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May

MEDIAPART

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Mediamourir un peu

C'est bizarre mon attachement mediapartien. Au fond il est surtout marqué par le fait que je ne m'y retrouve pas, que je m'y perds parce qu'il change, parce que peut-être il grandit ou qu'il vieillit trop vite. Au début on adhère et puis après, au fur et à mesure des années qui passent la lecture devient pesante, la ritournelle anti-machin-truc devient lourdingue.

L'organe central anti-sarko que semble vouloir être Mediapart contribuera sans doute, du moins je l'espère, au changement de régime dans deux ans, mais il y a comme une chose mal ajustée qui entrave l'adhésion du lecteur. Est-ce un journal, ici, ou un parti?

Il y a plein de choses intéressantes, des pépites à chercher dans les articles et dans les blogs ou les éditions. Mais il y a comme un point froid et rond sur la tempe, une injonction qui donne envie de trolliser la bienpensance règnante et de foutre le camp.

Mais on reste parce qu'en décembre 2007 on se disait que c'était comme un arche dans lequel il fallait monter pour aider à conserver les espèces écrivantes quand la presse papier semblait emportée dans la tourmente de l'information argent. On a un peu fait la sortie du Monde au fond en suivant les journalistes qui le quittaient. Evidemment on est revenu au Monde si toute fois on l'avait abandonné. Evidemment mediapart n'est pas un arche de Noé pour rédacteurs en voie d'extinction mais relève plutôt de la galère attachante avec une coque qui prend l'eau et des voiles trouées (il n'y a ni rame ni entrave aux pieds). Ça sent le navire bringuebalé après la tempête, avec des gens qui ont eu trop longtemps le mal de mer. Ça sent un peu trop le renfermé.

Avec sa mine de papier mâché, on l'aime quand même la frégate anti-Nicolas 1er.

Bon! il y a eu une sorte d'exclusion. Je crois que c'était nécessaire. J'aurais pas fait comme ça, mais il n'y avait sans doute pas d'autre choix. Il faudrait tout de même veiller à ce que Mediapart ne se renforce pas en s'épurant. On a déjà donné, c'est un modèle politique (et économique) non viable. Alors comment éviter ça? Comment éviter de Mediapartir? Valoriser plus les informations, les faits, ceux qui ont la tête dure et ceux qui ne l'ont pas. Plus de narration et moins de prêt-à-penser, moins de points de vue et plus d'angles de vue. Je le redis, il y a plein de choses formidables à lire malgré la lourdeur des paupières de temps à autre. Mais ce qu'il faudrait, c'est qu'on se sente un peu moins militant pour ou contre, un peu moins enrôlé, un peu moins surplombé par un bureau des fantasmes politiques.

Bref, ce qu'il faudrait c'est un journal pas un "regret-de-parti" - un secret de jeunesse - un rêve déçu qui ne pourra que Mediamourir.

 

 

Tous les commentaires

J'aime bien ce que vous dites.

Mais comment faire un journal et un club créatifs dans un monde plombé ? encore faut-il sentir le poids du plomb, encore faut-il aller de l'avant et se jeter à l'eau, endimancher sa tête, se dégager de l'institué, ouvrir les fenêtres, .....

Ce que l'on "se sent" (pour reprendre vos mots), c'est aussi lié à ce qu'on désire.

Merci de bien aimer. Je me demande si justement il n'y a pas un début d'absence de désir tellement le site semble devoir être utile à la cause qu'il poursuit.

Moi je continue à l'apprécier, mais je suis du genre sangsue ! Pour l'instant, je continue de trouver qu'il vogue pas si mal le journal, et j'aime me tenir informée de se qui se passe dans mon pays quand même ! C'est d'autant mieux qu'à distance et dans un autre contexte, je m'énerve moins de ce que je lis !

Je trouve la fin de votre billet bien pessimiste, ce mediamourir sonne bizarre !

à Christel

Il sonne bizarre comme mon rapport à cet encore journal qu'est-peut-être Médiapart (je n'en suis pas certain). Je crains que ce qui n'est pas de l'action politique peu ou prou ne soit qu'un certain emballage. Ça sonne bizarre un peu comme une adresse maladroite aux fondateurs.

"Qu'on se sente un peu moins militant pour ou contre, un peu moins enrôlé, un peu moins surplombé par un bureau des fantasmes politiques."

Comme dit l'autre, ça me parle...

A moi aussi, Michel, ça me parle... Non seulement le "bureau des fantasmes politiques", mais aussi le "on ne se renforce pas en s'épurant"....

"On ne se renforce pas en s'épurant..."

P'têt ben qu'oui, pt'êt ben qu'non.

Un sacré mot, épuration.

Un mot caméléon, qui veut dire tout et son contraire selon son contexte.

L'épuration est abominable, associée à "ethnique".

Mais l'épuration est salubre, accolée à "station d' "

Il est des mots, comme ça, à très large "spectre".

Comme libéralisme...

Je suis très sensible à ce billet plus optimiste que ne le laisse entendre "médiamourir".

Je suis parti de Médiapart, car ça puait trop l'insulte.

Je suis revenu suite au nettoyage entrepris entre autre par Géraldine Delacroix.

Médiapart me manquait. Ses journalistes et ses commentateurs non trolleux aussi. Et surtout, son kaléidoscope si joliment décrit par d'autres un peu plus haut.

Certes, le pluralisme n'est pas tout à fait la tasse de thé de Mediapart. Mais assez d'opinions différentes peuvent s'y épanouir en toute liberté.

