n'a été posé.

De bonnes questions sont posées mais très peu de bons débats sont proposées et encore moins des possibilités de réfléchir sur les orientations. La question du débat sur l'école et ce qu'on veut faire de l'école.

 Comment sortir de cette école ? Comment les peuples peuvent décider de l'école dont ils ont besoin ? Qu'est-ce que c'est que l'institution scolaire ? Il faudrait arriver à avancer sur un certain nombre de questions pour éventuellement donner des suites.

Quatre interventions sont prévues de 10mn chacune et ensuite le débat sera ouvert à tou/tes.

1 Didier Collectif anti-hierarchie www.abasleschefs.org/

 Instituteur en école maternelle à Paris. Il est militant dans un collectif d'enseignants qui s'appelle : Collectif anti hiérarchique avec des personnes syndiquées ou non syndiquées qui luttent sur les dérives, les abus autoritaires des inspecteurs et la remise en cause de ce rituel de contrôle occasionnel, éphémère, qui n'a aucun sens pour les enseignants qui essaient de réfléchir, non pas à des propositions alternatives mais à l'évaluation entre pairs, le fonctionnement collégial. Il y a eu une intervention sur l'évaluation nationale.

Il s’interroge aussi sur l’autorité que l’on exerce sur les enfants.

Quelques questions autour de l'expérience qu'il a eue en maternelle.

L'école primaire lui a rappelé de très mauvais souvenirs même s'il était bon élève. Il existe des alternatives au modèle républicain. Il s’est demandé ce que cela signifie de mettre des enfants ensemble. Que se passe-t-il dans les relations entre les enfants, comment ils apprennent entre eux, les phénomènes de coopération, d'entraide.

Du coup, on interroge les programmes scolaires, leur légitimité, les disciplines scolaires. Qu'est-ce que ça veut dire qu'évaluer sans arrêt les élèves ? Il y a eu des tentatives de mettre en place des choses différentes.

Ces réflexions ont déjà eu lieu il y a 30 ans  avec la fondation du lycée autogéré et d'établissements alternatifs a été une période d'effervescence dans les milieux enseignants dans les institutions et en dehors. Il y a eu une liquidation totale de toute la réflexion qu'il y a eu là-dessus. Les gouvernements socialistes et la droite sont allés systématiquement à l'encontre de ce qu'on pouvait discuter entre professionnels de l'éducation. La question principale était le paradigme de l'évaluation des compétences qui est devenu le modèle dominant à tous les systèmes éducatifs dans la mesure où c'était produit par l'OCDE et par l'ensemble des ministres. L'ensemble des gouvernements qui font partie de l'OCDE se sont accordés sur ce que c'est que la formation, à quoi elle sert, comment la contrôler et comment faire en sorte que les prescriptions des gouvernements arrivent jusque dans les salles de classe. Comment programmer, contrôler et avoir la mainmise sur ce qui se passe dans les classes. D’où l'émergence des compétences.

À la maternelle, on reçoit de plus en plus des prescriptions ultra détaillées sur ce que doivent apprendre les élèves et comment leur faire acquérir même en maternelle. Des enfants de quatre à six ans reçoivent des livrets qui sont des suites d’items de compétences dans une juxtaposition à la Prévert. L'enseignant est de plus en plus invité à cocher les cases, acquis-non acquis. L'enseignant devient une sorte de technicien de l'éducation pour remplir des livrets de compétences.

Qu’est-ce qu'on apprend à faire à l'école ? De plus en plus, c'est faire semblant. Il y a une accumulation de connaissances par exemple pour apprendre à faire du vélo on va étudier de quelle matière il est fabriqué, comment il fonctionne etc. sans jamais monter sur un vélo et au bout de cette étude on sera censé savoir faire du vélo…

Qu'est-ce que c'est que construire un savoir dans lequel soi-même on se transforme ? C'est devenu une accumulation de connaissances. Le professeur est un transmetteur et on revient à l'école de Jules ferry sur les savoirs. Le professeur  apprend à lire, à écrire et à compter aux enfants.

La question centrale est la question des savoirs. Il y a la logique des compétences et des connaissances d'un côté et un savoir qui se construit dans un contexte, dans un territoire relatif à un environnement, une écologie où un collectif de gens plus âgés connaissent. De l'autre côté, un savoir scientifique qui se veut déconnecté, en survol et qui construit un laboratoire en modèle théorique valable sur tous les terrains et qui prétend pouvoir s'appliquer sans prise en compte du contexte.

