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Billet de blog 6 avril 2013

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Le scandale Cahuzac ou l'oligarchie capitalo-parlementaire sans fard

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Au-delà du seul ministre corrompu, l'affaire Cahuzac est une gifle pour toute la démocratie médiatico-parlementaire.

Il serait trop simple d'oublier comment l'immense majorité des médias de ce pays a défendu avec hargne le ministre démissionnaire (je me souviens d'un reportage sur France Inter où il était dit sur le ton de l'évidence que la voix de la bande-son fournie par Mediapart n'était évidemment pas celle de M. Cahuzac) et il semble, même, que cette histoire aurait pu, finalement, tomber aux oubliettes. Rappelons aussi qu'il s'est passé la même chose avec l'ancien futur favori pour la candidature PS à la Présidentielle : dès que cela a été possible, les médias aux ordres ont fondu sur cette pauvre Nafissatou Diallo qui, parce que pauvre justement et - parce que cela va de soi pour la caste oligarchique et ses relais - dépeinte comme bête et délinquante, ne pouvait que mentir.

Deux affaires donc où l'on considère que les gens de la bonne société, c'est à dire de la bourgeoisie, sont irréprochables, moraux et insoupçonnables. Que les médias aient attaqué Mediapart comme ils l'ont fait prouve que la profession de journaliste est en crise dans son immense majorité. Les journalistes apparaissent comme les relais de la parole étatique officielle, n'ayant finalement rien à envier à des journalistes d'Etat polonais exerçant sous Jaruzelski. Un journaliste comme M. Apathie est le petit télégraphiste du capitalo-parlementarisme. Pour le reste, on nous dit qu'il fait froid pour un printemps et qu'il y a des épisodes neigeux bien tardifs - c'est dire l'intérêt de la presse papier et radio-télévisée en général...

Autre chose saisit sans doute l'opinion dans cette affaire. Il semble en effet que, vraiment, la classe politique parlementaire ait basculé dans un film de Jean-Pierre Mocky et les aveux de M. Cahuzac nous font sortir de la rumeur pour nous exploser à la figure. Alors voilà : un gouvernement de gauche, réputé (enfin...) progressiste, juste..., a un ministre du budget qui prévoit de baisser le montant des retraites, qui prétend débusquer les fraudeurs fiscaux mais qui, surtout, est corrompu puisque précisément il correspond à celles et ceux qu'ils prétend rattraper. Ce n'est donc plus une insistante rumeur ; c'est vrai.

Plus généralement, il faut penser en ce moment à celles et ceux qui sont persécutés (c'est le mot et puisque la vérité sort ces jours-ci, allons-y) par le pouvoir mal nommé socialiste. Au-delà bien sûr des salariés, hommes et femmes, qui se lèvent à 5 ou 6 heures du matin pour aller travailler et gagner trois fois rien ; au-delà de celles et ceux qu'on licencie ici et là et à tour de bras sans aucune considération parce que, que voulez-vous, c'est une question d'adaptation à la mondialisation... Il y a celles et ceux, actuels damnés de la terre mais pas forcément sans rapport du reste avec les gens évoqués précédemment, que le gouvernement "de gauche", à la suite du quinquennat sarkozyste, poursuit de sa vindicte pour faire exulter les bistrots. Songeons à l'employée de la crèche Baby loup, dénoncée - à l'encontre d'une décision de justice ! - par la plupart de nos parlementaires parce que voilée - ce qui, selon le Président de la République, est dangereux "au contact des enfants". Songeons aux sans-papiers traités par Valls comme le ferait un Guéant taiseux. Songeons aussi aux Roms, désignés ennemis publics (avec les femmes portant un foulard musulman) de la République et dont la destruction sauvage d'un camp par des riverains d'une cité de Marseille fut approuvée par la sénatrice "socialiste" Samia Ghali.

De tels ennemis sont pratiques. Les écraser est simple. Mais ces gens-là travaillent, ont du mal à boucler leurs fins de mois et participent, le plus honnêtement du monde, à l'économie du pays dans lequel ils vivent.

L'hypothèse expliquant l'halali anti-Mediapart qui a duré des mois est bien celle-là : le réel, disait Lacan, est ce dans quoi on cogne. Et Cahuzac (comme Woerth qu'il défendit, comme Copé...) vient déchirer la fiction parlementaire, remettre les choses à l'endroit et rappeler quelques évidences malheureuses : la loi n'opprime que les pauvres et n'est d'ailleurs et de plus en plus promulguée que contre les plus faibles. Comme la plupart de nos "journalistes" appartiennent en conscience à la même classe et à la même caste que le personnel politique bourgeois parlementaire, la plupart des médias a fait front contre Mediapart et pour Jérôme Cahuzac. Surtout, comme le dit Gérard Filoche, les masques tombent définitivement si ceux qui intiment au peuple de se serrer une fois de plus la ceinture se sucrent en loucedé, dans l'illégalité et l'impunité. Hollande devrait honorer les pauvres de ce pays, son peuple prolétaire multinational !

Le bilan de toute cette histoire - qui ne fait que commencer, avec un membre du F"N", ami de Cahuzac ayant ouvert le compte UBS de l'ex-ministre - ne peut consister en un rafistolage du Code civil comme le propose M. Hollande car la question de l'égalité, dans ce pays, dépasse de loin le seul cadre du judiciaire. La politique est devenue un métier et un plan de carrière juteux : refusons aux députés et sénateurs la possibilité, après un mandat, d'être réélu et appliquons ce genre de législation à tous les mandats financièrement intéressants !

Enfin, renversons les perspectives et honorons les humbles de ce pays - d'où qu'ils viennent. La crise politique aura du mal à profiter aux vautours de l'extrême droite si quelques principes justes émergent au nom de la vérité de la vie des gens.

Le peuple veut toujours le bien mais il ne le voit pas toujours, disait Robespierre. C'est bien à cette vision qu'il faut politiquement travailler.

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Suite aux ignominies de Médor-Bigenwald, de son maître La Bûche et de l'onfrayienne épouvantablement ressentimentale Monic, je me suis vu obligé de rééditer ce billet. Salut et fraternité aux camarades et amis.

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