Longue vie à Mediapart.

Par les moustaches de Plekszy-Gladz !

 

Cher Michel Yvernat,

ne tient-il pas qu'à nous d'ouvrir le hublot et laisser entrer des vents frais. Ou bien de monter sur la grande hune et de regarder au loin, de voir à l'horizon? Mediapart n'est-il pas aussi ce que nous en faisons? Il n'y a qu'à voir la richesse des éditions participatives (malheureusement peu visibles, c'est vrai, et peu visitées. Mais le journal n'a qu'une place restreinte, en page une, pour les afficher. Et nous n'avons tous que 24 heures par jour pour tout faire et tout lire. Parce qu'il y a tant à faire et tant à lire et à dire en dehors de Mediapart aussi.)

Peut-être, si je peux me permettre, êtes-vous déçu parce que vous en attendiez trop? "Le Monde", dites-vous? Franchement... C'est en lisant le Monde, jadis, puis Libération, ensuite (et parfois les deux, et d'autres) qu'un ennui féroce me prenait. S'il y avait "pensée unique", c'était bien là-bas, non?

Si la lassitude me vient souvent à la lecture de Mediapart, ce n'est pas le fait du journal lui-même, mais du fait des informations qu'il transmet sur le monde tel qu'il va... Toujours les mêmes corruptions, les mêmes prébendes, les mêmes sacrifiés, les mêmes enfermements, le même manque d'imagination du "monde politique" (celui qui se place lui-même sous les sunlights). Toujours le même monde, avec des variations dans les formes. Mais ce n'est pas la faute du doigt qui désigne.

Et puis il y a les blogs salvateurs, salutaires et salueurs, les plages de lecture, et les Rire(s), les Curieux photographes gourmets, les plats à l' (Victor ) aïoli, les mains dans les poches et tant d'autres visites à l'oeil, ... On s'apercevra sans doute un jour de la richesse de ce site, du côté Club et Editions. Mais pour cela il faut, c'est vrai, savoir naviguer ;-)

Je suis bien d'accord avec vous Pierre Ferron, médiapart est une pépite, je comprend cette lassitude qu'évoque Michel Yvernat ce sentiment d'impuissance a suivre et a trouver les articles si diversifiés si interessants, mais il faudrait trois nuits et deux jours de plus par semaine pour évoluer dans ce dédale. Je pense qu'on pourrait mieux suivre si on pouvait accèder a des rubriques , Politique, Culture (cinéma, lectures, arts, photos) , Sports , Arts de vivre, par exemple, tout comme un journal papier et que l'on puisse y aller directement dès la page d'ouverture.

c'est je crois une question d'organisation, de classement, tout est dedans c'est touffu, difficile de s'y retrouver, d'aller rapidement consulter une rubrique.

Les blogs également devraient être classés selon les thèmes. Le probléme est sans doute une navigation assez complexe et parfois décourageante surtout si on n'a pas beaucoup de temps.

Ceci dit, médiapart est jeune, il fait ses maladies de jeunesse, nous sommes exigeants, sans doute pour avoir trop longtemps attendu ce type de média qui nous permette de nous exprimer.

 

Oui, je suis d'accord avec cette idée que les abonnés de Mediapart devraient le plus souvent prendre de la distance avec ce qu'ils sont, trouver un nouvel angle de vue, se faire violence pour chaque fois se remettre en question.

 

Ce billet me parle aussi (sauf sur la question du Monde !!) car je lis moins les articles de Mediapart : comme s'ils ne m'apportaient pas ce que ej cherche aujourd'hui.

Mais ils m'apportaient ce que je cherchais au début.

Alors, je crois que l'époque a changé, et que dénoncer le sarkozysme ne suffit plus là, en 2010.

Il me manque des articles sur la construction d'autre chose. (mais quoi !!)

Et pourtant il ne faudrait pas que ce la devienne l'organe d'un simili parti.

J'ai besoin de pensées intellectuelels en construction, mais en prise, ou du moins en tension, en complémentarité, avec des pratiques sociales d'aujourd'huI.

Je m'en fiche des partis, petis ou grands, au discours bien rebelle ou plus sage : ils ne sont pas capables de produire de la pensée "en prise" avec une époque, eux. Ils sont trop dans leurs projections politiques (d'appareil : comment gagner le pouvoir pour nos appareils).

Mais peut-être qu'il n'y a pas de lectorat pour ce que je tente d'écrire là :

-des praticiens qui parleraient de leurs pratiques alternatives, professionnelles ou sociales : de celles qui esquissent déjà dans les actes un monde différent.

-des intellectuels qui parleraient de leurs avancées théoriques : mais de celles qui peuvent nous servir d'outils pour penser le monde actuel et les pratiques actuellles

Et dans ce journal il y aurait ainsi un va et vient entre des pensées créatives, et des desciptions de pratiques créatives, les deux étant en prise avec notre monde.

(et là, je ne parle ni d'utopies ni d'idéologies car j'en ai eu mon "content" !)

Alors, y a t-il un lectorat pour de tels échanges ?

C'est peut-être trop tôt, la catastrophe ne bat pas encore son plein, tout le monde préfère encore s'empailler pour des matchs, qu'ils soient Onfray contre Roudinesco, Aubry contre DSK ou Royal, Euro ou pas euro, Communisme contre Démocratie, Idée 1 contre Idée 2.

(Plutôt que de regarder ses pratiques à soi : et de se demander : mais pourquoi je fais ça, au fait ? Et où ça nous mène, de continuer à le faire ?)