Par exemple, pendant la révolution verte en Inde, les paysans ont été expulsé de leurs terres. Les scientifique ont demandé à un paysan combien d’espèces de riz il cultivait et il a répondu un grand nombre. Les scientifiques ont dit qu’ils allaient amener le progrès avec une unique variété de semences très productive sortie de leurs laboratoires et le tracteur. Le paysan a répondu qu’à chaque terrain correspondait une espèce de riz qui y était adaptée mais les scientifiques ont trouvé que c’était une vision rétrograde. Le résultat a été catastrophique.

Il se passe la même chose en éducation : le contexte n’est pas pris en compte. 

2  Gilbert DALGALIAN   « Reconstruire l'éducation ou le désir d'apprendre Ed du temps Institut de recherche de l’AFSU 2007.

Quelques réflexions que je soumets à votre jugement. Quelque chose qui se prétend être une Refondation de l'école et qui ne prend pas la précaution d'associer les enseignants à cette Refondation est nul et non avenue. Sans les enseignants aucune Refondation n’est possible.

L'école n'a pas vraiment changé depuis les 30 dernières années à part des petites améliorations à la marge. On n'a pas pris en compte la massification de l'éducation. Je dis bien massification et non démocratisation parce qu'une vraie démocratisation serait accompagnée d'autres mesures plus qualitatives. On s'est contenté d'accueillir de plus grands effectifs sans changer grand-chose ni aux structures ni aux finalités de l'école. Comme toujours, on demande aux élèves de s'adapter aux structures et non pas aux structures de s'adapter aux élèves. Avec les nouvelles générations, ce sont des profils nouveaux, pas seulement des profils ethniques et culturels mais aussi des profils individuels. Il y a des intelligences plurielles à tous les niveaux ; nous avons tous une intelligence différemment conformée avec des points forts et des points faibles qui ne sont pas les mêmes chez tout le monde. C'est déjà pluriel à ce niveau-là. À l'intérieur d'un seul individu, il y a une intelligence plurielle et différente ressources de son intelligence au niveau cognitif, psychomoteur, social etc. Autant de choses qui n'ont pas été prises en compte.

Quand on travaille sur l'éducation, on travaille sur 80 ans surtout quand on se propose de faire de la Refondation. Voici quelques propositions personnelles :

A/  Il faut complètement révolutionner l'évaluation. Elle est devenue perverse. Cette évaluation est contre-productive et ne mène pas l'élève au résultat souhaité. Elle le décourage sans le motiver et ne mesure pas son progrès. Elle mesure seulement sa conformité par rapport à ce qui est une norme nationale. On ne tient absolument pas compte ni des rythmes ni des facultés propres aux individus et de ses progrès. L'évaluation est à revoir entièrement et doit désormais, si on fait quelque chose de nouveau et à quoi on doit réfléchir collectivement.

Il faut mesurer le progrès de l'élève de façon à l'encourager et ne pas le décourager.

Il faut évaluer après remédiation et donc après atteinte du résultat sur le tableau.

Il faut encourager l'esprit d'équipe et non pas la compétition. Encourager les modes de travail coopératifs et non pas la sélection.

Il s'agit d'évaluer le degré d'autonomie et de créativité des élèves et pas seulement leur conformité

B/  Au point où en est arrivée l'école aujourd'hui, des incivilités, des déscolarisations, des formes diverses d'ennui qui s'expriment ou qui ne s'expriment pas d'ailleurs, des situations de délinquance ; on est arrivé à une situation où il n'y a que deux solutions de sortie : on fait davantage de répression, ce qui n'est pas un choix que je préconise mais c'est la tendance actuelle. On réfléchit à un nouveau statut de l'élève auquel les élèves devront participer, la définition de ce statut avec les profs. On change quelque chose de fondamental. Au lieu de se contenter du cours d'instruction civique qui désormais sera amélioré en cours d'instruction morale et civique. Ce n'est jamais qu'un cours et ce n'est pas du vécu. Si on pense à un nouveau statut de l'élève, l'instruction civique doit être dans le fonctionnement pédagogique de l'école. Elle doit être vécue au quotidien. D'après ce nouveau statut, les élèves participeront à la définition des objectifs, des méthodes de travail des différents dispositifs qu'ils devront choisir pour atteindre les résultats. Ils devront être partis prenante du processus pédagogique. Ils seront inégaux devant le savoir mais égaux devant la communication par rapport aux enseignants. Dans cette situation d'égalité dans la communication, l'élève revalorise son statut et prend toute la place de qui doit être la sienne.

C/  je suis pour le collège unique mais je ne suis pas pour le collège uniforme qui ne correspond pas la diversité des profils que j'ai évoqué tout à l'heure. Selon les ressources locales et régionales, et selon les volontés des familles et les préférences des enfants qu'il faudra aussi prendre en compte, on pourrait étoffer le collège qui restera unique mais avec un axe thématique préférentiel qui permette, là où c'est possible, d'avoir un collège maritime, sur les activités de montagne, section étude nature environnement. Un axe thématique de 8:00h hebdomadaires à côté du fond commun. Je ne recherche pas l'élitisme mais l'adaptation aux motivations des élèves. Le collège unique doit rester unique et l'élève peut changer d'axe thématique en cours de route. Avec l'axe thématique, on le mobilise sur quelque chose qu'il a choisi et qu'il aime.