 

 

 

Assez d'accord sur vos propositions et attentes, Fantie, pour autant que les apports théoriques soient lisibles et assez intelligibles pour des cerveaux paresseux face au trop conceptuel, comme le mien, par exemple .... (mais bon, je peux faire l'effort, de temps en temps).

D'accord par ailleurs sur le fait que les articles sur les partis et sur Sarko tournent un peu toujours en rond (pas tous), je m'aperçois que je les lis moins (et plus du tout leurs commentaires). Par contre les enquêtes et d'autres textes restent très intéressants.

Et j'avoue avoir envie de revenir à la lecture du Monde, qui me manque finalement (sans compter que le support "journal", le livre que j'ouvre le soir, me manque aussi) tout en acceptant cette fois que je n'aurai pas le temps de bien tout lire et en faisant un tri qui sera souvent sommaire (sur la fin, je commençais par la fin ...). Est-ce que je me ré-abonne (au Monde), that is une question. Et est-ce que je me ré-abonne (à Médiapart), that is l'autre ... Et est-ce que je reprends les deux, et où trouvé-je le temps ... ?

Et où cours-je, Fantie, où cours-je, ainsi faisant ?

@ l'auteur

Oui bien dit, j'ai un sentiment comparable: beaucoup de choses intéressantes sur ce site, mais l'impression de tourner en rond dans un périmètre idéologique trop restreint.

Je trouve par exemple le débat sur le "care" - et donc la non reconnaissance de certaines tâches sociales- fondamental. Il y a là vraiment de quoi discuter sur les deux plans dont je parlais : les pratiques, la vie quotidienne de chacun de nous ; et le travail théorique, les tentatives théoriques pour les penser.

C'était le sujet sur France Culture hier soir de 18 h 20 à 19h, dans Du grain à moudre, avec Dominique Méda, Pascale Molinier, Emmanuel Todd (un peu discussion de sourds ! mais quand même, argumentée, intéressante, pas univoque).

 

Mais sur Mediapart, je trouve qu'il nous manque quelque chose- du point de vue journaliste - pour alimenter nos réflexions et donc nos possibilités de discuter : peut-être le côté description de pratiques sociales ?

Mais, même si les journalistes étaient intéressés, les lecteurs suivraient-ils ? Voilà ma question.

 

* au sujet du care, voir sur Mediapart :

http://www.mediapart.fr/club/blog/sandra-laugier/210410/politique-du-care-contre-societe-du-soin

 

Merci Fantie, comme souvent vous exprimez très bien ma pensée. Est-ce que Médiapart ne manque pas tout simplement de "générosité", c'est à dire d'accueil chaleureux des idées, des débats. On ressent une volonté de contrôle et de cadrage assez forte, même si évidemment cela n'est pas assumé.

Votre billet, c'est un peu ce que je voulais écrire un jour s'il m'avait été donné de savoir le faire et d'en avoir le temps. Mediapart est en train de vieillir avec son fond de commerce initial, le sarkozysme ou la sarkozie. Mediapart ne sait pas quoi dire sur la Grèce, si ce n'est ce qu'il radote sur le reste: la rigueur c'est pas bien, les spéculateurs c'est pas bien, Sarkozy est nul. Face à l'urgence, quel sens peut-on aujourd'hui donner à un engagement européen incontournable mais qui n'a jamais été réellement assumé par les peuples, voire leur a été imposé? Comment être intelligent, inventif, internationaliste et juste? Mediapart est absent de cette réflexion parce que arc-bouté sur le fond de commerce évoqué. Le journal passe trop de temps à justifier sa raison d'être initiale et passe à côté de ce qui est aujourd'hui l'essentiel. Je passe sur le Vaudeville débile et parfois dégoûtant dont la mise en scène quotidienne pompe l'essentiel de l'énergie du "Club"...

J'ai dit un jour ici que le problème de Plenel c'était qu'il était un homme politique raté. Peut-être que votre interrogation sur "journal ou parti" est une autre façon de dire la même chose?

Merci en tout état de cause.

Excellent billet. C'est précisément ce que je me disais.

 

En précisant que l'exclusion (réelle ou sournoise) se fonde surtout sur le souci de légitimité non par bien-pensance (il n'y a pas de raison de se croire mal-pensant quand la norme n'est plus ce qu'elle était), mais de convenance jusqu'à l'avilissement ("Radio courtoisie ment, Radio courtoisie ment, Radio courtoisie est allemand"). On se plaint d'insultes sous pseudonymes, ce sont les flagorneries sous pseudo (l'habitude, sans doute) qu'on devrait vomir ! Alors que précisément, l'information est ensevelie sous la "reconstitution de ligue dissoute".

L'originalité de Médiapart, c'est son double visage journal et club.

Statut privilégié des commentateurs : ils peuvent critiquer un article en le commentant en ligne, mais ils peuvent aussi débattre comme en ce moment de la ligne éditoriale de leur journal.

Mais de même qu'attaque personnelle n'est pas argumentation, les formules à l'emporte-pièce comme "reconstitution de ligue dissoute" ne font guère avancer le schmilblick.

J'estime pour ma part qu'avec les articles, chroniques, partis-pris etc. nous, lecteurs, disposons d'une large panoplie journalistique, même si toutes les opinions ne sont pas, et de loin représentées.

A nous, par nos commentaires, de compléter ces opinions à notre guise, si possible en évitant les procès d'intention et les étiquettes hâtives.

Et puis on peut lire aussi le Figaro, Le Canard, Marianne, Les Echos, Charlie Hebdo etc.

Plus Siné Hebdo, hélas.

"Mais de même qu'attaque personnelle n'est pas argumentation, les formules à l'emporte-pièce comme "reconstitution de ligue dissoute" ne font guère avancer le schmilblick."

 

Cétait de l'humour. Vous ne pouvez pas comprendre.

@Jacques Bolo

Je comprends quand c'est vraiment de l'humour.

A moins que "flagornerie" et "vomir" précédant votre désopilante "reconstitution de ligue dissoute" soit votre tasse de thé humoristique.

On peut trouver plus appétissant.

C'était "flagornerie" et "vomir"que vous n'aimiez pas. Et l'humour de "reconstitution de ligue dissoute" que vous ne compreniez pas. Répondre sur l'un au lieu de l'autre est de la falsification (modèle stal classique). Démasquée.

@Jacques Bolo

La falsification consiste plutôt à faire croire que le prélude est déconnecté de la suite.

Votre "reconstitution de ligue dissoute" est clairement corrélée à la flagornerie et au vomi.

Dans ce contexte, l'humour est englouti dans ces vocables peu ragoûtants.

Cette tentative de décorrélation est une falsification jésuite classique.

Vous voilà démasqué, casuiste Bolo.

J'ai parfaitement compris l'allusion que vous faites au passé trotskyste d'un des fondateurs de Mediapart. Mais, ce faisant, outre le jésuitisme, vous pratiquez l'amalgame en laissant plus qu'entendre, tout en vous en défendant (technique jésuite bien connue), que selon vous, la totalité des personnes qui complimentent Edwy Plenel sur sa prose sont tous d'anciens trotskystes, et qu'il ne complimentent le "patron" que par courtisanerie.

Quel mépris pour ceux qui ne pensent pas comme vous !

S'il y a un stalinien dans ce dialogue, c'est plutôt vous.

Bref, vous combinez les charmes du jésuitisme et du stalinisme.

Si cela vous permet d'exister, c'est votre problème.

Personnellement j'aime bien le style de Plenel, moins le fond, je le dis tel quel sans ambage. Ce n'est pas pour cela que je suis un demi trotskyste, un demi flagorneur et je n'ai pas vomi du tout, même en lisant votre prose.

Bon je vous quitte.

Erreur. Les deux éléments ne sont pas du tout corrélés. La "reconstitution de ligue dissoute" fait référence à la question du billet "Est-ce un journal, ici, ou un parti", (l'humour est seulement dans l'allusion accessoire à Plenel) qui concerne le journalisme comme forme de "faire de la politique par d'autres moyens" (que j'avais eu déjà l'occasion de mentionner qq part), ce qui est bien le sujet.

 

Alors que la "flagornerie" fait référence au ton de beaucoup de commentaires (inutiles) où l'on se congratule mutuellement ("club" oblige sans doute?), sans qu'il ne me vienne aucunement à l'idée que la raison en est le trotskysme (plutôt la "légitimité") - ça c'est vraiment n'importe nawak.

 

Bref, vous n'avez rien compris. Non que vous soyez forcément un "non comprennant" comme on dit au Canard, mais peut-être que votre goût pour les contrepèteries vous incite à mélanger la chèvre et le choux et à prendre les canards sauvages pour des enfants du bon Dieu. (J'avoue que j'ai un peu tendance à considérer, depuis longtemps - rien de personnel - le contrepet comme un précuseur de la confusion mentale - mais je me permets de voir dans votre cas une vérification expérimentale qui me comble).

 

Sinon, votre ton général et cette tendance à vous sentir visé (voir infra) me paraît quand même s'apparenter à celui de la grande époque stalinienne qui, comme je le dis souvent, ne m'impressionne pas du tout, et depuis longtemps (bien avant que le PC soit à 2%), à supposé qu'il ne l'ait jamais fait. Car j'ai grandi dans une des dernières grandes villes communistes et je n'allais déjà pas à la soupe, contrairement à d'autres (tiens! finalement, je n'ai pas changé).

 

Signé: Une vipère lubrique.

Est-on davantage vivant après avoir été un peu mort ?

Bonne question, chère Anne, puisque il paraît que partir c'est mourir un peu...

Prévert, lui, écrivit : "Martyre, c'est pourrir un peu."

Cher Jacques Bolo, ça c'est de l'humour.

C'est juste une contrepèterie, style Amanach Vermot. Le fait que ce soit de Prévert est un alibi culturel qui ne l'améliore pas (et qui confirme la flagornerie autovalorisante comme seul mode de pensée - on dirait du Perraud).

 

Chacun comprend ce qu'il peut... et qui se sent morveux se mouche!

Voulez vous un mouchoir ?

Doublon.

Lassitude , lassitude !

Passagere ....... peut etre ?

 

Beau titre ce billet .

Merci

On meurt un peu tous les jours.... Finalement, c'est peut-être comme ça qu'on est vivant !

C'est vrai que sauf pour ce pauvre Félix Faure, la "petite mort" donne la joie de vivre.

PS - "Jésus que ma joie demeure" est une contrepèterie qui résume ce qui précède.

@Joel, Ne le prenez pas mal mais les contrepèteries à la longue...Par contre une édition spéciale contrepèteries cela aurait vraiment du sens puisque l'on irait uniquement pour le plaisir d'en lire une ou deux ou douze pour les fanas.

Oui, pourquoi pas un billet contrepétulant. Je retiens l'idée, merci, Bruno...