 3 Eric Mougin

Manifeste pour une école créatrice d'humanité

 Je viens du collège expérimental Anne Frank. J'en étais coordinateur et destitué autoritairement en février dernier. Chronique d'une structure qui a été rejointe par une normalisation.

Le collège expérimental Anne Frank a été initié en 2001 par Jack Lang ministre. Il voulait un établissement expérimental par département et sur toute la France il y a eu quelques projets qui ont vu le jour dont le collège expérimental Anne Frank. Le projet initial était une acceptation de l'échec scolaire. La place des parents était partenariale. Souvent ils sont co éducateurs  mais là ils étaient co pédagogues. La construction des cours, de la structure s'est faite, au départ, avec autant de parents que de profs impliquées.

La question de l'évaluation a été centrale avec les notes et la compétition. Un conflit interne est né autour de la notion de compétence il y a 6 ans. Certains étaient porteurs de cette vision de l'évaluation. Il s'agit d'une pédagogie active, une ouverture au monde. On pouvait inscrire des élèves dans des projets qui venaient d’eux. Cette ouverture ne s'est pas faite sans douleur et il y a eu des oppositions syndicales, politiques et institutionnelles.

Le fonctionnement est autour de la notion de tutorat. Les élèves sont dans un petit groupe autour de l'adulte référent et à partir de là, ils vont se constituer un emploi du temps en choisissant leurs cours en fonction de leur projet. Il existe des plages de six semaines, de trois semaines ou d'une semaine. Les cours sont constitués avec les envies des élèves. Chaque élève a un emploi du temps qui lui est propre. Il n'y a pas de classe d'âge ni de classes de niveau. Ce sont ses choix qui vont constituer son emploi du temps.

Ça a permis d'intégrer des personnes ayant un handicap ou des histoires compliquées avec l'école. Dans ce schéma très souple avec l'idée du tuteur, il y a eu des réussites intéressantes. L'évaluation autour des compétences a été résolue et là, on est parti résolument sur une logique d'évaluation dialoguée avec une grande part d'auto évaluation. D’un point de vue pratique on a ressenti le besoin d'évoluer vers plus de collégialité, une coordination, des choix faits au consensus.

On est allé, par nécessité, vers quelque chose d’autogéré : une collégialité qui décidait de tout dans une complète transparence. Chaque professeur devait être acteur de la vie scolaire, administratif, pédagogique etc.

Il y a deux ans on nous a accusés d’être hors la loi.

Le temps de la normalisation est arrivé et on nous a reproché de ne pas être aux normes, de ne pas être réglementaires

 À partir de là, on a commencé à déstabiliser la structure et à nous imposer la réécriture du projet. On n’a pas été assez combattifs. On a voulu être conciliants avec l'institution et on a procédé à des réécritures et ça a été le début d'une difficulté. Là où on a voulu remplacer la structure existante par des normes plus autoritaires, ça n'a pas marché.

Parente d'élève à Anne Frank :

 un nouveau principal a été introduit avec son adjoint et ont tout réformé très rapidement. Ils se sont imposés très rapidement en réunion où ils ont tout réorganisé. Ils ont modifié le système de décision au consensus en le faisant passer au vote majoritaire ; ils ont travaillé l'équipe qui avait beaucoup de nouveaux membres et donc qui n'était pas encore en cohésion. Il y avait beaucoup de contractuels et donc des gens sur lesquels on peut exercer des pressions. Des inspecteurs devaient venir et vérifier, évaluer le projet et les enseignements. Les enseignants ont été évalués. Il y a eu des attitudes de flatterie en disant que l’on allait améliorer les conditions de travail de ces enseignants. Ils ont arrêté la polyvalence des tâches pour un recentrage sur les enseignements. Ils ont recloisonné les profs sur l'enseignement et les AED sur la vie scolaire. Ce qui a amené la destruction de la cohérnce entre les collègues. Un rapport de domination sur les élèves a été instauré par le biais du règlement intérieur puisque parmi les réécritures figurait l'imposition d’un règlement intérieur pour que le collège soit en conformité avec les autres établissements. Qui dit règlement intérieur, dit retour des sanctions, des conseils de discipline. Les élèves se sont retrouvés avec un mode de fonctionnement tout autre que celui qu'ils avaient connu auparavant. Il y a eu des effets de démotivation des élèves, de déscolarisation. Certains se sont rebellés par rapport à ce retour d'autorité et se sont fait exclure. Il y a eu des effets de mal être, de violence et de déscolarisation des élèves.La stratégie a été d'isoler l'équipe et d'exclure les parents. Tout opposant était vécu comme entrant en conflit de loyauté avec une équipe dirigeante. Le socle commun des compétences est devenu le seul axe de travail actuel. Exit l'exercice de la citoyenneté par l'investissement dans les conseils de collège, par des lieux collectifs qui n'existent plus depuis que le collège a déménagé. Nouveau collège imposé. C'est la configuration des lieux qui a changé et l'espace est moins ouvert à la création des élèves.