Cela dit, mes contrepèteries arrivent en toutes petites salves dans des commentaires plutôt courts et détendus, mais mes commentaires "sérieux" et plus développés (Iter, les frégates de Taïwan et Clearstream, mes deux premiers sur ce fil etc.) sont dans leur grande majorité exempts de contrepèteries.

Et dans mon long billet sur les Nouveaux Fermiers Généraux, il n'y en a que 2.

Mais bon, si y a saturation, et si plusieurs personnes m'en font part, je peux fort bien me passer d'en balancer sur Mediapart, celles que je publie professionnellement dans le Canard et dans mes bouquins suffisent amplement à mon bonheur.

Je lance donc un référendum : OUI ou NON au contrepet sur Mediapart ?

On peut répondre sur mon blog médiapartien.

Et qui veut un coup de main pour décrypter un contrepet rétif peut m'écrire en privé, j'assure le Service Après Vente.

PS - Il n'y a aucune contrepèterie dans ce commentaire-là.

JoelMartin, voyez vous, des sujets fatiguent... quelqu'un décide toujours qu'un sujet fatigue... puis un jour qu'une façon de dire fatigue... puis celle de penser... Il faut dire et penser bien.

Vous voudriez que je vous fasse contrôler ?Indécis

Oui, Raphaël, je le voudrais.

Votre contrôleur dont je ne doute pas qu'il fouillera dans les coins, saura déterminer le caractère coruscant, reconstituant, voire désopilant, du genre littéraire dit "linguistique combinatoire à connotation paillardo-cathartique" que je pratique sous le bienveillant parrainage de François Rabelais et de l'âme de Lacan.

Je viens de me faire également contrôler lors d'un courrier privé où la contrôleuse m'a encouragé en substance à ne pas me laisser impressionner par les personnes que cela fatigue de décaler les sons.

Désolé, cher Bruno, je viens de reprendre du service.

Merci, cher Raphaël.

Voilà un billet ou même une édition spécialisée, le "tout de mon cru" de Joel Martin finalement

Ah oui, je trouve que c'est bien cette discussion tranquille et libre.

Merci Anne d'être passée par ici.

C'est une vraie bonne question, chère Anne Guérin-Castell, à laquelle sans doute peut-on répondre "oui", à condition de pouvoir l'évoquer, la confier, la dire, cette presque mort, je crois, mais sans vouloir y sombrer.

Savoir dire "Non" ?

Bien à vous,

et pourquoi il n'y a pas d'icone 'recommander' ?

@Michel,

Billet très profond, vous abordez très simplement (et c'est un compliment) des sujets de fond concernant Mediapart & Le club. Que ces réflexions permettent à chacun d'avancer et d'approfondir sa relation à la fois à Mediapart et aux autres sur ce forum.

 

Et Mediaressusciter peut-être quand même un jour ?

Je trouve cette critique très injuste ! Trop injuste ! Même si elle est empreinte d'une certaine bonhommie. J'ai un peu plus de 60 ans et j'ai été journaliste toute ma vie (malheureusement pas politique). En outre je suis très engagé politiquement. Pour moi Mediapart incarne le vrai journal que j'attendais (pas toujours pratique à lire, mais c'est secondaire). Lecteur du Monde et de magazines toute ma vie, je vois une énorme différence entre Mediapart et eux. Ici se trouve le seul journal d'investigation de France. Quand on sait (ou imagine) le travail que demandent de vraies enquêtes comme Mediapart en sort très régulièrement, ce n'est pas rien. Je note que dans la presse (écrite, parlée, télévisée), on cite de plus en plus fréquemment Mediapart comme source. Hommage du vice à la vertu ? N'exagérons pas, mais Le Monde qui ne publie pratiquement plus de vraies enquêtes sur des sujets brûlants pourrait en prendre de la graine. Ou comprendre pourquoi il perd des lecteurs.

Autre chose? Dionys Mascolo, par exemple.

Cher Michel Yvernat, chers tous,

Pardon de m'immiscer, mais une réflexion m'est venue à la lecture de votre billet que j'ai envie de vous faire partager. Il me semble que vous confondez ici l'effet et la cause.

Oui, actuellement, nous sommes tous, journalistes compris, saisis par une sorte de mélancolie inquiète provoquée par l'accélération des événements, c'est-à-dire cette crise qui s'emballe. On a beau avoir écrit, prévu, compris que la crise allait être durable, profonde, dévastatrice, qu'il s'agissait d'une crise historique du capitalisme, sans doute la troisième de cette ampleur, on ne peut être réjoui quand le pronostic se confirme au-delà du raisonnable. On a beau avoir écrit, prévu, compris que cette présidence serait la plus néfaste de notre histoire républicaine depuis 1945, on est accablé devant la confirmation du pronostic et, hélas, devant l'incertitude qui continue de peser sur la capacité de la gauche à relever le défi d'une opposition fondatrice.

Aussi l'humeur mediapartienne dont vous témoignez me semble-t-elle refléter ce climat général plutôt que les éventuelles limites de Mediapart. Plusieurs contre-arguments:

1. L'actualité est évidemment très macro-politique ces temps-ci, entre les suites des régionales, la crise grecque qui est, en fait, une crise européenne, les élections britanniques, le scrutin allemand, etc. Si cela se traduit dans la hiérarchie de notre "Une" (notre page d'accueil), cela n'a pourtant pas entraîné une régression de la diversité des sujets. Nous parlons aussi littérature, Afrique, environnement, cinéma, Karachi, Cour de justice, libertés, immigration, etc. Reste que le contrat de lecture de Mediapart était et reste celui-là: affronter de façon originale et/ou inédite les principaux nœuds de l'actualité d'information politique et générale, nationale et internationale. De ce point de vue, comment nier, par exemple, que la couverture de la crise grecque par Martine Orange est profondément originale et percutante? Avez-vous remarqué son scoop d'il y a une semaine et aujourd'hui confirmé sur les énormes mensonges des banques françaises à propos de leurs risques en Grèce? Et n'êtes vous pas fier de voir que ce sont des journalistes de Mediapart qui, par leur entêtement d'investigateurs, font percer jusque dans la presse traditionnelle (c'est la Une de l'Express cette semaine) l'immense scandale qu'est l'affaire de Karachi? Et n'êtes vous pas stupéfaits, comme nous le sommes, devant tout ce que révèle ce dossier sur l'état de notre République, depuis un long bail où les présidences précédentes ont partie liée avec l'actuelle?

2. Vous vous trompez vraiment si vous voyez derrière Mediapart, dont l'équipe ne vient pas majoritairement du Monde et est bien trop jeune pour avoir en héritage les années post-68 avec leurs engagements, une sorte de succédané politique, sourde revanche de jeunesses inachevées. La vérité, me semble-t-il, est paradoxalement inverse: si Mediapart vous laisse insatisfait, c'est justement parce qu'il ne peut répondre à certaines attentes politiques, légitimes, des citoyens que sont aussi nos lecteurs. Mediapart vit cette contradiction d'être un journal participatif totalement inédit qui se crée dans une période trouble, incertaine, instable: il tente d'y apporter ses seules lumières informatives, y compris par l'analyse anglée ou le parti pris argumenté, mais il ne peut s'accrocher à une dynamique évidente, qu'il accompagnerait ou épouserait. Mediapart, c'est aujourd'hui forcément un hallo de lumière, fragile et instable, dans une époque inquiète, dangereuse et imprévisible. Et ces lumières, puisqu'elle ne cherchent pas à divertir mais à informer, sont forcément un peu cruelles, un peu déprimantes, un peu répétitives à force de nous alerter sur ce qui ne va bas dans notre basse époque et dans notre petite royaume.Mais que direz-vous et, surtout, que penserions-nous de nous-mêmes si nous ne faisions pas ce travail, aussi désespérant soit-il parfois?

3. Comme vous le font remarquer sur ce fil d'autres abonnés, Mediapart est aussi ce que vous en faites, par vos commentaires (qui peuvent l'enrichir, le discuter ou le contredire) et par vos libres contributions via vos blogs. Nous faisons très attention à ce que la sélection du Club, trois fois par jour, mette en valeur ce qui détonne, nous change d'air ou fait contraste avec le Journal.Par rapport à la presse classique, que l'on est sommé de prendre comme un paquet ficelé, sans pouvoir y intervenir, cela change beaucoup de choses. La preuve, votre billet qui permet de discuter, directement, de nos perceptions de Mediapart.

Pour finir, un dernier mot sur le journalisme, car cet échange m'évoque des critiques récurrentes dès que ce métier joue à plein son rôle d'avertisseur public. J'ai toujours pensé, et il m'est arrivé d'en payer le prix, qu'un journalisme utile devait savoir prendre le risque de déranger ses lecteurs. De les sortir de leur confort qui, d'ailleurs, parfois, est aussi celui du journaliste lui-même. Nous pourrions évidemment être plus distrayants, plus légers, moins sérieux, moins concentrés sur des sujets lourds, moins obsédés par des feuilletons démocratiquement et socialement sensibles. Mais, dans ce cas, pourquoi alors avoir créé Mediapart? Pour ajouter un journal de plus? Pour nous faire simplement plaisir? Dans ce cas, et vous le savez bien, nous ne ferions tout simplement pas notre travail comme nous avions promis de le faire. Et nous ne serions pas au rendez-vous, ni de vos attentes, ni de notre époque. Ni, surtout, de nos principes.

Cher Edwy Plenel et chers tous, merci de vos commentaires qui complètent ou contredisent mon billet.

J'ai une histoire très courte à raconter. Elle est vraie mais légèrement romancée et j'en parle avec l'autorisation de la personne qui m'en a fait la confidence.

Il était une fois un garçon de 16 ans habitant, quand le RER marche correctement c'est-à-dire rarement, à trois quart d'heures du centre de Paris.

Tous les jours vers 17H, pour prendre son goûter, le jeune homme rentre chez sa mère avec qui il vit seul. Tous les jours, depuis que sa mère sait qu'il fait partie d'une bande de dealers, il s'endort profondément dès dix sept heures trente tandis que ces acolytes l'attendent pour faire le guet. Guetteur, c'est sa fonction dans la bande, mais il dort profondément tassé à l'intérieur de la lourdeur de son corps adolescent jusqu'au lendemain matin. Depuis disons trois quatre jours, il ne comprend pas pourquoi il a cette subite et puissante envie de dormir. Il essaie de faire comprendre à ses copains pourquoi il ne tient pas sa parole de faire le guetteur et, évidemment, l'argument du sommeil leur parait irrecevable. Il fait l'objet d'avertissements, de menaces. Il est inquiet. Il a peur.

Il était une fois sa mère qui depuis plusieurs mois ne dort que grâce à des médicaments type benzodiazépine. Tous les jours depuis quelques temps, trois ou quatre jours peut-être, elle bourre le lait-chocolat et la confiture que prend son fils pour son goûter de ces psychotropes que lui prescrit son médecin généraliste. Elle le drogue à très fortes doses pour le garder à la maison. Elle, depuis trois ou quatre jours, ne dort plus de la même manière.