Ecrit d’un d'élève :

Je me souviens d’un ado

mal dans sa peau,

Complètement déprimé,

pas d'avenir, un trou noir dans lequel la confiance se perdait.

Je me souviens d'un coup de téléphone, ma mère pense à une chance dans mon errance.

Je me souviens d'une arrivée compliquée

 encore un peu stressé par mes pensées du passé

Un rendez-vous avec Amine

avec qui je faisais mine

de sourire, un peu parano,

pas vraiment rigolo.

Je me souviens

de mon stage

au deuxième étage tutorat où il faisait frais à ne rien faire.

Première impression : ça ressemblait plus à une pension, pas forcément détestable, un peu instable.

C'était quand même agréable

de rigoler, de se dévoiler

même si certains paraissaient un peu casse pieds

Je me souviens

que je devais prendre une décision qui se révélera plus tard l'une des plus importantes de ma vie.

 J'ai dit oui.

Je me souviens, un peu perdu, de ce monsieur tout chauve, eh oui Denis, je n'ai jamais osé lui avouer mais il sait que nos je t'aime moi non plus sont bien plus pour moi qu'on ne peut croire.

Je me souviens, travailleur.

Je voulais prouver ma valeur

Je me souviens petit à petit comme une alliance, un retour qui me relance,

c'était la confiance.

J'avais de la chance.

Je me souviens des amitiés créées, des rires à en mourir bénéfiques à une socialisation

qui, à mon attention,

ressemblait à une compensation

de ma déscolarisation.

Je me souviens.

J'ai appris mes leçons,

pas celles que nous pensons,

celles qui grandissent

et embellissent

car oui je le dis

Anne Frank est une belle école de la vie.

Je me souviens

d'une idéologie de la pédagogie qui de l'intérieur ou de l'extérieur n'était pas franchement reconnue mais qu'est-ce que tu veux que je leur dise ?

Je me souviens d'une ambiance, qu'elle soit joyeuse ou désastreuse, aucun moyen de s'ennuyer. On était toujours occupé…….

 CHARLOTTE NORDMANN   :    "La fabrique de l'impuissance" L'école entre domination et émancipation" Éditions : Amsterdam Année : 2007

L’école de Jules Ferry c’est l’école de la république qui a repris l’éducation à la fois à l’église et aux mouvements ouvriers (Les Bourses du travail : espaces d'éducation

Les Soirées ouvrières de Montreuil, 1896-1899 ; aux origines des Universités populaires ) 70% des ouvriers parisiens savaient lire au début du  XXème siècle.L’école a tout de suite été un lieu d’endoctrinement, par exemple au nationalisme : on y enseignait « l’amour de la patrie ». Ce qui perdure de nos jours : exemple de la loi sur le foulard à l’école.

Elle remet en cause la croyance dans le fait que l’école serait égalitaire car c’est oublier que l’école produit des discriminations, ou accepter implicitement cet état de fait. La neutralité de l’école vis-à-vis des positions sociales se pose comme donnant à tous les moyens de réussir : il suffirait de travailler pour « s’en sortir », et ceux qui accèdent aux meilleures places ne le devraient qu’à leur mérite. Ce qui suppose, a contrario, que ceux qui échouent ne le doivent qu’à eux-mêmes, personne à par eux-mêmes n’est donc responsable. Cela naturalise la façon dont l’école construit une hiérarchie : ce sont vos qualités personnelles qui vous font réussir ou échouer.

La plupart des gens ont intégré l’idée que l’école doit être une préparation au monde du travail et les enseignants se mettent involontairement au service de ce système patronal.

L’orthographe joue un rôle de sélection élitiste : doit-on tomber dans le piège ?

L’évaluation telle qu’elle est conçue actuellement est contre-productive par rapport au but poursuivi.

Le problème principal c’est d’assurer la soumission des individus y compris au prix de l’efficacité et cela même dans le domaine de la productivité économique (dans les entreprises on préfère avoir moins de productivité mais plus de soumission).

Il faut donc revendiquer la fin de la hiérarchisation du système scolaire.

Je n'ai pas réussi à bien noter le nom de tous les intervenants et je les prie de m'en excuser.

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