Il était une fois cette société qui est notre société, cette mère, ce fils, cette histoire un peu déformée.

Alors voilà, je crois que le journalisme mediapartien pourrait raconter ce genre de trucs. Prendre soin tous les jours de ce poser la question de savoir ce qui se passe "sur le sol". Même le combat contre Sarkozy que vous penser devoir absolument mener passe, selon moi, par ce travail méticuleux de narration de la vie dans la région parisienne ou Lyonnaise ou ailleurs.

On a besoin d'être informé de ce qui se passe dans le monde lointain d'à côté de chez nous. On a besoin de savoir ce que l'autre fabrique comme Histoire au jour le jour. Ce que notre prochain comme diraient les chrétiens, invente comme société pas à pas à travers ses pratiques, ses angoisses, ses drôleries, ses souffrances et ses dérives. Connaître l'autre pour se connaître soi et connaître le monde. Sarkozy et tout ce qui va avec, c'est évidemment important. Tout aussi important qu'un autre parmi les autres (un peu plus je vous le concède). Mediapart pourrait être cette chronique journalistique du coin de la rue qu'on ne voit pas. Un peu moins d'antisarkozisme un peu plus de récit.

Je me reconnais toujours dans votre dernier propos Yvernat Michel (ou l'inverse ?). Je viens de lire quelques articles de Mediapart, je les ai appréciés. Mais je n'ai pas tout lu. Ce n'est pas grave. Il n'empêche que j'aimerais quelques récits -de tous pays, à prpos de toutes gens - du moment qu'ils nous donnent à penser à partir de ce que les gens font, inventent, pour "faire avec" leur vie - en général difficile pour la plupart des êtres humains.

Parce que, gauche ou révolution, peu importe : chacun devra encore se débrouiller avec les autres et avec sa vie - qui restera encore difficile pour beaucoup d'êtres humains.

Merci Fantie B. (C'est évidemment Michel Yvernat et non l'inverse mais la machine en a décidé autrement au moment d'opter pour mon vrai nom).

(aparté) J'ai eu un doute soudain ! Michel, c'est aussi un nom de famille. Et avec tous ces nouveaux prénoms...

Ce fil m'a bien fait réfléchir. La réponse d'Edwy Plénel aussi. ça doit être pour ça que prise de remords, j'ai commencé à rattraper mon retard de lecture d'articles !

Mais je dois avouer que j'attendais votre réponse à sa réponse.

Parce que je crois que le changement que nous désirons (beaucoup d'entre nous j'espère) doit effectivement se préparer, mais pas seulement via l'analyse du système (très bien faite sur Mediapart - je ne vois rien de comparable sauf les journaux de France Culture).

Ni seument en y ajoutant l'offre politique du moment et uen certaine analyse de celle-ci.

Parce que un changement réel nécessite une autre citoyenneté préalable.

Donc une prise en compte de nos pratiques réelles, sans nous défausser derrière l'Etat, les administrations ou enteeprises qui nous emploient etc.

Comment les gens font marcher les choses ?

Comment les transforment-ils ?

 

Et c'est là que - je retrouve ma question personnelle - je ne sais pas s'il y a un lectorat suffisant pour ces récits.

D'où le fait que je ne critique pas Mediapart : je préfère que Mediapart existe.

Passant par là bien tardivement, je souscris! Le récit, les gens, ne sont pas antagoniques de l'enquête, ni de l'analyse. Ils en sont la part de chair. Ils sont aussi la part qui toujours s'échappe, ne "colle" pas, ou celle qui préfigure un réel qui plus tard nourrira les analyses.

 

Dominique, ce que vous dites "en passant" c'est cela aussi que j'essaie de dire à Plenel et à la rédaction. Il faut plus de place pour les récits de vie. Il y avait eu une tentative au début d'une édition là-dessus mais je crois qu'il faut un investissement journalistique sur le sujet afin que, cette "part de chair" dont vous parlez soit mise en discussion, qu'elle devienne objet de conversations. Il faut un choix éditorial. On ne peut pas renvoyer toujours les blogueurs à eux-mêmes.

Cher Michel Yvernat, chers tous,

Entièrement d'accord sur votre proposition, en forme de conte réel et en réponse à ma réponse: "un peu plus de récit". Nous avons le sentiment pourtant de faire des reportages, d'aller sur le terrain et d'écouter ce qui s'y vit. Sans doute pas assez. Certainement pas assez mis en scène. Mais, surtout, devrions-nous être plus à l'écoute ce qui se vit, se dit et se fait qui ne soit pas dans la répétition du même, de la fatalité ou de l'impossibilité. Bref, aller à la recherche de ce qui résiste, s'invente ou se bricole dans le refus d'une histoire qui serait écrite par avance.

Donc proposition retenue: oui, plus de récit.

Je reviens d'un billet de Hêtre où se posait la question de l'humanisme, ou de la mort de l'homme (discussion entre Kairos et Pierre Ferron)

Après mon commentaire là bas, je reprends la question des récits : pourquoi Des récits, des récits de quoi ?

-récits de mort, récits de vie ?

-récits d'enfermement, récits de passage ?

Je dirais, les deux. Nous avons besoin des deux pour comprendre la société telle qu'elle est (et sera pour longtemps encore, car l'humain ne se transforme pas plus vite que ses habitudes et désirs).

 

Nous avons besoin de récits de vie et de récits d'enfermement (tel celui de Michel Yvernat) :

Peut-être pour nous aider à discerner de quel côté nous sommes à tel instant ?

Gauche et doite je ne sais pas si c'est bien la question de fond. Mais forces de vie et forces de mort, en nous et dehors, je commence à mieux cerner cette distinction là.

 

Alors, des récits, pourquoi :

Parce que dans le récit d'histoires humaines affleure ou se montre l'humain, dans ses efforts pour vivre quand même (mais peut-être parfois en s'enfermant dans uen répétition mortifère ?)

L'humain se raconte, l'humanisme est une écoute apportée aux récits.

Je dirais bien, en réponse aux théoriciens de l'Idée, une écoute de l'humain au delà ou en deça de l'Idée toute puissante.

Il me semble qu'on a besoin que les journalistes réinvestissent le quotidien et désinvestissent un peu le champ institutionnel. Bien entendu il faut parler du pouvoir, de l'internationale, de la politique, de l'économique et tout. C'est aussi le monde d'à côté. Mais comme dit Dominique Conil il faut la part de chair.

Toute chair est mortelle et nous luttons chaque jour contre cette vérité cruelle. Mais ne pas céder pour autant à la tentation : Mediamourir un peu, mais pour Mediavivre !

Yvernat Michel : permettez que je vous interpelle : seriez-vous mauvais joueur ?

.

Se désinvestir un peu du champ institutionnel !

.

Vraiment ?

.

Dieu que nous avons besoin d'un travail de fond dans ces domaines qui vont de la politique, à l'économique en passant par le fonctionnement de nos démocraties ! J'attendrais énormément de Médiapart dans ces investigations qui mettent en plein jour le dessous des cartes, l'hypocrisie des acteurs, le jeux de manipulation des citoyens Et aussi les forces de propositions, de création ... les contributions positives et constructives ...

Et, la taille de l'équipe est telle que je ne lui demanderais pas de se désinvestir même un tout petit peu de "l'essentiel de l'essentiel" pour faire autre chose mais bien de persévérer dans la justesse de ses enquêtes, analyses et parti-pris ...

.

Oui, "de la chair" ... mais lisez-vous bien Médiapart ? Et si vous en manquez pour votre lecture quotidienne, il ne manque pas de journaux pour cela ? Non ?

.

A moins que la mise à nu de ce qui se passe vous insupporte et bouscule non pas un peu mais quasi trop vos convictions et vos croyances ?

Cher Alain Cabos,

l'un n'est pas exclusif de l'autre. Il me semble que Michel Yvernat, lorsqu'il évoque le "récit", ne parle ni du "récit" aux seules vertus illustratives ( on vous met des gens dans l'institutionnel) , encore moins du récit façon abominable "histoire de gens" tels que la télévision ou une certaine presse nous en fournit par pelletées, avec compassion et indignation pavloviennes.

Il dit "chair", vous opposez "mise à nu" du système. Rien d'incompatible..

 

Fantie,

je ne peux qu'être d'accord avec vous quand vous parlez de "forces de vie et forces de mort". C'est, je le crois moi aussi, comme vous il me semble, une distinction mieux opérante que "gauche/droite", et même "service (fonction) public (-que)/ entreprise (entrepreneurs)".

Et d'accord avec vous aussi, et Yvernat Michel -et d'autres, sans doute- pour demander ce qui serait, en quelque sorte, un "journalisme à la Albert Londres". Mais à votre "l'humanisme est une écoute" je préfére "l'humanité est une écoute", l'humanisme me paraissant être un systéme qui place l'homme -quel qu'il soit- au milieu de tout, tandis que l'humanité est pour moi cette part de mon être que je me dois de cultiver ("âme" et "esprit") pour me tirer sans cesse hors de mon animalité. Le texte, les récits, tout autant que les théories d'idées, fait partie principale de ce qui me permet de le faire. Réfléchir, c'est aussi et surtout se réfléchir et se voir en l'autre.

Très sympathique point de vue, facilement partagé. Et justement recommandé.

Oui, à tout, mais pas de solution autre qu'intelligente, et donc adaptée à l'instant qui s'impose, entre intervenants abonnés.

Le mieux, comme toujours, ce serait de pardonner aux médiamis un max, et à soi le moins possible.

Le secret d'une vie tranquille, et donc le choix du silence, souvent.

Mas s'il faut médiamourir, que ce soit donc le club, et à aucun prix le journal, qui reste la seule voix hors sentier battu et rebattu du conformisme absolutiste, et même vendu, d'une information qui ne connaît que l'intérêt bien compris de ses commanditaires, ou de ses amis du portefeuille boursier.

Se remettre en question... vous le faites si bien !

Embarassé

Aïe!

Ne changez rien sur Mediapart, c'est mon havre quotidien et j'y trouve tout ce que je cherche ...et tout ce que je voudrais éviter quand je lis certains commentaires partisans. Mais, ça me force aussi à me questionner et admettre parfois que même dans leur grandiloquence certains commentaires contiennent des perles imprévues.

Pourquoi ne pas simplement ouvrir une édition "tranche de vie" où de temps en temps un(e) journaliste laisserait une trace qui viendrait se mêler à celles laissées par les abonnés ?

Plutôt qu'une édition, je verrais une rubrique du Journal, à part entière, à égalité avec celles qui se trouvent au dessus de cette page quand j'écris :

International France Economie Cultures et Idées (Pratiques et Tranches de vie?)

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